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| Publié le : 26 septembre 2004
2. Les Signes en Force d’inhibition (F-)
LE SCORPIONForce d’inhibition (inhibition différentielle) S’il est un signe confirmant pleinement les prémices pavloviens, c’est bien le Scorpion qui se reconnaît à la honte du doute ; il est, suivant l’expression populaire "marqué par le destin". Quelque chose de fatal, d’impératif le désigne. Chacun des traits de son âme est un aiguillon ; son relief est de pics, d’abîmes, de singularités hurlantes. Nous sommes au centre de l’inhibition différentielle. Voyons de près les ressorts de la différenciation. Dans le comportement social, elle permet à l’individu d’ajuster avec le maximum de précision ses besoins et ambitions aux possibilités du milieu. L’affinement des analyseurs facilite sa tache : ici il faut frapper, là il convient de se courber ; un geste de moins, un de trop, l’édifice s’écroule. Théoriquement, cette perfection entraîne une économie d’effort, d’usure, et de temps ; bref, une efficacité optima. La littérature astrologique fait éloge de ce Scorpion dirigeant à son gré le venin au défaut de la cuirasse. II ne suffit pas d’être fin tireur, il faut lire le point vulnérable malgré les cibles mobiles, camouflées, escamotées. D’autres feront la guerre aux chimères de 2e classe mais Orion le chasseur du Scorpion cherche l’ennemi en chef, le seul qui doit mourir. On voit l’intelligence simplificatrice du comportement : point de lutte vaine, il provoque en combat singulier le grand meneur (s’il en trouve un). Par ce duel singulier, le vainqueur conquiert d’une lutte un standing auquel les voies hiérarchiques accèdent laborieusement. Le type Scorpion comprend précocement qu’il faut s’en prendre à la tête. De telles dispositions le situent dans le clan des candidats impatients d’affronter les maîtres, requérants acharnés harcelant les régnants pour obtenir le match de leur carrière. S’il est de règle sportive de jouer son titre, peu de champions, dans d’autres domaines, sont soucieux de prêter oreille aux défis des générations montantes. Nombre Scorpion ressentent douloureusement les désertions de l’ennemi. Les dérobades aggravent le mépris auquel ils ne sont que trop portés. L’impossible affrontement blesse leur notion de justice : les régnants ne sont qu’usurpateurs car la véritable force ne peut pas se refuser à la compétition. Le Scorpion incompris, dépossédé de ses chances de victoire, prend l’humeur du chasseur bredouille joué par un lâche gibier. On devine l’origine des revendications qui animent le Scorpion séditieux, conspirateur subversif. Ce n’est pas uniquement le "refoulement de l’agressivité" qui en fait un "opposant", la raréfaction de francs adversaires dans un groupe super-normalisé entre en cause. Rien n’empêche toutefois certains Scorpion de forcer l’ennemi dans ses retranchements et démasquer les camouflages qu’utilisent à bonne fin les grands de la Terre. Reprenons sur le plan psychologique la dominante agressive, elle n’est pas loin de s’identifier à l’inhibition différentielle. Le type Scorpion se singularise d’une façon paroxysmique : ses instincts prennent par leur rythme, leur mode, leur intensité, un caractère exceptionnel. Sa conscience, abusant de la discrimination, constate les défauts de similitude : elle les exaspère. Notre Scorpion vit dans un univers où chacun s’oppose à chacun, et de préférence, le plus au moins. Dans une forte proportion, les synthèses individuelles sont composées de valeurs neutralisées en une moyenne opportuniste. vis-a-vis du nombre, la singularité est choquante, agressive comme tout ce qui n’est pas coutumier. Ce qui est différent est hostile, le nouveau venu est mal venu ; si d’aventure il s’avise de ne pas être dans la note, aucun doute : c’est un cynique. Ainsi se renforce de part et d’autre l’intolérance, la dureté des attitudes. Du