|
|
|
||||||
| Publié le : 18 octobre 2004
3. Esotérisme du conditionalisme
Globalité - dualitéLa première forme de multiplication de la globalité est sa duplication : 1 devient 2 avant de devenir 3. La Totalilté s’exprime alors par couples sexués dont l’union intime accomplie, prend le sens de reconstitution du centre. Ces couples réunissent le Roi et la Reine, la Terre et le Ciel, le Masculin et le Féminin, le jour et la nuit, la présence et l’absence, l’impair et le pair, etc. Dans la pensée Chinoise, il y a aussi le centre (le ciel et le cercle) et la symétrie (la Terre et carré). D’où l’on tire les symboles connus de l’équerre et du compas qui mesurent le monde du manifeste et du subtil. Les conditionalistes utilisent à des fins différentes les R.E.T. circulaire et orthogonal (ou médaillon). Le circulaire donne l’image des transitions entre niveaux R, E, T. L’orthogonal donne l’image de sa position hiérarchique. Une planète a sa place est comparable en dignité et efficacité (mais ce n’est qu’un indice) à sa position en domicile en astrologie traditionnelle. Les conditionalistes dont donc leur "système de maîtrises". Circulaire ou en médaillon, le R.E.T. se laisse diviser en deux et davantage, de plusieurs façons. La division en deux groupes de la figure 15 distingue le grand cercle périphérique des deux cercles qu’il contient ou, par le diagramme, les 4 coins et la croix centrale. Le groupe des planètes aux angles (Soleil, Pluton, Uranus, Mercure) forme la famille "discours" du Logos, du Mythe ou des idéologies. Le groupe central (Jupiter, Mars, Saturne, Neptune, Vénus) relève des valeurs qui ne sont pas dans le discours mais dans l’existence. Les deux groupes sont liés. On ne saurait vivre sans discours, et il n’y a pas de discours (idéologique ou mythique) possible sans existence. En symbolique, ils sont opposés-complémentaires comme le cercle et la croix, éléments fondamentaux des ideogrammes planétaires. Au plan du Sacré, on peut faire une relation analogue entre spiritualité et religion. Certaines formes de spiritualité, intellectuelles, ascétiques et abstraites, s’affirment contre l’expérience des sens, du cœur et des faiblesses humaines. Le cercle est biblique, la croix est christique. Plus spirituel que religieux, le groupe discours (Logos), étranger à l’humain, est proche des dieux (mythes, concepts et idées), assez peu enclins à se lier entre eux, du fait de prérogatives distinctes. Plus religieux que spirituel, le groupe Existence, moins que les idées, répond de la communauté des hommes. En ésotérisme chrétien, le mystère de la communion est celui de la réunion du cercle et de la croix, de l’Ancien et du Nouveau Testament, de la couronne d’épines et du crucifix. Lorsqu’il témoignait du juste, le message réunissait le Père-discours au Fils-existence dans la langue du Saint-Esprit.
L’ensemble des 10 planètes donne 5 couples. En astrologie traditionnelle les modèles de dualité sont uniformes ; il n’y a qu’une ou deux façons de former une relation duo-duelle du type chaud/froid ou sec/humide. Dans le modèle R.E.T., les couples Soleil-Pluton, Jupiter-Saturne, Uranus-Mercure, Vénus-Neptune, Lune-Mars, ont chacun leur famille de dialectiques, par exemple : l’externe et l’interne (extraversion-introversion) pour Jupiter-Saturne ; le haut et le bas, la cîme et l’abîme, le haut et le profond , l’unique et le multiple, pour Soleil-Pluton. Un bon ésotériste doit savoir parler à l’endroit et à l’envers. Dire une chose par son inverse, raisonner sur le positif par le négatif. Sous cette exigence le conditionalisme a des possibilités d’expression intéressantes. Comme le montre la figure 16, chaque formule a son endroit et son envers, sa lumière et sa nuit. Dans la recherche du plan d’interprétation d’un thème, il est tenu compte du visible comme de l’invisible. Du positif pour définir le Héros, du négatif pour son Ombre ou ses faiblesses. La figure 17 illustre par le clair et l’obscur