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| Publié le : 18 octobre 2004
2. Astrologie naturelle ou conditionaliste : des principes aux dosages
Conditionnements Le conditionnement structurel, selon le terme de Richard Pellard, rejoint les réflexes absolus, opposables aux réflexes conditionnels. Nous avons froid ou chaud, faim et soif, dès la naissance. Les besoins organiques fondamentaux n’attendent pas que l’on sonne la soupe pour se manifester. Par des liens variables, temporaires, l’éducation associe ces besoins aux règles familiales et sociales pour les discipliner en éliminant les spontanéités inconvenantes. D’autres besoins que purement biologiques sont probables ; en dehors des préceptes éducatifs, des conditionnements artificiels expérimentaux, le contexte naturel (le milieu géosolaire en fait partie) engendre des liens qui échappent à la conscience. Les réflexes, absolus et temporaires, rappellent la vieille incompatibilité supposée entre l’inné et l’acquis... qui ne sont plus des concepts contraires mais complémentaires. Ce que nous avons illustré par la théorie des âges où l’absolu est le calendrier des acquisitions nécessaires à la maturation et le conditionnel ce qui se greffe de culturel, d’humain et de relatif sur ce calendrier. On apprend les couleurs à l’âge vénusien mais les pays et les mœurs n’ont pas les mêmes couleurs favorites. La théorie des âges implique l’intégration des cycles du système solaire par l’espèce humaine, uniquement par elle pour l’ensemble des cycles. Cette intégration n’est peut être pas achevée ; ce qui est acquis a probablement demandé des millénaires de répétitions avant d’appartenir aux lois de l’espèce. B. Blanchet prend sa naissance pour la première apparition du cycle de Pluton dans l’intégration phylogénétique du système solaire. Lorsqu’on connaît sa prédilection pour le Sujet "au centre du Monde et de tout le monde" sa position n’a rien d’étonnant, elle s’explique par la psychologie ordinaire. Le conditionnement par initialisation n’est guère séparable du conditionnement par répétition. Ils se soutiennent, se complètent, s’excluent seulement dans les cas extrêmes. Un violent traumatisme n’en demande pas un deuxième pour créer d’irrépressibles phobies. La répétition intervient dans la thérapie pour annihiler l’effet négatif d’un accident ou de situations exceptionnelles. Il arrive que l’on préconise de mimer un événement perturbant, revenir en arrière, pour effacer une première impression pernicieuse. Ce serait trop long d’énumérer les exemples d’initiations, heureuses ou malheureuses, pour nos instincts basiques (nourriture, amour, sexualité) renforcées, corrigées ou infirmées par des répétitions, gratifiantes ou contrariantes. Ma première grille de Loto National comportait cinq bons numéros pour un gain de 13 000 F (1 million et 300 milles anciens francs). Persuadé que le Loto était effectivement facile et qu’il rapportait gros, j’ai continué à jouer jusqu’à ce que la répétition des paris perdus me dissuade de continuer. Pour relancer les joueurs désabusés, au bout d’un certain temps, la Française des jeux ajoute un "bonus" à ses grilles ou lance un nouveau jeu. L’imaginaire et l’irrationnel n’échappent pas à l’initialisation. A un numéro près le gain passait de 13 000 à 3 000 000 F. De quoi se souvenir de deux chiffres (27 au lieu de 28)... tout en sachant que cette lecture du hasard ne tient pas debout. En matière d’interprétation des coïncidences, les astrologues battent tous les records... mais les facéties du hasard - qui n’en sont pas toujours -, tout comme l’inépuisable jeu des Maîtrises planétaires, intéressent aussi le conditionalisme. L’initialisation et la répétition s’appliquent au dressage dans les mêmes combinaisons évoquées ci-dessus. Pour l’initialisation, il y a, par exemple, les primes d’engagement avant les classes militaires qui peuvent être décevantes, alors que les primes sont... engageantes. En deux séances la chienne Cora avait appris à ouvrir une porte en se dressant et en appuyant sur la poignée. Ensuite, elle ne se lassait pas d’abuser de cet exercice sous le regard indifférent de sa fille Zoom, incapable de l’imiter. Il aurait fallu apprendre à Cora à fermer la porte derrière elle, ce qui n’était pas apparemment dans ses possibilités. Aussi les tentatives de dressage par répétitions ont consisté, sans résultat, à lui interdire d’ouvrir la porte à tout bout de champ. Sur le fait de savoir qui dresse qui, Gérard Bonnot nous raconte l’histoire savoureuse qui, dit-il, circule dans les classes de philosophie : "Il y avait une fois un chien, il était si intelligent qu’il avait dressé son maître. Quand on lui apportait à manger, le maître devait agiter une sonnette. Mieux. A la fin le maître était si bien dressé qu’il agitait la sonnette même quand il n’y avait pas de repas et que le chien se contentait de saliver". Le génie de Pavlov est d’avoir réuni le subjectif et l’objectif, le psychique et