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| Publié le : 13 juin 2004
2. Jacques Chirac
Représentation extensive en Sagittaire En vérité, Jacques Chirac illustre à merveille toutes les possibilités, consonantes et/ou dissonantes, inhérentes à une conjonction Soleil-Mercure en Sagittaire : “Artiste en représentation, Jacques Chirac donne souvent le sentiment de ne pas oser être lui-même. Pour se faire aimer et comprendre, il change volontiers de costume ou de discours. Il est même capable de jouer plusieurs personnages en même temps. Politiquement, il est devenu le cas le plus ultime d’imprévisibilité structurelle (14)”. L’excitation associative généralisée du Sagittaire l’incite à brasser large sur le plan de la représentativité : il entend a priori être reconnu de tous, il est en attente d’une estime générale et inconditionnelle qui lui permettrait de transcender tous les clivages, toutes les frontières idéologiques et culturelles (faiblesse d’inhibition bloquante). Comme l’a montré sa dernière campagne électorale, il veut être à la fois de droite, du centre et de gauche, sans craindre apparemment de bousculer le sens des contraires : “de cet homme, on a dit à peu près tout et son contraire. Qu’il était faible et autoritaire ; populiste et technocrate ; versatile et cabochard ; socialisant et fascisant ; sentimental et calculateur (15)”. Dans une optique “R-Sagittaire” dominante, ces contradictions flagrantes, cette perte apparemment absolue du sens des contraires propre aux Signes équinoxiaux ne pose pas réellement de problème : “Vous avez besoin d’être entouré d’un groupe de gens, même hétéroclites, qui vous admire, vous écoute et vous comprenne. Vos rapports à l’intérieur de ce groupe sont ambigus : vous êtes prêt à de nombreuses concessions et pirouettes diplomatiques pour maintenir l’harmonie, allant même jusqu’à vous identifier totalement à ses aspirations, ce qui n’exclut pas des pulsions dominatrices, un esprit d’indépendance parfois ombrageux. Le problème pour vous est de parvenir à coordonner votre désir de vous engager dans une voie unique, de vous dévouer corps et âme à une passion mobilisatrice, tout en respectant les exigences d’un esprit curieux, touche-à-tout, toujours prêt à quitter l’autoroute de la vocation pour les chemins de traverse de la fantaisie, de l’imagination ou du délire (16)”. L’excitation associative généralisée du Sagittaire incite donc à élargir sans cesse les cadres de référence du “R extensif”, à multiplier les rôles, personnages, rencontres, à essayer d’opérer des rassemblements aussi larges que possible. Bien vécue et consonante, une telle configuration zodiaco-planétaire donne un certain talent communicatif. La Vitesse d’inhibition (V-) propre aux Signes d’automne y ajoute de l’habileté tactique, l’art de l’esquive. Chirac aime à donner de lui l’image d’un bulldozer lourdaud, d’un va-t-en guerre fonceur, d’un rustique sans nuance. Une part de lui-même (la marsienne) est effectivement comme cela. Mais l’homme est également capable d’entregent, comme le souligne F.O. Giesbert. Tout en roulant des mécaniques pour la galerie, “sur le terrain, il ne pratique pas cette guerre civile froide qui, depuis plusieurs générations, divise la France. Ses ennemis, il les contourne ou les retourne V-, c’est selon. Ce n’est pas un hasard si, en Corrèze, plusieurs élus communistes sont devenus chiraquiens”. Une telle configuration a ses revers : avec le manque d’inhibition bloquante du Sagittaire, Jacques Chirac ne sait pas se limiter, se restreindre, se contenir. Trop à l’écoute d’autrui, trop tenté par de multiples possibles, il risque la dispersion, l’incohérence : “Le premier ministre était toujours de l’avis qui avait parlé. Du coup, ses consignes changeaient tout le temps. Et il était très difficile de travailler avec lui. D’autant qu’il était impensable de lui extorquer une conversation de fond”, témoigne l’un de ses ex-collaborateurs. Sous le masque du “facho-Chirac” carré Soleil-Mars se tapit un mercurien velléitaire et incertain, ayant d’énormes problèmes pour se “concentrer