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| Publié le : 28 octobre 2003
Laure Charpentier
Capricorne hantée par Neptune
Ecrivaine, Laure Charpentier est née le 23/12/1941 à 6h25 TU à Saint-Denis.
Richard Pellard : Votre dernier livre, Maison à vendre, raconte entre autre l’histoire d’une maison hantée. Vous ne cachez pas que ce "roman" est très autobiographique. La personne à qui vous avez été obligée de vendre votre maison a-t-elle réellement été en proie à des phénomènes de hantise, ou bien ceux-ci ne sont-ils que le fruit de votre imagination d’écrivaine ? Laure Charpentier : Tout le mystère est là... Il y a du vrai, et bien entendu, de l’imaginé ! Pourquoi connaître à tout prix le vrai du faux, le vécu de l’imaginaire ? Vous traitez cette histoire de maison hantée d’une manière extrêmement sobre, anti-spectaculaire, comme s’il s’agissait d’un phénomène somme toute courant et banal. Etes-vous persuadée qu’il existe des fantômes et des "esprits frappeurs" ? Je suis persuadée de la présence d’entités errant dans l’au-delà, parfois prêtes à communiquer avec le monde des vivants dont elles ne se sont pas encore fondamentalement séparées. Leur matérialisation n’est pas, en soi, effrayante, mais plutôt réconfortante. Ce qui est troublant dans votre livre, c’est que la hantise n’est pas celle de l’esprit d’un mort : la hantise, c’est la maison elle-même, avec laquelle vous faites si intimement corps qu’elle "rejette" sa nouvelle habitante, comme si une partie de vous-même, votre double fantomatique, était resté dans ses murs et résistait obscurément à cette étrangère... Croyez-vous, pensez-vous que les lieux ont une âme propre, ou bien que c’est nous qui, en les investissant, les baignons de la nôtre ? Les deux. Les lieux possèdent une âme propre, mais également l’âme que leur a donné leur occupant. Si les deux âmes se rejoignent, c’est l’harmonie subtile - ô combien ! - entre les deux âmes. Une sorte d’histoire d’amour, quoi ! Si la maison "hantée" est un personnage essentiel de votre livre, d’autres fantômes le peuplent. Jeanne, l’amie de Louise consulte une extraordinaire voyante-médium créole pour communiquer avec l’esprit de Sally, son amante décédée. Jeanne semble trouver cela normal, tandis que Louise semble terrifiée par cette communication avec les morts. Quelle est votre position personnelle ? J’ai souvent communiqué, par le biais d’un médium, avec l’esprit des personnes décédées. J’en ai récolté de grandes leçons et des messages extrêmement vitaux pour la suite du chemin. Passons à votre Thème de naissance. La première configuration dominante, Soleil-Mercure au carré de Neptune, implique une profonde sensibilité à l’étrange, aux irruptions de l’irrationnel dans l’existence, ce qui ne fait pas toujours bon ménage avec une autre part de vous-même qui a besoin de certitudes stables, de points de repères clairs. Comment vivez-vous cette tension ? Le mieux possible ! On ne peut tout attendre de l’irrationnel, quoique... La même configuration peut donner une perception souvent vacillante, embrouillée, complexe de sa propre identité : on se voudrait là et toujours se reconnaître identique à soi-même, et on ne peut s’empêcher d’être ailleurs, mi présent et mi-absent, comme étranger à soi-même, habitant d’une autre dimension inconsciente très loin des apparences. Il y a de cela ? Très fine analyse. Même si cette distorsion provoque parfois un certain vertige, je la vis plutôt comme une source d’enrichissement. Surtout, éviter la morne plaine et le monolithique ! Avec un carré Mercure-Neptune dominant êtes vous très curieuse et friande de phénomènes bizarres, au point parfois de ne plus bien savoir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas ? Je crois faire toujours la part des choses. Mais il m’arrive de me baser sur l’étrange pour mieux vivre le réel. Pour l’astrologie moderne, Neptune est en rapport avec "l’existence de la Transcendance", c’est-à-dire la matérialisation de l’invisible. On n’est pas loin des hantises et des fantômes, non ? Si vous voulez... Si la première configuration fait de vous un être qui oscille entre sociabilité spontanée sur fond d’indifférence (Capricorne) à tout ce qui ne vous "parle" pas d’emblée (Soleil-Mercure) et introversion inspirée (Neptune), la deuxième configuration dominante, le trigone Jupiter-Vénus en Gémeaux-Verseau, vous confère une nature joviale, ouverte, sensuelle, extravertie, ambitieuse et jouisseuse. Qu’est-ce qui prédomine ? Sans doute la seconde configuration, normal, puisqu’elle est dominante ! La dissonance Soleil-Jupiter implique un fort besoin de s’imposer, de paraître, de s’affirmer, et aussi des tiraillements entre idéalisme et pragmatisme, entre volonté d’intégrité et opportunisme, tandis qu’avec un Mars dominant en Bélier, vous avez probablement aussi une nature très combative, réagissante, impulsive, impétueuse... Oui, Mars me donne la force de combattre et sans doute de ne jamais baisser (vraiment) les bras... Bref, je sais attendre mon heure. D’où, effectivement, le risque de se voir taxé d’opportunisme ! Quant au paraître, oui, sans doute, mais je donne désormais la priorité à l’être. C’est évidemment la sagesse qui vient avec l’âge ! La jeunesse fut semblable à un torrent qui ravageait tout sur son passage... l’automne de la vie vise à la sérénité .(pas toujours facile, car les bouillonnements peuvent très vite se reformer...) Quant à l’intégrité , ça aussi, ça s’apprend avec le reste ! A quelle date précise avez-vous été obligée de vous séparer de votre maison ? Le 18 octobre 1997 à 15H , j’ai signé ma trahison chez le notaire. Cette séparation s’est soldée par un vol de libellules au-dessus du jardin. Jamais cela ne s’était produit auparavant... (Je m’en souviens parce que je l’ai inscrit ce jour-là sur mon agenda.) La Lune, qui est en rapport avec nos appartenances intimes et par conséquent avec notre sphère de vie, est peu valorisée dans votre ciel de naissance. N’y a-t-il pas chez vous un rapport très ambivalent ou ambigu à votre maison ? D’après votre Thème, vous n’avez pas le profil psychologique d’une "bobonne" s’épanouissant dans le train-train quotidien domestique. Votre attachement à votre maison ne reflète-t-il pas une certaine difficulté à vous habiter vous-même ? Peut-être... Qui peut se vanter de s’habiter lui-même en parfaite harmonie ? Texte paru dans Astrologos n° 8, décembre 2001. Cet
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Richard Pellard
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