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| Publié le : 27 septembre 2004
2. Les Signes en faiblesse d’inhibition (f-)
LA BALANCEFaiblesse d’inhibition (manque d’inhibition blocage) Le manque d’inhibition blocage caractérise l’irretenue de la Balance. L’intéressé est la première victime de sa carence, car elle traduit une situation d’insécurité dans un subjectif sans foi, sans appui ni tutelle. Ici l’irretenue fuit l’enceinte des villes, le cercle des familiers, le toit des coutumes. Ce n’est pas encore le voyageur errant du Sagittaire ; la fuite est entendue sur un plan psychologique, mais rien ne l’empêche d’être une pérégrination d’ermite. Laissons là ces exceptions où le spirituel, en offrant une sécurité anticipée, désintègre toutes attaches. Donc, si la grâce ne le soutient pas, l’être en "f-" renie le commencement et la fin de lui-même. II n’a ni père, ni mère, il s’est fait seul ; ce qu’il tient pour essentiel, il ne le doit qu’à ses œuvres. Ni fin, ni but, point de destin, point de morale. Sa liberté métaphysique passe par diverses graduations : absence de scrupules, absence de contrôle, mépris de ceux qui incarnent une idée, un système. L’attitude persécutrice s’acharne après tout ce qui se limite, se construit, se défend. La conscience prétendant à un universalisme multicolore, comprend qu’elle peut se poser sur des têtes disparates, inspirer tour à tour crime, abnégation, perversion, sainteté. Dans l’optique subjective, le refus des limites naturelles porte le sentiment de puissance jusqu’à l’absurde. Nulle crainte ne retient celui qui a décidé de sa perte. Pour les adaptés, c’est là précisément qu’est le signe de l’incapacité. Le doute subsistera longtemps sur le courage ou la lâcheté du suicide. L’on s’interrogera de même sur le séducteur envié, ce Don Juan dont les esprits subtils disent qu’il lui est impossible d’aimer. Les noceurs, licencieux, libertins, franchissent à leur manière la limite de la puissance pour soi ou pour les autres. Parlons aussi du non-engagement, de l’apolitisme psychologique. Son impuissance extérieure lui vaut le sentiment de planer au-dessus des partis (si ce n’est celui de jouir des offres de la concurrence). Inadaptée, la Balance produit également les variantes de l’atypique : l’invertébré Monsieur Tout-le-Monde, l’incapable (qui n’a pas de contenance), l’affranchi, l’apolitique, l’amoral, l’anarchiste. Mais le refus des bannières assure parfois le triomphe d’une individualité que toute psychologie honnête s’avoue incapable de mettre en équation. L’émouvant Don Quichotte caricature les valeurs désadaptées du signe (Cervantes est natif de la Balance). Nous y trouvons le manque d’inhibition blocage : abandon de la sécurité, marche vers l’inconnu : nous y trouvons surtout la fonction sentiment enivrée, désespérée, toujours poursuivant Dulcinée. L’éternel féminin, la femme idéale, la muse, ne sont pas sans troubler l’âme du type Balance. Les astrologues situent l’Anima (Psyché) sous les auspices du VIIe signe, restait à dire que son action était perturbatrice et qu’elle allait poursuivre ses méfaits jusqu’au Sagittaire. LE SAGITTAIREFaiblesse d’inhibition (manque d’inhibition blocage) Avec l’irretenue, nous rejoignons la Balance faible par manque d’inhibition blocage. Nombre portraits de sagittariens inadaptés souffrent d’une carence d’autoprotection ou de limitation opportune, tels le risque-tout, le joueur, l’insoumis, le voyageur sans but. Ph. Metman, à propos de ce Signe, cite l’aventure d’Héraclès grisé par le nectar de l’initiation : un troupeau de Centaures, image d’un débridement impétueux, surgit de son âme ivre. Un combat s’engage alors entre Cheiro le bon Sagittaire et ses congénères. Voyons quels sont les équivalents psychologiques de ces fantasmes. Nous sommes au noyau de l’insubordination, au contrepoint du cancérien adapte, de l’autre cote du Moi protégé par les frontières de la familiarisation. Où sont les douces joies de se communiquer, la paix des murs avec le sentiment d’intime propriété ? L’être parait condamné aux avanies de l’insécurité. Sans doute, est-il heureux de vivre sans contrainte, au-dessus des cadres de la morale et du moindre instinct de