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Publié le : 26 février 2004
Soleil-Mercure-Vénus et affectivité
Dans un article intitulé "L’"R" du cerveau", que vous pouvez facilement retrouver sur ce site grâce au moteur de recherche, j’ai déjà fait la critique de la théorie, développée par l’astrologue ex-conditionaliste Bernard Blanchet, selon laquelle les trois fonctions planétaires (Soleil, Mercure, Vénus) appartenant à la famille "R extensif" (ou "grand R") du système R.E.T. auraient en commun une prétendue "affectivité". Etant donné que cela ne semble pas clair pour certains, je vous propose, en guise de complément d’information, de lire de larges extraits d’une "astro-note" que Jean-Pierre Nicola a écrite sur ce sujet en novembre 1990. Le texte qui suit est de lui :

(...) Je dois à Jacques Van Rillaer la satisfaction d’une lecture simple sur les "divers types de la scientificité" . Je le cite :

"On peut distinguer trois groupes de disciplines : les sciences formelles (la logique et les mathématiques abstraites) ; les sciences empiriques et expérimentales, dont le modèle est la physique ; les sciences herméneutiques, dont le prototype est l’Histoire.
- a) Les premières disposent de procédures qui permettent d’évaluer sans ambiguïté leurs énoncés.
- b) Les secondes tentent d’explorer et d’expliquer des réalités empiriques. Contrairement aux précédentes, leurs propositions doivent être confrontées à l’expérience et ne sont acceptées qu’après confirmation par l’évidence empirique.
- c) Le troisième ensemble de disciplines à été appelé, selon les époques, sciences de l’esprit, sciences morales, sciences idéographiques (qui décrivent les particularités individuelles - par opposition aux sciences "nomothémiques", qui posent des lois), sciences descriptives, compréhensives, interprétatives, herméneutiques, sémiologiques...".

Voilà un texte magistral. Pour l’astrologie conditionaliste tout est dit en a) et b), alors que l’astrologie traditionnelle ou astro-psychologique passe de c) en b), de b) en c) en enjambant le a).

Le conditionalisme dispose d’une logique formelle : R.E.T., S.O.R.I., Théorie des Ages, zodiaque réflexologique, théorie des aspects. Il dispose, condition a), de procédures qui permettent d’évaluer sans ambiguïté ses énoncés. Les conditionalistes qui connaissent vraiment les définitions du zodiaque, du R.E.T., du S.O.R.I., purifiées de tout amalgame avec l’astro-psychanalyse, sont capables, sans télépathe, de donner d’une même formule (R/f+, Sujet, en phase U.P. par exemple), sans se consulter, le même portrait, aux différences de style près. Inversement, d’un même portrait, ceux qui connaissent l’axiomatique conditionaliste peuvent, sans se consulter, en exprimer la formule. La force du conditionalisme est en a)... Un "a" comme Antoine, Alfred, Auguste, diraient les analogistes.

Cette acquisition d’un Logoscope, bilan d’une quarantaine d’années, vient d’une réflexion méthodique sur les données de l’astrologie et ne dépend plus d’elle. J’entends par là que l’on peut adopter ses concepts et leur pratique en dehors de toute référence à l’horoscopie. Le Logoscope, affranchi de l’horoscope, peut faire ses preuves sans lui. C’est ce qui m’a fait dire qu’il y avait, sous-jacente à l’astrologie, une dimension supérieure qui la contenait. L’opération b) qui demande d’autres outils (grilles de valorisation en particulier) consiste à mesurer expérimentalement le pourcentage de corrélation entre l’axiomatique a) (que j’appelle Logoscope) et le ciel de naissance. Il n’est certainement pas de 90 %, et s’il s’élève, en étant optimiste, à 70 %, cela ne veut pas dire que l’axiomatique a) doit être corrigée de 30 %. Concluez-en :

1) que le rapport entre théorie et pratique n’est pas quantitatif mais qualitatif ;

2) que le Logoscope conditionaliste constitue un système indépendant de l’astrologie, susceptible d’évoluer par d’autres applications qu’à l’horoscope.

L’autonomie du Logoscope exige de préserver la rigueur et la cohérence de ses concepts. Or, depuis quelque temps une rumeur monte : le "R" serait affectif. A propos d’un thème comportant un amas Mercure-Vénus-Saturne (en conjonction étroite), Soleil... j’ai lu que le niveau grand "R" (Mercure, Vénus, Soleil) correspondait à un "pressant besoin d’affection" (...).

Ne confondons pas le a) et le b). Dans l’axiomatique du R.E.T., le "grand R" réunit, par définition, trois planètes qui ont un dénominateur commun... le "R", précisément. Est-ce l’affectivité qui est commune à Soleil, Vénus, Mercure ? Non. Lisez, relisez les portraits typologiques, de Ptolémée au Dr Brétéché, vous jugerez mieux, de vous-même si le trait commun à ces trois astres est l’affectivité ou la sensibilité à l’image, au paraître. Vous jugerez si le besoin d’être vu, d’être soi-même une image intéressante, et de passer à la télé, n’est pas plus fort que celui d’être aimé. Un besoin différent.

