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| Publié le : 1er septembre 2005
2. "L’expérience de Carlson"
Un exemple de charlatanisme anti-astrologique
3) Le calcul des thèmes - Observation : Le compte-rendu de l’expérimentation signale que "un ordinateur établit leurs ciels astraux de naissance (C.A.)". - Questions : a) Comment étaient calculés ces thèmes ? Selon quelle méthode de domification ? b) Le programme était-il basé sur la projection des planètes sur le plan écliptique ou tenait-il compte des déclinaisons, c’est-à-dire des positions réelles des planètes ? Le programme proposait-il un thème de domitude pour évaluer ces positions ? c) Quels facteurs célestes étaient retenus ? Les points fictifs (Lune noire, etc.) étaient-ils pris en compte ou non ? d) Quels Aspects étaient retenus ? Selon quels orbes ? e) Qui a écrit le programme d’interprétation ? Selon quelle méthode ? f) Pourquoi n’avoir retenu que ce logiciel ? Pourquoi d’autres logiciels avec d’autres protocoles d’interprétation n’ont-ils pas été utilisés dans cette "expérience scientifique" ? - Critique : Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Il n’y a aucune description rigoureuse et scientifique des paramètres astronomiques et astrologiques qui sont à la base de ce programme de calcul et d’interprétation. A l’époque où a été réalisée cette "expérimentation" (1984-1985), le nombre de logiciels d’interprétation astrologique était encore relativement limité. Mais ils étaient néanmoins assez nombreux pour que l’équipe de Carlson puisse procéder à des recherches et à des comparaisons entre eux. S’ils s’étaient donné cette peine, ils se seraient rendu compte que la plupart de ces logiciels - et tout spécialement aux USA - se contentent de débiter des listings "analytiques" interprétant à la chaîne les planètes en Signes, les planètes en Maisons et plus rarement les Aspects, le tout sans aucune tentative d’organisation et de hiérarchisation des éléments en présence. Cette absence de méthode aboutit à une succession de mini-portraits de tendances contradictoires, sans aucune perspective globale, dans laquelle l’individu peut picorer subjectivement, se reconnaître ou ne pas se reconnaître en fonction de ses désirs, etc. A cette objection les "expérimentateurs" de Carlson auraient pu objecter que ce sont les astrologues du NSCG eux-mêmes qui ont choisi ce logiciel. Objection nulle et non avenue : la fine équipe carlsonienne était censée tester l’astrologie, et non un groupe d’astrologues ayant choisi un logiciel. Ils auraient donc dû, en toute rigueur scientifique, tester différents logiciels. En France, l’équivalent de ce genre d’interprétation astrologique informatisée est le portrait "adulte" fourni par Astroflash et rédigé par André Barbault. Il existait à l’époque de l’expérience de Carlson. Si son équipe ne s’était pas cantonnée à la sélection d’un seul logiciel étasunien (après tout, la science n’a pas de frontières, non ?), si elle avait eu la curiosité de tester les programmes Astroflash, elle se serait aperçue qu’Astroflash proposait aussi une option d’interprétation "enfant" rédigée, elle, par Jean-Pierre Nicola. Une interprétation cette fois beaucoup plus synthétique et hiérarchisée, et basée en priorité sur l’évaluation des quatre premières dominantes planétaires. Certes, la méthode permettant de déterminer ces dernières était loin d’être parfaite, et même très critiquable. Néanmoins, elle donnait des portraits bien plus globaux et précis que les autres systèmes d’interprétation. Il est très probable que si ce programme avait été testé par l’équipe de Carlson avec un autre protocole éliminant le recours au C.P.I., les résultats de cette "expérience" auraient été très différents. Aujourd’hui (en 2004), il suffit de consulter quelques sites d’astrologie sur Internet pour réaliser que les choses n’ont pas beaucoup changé en 20 ans chez les astrosymbolistes. La plupart des programmes d’interprétation issus de cette école continue de débiter les mêmes listings "analytiques" en pièces détachées. Par contre, les programmes d’interprétation conditionalistes deviennent de plus en plus globaux, performants et réalistes. Un Carlson d’aujourd’hui qui les utiliserait avec un autre protocole aurait de grosses surprises... 