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4/2. le S.O.R.I. : l’Objet Vous êtes ici : Accueil Documents Théories générales Sujet-Objet-Relation-Intégration
Publié le : 29 novembre 2003
4/2. le S.O.R.I. : l’Objet

Comme autre instrument d’astrologie savante, nous avons la statistique. Superbe outil de polémique, et outil magique : plus fort qu’en mécanique quantique, les résultats changent selon le statisticien... Disons, pour être sérieux, selon la méthode d’utilisation, l’échantillon, la compétence, les présupposés de l’instrumentiste. Michel Gauquelin a fait du ménage dans les statistiques aux méthodes erronées de Karl-Ernst Krafft. Pour autant, tout ce que K.E. Krafft a écrit est loin d’être faux, et tout ce qu’a écrit M. Gauquelin (voir ses "Songes et mensonges") est loin d’être vrai. Avec de maigres échantillons, des erreurs de méthode aussi énormes que celles de Krafft, l’astrologue Léon Lasson a fait état, avant Gauquelin, du déplacement statistique des fréquences planétaires significatives au-delà de l’Ascendant (vers la pointe de Maison XII) et du Milieu du Ciel (vers la pointe de Maison IX). Son antériorité, non-scientifique, mettait forcément en rage l’un des censeurs les plus inconditionnels du conditionalisme. Les bilans des Gauquelin, Michel et Françoise, éloignent les planètes des angles de la sphère locale (AS, MC, DS, FC). Celui de Mme Fuzeau-Braesch sur des jumeaux soumis à des tests comparatifs, les rapproche. Les résultats de Pierre Dicharry, dans une comparaison statistique entre un test de personnalité et des facteurs astrologiques portant sur 427 sujets mettent "cul par-dessus tête" les significations courantes sur les aspects, planètes en Signes de l’astropsychologie et de la Tradition. Par contre, Christophe de Cène, sur la base de 1500 joueurs d’échecs, avec une méthode sélective-comparative, valide l’aspect étroit de la conjonction Saturne-Mercure chez tes grands champions, en montrant que l’opposition d’orbe étroit est absente à la naissance des maîtres en cet art..

Ainsi, avant de me reprocher d’être affectivement rebelle aux statistiques astrologiques, je prie les argumenteurs de lire tout ce que j’ai lu depuis une quarantaine d’années et je leur rappelle que de nombre, trop nombreux, "statisticiens" ont obtenu des résultats "probants" avec des planètes inexistantes. Conclusion : réfléchir avant de parler.

Pierre Dicharry, dans le n° 2 des Cahiers du RAMS, écrit : "Pour l’instant, nous ne cherchons pas à interpréter un thème, car nous en reconnaissons volontiers la multiplicité des composantes, mais seulement à trouver la correspondance entre un élément planétaire et une tendance humaine".

Selon l’invitation de S. Fuzeau-Braesch, comptons patiemment les pois lisses et les pois ridés (allusion à Mendel dans L’espoir de trouver et prouver des constantes, peut-être plus tard, trouverons-nous des lois.

L’ennui, même pour les statistiques Gauquelin, n’est pas dans la multiplicité des composantes mais dans le fait qu’elles soient liées.

Lorsque Gregori Mendel compte un petit pois lisse, le ridé n’est pas là, et vice-versa. Essayez, avec une conjonction Jupiter-Saturne, de compter Jupiter sans Saturne, et Saturne sans Jupiter. Ce petit pois-là, n’est ni lisse, ni ridé... ni mi-Iisse, mi-ridé, il est "grand E" comme Existence, lisse et ridé. On peut en dire autant de l’opposition Jupiter-Saturne qui forme un couple indissociable dans le ciel, sinon dans l’homme.

Lorsqu’on lance une paire de dés à 6 faces, numérotées de 1 à 6, les sorties respectives sont indépendantes. Qui oserait soutenir que la sortie de Jupiter conjoint ou opposé à Saturne, n’implique pas celle de son partenaire ? Si chaque fois que je sors le 6 d’un cornet, le 1 sort nécessairement de l’autre, ce ne sont plus les sorties du 1 ou du 6 qu’il faut compter, mais celles du 7.

Y a-t-il une variété de pois ridé qui, selon la date de comptage, amène avec lui un petit pois lisse ? Je n’en connais pas en génétique. Avec le ciel-Objet, je sais que si on interroge les présences aux angles (lever, culmination supérieure, coucher, culmination inférieure), outre les époques de conjonctions et oppositions, il se produit des sorties simultanées ("grand E" harmonique ou dissonant) pour des angles ou aspects différents selon les positions en Signes des planètes.

