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La Relation Vous êtes ici : Accueil Documents Théories générales Sujet-Objet-Relation-Intégration
Publié le : 13 février 2002
La Relation

La Relation est "le caractère de deux objets qui sont tels qu’une modification de l’un entraîne une modification de l’autre". La Relation est également un référentiel qui a ses lois, son organisation, ses structures propres. Il est possible d’analyser la nature, les propriétés et la forme d’une Relation indépendamment des qualités respectives des éléments qui la constituent. Cette Relation est-elle linéaire ou circulaire ? Continue ou discontinue ? Momentanée ou durable ? Fragile ou puissante ? Consciente ou inconsciente ? Imaginaire ou réelle ? D’ordre ou d’équivalence ? Etc. La Relation est interactive. Elle modifie les propriétés intrinsèques du Sujet et de l’Objet qu’elle unit. Le Moi-Sujet n’est lui-même que parce qu’il existe l’Autre-Objet, qui n’est peut-être qu’un autre Moi-Sujet. On échange, on distribue, on négocie, on coordonne, et ce faisant on s’inter-modifie.

Prenons un exemple concret de Relation : le couple humain. Ce couple est autre chose que l’addition simple de deux individualités : il est aussi une entité vivante, une réalité en soi. Lorsque la Relation (amoureuse, amicale ou autre) entre deux êtres est homogène et féconde, les différences objectives se transforment en complémentarités. Plus le temps passe, et plus chaque membre du couple "déteint" sur l’autre. Ne dit-on pas que les très vieux couples unis (c’est-à-dire en bonne Relation) finissent par étrangement se ressembler, comme si la durée de la relation permettait à chacun de s’imprégner du caractère et des comportements de l’autre ?

Autre exemple de Relation : la Société. Celle-ci n’est pas la somme des membres qui la composent. C’est un être de Relation qui, en tant que tel, impose ses contraintes, ses lois et son organisation aux Sujets qu’elle réunit.

Il est extrêmement difficile pour le Sujet d’admettre que le monde objectif résiste à ses désirs : la subjectivité est la chose la mieux partagée et la plus courante. Plus rares déjà sont les individus capables d’objectivité. Les gens réellement sensibles à ce qu’est la Relation sont encore moins nombreux : dans ce référentiel du SORI, il faut accepter de perdre de soi-même (du Moi-Sujet) pour s’enrichir et se métamorphoser au contact de l’Autre-Objet. Une authentique Relation (qui n’a rien à voir avec une fréquentation, une amitié ou un copinage) est à ce prix. SUITE

Voir aussi :

 Le modèle S.O.R.I. et les Maisons
 Le problème des Maisons et du S.O.R.I.
 Le S.O.R.I., le caducée et l’I.R.O.S.
 R.E.T. et politique
 R.E.T. et information

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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Messages de forum :
Référentiel Relation
samedi 30 juin 2007
par Manuel

Salut

Une question me trotte en tête :

Quelque soit son ciel, l’environnement nous oblige a nous comporter dans des situations où nous ne sommes pas toujours à l’aise, ou tout au moins moins à l’aise que d’autre.

L’existance impose à tous, par exemple, quelque soit leurs ciels de naissance, de représenter la transcendance de temps à autre. Lorsqu’un individu devra exposer ses pensées, via l’école, un forum ou autre, sera en train de représenter("r") ses reflexions("T"). Qu’il soit Uranien ou pas, il devra faire avec.

Ce serais interessant de reflechir a cette adaptation de l’individu à son environnement.

Quel est le comportement d’un Vénusien dans une situation dans laquelle il devra représenter la transcendance ? "e-R" n’a rien a voir avec "r-T" et ainsi de suite pour chaque fonction planétaire.

Cette relation entre planète et situation parrait d’autant plus difficile quand les fonctions planètaires d’un individu et la situation dans laquelle il se trouve sont opposées.

Ca peut faire le sujet d’un book de 500 pages...