4) Le choix des astrologues - Observation : Le compte-rendu de l’expérimentation signale que "25 astrologues acceptèrent de travailler (...) Pour 4 personnes du groupe-test, on leur remit le vrai C.P.I. et le vrai C.A., plus deux C.A. tirés au hasard. Les astrologues devaient donc retrouver quel C.A. correspondait le mieux au C.P.I. de chacun. Ils devaient également attribuer une note de certitude (0 à 10) à chacun des C.A. : la plus forte note étant naturellement accordée à leur premier choix, et aucun ex-æquo n’étant possible". - Questions : a) Ces "astrologues" sont-ils représentatifs de l’astrologie savante ? b) Le National Council for Geocosmic Research est-il représentatif de l’astrologie savante ou n’est-il qu’un syndicat regroupant des professionnels de l’astrologie où l’on peut trouver le pire et le meilleur, l’astrologie populaire et l’astrologie savante ? c) La lecture de la volumineuse production de textes anti-astrologiques provenant de scientifiques montre que les moins mal informés d’entre eux savent qu’à côté d’une astrologie populaire existe une astrologie savante. Si les expérimentateurs étaient au courant de la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante, pourquoi n’ont-ils pas fait état de cette distinction et pourquoi n’ont-ils pas rigoureusement et scientifiquement divisé les astrologues participant à ce test en au moins deux groupes représentatifs de ces deux courants afin de pouvoir contrôler les différences d’interprétations entre ces groupes ? d) Si les expérimentateurs étaient au courant de l’existence d’une astrologie savante, étaient-ils aussi au courant de l’existence de différentes théories et pratiques à l’intérieur de celle-ci ? Si la réponse est positive, pourquoi ne les ont-ils pas testées auprès de leurs cobayes pour contrôler et évaluer les différences d’interprétation qui en découlent ? e) Question encore plus perfide : pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une recherche approfondie parmi les écoles d’astrologie de par le monde ? S’ils l’avaient fait, ils n’auraient pas manqué de découvrir l’astrologie conditionaliste et ses méthodes d’interprétations rigoureuses. Pourquoi n’ont-ils pas eu cette curiosité ? f) Pour quelles raisons rigoureuses, objectives et scientifiques les expérimentateurs ont-il fait le choix de considérer les informations données par le C.A. comme absolues ? g) Les expérimentateurs étaient-ils au courant d’une des caractéristiques majeures de l’astrologie généralement pratiquée aux USA : l’imprécision des heures de naissance due à un manque d’Etat-Civil rigoureux, ce qui est un énorme handicap pour les astrologues étasuniens ? S’ils étaient au courant de ce fait, pourquoi n’ont-ils pas fait un test complémentaire avec des astrologues français qui bénéficient d’un très bon Etat-Civil, par exemple ? h) Les heures de naissance ont-elles été rigoureusement vérifiées ? Quel étaient les pourcentages respectifs d’heures délivrées par l’Etat-Civil, les hôpitaux, les paroisses ou autres services, sans oublier les renseignements personnels ? i) Si les expérimentateurs n’étaient pas au courant de la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante, comment peuvent-ils justifier cette fondamentale ignorance à propos de leur objet d’expérimentation qui ne pouvait que biaiser fondamentalement les résultats de ce test ? j) Pourquoi seulement "4 personnes du groupe-test" ? Pourquoi 4 ? Est-ce un chiffre magique ? Pourquoi pas la totalité ? Pourquoi ne pas avoir discriminé entre les personnes du groupe-test qui se sont reconnues dans leur profil astrologique et les autres ? - Critique : Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Etant donné qu’il est peu probable que les expérimentateurs aient pris en compte la distinction entre astrologie populaire et astrologie savante ainsi que la diversité des "écoles" astrologiques, il est certain que les "astrologues" participant à l’expérimentation étaient des magicosymbolistes pratiquant une "mancie" sans règles ni méthodes rigoureusement et collectivement définies. Devant le même thème natal, ces "astrologues" peuvent donner des interprétations très différentes, voire même