conservation. Il se meut sur une route infinie, engage dans un voyage éternel. Dans ce monde livré à des forces qui s’ignorent entre elles, son nihilisme délectable le met à l’aise pour agir sans se préoccuper du jugement dernier. Le spectacle des forces aveugles éveille parfois la corde métaphysique du sagittarien. Si ces voies lactées suspendues, ces sphères aux courses excentriques, ces hommes sortis d’un coup de froid et chaud, ne signifient rien dans la conjoncture vivante, une fois le corps trépassé, l’esprit verra juste. Conformément à l’absence d’inhibition blocage, l’ascétisme Sagittarien devient vite une frénésie qui s’en prend à toutes les coordonnées du sensible. La fonction Sentiment, au stade Sagittaire, prédispose à une projection de la sensibilité dans le mythologique. La psyché remonte au paradis d’origine, son immortalité parait acquise. D’aucuns ressentent cette anticipation comme un orgueil de mauvais goût, mais la conscience Sagittarienne, forte de son ambroisie, s’estime seule interprète du sublime. L’amour, ici, ne peut sauver quiconque, l’être n’apportera rien à l’équilibre de l’autre ; elle privera en voulant donner un au-delà. L’Anima, sous de tels auspices, pourrait s’appeler Dejanire, la Princesse jalouse qui remit à Hercule la tunique de Nessus, occasionnant la mort de celui qu’elle voulait garder. LE VERSEAUFaiblesse d’inhibition (manque d’inhibition récupération) En comparant le Verseau au Taureau, centre de l’inhibition naturelle, nous serons bien placés pour décompter les faiblesses du Signe. Les qualités adaptatives du Printemps contrôlé font défaut au Verseau en déséquilibre. A quels préjudices se trouve-t-il exposé ? Sur le plan purement physiologique, il ne fait pas son profit du monde : boire n’arrête pas la soif, manger n’engraisse pas son homme et dormir ne repose plus. Assurément, le tonneau des Danaïdes manquait d’inhibition naturelle ! Les faiblesses du Verseau affligé évoquent justement une "absence de fond". II parait difficile à ce type d’exploiter les éléments qui permettent de croître, de s’épanouir, de s’établir pleinement et grassement comme le fait un Taureau fidèle à sa vocation zodiacale. Absence de fond aussi dans un comportement qui se découpe dans le vide par du caprice et une succession d’arabesques. On notera les spontanéités, la prodigalité, le décousu, tout un ensemble qui, selon l’optique de chacun, s’appelle inconséquence ou fraîcheur poétique. La sociabilité n’est ni élective, ni profonde, le compagnon du jour est le bon, sa présence suffit au moment qui passe. Sur le plan des sentiments, le contraste avec le Taureau se remarque à l’inexistence de passions instinctives, naturelles et vigoureusement liées à la jalousie. Les sentiments n’ont pas le loisir de se cristalliser sur un objet ; flottants, épris d’une chose et d’autres, ils papillonnent. Le Verseau non-émotif est accorte, on ne sait trop pourquoi, son indifférence est transparente, on n’y devine aucun mobile, aucune réaction probante de satisfaction ou d’insatisfaction. Quant à l’émotif, il donne plus qu’il ne possède ; épuisant d’un seul coup ses réserves, il lui reste des ombres de sentiments, des surfaces. Lorsque l’intellect subit le manque d’inhibition naturelle, la compréhension est rapide, immédiate, phénoménale, mais ne laisse aucune trace dans la mémoire. Les associations d’idées peuvent être brillantes. Le premier examen en révèle l’inconsistance. Les coq-à-l’âne, l’inattention, la mobilité d’esprit nuisent à l’élaboration d’un jugement. C’est une pensée fluide, propre à effleurer les sujets en évitant les conclusions. On reconnaît dans ce tableau une jeunesse de la fonction sensation. Y a-t-il une préfiguration du Bélier au stade Verseau ? La fonction y est en tout cas moins différenciée car elle abonde facilement dans un naturalisme naïf. Elle porte à traiter les données sensibles comme autant d’objets d’art ou de décors pour théâtre ambulant. Jointe à l’absolu, la sensation pourrait inspirer une mystique matérialiste ou technique. A voir aussi : 2. Les Signes en Force d’excitation
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Jean-Pierre Nicola
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