sur les questions de fond - ce n’est pas surprenant pour un homme qui ne croit pas à l’urgence du long terme (17)”. L’ultraparadoxe d’un “R-Sagittaire” : à force de vouloir plaire à tout le monde, de multiplier déclarations, propositions et idées, d’être trop ouvert à tout, on risque de ne plaire à personne, d’être jugé, souvent à raison, versatile, peu fiable, accusé de tout confondre, de tout emmêler, mais aussi de se laisser envahir par les idées dominantes des autres, de l’époque : “Ils l’ont envahi ; ils l’ont investi ; ils ont fini par le posséder”, note Giesbert à propos de l’influence du duo Juillet-Garaud. C’est un danger bien sagittarien et bien “R” que de se laisser coloniser par un être, une œuvre, une idée, une théorie, un modèle, bref par tout un monde de représentations, que de ne pas savoir ou pas pouvoir se protéger des influences extérieures : le Sagittaire est bien l’exact inverse du Cancer sur ce point-là. Ultime problème Soleil-Mercure/Sagittaire : comment faire un tout cohérent, une personnalité unifiée (Soleil) avec les multiples modèles et influences (Mercure) qui l’ont façonnée ? Comment rassembler et réunir (Sagittaire) le fanatique de l’armée et le fondateur de la Maison de la Poésie à Paris, l’amoureux de la littérature russe et le rustre paysan corrézien aimant flatter le cul des vaches, le radical-socialiste qu’il est au fond et la coalition d’intérêts réactionnaires R.P.R. qu’il représente, le délicat amateur d’art chinois et les jurons de corps de garde, l’autoritarisme belliqueux et la sociabilité souriante ? Vous l’aurez compris : cet homme apparemment autoritaire et fermé est en fait on ne peut plus souple et conciliant... là n’est pas le moindre des paradoxes du personnage. Pendant le transit de Pluton sur son Soleil natal, parviendra-t-il enfin à se rassembler et à ressembler à ce qu’il est réellement ? A propos des prévisions astrologiques et de l’élection Présidentielle 1995Elisabeth Teissier a gagné ! A chaque élection présidentielle, le petit monde astrologique se précipite sur ses éphémérides pour tenter de prophétiser, à coups de transits, progressions, directions primaires ou secondaires, révolutions solaires, quel sera l’heureux élu du suffrage universel. L’astrologue qui aura vu juste se fera alors une réputation d’excellent prévisionniste, pour le plus grand profit de son cabinet, où afflueront des consultants inquiets pour leur avenir. La cuvée 1995 n’était pas triste de ce point de vue. Le grand favori des sondages et des politologues était Edouard Balladur. Le mieux et le plus sûr pour un astrologue fataliste était donc de prédire l’élection de Balladur en la justifiant par tel ou tel “bon” transit. Et le meilleur transit, c’est bien entendu celui de Jupiter, le “grand bénéfique” de la tradition astrologique, dispensateur d’honneurs, de médailles et de présidences. Malheureusement, Edouard Balladur, tout à fait jupitérien au demeurant (Soleil-Jupiter au MC) et très probable vainqueur de la compétition, n’avait pas de “bon” transit de Jupiter. Pire, Jupiter ne transitait même pas un “angle” de la sphère locale balladurienne ! A l’inverse, Jacques Chirac, qui passait pour définitivement battu au début de la campagne électorale, semblait béni des dieux astrologiques : pensez-donc, Jupiter, “maître” du Sagittaire selon nos astrologues archaïco-fatalistes, transitait le Soleil sans ce Signe, et en conjonction étroite au MC s’il vous plaît ! Le Thème d’Edouard Balladur :