contradictoires, puisque chacun a sa propre règle du jeu. Enfin, les "scientifiques" et les "astrologues" sont tombés dans le même piège : celui du fatalisme de l’horoscope absolu. On ne peut pas comparer un thème natal qui indique des tendances, des virtualités, une proposition de fonctionnement à négocier avec d’autres paramètres extra-astrologiques (hérédité, sexe, éducation, socioculture, niveau d’éducation, expériences vécues, compétences acquises) qu’un programme d’interprétation informatisé est incapable de restituer, avec un test psychologique qui (au mieux) ne peut qu’indiquer comment les "cobayes" ont répondu honnêtement et subjectivement à des questions concernant leur fonctionnement en société à un moment donné de leur existence. Cela est particulièrement vrai pour les "cobayes" adolescents et post-adolescents, dont la personnalité est toujours en formation. Cette réserve étant faite, il est très probable que si les 25 astrologues avaient tous été conditionalistes et si le programme de calcul du C.A. avait été basé sur les positions réelles des planètes dans la sphère locale et céleste, et l’interprétation basée sur des méthodes conditionalistes, cela aurait complètement changé les règles du jeu et les résultats du test, ceci d’autant plus que ces conditionalistes auraient d’emblée dénoncé l’horoscope absolu et mis en doute les critères du C.P.I.... 5) Le test et le thème - Observation : Le compte-rendu de l’expérimentation signale que "Parallèlement, les "cobayes" devaient également agir : ceux du groupe-test recevaient l’interprétation astrologique de leur cas, plus deux autres tirés au hasard : ils devaient reconnaître leur propre profil. Chaque "témoin" était associé à une personne du groupe "test" : il recevait les mêmes thèmes que celles-ci, donc aucun ne lui correspondait en principe". - Questions : a) Mêmes questions qu’en (3) et (4). b) En admettant que les interprétations aient été relativement pertinentes (ce qui est peu probable), pourquoi penser a priori que les "cobayes" étaient capables de "reconnaître leur propre profil" ? Est-ce là une attitude rigoureuse, objective et scientifique de la part des expérimentateurs ? - Critique : Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. Si les expérimentateurs "scientifiques" avaient été rigoureux, ils auraient dû sélectionner une population d’astrologues beaucoup plus importante et la diviser en deux groupes-tests, par exemple celui des conditionalistes et des magicosymbolistes, et comparer ensuite la pertinence des résultats obtenus par les deux groupes. Par ailleurs, ils semblent avoir eu une croyance naïve dans l’aptitude des "cobayes" à reconnaître leur profil astro-psychologique. N’importe quel psychologue ou astrologue compétent et expérimenté sait que la plupart des gens ont une vision biaisée, idéalisée, voire erronée de leur propre fonctionnement. Ils n’en perçoivent en général et au mieux qu’une partie, celle qui les arrange ou celle qui correspond le mieux l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes ou à l’image d’eux-mêmes qu’ils veulent donner aux autres. Mis devant un "profil" psychologique qui ne leur correspond pas, ils peuvent s’y reconnaître non parce c’est ainsi qu’ils fonctionnent mais parce que c’est ce qu’ils souhaiteraient être, etc. (voir le chapitre consacré à "l’effet Barnum"). Il est par ailleurs très facile, pour un esprit averti et rusé, de tromper un test psychologique. Le fait de considérer les résultats du C.P.I. comme a priori "vrais" et indiscutables est donc une faute déontologique majeure qui ruine la validité de l’expérimentation. Par ailleurs, ce sont les mêmes "scientifiques" anti-astrologues qui estiment qu’un individu ayant subi l’expérience de Carlson est capable de se "reconnaître dans son profil" astro-psychologique qui se réfèrent à l’expérience réalisée en 1968 par le psychostatisticien et anti-astrologue Michel Gauquelin. Ce dernier avait fait passer dans la presse l’annonce suivante : "Totalement gratuit ! Votre horoscope ultra-personnel. Un document de 10 pages. Bénéficiez d’une expérience unique. Envoyez nom, adresse, date et lieu de naissance : Astral Electronic". A chacun des 150 premiers correspondants, il avait fait parvenir la même étude de Thème tirée d’un programme informatisé d’interprétation astrologique. Ce Thème était celui du docteur Petiot, célèbre tueur en série qui avait assassiné une cinquantaine de personnes au cours de la IIe Guerre Mondiale. 