divorce d’avec l’ambiance, de la volonté de différenciation naît le sentiment intolérable de soi. L’être s’isole dans cette outrance qui transforme l’ennui en désespoir, la bonté en prodigalité ou la prévoyance en ladrerie. L’importance de la fonction différentielle se trouve également à l’origine de la réputation flatteuse de ce signe en matière de sexualité. Nous savons que le Scorpion est le régisseur de l’entente charnelle ou du moins qu’il n’y a pas d’entente possible au Scorpion sans accord physique préalable. Si les sexes se différencient par les goûts, les aspirations psychologiques, les ambitions et moyens sociaux, avant tout et fatalement, ils se distinguent par des particularités physiques difficilement réversibles. Le génitalisme du Scorpion s’inclut, tout comme l’agressivité, dans l’inhibition différentielle. Il arrive que celle-ci spécialise l’érotisme ; couleur des yeux, galbe de peau, démarche, etc., comptent alors comme des excitants dont la valorisation rivalise avec l’absolu. Un degré de plus, et nous avons le vice, la déviation, formes pathologiques d ’une prédilection accusée. Le Temps est le milieu de rétraction du Scorpion. Réagissant contre les valeurs en cours, il se livre au dénigrement des hommes du jour, repousse le programme de tous, critique l’évolution ambiante. Plus particulièrement, c’est un liquidateur comme l’illustre la Tradition en lui attribuant la mort, échéance à honorer lorsque la capacité personnelle d’intégration de temps est consommée. Nombre personnages du Scorpion prennent un rôle important aux tournants de l’histoire : révolutions, guerres, périodes troubles qui rompent pour longtemps avec le passé. Le destin individuel est également jalonné de dates marquantes. Avant d’atteindre le seuil fatal, le Scorpion exploite au maximum ses conditions temporelles ; la vie se présente comme une durée péremptoire, elle n’admet pas l’hésitation ; il s’agit de profiter du délai imparti, faire vite si c’est pour le plaisir, faire bien si c’est pour l’œuvre maîtresse. L’intégration du temps lui donne une permanence d’intentions et de sentiments qui le classe à la tête des opiniâtres, inflexibles têtus poursuivant la lutte dans l’ombre en attendant leur soleil. La fonction Pensée, au stade Scorpion, est développée, propre à donner au comportement un maximum d’efficacité. Déductive, analytique, prospective, on la trouve chez le chercheur, le détective, l’homme de science. En tant qu’introverti, le Scorpion oriente son discernement dans les sphères de la vie intérieure ou vers les contenus du monde objectal. II est doué pour établir des liens rationnels entre phénomènes d’ordres différents. Ses investigations sont poussées, il garde le fil de sa pensée et si une force le guide ce n’est pas l’intuition (comme on tend à le croire) mais l’esprit de recherche. Il n’oriente pas sa pensée vers une vérité déjà possédée et attirant à elle un système logique ; il creuse la nuit sans préjuger de ses découvertes. Sans doute, la vérité atteinte par des moyens rationnels est décevante, prosaïque, limitée aux yeux de l’intuitif pour qui la vérité n’implique pas la preuve. Mais le Scorpion se soucie peu de ce genre de science, ce qui compte c’est la vérité extirpée à l’inconnu. LE CAPRICORNEForce d’inhibition (inhibition extinctive) De même que le Cancer se ferme après l’excessive réactivité des Gémeaux, le Capricorne, succédant au Sagittaire, rompt avec l’associationnisme de l’Automne. Nous sommes en présence d’un blocage au second degré. L’être saturé de liaisons conditionnelles remet en cause son attitude. Contraste avec le type précédent, c’est un solitaire, ramassé sur lui-même, hanté par l’absolu. L’inhibition extinctive intervient lorsque les signaux extérieurs n’annoncent rien de sérieux pour les aspirations fondamentales de l’être. Nous voilà bien au cœur de l’univers psychologique du