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4/1. Le S.O.R.I. : L’Objet Vous êtes ici : Accueil Documents Théories générales Sujet-Objet-Relation-Intégration
Publié le : 29 novembre 2003
4/1. Le S.O.R.I. : L’Objet

La science triomphante et triomphaliste, depuis Galilée jusqu’à l’apothéose d’Hiroshima, offre un superbe exemple d’hégémonie accomplie dans son référentiel : l’Objet. Avant que l’édifice ne branle sous le coup des semonces contestataires, la réussite s’est étalée à tous les niveaux et contre tous les référentiels opposants.

- Niveau "R" : Image de marque du savant austère, fidèle à une épouse effacée qui éponge son front moite de sueurs dantesques. Ses habits modestes et son laboratoire mal chauffé soulignent l’incommensurabilité de sa mission. Image plus moderne : l’infaillible Zorro de l’objectivité et du savoir spécialisé que nos prudents médias se gardent de taquiner.

- Niveau "E" : Super-réalisations technologiques. Industrialisations et planifications par les engins de vie et/ou de mort. Outils mécaniques et instruments sophistiqués ont littéralement fabriqué une deuxième planète. En attendant les clones et les robots qui prendront la relève des hommes, leur quotidien est sous la dépendance de la science "grand E".

- Niveau "T" : A l’origine, les promesses de progrès sans fin et de bonheur sur Terre pour tous, concurrençaient l’audience des religions aux paradis conditionnels (les places sont réservées ; il n’y en aura pas pour tous). Ces mythologies ne sont pas entièrement abandonnées ; elles sont devenues réalistes. II ne s’agit plus du bonheur de l’humanité mais de son quotidien au futur, après ou avant la conquête du système solaire, les rencontres avec les extra-terrestres, de nouvelles inventions militaires, le gouvernement des peuples et nations par ordinateurs, etc. Tout-à-fait l’ère du Verseau des astrologues !

- Niveau "r" : Concepts clairs et simples, formellement variables mais, en cas de dérive, fondamentalement remis au pas par les invariants appliqués à l’Objet : il n’y a de vrai, au sens de réel, que le mesurable, l’expérimental, l’efficace, la relation de cause à effet. Ces principes, à peine un peu plus compliqués avec la modernité, assurent à leurs représentants l’autorité des intouchables, aussi peu dangereux que les vaches sacrées, intellectuellement plus subtils, à l’exception des sectateurs et délateurs de l’Union Rationaliste.

- Niveau "e" : L’existence intensive des amours, passions, plaisirs et déplaisirs, tels que nous les entendons dans notre référentiel Sujet, ne figurent pas au premier rang des préoccupations du savant classique. A-t-il seulement des goûts personnels ? Pour sa recherche, il les oublie. Ses sens ne sont aiguisés que pour percer les mystères de la nature. En quoi ses lubies, les fantasmes de sa vie amoureuse et sexuelle (s’il en a une). éclaireraient notre lanterne ? Son affectivité doit être disciplinée et galvanisée par l’amour de la science, qui le lui rend bien. Car, comme l’écrit le savoureux Pr. Charles Richet : "Raillez les savants : c’est parfois justice. Mais prenez garde. II y a derrière eux la vérité ; la déesse, la souveraine, la toute-puissante, qui glace de terreur ceux qui raillent". En vérité, et je ne raille pas, le rôle de l’instrument n’est pas honoré autant qu’il le faudrait... alors que l’outil fabriqué de soi-même, ou selon ses plans, participe de toutes les grandes découvertes. Le développement de l’Homme, parole d’ethno-anthropologue, vient de son cerveau et de ses mains prolongés dans l’outil. De Sujet, il est devenu Sujet-Objet... puis Objet-outil : d’actions, productions et reproductions, pour nos guerres, coûteuses ou économiques, nos sociétés de chômage et consommation. Les dérèglements du "petit e", une sorte de fièvre hystérique dans les manipulations de sujets-objets, méritent-ils les circonstances atténuantes des crimes passionnels ? En 1920, aux U.S.A., des expérimentations nucléaires ont été effectuées sur cobayes humains (femmes enceintes, entre autres) qu’ils aient été volontaires ou pas. De nouvelles législations se cherchent pour définir les responsabilités dans un référentiel ou l’individu n’en a pas, puisqu’il est censé agir en instrument de Vérité. Qu’en penserait Charles Richet, lui qui, combinant le cœur du "petit e", le projet du "grand T", pour inciter au "grand R", a écrit dans son inoubliable ouvrage : "Si vous voulez que votre nom vive dans la mémoire des hommes, entrez dans votre laboratoire avec la foi ardente du néophyte qui court au martyre pour sacrifier sa vie à son Dieu".

