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2. Langage conditionaliste Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 16 septembre 2003
2. Langage conditionaliste
Droite ou gauche ?

ADAPTATION-INADAPTATION

L’astrologie conditionaliste a aussi ses principes. Ni chaud, ni froid, ou humide, le premier de tous - énoncé, à mots couverts par Claude Ptolémée (90-168 de notre ère) - affirme que "le ciel de naissance n’est pas le Sujet". Il paraît tomber sous le sens ? Pas pour une large majorité d’astrologues qui font l’homme le reflet du ciel, du ciel le reflet de l’homme... pour chercher dans l’horoscope de naissance, les conditions familiales, le caractère des géniteurs, I’hérédité... et les vies antérieures. On ne saurait être plus inconditionnellement réducteur !

La théorie des âges (significations planétaires déduites de leurs cycles comparés aux étapes de la maturation) prouve que l’espèce humaine a adapté ses horloges à celles du ciel. Mais sur les plateaux de Thémis, divinité des lois d’équilibre entre Terre et Ciel, les bagages terrestres peuvent peser trop lourd. Que deviennent, en Ethiopie, les "jupitériens" bien portants, "à oralité satisfaite" selon l’astro-psychologie ?

Les inégalités d’hérédité, d’éducation, de fortune, la diversité des mœurs, des climats, font que les conditionnements célestes interfèrent différemment avec les terrestres. Pourtant, beaucoup n’ont voulu entendre dans adaptation que le sens restrictif de petit bourgeois satisfait. S’il est des adaptations passives, il en est d’actives, y compris chez les bourgeois. Le mulot qui taille son abri tout confort dans une betterave ronde est probablement un adapté actif, bourgeois et créatif.

Richard Pellard, dans le n° 8 des Cahiers Conditionalistes, a sûrement fait le point sur la relativité et la nécessité de cette terminologie lorsqu’on envisage l’être, non pas dans son absolu de Sujet (I’astro-psychologie s’en charge suffisamment) mais dans ses relations avec son milieu.

S’adapter c’est faire quelque chose avec ce que l’on a, ce que l’on est, là où on est. Les fainéants, adaptés ou inadaptés passifs, ne choquent pas pour autant la morale conditionaliste... d’autant que, s’ils consultent un astrologue ce sera pour connaître leurs périodes de chance et non pour chercher d’autres solutions d’accommodements (es synthèses sont rares) entre leurs bagages terrestres et célestes. Le terme d’inadapté n’a rien de péjoratif, si l’on veut bien admettre qu’inadapté ne signifie pas systématiquement "asocial-dangereux". Il y a les doux utopistes dans l’inadaptation, bien ou mal dans leur peau mais pas dans la course. D’autres paient de leurs luttes et souffrances morales les changements qu’ils préparent pour les adaptés de demain. J’ai malheureusement parlé, dans "La condition solaire" (1965) de "Types Adapté et Inadapté". Je sortais à peine des types psychologiques, et il fallait adopter un plan d’exposé. En pratique, les périodes, les moments d’adaptation et inadaptation sont plus fréquents que les "types" à comportement constant.

Si chacun est fait, à proportions différentes, de tendances adaptables et de moins négociables, il va de soi que les échéances célestes incitent à changer ces proportions à des fins généralement auto-satisfaisantes ( ?). La consultation peut avoir pour objectif la connaissance des opportunités et des moyens de changements de l’équation personnelle, et sous quelles horloges, à quelles échéances ces changements paraissent possibles, durables ou pas, provisoires ou aléatoires. Par exemple, en cas de climat astrologique dissonant, un conditionaliste ne prédit pas le revers, la maladie... mais des remises en cause des moyens d’adaptation. La maladie survient si ces moyens ne changent pas ou s’ils ne peuvent pas changer. Sinon, bien des dissonances marquent les périodes où les êtres trouvent de nouvelles solutions, c’est-à-dire de nouvelles ressources d’adaptation.

Sujet-Objet-Relation-Intégration

L’horoscopie traditionnelle divise la sphère locale en douze secteurs ou Maisons, reflets probables des Signes. Chaque secteur a sa matière, un domaine d’impact pour les influences zodiacales et planétaires. C’est la personnalité, I’argent, les frères, le foyer, les amours et les enfants, les subordonnés et les petits animaux, le partenaire, la mort et le sexe, les songes et voyages, la carrière, les appuis, les épreuves et transfigurations.

