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| Publié le : 28 août 2003
2. Le conditionnement en astrologie mondiale
Deuxième partie
Un exemple d’intégration des synchroniseurs astrologiques aux comportements socio-culturels : le cas du Japon Qu’en est-il en pratique ? Comment un conditionnement éducatif se traduit-il par des choix comportementaux collectifs, par des conduites consensuelles, qui puissent se caler sur des synchroniseurs astrologiques ? Je n’ai pas trouvé dans les quelques livres d’astrologie mondiale consultés de grande cohérence sur les astralités du Japon ; mais, dans les faits, j’ai été frappé par un certain nombre d’indices qui évoquent l’importance des valeurs Uranus-Pluton dans la culture japonaise. Le Japon a cet intérêt de posséder un héritage culturel encore assez bien reproduit de génération en génération, alors qu’en France, la transmission culturelle se parcellise et se délite en une sorte de self-service, faute d’institutions éducatives à la fois consensuelles (l’école ? les parents ? les Eglises ? la télé ? le grand capital ?), claires dans leurs objectifs, crédibles dans leurs moyens et dans leurs méthodes, constantes et fermes dans l’exécution de leurs projets, et soucieuses de tenir compte de la manière dont l’être humain est fabriqué : en maintenant une pression à base de renforcement positif / renforcement négatif des conduites : pression qui dispose de structures nerveuses toutes prêtes pour l’interpréter ; pression qui aboutit à des sélections définies de conduites. En l’absence de cette pression, aucune conduite n’est valorisée plus qu’une autre, et la société tend vers un grouillement conflictuel d’individualismes forcenés, arc-boutés sur des patchworks socio-culturels de pacotille dont les pièces détachées ont été glanées au hasard dans les expériences personnelles. Au Japon, le "non-E" urano-plutonien est perceptible dans les rapports sociaux quotidiens : l’autodiscipline, le refus des débordements affectifs, le contrôle de la manifestation des émotions, l’importance des exercices, codes et sagesses tendant à formaliser les relations interindividuelles et à court-circuiter les décharges passionnelles. Bien entendu, les émotions n’en vont pas moins leur petit bonhomme de chemin et, lorsque la coupe est pleine, se décompensant en explosions d’une rare violence confinant parfois à la barbarie primitive. Le facteur uranien fait dévier l’expression licite des passions vers le formel, le représenté, l’Empire des Signes, comme disait Roland Barthes : l’image, qu’elle soit estampe, calligraphie pour leur pouvoir de sublimation, ou qu’elle soit film de cinéma, dessin animé ou manga pour leur lourdeur fantasmatique. C’est aussi la beauté et la retenue du geste dans les arts martiaux (arts à fondements conflictuels s’il en est). C’est la forme extraordinairement ramassée du haïku, ce très bref poème. Côté uranien, c’est sans conscience de contradiction particulière que les Japonais ont assumé successivement plusieurs entreprises rigoureuses de frénésie dominatrice constamment tendue vers son auto-dépassement :
Mais le niveau "E" (dialogue, négociations aboutissant à des compromis, prise en compte du concret) est trop souvent absent de la politique japonaise. L’impérialisme commercial des Japonais s’est heurté aux contre-mesures protectionnistes des pays inquiets d’une telle compétitivité. L’impérialisme financier, qui leur vaut de belles sympathies et de beaux marchés un peu partout (pays riches, pays pauvres), explose dans une grave crise où une bonne partie des banques japonaises est aujourd’hui à deux doigts de périr. Cela parce qu’on n’a pas pris en compte les capacités réelles de remboursement de la part des emprunteurs... L’aménagement du territoire, mégalomane et peu soucieux de l’avenir, écrase la longue Mer Intérieure du Japon sous le béton, le goudron, les pollutions les plus toxiques. Résultat : on va au Japon sniffer de l’oxygène dans les bistrots comme d’autres vont boire une bière. L’étroitesse de leur territoire - et peut-être la F- L+ - a poussé les Japonais à son exploitation hyper-intensive : dans l’expansion urbaine, la verticalité uranienne (enterrement ou surélévation des structures) se surimpose à l’horizontalité, qui atteint ses limites ; les appartements urbains sont des modèles d’ingéniosité pour caser tous les meubles en un espace minuscule ; la miniaturisation des engins agricoles, des objets quotidiens ouvre un nouveau front dans l’intensivité dimensionnelle : certaines caméras vidéo sont grandes comme l’ongle d’un doigt. Il n’est pas jusqu’à l’art du jardin qui, dans une sublimation de l’intensivité, ne cherche à enfermer symboliquement la totalité dans un espace restreint maîtrisé par l’homme. La verticalité uranienne marque la conception des relations sociales : plus qu’en Occident, les liens individuels avec le supérieur ou l’inférieur sont marqués : le fort doit protéger et nourrir le faible, qui doit en retour un dévouement entier au fort ; on retrouve cette verticalité aux accents féodaux :