- Niveau "t" : La transcendance intensive est aussi nécessaire aux sciences que l’expérimentation pratique ("E extensif" des réalités sensibles plutôt que "e intensif" des passions). La finalité de la fonction "petit t", percevoir l’au-delà des apparences et du manifeste, conduit à affiner les concepts et les machineries investigatrices jusqu’à ce qu’ils dévoilent de plus lointaines apparences. L’inconnu, poursuivi d’instruments et méthodes de complexité galopante, se borne à reculer l’horizon, et la réalité, en chute libre dans un puits insondable, se dérobe. Les philosophes émules de ceux de Molière en déduisent qu’au fond, comme au fond du puits, il n’y a pas de réalité. Une tête vide n’a donc pas de tête. Ce niveau, "petit t", des penseurs, chercheurs, analystes, curioseurs de quintessences, est également celui de l’auto-critique. Si cette faculté est la moins enseignée par la science instituée, celà tient au principe scientifique d’abnégation et suppression du Sujet. Un soldat ne critique pas son corps d’Armée. Sur les champs de bataille le drapeau qu’il sert est toujours propre. Seuls les instruments et les machines à laver imparfaites sont critiquables, Dans son bilan aux acquis indéniables, le "petit t" en Objet, comme le "petit e", présente de sérieuses bavures. Ce ne sont pourtant pas des fonctions incompatibles avec le référentiel Objet. Elles le sont avec la représentation que les mandarins du temps passé et du nôtre veulent donner de la science rivale de l’lntégration religieuse.

- Niveau "p" : Le pouvoir intensif n’est pas très bien représenté par la science officielle. On le rencontre dans les méfaits des savants-fous. Reste à savoir - problème de science auto-critique - si l’on est ou non responsable de sa caricature. Voilà un niveau-faille pour partir d’un autre référentiel, entrer dans la science-Objet et faire des dégâts. En alliant les niveaux vulnérables ("petit t" et "petit p"), nous associons les faiblesses et perversions saisies par les critiques intuitives du scientisme. Elles en moquent le délire dans le personnage de l’inventeur diabolique ("t"). Génial mais égaré par la soif du pouvoir personnel (intensif) qu’un savoir abusif lui donne, il s’acharne à détruire l’humanité pour des raisons bassement humaines ("e" aveugle). Les savants du pouvoir extensif ("grand P") pénétrés de sagesse et de sens hiérarchique, interviennent à temps pour montrer que la science ne peut pas être criminelle.

- Niveau "P" : Comment la hiérarchie des pouvoirs extensifs a-t-elle réussi à se constituer avant de devenir la cible des casseurs du référentiel Objet ? Un historien des sciences, de préférence "petit t", saura un jour nous l’expliquer. Tout sera plus clair s’il utilise le langage S.O.R.I.-R.E.T. conçu pour le descriptif. Bien que pas très sûre sur son socle, à notre époque la hiérarchie reste solide et menaçante par le haut de sa pyramide policée. On y entre par un long cursus qui donne accès aux chambres fortes, titres et diplômes d’universités sans lesquels les mots ne sont que des mots, et non des paroles profitables. Alexandre Minkowski, dans un entretien (Rendez-vous, vous êtes cerné, France-Inter), témoigne de sa vie, sa pensée, et sa carrière : il s’est engagé à fond dans des études contraignantes pour avoir le droit, le pouvoir de s’exprimer librement... et son interviewer, tout en applaudissant à ce propos, n’aura jamais assez de diplômes ou de caractère pour inviter un quelconque Bac - 2 à son micro. L’attitude envers l’astrologie des sociologues et médias réputés libres d’esprit, en dit long sur les pouvoirs de l’idéologie scientiste et sur l’imprégnation de ses paradigmes. Au siècle dernier, l’honorable hiérarchie digérait mieux ses erreurs. Les coups portés contre l’édifice se perdaient dans la clameur d’une gloire grandissante. De nos jours, les sales affaires sont vite connues, le chercheur de base renâcle, les gros et les petits de la confrérie ne parlent plus d’une seule voix, les patrons-notables s’étripent ouvertement. II n’est plus possible de faire taire les historiens sur les mensonges, les fards et fards-fadaises de la Déesse Vérité maquillant sa mythologie.

Dans cette esquisse panoramique, le langage S.O.R.I.-R.E.T. ne montre rien de sa source astrologique et s’applique aux derniers épisode de l’histoire des sciences sans appel à l’horoscope de sa naissance, qui serait, d’ailleurs, probablement discuté et opposé à beaucoup d’autres thèmes possibles avec des heures d’actes officiels ou de décisions privées. II apparaît aussi, et c’est plus important pour notre recherche, que pour atteindre une apothéose à laquelle il ne survivra pas, le référentiel candidat à l’hégémonie doit construire un R.E.T. homogène dans son cadre... en empêchant les autres référentiels de le faire avant lui.

A partir de là, imaginons un jeu vidéo. Les concurrents, Sujet-Objet-Relation-Intégration, doivent bâtir le double R.E.T. (intensif et extensif) dans leur référentiel, une sorte de Tour. Pour réaliser leur objectif, les fonctions R.E.T.. ont des vertus mobiles, dissonantes (guerrières-prédatrices) ou consonantes (pacifiques-constructives) qui s’exercent dans leur propre référentiel (auto-construction, autodestruction) autant qu’envers les autres. Les vertus consonantes font des entrées, des emprunts, des accommodations, mais comme pour les dissonantes, il s’agit toujours de retarder ou empêcher la réalisation rivale d’édifier la sienne. La récompense, si on l’applique, est sublime et terrible : une fois l’hégémonie atteinte, le référentiel accompli est détruit par son épanouissement même. L’œuf pondu dans le nid que l’on a choisi devient l’oiseau qui s’envole. La vie nous apprend aussi que les concurrents indécis ou auteurs d’un œuf mal bâti changent de nid pour aller pondre ailleurs. Ce qui rend le jeu très complexe et très vivant. La volonté de puissance y est moins présente ; trop de fonctions sont en cause pour les réduire a une seule directive. En revanche, une motivation plus large justifie les joueurs et leurs stratégies : "Que le meilleur gagne !". Autre chose qu’être le plus fort...

