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2. Formes de l’inhibition Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 13 octobre 2004
2. Formes de l’inhibition



Les difficultés à maîtriser l’inhibition cognitive chez les adultes

On peut bien sûr renvoyer à toutes les significations négatives de Saturne : l’angoisse permanente tournant à vide sans signal clair de danger, la compréhension de la nécessité qu’il faut restructurer quelque chose sans comprendre qu’il s’agit de soi-même, ce qui mène à restructurer les autres : les Savonarole, les terroristes, les contempteurs de tout et de tous vomissant le genre humain ; les dépressifs renonçant d’avance à se restructurer parce qu’il ne s’en croient pas capables ; ceux qui ont bien compris qu’il s’agit de se transformer soi-même, mais qui n’ont pas le mode d’emploi : clients pour les utopies, les gourous de passage, les martingales d’auto-perfectionnement fabriquées au kilomètre par de philanthropiques sectes, églises ou partis...

Les difficultés à maîtriser l’inhibition cognitive chez les astrologues

Mais, puisque nous sommes en astrologie, restons un peu chez les astrologues : la pensée enfantine conditionnant vers les appariements perceptifs impulsifs conduit tout droit à l’analogisme, à la symbologenèse : le semblable produit le semblable, ou tout au moins y participe. Mars est la planète de la guerre parce qu’elle est rouge comme l’hémoglobine qui ne manque pas de couler dans ce cas-là, Saturne est tristounet parce qu’il est tout seul, là-bas, isolé et blafard, Mercure est la planète ailée des commerçants, des joggers et des bons petits diables parce qu’elle va drôlement vite par rapport aux autres, et la Lune représente la femme et la mère parce qu’il lui arrive d’être ronde comme un ventre féminin gravide...

Il y a quelque temps (6), je m’étais interrogé sur les bases physiologiques de cette tendance à l’appariement du percept et de l’émotion ; j’avais alors émis l’hypothèse de l’existence d’un “Enfer des Formes”, sous-répertoire neural stockant les formes géométriques basiques associées à des émotions tout aussi basiques, et dont le contenu est repéré dans les objets perçus dans l’environnement, l’objet en question suscitant alors l’émotion qui a permis le stockage de la forme : par exemple, une fenêtre médiévale en arc en plein cintre ne suscite pas la même émotion qu’une fenêtre en arc brisé : pourquoi ? Il se trouve que cet Enfer des Formes a été, depuis, repéré et localisé (7). Bien entendu, les savants ne l’appellent pas comme ça...

Chez les astrologues analogistes (et souvent anti-conditionalistes), cette stratégie d’appariement perceptif impulsif fonctionne à plein régime ; pas étonnant que tout soit dans tout lorsqu’ils nous présentent leur conception du cosmos ; l’essentiel, pour l’astrologue qui parle, est d’insérer dans son discours les émotions les plus gratifiantes possibles, en esquivant le déplaisir et la remise en cause : aussi l’astrologie traditionnelle, bonne fille mais un peu facile quand même sur les bords, racole-t-elle Ptolémée, la physique quantique, Jung, Nostradamus, Freud, la mythologie grecque plus ou moins subvertie, le karma, le Feng Shui, la réincarnation, les Tarots, le Kama Sutra et la magie blanche... On ne doit pas s’ennuyer quand il y a une soirée chic chez Dame Uranie ! Qui va coucher avec qui ?

Le réel, en astrologie comme ailleurs, est têtu et assez souvent décevant : désolé, la matière n’est pas l’esprit, et Vénus n’est pas une planète très propice aux étreintes érotiques vu le temps qu’il y fait, à moins de faire dans le très, très torride... Il y a, dans le réel, de bêtes atomes, de stupides rayonnements, d’ennuyeuses molécules, et il reste peut-être malgré tout quelques lois dans la nature sur lesquels l’imaginaire jouisseur des appariements perceptifs impulsifs n’a guère de prise. Jean-Pierre Nicola nous a rappelés au réel, au physique, et l’on sait son goût pour la formalisation mathématique des faits. Allez, devinez quelle est sa planète dominante...

Signalons que ce problème de l’inhibition cognitive, qui peut apparaître comme un nec plus ultra des sciences de l’Homme, surtout en notre orgueilleuse et nombriliste époque où tout ce qui a plus de dix ans est considéré comme une pitoyable vieillerie, a été très clairement formulé par l’historien arabe Ibn Khaldûn, dont on trouvera ci-dessus l’opinion sans équivoque sur les dangers de la pensée analogique et du mimétisme, c’est-à-dire des comportements fondés sur l’identification spontanée. Cette opinion a été formulée autour de 1375...