94 % des personnes (141 sur 150) s’étaient reconnues dans ce portrait et 80 % de leurs proches avaient confirmé ce jugement favorable à l’astrologie ("l’expérience Petiot" de Gauquelin sera abordée dans un autre chapitre). Traduction : quand Gauquelin démontre que 94 % de 150 "cobayes" se reconnaissent dans un unique "profil" astro-psychologique qui n’est pas le leur, c’est un argument de choix contre l’astrologie pour les adeptes de Carlson, ce qui n’empêche nullement les mêmes ou leurs semblables de porter en triomphe une expérience anti-astrologique basée sur l’argument exactement opposé, puisqu’elle fait a priori confiance dans la capacité qu’ont 100 % de 177 cobayes de reconnaître parmi d’autres le profil astrologique qui est le leur... Où sont passés les 6 % manquants ? Pour les retrouver, peut-être faudrait-il faire une nouvelle expérimentation "scientifique" à la Carlson avec la participation des 150 premiers correspondants de Gauquelin ? En additionnant ces 6 % manquants à l’âge d’un quelconque capitaine, on obtiendrait peut-être un chiffre vaudou qui resterait toujours dans le même spectre de totale absurdité pseudo-scientifique... Ce n’est plus seulement de l’arbitraire, de l’à-peu-près, du bricolage : c’est le Père Ubu réincarné en scientiste anti-astrologue. 6) Les pourcentages - Observation : Le compte-rendu de l’expérimentation signale que "Là, surprise : dans le groupe-test, 33,7 % classèrent en premier le thème qui leur correspondait, mais dans le groupe-témoin, 44,7 % mirent en premier le thème de la personne-test !!! Dans les deux cas, le camp astrologique avait échoué". - Questions : a) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas pris en compte les résultats de l’expérience de Gauquelin à propos de "l’effet Petiot" ? b) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une nouvelle expérimentation avec les 33,7 % du groupe-test qui avaient classé en premier le thème qui leur correspondait afin de vérifier si ce classement était le fait du hasard ou celui d’une meilleure "connaissance d’eux-mêmes" que les 76,3 % restants ? c) Pourquoi les expérimentateurs n’ont-ils pas fait une nouvelle expérimentation avec les 44,7 % du groupe-témoin qui les ont "surpris" afin de vérifier si ce pourcentage était le fait du hasard ou d’autre chose ? - Critique : Le protocole et le compte-rendu de l’expérimentation n’apportent aucune réponse à ces questions pourtant fondamentales. La "surprise" à laquelle ils sont confrontés ne provoque chez eux aucun réflexe de curiosité, aucune démarche investigatrice, aucune interrogation, aucune formulation d’hypothèses explicatives. Ils se contentent d’afficher des pourcentages absurdes comme on brandit des gris-gris pour se protéger de "mauvais esprits"... astrologiques ? Etant donné que nous ne connaissons pas la teneur exacte des textes d’interprétations réalisés par le logiciel, on ne peut juger sur pièce de leur qualité. Néanmoins, sachant qu’il s’agit d’astrologues magicosymbolistes, on sait qu’on peut s’attendre au pire. Mais peu importe sur le fond : les pseudo-expérimentateurs n’ont pas été jusqu’au bout et au fond de leur expérimentation ubuesque. L’obtention de deux pourcentages "magiques" leur a suffi pour confirmer leur a priori initial : "le fait astrologique n’existe pas". Mais alors, était-ce vraiment la peine de procéder à ce simulacre d’expérience scientifique ? Pourquoi cette perte de temps ? Pour se rassurer "rationnellement" à peu de frais ? 