le physiologique. Il a précisé les modes et les limites de l’étroite relation de l’interne et l’externe, de l’individu et son milieu. Ce n’était pas une idée nouvelle : il en a mesuré expérimentalement la fécondité et déduit une typologie objective dont ne parlent guère ses détracteurs car elle dénie la toute-puissance exclusive du milieu et la passivité du sujet. L’efficacité et le retentissement des "stimuli", naturels ou artificiels, sont fonction des propriétés neurophysiologiques du récepteur et de son histoire. Les "forts" en excitation (F+) ou inhibition (F-) n’ont pas les mêmes réponses aux conditionnements ; les aptitudes à se conditionner et déconditionner varient encore selon la mobilité des deux processus, et leur équilibre, en rapport avec les phases des Signes, est différent d’une personne à l’autre. Avec les formules zodiacales que de tristes faussaires réduisent à des réactions du genou (la filousophie à coups de marteau), il est possible d’imaginer les facilités et difficultés de chaque tempérament à supporter ou rejeter tels ou tels conditionnements par initialisations-répétitions. La typologie pavlovienne est vaste parce que ses fondements ne sont pas ceux de l’affectivité, des instincts, des glandes, de la morphologie, mais des processus neurologiques qui animent l’ensemble, corps, âme et esprit. Les parties et le tout n’échappent pas à la gestion du cerveau, mystérieux organe de la relation interne-externe. En observant des animaux non dressés, quoique domestiques : chiens et chats, coqs et poules, j’en suis venu à souligner un conditionnement non formulé par I.P. Pavlov : l’autoconditionnement. P.S. Kupalov, successeur d’I.P. Pavlov a étudié, chez le chien, des réflexes conditionnés en comportement libre, mais il enferme son chien dans une pièce et introduit pour son étude des stimuli artificiels instrumentaux (clochettes, sonnettes, lampes, etc.). L’autoconditionnement est plus absolu et évident lorsque le champ de liberté n’est pas une chambre d’expérimentation mais le milieu naturel. La chienne Zoom entre d’elle-même dans les limites d’une propriété pour aboyer après un cycliste, et choisit d’elle-même le meilleur poste d’observation pour garder une maison (son poste change à l’heure du facteur). Chez l’Homme, les champs de liberté d’autoconditionnement sont plus nombreux et plus socioculturels que chez l’animal. Il y a dans la réalité suffisamment d’éléments et de complexité pour que chacun y crée des repères et des liens conformes à son tempérament. Il ne s’agit pas de rétablir la toute-puissance du Sujet sur l’Objet, mais de souligner les différentes figures de leurs Relations. S’il est vrai que chacun perçoit un paysage selon ses inclinations, il est également vrai que tous les paysages ne favorisent pas les mêmes interprétations, picturales et autres. Finalement, du conditionnement à l’autoconditionnement, nous voilà revenus à ce qu’expriment les formules neuro-noologiques des Signes zodiacaux : des modalités et potentialités des fonctions d’adaptation, riche ou pauvre, active ou passive. Les conditionnements célestes nous incitent à rechercher le meilleur champ ou référentiel d’autoconditionnement. Dans cet esprit, j’ai souvent parlé de l’horoscope comme une proposition d’être... un fils du ciel. Quant à savoir si la naissance est ou non une initialisation, avant de répondre j’engage à réfléchir à l’équation suivante que l’on peut désormais poser grâce au thème d’âge : Positions transits - Positions Thème d’âge = Positions NatalesNaturel, Universel Dans son Histoire de l’astrologie, Wilhem Knappich, déjà cité, consacre quelques pages à l’astrologie empirique ou naturaliste (je le cite) à laquelle se rattache un prestigieux passé : "L’astrologie empirique est également d’âge respectable. L’esprit rationaliste et conceptuel des Grecs s’est très tôt efforcé de rejeter l’enveloppe animiste pour remplacer le mythe par le logos et expliquer par des causes mécaniques ou physiques l’influence exercée par les astres sur la Terre. Déjà Ptolémée, puis les philosophes arabes et les scolastiques du Moyen-Age avaient essayé de classer l’astrologie parmi les sciences naturelles...". Ultra-symboliste, W. Knappich fait ensuite le tour d’horizon des auteurs anciens et contemporains, assez nombreux, qui ont tenté une explicative physicienne à partir d’hypothèses électromagnétiques, de champs de force ou de mécanique quantique. Les statistiques de Krafft et Gauquelin ne sont guère plus appréciées que les théories savantes importers à la structure complexe de l’horoscope et aux lois purement analogiques qui fondent l’astrologie. Pour justifier ses convictions, W. Knappich récupère Freud, Jung, J. Kepler et tandis qu’il prend à la légère les idées qu’il ne partage pas, sa tolérance tourne au laxisme pour les contradictions notoires du symbolisme, notamment : pourquoi des éphémérides... et qu’est-ce ce zodiaque de simples points de référence géométriques destinés à