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Publié le : 27 septembre 2004
1. Les Signes en faiblesse d’excitation (f+)



LE TAUREAU

Faiblesse d’excitation (manque d’excitation re-creative)

La paresse s’installe lorsque la "libido" est rassasiée, l’ambition comblée, le désir saoule. Elle digère la surcharge. La faiblesse d’excitation trouve-t-elle partout prétexte à surcharge ? Ce n’est pas la peur qui arrête l’action ou le mépris de la besogne, l’intérêt n’y est pas et rien ne résiste à cette vaste indifférence grosse de sages se ou d’égoïsme. Ici le Signe du Taureau vit sur une expérience "préconçue". A quoi bon éprouver ce qu’il croit savoir, à quoi bon vivre ce qui doit arriver, une fatigue anticipée l’éprouve. Ce luxe d’inertie connaît d’heureuses formulations : détachement ou réalisation du dieu-Bouddha.

L’inertie évoque l’ensemble et le détail du Taureau en faiblesse d’excitation. On entend : force sans emploi, engagée dans une pacifique négation, joie d’exister dans l’indolence, tranquillité garantie par la suppression des désirs.

Nous comprendrons le Taureau inadapté en nous référant à son manque d’excitation re-créatrice. Ce trait nous dit combien il est sujet à cristalliser ses attitudes, à s’enfermer dans une subjectivité codifiée et combien il est maladroit de lui demander de transposer un jugement. II reste fixé à son plan d’accommodement, son espace, son temps. La richesse d’une distraction lui manque : il n’a pas la faculté de retourner ses dispositions. Parti du pied droit sur une idée catégorique, si la matière qu’il interroge ne lui répond pas, sa curiosité reste interdite, il lui vient mal à l’esprit de corriger sa question ou de changer d’interlocuteur. Le moins disponible des Signes, le moins rebondissant risque de s’écraser sur sa réalité. Péjorativement utile, pratique, terre-à-terre, il s’applique à épouser fidèlement l’idée-force qui l’anime ; incapable de décanter, de sublimer, de compenser. La vie c’est la vie, un sou c’est un sou, non pas un univers avec un trou mais un échelon figé dans une hiérarchie de valeurs.

La partie nocturne du signe favorisera éventuellement la fonction intuition (stade archaïque selon le terme de Jung). Berkeley, Kant, Kierkegaard, feront bonne figure dans cette catégorie. Que l’on songe à l’immaterialisme de Berkeley contestant la réalité de nos sensations pour affirmer la primauté du spirituel. Kant, rationnel dans sa démarche, monte en épingle les impératifs moraux de la vie intérieure et prouve Dieu par l’analyse critique de nos facultés. Enfin, Kierkegaard identifie le subjectif au vrai : "seule la subjectivité est vérité". Trois exemples propres à déceler le "syncrétisme" intuition-pensée avec les mauvais tours d’une mystique sentimentale. Faute de fixer un portrait disons que l’intuition tend à isoler le Taureau de toute communication possible. Elle se manifeste par un mysticisme dogmatique ou une pensée inflexible pénétrée de principes révélés par l’intérieur. Chez les types riches, elle permet de pressentir les déterminations impliquées par l’exercice des facultés. II est certain, à cet égard, que la raison est assujettie à des conditions qui limitent, sinon son pouvoir, du moins son plan d’expansion et ses formes d’expression.

LE CANCER

Faiblesse d’excitation (manque d’excitation associative)

La faiblesse d’excitation s’applique au cancérien végétatif. Dans le contexte saisonnier, elle semble vouée au sommeil par excitation monotone. L’existence va au ralenti. La réalité est lourde. Le Cancer en faiblesse d’excitation laisse la vie faire son travail, tout se passe sans qu’on y mette la main. II a la paresse de s’émouvoir, de comprendre, de vouloir ; la faiblesse d’excitation le décontracte et le livre à ses tendances inférieures. Nous entrons alors dans le groupe des types dissocies décrits par Paulhan : les émiettés, les faibles, les étourdis, les légers, etc.

