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| Publié le : 18 octobre 2004
1. Astrologie naturelle ou conditionaliste : des principes aux dosages
"Toute vraie pensée est, indissolublement, révolte et conversion et métamorphose ; l’esprit est condamné à se faire chameau, et puis lion, avant d’apprendre à danser" (Gérard Bonnot).
Richard Pellard, Président fondateur d’ARIANA (Association pour la Recherche et l’Information en Astrologie Naturelle) et rédacteur en chef du bulletin de cette Association 1901 (Le Fil d’Ariana) nous a adressé un article important sur les confusions à ne pas faire entre astrologie moderne, conditionnelle-conditionaliste, universelle, naturelle...Son article (Astrologie naturelle ou astrologie conditionaliste ? - Les mots ne sont pas innocents) dresse également l’historique des avatars du conditionalisme pour contourner la répugnance des éditeurs à user d’un terme, pourtant clair, qui, à leur sens, n’augure rien de bon, donc de commercialement rentable. Précieuse par ses rappels historiques et son analyse sémantique, cette mise au point vaut d’être connue des lecteurs de nos Cahiers Conditionalistes et elle paraîtra probablement sur le site AstroConsults. Après les réactions de Patrick Leguen qui seront publiées dans les prochains Cahiers (n°28) espérons que les amateurs de sémantique, intéressés par le poids et le sens des mots, donneront leur avis... sans renvoyer tout le monde dos à dos, comme il arrive fréquemment dans de ce genre de débats. Pour ma part, une fois le présent et le passé éclaircis, je crois à quelques précisions nécessaires sur l’avenir des mots, des principes qu’ils recouvrent. Que vont devenir Moderne, Conditionnel, Naturel, Universel, et Conditionalisme ? Tout dépend du dosage et l’usage que nous sommes décidés à en faire. Et les choix sont variés, autant que variables en dosage et usage. Astrologie moderne J’ignore à qui revient l’antériorité de l’adjectif "moderne". Avant d’être révolues, toutes les époques sont modernes. De son temps, l’Antiquité était moderne. L’adjectif ne fait que préciser un "Moi-Ici-Maintenant" qui change à l’instant suivant. Dans les années 50, l’ex-Centre International d’Astrologie dispensait à ses adhérents un bulletin d’astrologie... moderne par un titre qui prenait sa modernité dans ses références au symbolisme de Freud et Jung, mâtiné du surréalisme d’André Breton. Cet argument de modernité est devenu passéiste, et, aujourd’hui, l’ancien responsable du bulletin autrefois moderne, se réclame d’une Tradition rebelle à toute modernité, dès lors que la sienne s’est trouvée dépassée. Le manuscrit soumis à François-Régis Bastide avec la recommandation de Jacqueline Aimé, s’intitulait Le Temps des Astrologues. C’est François-Régis Bastide, alors directeur de collection aux Editions du Seuil qui, en commentant le contrat d’édition, m’a proposé le titre Pour une Astrologie Moderne. Je n’ai pas rechigné, je lui devais ce parrainage apprécié. En référentiel "Objet" l’important, plus tard R. Pellard raisonnera de même, était le contenu du flacon. Que l’on titre Le Temps des astrologues ou Pour une astrologie moderne, dans ce livre aucune ambiguïté possible : il n’est question, de façon ouverte, continue et déclarée que d’une astrologie conditionnelle, pas du tout moderne. Voir Claude Ptolémée, Cardan, J. Kepler... et l’astrologie mexicaine : "Un jour faste n’est pas nécessairement heureux. Ce n’est le cas que si on mérite ce bonheur par une conduite vertueuse et par des sacrifices. De même, un jour néfaste ne porte pas nécessairement malheur car il n’est maléfique que pour celui qui refuse de faire des sacrifices" (Wilhelm Knappich. Histoire de l’astrologie. Ed.Vernal-Lebaud.1986). On ne saurait mieux dire pour "conditionner" un effet du ciel à un conditionnement social terrestre ; ici, mexico-religieux. Dans certains articles, pour éviter les lourdeurs des définitions concurrentes, j’utilise moderne pour le grand public, mais aussi, parce que l’astrologie conditionaliste sera toujours moderne... comme elle l’était au temps de Ptolémée. Conditionnel, conditionnelle J’ai compris ce qu’est un conditionnement autre que le dressage, la mise en condition, le cartonnage, en lisant I.P. Pavlov dans le métro aux heures de pointe des années 50. Le titre La Condition Solaire (1964 - Ed. Vilain et Belhomme), rend hommage à l’œuvre de Pavlov et témoigne de mon engagement pour tout ce qui me paraît digne d’être défendu et plaidé contre l’ignorance ou le silence. Toutefois, je ne suis pas un propagandiste inconditionnel. Il est écrit dans l’Evangile : "Que ceux qui ont des oreilles entendent". Le conditionalisme ne fait pas pousser les oreilles