Pour un astrologue traditionaliste, une telle configuration est redondante de bienfaits, prometteuse de gratifications sur le plan de la carrière et de la réussite professionnelle (symbolique du MC). Las, il semblait pourtant impossible de parier un kopeck sur le pauvre Chirac : trop risqué pour sortir vainqueur de la compétition prévisionniste. Les astrologues les plus fanatiquement partisans du “tout est dans l’horoscope, je vous l’avais bien dit”, les moins conditionalistes donc, se voyaient ainsi contraints de tenir un discours pseudo-conditionaliste : “Oui, c’est vrai que Chirac est le candidat qui a les meilleurs transits, mais que voulez-vous, il n’y a pas que l’astrologie dans la vie, il faut bien tenir compte du contexte extra-astrologique, ce pauvre Chirac est un loser et même avec la bénédiction de Jupiter-le-grand-bénéfique-et-maître-du-Sagittaire, il n’a aucune chance de l’emporter”, tout en essayant parallèlement de trouver quelques indices prometteurs dans le ciel d’Edouard Balladur, du genre “C’est vrai que le transit de Jupiter chez Balladur n’a rien de folichon, mais Jupiter en Sagittaire est quand même au trigone de son Uranus-Bélier natal, ce qui ma foi est un excellent aspect et le désigne astrologiquement comme le futur Président de la République”. Du point de vue astro-fataliste “tout-est-dans-l’horoscope” que défendent généralement la plupart de ces chers “confrères”, de tels raisonnements tiennent pourtant de l’hérésie : ils ne respectent même pas leurs propres règles du jeu, selon lesquelles c’est indubitablement Chirac le plus “chanceux” à ce moment-là ! C’est ce qui s’appelle se moquer du monde ! Peu nombreux sont ceux qui ont osé, logiques avec eux-mêmes et avec leurs folles théories astro-fatalistes, aller jusqu’au bout et courageusement pronostiquer la victoire de Chirac. Parmi eux, Elisabeth Teissier, a fait le pari qu’en dépit de tous ses handicaps extra-astrologiques, il ne pouvait que gagner parce que Jupiter, "maître" du Soleil en Sagittaire au MC, transitait le MC au moment de l’élection. Elle s’en enorgueillit aujourd’hui, sans même se rendre compte que c’est par un heureux hasard que son application stricte et obtuse des principes prévisionnels de l’astrologie fataliste lui a permis de tomber juste. Car enfin, soyons sérieux : ce ne sont pas les transits de Jupiter, harmoniques ou non, au MC ou ailleurs dans le thème d’un individu, qui décident du vote des citoyens. Pas plus que les transits d’une autre planète d’ailleurs. Un retour sur les thèmes et les transits des participants aux précédentes élections présidentielles permet de rapidement s’en convaincre. En 1988, Mitterrand a fait campagne et a été élu alors que Jupiter transitait en orbe d’opposition à son Soleil natal, tandis que dans le ciel de son adversaire d’alors, Chirac, Jupiter transitait au trigone de la conjonction Mars-Neptune-Jupiter natale. Celui qui avait le meilleur transit jupitérien était Chirac : il aurait du être élu ! En 1981, le duel présidentiel opposait Mitterrand à Giscard d’Estaing. Les deux hommes “bénéficiaient” du transit d’une étroite conjonction Jupiter-Saturne à l’Ascendant (AS fin Vierge pour le second, début Balance pour le premier). A transits égaux, il peut être bon de considérer les positions jupitériennes natales. Dans cette optique, c’est Giscard qui aurait dû gagner : né sous une conjonction Soleil-Mercure-Vénus-Jupiter en Verseau au trigone de la Lune à l’AS, Jupiter en transit réitérait la consonance natale, alors que le Jupiter natal de Mitterrand reçoit essentiellement ce que les astro-fatalistes appellent de “mauvais aspects”. En 1974, lors du précédent duel Mitterrand-Giscard, les deux hommes étaient victimes d’un “sombre” transit de Saturne, réputé maléfique, au MC, et pourtant, Saturne n’a été “maléfique” que pour la carrière du premier, etc. Chirac et le transit de Jupiter Vouloir prédire grâce à l’astrologie qui sera élu ou ne le sera pas est à l’évidence absurde. Cela n’interdit pas de prendre en considération ne fait que, parmi tous les candidats ayant une chance de se retrouver au second tour de l’élection, Chirac était le seul à “bénéficier” d’un transit de Jupiter sur le Soleil au MC, ces deux planètes faisant partie de la configuration dominante à la naissance. Que pouvait-on raisonnablement pronostiquer à partir de ces éléments et en tenant compte des conditions extra-astrologiques ? Au début de la campagne électorale, tous les spécialistes étaient convaincus que Chirac n’avait aucune chance de gagner. On le considérait déjà comme un vaincu impopulaire, un perdant en puissance. Comment réagit un battant comme lui dans ce type de circonstance, alors que Jupiter