Association pour la Recherche et l'Information en Astrologie NAturelle

Prèsentation Qui sommes nous ? Nous écrire S'inscrire à ARIANACours & SéminairesPlan du site Outils Calculez votre thème Thème du jour Outils Flash Ephémérides graphiques Communiquer Forums des articles Divers Annuaire de liens Statistiques du site Administration du site
Syndication










Rechercher


Carlos Castaneda Vous êtes ici : Accueil Pratique Astro-portraits de célébrités Littérature
Publié le : 24 octobre 2002
Carlos Castaneda
Yaqui dans son rôle ?



L’auteur du best-seller L’herbe du Diable et la petite fumée est un personnage mystérieux et controversé. A-t-il réellement vécu une initiation aux mystères de l’univers invisible, ou n’est-ce qu’un charlatan avide de gloire ? Un mystique authentique ou un escroc intellectuel ? Un sage inspiré soucieux de faire partager ses étranges expériences ou un bonimenteur vendant ses livres-produits dans le supermarché du spiritualisme ? Mystère... En tout cas, il continue à faire rêver des générations d’adolescents en quête de sens caché...

Le fils de Pacha Mama

L’écrivain-ethnologue est né le 25 Décembre 1925 à 18h45 T.U., dans la ville de Cajamarca, ancienne cité inca du Pérou.

De part son appartenance culturelle, Castaneda côtoie une tradition fortement chamanique où les éléments naturels ont une grande influence : offrandes à la Pacha Mama (la Terre), cérémonies diverses dédiées aux dieux protecteurs (notons que sa Lune-Taureau lui permet une adhésion étroite à cette présence à la nature - le monde entier est vivant, la Terre est un être vivant) et comme telle selon les indiens, elle doit être remerciée pour ses bienfaits ou objets de demandes de protection pour un village ou une personne.

D’après Margaret Runyan qui fut la femme de Castaneda (de 1960 à 1973), le père de Castaneda était horloger-bijoutier. Socialement, Castaneda a les moyens de commencer ses études aux Beaux-Arts de Lima, puis entreprend des études d’ethnologie à l’université de Californie (UCLA) où il prépare un doctorat sur l’usage des plantes médicinales chez les indiens du sud-ouest.

En 1997, Margaret publie A Magical journey with Carlos Castaneda, livre où on peut lire "Une bonne part de la mystique de Castaneda tient au fait que même ses meilleurs amis ne savent pas exactement qui il est".

Entre sur-jactant et sous-jacent

Qui est Castaneda ? L’ossature de son thème est la suivante. Axe dominant : Jupiter opposé à Pluton, Lune sextile Pluton, axe Capricorne-Cancer. Viennent ensuite le Soleil en Capricorne qui est opposé à Pluton, Mars et Saturne en Scorpion opposés à la Lune Taureau. Les fonctions faibles sont Uranus, Neptune,Vénus et Mercure "aveugle".

En substance nous avons une dominante jupitérienne, solaire et plutonienne, fonctions "rE", "tT" et "rR", Jupiter étant soutenu par un sextile à Mars et Saturne et Pluton par un sextile à la Lune. Nous avons un personnage qui est sensible à tout ce qui procède du vécu, du présent, de la situation immédiate, un tempérament qui tire parti des situations, qui les explique, où qui se détermine en fonction d’elles, et une fonction plutonienne (opposée à Jupiter) qui oppose au bon sens un sens caché, aux décisions raisonnées un vouloir inconscient, à l’interprétation des faits leurs ressort sous-jacents, une fonction solaire qui veut ne pas rester dans l’ombre.

Les livres de Castaneda ne parlent que de Castaneda, quelle meilleure façon de parler de soi-même pour un jupitérien !.

Margaret nous livre une autre information : Quand il s’est lancé à la recherche des sorciers indiens au Mexique, Castaneda n’était pas aussi naïf qu’il veut bien l’écrire dans L’herbe du diable ("non-R-non-e"). Il connaissait depuis longtemps la sorcellerie. A Cajamarca il avait pu s’initier auprès des indiens des hauts plateaux qui vendaient des herbes au marché (astrologiquement, août 59 : Pluton est en trigone avec le Soleil natal ; année 1960 idem ; de mars à novembre 60 : Jupiter est conjoint au soleil natal).

Elle affirme aussi que Castaneda a fait ses recherches et écrit L’herbe du diable avant tout pour obtenir son doctorat, que jusqu’en 1968 et l’immense succès du livre, toute sa stratégie n’était axée que sur son diplôme et sur sa reconnaissance universitaire (année 68 : Jupiter est trigone au Soleil natal, puis sur Jupiter natal, Pluton stationne en Vierge trigone à Jupiter).