de ceux qui n’ont pas de disposition à l’entendement. Il faut se faire connaître accessoirement. Ne pas perdre le temps dévorant de la recherche pour diffuser ce qu’on ne sait pas exactement. Le petit nombre comprend l’incertitude du savoir. Le grand nombre se contrefiche de ce qu’un petit nombre sait ou ne sait pas. La vocation conditionaliste étant la recherche, il faut d’abord cibler les oreilles des curieux (en principe les scientifiques devraient l’être, mais les statistiques montrent que non) et déblayer la bourbe des préjugés contre tout entendement non consensuel, nouveau, évangélique ou pas. D’une certaine façon, La Condition Solaire instruit autant sur la méconnaissance de nos conditionnements "naturels" (géosolaires) que sur l’ignorance de l’astrologie par les astrologues anti-signaux et les prétendus curieux de la science anti-symboles. Sous l’angle de la modernité, les deux causes, pavlovisme et astrologie conditionnelle sont liées par l’ombre qu’impose une culture dominante à ses jardins et son compost dans un ghetto autorisé. Chaque fois que j’ai pu le faire, pour que l’on comprenne notre relation avec le système solaire et ses composants (atomes compris), j’ai donné du conditionnement un aperçu entièrement différent des caricatures universitaires. Je n’ai jamais manqué d’insister sur l’attitude négative des scientifiques, lettrés ou illettrés, à l’égard de l’héritage de Pavlov. Quant à celle des astrologues imprégnés de freudo-symbolisme, nous en reparlerons à propos du dogmatisme subjectiviste. Des années après mes prêches, grâce à un ami attentif à notre recherche, j’ai eu le plaisir de lire une analyse de l’œuvre de Pavlov qui me dispensera désormais d’improviser sur le dénigrement du conditionalisme. Les pages suivantes sont extraites de : Ils ont tué Descartes, sous-titré Einstein, Freud, Pavlov (Gérard Bonnot). Editions Denoël. Paris 1969). Mes soulignements sont en gras. “Par un curieux paradoxe, Ivan Petrovitch Pavlov a connu, à la fois, ces deux destins (culte maniaque ou rejet d’un modèle-fondateur après sa mort) contradictoires, de part et d’autre de la barrière idéologique qui divise notre monde. Du côté communiste, il a régné, imposant à la biologie, à la médecine, à la psychiatrie la chape d’un nouveau cléricalisme. Les laboratoires russes ont poussé l’art de conditionner les animaux jusqu’à des raffinements scolastiques et la récitation des doctrines du maître jusqu’au psittacisme... En Occident, à l’inverse, on dirait que la théorie du conditionnement se porte d’autant mieux que son auteur est plus oublié. Dans la pratique, on ne conçoit pas de psychologie scientifique sans ces innombrables expériences d’apprentissage, sur les singes, sur les chats, les rats, les souris, les poissons rouges, qui, toutes, font appel aux propriétés du système nerveux découvertes par Pavlov, le jour où il commença à regarder baver ses chiens. Quant à l’hypothèse fondamentale, que toute vie intellectuelle repose sur l’aptitude du cerveau à établir sans cesse de nouveaux circuits réflexes, elle est la base même de l’essor que connaissent aujourd’hui les études neurologiques. Les progrès de l’électroencéphalographie, de la biochimie cellulaire et moléculaire, les théories cybernétiques et l’expérience de l’informatique, loin de condamner l’intuition du vieux physiologiste, permettent au contraire d’aborder certains des problèmes qu’il esquivait, apportent un commencement de solution aux difficultés sur lesquelles il butait. Très rares, pourtant, dans les laboratoires où se poursuivent ces travaux, sont les chercheurs qui se réfèrent à Pavlov. Ils n’y songent pas. Quand on leur pose la question, ils lui rendent volontiers hommage. De confiance. Ils ne l’ont jamais lu. Et si, d’aventure, il leur arrive de parcourir quelques pages de lui, ils hésitent à y reconnaître l’éclat du génie, tant les déconcerte, les irrite ou les attendrit, sa naïveté de précurseur. Par la manière dont il a conduit sa vie, on peut dire qu’en un sens il a choisi cette retraite. Indifférence polie ou gloire abusive, on reste dans la logique des valeurs qu’il a toujours professées et mises en pratique. Il n’y aurait donc pas de raison de le déplorer si, du même coup, ne risquait de se trouver escamoté l’aspect le plus profondément original de son œuvre. Celui qui ne se laisse pas aisément classer dans les manuels ni réduire à un catéchisme. Parce qu’il tient à l’homme même, à son tempérament. Et concerne tous les hommes, directement, même s’ils se moquent de l’évolution des sciences ou demeurent à l’écart des Eglises. Ce noyau corrosif caché au cœur de la pensée de Pavlov, qui donne aujourd’hui à ses chiens plus de prise