hausse son niveau d’excitabilité nerveuse et son besoin de représentativité, déjà hyper-puissant à la naissance ? En ne lâchant pas, en s’impliquant davantage (transit “r” (Soleil-Jupiter) : on ressent la nécessité de se polariser sur un but, un projet, une ambition claire et mobilisante). Sous d’autres transits, il se serait peut-être laissé aller au découragement. Lisons ce qu’écrit Jean-Pierre Nicola à propos d’un transit Jupiter-Soleil consonant (18) : “Le transit est des mieux indiqués pour affirmer sa personnalité sociale, quitte à laisser de côté les nuances et les attendus. On se formule en quelques traits, aussi concis que possible, et ces dispositions sont révélatrices de l’aptitude à s’imposer par des jugements, des décisions rapides, outre la justesse du coup d’œil sur les rapports de force et les intérêts à ménager ou déranger... Si votre carrière n’est pas rendue à son sommet et laisse à désirer, profitez de ces échéances pour montrer vos mérites, vous dégager des hiérarchies étouffantes et de toute autorité contraire à l’épanouissement de vos possibilités”. Jupiter transitant une conjonction dissonante étant impliqué dans une configuration dissonante à la naissance, on ne saurait ignorer les effets possibles d’un transit Soleil-Jupiter dissonant : “On exagère ses mérites, on plaide pour ses droits en empiétant sur ceux des autres, on se paie des discours revendicateurs sans faire la part des choses... Prenez garde, ici, aux défis et compétitions dont vous n’avez pas la pratique. Evitez les coups de bluff, les décisions, actions et engagements impulsifs. Les plus irritables compromettent leur crédit dans des opérations aventureuses en y mettant une fougue, une forme de lutte peu conforme à l’esprit des lois. Attention aux impatiences, revers ou camouflets qui suivent les ambitions rageuses et les appétits forcenés (19)”. C’est bien ainsi que Jacques Chirac s’est comporté pendant toute sa campagne électorale, plus doué que jamais dans l’art du slogan simpliste, des affirmations démagogiques... et c’était astrologiquement prévisible. Il aurait pu perdre (l’écart entre lui et Balladur au premier tour n’était après tout que d’un peu plus d’un point). Il a gagné, entre autre parce qu’il ne s’était pas découragé et que, dynamisé par le transit de Jupiter qui mettait au top-niveau les “ambitions rageuses et les appétits forcenés” qui ont toujours été les siens, il a refusé de jeter l’éponge. En ce sens, il était à ce moment-là parmi les candidats celui qui avait les plus fortes motivations. Lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 1974, Jacques Chaban-Delmas, né sous une conjonction Soleil-Jupiter en Poissons angulaire au FC, était sans aucun doute le plus motivé des candidats : Jupiter transitait par conjonction Soleil-Jupiter natals. “Le” transit idéal, si on en croit les recettes de l’astrosymbolisme. En bon “r”, Chaban-Delmas s’est déclaré le premier, il était astrologiquement censé être le plus “chanceux”... et il a été battu à plate couture, ne pouvant même pas figurer au deuxième tour. La puissance de la motivation et sa nature, en général ou à un moment donné, sont parfaitement pronosticables grâce aux méthodes prévisionnelles astrologiques. Mais pas la transformation de la motivation (qui n’est qu’une tendance, une virtualité subjective) en victoire ou défaite (objectivation, réalisation objective de cette tendance-virtualité), pour la simple raison que dans ces circonstances, les causes et raisons profondes de la victoire ou de la défaite dépassent largement la psychologie individuelle des candidats : elles sont extra-horoscopiques et relèvent en dernière instance de l’équilibre ou du déséquilibre des rapports de force à l’intérieur d’une société à un moment donné, des courants qui la traversent et la travaillent, des aspirations collectives. Avis aux astro-fatalistes ! Richard Pellard, 7/7/1995 NOTES
Article paru dans le n° 4 du Fil d’ARIANA (octobre 1996). Cet
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Richard Pellard
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