Costard anthracite contre génération psychédélique

La publication de L’herbe du diable et la petite fumée est chez les libraires en 68, au bon moment, hasard ou intégration ? C’est l’époque où les jeunes américains s’éprennent de contre-culture, éprouvent un curiosité nouvelle pour les vieilles civilisations indiennes et remettent en cause la société productiviste et rationaliste de leurs parents déboussolés par le conflit du Viêt-Nam. Les "vocations" se multiplient, hippies et autres aspirants à un autre monde passent la frontière mexicaine à la recherche du chaman Yaqui de Castaneda, Don Juan Matus. Ils trouvent certes des champignons et autres joyeusetés herbues, mais pas le sorcier...

La rencontre de Castaneda et de son public à la sortie de L’herbe du diable met en relief un certain malaise : "Des joints et des buvards imbibés d’acide circulaient, Castaneda arriva, il paraissait plus vieux que nous l’imaginions (Jodorowski disait de lui : "Pas gros mais massif, les cheveux frisottés, le nez un peu aplati, Castaneda avait tout de l’homme du peuple") coincé dans un costume anthracite strict. Il faisait très professoral, nous étions étonnés de le voir ainsi. La discussion commença, on offrit un joint à l’auteur, il refusa. Il avait l’air mal à l’aise".

O.K., il a besoin, en bon jupitérien-solaire, de cette reconnaissance sociale, mais surtout pas par assimilation à ceux qui justement fustigent la société productiviste. Castaneda n’est pas un hippie ! Et puis le malaise est peut-être aussi du côté de cette sensibilité que donne une opposition Pluton-Jupiter : "Plus votre positon est valorisante et vos succès appréciés, plus vous êtes inquiet, angoissé et moins vous êtes sûr de vous, satisfait : vous sentez trop ce qu’il y a de méconnaissance dans la reconnaissance des autres". De plus Castaneda n’aime pas être à découvert : l’influence de l’opposition Pluton-Soleil agit de façon à brouiller les pistes, l’image donnée peut n’être pas l’image reçue, il joue avec comme un chat avec une souris, et enfin notons son manque de sociabilité spontanée ("non-R") qui ne facilite pas les échanges de ce type.

Le talentueux apôtre du mentir-vrai

Regardons de plus près la fonction jupitérienne (existence de la représentation, "rE"). Comme celle de Mars, la dynamique jupitérienne s’enracine dans la sensibilité aux conditions concrètes d’existence, dans l’expérience vécue. Il s’agit d’exister socialement, de donner à son vécu une dimension collective, de l’inscrire dans un réseau d’échanges, dans une structure culturelle d’où tenir son sens (besoin d’expliquer, de réussir, de raconter et de se raconter, d’être utile). C’est aussi la capacité à mettre en valeur ses entreprises. Margaret Runyan a raison, Castaneda n’a rien d’un naïf, il prépare, il peaufine sa stratégie. De plus avec l’opposition à Pluton, on peut douter de sa sincérité à participer clairement aux règles du jeu : il triche, il s’arrange : apôtre du mentir-vrai, il peut déformer les faits pour mieux respecter la vérité sous-jacente ; au pire c’est un fieffé menteur talentueux !

Jodorowski toujours : "Dès qu’il parlait, il se transformait en prince doué d’une grande culture. Il ne dégageait pas tant une impression de sagesse que de sympathie. Il m’a raconté des histoires extraordinaires, comment Don Juan l’a projeté à quarante kilomètres d’une seule tape dans le dos, nous avons parlé de faire un film ensemble, puis il a été pris de violentes douleurs à l’estomac, j’ai appelé un taxi qui l’a ramené à son hôtel, je ne l’ai jamais revu...".

Quel raconteur d’histoires ! A lire ce jupitérien, on vit ce qu’il a vécu, son expérience, et même sa contre-expérience, pour le moins singulière (Mars-Saturne en Scorpion opposés à la Lune sextile Pluton angulaire). On perd aussi ses repères coutumiers à un tel point qu’on peut se demander si on navigue pas en plein délire.

Vivre comme un guerrier

Depuis 1960, Castaneda suit l’enseignement du chaman en tant qu’ethnologue : "Les enseignements de Don juan se présentèrent pour moi comme un ensemble contenant un réelle signification. Je me rendis compte que les longues années pendant lesquelles j’étais resté à l’écart de l’apprentissage avaient eu un effet de dégrisement très bénéfique. Elles m’avaient permis d’examiner mes découvertes et de les arranger dans un ordre intelligent adapté à ma formation et à ma recherche... (Jupiter exclut alors Pluton). Néanmoins les événements qui se déroulèrent lors de ma dernière visite à Don Juan firent apparaître la profonde erreur de jugement que je faisais en manifestant un certain optimisme sur ma compréhension de ses enseignements. Mes dernières notes dates du 6 octobre 1970, les événements qu’elles rapportent marquèrent une transition très nette dans les enseignements de Don Juan. Ils achevèrent un cycle d’instruction et ils en ouvrirent un nouveau tellement différent de tout ce que j’avais fait jusqu’alors qu’il me semble raisonnable de cesser ici mon reportage".