la complémentarité des couples et leur symétrie par rapport à Mars. Dans la division de la globalité en deux, le clair (le connu, l’apparent, le réel sensible) domine les fonctions planétaires de Jupiter au Soleil, l’obscur (le moins connu, moins évident, moins apparent... réalité non-sensible) les fonctions de Saturne à Pluton. La division en trois introduit une zone médiane-moyenne dont Mars est le centre. On réalise ainsi une troisième identité qui n’est ni neutre, ni quelconque, mais qui a son propre sens. En numérotant les positions ordinales des planètes à partir de 1 pour le Soleil, la somme des couples donne évidemment le double de Mars, deux fois 5. Il vient que pour former un ensemble homogène, il faut attribuer le 10 et le 0 à la Lune. Les données L/g converties en périodes par la formule du pendule simple, puis en distances et vitesses d’un système solaire supposé originel... restituent ces couples et placent Mars au centre. S’il existe bien une progression de raison 2, la progression des rangs ou des positions n’est pas aussi simple que celle des premiers nombres entiers. Côté Zodiaque, la figure 18 nous rappelle la variation Présence/Absence du visible et l’invisible... similaire à la variation Nord/Sud des déclinaisons. Avec l’équivalence :
... le binaire devient quaternité : il y a du plus dans le moins, du moins dans le plus... comme l’enseignait Jean Carteret... La quaternité renvoie aux 4 figures fondamentales du Yi-King, de structure identique aux zodiaques photopériodiques et universel.
Le centreJe n’ai pas entendu de grandes protestations, mais je suis persuadé que la position centrale de Mars a choqué plus d’un d’entre vous. En astropsychologie, Mars est un Colérique. Primaire, émotif, actif... il est turbulent, impulsif, irritable. Certes... mais, il travaille... il fait changer les choses en remuant n’importe quoi, n’importe comment. Il fait bouger la vie. En astro-freudisme, Mars est oral-anal. On a donc l’image d’un anus denté (avec ou sans dents de sagesse) ou d’une bouche édentée (avec ou sans hémorroïdes de sagesse). Je n’insisterai pas... l’astro-freudisme s’est taillé une large place dans les paradigmes de notre temps... mais il est à l’opposé - autant qu’un Sujet peut l’être à l’Intégration - de l’astrologie que nous nous efforçons de comprendre. Ce Mars négatif du consensus des astrologues est le non-R, non-T, de la formule du R.E.T. En positif, dans ce même R.E.T., il est "existence d’Existence", le réel le plus concret. Pourquoi le trouve-t-on au centre ? Parce que le centre, entre le ciel et l’enfer est occupé par l’Homme... qui est un être plus concret que les anges du haut ou les démons du bas. Mircea Eliade identifie le centre au concret, au réel sacré en tant qu’intersection du ciel et de la Terre. Il écrit, dans Le Sacré et le Profane (Folio/essais. Gallimard) : "Un Univers prend naissance de son Centre, il s’étend de son point central qui en est comme le "nombril"... La tradition juive est encore plus explicite : "Le Très Saint a créé le monde comme un embryon. Tout comme l’embryon croît, à partir du nombril, de même Dieu a commencé à créer le monde par le nombril et de là il s’est répandu dans toutes les directions."... parce que la création de l’homme est une réplique de la cosmogonie, le premier homme a été façonné au "nombril de la Terre" (tradition mésopotamienne), au Centre du Monde (tradition iranienne), au Paradis situé "au nombril de la Terre" ou à Jérusalem (traditions judéo-chrétiennes). Il ne pouvait en être autrement, puisque le Centre est justement la place où s’effectue une rupture de niveau, où l’espace devient sacré, réel par excellence. Une création implique surabondance de réalité, autrement dit irruption du sacré dans le monde. Il s’ensuit que toute construction ou fabrication a comme modèle exemplaire la cosmologie. La Création du Monde devient l’Archétype de tout geste créateur humain, quel qu’en soit le plan de référence.
