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| Publié le : 27 septembre 2004
Les Signes en phase ultraparadoxale (PUP)
LES GÉMEAUXPhase ultra-paradoxale forte La susceptibilité élevée à son seuil supérieur atteint la structure du même système nerveux : le processus d’inhibition réagit comme un processus d’excitation, les fonctions sont inversées. Le phénomène d’inversion se traduit par une grande ambivalence. Le type Gémeaux saura, certes, reconnaître le blanc du noir, utiliser les notions du chaud et du froid, mais sur le plan du comportement les concepts directeurs de la conduite sont moins démarqués, il y a notamment une trop large acceptation du milieu. Un but exclut beaucoup d’à-côtés et surtout ce qui lui est négatif : l’échec. C’est un Gémeaux qui a réanimé la mystique de l’échec, aboutissement de toute entreprise dont (à ses dires) ont peut, faute de mieux, se féliciter. Le type Gémeaux ultra-paradoxal est donc prêt à choisir pour le néfaste ou l’interdit. Nous retrouvons un fondement de son esprit libre : attrait pour le défendu, investigations dans le singulier et le non-conforme. L’emprise active caractérise également cette phase. L’être ne se possède pas, il vit dans un autre ou par un autre. Ce qui permet l’imitation, étaye les situations triangulaires et facilite les agissements par procuration. Le rapport entre analyseurs (les cinq sens) et les centres absolus (instincts) attire d’autres remarques. Le type Gémeaux est apprécié pour la finesse de ses analyseurs. II a l’ouïe et le palais délicats ; sensible aux nuances, l’analyseur "moteur" en fait un jongleur, prompt et habile de ses dix doigts, mais rien n’égale la subtilité du système verbal. Mystère du jeu des compensations, cette maîtrise se met souvent en frais pour de désespérantes évidences. Songeons aux charmantes tournures littéraires qu’un écrivain emploie pour nous entretenir de ses petites misères ou des tendances communes de son tempérament libidineux ! LE CANCERPhase ultra-paradoxale forte La hausse de susceptibilité rend le cancérien sujet à de multiples tracasseries intérieures nées surtout de rapports ambigus entre le pour et le contre. L’ambivalence forte est soulignée chez le Cancer bourgeois rêvant de plaies et de bosses, ou le Cancer nomade rêvant de vie paisible. L’implication d’une valeur par son contraire donne à la conduite cet aspect complexe, capricieux, inexplicable pour l’observateur. Quelle que soit l’attitude adoptée, elle n’est jamais assez simple pour masquer les antagonismes agissant dans l’arrière-plan. La susceptibilité maximale, réagissant aux signaux abstraits (faible intensité), favorise un hyperconditionnement au détriment des réflexes inconditionnels (réponses instinctives). La sensibilité à l’abstrait se traduit ici par une subtilité sentimentale voisine du raffinement. Mais les dispositions du Cancer pour l’amour platonique, pour le romanesque et les effluves supérieures du cœur font en contrepartie obstacle aux satisfactions tangibles de l’amour. Soulignons aussi le contraste entre la banalité de l’excitation et la réaction anormale qu’elle provoque dans l’univers cancérien en phase ultra-paradoxale. Les complexes de timidité et de culpabilité associés à ce Signe relèvent de la phase ultra-paradoxale. Des signaux de très faible intensité (évocations, symboles, suggestions, inspirations de l’imaginaire) suffisent à provoquer une réaction hors proportion. Le cancérien rougit de ses propres pensées, et celles-ci ne sont pas forcement le reflet de désirs refoules. Nous avons là un exemple de trouble fonctionnel pour les processus excitation-inhibition. En voulant inhiber une pensée malséante, le cancérien l’excite au point d’en être physiquement troublé. Les sentiments d’emprise active prennent au Cancer un ton moral ou sentimental : l’être prend en charge les destinées fragiles de l’entourage, il assume les responsabilités de protecteur, de gestionnaire, de tuteur et place sous sa garde les brebis égarées. Cette fonction exige en retour l’abandon de l’indépendance et de l’originalité. LE SAGITTAIREPhase ultra-paradoxale forte La hausse de susceptibilité inverse le système excitation-inhibition. Pour un signe excitable, la hausse se traduit par des réponses positives à des stimulations normalement inhibantes. Le système inhibiteur touche, ce qui dépend de ses offices se comporte contrairement à sa destination naturelle. II y à lieu de tenir compte de la pauvreté ou de la richesse psychologique. Chez le non-créateur l’originalité ne peut aller bien loin. Elle se rabat sur le snobisme, sur les délices de la conversation subversive dans les salons bien-pensants. Elle ne suffira d’afficher des opinions singulières, de se donner une illusion de liberté vis-à-vis de la morale sociale. Avec l’hyperconditionnement, l’être oublie vite quelles racines concrètes doivent être touchées pour que sa conduite soit autre chose qu’une agitation verbale. L’originalité du type riche a des chances d’ouvrir l’homme sur de nouvelles possibilités. S’il n’est pas toujours bon d’aller en amont du sens commun, cette attitude, malgré ses hérésies, entraîne des perspectives révolutionnaires, dévoile de nouvelles ressources adaptatives. Le créateur tente une transvaluation des valeurs ou un renversement d’optique capable d’enrichir l’esprit, de l’éclairer sur un monde resté inconnu parce que perçu jusqu’alors avec des instruments inadéquats. La phase U.P., en intégrant les excitants normalement répulsifs, produit l’ambivalence par non-exclusion. Avec l’associationnisme, l’être deviendra le moyen de ses ennemis. II fera le lit de ceux qu’il devait combattre. En politique, s’il se situe à gauche son action servira la droite ; en morale, la pensée n’est pas conforme au geste. Un accueil trop grand, une réceptivité trop large finissent par des alliances bâtardes. Le snob, à sa manière, ajoute du non-conforme à son conformisme. Il est moins heureux que l’original riche qui crée du valable à partir de cette fusion. Quant à l’ambivalent, possesseur de deux claviers interpénétrés, il est facile de taxer sa conduite d’hypocrisie et de duplicité, malgré les quelques éléments franchement orientés qui le guident. Les sentiments d’emprise que favorise l’augmentation d’excitabilité, agissent sous le couvert des symboles rationnels. La domination d’autrui prend le prétexte de la vérité, de la science, de la propagande, de la Loi. Toutes ces valeurs, conjuguées suivant l’architecture individuelle, justifient les variétés du Sagittaire. LE CAPRICORNEPhase ultra-paradoxale forte Chez le type Capricorne, la prédominance de l’inhibition empiète sur le processus de désassimilation. L’être réagit par une rétraction, une "extinction" dans des conditions qui, normalement, appellent une réponse positive. Le système excitable devenu trop faible remet ses responsabilités au système inhibiteur. L’aspect "original" du type repose justement sur la substitution de la retenue à l’impulsion. Les finesses de l’humour froid spéculent sur le thème du flegme, de l’indifférence, de l’habitude plus forte que tout. Les originaux du Capricorne se remarquent par la régularité caricaturale des coutumes, leitmotiv, principes, qu’ils appliquent à la lettre. Mais le flegme, la régularité qui irrite ou amuse leur permet de rester maîtres de situations où chacun s’affole. Leur courage (parfois involontaire) contribue à leur réputation d’originaux. Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964. A voir aussi : Les Signes en Sens des Ensembles
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Jean-Pierre Nicola
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