sur notre avenir que la bombe atomique (cf. Einstein) ou le déchaînement de l’inconscient (cf. Freud). De conditionnels, les réflexes étaient devenus conditionnés du vivant même de leur inventeur, et avec son aveu. Un pas de plus, nous avons le conditionnement ou, si l’on préfère un meilleur français, et plus clair, la mise en condition. Le langage ici témoigne : des deux lectures que permettaient les travaux de Pavlov, une seule s’est imposée, au point de faire oublier l’autre. On n’a retenu que la passivité du sujet, la toute-puissance de l’expérimentateur. En revanche son succès a été immense, les applications innombrables. Publicité et entraînement psychophysiologique, apprentissage programmé, lavage de cerveau, viol des foules, relations publiques, on ne compte plus les réussites. Conditionnés, les brillants lauréats de notre Ecole Nationale d’Administration, les marines (soulignement de l’auteur) américains, les jeunes cadres de néocapitalisme, les cosmonautes héroïques et souriants. Les techniques pavloviennes ont envahi notre société et l’on a si souvent dit qu’on a l’impression d’écrire une banalité en le répétant une fois de plus. Peut-être parce qu’on le dit mal. A force de montrer la pensée de Pavlov réfractée à travers des cas particuliers, émiettée en recettes pratiques, fécondes ou inquiétantes, mais toujours efficaces, on finit par perdre de vue son point d’application essentiel, sa véritable force. Après tout, on n’avait pas attendu l’éminent professeur de l’Institut de médecine expérimentale de Saint-Pétersbourg pour découvrir que les animaux se dressent. Ou même les hommes. Frédéric-Guillaume Ier, par exemple, ce souverain qui préférait les plaisanteries de corps de garde aux dissertations philosophiques, savait déjà qu’un beau grand gaillard, fort comme un Turc, à condition d’être suffisamment humilié, abruti, battu, discipliné comme on dit, pouvait devenir le plus docile des automates. Et Napoléon, ce fin connaisseur de la nature humaine ! Il obtenait beaucoup plus que de la bave. Il lui suffisait de croix et de rubans pour décider un homme apparemment normal à se faire tuer pour ses beaux yeux. Et, avant eux, les bourreaux de Torquemada : avaient-ils besoin de leçons pour arracher des conversions aussi durables qu’édifiantes ? Reçu à Londres pour la première fois, en 1912, par le très respectable Sherrington, Pavlov s’était entendu dire : "Vos réflexes conditionnels n’auront aucun succès en Angleterre, parce qu’ils sentent le matérialisme". Et il était assez fier, à la fin de sa vie d’avoir fait mentir cette prédiction, l’Angleterre ayant été l’un des premiers pays à donner à ses découvertes droit de cité dans l’enseignement de la psychologie. Il n’est pourtant pas sûr que la cause du matérialisme y ait gagné autant qu’il l’imaginait. On disputait, à l’époque, pour savoir qui devait avoir la priorité, du corps ou de l’âme. On continue...[...]. La révolution de Pavlov n’est pas métaphysique mais pratique ; elle n’instaure pas le matérialisme, elle liquide les conventions du dualisme. En manipulant ses chiens, il nous a mis entre les mains la chaîne de causes et d’effets qui lie une idée, une croyance, à une situation concrète. En démontrant qu’on pouvait modifier, à volonté, le comportement, il nous a donné accès à cet accord mystérieux du corps et de l’esprit qui constitue la personnalité. Pour le meilleur ou pour le pire ? Aux yeux de beaucoup, l’œuvre de Pavlov est un attentat à la liberté individuelle, une entreprise de déshumanisation et d’asservissement. Des deux lectures que proposaient les réflexes conditionnés, on choisit la plus facile, celle qui s’accorde aux pires tentations de l’homme, à ses plus archaïques sujétions. Et il faut convenir que le déchaînement de violence insane qui a marqué les dernières décennies semble donner crédit à cette interprétation. Mais c’est Lénine qui a mis la violence au service de la raison, Hitler qui érigea l’hystérie collective en procédé de gouvernement. Sans aucun doute les camps de concentration furent une tentative de conditionnement qui repousse les limites de l’horreur. Mais faire grief à Pavlov de la fumée que crachaient les cheminées d’Auschwizt est aussi injuste qu’imputer à Einstein les cendres d’Hiroshima. Car on n’a pas à choisir entre les deux lectures. Elles ne s’excluent pas, elles se complètent. L’homme a toujours su qu’il devait s’adapter aux circonstances. De gré ou de force. En élucidant le mécanisme de cette adaptation, Pavlov lui offre au contraire la possibilité de commander l’évolution nécessaire, de substituer la raison et le libre consentement à la ruse ou à la violence. Comparez ces lignes terribles sur le pouvoir