Thème de K.G. Dürckheim. 24 octobre 1896 à 12 h. Munich. Les centres Mars-Soleil sont en tête dans la hiérarchie des valorisations natales. Le Mars profane-profanateur, turbulent, agressif, de l’astro- psychologie, n’est qu’un aspect de la fonction marsienne. Ce n’est pas le meilleur et il reste à savoir s’il est aussi fréquent qu’on l’affirme. En tous cas, il est angulaire (Maison VII) avec Mercure dans le ciel de René Guenon. Conjoint à Pluton et en Maison VII, dans celui de Rudolf Steiner. Conjoint à Uranus et en Maison VII dans le ciel du Curé d’Ars. Ascendant en Capricorne et conjoint à Neptune, chez Henri Dunant (fondateur de la Croix Rouge). Ascendant, conjoint Neptune, chez le thaumaturge Philippe de Lyon. Au Fond du ciel, en Bélier, chez Pierre Chaillet, fondateur de Témoignage Chrétien. En Gémeaux, Maison VII et conjoint à Mercure, chez l’occultiste Raymond Bernard. Angulaire en Maison VII chez Charles Péguy. En Maison IV, conjoint Jupiter-Saturne, dans le ciel de [Nostradamus. Bien sûr, une interprétation doit être globale, à plus forte raison chez les conditionalistes qui interprètent par familles de 3 le groupe des 5 premières planètes dans la hiérarchie. Je ne généraliserai pas... mais je me méfierai des planètes qui servent comme Saturne, Neptune, Pluton, (tout le groupe des non-R, avec Mars) de boucs émissaires à beaucoup d’astrologues. Comme autre illustration d’un Mars méconnu, je vous propose, figure 19, le thème d’un Maître : Karlfried Graf Dürckheim, auteur entre autres ouvrages sur le Zen et la spiritualité : de Hara, centre vital de l’Homme. "L’Homme qui possède le Hara, dit-il, a retrouvé le chemin de son centre originel et est capable d’en témoigner. Cela correspond à un état particulier qui concerne la personne tout entière, état dans lequel l’opposition corps-âme n’existe plus. Et c’est précisément parce que l’homme est une unité en soi dans laquelle le corps et l’âme se fondent et que - pour citer Ludwig Klages - le corps est la forme extérieure de l’âme et l’âme l’esprit du corps, c’est pour cette raison, donc, que la structure intérieure se manifeste inévitablement à travers son corps et son attitude. Il n’y a pas d’ordre spirituel ni de tension psychique qui ne se reflètent dans le corps. C’est pourquoi il est impossible de trouver son centre intérieur sans avoir trouvé le centre de son corps. Mais où celui-ci se situe-t-il exactement ? Dans la région ombilicale ou, plus précisément, légèrement au-dessous du nombril. Nous ne nous étonnerons donc pas d’apprendre que Hara, le concept du centre vital de l’homme, signifie littéralement ventre. Voilà pour les Européens une surprenante découverte : chez l’homme qui a trouvé son centre, le centre de gravité du corps se situe dans le "ventre". Comment le ventre affermi peut-il devenir le symbole du centre originel retrouvé ? C’est ce que nous nous proposons d’illustrer par des exemples pris dans la vie quotidienne des japonais" (Hara, centre vital de l’Homme. Courrier du Livre. Paris, 1974). La suite de l’ouvrage démontre qu’il s’agit bien de Mars "existence d’Existence", centre du R.E.T. composé de moitié présence, moitié absence. "Le Hara a toujours deux aspects. D’une part, il confère à celui qui le possède une force particulière lui permettant de maîtriser la vie en ce monde. Et d’autre part, la présence de cette force témoigne que l’homme a établi le contact avec les forces surnaturelles de son être essentiel". Graf Dürckheim est né au coucher de Mars (je ne connaissais pas son thème lorsque je l’ai cité aux journées de l’ARCC) mais aussi à la culmination du Soleil... autre centre, plus connu. La solution est là : il y a plusieurs centres, et superposés, ils forment la verticale du diagramme du R.E.T. : la famille des pouvoirs que nous pouvons appeller l’Arbre des centres. Un point qui se déplace sans changer de direction trace un axe dans l’espace-temps... et un axe crée une symétrie en miroir différente de la symétrie d’un point fixe et central. Les astrologues ne semblent connaître que la symétrie du point qui place les Signes en vis-à-vis et détermine, dans les quartes du zodiaque, une distribution des Eléments Air, Feu, Terre, Eau... dans un ordre curieusement différent de celui des Signes... Feu, Terre, Air, Eau. Or, et sur ces évidences, on préfère se taire, tous les cycles sont