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Publié le : 27 septembre 2004
Les Signes en phase paradoxale (PP)



LE TAUREAU

Phase paradoxale forte

La hausse de susceptibilité fausse l’appréciation des intensités. Des excitants faibles suffisent à provoquer une réaction parfois violente, en tout cas hors de proportion. Cet aspect quasi-pathologique caractérise le Taureau surmené par une idée fixe. Évoquons la jalousie, l’âpreté au gain comme exemples de phases paradoxales fortes déterminant un éveil morbide de l’attention. Des signaux fugitifs, d’ordre secondaire, de vagues analogies sollicitent le thème central. Les moindres indices justifient alors les positions tranchées. Sigmund Freud, natif du Taureau par le Soleil, du Scorpion par l’Ascendant, illustre le paradoxe d’intensité. La psychanalyse inverse le rapport de force entre conscient et inconscient.

La phase paradoxale conduit le Taureau à lire entre les lignes en dépit de la contre du texte, à faire d’un rien une montagne. Contrôlée, cette exacerbation de la susceptibilité a son mérite : elle discerne les arrière-plans du Moi, les ficelles du caractère. Encore faut-il avoir affaire à une individualité riche et complexe, un type paradoxal commun tombe plutôt dans les pièges grossiers qu’un entourage facétieux propose à son leitmotiv.

L’élévation de susceptibilité provoque des réactions à des signaux de faible intensité : les signaux verbaux sont de désordre. Nous allons donc vers un hyperconditionnement, vers l’abstraction, tandis que, par induction, le système inconditionnel recherchera des satisfactions de plus en plus frustes. La faim nous rend malins mais peu difficiles ! Dans la phase paradoxale le contraste est déjà sensible, iI appartient au Taureau parfois rustre et lourdaud dans ses appétits, néanmoins ouvert à de délicates préoccupations esthétiques.

LE LION

Phase paradoxale forte

La baisse de susceptibilité nerveuse rétablit la cohérence du système excitation-inhibition. La conduite est moins alambiquée ; l’être a perdu cette vulnérabilité diffuse qui l’exposait à toutes les influences ; cependant sa susceptibilité reste assez élevée pour troubler le sens des intensités.

Nous savons que le léonien se fait un devoir de garder son calme dans les circonstances les plus graves. Les événements extraordinaires qui frappent l’attention commune le laissent indiffèrent ou peu intéresse. II reçoit avec flegme la nouvelle d’un désastre, l’annonce d’un succès. Par contre, les faibles excitations déterminent chez lui des réactions toniques surtout lorsque sa conscience est braquée sur les nuances de la vie mondaine ou affective. L’amour, l’orgueil, l’ambition, sont aux aguets. On connaît leur perspicacité.

La subtilité conditionnelle se traduit chez le léonien par l’amour des formes. Aussi trouve-t-on dans ce signe des vérités "gonflées", une façon particulière de focaliser des valeurs qui, en dehors de leurs ornements, perdent toute singularité.

Le complexe aristocratique du Lion témoigne de la phase paradoxale. Le "noble" utilise en effet des critères super-tamisés : l’honneur, la dignité du rang, l’élégance du geste, l’originalité. La fonction Sentiment est très conditionnée au Lion ; on lui reprochera d’aimer la femme comme une parure. Cette subtilité n’excluant pas les appétits vigoureux, le léonien paradoxal s’expose à de pénibles contradictions (conflits entre "l’amour-sexuel" et "l’amour-social").

LE SCORPION

Phase paradoxale forte

Le troisième des Signes fixes est connu pour sa susceptibilité chronique, détectant les intensités subtiles qui traversent l’ambiance. C’est le Scorpion des "ondes mystérieuses" : radiesthésiste, magnétiseur, spirite, etc. Mais ce principe d’éveil à des stimulations auquel le normal est allergique, s’applique mieux au non-figuratif, car ce sont surtout les analyseurs de la pensée qui sont en activité : tout est prétexte à déductions. à critiques, à interprétations. La curiosité intellectuelle est vive, ouverte de préférence à l’insolite, au bizarre, aux choses cachées. Elle force les secrets jalousement gardés. D’indices en indices, sur la foi d’un geste, d’un regard, d’un déclic, elle conduit la conscience à travers l’inaperçu. Certes, la jalousie, l’orgueil, l’avidité, restent des observateurs vigiles ; mais, fait marquant pour le Scorpion, ces éléments stimulent l’activité mentale comme s’ils en étaient le prétexte. La jalousie, par exemple, est un état d’esprit avant d’être une alarme devant la dépossession. Les signes méridionaux (de la Balance aux Poissons) transposent le concret dans l’abstrait : sublimation, prise de conscience ou intellectualisation concernent le même mouvement d’idéalisation. On ne s’étonnera pas de trouver une sensibilité plus grande au verbe.

C’est avec l’abstrait que le Scorpion fonde souvent son emprise sur autrui. Le "savoir" incite au respect, à la soumission. Le connaisseur se trouve investi d’une responsabilité collective, d’un droit de direction (comprendre sous-entend une possession intime). Nombre Scorpion gouvernent par la force du verbe. Ils ont toujours l’air d’en savoir long, ils sont de ceux qui lient ou délient les langues. La suggestion fait partie des moyens de combat du Scorpion et les ressorts de la Propagande, arme moderne en matière d’emprise, n’ont pas de secret pour les mieux doués du Signe.

LE VERSEAU

Phase paradoxale forte

Entre autres attributions "traditionnelles", le Verseau gouverne les "ondes" longues, courtes, avec ou sans fil. Nous sommes dans l’ambiance paradoxale des réactions fortes, excessives par rapport à la stimulation.

En phase paradoxale, l’excitabilité du Signe tend à dépasser ses buts, à devenir envahissante. Le pouvoir de recréation devient une fantasia. Des réalités futiles sont perçues comme autant de talents ignorés, de gloires obscures, de vertus injustement abandonnées. Il y a abus ou prolixité du "valable" du "positif" et la pensée s’embarrasse dans des virtualités de second ordre.

L’intuition, plus préoccupée qu’au Capricorne de se concrétiser, connaît une fécondité alarmante dans des domaines mi-spéculatifs, mi-techniques. Le Signe abonde en chercheurs de martingales et professeurs Cosinus. L’Art est un cadre idéal pour l’expression du paradoxal. Dans les meilleurs cas, il justifie le symbole du Verseau vidant son urne à pleins flots : le contenu est libéré du contenant. L’Art dépasse les formes visibles, il se dégage des limites du significatif. Mais le paradoxe projette parfois sur des contenants quelconques d’exaltants mirages.

Au sujet de l’emprise active du Verseau, on évoquerait volontiers la parole du prophète : "Mon royaume n’est pas de ce monde". La domination du Signe porte en effet sur l’irrationnel. C’est une satisfaction de voir les choses de haut, de malmener le matériel. Le talent de prophète facilite l’autorité sur le milieu, et le gardien des harmonies secrètes est vénéré comme un oracle ; sa sagesse, sa science, lui assurent la dévotion d’autrui. Notons le risque d’entretenir autour de soi des espérances fantoches, de nourrir son giron d’un merveilleux illusoire, pour être avec le prestige que cela implique, "l’Enchanteur", le "bon magicien" qui cicatrise toutes les misères.

Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964.

A voir aussi :

 Les Signes en Sens des Dosages
 La réalité astronomique du zodiaque
 Le zodiaque dans l’homme

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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