Curieusement, la permanence plutonienne ramène toujours les Japonais à leurs valeurs archaïques, vécues comme intemporelles. D’où cette non-contradiction chez les Japonais d’une vie publique marqué par les valeurs uraniennes et d’une vie privée fortement influencée par l’immuable. La structure dans l’astrologie mondiale a) Le Monde comme structure On peut certes se demander pourquoi et comment les Japonais ont-ils "choisi" de se caler sur un régime urano-plutonien, les Chinois sur un régime saturno-plutonien, le communisme sur un régime saturno-neptunien ? Et pourquoi, après tout, ne redistribuerait-on pas les cartes ? Que donneraient une France jupitéro-plutonienne, des Etats-Unis saturno-neptuniens, une Inde saturno-uranienne ? Pire encore, selon quelles lois étranges plusieurs pays ou phénomènes sociaux qui n’ont rien à voir entre eux se calent-ils sur les mêmes cycles ? Qui a distribué les cartes cycliques en début de partie ? Et selon quelles logiques ? La réponse unique à ces questions qui, du point de vue astrologique, sont propres à donner le vertige, se trouve dans le fonctionnement du génome. Admettons que le référentiel "peuple" ou "nation" ait quelque légitimité en astrologie mondiale (conception hautement critiquable, mais enfin il faut bien prendre un point de départ). Sur le plan génétique, comment différencie-t-on les peuples entre eux ? Par la présence ou l’absence de certaines séquences de bases dans le génome. Ainsi, les ethno-généticiens suivent les cartes des migrations des peuples antiques grâce aux traces génétiques qu’ils ont laissées dans les populations actuelles. Sait-on d’ailleurs assez que la génétique tend à devenir un Deus ex machina tonitruant en matière de droit ? Non seulement le relevé d’empreintes génétiques est devenu la référence imparable pour porter un verdict judiciaire en matière de crimes, sexuels ou autres, ou de contestation de paternité, mais il part à la conquête du droit international : dans le contexte du massacre permanent entre Israëliens et Palestiniens, une nouvelle machine de guerre contre les revendications territoriales palestiniennes consiste à analyser le génome des Palestiniens, et à prouver ainsi qu’ils ne descendent pas majoritairement des peuples ayant occupé la Palestine avant les Juifs, et donc qu’ils ne peuvent se prévaloir d’une antériorité d’occupation des territoires contestés... D’où viennent ces diversités de séquences génétiques entre populations ? D’au moins quatre sources :
* pression climatique : réorganisation de la régulation thermique, des défenses cutanées contre les ultra-violets... * pression nutritionnelle : réorganisation du système digestif pour s’adapter à des régimes plus ou moins carnés, plus ou moins végétariens, plus ou moins riches en oligo-éléments... * pression sanitaire : restructuration des défenses immunitaires pour faire face à des périls propres à un milieu particulier : présence de tel parasite, de tel virus dans l’environnement... * pression des conditions orographiques : en cas de fortes pentes, réorganisation de l’activité respiratoire, cardiaque, osseuse, musculaire... * pression des conditions géopolitiques : fréquence et intensité des interactions guerrières avec d’autres ethnies ; types de combats : à pied, à cheval, à l’arc... Tout cela étant codifié en mémoires qui redistribuent leurs contenus sous forme de signes, symboles, mythes, rites, religions, oeuvres d’art, dont la présence et le poids socio-culturel entraînent à leur tour des pressions adaptatives sur les individus. Une fois que s’est établie ainsi une identité génétique, certains de ses aspects métaboliques - pas tous - se calent tôt ou tard sur les signaux de l’environnement les plus propices à optimiser la survie de l’espèce dans ce cadre génétique spécifique. Parmi ces signaux, certains sont astrologiques, d’autres ne le sont pas. Voici donc la réponse aux questions posées plus haut : Pourquoi la France ne passe-t-elle