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2. Langage et communication conditionaliste Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 18 août 2003
2. Langage et communication conditionaliste
Débat lors du congrès conditionaliste de Sainte-Baume en l983
Dans le milieu astrologique, les conditionalistes traînent une sulfureuse réputation d’intellos abstraits, rationalistes et matérialistes s’exprimant dans un jargon aussi obscur qu’ésotérique. C’est un mauvais procès : en fait, nous ne faisons qu’utiliser un langage rationnel cohérent avec la complexité de notre discipline : l’astrologie.

Anonyme : Mais il y a un manque d’organisation ! On nous laisse un peu mariner...

Jean-Pierre Nicola : Si vous voulez, on peut comparer le R.E.T. à une soupe constituée de tas d’éléments de densités différentes. Vous agitez le tout, ça fait le bordel. Vous laissez reposer, vous voyez les "R" qui remontent et les "T" qui baissent. Vous pouvez faire une soupe de molécules de densités différentes, ça vous restitue la dynamique du R.E.T. Alors nous, conditionalistes pervers, on laisse toujours brasser d’abord, on laisse venir. C’est pour ça qu’on est le plus neutres possible quand on arrive. On ne sait pas. On ne sait pas où on va. Et on en sort... on ne sait pas. Qu’est-ce qui s’est passé ? Vous allez voir que vous allez réfléchir, et tu vois bien que je ne finis pas comme j’ai commencé, et tu découvres autre chose, mais c’est ça, on a toujours fait comme ça, les conditionalistes. D’habitude, dans les milieux conditionalistes, ça brasse. On ne fait pas de conférence, on ne fait pas d’exposé doctrinaire, on laisse venir. Jusqu’à un moment donné où on commence à réagir. Et on commence à un moment donné à dire : "Bon, maintenant, on part à gauche, ou on part à droite, on a compris ce qui se passe, maintenant, tous dans le rang !". Enfin, je veux te dire, quelque part on est quand même un peu homogènes, tu vois, on laisse venir, mais je suis rigoureusement incapable d’avoir telle ou telle attitude au départ. Pour ma part, est-ce que je vais avoir le sourire ou non, je n’en sais strictement rien, d’abord, je ne sais pas, chaque animateur pourrait témoigner. Moi, ça me fait toujours chier de me retrouver parmi les gens, tu sais, je suis un solitaire, je veux dire que j’angoisse au départ, moi aussi, faut pas croire. Lorsque je vais quelque part je me dis "Aïe aïe aïe, qu’est-ce que je vais entendre, qu’est-ce qui va se passer ?". Je ne peux pas arriver complètement relaxe, je ne peux pas. Mais après, on regarde chacun ce qui se passe et puis, bon, on a compris : ça évolue trop par là, on va donner un coup de barre par là. Tu vois, finalement, on vit vraiment avec ce qu’on pense. Est-ce que tu vis avec ce que tu penses ? Est-ce que ta tête c’est du R.E.T., et le reste non ?

Bernard Blanchet : Je sais c’est ton cas aussi : dans les stages j’ai le souci constant, avec la merdouille - tous les gens qui ont bossé avec moi savent que ça merdouille à droite et à gauche, même la forme du stage -, d’avoir une pratique en cohérence avec le discours théorique. Et pour ce que tu dis qu’on ne sait pas où on va, tous les gens qui ont fait un stage avec moi savent que au début, ça merdouille, je patauge comme un âne, j’essaie de sentir le groupe, de voir ce qui se passe, et au début, ça patauge, qu’est-ce que c’est, de quoi on parle, et c’est là que, malgré toutes les différences entre nous, y a quelque chose qui se rejoint.

Jean-Pierre Nicola : Oui, exactement, et toi Richard, qu’est-ce que tu fais ?

Richard Pellard : Pareil, je démarre pas de suite...

Didier Doré : Moi c’est pareil, je ne sais pas !

Jean-Pierre Nicola : Au départ, on est obligé d’être à l’écoute de la pluralité, c’est normal !

Anonyme : Moi je voulais dire que nous, étant néophytes, on a été avec René du début jusqu’à la fin, qu’il nous a très bien fait passer le message, qu’on a très bien compris tout ce qu’il nous a expliqué... et pour nous, il n ’y a pas de problème de communication ni de langage. Je voudrais faire une image : quand on quittait la quatrième pour entrer en troisième, on commençait la trigonométrie. Bon, là c’est pareil, le prof qui te commence la trigonométrie, il va pas faire 36000 fois référence à l’arithmétique ! Et tu ne vas pas faire un complexe d’assiégé ou de culpabilité avec ceux qui ont appris ou continueront à apprendre l’arithmétique ! Ici, on nous apprend un langage nouveau, qui correspond à la trigonométrie par rapport à l’arithmétique. Nous sommes là pour l’apprendre, pour l’écouter. Vous parlez ce langage, c’est à nous de prendre des notes, de l’assimiler, de poser des questions, de demander des explications sur tel ou tel terme. Et puis au bout de trois jours, nous, ce langage, je ne dis pas qu’on le possède à fond, mais ce qu’on a pu nous dire nous le possédons.

Jean-Pierre Nicola : Je crois que ce qui se passe, c’est que nous, on est toujours à l’écoute, un peu trop à l’affût, on n’est peut-être pas assez "R", on est trop global, pour être "R", et c’est vrai qu’un problème conditionaliste, c’est qu’il n’y a pas assez de "R" chez nous, pas assez de porte-drapeaux, pas assez d’autoritaires absolus, on est tous trop lunaires. On est un peu paumés, quoi, parce qu’on veut peut-être trop rester homogènes. C’est pour ça qu’il y a des débats qu’on ne devrait même pas soulever, je veux dire, si vous n’êtes pas contents, au revoir ! Je veux dire, on est venus ici vous apprendre la trigonométrie, un prof il ne s’emmerde pas avec tout ça. Vous êtes venus apprendre la trigo, vous n’êtes pas de niveau, eh bien redoublez l’arithmétique. Et puis tant mieux, Ça allégera, ça fait de la sélection. Mais on n’est pas des sélectifs, non plus, tout le monde vient à la conditionaliste, et puis tout le monde pose ses questions. Mais en fait c’est un peu ça, on est quand même des natures humaines, lorsque vous attendez un meneur conditionaliste, pensez à tous les stress auxquels il est soumis. Il y en a qui disent, "Vous allez trop vite", d’autres "Vous n’allez pas assez loin", "Vous visez trop juste"... Vous dites bon, je te remercie, mais moi je dis merci à tous les conditionalistes meneurs qui sont venus ici, qui s’attendaient pas qu’ils allaient faire des cours d’ailleurs, et moi qui suis un peu à la base de tout ça, je suis personnellement vraiment touché de la solidarité des copains.

Anonyme : Moi je voudrais ajouter à ce qu’a dit Jean-Pierre Nicola que je suis nouvelle, que je ne connaissais pas le R.E.T., ça m’a vachement stimulée, ça m’a apporté énormément. Mais dans l’ensemble, malgré le fouillis, c’est positif à un point que je n’aurais même pas pu imaginer, et pourtant, j’étais persuadée que ce serait positif.

Cet article vous a été proposé par : Collectif



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