7) Bilan L’expérience de Carlson n’est pas une expérimentation scientifique, c’est un jeu de dupes, une pantalonnade, une mascarade ubuesque. Elle montre sans l’ombre d’un doute que l’anti-astrologisme primaire est une anti-science ou, selon l’expression des rationalistes scientistes, une "parascience". Récapitulons : a) Un physicien, représentant des "sciences exactes", se sentant peut-être incapable de réfuter l’astrologie avec son propre savoir, fait appel à un test psychologique et à des statisticiens pour lui venir en aide. b) Ces derniers recrutent 25 à 28 "astrologues" qui ne pouvaient être que magicosymbolistes (c’est à dire dont les interprétations n’obéissent à aucune loi ou méthode commune), étant donné qu’il n’y a pas de conditionalistes aux USA. Le fait d’avoir un nombre aussi réduit d’individus ne dérange pas ces "scientifiques", alors que les lois de la statistique (qui ne sont pas sacrées, loin de là, voir l’exemple des sondages) interdisent de tirer des conclusions à partir d’un échantillon aussi petit. c) Sont également sélectionnés 177 "cobayes", ce qui est à nouveau une population extrêmement faible pour pouvoir en tirer des conclusions statistiques. d) Les "scientifiques" n’effectuent aucune recherche sur la diversité des courants astrologiques et aucune distinction entre astrologie populaire et astrologie savante. Pour eux, l’astrologie est un bloc homogène dont les 25 ou 28 astrologues magicosymbolistes qu’ils testent sont à leurs yeux des représentants exemplaires, ce qui est une hypothèse totalement irréaliste et infondée. e) La méthodologie utilisée est anti-scientifique : croyance aveugle dans la pertinence du C.P.I., croyance aveugle dans les statistiques, croyance aveugle dans le fatalisme de l’horoscope absolu, comparaison irrationnelle entre le C.P.I. et le thème natal, manque absolu de rigueur à tous les niveaux de l’expérience. f) L’équipe n’a procédé à aucune réplication de cette expérience aux USA... ce qui n’aurait probablement rien changé aux résultats, puisque statistiquement ils seraient tombés sur à peu près les mêmes astrosymbolistes et sur le même taux de cobayes prêts à se reconnaître ou à ne pas se reconnaître dans n’importe quel "profil", mais ce qui constitue néanmoins une faute déontologique grave, du point de vue de la science elle-même. Une faillite de l’astrologie magicosymbolisteLes scientistes de l’équipe Carlson portent certes la plus grande responsabilité dans cette pantalonnade, puisque ce sont eux qui l’ont imaginée et provoquée. Mais les astrologues qui ont activement accepté d’y participer sont leurs complices objectifs. S’ils n’avaient pas été aussi stupides et naïfs, jamais cette "expérience" n’aurait pu avoir lieu. Rappelons que le test C.P.I. avait été accepté par l’association d’astrologues NCGR, notamment parce qu’il est établi d’après une liste de caractéristiques psychologiques dont des astrologues appartenant à cette association ont reconnu faire usage dans leur travail d’interprétation des thèmes. Or on peut utiliser les mêmes mots pour décrire des réalités très différentes, surtout quand, comme c’est le cas pour la plupart des astrologues magicosymbolistes, on n’a que de vagues notions de psychologie scientifique. Ceux-ci ont donc commis une grossière erreur d’appréciation. Plus stupéfiant encore, non seulement le NCGR, mais surtout les "astrologues" qui participaient personnellement à cette expérience bidon et bâclée, en ont accepté les résultats et conclusions sans émettre la moindre critique, et n’ont rien fait pour en empêcher la publication dans une prestigieuse revue scientifique anglophone, Nature, qui elle-même a laissé passer cette étude défiant toutes les lois de la déontologie et de la rigueur que la science est censée s’appliquer à elle-même. Comment expliquer une telle absence de réaction ? A mon avis, par la bêtise, l’ignorance et la naïveté. Il fallait en effet être bête, ignorant et naïf pour accepter de participer à un tel jeu de dupes. Persuadés du bien-fondé de l’astrologie magicosymboliste et des résultats positifs de l’expérience, c’est avec confiance qu’ils se sont lancés tête baissée dans le piège qui leur était tendu. Lorsque Carlson évoque leur "prudence" quand ils prévoyaient 50 % de réussite, il s’agissait en fait de présomption. Lorsqu’ils ont pris connaissance des résultats de "l’expérience", ils ont dû être sonnés tant ils sont tombés de haut. Et comme ils ont été incapables d’analyser correctement la manipulation dont ils ont été à la fois les victimes et les complices, ils se sont réfugiés dans un silence piteux. Cet échec ne leur a probablement rien appris, sinon qu’il valait mieux ne plus se frotter aux scientistes anti-astrologues. Ce