capricornien. Est-ce froideur, indifférence ou éloignement du critique, notre homme se défie de ce monde du dehors, foire aux chimères, il se garde de ses sens, sources d’illusion, de sa pensée même, n’est-elle pas un parti-pris déguisé ? Crédit est mort ! Quand il voudrait croire encore, il ne le ferait point sans preuves à l’appui. L’abîme se creuse entre les choses et lui. Ainsi l’extinction le détache du superficiel, de l’apparent. Si la sociabilité n’y trouve pas son compte, le capricornien gagnera par son impassibilité fonctionnelle le pouvoir de s’adapter à des tâches d’une grande difficulté. Sa force consiste à rechercher parmi tous les signaux (sonores, lumineux, verbaux) les seuls capables de conduire à une satisfaction valable, à un absolu. Là est le secret capricornien : les convictions d’une classe, les besoins d’une politique, ne le touchent pas, il se veut neuf, étranger, pur ; il voile son cœur, il tente de supprimer les a priori de sa classe et de son tempérament pour découvrir ce qui est essentiel, irréductible. La est le secret de son comportement : il ne se fie pas à l’augure et ne prend avis de personne. Une carrière droite s’offre à lui, elle se moque de l’opportunité, imperméable aux tentations de la popularité ou aux concessions faciles. Le but ne marchande pas ; il n’est pas exclusif, il est total, c’est un aveuglement : la nuit de ce qui compte. Le grand homme du Capricorne est un incorruptible, un intègre, étriqué sans doute (il est beaucoup de choses communes qui ne lui font ni chaud ni froid), mais profond, sur, solide, rare. L’inhibition extinctive n’est pas sans favoriser les qualités pratiques. Que dire d’un homme qui sait défendre ses affaires contre les emportements d’une mode, garder son sang-froid, voir au-delà d’un intérêt immédiat ? Il est bâti pour une réussite durable. Et certes, le Capricorne, en contrôlant ses réflexes, en restant de marbre pour les stimulations inadéquates, a de bons atouts pour s’imposer. Tôt ou tard, le temps lui rend justice. En mettant les satisfactions fondamentales de son côté, comment n’aurait-il pas raison à la longue des conditionnements trompeurs ? Ainsi, les hommes reconnaissent les mérites d’un Capricorne lorsqu’ils cessent d’exagérer les leurs, c’est-à-dire assez tard. L’inhibition extinctive se dépouille du relatif, du contingent, de I’inadéquat, au bénéfice d’un absolu qui, chez le type riche, est généralement lié à la notion d’être total. Mais ce dépouillement ne sert pas nécessairement des "absolus" de qualité. Il n’est pas toujours question de réjouir la conscience morale, l’amour de la justice ou la vérité pure. Il y à d’autres centres absolus : la haine, l’ambition, la cupidité. Le capricornien animé par l’une de ces exigences instinctives, ne tergiversera pas sur le choix des moyens, il consumera tout pour atteindre ses fins : les scrupules, les punitions terrestres ou post-terrestres ne le fléchiront pas. Il risque alors de s’ajouter aux tyrans, passionnés inflexibles, ambitieux, égoïstes fanatises, réduits à un désir-force ou à une idée-clef. Hormis leur absolu, ils ne connaissent rien et perdent leur ressemblance à l’humain. Nous avons vu que les stimulations préférentielles du Printemps sont de l’ordre de l’énergie, l’Été nous a donné l’importance des qualités de l’espace dans le conditionnement, l’Automne celle du temps. Avec le Capricorne, nous entrons dans un quatrième milieu conditionnel : la structure. La structure peut être tenue comme source d’excitation ou d’inhibition. Les êtres réagissent positivement ou négativement à la notion d’ordre, d’architecture, de cohérence abstraite ou concrète. l’observation de la nature révèle la continuité de certains principes à travers des manifestations apparemment dissemblables. Des phénomènes différents par l’intensité, l’espace, la durée, reposent parfois sur le même schéma, dépendent d’une