l’orientation (je cite) "utilisé comme un plan de référence des états d’âme saisonniers" !? Et c’est l’auteur d’une préface grandiloquente qui nous accuse d’être schizophrènes ! Malgré le risque d’hypothèses aberrantes, parce que l’énigme est épineuse et embrouillée, c’est déjà beaucoup de courage que de choisir le "naturel" contre le charabia anti-signal, et nous serions, nous aussi, obligés d’ergoter dans le néant s’il nous fallait, sous prétexte de physique et de statistiques, dénier au symbole et l’analogisme sa fonction vivante et inconsciente d’appréhension du réel. Que devient cette fonction chez ceux qui épinglent les symboles dans leurs livres comme des papillons morts ? Le conditionalisme ne sépare pas le Sujet et l’Objet, l’interne et l’externe, le microcosme et le macrocosme, le cerveau droit et le cerveau gauche... Comme G. Bonnard le dit du pavlovisme, nous avons liquidé les conventions du dualisme... d’un Bélier cartésien, précisons-le. Cela ne se pardonne pas chez ceux qui réclament la toute-puissance d’une seule lecture, et notre vision par le troisième œil du corps calleux nous vaut d’être inclassables dans le monde des borgnes de l’œil droit ou de l’œil gauche. Le traducteur de W. Knappich mentionne dans ses notes de mise à jour (1986) toutes les tendances de l’astrologie contemporaine, sauf la conditionaliste. Mme Suzel Fuzeau-Braesch, aux Rencontres Conditionalistes de 1989, a reconnu ne pas savoir où nous situer dans l’histoire de l’astrologie. Max Lejbowicz aurait répondu : parce que le conditionalisme introduit, dans cette histoire, une rupture épistémologique. Inclassables sous l’angle du naturel opposé au symbolique, en dehors des astuces pour détourner l’attention des éditeurs, nous n’avons pas d’autres solutions que de nous autoconditionner pour défendre l’originalité de la double lecture, physicienne et symboliste. Si, pour faire passer le conditionalisme, le label d’astrologie naturelle, qui a son histoire, devenait grand public, il ne resterait pas tripette de l’originalité du conditionalisme qui commence son histoire. J’ai entrevu, dans la peccadille de Maurice Worme, ce que serait un scénario de dénaturation du conditionalisme faute de vigilance. Richard Pellard sait que beaucoup souhaiteraient nous voir rentrer dans le rang. Pour retourner au naturel ou casser une dynamique inquiétante ? Non-déterministe, l’astrologie conditionaliste pratique et enseigne le conditionnel. Elle est naturelle par ses références astrométriques, universelle par des concepts qui vont au-delà de l’astrologie (le S.O.R.I. met en cause l’Intégration) sans référence aux sciences physiciennes. Le conditionalisme est donc conditionnel, naturel, universel. Mon analyse, ici, ne diffère pas de celle de Richard Pellard, sauf qu’il apparaît qu’il vaut mieux naviguer sous un seul pavillon aux trois couleurs que sous plusieurs monochromes complaisants. Conditionalisme "Le nom de Pavlov sera beaucoup mieux connu cent ans après sa mort que pendant sa vie" (H.G Wells, 1927). Parvenu au mot de la fin, je crois avoir presque tout dit sur le conditionalisme. Pas assez sur l’avenir du Pavlovisme qui n’est pas aussi bouché qu’on le croit. I.P. Pavlov est mort en 1936. Les cent ans de la prophétie de H.W. Wells, visionnaire rationaliste, selon E. Giurgea ne sont pas écoulés et nous n’avons pas tout exploré de "l’étroit couloir de la réflexologie" (voir plus haut). Quant à l’avenir du conditionalisme, ceux qui pensent que le S.O.R.I., le R.E.T., le zodiaque neuro-noologique, ne me survivront pas feraient mieux de consolider leurs arrières. Alain de Chivré, Président de la Fédération Des Astrologues Francophones n’est pas un phobique du conditionalisme. A l’occasion du nouveau millénaire, il a demandé à Françoise Hardy quels étaient ses vœux pour que la discipline astrologique soit mieux intégrée à la culture contemporaine et quelle stratégie conseiller aux astrologues pour communiquer sainement avec le grand public et assurer une meilleure identité à leur discipline. Réponses : F.H - Je souhaite pour le 3éme milllénaire le développement de l’astrologie conditionaliste, la seule à être assez cohérente pour ne pas être rejetée à 100 % par les scientifiques qui tomberaient par hasard dessus, car le progrès de l’astrologie passe par sa réconciliation avec l’astronomie. Ce n’est pas la stratégie qu’il faut conseiller aux astrologues, mais l’humilité, le bon sens, l’objectivité, le discernement, la rigueur : c’est parce qu’ils ne cultivent pas assez ces qualités que les scientifiques ne les prennent pas au sérieux. Tous nos meilleurs vœux aux vœux de Françoise Hardy, ainsi qu’aux conditionalistes qui demain formeront une armada sous le même pavillon. Archives Comac février 2000. Article paru sur ce site. A voir aussi : Astrologie naturelle ou astrologie conditionaliste ?
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Jean-Pierre Nicola
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