Physiologie de l’inhibition cognitive (V) : la prise de conscience de l’erreur

Résumons : lorsqu’on se rend compte que l’on vient de commettre une erreur cognitive, un signal d’alarme émotionnel se met en marche ; il est donc clair que cette prise de conscience de l’erreur provient du fait que quelque chose qui n’était pas conscient auparavant le devient à ce moment. “Notre capacité à déployer une stratégie nouvelle et à inhiber des traitements automatiques dépend de la disponibilité consciente de l’information concernée” (9).

Ceci revient à dire que l’“effort” saturnien, ce sursaut de dépense énergétique nécessaire à la restructuration de l’activité cérébrale, est associé à une prise de conscience, au moins ponctuelle. A-t-on les preuves qu’une information nouvelle nécessite plus d’énergie métabolique pour être traitée qu’une information déjà connue ?

Robert Desimone et Earl Miller ont mis en évidence le phénomène de “suppression par la répétition” dans des enregistrements cellulaires de neurones du cortex inféro-temporal du singe : lorsqu’un même stimulus visuel est présenté plusieurs fois, l’activité neuronale évoquée par ce stimulus diminue progressivement dans certains neurones. Quand la perception est consciente, l’amplitude du signal est élevée et durable, et de nombreuses autres aires cérébrales sont activées simultanément (10). Ce point, fondamental, concerne d’autres aspects de l’astrologie qui ne seront pas développés ici.

L’activité saturnienne passe donc par l’irruption momentanée d’une information dérangeante, qui a pour conséquence un surcroît de travail métabolique pendant un temps plus ou moins long. A quoi sert ce travail ? A apprendre. Or, “l’élaboration de représentations conscientes exige du temps... du fait que la conscience est un processus graduel” (11). “La conscience... rend possible un contrôle flexible et adapté des représentations formées au cours des apprentissages” (12). Si la conscience permet un contrôle des représentations, et que l’inhibition cognitive engendre un surcroît de conscience, c’est évidemment pour suppléer à un déficit de contrôle des représentations qui se révèle alors. Retenons-en l’idée que la mise en route de processus saturniens est déclenchée par les situations de perte de contrôle des relations avec l’environnement. Ainsi, le rôle saturnien se limite à la première partie de l’apprentissage : la déstabilisation des démarches automatiques intégrées. Tout ce qui est stabilisation et intégration des nouvelles stratégies adoptées relève de processus de niveau "R".

Physiologie de l’inhibition cognitive (VI) : rapidité et lenteur entre conscience et inconscience

L’inhibition des traitements automatiques (et donc inconscients) des informations perçues suppose une transformation dans la durée du traitement de l’information. Dans le cerveau, l’activation des voies dopaminergiques permet au cortex frontal de retenir l’information à traiter dans la mémoire de travail (consciente), et donc de la contrôler. Dans cet état, le cortex frontal envoie des signaux qui inhibent les aires cérébrales qui se livrent au traitement automatique (donc inconscient) des informations. Donc, pas de dopamine, pas de rôle inhibiteur exercé par le cortex. Or, les informations traitées sur le mode analogique (inconscient) sont traitées rapidement ; et les informations traitées de manière cognitive (consciente) sont traitées lentement (il faut le temps de les analyser).

Or, le traitement analogique est favorisé par l’activité noradrénergique, alors que le traitement cognitif est plutôt activé par l’activité dopaminergique : dopamine et noradrénaline, sous cet aspect particulier, se révèlent antagonistes, et l’on passe d’un régime de traitement à l’autre selon que l’un de ces neuromodulateurs domine sur l’autre (13).

Au final, l’irruption d’une situation saturnienne tend à solliciter momentanément un surcroît d’activité des circuits dopaminergiques et donc à favoriser un traitement plus lent de l’information, en vue de sa prise de conscience. Nul ne sera étonné, en astrologie, d’apprendre que Saturne décentre “l’état central fluctuant” neuro-hormonal vers plus de lenteur. Les référentiels énergie et temps qui entrent dans la composition du signal saturnien semblent ici clairement mis en cause. D’ailleurs, les émotions “saturniennes” (négatives) ralentissent la production des images par le cerveau, alors que les émotions positives accélèrent la production de ces mêmes images. De là à coupler leur tonalité affective à leur rythme métabolique... (14). De là, également, à coupler la rapidité/lenteur de l’inhibition aux types d’objets inhibés, et à déboucher sur une explicative neuro-hormonale des fonctionnements zodiacaux...