Prenons un Jupiter en Cancer à 90° (quadrature fin de cycle) de Saturne à 0° de la Balance. Chaque fois que Saturne se lève, sous n’importe quelle latitude comprise entre 66°,5 Nord et 66°,5 Sud, Jupiter culmine et se place au Fond-du-Ciel lorsque Saturne se couche. Prenons, pour une latitude Nord de 45°, un sextile Jupiter-Saturne, avec Jupiter à 0° du Capricorne et Saturne à 0° du Scorpion. Cette fois, ce n’est pas la quadrature qui pipe les dés et le mouvement indépendant des petits pois, mais le sextile. Chaque fois que Jupiter se lève, Saturne culmine. Cette simultanéité disparaît lorsque Jupiter se couche, ainsi que sous une latitude géographique différente. II est facile d’établir pour chaque latitude le tableau de variation de l’écart angulaire MC-AS qui, selon l’heure sidérale, valorise une phase particulière d’un cycle planétaire.

Les méthodes statistiques généralement employées tiennent-elles compte des dates, heures, lieux, qui transforment les petits pois en "grand E", "petit r", ou "petit t", selon d’autres combinaisons de Jupiter et Saturne ? Non, car tout ceci n’est que théorie. Le système solaire est traité comme un ensemble de composantes non liées, alors que pour n’importe quelle date la position d’un astre implique celle de tous les autres.

II parait moins simple, mais plus conforme à l’Objet que l’on analyse, d’élaborer des tests de personnalité à l’image de l’unité ordonnée du système solaire. Pierre Dicharry propose de trouver une, ou des lois, aux produits de sa méthode non globale. Produits chiffrés de questions posées par un système social sans rapport avec l’équilibre, la cohérence, la nature de l’Objet testé. En réponse, je suggère : pour de bonnes réponses, il faut de bonnes questions, et pour attraper un tigre on ne pose pas des pièges à lapins. Autre image : je pose à une sauterelle des questions qui s’adressent à une girafe. Conclusion (une chance contre combien de millions ?) : ce n’est probablement pas une girafe.

Supposons que l’inconnu dont on suppute un caractère soit l’un des 5 polyèdres réguliers convexes chers à Kepler (octaèdre, icosaèdre, dodécaèdre, tétraèdre, cube). S’il s’agit d’un cube et que les questions portent sur un volume à 8 faces (octaèdre) au lieu de chercher une loi, devant l’incohérence des résultats, je chercherai de meilleures questions et de meilleures méthodes. Les nombreuses "Associations de Recherches Scientifiques" du milieu astrologique semblent ignorer qu’en dehors de quelques découvertes faites par hasard (donc, sans méthode préconçue) ce sont les changements de modèles (donc d’instruments et de méthodes) qui ont conduit à de meilleures représentations (toujours améliorables) de la réalité, notre inconnue.

En astrologie, nous nous appliquons à connaître la nature, les plans et modalités d’action de la relation Ciel-Homme. En principe, nous ne cherchons pas - pas nous, conditionalistes - à nous intégrer au consensus actuel de la scientificité et user de l’astrologie comme d’un faire-valoir. Nous cherchons le meilleur moyen de persévérer dans le savoir astrologique à partir de tests qui confirment ou infirment la voie suivie. Le conditionalisme a proposé ses modèles conditionnels et neurophysiologiques, conformes aux réalités astrométriques. Qui les a acceptés, en statistique, ne serait-ce que par hypothèse ?

Dans les années 50, dès la parution de son premier ouvrage antiastrologique, j’ai suggéré à Michel Gauquelin de tester, pour les Signes du zodiaque, les phases, vitesses, forces des formules réflexologiques... non par des questions mais par des mesures instrumentales. II m’a répondu que ces instruments existaient... mais il a testé les Signes par des statistiques d’une rare balourdise : les militaires gradés, les généraux notamment, doivent illustrer l’agressivité du Bélier, etc. Par la suite, dans une lettre à R. Pellard, il s’est prétendu disposé à des statistiques conditionalistes : "Je comprends votre déception, écrit-il, devant le peu de cas que je fais de l’astrologie conditionaliste. Le problème est uniquement d’ordre scientifique (sic). L’astrologie conditionaliste est une théorie. Ce que je souhaiterais, c’est une expérimentation qui justifie cette théorie. Proposez-moi un protocole expérimental "falsifiable" précis...

Mesurer, par des instruments adéquats, comme je le lui avais proposé, la mobilité, l’intensité, l’équilibre des processus d’excitation et d’inhibition, ne serait donc pas scientifique et "falsifiable"... et le conditionalisme n’est qu’une théorie (on ne le saura jamais assez). Les mensonges de Gauquelin sont plus gros que les songes des astrologues, mais ceux-ci ont su très vite l’imiter et rester fidèles a sa mémoire "non falsifiable".