même architectonique. Sur le plan esthétique, nous appelons "harmonie" cette solidarité immatérielle mais sensible ; sur le plan philosophique, elle évoque les idées-mères de Platon et en psychologie les Archétypes, images primordiales capables, selon Jung, d’inspirer la psyché. Nous ne voyons pas toutefois que la "structure" soit le fief de l’idéalisme ; située sur le terrain d’une pensée neutre, elle se définit comme une réduction à une organisation originale, simple ou complexe. Les nombres sont les meilleures représentations des structures. Pour l’intellect, ils sont à la base d’une connaissance dépouillée du monde. lIs sont le moyen de cette connaissance qui atteint le manifeste dans son architecture. Les Nombres et les Symboles géométriques sont aussi les supports d’une voyance spirituelle, ils constituent une sorte d’alphabet du Sacré. De nos jours si l’on se gausse de l’arithmosophie, étude qualitative du nombre, il faut voir de quel "respect" on entoure le nombre quantitatif (statistiques, scrutin majoritaire, surface corrigée, monnaie, etc.). Le Capricornien a besoin d’intégrer une structure, c’est-à-dire allégoriquement de se sentir atome, molécule ou système. Il se conçoit bien dans une globalité originale. Pièce maîtresse ou simple rouage, il s’identifie à toute l’armature, formant avec elle l’unité indissociable, la cohésion mystique ; le serviteur est dans le Maître, le Père dans le Fils. D’autre part, le capricornien a le souci d’organiser sa personnalité en créant entre chacune de ses composantes un rapport stable, une hiérarchie de termitière. Bien informé sur lui-même, discipliné, il est de ces hommes dont l’action a de lointains ressorts. De ces hommes dont on redoute les raisons lorsqu’on connaît leur façon de perdre les batailles pour gagner la guerre. Le divorce qu’ils entretiennent entre l’apparent et le non-apparent n’est pas fait non plus pour rassurer les témoins de leurs actes. On imaginera sans peine les variantes d’une structuration pauvre, le père Jacquemart en est le prototype. A première vue, l’intuition n’a pas sa place au Capricorne, Signe réputé rationnel. Le rationnel pour le capricornien riche n’est qu’un moyen, sa logique est orientée par une préconnaissance : inspiration, grâce ou hypothèse, à partir de laquelle les éléments de l’esprit s’ordonnent. Dans les mécanismes d’une découverte, la révélation précède la connaissance. L’intuition trouve sa place au dernier quadrant du Zodiaque. Elle ne peut être intégrée par la conscience, que lorsque l’être dispose d’une mémoire regorgeant d’expériences sensibles, de tensions affectives, de données intellectuelles. Sur ce terrain surabondant mais passif, l’intuition apporte une nouvelle vie. L’alphabet grâce auquel le capricornien intègre l’intuition est fort dépouillé, c’est le symbole mathématique le plus souvent. Quelle que soit sa simplicité apparente, le terme employé reste "lourd" de tout ce qui lui est inhérent. Le capricornien intuitif, abstrait, adapté, base sa conduite sur une anticipation de l’esprit plus forte que la réalité. Il voit la conclusion de ses actes au départ de leur déroulement. Une fois cette conclusion admise, la vie - traduisons le film des événements - devient une formalité. C’est un fataliste, actif dans la mesure ou il s’identifie à ce que la fatalité parait lui réserver. Il n’est pas rare que son introversion saisisse l’anticipation comme un a priori dont découlera l’inéluctable. Autrement dit, l’intuition lui dévoile un destin, une finalité, qu’en type introverti il rattache aux déterminismes du sujet. LES POISSONSForce d’inhibition (inhibition extinctive) Lorsque la force du Capricorne se concentre aux Poissons, les effets de l’inhibition extinctive deviennent directs. Les signaux conditionnels, vides de leurs contenus par le Capricorne, s’effondrent cette fois en tant que formes contenantes. Pour la