    Référent Ciel
    samedi 30 juin 2007
    par Richard

    Salut Manuel,

    Tu as bien entendu raison. Nous sommes tous amenés, par les nécessités de l’adaptation, à utiliser toutes nos fonctions, que celles-ci soient dominantes ou non. Rappelons au passage que ce qui caractérise avant tout fonctions dominantes et non dominantes est non pas une quelconque "puissance", mais une fréquence d’utilisation. On est plus à l’aise avec ses dominantes, surtout quand on est plus jeune.

    Je profite de ton intervention pour citer quelques textes d’Emmanuel Mounier ("Traité du caractère", éd. Points-Seuil) qui ont trait à tes réflexions :

    La globalité psychologique

    « Chacun de nous ne peut se développer également sur toutes les dimensions de la vie personnelle. Une humanité complète veut des ingénieurs et veut des mystiques. Elle veut même des hybrides. Elle ne rejette que les monstres, comme les in-génieurs des âmes ou les rêveurs de l’action. Il faut donc un certain choix et une dominante. Le danger est qu’au lieu d’une dominante, on choisisse une exclusive. L’homme alors est mutilé car l’homme complet n’est pas l’homme psychiquement éclectique, mais il veut qu’aucune dimension essentielle de l’homme ne soit radicalement refoulée. Les parties restées en friche, comme l’a montré Jung plus complètement encore que Freud, restent rudimentaires et archaïques, affligées d’une ten-dance à se développer anarchiquement, avec exubérance même parfois, et tou-jours sur un registre primitif. C’est ainsi que ce qu’on appelle l’intellectuel pur, c’est-à-dire l’intellectuel rationaliste, c’est-à-dire encore un extraverti de l’intelligence, fermé à toutes les forces obscures de l’instinct et de l’affectivité comme à toutes les ressources de la vie intuitive, est fréquemment victime d’une passion rudimentaire pour une femme vulgaire, ou de croyances (et d’incroyances, de supersti-tions) sommaires. Inversement, un homme intellectuellement fruste est victime de pensées abstraites où il s’entête. On pourrait multiplier les exemples des subversions où conduisent extériorité ou intériorité exclusives. On y lirait des secrets de l’histoire aussi bien que des vies individuelles. Certaines réactions brutales s’y expliqueraient par les abandons des périodes précédentes ».

    Les caractères de rechange

    « Complexités, contradictions, ambivalences jaillissent de l’inconscient et échappent souvent à la maîtrise du sujet lui-même. Comme si ce n’était pas assez de leur enchevêtrement, la construction consciente, l’effort personnel, l’éducation ou l’imprégnation sociale, la culture compliquent encore à l’extrême les formules caractérologiques individuelles. Des traits essentiels sont masqués par l’inhibition sociale et elle apprend si bien à enfouir les sentiments élémentaires, les pulsions comme les spontanéités, qu’il faut ensuite difficilement les retrouver par leurs effets indirects. Des caractères seconds, de rechange, de compensation, d’équilibration, parfois de simple jeu s’étagent en profondeur derrière la structure principale ».

    L’amélioration du caractère

    « Nous savons d’expérience que trop appuyer sur les lignes de notre caractère les durcit, y développe des grimaces parasites, les contraint jusqu’à serrer et étouffer la personnalité. Au surplus, nous avons une aspiration à être plus que nous sommes tout en étant jusqu’au bout ce que nous sommes, à forcer nos frontières au-delà de leur élasticité afin de réaliser plus d’humain en nous. Contre ces durcissements, pour cet élargissement, s’impose un traitement de notre humeur par les contraires, comme disait la médecine hippocratique. Comment doser les deux méthodes ?