La même règle du dénominateur commun appliquée aux autres familles extensives ou intensives, restitue la cohérence et l’unité de la matrice R.E.T. L’introduction de l’affectivité dans le groupe "R" déroge à la règle du dénominateur commun et est étrangère à tout le système. Ceux qui estiment que le grand "R" est affectif peuvent soit ôter Mercure, soit refaire une matrice planétaire sur d’autres bases (plus affectives), soit, enfin, appeler le "R" autrement.

Dans le système solaire, la zone "R" de la division ternaire géocentrique, est la plus lumineuse puisque l’intensité lumineuse décroît avec la distance, selon une loi en 1/D2. Sur Terre, l’extension des significations du "R" donne les leurres, les tropismes, les signaux les plus évidents indispensables aux adaptations végétales, animales, humaines, les plus urgentes. Je souhaite aux réformateurs une matrice aussi cohérente.

Il est vrai que la rigidité menace la rigueur de sclérose. L’impeccable du R.E.T. s’est construit sur l’élimination d’une souplesse d’interprétation rien moins qu’humaine. Mais pour quitter l’absolu et retrouver le relatif, il y a la théorie des Ages. Liée au R.E.T., elle en est la chute dans l’homme, l’avatar, l’incarnation impure. Car, dans notre Logoscope, il ne faut pas confondre la phase solaire de un an qui succède aux stades Lune, Mercure, Vénus, à la définition "rR" du Soleil. Il n’y a pas d’âge dans le R.E.T., ni même d’indication d’un ordre privilégié de succession, et celui du "R", s’il fallait commencer par Mercure (comme rien ne l’indique) n’est d’ailleurs pas celui de la première année d’âge. Enfin, le thème du premier retour d’un astre (thème du premier harmonique) est composite : les autres planètes y participent par des harmoniques absents ou différents.

On peut parler de l’affectivité de l’enfant de un an, mais est-ce bien ce qui caractérise cette phase... du point de vue solaire ? Quant au besoin d’être aimé... à son dernier souffle, l’homme appelle encore sa mère.

Pour ce qui est des références justificatives : j’ai formulé la théorie des Ages en 1962, en astrologue sumérien, agricole sur sa ziggourat, sans me préoccuper de Piaget, Wallon, Lacan, dont je ne connaissais absolument rien, et en m’inquiétant comme d’une guigne des stades freudiens... En connaissance de ce que Barbault en avait fait, il valait mieux ne pas s’en occuper. Comme dirait Van Rillaer, il est dangereux de mettre un essai d’explicative de l’astrologie et la compréhension des phases de maturation à la remorque des fantasmes psychanalytiques. Pour ma part je préfère les observations pratiques avec le moins d’herméneutique possible. Apres une courte hésitation entre la Terre et Soleil, ce qui m’a décidé à retenir le Soleil comme signifiant pour le stade d’un an, vient d’un ouvrage simple et clair : "L’enfance et l’adolescence" de J.A. Hadfield (bibliothèque Payot). Je cite :

"Désir de se faire remarquer et d’attirer l’attention. La plupart des parents auront remarqué que, vers un an, l’enfant adore attirer l’attention sur lui-même. Assis dans sa poussette, il interpelle les passants et appelle tous les hommes "Pa-pa". Il est jaloux de l’intérêt que l’on porte aux autres et, si l’on caresse le chien, le chat ou un autre enfant en sa présence, il s’arrange immédiatement pour se mettre en avant... même si, quelques minutes plus tôt, il était paisiblement en train de jouer par terre...".

Selon les lacaniens, il devrait plutôt dire : "Ma-ma, passe-moi ton miroir, qu’on s’y voie", mais Hadfield n’est pas du genre à se casser la tête dans les profondeurs ou offrir des sucettes aux petits enfants pour qu’ils disent "maman". En fait, on peut très bien dire "Ma-ma" ou "Pa-pa" selon le consensus, c’est-à-dire ce qu’attendent les parents d’une époque. Et, je cite à nouveau Hadfield :

"Développement. Si la fonction principale de cette phase (un an) est d’assurer la sécurité, elle à aussi pour conséquence secondaire de développer les contacts sociaux ; car, dans ses efforts pour attirer l’attention des autres, l’enfant prend conscience de ce qui leur plaît et de ce qui leur déplaît. Il s’exerce à faire ce qu’ils approuvent, et évite ce qu’ils désapprouvent. On trouve là l’une des sources les plus lointaines du comportement social chez l’enfant".

Vous avez bien lu "social"... l’une des conséquences du grand "R" dans le désir d’être vu, et bien vu. La recherche d’approbation est plus explicite, plus solaire, que l’affectivité... un terme général, souvent indéfini. L’affectivité du petit Larousse : "ensemble des phénomènes affectifs (émotions, sentiments, passions, etc.)", nous rapprocherait davantage du petit "e"... à condition de comprendre les familles du R.E.T. comparativement, sinon tout est affectif. (...) Si vous ne comprenez pas que le Soleil est aussi un petit "r" sans rapport avec l’affectivité, sinon pour manipuler l’approbation ou la désapprobation, inutile de vous servir du R.E.T. et de la théorie des Ages. L’astro-psychanalyse vous tend les bras. (...).

Jean-Pierre Nicola, novembre1990.

Voir aussi :

- L’"R" du cerveau
- Bases du système R.E.T.

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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