Le cancérien inadapté souffre d’un manque d’excitatIon associative (qualité qui assure à I’Automne une large coopération avec le milieu social). Son cercle d’expansion est rétréci, il redoute toute adhésion aux grandes structures, civilisations et systèmes. Si l’on reproche aux penseurs d’apporter à la nature plus de logique qu’elle en possède, le type Cancer par l’incoordination s’attire un reproche opposé. Il refuse les classifications ; les rapports chronologiques et simultanés qui groupent les phénomènes entre eux sont rejetés. Seul le cas d’espèce le séduit car le milieu pour lui n’est qu’un chaos où s’entrecroisent des particularismes. Cette tendance deviendra formelle au stade Vierge, pour l’instant, elle se signale par un désordre d’opinions et de jugements. Pratiquement, on retrouve l’incoordination chez les types bohèmes du Cancer : instables (caractériel ou social), déracinés à la merci du hasard.

La fonction Pensée naissante au Cancer se conjugue aux fonctions mal différenciées. Il y a dans sa condensation avec la sensation, par exemple, la source de larges considérations sur la pluie et le beau temps. L’activité mentale semble stimulée par des excitations d’un syncrétisme élémentaire : on raisonne avec componction sur les incidents quotidiens : le retard du facteur, l’accident manqué, etc. Ce qui tombe sous le sens est exposé comme le résultat d’une longue cogitation. Ce qui arrive doit avoir sa raison d’être ; réflexion et aperception étant en coïncidence, la pensée reste purement justificative.

Elle représentera occasionnellement la fonction "absolue", celle qui répond de tout. Notre cancérien sécrétera beaucoup de postulats et déductions paralogiques. II faut également tenir compte de la Vitesse d’inhibition naissante qui implique une activité différenciatrice (critiques, analyses) plutôt que des différenciations fondées sur la réalité.

N’oublions pas que le pôle inadapté peut concerner la fonction des précurseurs "inactuels riches", esprits rares et d’une abstraction avancée. La Vitesse d’inhibition du Cancer aura en ce cas un goût métaphysique (pensée transcendantale, rationalisme mystique, toutes conjugaisons de la pensée avec l’irrationnel) .

LA VIERGE

Faiblesse d’excitation (manque d’excitation associative)

Dans les grandes lignes, la faiblesse d’excitation rend compte des besoins limités du type faible, l’élan vital n’est plus qu’un hoquet, une survivance. L’impuissance afflige les structures premières de la personnalité. Un complexe d’infériorité gangrène l’activité, la pensée ne finit pas sa course, la démarche s’interrompt, se complique par redites et retours. Salavin, ce personnage irrespirable de Duhamel, peut prendre la file des inadaptés par impuissance : éclopés du vouloir, boiteux du désir, paralytiques de l’esprit.

La faiblesse d’excitation se traduit également en Vierge par le laisser-aller, la passivité insouciante ou masochiste, selon les valeurs planétaires engagées. Le désordre, l’anarchie relèvent de l’incoordination : la dissociation apparaît sous une lumière crue ; l’âge des cassures en filigrane est révolu. On imagine l’absurdité d’un comportement constitué par une suite d’attitudes sans liens, car il ne s’agit plus d’une mimique mais d’un chapelet de masques incohérents.

Le problème des personnalités multiples s’harmonisera sous le signe de la Balance, entre-temps, la Vierge subit un sérieux parcellement psychologique. Le plan mental n’est pas exempt de morcellement : les idées voisinent sans se décider à un enchaînement constructif, les connaissances s’accumulent, les théories sont au dépôt. De ce grenier d’anecdotes, observations, cahiers de notes, sortira-t-il une thèse ? Une envolée de l’intuition ? Rarement, car, la vision globale est plutôt réservée aux Poissons.

Plus autonome qu’aux stades Cancer-Lion, la pensée prend une arrogance qui n’a rien à envier à l’intuition inadaptée du Bélier. Le rationnel prétend posséder l’arme absolue. Le vrai est confondu avec le commensurable et la connaissance est étouffée par ses instruments. Certes, la Vierge prépare la pensée aux luttes de l’adaptation par ses exercices d’analyse, mais elle croit trop en la vertu des cours de logique. Son aspect positif procède surtout de la mise en garde contre les enchaînements faciles ; en dissociant, il lui arrive d’isoler la racine d’un problème. L’existant est décomposé en concepts élémentaires, et cette désagrégation prélude au travail de coordination des signes d’Automne.

Chez le type commun, la pensée dissociative s’applique à des matières mortes. Lesquelles, loin de faciliter le dialogue, alourdissent les échanges ou font impasse à la communication, à l’efficience de la personne dans le milieu. SUITE

Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964.

A voir aussi :

 2. Les Signes en Force d’excitation
 La réalité astronomique du zodiaque
 Le zodiaque dans l’homme

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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