II - Lune ou l’abandon plénifiant à l’inhibition

Dormir, manger : les connivences des fonctions végétatives

Le nouveau-né passe l’essentiel de son temps à dormir. Pour tous, le sommeil signifie repos, récupération, repli sur soi, distanciation vis-à-vis des signaux objectifs de l’environnement, et accès au monde énigmatique des représentations oniriques, où la distiinction entre objectivité et subjectivité ne veut pas dire grand’chose.

“Le sommeil est un état de suspension partielle et périodique des rapports sensitifs et moteurs d’un être vivant avec son environnement” (15). Cela implique, entre autres, que des voies neuronales, sensorielles et motrices, qui sont actives pendant l’éveil, se trouvent inhibées pendant le sommeil.

Le sommeil a-t-il une finalité physiologique ? (16). En tout cas, il semble bien entretenir un rapport majeur avec le fonctionnement du métabolisme : un être vivant dort d’autant moins longtemps que sa masse corporelle est importante et son métabolisme bas. Pourquoi ? Parce qu’une forte masse corporelle est l’indice d’importantes réserves énergétiques, et que, si le sommeil sert à reconstituer les réserves énergétiques, on a moins besoin de sommeil quand l’énergie disponible est importante. On n’est pas très loin de l’inhibition “naturelle” du Taureau, ou de l’inhibition “bloquante” du Cancer ou de la Vierge.

D’autant qu’alimentation (apports énergétiques) et sommeil sont étroitement liés. Des signaux sur l’état des réserves énergétiques corporelles parviennent à l’hypothalamus latéral ; dans cette région du cerveau, environ 1500 neurones sécrètent un neurotransmetteur, l’hypocrétine. Ces neurones se projettent sur une autre structure cérébrale, le locus coerulus, dont les neurones sont actifs pendant l’éveil, et au repos (en état d’inhibition) pendant le sommeil. Autrement dit, le locus cœrulus est un centre régulateur de la vigilance ; l’administration locale d’hypocrétine dans le locus cœrulus accroît leur activité, dont l’éveil.

D’autre part, les neurones à hypocrétine reçoivent des informations de la part de plusieurs régions de contrôle de l’appétit, comme le noyau du tractus solitaire qui véhicule les informations de satiété venant du tube digestif ; ils ont aussi des contacts étroits avec les neurones de l’hypothalamus sensibles au glucose. L’injection d’hypocrétine dans le cerveau augmente chez le rongeur la quantité d’aliments ingérés. Réciproquement, l’hypoglycémie et le jeûne alimentaire accroissent l’activité des neurones à hypocrétine. Celle-ci apparaît donc comme un médiateur de la prise alimentaire. Elle établit une relation constante entre la quantité de sommeil et la prise alimentaire : il faut être éveillé pour trouver sa nourriture (17).

L’homogénéité lunaire : les interactions au sein de la globalité

Pas besoin donc de grandes considérations freudo-analogisantes sur l’intériorité stomacale ou utérine retrouvée dans le sommeil : le lien, bien matériel, entre deux fonctions étroitement associées des comportements lunaires, à savoir dormir et manger, est assuré par la distribution cyclique d’une plus ou moins grande quantité de molécules d’hypocrétine. Inutile d’aller chercher à coups de machette dans la jungle des mythologies une histoire loufoque qui témoignerait du lien entre ces deux fonctions ; de toute manière, il ne doit pas en manquer, et ces histoires n’ont aucune valeur explicative : elles ne font que témoigner de ce qui arrive à tout le monde : l’association du manger et du dormir, et bienheureux sont les “chercheurs” qui se contentent, pour “résoudre” la contigüité sémantique de deux fonctions vitales “régies” par une planète, de “trouver” que d’autres se sont rendu compte de cette même contigüité avant eux... ! En attendant, nous voici bien au cœur de la sémantique lunaire.

L’hypocrétine aurait également un rôle sur le traitement métabolique de le nourriture ingérée, quelle que puisse être sa quantité par ailleurs : les rongeurs dépourvus d’hypocrétine oxyderaient moins bien ce qu’ils mangent, ce qui les conduit à une surcharge pondérale. Voici notre petit ventre rond lunaire qui pointe son nombril à l’horizon : tout n’est pas perdu pour les analogistes !