du conditionnement et celui, aussi terrifiant du choix de lecture, au texte d’un autre natif de la Balance qui a choisi de conditionner ses lecteurs à l’anti-conditionalisme : "On peut également regretter pour elle (l’école d’astrologie conditionnelle) qu’au lieu de tenter de saisir l’homme à la mesure du plus large clavier de ses états et manifestations, elle se réduise à l’étroit couloir du plan de la réflexologie...". Un couloir qui par un choix différent de la manipulation, conduit aux neurosciences, à une astrologie où le consultant n’est plus empaqueté mais informé des conditionnements célestes qui peuvent l’aider à démêler, utiliser mieux ou autrement ses conditionnements terrestres. Finalement, s’adapter, trouver le meilleur compromis possible entre ciel et terre, sans y laisser trop de plumes... autre chose que chanter juste dans son thème, un programme qui laisse supposer qu’Hitler, Mussolini, Staline sont des ténors. La consultation conditionaliste a pour but de libérer et non de soumettre à une idolâtrie astrale qui, sous le baragouinage de l’anthropocosmomorphisme sert la vanité des "maîtres" ès filousophie. Mais sur Terre, comme en société, la plus grande des libertés ne peut être que... conditionnelle. Pavlov ne nous l’apprend pas. Il démontre que nous traînons nos chaînes jusque dans nos pensées. Connaître nos carcans et nos boulets devraient en détacher l’esprit, rendre nos doutes et certitudes plus indépendants des jugements médiatisés. C’est en cela, que le conditionalisme, tout comme le pavlovisme, fait peur. Imaginez une émission télévisée d’informations systématiques sur l’art et la manière de dresser les cerveaux, embobiner le gogo par la publicité, le discours sous-jacent, la suggestion feutrée répétitive ; ce serait vite la confusion, l’anarchie dans les journaux, les élections, l’économie ; la panique dans les sondages... Rien ne serait prévisible. Parce qu’il y a moins d’irrécupérables qu’on le croit. L’espèce humaine ne se compose pas que de jobards. Il existe des esprits libres. Il faut seulement avoir la patience et les moyens de les informer pour qu’ils se manifestent. Alain et Jacques Mullard ont créé d’eux-mêmes un site conditionaliste sur Internet. Patrick Le Guen ne m’a pas demandé s’il devait ou non faire son logiciel, aujourd’hui très apprécié des astrologues conditionalistes et divers autres. L’idée de la VideoK7 sur le conditionalisme est de François Bourdillat qui a animé, participé à sa réalisation avec un ami aux convictions astrologiques d’une autre école. En Italie, Fernanda Nosenzo-Spagnolo a créé un site strictement conditionaliste, et un éditeur important va publier, sous sa signature, un ouvrage de notre école. La revue Astrologique nous a valu des stages, des conférences, une nouvelle génération de conditionalistes dont Ta Ngoc-Yen, Philippe Pinchon, Michel Fénice, Alain Debuschère, Henri Boucher, Jean-Paul Citron, Richard Pellard (et malheureusement B. Blanchet et H. Guinard). Bref, l’information a toujours enrichi notre école. Peut-on se demander pourquoi Astrologie Pratique n’a pratiquement rien apporté au conditionalisme ? Si personne ne doute que Richard Pellard soit un conditionaliste compétent, militant et convaincu, il n’est pas sûr que pour faire connaître ce que l’on sait et ce que l’on croit, il faille trop longtemps en cacher le nom. Affaire de dosage. Nous en avons souvent parlé et, à part le passage d’astrologie conditionnelle à astrologie conditionaliste, j’ai toujours maintenu que pour répliquer à l’obstination de ne pas vouloir ou pouvoir entendre, on ne peut répliquer que par une plus grande obstination à se répéter. Autre affaire de dosage. "Quand Dirac donnait des cours, il préparait son texte de façon que la clarté soit maximale et l’exposé direct. Il refusait de changer ses phrases, préparées avec soin, sous prétexte qu’elles n’avaient pas été comprises. Plus d’une fois un auditeur dans la salle lui demanda de répéter un point qu’il n’avait pas compris, attendant des précisions et d’autres explications, mais Dirac répétait alors mot pour mot ce qu’il venait de dire" (La Physique quantique. Dossier Pour la Science. Juin 1994). Je ne suis pas Dirac, je ne crains pas la redondance, mais pour le principe de répétition (Dirac est natif du Lion) cette anecdote vaut la parenthèse. Que soit dans l’art, la philosophie, les sciences, il faut au moins trente à cinquante années d’obstination pour faire admettre un nouveau style, une idée nouvelle. Rien de nouveau pour le Soleil "rR", dispositeur des paradigmes. SUITE Cet
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Jean-Pierre Nicola
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