Ceci posé, reprenons notre lecture. La naissance de la physique est liée, dans l’histoire officielle des sciences, à celle de Galilée, notamment et surtout parce que le célèbre pisan fût beaucoup plus un expérimentateur-instrumentaliste qu’un métaphysicien. Ses découvertes ont eu des précurseurs. Elles font sa gloire, mais sa légende de martyre révolutionnaire vient d’avoir marqué la balle de match contre l’autorité d’Aristote et de la Bible dans un référentiel Intégration jusqu’alors dominant. Si les référentiels n’existaient pas, la séparation entre savoir et croire ne serait pas présentée comme une faille définitive. En fait, plus que la tour de Pise, la suprématie de l’lntégration commençait à pencher vers sa chute de corps devenu socialement anachronique. Galilée a donné le coup de pouce qui en cassant l’œuf biblique a permis à l’autorité du "petit r" de quitter l’lntégration pour l’Objet (entre nous, je trouve cette histoire très belle, sous l’angle des sciences naturelles. Comment ne pas l’évoquer, parallèlement, pour comprendre l’anti-conditionalisme menacé par l’anti-Sujet de la Relation ?). La floraison des sciences exactes s’est accomplie dans la cosmologie du Big-Bang où toutes les mesures instrumentales aboutissent, en bouquet ultra-paradoxal, à un scénario de Création absolument invérifiable. Une représentation quasi mythologique à l’opposé des phénomènes qui pour être qualifiés de scientifiques, selon les critères mêmes de la science, doivent être reproductibles et observés par des témoins différents !

Où en sont les protagonistes, à la veille du 3e millénaire ? Dans l’lntégration, le pape de l’Eglise chrétienne (apostolique et romaine) court toujours, ce qui n’est pas un bon indice de stabilité. Ouverture vers l’Objet : la science est admise à coexister et Galilée n’a jamais été condamné (il faut relire le procès). Les ésotérismes, sectes, spiritualismes ont déposé leurs œufs en grappes dans ce référentiel où renaissent toutes les espérances contre la raison matérialiste et la technocratie. Que le meilleur gagne ! L’astrologie, tendance karmique ou symbolo-poétique, fait partie des concurrents pour le plus bel œuf, sans être peut-être à sa place dans ce nid encombré. Désormais moins assise, la science en appel d’alliances, lorgne lourdement vers les mystiques autrefois honnies... et pourquoi pas, à l’occasion, vers l’occultisme ? Hubert Reeves est religieux, Jean-Claude Pecker élégiaque lorsqu’il parle de la physique. Pour montrer que la science rapproche de Dieu, on ne nous cache plus la foi d’Einstein, et celle de Newton, par ailleurs alchimiste, est reconnue comme une contribution irrationnelle à sa formulation d’une force (gravitation) instantanée jusqu’à l’infini. Alliance encore et séduction vers le référentiel Sujet : on apprend enfin que les savants ont des marottes et des défauts. Ce sont des hommes comme les autres. Ce que Henri Manguy, membre-conseil de L’Union Rationaliste, confirme dans ces lignes d’humanité touchante : "La sociologie des sciences a montré que les milieux scientifiques sont gouvernés par les mêmes passions, les mêmes "magouilles", les mêmes rivalités, que les autres institutions, et que la "méthode" et "l’objectivité" sont souvent le cadet des soucis de certains scientifiques. Empressons-nous d’ajouter que ce constat n’est pas forcément à mettre au passif de la science : les savants sont des hommes comme les autres, et il importe de les dépouiller d’une aura qui ne peut être que nuisible à la science et a la société dans son ensemble"). Un aveu qui devrait faire taire toutes les railleries.

Pour être homme et savant comme les autres, avoir les mêmes droits au respect, l’astro-psychologue ne dispose, dans le référentiel Objet, que de peu d’outils. II n’emprunte à l’astrométrie que des éphémerides, confie généralement les calculs à un logiciel et n’a de l’horoscope qu’une représentation à deux dimensions dont il se soucie peu de connaître les fondements, en dépit de sa grande curiosité pour la physique quantique. Par rapport à tout ce qu’il y a dans le ciel à voir et comprendre, par rapport à tout ce que les anciens connaissaient, l’outil est ultra-léger. Pour qu’il le soit davantage, les astrologues n’interrogent pas les caractéristiques réelles des planètes mais leur symbolique mythologique... et graphique. Dans ce référentiel anti-Objet, notre conception du thème ne peut être qu’une absurdité matérialiste. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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