pas pour être jupitéro-plutonienne ? Parce que l’ensemble des conditionnements (y compris donc éducatifs) intégrés dans le génome des peuples et des individus qui ont fait - et qui font encore - la France aboutit à des restitutions métaboliques plus proches d’autres niveaux énergétiques que ceux du cycle Jupiter-Pluton. Pourquoi plusieurs peuples qui n’ont rien à voir entre eux sont-ils "régis" par les mêmes cycles planétaires ? Parce que les régimes métaboliques sélectionnés dans leur génome au cours de leur longue histoire d’interactions avec leur environnement et leur propre culture ont abouti à des choix de dépense ou d’économie métaboliques comparables entre eux en intensité et en relations mutuelles. Qui a distribué les cartes cycliques en début de partie ? Les génomes individuels, harmonisés sur le long terme en génomes collectifs (permettant, par exemple, d’identifier une ethnie) grâce à la reproduction sexuée et à des réponses identiques données à des problèmes d’adaptation posés par l’environnement. Dès lors, les rythmes planétaires propres à chaque population influent sur la relation que chaque population entretient avec les autres. Une population largement influencée par les problématiques Saturne-Neptune (conditionnement à l’économie de moyens métaboliques, à l’intériorisation, ouverture à l’imaginaire, au collectif qui s’incarne...) peut éprouver incompréhension, suspicion ou agressivité vis-à-vis d’autres groupes calés sur des cycles jupitériens ou uraniens. Le lieu où une phase particulière d’un cycle planétaire va produire ses effets est lié à la situation énergétique relative du groupe concerné dans ses relations avec les autres : l’accentuation localisée dans le temps d’une situation saturnienne dans un groupe qui l’est déjà (saturnien) : (détresse matérielle, morale, mise en marche d’une réaction de défense en présence d’un stress vécu subjectivement, fuite dans certaines formes archaïques de l’imaginaire, radicalités conspiratrices...) entraîne des réactions de défense saturniennes : contestation des règles de fonctionnement de l’ensemble, tendance au nihilisme, au nettoyage de l’absurdité par le vide. Cela ne dépend pas du lieu, mais des variations de restitutions métaboliques liées à la fois au hasard des évènements historiques (guerre, dictature, famine, confrontation à la "modernité"...) et à l’état du cycle planétaire sur lequel le groupe s’est calé. Bien des problématiques du monde actuel pourraient être éclairées grâce à ce genre d’interactions. rien que les commentaires journalistiques autour des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis constituaient des morceaux d’anthologie sur la thématique de l’opposition Saturne-Pluton, à recopier tels quels dans les formulaires d’astrologie : l’ennemi obscur, insaisissable, multiple et ubiquitaire, extrémiste et suicidaire, s’attaquant aux signes les plus uraniens du pouvoir, de la concentration décisionnelle, de la verticalité, de l’avant-garde technologique... Ainsi, le monde lui-même s’agence en structure, cette structure étant constituée par l’ensemble des relations que chacun des partenaires est amené à établir avec tous les autres partenaires, du point de vue de ses choix d’expression métabolique codées dans son génome, et des pressions que le contexte historique en cours exerce sur ces choix. b) La dynamique de la structure : Existence et Transcendance des Intégrations Une phrase désappointée d’André Barbault relevait que certains cycles planétaires perdaient soudainement le contact avec l’évolution des peuples, régimes, ou phénomènes socio-culturels dont ils étaient jusque là un décalque réjouissant pour l’astrologue. Enigme déprimante ? Peut-être. Insoluble ? Sûrement pas. C’est tout simplement qu’ici et maintenant, l’évolution des génomes sous la pression sélective se produit à chaque seconde. Les interactions avec l’environnement physique, avec les autres peuples, avec les contradictions exacerbées au sein de la société et de la culture de chaque peuple, aboutissent plus ou moins régulièrement à des volte-face, à de nouveaux choix de comportement, et donc à de nouveaux régimes d’expression métabolique pouvant se caler sur des cycles planétaires différents de ceux qui étaient suivis jusqu’ici, ou encore ne se caler sur aucun cycle planétaire. On appelle cela révolution, réforme, Renaissance, air du temps, mutation culturelle, décadence, acculturation, fondation, nouveau paradigme, communautarisme, mondialisation, évolution spirituelle... Deux exemples, choisis en France, de remaniements internes sous la pression de l’évolution socio-culturelle :