Indépendamment de la logique des cycles et intercycles, j’ai donné une démonstration numérique de l’unité du système solaire, tant pour les demi-grands axes que pour les gravités, calculables par une formule confirmant le modèle R.E.T. S’agit-il d’une démarche anti-scientifique, anti-statistique, et néfaste aux associations dévouées à la recherche ? En dehors de Christophe de Cène et Richard Pellard qui ont signalé l’originalité de ce bilan, le silence est total. Pourtant, une formule non-empirique (elle découle d’un modèle) qui restitue, à 3% près d’incertitude, les gravités à la surface de planètes séparées par des millions de kilomètres, devrait conforter les intégristes et intriguer les chercheurs. Eh bien, non. Comme dirait Gauquelin : faisons-en peu de cas. Si mes calculs sont erronés, les hypothèses absurdes, les Cahiers Conditionalistes en publieront les critiques rectificatives. Je répondrai en soumettant mon texte aux auteurs sur la défensive. Si ces calculs sont exacts les statisticiens qui en négligent les conséquences pour la mise au point de leurs méthodes ne sont pas plus scientifiques qu’Elisabeth Teissier dans son égo-exhibition des Signes par un défilé de mode (applaudissements et sifflets sur divers bancs).

En 1978, aux Journées du Paranormal tenues à Bruxelles, j’ai proposé, en présence de Hans Eysenck et Mme S. Fuseau-Braesch, une grille (depuis améliorée) de codage de la globalité du thème. Les conditionalistes la connaissent. Je n’ai pas cessé de l’enseigner et de la recommander pour leurs recherches. Elle code le S.O.R.I., toutes les familles du R.E.T., les formules réflexologiques fortes et faibles, les aspects (consonants-dissonants). Les termes étant définis, il est possible à un psychologue, astrologien ou pas, de coder un portrait de personnalité, un profil caractérologique de n’importe quelle typologie. On peut même coder un seul mot, suffisamment significatif. Sans consulter le psychologue, un ou plusieurs astrologues codent séparément le ciel (Maisons, Planètes, Signes, aspects). En finale, on procède aux comparaisons. La méthode peut être soumise à toutes sortes de statistiques. Son intérêt est d’être constamment améliorable et son originalité est de s’appuyer sur une grille (langage-tampon) commune à l’astrologue qui codifie techniquement le ciel, à l’expérimentateur qui codifie logiquement le portrait. II y a, en somme, une dépersonnalisation donc, décrispation de l’expérience. L’astrologue n’identifie pas un portrait à partir d’un thème, il dispose de critères techniques pour remplir une grille, avec des "+", des "-", et des vides, selon le thème. Le psychologue rempli la même grille, avec des "+", des "-", des vides, selon le portrait et les définitions de chaque terme. Les portraits typologiques sont préférables si l’on veut, un premier temps, un accord sur le langage. Les équipes, astrologues et non-astrologues sont mises, pour leur plus grande joie, en situation de collaborer, voir caducée. Tout ceci a été exposé aux journées de l’ARRC. Je vous laisse imaginer l’enthousiasme... général. Comme dirait Gauquelin aux natifs du Bélier.

Ce protocole relève de la recherche qui devrait être le but principal de l’astrologue au-dessus de la scientificité, d’une honorabilité discutable à notre époque. S’il s’agit de convaincre, pour la beauté de l’idée ou pour avoir des crédits, les protocoles doivent être en concordance avec les modèles admis par la pensée dominante. A priori, la science voit dans l’astrologie un causalisme déterministe sous-jacent qui l’indispose. La première chose à faire est de lever cette prévention en démontrant statistiquement, puisque pour la séduction il faut en passer par là, que l’effet astrologique n’est pas absolu mais conditionnel (eh oui, c’est un mot qui fait mal mais comment l’éviter quand on s’exprime en français ?). Pour celà il y a le travail des Gauquelin sur les professions. La planète Mars étant, du côté des vocations, prédominante chez les militaires, les sportifs, les savants, pourquoi ne pas reprendre les échantillons et coder pour ces catégories professionnelles, le milieu social des géniteurs, en se fixant, comme Gauquelin aimait à le faire, un barème objectif (salaires, nombre d’enfants, coût du loyer, etc.) Nous jugerons, statistiquement, si un Mars dominant de n’importe quelle classe sociale a autant de probabilités de devenir sportif que médecin. Ce que je propose pour Mars vaut pour Jupiter qui figure dans les fréquences positives chez les militaires, les politiques, les acteurs. Selon ses origines sociales, le natif d’un Jupiter dominant a-t-il autant de chances de devenir acteur plutôt que militaire ou champion dans un sport d’équipe ? Et le sexe, dans tout ça ? Combien de femmes dans l’échantillon des ministres par rapport à celui des actrices célèbres ? Avec des chiffres pour en débattre et mesurer l’ampleur de conditionnements différents, voilà une voie qui trancherait sur le caractère absolu ou relatif (conditionnel) de L’astrologie. J’ai également énoncé cette proposition à Michel Gauquelin et je rappelle ces offres en démenti à sa lettre à R. Pellard. Les "théories" conditionalistes débouchent, hier comme aujourd’hui, sur des expérimentations "falsifiables". Et hier comme aujourd’hui, les non-théoriciens anti-conditionalistes, en font peu de cas. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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