révélateurs, non pas d’un point, mais d’un axe de symétrie. C’est ce qui apparaît, dans la figure 20, des phases du cycle de la Lunaison, de celles du zodiaque photopériodique, du mouvement de la Lune autour de la Terre, entre autres exemples. La figure 21 confirme la symétrie axiale (symétrie en miroir) dans le mouvement d’un astre sur une orbite elliptique autour de son foyer et dans la succession des aspects. Après l’opposition, l’ordre se répète à l’envers... ce qui revient à prendre l’axe conjonction-opposition comme un plan de symétrie. Quant au zodiaque de la figure 22, ce sont les symétries formées par l’axe des solstices et l’axe des équinoxes qui conduisent aux trois groupes de quatre Signes définis par sens des définitions (équinoxiaux), des proportions (centraux), des ensembles ou de généralisation (solsticiaux). En astrologie traditionnelle, ces Signes sont dits en antisces et contre-antisces. Les Anciens tenaient compte des réalités astrométriques élémentaires. Puisque les axes sont des arbres... on devrait les fêter au moins 4 fois par An aux passages du Soleil aux axes d’écliptique. Mais comme les Signes Fixes sont au centre des Quartes, pour d’autres raisons nous avons 4 autres fêtes possibles. On peut fêter aussi le même arbre sous des angles différents : tronc, racine, feuillage, fruit. L’Arbre est dans l’Espace un prolongement du centre vers le Haut et le Bas, comme il est dans le Temps, un prolongement vers le fruit et le germe : la Lune et Pluton si l’on consulte l’arbre des pouvoirs. "La variante la plus répandue du centre axial, écrit Luc Benoist, est l’arbre à qui les civilisations préhelléniques ont rendu un culte. C’est le chêne en Gaule, le tilleul en Germanie, le frêne en Scandinavie, le bouleau en Sibérie, l’olivier en terre d’Islam, le figuier-banian en Inde, le bambou au Japon. Sans oublier, dans des acceptions plus restreintes, l’acacia maçonnique, l’amandier hébreu, le saule chinois, le laurier d’Apollon et le gui des druides. Planté au milieu de l’univers ou dans un centre qui en tient lieu, l’arbre cosmique, comme le poteau sacrificiel de l’Inde fait communiquer la terre avec le ciel. La verticalité de l’arbre, sa verdure permanente ou renouvelée aux trois niveaux des racines, du tronc et du feuillage mettent en relation les mondes célestes, aérien et ouranien. Sa sève est une sorte de rosée d’en bas et ses fruits, pomme des Espérides ou du jardin dEden, sont des aliments d’immortalité. Comme le dit Dante "l’arbre vit de sa cime." Ce que traduit l’image ésotérique de l’arbre inversé dont les racines sont le feuillage et le feuillage les racines et qui peut ainsi se nourrir de la rosée du ciel". Selon Mircea Eliade (Le Sacré et le Profane) : "... il existe plusieurs manières d’homologuer la demeure au Cosmos, justement parce qu’il existe plusieurs types de cosmogonies..." mais : "toute demeure se situe près de l’Axis mundi (axe du monde), car l’homme religieux désire vivre au "Centre du Monde", autrement dit dans le réel".
HiérarchisationUn bon moyen de construire sa demeure cosmique, de situer son centre près de l’axe du monde, consiste à chercher de soi-même sa hiérarchie planétaire. Un astrologue peut vous aider avec ses grilles et ses critères, mais il ne peut pas, il ne doit pas se substituer à vous. C’est en réfléchissant à la place de chaque planète, à la signification de son rang, à ses interférences avec les autres, que chacun trouve son arbre. Comme le chemin de l’adepte, la voie est encombrée d’écueils, d’obstacles, d’illusions et de grilles autoritaires... mais elle peut déboucher sur une plus grande vérité intérieure que celle d’une interprétation par clichés sur les configurations sans relation entre elles. Enfin, et c’est le plus important... on a des chances de trouver sous la hiérarchie personnelle, la structure universelle qu’elle épouse dans la même demeure analogique. Cela peut demander beaucoup de travail, de temps, de patience, de sens critique. Pour terminer, je vous souhaite de trouver votre centre et de planter un arbre en souvenir... mais il peut être prudent de planter l’arbre d’abord, et peut-être même, par prévoyance, toute une forêt.
Article paru dans les Actes du colloque Astrologie et spiritualité (octobre 1992). Cet
article vous a été proposé par :
Jean-Pierre Nicola
Répondre à cet article
|
|