    C’est dans la structure même de nos dispositions que nous trouvons la réponse. Le tempérament en soi est étranger à la morale. Mais ses inclinations (…) sont généralement à deux pentes : l’une conduit à une vertu, l’autre à la carence contraire : celui qui est porté au courage l’est peu à la mansuétude, celui qui aime la douceur manque généralement de force, le généreux n’est guère prudent et le prudent pas toujours généreux. « Suivre sa nature » ne peut donc être érigé en précepte pour l’action, puisque la nature est ambiguë. Ce qui est moral, c’est le choix que je fais de pousser l’inclination naturelle vers sa vertu ou vers sa faiblesse, ou mieux encore de l’élargir, sans jamais y parvenir pleinement, vers une réalisation contemporaine des deux vertus complémentaires qui germent sur elle et sur son contraire. Ni sur le plan des forces ni sur celui des valeurs, on ne peut donc par-ler de la nature comme d’un champ d’action uniforme et contraignant (…).

    L’édification par le contraire doit surtout entraver les déformations qu’entraîne un développement unilatéral du caractère. Elle encourage ces vertus complémentaires de nos vertus naturelles, qui leur enlèvent rarement leur privilège d’origine, mais les humanisent et les amplifient par un jeu de contrastes simultanés et successifs. C’est un des principes élémentaires de l’éducation : ce colérique, l’exercer à la douceur ; ce mystique, à l’action ; ce sentimental, le fortifier dans un entourage viril ; cet extraverti, l’initier à la vie intérieure. Le problème pratique est de savoir comment et jusqu’où doser cette médication. Trop brusquée, elle peut briser le ressort de cer-taines natures. Un enfant introverti et sensible, jeté brutalement dans les rires et les jeux, opère une retraite d’autant plus fa-rouche dans le rêve. C’est une erreur de beaucoup de parents de croire qu’il suffit de prendre aveuglément le contrepoids de l’inclination pour être dans le vrai en éducation. Et, cependant, il est toujours bon de maintenir sur elle une légère violence.

    Une autre erreur serait de doser si exactement la liberté laissée à l’inclination et la contre-poussée des forces contraires, sous prétexte de créer un être « équilibré », qu’on les neutralise dans un juste milieu sans visage où chacune des composantes antagonistes aura brisé la pointe de l’autre et se sera immobilisée contre elle. Plutôt que dans un milieu, il faudrait dire que la vertu et le sommet de la qualité humaine se trouvent sur une crête maîtresse des versants opposés : bonté et lucidité, douceur et virilité, ouverture et recul, discrétion et audace, sagesse et générosité, simplicité et pénétration.

    Le travail d’équilibration du caractère, en même temps qu’il cherche à s’harmoniser par des contre-valeurs, doit solidement en constituer la direction centrale (…) Vouloir vivre toutes les vies possibles, ou vivre pleinement les contraires incompatibles (…) c’est se priver de bien vivre une vie, notre vie. Il est pour chacun de nous une ligne de caractère, comme d’intelligence, sur laquelle nous pouvons utiliser nos forces au mieux et tirer le maximum de nos promesses. Toute la politique de la vie est de savoir dégager à temps cette arète du caractère et de se décider à temps aux sacrifices nécessaires. Entre la poussée axiale du caractère, ses pesées latérales et la contre-poussée que nous exerce-rons sur lui par des contraintes pour l’enrichir et le stimu-ler, ce n’est pas un équilibre statique que nous devons réaliser, mais une tension prospective et un mouvement dialectique. Nous devrions, de crise en crise, porter notre effort tantôt sur un point, tantôt sur un autre, reposer à nouveau l’humeur dans son assiette, et ainsi de suite ».

    Et aussi ce texte de Frédéric Pauhlan dans "Les caractères" :

    La pluralité des types dans un même individu

    « Les types purs sont extrêmement rares et la pureté absolue n’existe pas. Chez les mieux équilibrés tous les désirs ne sont ni également forts, ni forts proportionnellement à l’importance qu’ils doivent avoir. Mais ce qui fait cette importance, c’est précisément le type de l’individu ou les exigences de son adaptation à la vie sociale ».