Si la Lune concerne “un ensemble formé de fonctions et de parties différentes, peu ou mal différenciées mais rendues homogènes par leurs interactions” (20), on touche du doigt ici comment se font ces interactions.

Physiologie de l’inhibition dans le sommeil

L’éveil est favorisé par des neurones situés dans l’hypothalamus postérieur, et le sommeil “lent” (18) dépend de neurones situés dans l’aire préoptique, près du chiasma optique (19).

L’hypothalamus postérieur (HP) et l’aire préoptique (POA) sont innervés par des neurones venant de régions promotrices du sommeil, et évitant le thalamus (voie extra-thalamique). Une seconde voie, qui passe par le thalamus (voie thalamique) provient essentiellement d’amas de neurones situés dans le pont (en arrière et vers le bas du cerveau). Le thalamus, lui, est grossièrement au centre du cerveau. Ces amas de neurones du pont, à l’origine de certains aspects du cycle veille/sommeil, sont appelés pédonculopontins (PPT) et latérodorsal (LDT). PPT et LDT sont inactifs (inhibés) pendant le sommeil lent, et en pleine activité pendant le sommeil paradoxal (18).

Dans le sommeil lent, les neurones à noradrénaline du locus cœrulus, les neurones à sérotonine du raphé et les neurones à histamine du noyau tubéro-mamillaire ont un faible activité mais pas nulle, alors qu’elle devient nulle pendant le sommeil paradoxal : cet ensemble correspond donc aux neurones activateurs de l’éveil. Les neurones les plus spécifiquement actifs du sommeil lent sont ceux du noyau pré-optique ventro-latéral (VLPO).

Ce VLPO est un des piliers d’un système régulateur du sommeil : par des contacts utilisant deux neurotransmetteurs inhibiteurs, la galanine et le GABA, ils peuvent inhiber les centres d’éveil aminergiques et cholinergiques du locus cœrulus, du noyau tubéromamillaire, du télencéphale basal et du tronc cérébral, qu’on vient de citer comme centres de l’éveil.

En retour, les neurotransmetteurs de l’éveil (sérotonine, noradrénaline et acétylcholine) inhibent fortement les neurones du VLPO. Ainsi est établie un réseau d’interactions inhibitrices réciproques faisant alterner veille et sommeil. Voir le tableau joint pour classer ce qui est excité, ce qui est inhibé.

Enfin, pour ce qui concerne le sommeil paradoxal, sa mise en marche et son inhibition font également l’objet de boucles de régulations entre les neurones dits SP-on et SP-off, qui sont localisés dans le bulbe rachidien et le pont. Les neurones SP-on déclenchent le sommeil paradoxal et inhibent des neurones moteurs situés dans la moelle épinière, d’où ce caractère "non-E" du sommeil qui fait que l’on ne bouge pour ainsi dire pas même pendant les rêves les plus violents.

Le sommeil : une inhibition naturelle

On constate que l’inhibition du sommeil ne se laisse pas réduire à une inactivité générale des systèmes neuronaux : dans l’organisme, c’est à perte de vue que les fonctions majeures sont contrôlées par des systèmes dualistes excitation/inhibition dont les deux éléments interagissent, l’un prenant cycliquement le pas sur l’autre. L’inhibition ne peut donc être considérée qu’à un niveau local, car, même pendant le sommeil, pendant que certains neurones sont inhibés, d’autres déchargent à plein rendement pour assurer la qualité du sommeil. En revanche, la notion d’inhibition retrouve un sens au niveau du métabolisme global de l’ensemble de l’organisme, puisque le sommeil favorise la reconstitution des réserves énergétiques épuisées : le sommeil lent est associé à une synthèse cérébrale de protéines et de glycogène (forme stockée du glucose), tandis que le sommeil paradoxal aurait plutôt tendance à dépenser cette énergie. (21)

Le sommeil : les voies neuronales du repli sur soi

Il en résulte que ce n’est pas l’ensemble du sommeil lui-même qui peut être considéré comme correspondant à une inhibition énergétique globale, mais seulement le sommeil lent. Le passage de l’état conscient à l’état inconscient est lié à l’inhibition des neurones du thalamus (22).