Il n’est pas nécessaire de croire à l’efficace de ces secteurs, ni d’en limiter exactement les étendues, pour analyser leurs contenus sémantiques. Il apparaît alors que certains se rapportent au "Sujet" (son caractère, ses états d’âme, ses métamorphoses), d’autres à "I’Objet" (les titres, les avoirs, les outils), d’autres aux "Relations" (unions, amitiés, rencontres), et enfin à "I’Intégration" en tant qu’appartenance à une globalité (famille, espèce, univers).

En majorité, les conditionalistes estiment que les Maisons astrologiques définis en langage S.O.R.I. ne suffisent pas à témoigner réellement du plan électif de la personnalité, de sa ou ses préférences. En revanche, il y a accord sur les perspectives et prospectives de ces concepts, sur ce qu’ils permettent en tant que critères d’investigation. Avec le S.O.R.I. on situe le référentiel d’un langage, on sait - à l’avance - ce que vont être ses contraintes, ses facilités, ses "brouillages" en communication. Quand on exerce comme l’astrologue une fonction qui gagne à être neutre dans l’intérêt des consultants, il est bon de savoir ce que les psychologues du référentiel "Sujet" ne peuvent pas comprendre du référentiel "Objet". Beaucoup en sont à nier la notion de réalité... Ies astrologues de cette tendance sont incapables d’expliquer le thème astrologique d’un savant autrement qu’en termes de caractère... Einstein était sérieux... et conformément aux Poissons qui gouverne les pieds, il avait les pieds plats. Aux scientifiques et technocrates qui donnent dans le mesurable, il est bon de rappeler - si faire se peut - qu’il y a d’autres référentiels à considérer et qu’ils devraient de temps à autre s’instruire. Dire - avec le sourire - aux politiques et sociologues que tout n’est pas une question de relations. Et aux philosophes, mystiques, gens de religion, qu’ils n’ont pas le monopole de la spiritualité.

Un conditionaliste pertinent ne peut pas se situer péremptoirement dans l’intégration sous prétexte que son langage est ouvert. Il se heurte à ses bornes, ses frontières. Je ne suis pas très Sujet, I’Objet m’intéresse beaucoup, la Relation davantage, I’lntégration me laisse neutre, quoique non indifférent. Chacun, en consultation conditionaliste, peut dresser semblable bilan. Les grandes échéances sont celles où les capacités d’adaptation et les inadaptations se redistribuent autrement sur la carte du S.O.R.I.

REPRÉSENTATION-EXISTENCE-TRANSCENDANCE

Les trois majuscules de chaque terme forment le sigle du R.E.T. Ce modèle d’interactions homogènes dans un ensemble de 3 niveaux au minimum, est né d’une Image... Plus précisément d’une figure en page 250 du livre Le Temps et la Vie de Lecomte du Noüy. L’auteur compare une courbe expérimentale (vitesse relative de cicatrisation en fonction de l’âge) à une branche d’hyperbole (fonction y = I/x) pour conclure que "I’allure est la même, à peu de chose près, entre quinze et soixante ans". Nous savons, depuis ses travaux, que l’on cicatrise d’autant plus vite que l’on est plus jeune, d’autant plus lentement que l’on est plus vieux... soit, une fonction d’inversion proportionnelle valable dans les limites indiquées. La théorie des âges (significations planétaires liées aux étapes de la maturation) ayant été posée... I’hyperbole lui apportait une forme d’ensemble, une organisation structurée exprimable par une zone centrale "E" (pour les faits, I’expérience, le vécu), une zone « y » ou à gauche de l’axe de symétrie pour "R" (mots, images. représentations modèles), une zone « x », symétrique de "R", pour le "T" (I’au-delà de l’expérience et des mots).

Au plan de l’astrométrie : la région "R" dans le système solaire correspond aux cycles courts (Soleil-Terre, Mercure, Vénus), la région "E" aux cycles moyens en durée (Mars, Jupiter, Saturne), la région "T" aux cycles de longue durée (Uranus, Neptune, Pluton). Globalement, les trois termes restituaient les acquisitions, expériences et désapprentissages des trois grandes périodes de la vie, il restait à voir si une nouvelle distribution "R", "E", "T", (que l’on écrit maintenant en minuscules "r", "e", "t") allait, à l’intérieur de chacun des trois grands groupes, préciser la fonction de chaque planète : dire ce qu’elle fait, du "r", du "e" ou du "t", dans sa famille "R", "E", ou "T".