qui démontre sans l’ombre d’un doute que les astrologues magicosymbolistes sont non seulement des ânes, mais aussi des masochistes et des proies rêvées pour scientisme le plus crétin et le plus borné. Imaginons maintenant qu’un nouveau Carlson propose à des astrologues conditionalistes de participer à une telle expérimentation. Devraient-ils relever le défi ? Non, parce que le jeu est truqué, les dés sont pipés. Le protocole et la méthodologie de ce test subjectiviste sont inacceptables pour des astrologues qui refusent le principe fataliste de l’horoscope absolu, non seulement parce que ce protocole et cette méthodologie manquent de la plus élémentaire rigueur et objectivité, mais aussi parce qu’ils sont inadéquats à l’étude du fait astrologique dans toute sa complexité. Puisque l’influence astrologique est conditionnelle, les expérimentations se doivent de mesurer cette conditionnalité, et pas autre chose. Mais les anti-astrologues scientistes préfèrent bien évidemment (probablement sans le savoir, tant ils sont ignorants, et tiennent apparemment à le rester, de ce qu’est l’astrologie savante) tester des astrosymbolistes partisans de l’horoscope absolu : c’est tellement plus facile... même si cela donne des résultats idiots mais confortant leurs a priori. En conclusion..."L’expérience réfute clairement l’hypothèse astrologique", affirmait péremptoirement Carlson en 1985. C’est parfaitement faux. Cette non-expérience bâclée ne réfute rien du tout. La seule conclusion objective, rigoureuse et rationnelle qu’on puisse en tirer serait plutôt : "L’expérience de Carlson démontre clairement que l’anti-astrologisme n’est pas une science et que les scientistes qui s’y adonnent selon de telles procédures ont de telles lacunes intellectuelles, déontologiques et méthodologiques qu’ils sont disqualifiés pour mener ce genre d’expérimentation". En étant moins aimable, on peut aussi taxer l’expérience de Carlson de pur charlatanisme. Quelques rares et authentiques scientifiques se sont alarmés de voir publiée dans Nature une expérience aussi anti-scientifique, comme par exemple le professeur de psychologie Eysenck, qui s’est illustré pour ses recherches non-orthodoxes et qui écrivait dès 1986 que "aucune conclusion ne pouvait être tirée" de ce travail, ajoutant que "tester l’astrologie est un domaine complexe et difficile, comme en vérité tous les domaines relevant de variables psychologiques". Carlson ne semble pas avoir lu cet appel à la circonspection et à l’humilité, puisque trois ans plus tard, en 1988, il écrivait dans Périodica, une autre prestigieuse revue "scientifique", que l’astrologie était pour lui un "grand monument chancelant de crédulité humaine" et qu’elle "doit être perçue comme une menace à la santé publique et comme telle combattue". Notons pour finir qu’à la suite de Carlson, de nombreuses autres "expériences" à peu près du même type ont été réalisées par d’autres équipes, avec évidemment toujours à peu près les mêmes résultats. A titre d’exemples, citons-en quelques-unes :
Réponse : une étude basée sur les seuls Signes solaires a de fortes chances de se révéler insignifiante, puis que l’humanité ne se réduit pas à 12 types psychologiques et que le Signe solaire n’est qu’un élément, d’ailleurs pas nécessairement dominant, de la globalité d’un thème. Il n’est donc pas étonnant que ces "études" aient obtenu des résultats négatifs pour l’astrologie. Mais paradoxalement, Günther Sachs a obtenu des résultats statistiquement significatifs dans son enquête sur les Signes solaires (voir ce chapitre)
Réponse : cela n’invalide pas l’astrologie, mais souligne l’impuissance de la plupart des individus à avoir une évaluation réaliste de leur personnalité. Les étudiants de "l’expérience de Carlson" avaient été aussi incapables de reconnaître leur personnalité dans les interprétations de thèmes que dans les résultats de leurs réponses au test psychologique ! De plus, cette expérience avait déjà été faite par Gauquelin, avec les mêmes résultats... ProspectivePropositions lues sur un site anti-astrologique : "On peut aisément imaginer des extensions de ce test, ou des expériences visant à tester d’autres types de prédictions astrologiques : 1) remplacement de chaque volontaire par des psychiatres et psychologues qui le connaissent, dans les tests (a) et (b) ci-dessus ; 2) comparaison des interprétations astrologiques du même horoscope réalisées indépendamment par plusieurs astrologues (en général divergentes) ; 3) prédiction de faits précis par les astrologues (en général, ils refusent !). 