Revenons aux Japonais : ne trouve-t-on pas que, pour un pays Uranus-Pluton, il est actuellement remarquablement peu guerrier et encore moins subversif, et en tout cas assez peu inquiétant par rapport au "péril jaune" qu’il incarnait au début du XXe siècle (victoire contre la Russie tsariste), et à son impérialisme militariste en Asie jusqu’en 1945 ? Très juste : le choc de la défaite en 1945 a introduit dans la conscience japonaise la nécessité de faire moins appel à une dépense immédiate de force brutale, et à satisfaire ses choix d’intensivité radicale en les calant davantage sur le long terme que sur la prédation primaire ; cela est lié à la fois à un glissement des choix vers une temporalité de type "T" (l’important est moins de s’imposer tout de suite que de survivre à long terme), et à un renouvellement de la conjonction Uranus-Pluton en Vierge au lieu du Bélier, la F- L+ se substituant à F+ V+. Ainsi, les peuples apprennent tous les jours, modifient donc tous les jours leurs modes d’expression métaboliques. Et les revirements spectaculaires d’amitié et d’alliances internationales, parfois liés au changement d’un seul dirigeant ( !) nous montrent que la structure mondiale est en constant remaniement. Car les intégrations génétiques (qu’elles soient liées à des interactions avec l’environnement physique, avec l’éducation, ou avec les autres peuples) peuvent être mises en cause par les individus aussi bien que par les groupes. Dans un thème astrologique, ces glissements comportementaux prennent racine dans la mise à l’épreuve des intégrations.
Lorsque les individus ont, en assez grand nombre, vécu une mutation dans leurs intégrations, ils constituent une force sociale susceptible d’infléchir la conduite du groupe auquel ils appartiennent. Ainsi peut se réaliser une nouvelle intégration, dont les modalités métaboliques ne sont plus forcément à même de se caler sur le cycle planétaire précédemment valide. Conclusion C’est par l’intermédiaire de ses aptitudes R.E.T. et zodiacales à l’intégration qu’un individu se positionne le plus clairement dans les problématiques collectives. Il peut choisir de se conformer aux conduites et modes de pensée dominants, ou chercher à s’en défaire, quitte à se découvrir des solidarités obliques ou transversales par rapport aux cadres d’intégration établis (nations, frontières, régimes politiques, idéologies, traditions, religions...). Dans un pays, une majorité peut être neptunienne, et une opposition uranienne, par exemple. La faculté des individus et des groupes à sélectionner de nombreux types de conduites en permanence donne une dimension nouvelle à la notion d’"état central fluctuant" définie par Jean-Didier Vincent. La fluctuation se traduit par des modifications d’expression génique ; quand on les lit au niveau neuronal, on parle d’excitattion recréatrice, d’inhibition extinctive. Tout cela prend place dans les régimes d’Existence et de Transcendance des Intégrations, dont les effets perturbent ou interrompent le couplage d’un cycle planétaire avec un pays, un groupe ou un mouvement collectif quelconque. Bien entendu, l’ensemble du thème natal des individus peut neutraliser ce qu’on peut y lire sous le seul rapport à l’Intégration : un Mars faible en secteur VIII va avoir du mal à transformer en aventurier incroyant et cynique un individu dont l’Ascendant Cancer ploie sous un amas Jupiter-Lune-Neptune. De même, la théorie des âges joue son rôle dans les choix collectifs : à conjoncture égale d’un même cycle planétaire, on est plus facilement terroriste à l’âge des incertitudes saturniennes éprises de radicalité qu’à l’âge uranien épris de hiérarchies robotisées, d’ordre et d’autorité. Autre manière de dire la même chose : l’âge moyen des peuples pèse sur leurs choix. En nos temps de vieillissement des pays les plus riches de la planète, il est possible que leur aspiration à rigidifier les hiérarchies qu’ils ont établies au nom de la liberté prenne le pas sur leurs capacités à des remises en cause bien saturniennes, qui seraient plutôt l’objectif des peuples où dominent les moins de trente ans. Après l’Intégration et la Structure, nous voici en train de faire retour au Temps. Article paru dans les n° 17 & 18 du Fil d’ARIANA (avril & octobre 2002). Cet
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Jean-Paul Citron
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