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Psykott show n° 2/1 : Vénus/Jupiter Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 13 août 2003
Psykott show n° 2/1 : Vénus/Jupiter
Les découvreurs dérangent
"En ces temps où Mozart joue à l’harmonica, au cymbalum, à la crécelle tempérée, qui d’entre nous, en hommage à sa gloire immortelle et céleste, ne l’eût de son vivant secouru et apaisé lorsque, déclinant, il souffrait d’un délire de persécution, triste mal s’il en fût, et combien peu recommandable. Combien serions-nous, maintenant, pour un immense cortège, à suivre sa dépouille, autrefois abandonnée par un sinistre manque de considération musicophile.

A Modigliani vivant, qui d’entre nous n’aurait donné de substantielles preuves d’amitié ? Avec l’obole plus grande d’un morceau de pain. De quoi demeurer en son existence, de quoi peindre et repeindre à satiété, au nom de la bonté divine et de nos muséums. Cantor est mort fou. Nietzsche comptait ses lecteurs, aujourd’hui innombrables. Et Galois, le prodige, mort de sa violence digne, qui ne se précipiterait saignant d’amour pour protéger son âme altière, afin que son esprit mathématique puisse encore nous enchanter ?

Tous ces morts nous font voir et sentir l’infini de notre générosité lorsqu’elle est devenue inutile. Nous avons raison d’en pleurer dans nos livres et nos regrets. Mais ce n’est pas des découvreurs dont je veux vous parler. Ceux-là sont vrais. Dieu les garde en son paradis de miséricorde, à l’abri des hommes et des bêtes. Parlons de ceux qui restent : des imposteurs qu’il nous faut corriger de leurs vaines présomptions. Ils se reconnaissent à leurs songes stupides qui vont à l’encontre de ce dont nous sommes invinciblement assurés. On ne saurait en douter, pour être un découvreur, il faut d’abord être mort. Une autre condition est signe d’imposture. Sachons nous en protéger.

Le mieux est la dissuasion. Et puisque la Psychologie des grandes profondeurs nous donne ses lumières, autant en user. A bon escient, lorsque le doigt vengeur du Destin nous désigne pour ramener à la modestie l’un de ces quelconques disputeurs d’idées folles. Passons aux exemples didactiques : dans les domaines où ils sévissent, nos pseudo-découvreurs ont - heureusement - des adversaires acharnés qui - les pauvres - n’ont pas d’autres moyens pour défendre nos droits que la médisance, les coups bas et diverses déloyautés fort compréhensibles en soi. Si vous entendez gémir l’une de ces prétendues victimes, renvoyez-la dos à dos avec ceux qui pillent un peu leurs écrits pour rectifier leurs mauvaises trouvailles. Quant aux silences, obstructions dont ils geignent, il faut en profiter pour leur apprendre à être humain. Montrez que ce sont courantes peccadilles que leur orgueil amplifie. N’oubliez pas leur complexe de persécution, il a son importance. Certes, il est possible qu’une vague hostilité existe. Ne l’ont-ils pas cherchée, voulue, provoquée par quelque formule saugrenue ou une autre musique ? !

Devant l’inanité du mal qu’il se donne, l’angoisse du temps qui le presse, l’obsession de son travail incompris et inachevé, votre spécimen s’adonne probablement à quelque évasion frelatée. Si c’est la boisson, partagez sa beuverie pour entrer dans ses confidences. Vous ne garderez de son savoir que le strict nécessaire. En revanche, vous puiserez dans ses pleurnicheries les arguments irréfutables pour établir son alcoolisme. Certes, la symptomatologie de l’alcoolisme se recoupe parfois avec celle d’un hyper-sensible qui vient d’essuyer un échec affectif entraînant revers professionnels, effondrement de projets, solitude morale, gigue des rivaux... En ces cas-là, le moindre émotif tient mal sur ses jambes, l’insomnie lui ronge le teint, il est nerveux, irritable, incompétent... Le diagnostic d’éthylisme va de soi. Montrez votre science.

L’existence n’est pas toujours drôle. Si elle vous impose un jour de vivre avec l’un de ces pervers, profitez de ces années pour faire votre révolution féministe (ou transsexuelle, ce n’est pas important), il sera toujours tant de voir par la suite si la révolution tient. Quant à le quitter, plutôt qu’à l’heure d’un commun accord, choisissez celle où votre départ a de bonnes chances de compromettre la percée sociale que sa vanité escomptait. Ce peut être une gratification non superflue que de le remplacer par son commanditaire au vu et au su de tous. Ainsi comprendra-t-il peut-être que les hiérarchies existent et qu’il devrait s’y plier au lieu de se piquer de marginalité. Ces persécutés impossibles s’imaginent que tout leur est dû parce qu’ils transpirent de leurs pinceaux, alambics, fourneaux, plumes et marteaux, mais ils sont incapables d’aimer, d’amour et d’amitié. Punissons-les, gaiement et sans regrets. Que l’un de ces dindons ait l’honneur de vous plaire, tôt ou tard, il faudra qu’il en paie l’avantage. Qu’il sache, au moins, qu’il lui faudra souffrir et rôtir. Farcissez-le de prêches en protégeant vos pénates. Qui aime bien, châtie bien.

Vous pouvez trouver d’autres exercices. Cependant, pour qu’ils soient recevables, exécutez-les toujours en état de pure inconscience. Sinon, vous tomberez dans la psychologie vulgaire. Sans l’inconscient les petits exemples ci-dessus ne sont jamais que de plats témoignages du calcul et de la médiocrité. Une fois de plus, il nous faut constater que sans l’inconscient la vertu n’est rien.

Maintenant, qu’adviendra-t-il si, en dépit de votre talent, votre imposteur s’en tire, encore et toujours. Le voilà même qui recommence : paisible, choyé des siens, comblé (semble-t-il) par ses fidèles amis, tandis que d’autres viennent, conscients de ce qu’ils sont.

C’est un échec pour vous. Il faut le reconnaître et en dégager la leçon. Vous avez certainement échoué parce que vous n’étiez pas assez inconscient. Il vaut mieux changer de sujet d’expérience. Celui-ci a dû s’aguerrir, être sur ses gardes. Défiez-vous-en... Ces gens-là n’oublient pas... ils ont le fond méchant".

Ceci est une parodie de discours psychotique. La preuve ? SUITE


Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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