4) On peut même se poser la question "est-il possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation ?", ou exprimée autrement "l’astrologie est-elle bijective ?". Le caractère qualitatif des interprétations et prédictions suggère une réponse négative. Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple !". Réponse : les dés de ce test sont pipés. Ses extensions le seraient donc aussi. Pas question donc d’y participer. Voici néanmoins des réponses à ces propositions : 1) remplacement de chaque volontaire par des psychiatres et psychologues qui le connaissent : Pourquoi pas, à condition d’éliminer toute référence au C.P.I. Ensuite, le fait de choisir des volontaires suivis par des psychiatres et psychologues indique que lesdits volontaires seraient nombreux à être des "cas pathologiques" : donc pourquoi ne pas sélectionner aussi des volontaires qui n’ont jamais eu affaire à un psy quelconque et qui ne souffriraient d’aucune psychopathologie ? Enfin, les astrologues participant à cette éventuelle expérience devraient exiger de pouvoir préalablement tester les psychiatres et psychologues pour évaluer leurs compétences et leurs a priori positifs ou négatifs sur l’astrologie. 2) comparaison des interprétations astrologiques du même horoscope réalisées indépendamment par plusieurs astrologues (en général divergentes) : Pourquoi pas, à condition de bien séparer les conditionalistes des astrosymbolistes... 3) prédiction de faits précis par les astrologues (en général, ils refusent !) : Non. La prédiction de "faits précis" n’est pas du domaine de l’astrologie. 4) On peut même se poser la question "est-il possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation ?", ou exprimée autrement "l’astrologie est-elle bijective ?". Le caractère qualitatif des interprétations et prédictions suggère une réponse négative. Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple !" : Oui, il est "possible de déduire un horoscope à partir de son interprétation", oui, "l’astrologie est bijective" (1). Mais uniquement chez des astrologues compétents et expérimentés, et de préférence conditionalistes. La bijectivité n’est pas à la portée de la majorité des astrologues astrosymbolistes (donc de la majorité des astrologues), qui n’ont pas de règles et de méthodes collectives et communes d’interprétation. Dans le cas des conditionalistes, il s’agit d’ailleurs de "bijectivité relative" : il n’est en effet pas possible de déduire exactement un thème natal à partir de son interprétation, mais il est possible d’en déduire les grandes lignes ; par ailleurs, il est également tout à fait possible de déduire les grandes lignes de son thème natal à partir de l’analyse du fonctionnement d’un individu. N’importe quel conditionaliste compétent et expérimenté fait cela couramment. 5) "Aucune planète n’a jamais été découverte grâce à l’astrologie, par exemple !" est une remarque stupide. Les astrologues ne sont pas des astrophysiciens, et l’horoscope n’est pas le télescope. Par contre, il est tout à fait courant de découvrir les planètes dominantes d’un individu en observant ses comportements dans des situations variées. Conclusion : l’anti-astrologisme n’est pas une science. Notes (1) Bijectif, bijective : adjectif mathématique. Application bijective : application d’un ensemble A dans un ensemble B telle que deux éléments distincts de A aient deux images distinctes dans B (application injective) et que tout élément de B ait un antécédent et un seul dans A (application surjective). Traduction simplifiée en termes astrologiques : si d’un thème natal on peut déduire le fonctionnement d’un individu, alors du fonctionnement d’un individu on peut déduire son thème. Article paru dans le n° 23 du Fil d’ARIANA (avril 2005). Voir aussi :
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Richard Pellard
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