L’influence du transit en carré de Pluton à son Soleil natal commence son effet... Don Juan lui dit : "Que tu reviennes ou non est parfaitement sans importance, cependant, il te faut maintenant vivre comme un guerrier... maintenant tu te trouves dans une situation telle qu’il te faut faire usage de quelque chose dont tu n’avais pas voulu tenir compte au-paravant" (rejet de Pluton).

A travers le clair-obscur de ses récits on peut deviner une trame qui revient sans cesse : deux conceptions du monde qui s’affrontent en Castaneda, lequel se voit soumis à un déconditionnement intensif de la part de Don Juan (la part plutonienne de Castaneda ?)

Monde réel ou "Monde Réel" ?

"Pour introduire mon propos, je dois d’abord définir les fondements de la sorcellerie tels que Don juan me les présenta. Il déclara que pour un sorcier le monde de la vie quotidienne n’est pas, comme nous le croyons, réel ou présent . Pour un sorcier la réalité, c’est à dire le monde tel que nous le connaissons, n’est qu’une description ("rR")

Le jeu de la socialisation consiste à nous convaincre que les descriptions sur lesquelles nous nous mettons d’accord définissent les limites du monde réel. Ce que nous nommons réalité n’est qu’une façon de voir le monde, une façon soutenue par un consensus social et rationnel ("rE")". Les miracles c’est quoi, sinon une échappée hors du consensus rationnel que nous ne voulons surtout pas voir. Miracle = danger pour notre rationalité bien établie = ça n’existe pas, tout doit s’expliquer...

La dynamique de Pluton n’est pas sensible aux conditions concrètes d’existence, c’est un niveau du réel qui échappe à notre entendement (niveau "R") à notre ressenti (niveau "e") - c’est une distance avec les modèles culturels, les explications théoriques et systémiques, distance aussi vis-à-vis des événements. Castaneda, à travers l’enseignement de Don Juan explore toute la dynamique de l’opposition de Pluton à Jupiter-Soleil.

Don Juan lui propose de faire exploser ses repères habituels, est-ce pour acquérir d’autres savoirs ? Mais où mène un tel chemin ? Aucune voie ne mène nulle part. Lune-Pluton : un chemin qui ne mène nulle part mais qui a un cœur, qu’on habite intimement, où l’on est bien, pleinement soi - c’est aussi la calme détermination, très importante pour Don juan, de celui qui peut tout décider parce que rien n’a d’importance, parce qu’il s’est même libéré de son histoire. C’est aussi la solitude de celui qui a choisit d’être hors-la-loi, loin des chemins routiniers du commun des mortels, c’est vivre libre : "Sois toujours fluide, ne te laisse jamais emprisonner dans une identité fixe, ne t’accroche à rien et surtout pas à ton passé". Le héros de Castaneda semble avoir réussi, je doute que Castaneda auteur à succès ait suivit son chemin.

Le sorcier chamane est celui qui est capable de "stopper le monde et de voir". Stopper le monde, c’est arrêter l’incessant dialogue intérieur ou extérieur que le cerveau produit à tout moment, et surtout briser le flux des interprétations (Jupiter), des jugements. On devient homme de connaissance en oubliant ses savoirs rationnels limitatifs, pour s’ouvrir au savoir du monde de Pluton. De quoi perdre la tête !...Dans les livres de Castaneda, il y a du faux dans le vrai, du vrai dans le faux (opposition Pluton-Soleil) et tout son talent est de nous livrer sous couvert d’étonnantes histoires, l’envie de croire ce qu’il sait pertinemment pouvoir être faux, pour nous faire découvrir le vrai.

Mais alors, le vrai pour toi est le faux pour moi ?

Article paru dans le n° 11 du Fil d’ARIANA (avril 1999).

Cet article vous a été proposé par : Catherine Gutierrez



Imprimer cet article
Rechercher sur le site :

Répondre à cet article


Tous droits rservs. 2003 Richard Pellard reproduction interdite.
Le Webmaster : Franck Le Bozec
Site construit autour de l'application SPIP Squelettes du site. licence GPL

Documents Pour débutants Pour connaisseurs Théories générales L’anti-astrologisme Astro-Histoire Astro-physique Qui sommes nous ? Les planètes Astro-planètes Les aspects Interprétation Le zodiaque Portraits zodiacaux Pratique Les astro-entretiens de Françoise Hardy Consultations Astro-portraits de célébrités Publications Le Fil d’ARIANA Bibliographie Croquis de voyage d’un Sagittaire Panthéisme Nouveautés
maj :
samedi 2 août 2008
statistiques edition :
690 Articles
0 breve
1 1 site web
40 auteurs

statistiques visites :
82 aujourdhui
1162 hier
198041 depuis debut