Il était facile, en analysant exclusivement les significations traditionnelles et astro-psychologiques, par conséquent sans recours à un a priori physique, de donner dans le groupe "R" (Soleil, Mercure, Vénus), une confirmation de représentativité au Soleil, l’abstraction du "t" à Mercure, la sensorialisation "e" à Vénus.

- Soit : Soleil, "rR". Vénus, "eR". Mercure, "tR".

De même, dans le groupe "E", Mars se confirme dans l’expérimental "e", le fastueux Jupiter fait du spectacle ou des mots en "r", alors que Saturne transcende.

- Soit : Jupiter, "rE". Mars, "eE". Saturne, "tE".

Au dernier groupe "T" d’Uranus, Neptune, Pluton, un enfant (de chœur) accorderait sans peine le "t" de l’au-delà au dit "diabolique" Pluton. Les significations d’Uranus insistent sur son amour des Principes essentiels, il fait du "r" dans le "T"... comme Neptune préfère vivre ("e") que dire sa transcendance.

- Soit : Uranus, "rT". Neptune, "eT". Pluton, "tT".

Il ne manquait que la Lune pour lui accorder un statut à part conforme à sa réalité de planète sœur de la Terre, avec une globalité "r", "e", "t", à elle seule même si on peut constater de plus nettes affinités avec "e" et "R", plutôt qu’avec les autres fonctions.

C’était en 1962-63... Depuis le R.E.T. a trouvé ses fondements astrométriques (inévitables si les significations traditionnelles viennent de l’expérience et non des spéculations zozotéristes). Depuis, au plan de la Structure, nous savons que le R.E.T. compte comme les bergers un pour "R" (unicité), deux pour "E" (duo-duel), beaucoup pour "T" (pluralité). Au plan de l’Espace, le "R" est ici, le "E" est proche. Ie "T" lointain. Au plan du Temps, le cerveau dispose de trois mémoires une mémoire sociale "R", une mémoire neuro-physiologique "E", une mémoire autistique "T" pour les délires et le rêve ("Les maladies de la mémoire", Jean Delumeau, PUF). Sous ce dernier référentiel le R.E.T. est une hyper-mémoire composée de mémoires en relations entre elles.

Le R.E.T. s’applique également au Sujet, à l’Objet, la Relation. I’lntégration. Au total, un instrument, une orgue à huit claviers de trois octaves de tessiture chaque. De quoi écrire sa pensée dans le respect de l’unité et de la globalité du réel, comme le font les conditionalistes. Sachant, d’autre part, que la matrice de base du R.E.T. est une hyperbole, la fécondité des correspondances possibles, pourrait tenir au fait que nous vivons dans un univers dont la fonction dominante serait hyperbolique. Ce qui, lorsqu’on connait la formule et la forme, justifierait les symétries, les modèles binaires et ternaires si fréquents, si constants dans nos cultures et mythologies... Sans parler, toujours à cause des symétries, des interactions passé-présent-avenir, chers à certains relativistes. Dieu est hyperbolique. Il y a fort à parier que le champ unique des forces de notre univers est divinement hyperbolique.

Nos contradicteurs espèrent toujours que la découverte d’une autre planète, quelque part, n’importe où, d’abord au-delà de Pluton, réduirait le R.E.T. à néant. Légitime quoique médiocre espérance... N’importe quel cerveau gauche (conceptuel mathématique) concevra qu’il suffit de donner des coefficients différents de puissance au "R", "E", et "T", comme au "r", "e", "t", pour avoir, une infinité de fonctions quantifiées.

Tous les dieux, les chefs, les pères et les soleils de toutes les galaxies ne dépendent pas de notre Soleil mais, comme lui, d’une fonction "r" universellement auto-représentative dans notre langage. De même ce n’est pas notre Pluton qui gouverne la transcendance de l’Univers, c’est elle qui le gouverne.

Ce qui passait pour un mythe, une "Image du monde", s’est transformé en méta-langage descriptif plus qu’explicatif... qui laisse à tout conditionaliste la liberté de ses choix spirituel, politique... Il dépasse l’astrologie qui a été sa matrice... mais son plus grand intérêt peut être de reposer le problème de la réalité des oppositions conventionnelles entre astrométrie-astrologie, rationnel-irrationnel, chronologie-simultanéité... cerveau gauche-cerveau droit !

Article paru dans le n° 10 des Cahiers conditionalistes (octobre 1985).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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