Tradition, les Poissons représentent la dissolution totale : le déluge. Sur le plan du sujet, le Moi, centre du conditionnement, cède à l’offensive extinctive (le Moi, ou ce qu’il en reste après l’opération Verseau). Le monde conditionnel, sans intégrateur propre à lui trouver du charme, devient d’une platitude navrante ; ses promesses ne sont que brouillards et fumées. Vu de l’extérieur, le Sujet paraîtra quelquefois languissant, inexistant. Le hasard dépêche-t-il l’amour pour redonner du nerf à sa vie conditionnelle ? Vaine entreprise : la proie est fuyante même touchée, car si le Poissons amoureux sous-entend toutes les tonalités de l’amour (un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout) et ses modes tendre, amical, exclusif, ce ne sera jamais que du sous-entendu. Si l’absolu, sous les Poissons, a brisé son contact avec le conditionnel, il n’a pas perdu le contact avec l’homme. Bien au contraire, celui-ci, aveugle aux signaux secondaires, devra trouver l’excitant fondamental, l’objet réel de la tendance (dans le cas surtout d’une orientation objective, l’orientation subjective vit l’absolu sans se soucier de son objet). Cette absence de conditionnement profond explique à la rigueur les succès surprenants de certains Poissons au bout d’une conduite discordante. Errements, oscillations, illogismes rejoignent par un libre cheminement la simplicité de l’absolu. Être partout et nulle part, telle pourrait être la formule du Signe. Elle nous donne l’image d’une force d’autant plus déterminante que rien ne la désigne d’une façon continue ou systématique. L’amour, la haine, paraissent en dehors des comportements qu’ils inspirent, des passions invisibles foncièrement inhérentes à la vie. Abstraitement, elles ont conquis le titre d’entités universelles. L’amour, par exemple, prend aux Poissons les formes extrêmes : oblativité et masochisme. Dans les deux cas, il s’agit d’un dialogue qui dépasse la simple relation du couple. Devant la générosité absolue, il n’est plus ni Sujet, ni Objet, tous deux s’inclinent devant une force qui démontre son efficacité optima. Le masochisme montre de son côté le prétexte de l’objet lorsqu’il conduit l’être à une vie spirituelle plus intense (masochisme sublime). Si nous prenons Mars ou l’agressivité comme réflexe absolu, nous ne changerons rien aux façons des Poissons. La combativité semble nulle, velléitaire, indéterminée, mais ce Mars informe, cette agression invisible est la plus dangereuse, sinon la plus directe. En résumé, l’inhibition extinctive balaie l’emprise conditionnelle, les moyens engagés dans l’expression de l’être ne figurent rien de certain, ce sont des palliatifs, des survêtements, et vouloir saisir le type Poissons par ses dehors, c’est commettre une erreur tactique. Sous cet angle, on ne verra de lui que l’insignifiant. Son adaptation apparente à tous les milieux ne démontrera qu’une grosse indifférence vis a vis des catégories sociales. Il y a dans son attitude cosmopolite un abandon à n’importe quoi, car la désaffectation jongle avec les valeurs, les substituant les unes aux autres pour en éprouver l’essentiel. La désagrégation du cadre conditionnel définit un premier pas de l’extinction, mais en principe celle-ci n’opère que pour mieux satisfaire une aspiration absolue de l’être. Il doit donc exister aux Poissons la possibilité d’établir un accord parfait entre l’interne et l’externe, l’excitant et le réflexe. Nous sommes sur la piste du Poissons miracle ; forcément adapté au déluge, il se réalise dans l’inextricable, passe au travers des difficultés et, tandis qu’on le donne perdant, gagne de plusieurs longueurs sur l’adversité. N’est-ce pas ainsi avouer que cet amoureux flottant semble heureux de vivre et que son bonheur atteint le comble au fil des vicissitudes ? Prenons maintenant une optique métaphysique : la vie apporte rarement ce que l’on attend d’elle (tous les pessimistes vous le diront, la vie n’est que déception), un désir apaisé, un autre s’éveille ; en définitive, l’homme cherche le bonheur dans ce qu’il n’a pas : la satiété et l’équilibre. Ce bonheur se projette et stimule l’activité psychique ; peut-il être atteint par le stade Poissons, stade de la "réunification de l’absolu avec lui-même" selon les ésotéristes ? Le thème du jugement dernier est aussi une extinction qui place l’âme (centre absolu) devant son Juge, le grand miroir. En utilisant encore l’ésotérisme, le symbole du Serpent qui se mord la queue, symbole du cycle évolutif Bélier-Poissons, suggère l’idée d’auto-substantation ou d’auto-identification. De tout ceci on retiendra que, pour le sacré, le Poissons est le stade de fusion avec l’absolu. Pour le profane, il représente la personnalité capable d’intégrer son idéal sans le corrompre, étant la chair de celui-ci comme celui-ci est l’esprit de sa chair. Les types relativement adaptés mais pauvres offrent une variété que nous ne ferons qu’ébaucher. La richesse du Signe étant toute dans son "en-soi", dans ce qu’il y à d’absolu, si ce centre n’a pas assez d’éclat pour transparaître, nous aurons les caractères déconditionnés : bons à tout, bons à rien, entraînés dans toutes sortes d’expériences qu’ils n’assument pas jusqu’au bout, doués pour créer la confusion et jeter le trouble sur leur passage. II y aura en eux un gâchis de bon, de mauvais, de poésie, de mesquinerie, de force, de misère. Un autre groupe humain du type Poissons mime l’identité avec l’absolu. Ceux-là vivront dans le sentiment d’être la Science infuse. lIs se reconnaissent à leurs airs d’intouchables, imbus d’une personnalité imaginaire. N’oublions pas le groupe des actifs pratiques, ceux-là mettront au service d’un intérêt dominant le pouvoir extinctif du Signe. L’agressif fera fi des contraintes pour atteindre ses fins, sa guerre sera la guerre totale, une agression de tous les instants, et le schéma sera plus accentué qu’au Capricorne, car l’être, ici, avec le sens des contraires et la concentration, déroute par les voies inattendues qu’il utilise. II passe où bon lui semble d’une manière dont la logique se trahit de temps à autre. Le sens des structures se traduit fort différemment aux Poissons suivant sa capacité d’intégration. Sur le plan du Sacré, nous avons déjà vu la communion des Poissons avec l’âme universelle, réduite au Soi. Sur le plan de l’intellect, la prescience et une logique souple permettent d’accéder aux arcanes du savoir. La notion d’harmonie, de cohérence mystique, conduisent les Poissons à établir une chaîne magique entre les êtres et les choses. II dévide le fil des analogies avec les archétypes du positif et du négatif. Le clair et l’obscur, l’ouvert et le fermé, lui suffisent pour vaincre toutes les portes. Le scientiste ne manque pas, de son côté, de fermer une époque ou d’en ouvrir une autre par une formulation qui bouleverse les équilibres. L’intuition concrète appréhende la vie dans toute sa complexité. Elle est indiquée pour comprendre l’existence dans ce qu’elle à de surabondant. Mais qu’est-il en fin de compte notre monde au langage de sourd-muet ? Combien de choses nous échappent, combien de valeurs avons-nous faussées avec nos instruments et systèmes ? Et malgré nos fantassins de la connaissance, capitaines ou grands maîtres, ce monde reste l’océan où nous nageons. C’est pour beaucoup à cause de cette intuition sensible aux potentialités, aux demi-gestes, aux coulisses secrètes de la vie apparente, que le type Poissons à des réactions étonnantes - a priori - mais parfois étrangement en avance sur le cours du temps. Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964. A voir aussi : Les Signes en faiblesse d’excitation
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Jean-Pierre Nicola
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