L’inhibition du traitement des entrées sensorielles lors du sommeil est assurée de la manière suivante : si l’on prend le cas de la vision, des neurones enregistrant les messages visuels transitent par le thalamus ; ils sont connectés à des neurones thalamico-corticaux (qui vont du thalamus jusqu’au cortex) ; une autre classe de neurones part également du thalamus, passe par le noyau réticulaire, et revient se brancher un peu plus loin sur les neurones thalamo-corticaux : cela forme donc une boucle, comme si, dans une course, le starter qui a tiré le coup de feu de départ courait par une voie détournée couper la route des coureurs qu’il a mis lui-même en mouvement. Ce neurone réticulaire est inhibiteur : il diminue l’activité du neurone thalamo-cortical. L’intensité de cette inhibition est variable, et, à un certain degré, fait basculer le cerveau d’un régime d’éveil vers un régime de sommeil. En effet, les messages visuels sont récupérés par le neurone réticulaire qui les réinjecte constamment en sens opposé de la marche normale dans le neurone thalamo-cortical : le starter empêche les coureurs d’aller plus loin et leur fait rebrousser chemin : le cortex ne reçoit plus aucun message visuel, et le cerveau peut dormir.

Nous voici clairement à la base de l’aspect “autistique” des comportements lunaires, qui tendent à ne prendre avis que de leurs perceptions intérieures, et à limiter les dépenses d’énergie liées aux réponses aux signaux extérieurs.

Conclusions

Cette forme d’inhibition pourrait jouer également à l’état de veille, lors de phénomènes d’induction négative : certains sens sont moins actifs lorsque d’autres font l’objet d’une attention très concentrée : les musiciens très concentrés sur les sons qu’ils produisent disent percevoir le monde visuel avec moins d’intensité, de façon floue (23).

On constate que la notion d’inhibition est d’un maniement délicat : elle est différemment applicable selon les échelles auxquelles on se place : un neurone ou un groupe de neurone peut être inhibé, au sein d’une majorité neuronale activée, et tout cela peut nous donner un comportement que, socialement, on va qualifié d’“inhibé”, parce que l’individu observé ne dépense pas beaucoup d’énergie. En fait, cette façon de juger les comportements relève d’une approche très grossière, et se limite aux rustaudes apparences de la motricité musculaire. De plus, moralement, le qualificatif d’“inhibé” comporte souvent un jugement de valeur péjoratif que l’on inflige aux calmes, aux timides, comme s’ils n’étaient pas vraiment en possession de tous leurs moyens “normaux”. Ce ne sont certes pas de telles appréciations qui vont les tirer de leur inertie !

Sur le plan astrologique, on vient de voir l’inhibition participer vigoureusement à deux processus planétaires dont les significations sont peu compatibles entre elles : Saturne et Lune.

On sait qu’elle contribue à définir la succession des signes du zodiaque réflexologique, et sous des espèces variées qui ont probablement à voir avec le rythme sur lequel elle se produit, les zones cérébrales affectées, et son rapport de force avec les excitations qui ont lieu en même temps. On vient de l’impliquer dans l’induction, et on sait qu’elle joue un rôle dans les phases saisonnières (égalitaire, paradoxale, ultra-paradoxale) qui jouent sur l’évolution du rapport entre l’excitation et l’inhibition. Aux astrologues de savoir utiliser avec pertinence une telle notion.

Notes :