    « Quelquefois ces divers caractères du même individu ne se révèlent pas facilement. Il faut fréquenter une personne réputée dure ou froide pour s’apercevoir de tel point sensible en elle et qui convenablement excité fera mouvoir l’ensemble de la personnalité. Ainsi peut-on être rarement sûr des gens et se fier absolument à eux pour le mal comme pour le bien… Souvent telle tendance reste latente, invisible, jusqu’au jour où se présenteront les circonstances qui lui permettront d’agir ».

    « Il y a sans doute aussi des tendances qui ne se développent jamais. Déposées en nous par les hasards de l’hérédité ou d’autres circonstances, elles attendent pour se montrer une occasion favorable qui n’arrive pas ou dont elles ne peuvent profiter. Mais ne croyons pas que ces tendances latentes ou définitivement enrayées, et peut-être à moitié absorbées, dirigées par de plus fortes, n’aient aucune importance pour la constatation du caractère. D’abord, à moins qu’elles ne soient bien mortes — et elles ont la vie dure — il peut toujours arriver quelque moment où elles triompheront. La dissolution des systèmes supérieurs peut leur laisser le champ libre. Lorsque quelque grande secousse morale, lorsque quelque maladie désorganise l’esprit, ou simplement en affaiblit la coordination, des tendances jusque là inaperçues et comme ensevelies se prennent à vivre au grand jour ».

    La subordination des tendances et la signification des actes

    « Il faut porter une grande attention à un caractère essentiel des tendances. Sont-elles une fin ? Sont-elles un moyen ? Ont-elles une existence propre, sont-elles un désir particulier existant en soi et pour soi et qu’il faut satisfaire ? Ne serviraient-elles pas au contraire qu’à satisfaire indirectement une autre tendance et n’auraient-elles de réalité que ce qu’elles en tendraient d’elles » (le courtisan richement logé qui s’exile dans un sous-sol à la cour, celui qui ne boit pas et ne mange pas pour ne pas grossir, l’avare qui dépense pour s’enrichir, celui qui croit aimer la danse et les mondanités alors qu’il ne pense qu’à draguer, etc.).

    « On peut dire en principe qu’un acte, pris en gros, ne signifie presque jamais rien par lui-même… une suite d’actes ou les petits détails d’un acte isolé peuvent seuls prouver quelque chose ».

    L’état d’évolution ou de fixation du caractère

    « Quand nous parlons du caractère d’un individu il faut entendre, en général, qu’il s’agit de son caractère tel qu’il est pendant la maturité, de 20/25 à 55 ou 65 ans, au moment où il est le plus lui-même… Mais il y a des caractères qui mûrissent de bonne heure, d’autres qui sont moins précoces, et l’affaiblissement peut aussi venir après une durée fort inégale, peut-être même ne venir jamais. Il faut se garder de prendre un trait qui tient à l’âge et au degré d’évolution pour un trait essentiel de la personnalité ».

    « Un autre facteur à remarquer très soigneusement, ce sont les influences sociales. Beaucoup de gens n’ont pour ainsi dire pas d’existence personnelle, ils représentent surtout les opinions et les sentiments du milieu social dont ils font partie… Livrés à eux-mêmes ils ne sont presque plus rien, d’insignifiantes poupées.… La société sent, pense et agit jusque dans les plus personnels d’entre nous, et il est fort heureux qu’il en soit ainsi. Tous ceux qui adoptent les idées et les passions de leur milieu, tous ceux qui les combattent, tous ceux qui tâchent de les améliorer et de les modifier doivent à la société ou la forme même de leur esprit, ou la matière sur laquelle cet esprit s’exerce… Les uns reçoivent passivement et les autres s’assimilent, transforment, provoquent même, recherchent l’excitation et réagissent ; ils ne se bornent pas à recevoir, ils rendent à leur milieu parfois plus qu’ils n’en ont reçu ».


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