- (1) Jean-Pierre Nicola, La Condition Solaire, Ed. Traditionnelles, 1976, p. 47. Richard Pellard, Manuel d’Astrologie Conditionaliste, Ed. Dervy-Livres, 1987, p.79.
- (2) Jean Pailhous, Les fonctions d’organisation des conduites et des données, (Les conduites de l’Adulte), in Psychologie, volume publié sous la direction de Jean Piaget, Pierre Mounoud et Jean-Paul Bronckart, Encyclopédie de la Pléiade, Gallimard, 1987, page 904. Pailhous cite entre guillemets Inhelder et Piaget, De la Logique de l’Enfant à la Logique de l’Adolescent, Presses Universitaires de France, Paris, 1955, page 220.
- (3) Richard Pellard, Les significations planétaires, Ariana, 2002, page 160.
- (4) Olivier Houdé, Sylvain Moutier, Laure Zago, Nathalie Tzourio-Mazoyer, La correction des erreurs de raisonnement, in Pour la Science, N° 297, Juillet 2002, pp. 48-55.
- (5) Cette nécessité des expériences et apprentissages pour voir se développer les contenus propres à chaque âge planétaire est bien développée par Richard Pellard, Les significations planétaires, Ariana, 2002, page 182.
- (6) Dans Condition de l’Image, recueilli dans L’Astrologie et le Vivant, éd. COMAC, 2002, pp. 149-150.
- (7) “C’est ainsi que l’on trouve, dans le sillon temporal inférieur, des neurones qui répondent de façon sélective à des formes géométriques élémentaires, des croix, des fourches, des arêtes, formant une sorte d’alphabet des formes élémentaires prêtes à être combinées en formes plus complexes” (Michel Imbert, Perception visuelle et conscience, in Pour la Science n° 302, Décembre 2002, page 94)
- (8) Olivier Houdé, Les cheminements de la conscience chez l’enfant, in Pour la Science, n° 302, Décembre 2002, page 81.
- (9) Lionel Naccache, Stanislas Dehaene, La perception subliminale : un aperçu sur l’inconscient, in Pour la Science n° 302, Décembre 2002, page 99.
- (10) Lionel Naccache, article cité, pp. 101-102.
- (11) Axel Cleeremans, Arnaud Destrebecqz, Apprentissage et Conscience, in Pour la Science, n° 302, Décembre 2002, page107.
- (12) Axel Cleeremans, article cité, page 109.
- (13) Jean-Pol Tassin, La neuropharmacologie de la conscience, in Pour la Science n° 302, Décembre 2002, pp. 146-148.
- (14) Antonio Damasio, La conscience du temps, in Pour la Science n° 302, Décembre 2002, page 113.
- (15) Michel Billiard, Un sommeil à durée variable, in Science et Vie Hors Série n°220 : Le Sommeil, Septembre 2002, page 6.
- (16) On sait avec quelle délicatesse il convient de manipuler la notion de finalité et toutes les perspectives téléologiques en biologie. On peut consulter à ce sujet Jean-Jacques Kupiec et Pierre Sonigo, Ni Dieu ni gène, éd. du Seuil, 2000 - Pierre Sonigo, Bâtir un nouveau cadre pour la mort cellulaire, in La Recherche, N° 359, Décembre 2002, page 17 - Pierre Sonigo, Pour une biologie moléculaire darwinienne, in Médecine/Sciences, N° 10, volume 18, octobre 2002, pages 1038-1039.
- (17) Véronique Fabre, Patrice Bourgin, Appétit et Eveil : une même clé, in Science et Vie Hors Série n°220 : Le Sommeil, Septembre 2002, pp. 44-49.
- (18) Sommeil lent : stade III du sommeil : l’électroencéphalogramme du dormeur humain y révèle une onde appelée “fuseau” du sommeil, dont l’amplitude croît et décroît avec une fréquence de 15 à 18 cycles par seconde, avec mélange d’ondes “delta”, très lentes - 1 à 4 cycles par seconde -, de grande amplitude ; ces ondes delta prédominent lors du stade suivant, le stade IV du “sommeil profond”. Sommeil paradoxal : sommeil actif avec rêves riches et colorés, et mouvements rapides yeux sous les paupières fermées ; c’est un sommeil à ondes rapides et de faibles amplitudes, où se mêlent des ondes bêta, caractéristiques de l’éveil. (Jérôme Blanchart, Le sommeil par vagues, in Science et Vie Hors Série n° 220 : Le Sommeil, Septembre 2002, p. 24.)
- (19) Patrice Fort, Les Neurones du sommeil lent, in Science et Vie Hors Série n° 220 : Le Sommeil, Septembre 2002, pp. 50-55.
- (20) Jean-Pierre Nicola, Le Grand Livre de l’Astrologue, éd. Sand et Tchou, 1983, p. 44.
- (21) Jean-Louis Valatx, Les réseaux dormants et leurs agents, in Science et Vie Hors Série n° 220 : Le Sommeil, Septembre 2002, pp. 66-69. Voir aussi La sieste pour la vue (non signé), in Pour la Science n° 297, Juillet 2002, page 23 : renouvellement des tissus et restauration des capacités visuelles après une sieste.
- (22) Jean Delacour, Science et conscience, in Pour la Science, n° 302, Décembre 2002, p. 30.
- (23) Le rideau du sommeil (non signé), in Pour la Science n° 301, Novembre 2002, PP. 19-20.

Article paru dans le n° 19 du Fil d’ARIANA (avril 2003).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Paul Citron



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