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| Publié le : 4 janvier 2005
4. Symétries dans l’horoscope
Délaissant les symétries de l’image pour celles des formules et de leur sens, en opposant la faiblesse (f) à la Force (F), et la Représentation ("R") niveau simple, à la Transcendance ("T"), niveau complexe, les planètes s’organisent en couples de contraires autour de Mars ou du couple (d’autres recherches infirmeront ou confirmeront) Lune-Mars. Cette première partition du groupe nous affranchit des clichés typologiques et des interprétations sur mesure. Avec un minimum d’imagination sans errance, chacun peut retrouver les significations planétaires classiques et déduire des correspondances logiques au lieu de consulter les manuels du symbolisme directif, tombé du ciel. Les Signes, Bélier, Vierge, Balance, Poissons, aux durées égales en présence/absence, nous ont appris à distinguer différentes modalités de leur sens des contraires. Les couples planétaires doivent également gouverner différents types d’énantioses, mais leur terminologie n’étant pas établie, même chez les grands philosophes, j’userai surtout de métaphores pour les différencier. Soleil "rR" (représentation de Représentation) - Pluton "tT" (transcendance de Transcendance) : Couple des contraires radicaux. Opposition des définitions, du type des parallèles qui ne se rejoignent jamais (théoriquement). Les grandes oppositions métaphysiques : Dieu/Diable - Bien/Mal - Un/Multiple. Le premier geste du Créateur, séparer la Lumière (Soleil) de la Ténèbre et non pas des ténèbres, crée des entités qui s’excluent. Affinité possible avec le sens des contraires du Bélier qui est d’ailleurs le Signe mythologique du Créateur. Les changements de référentiels attribués à Pluton, notamment à Pluton-Soleil, signifient que l’existence (péripéties des autres couples) va se dérouler dans le cadre d’un couple de contraires radicalement étrangers au couple du cadre antérieur. Devenir vedette ou SDF du jour au lendemain change les pôles extrêmes des valeurs de l’existence. On n’oscille plus entre les mêmes oppositions. La mort résout toutes les contradictions ou les transforme... mais il est abusif d’en faire l’événement idéal d’un changement de référentiel, tous les transits plutoniens qui marquent la sortie d’un enfer ne sont pas des "morts symboliques" mais des transformations concrètes où un nouveau statut, qu’il paraisse faste ou néfaste, rend caduc le précédent. Pluton, n’est-il pas le dieu du jugement karmique ? Celui de la justice intérieure pour les astropsychanalystes ? En ce cas, il ne donne pas que des punitions. L’astrologue A. Volguine est des rares à avoir noté les effets bénéfiques de Pluton qu’il comparait à ceux de Jupiter ! Probablement en réaction aux dénigrements calomnieux à l’égard d’un dieu qui gouverne les morts autant que les richesses souterraines. Vénus "eR" (existence de Représentation) - Neptune "eT" (existence de Transcendance) : Le point commun du couple précédent est l’inhibition-proscription sous formes diverses du centre gouvernant la zone moyenne (m). Les contraires que produisent ce couple sont des abstractions, des principes qui se voudraient absolus par une probable radicalisation d’expériences irréversibles, sans équivoque (naissance-mort, misère-grandeur...). A l’inverse, ce couple cible le centre en partant de pôles contraires. Pour les réunir, le symboliste opposera la pluie qui tombe du ciel (Vénus) à la source jaillissante (Neptune). Vénus, née de l’écume de la mer, réunit le haut et le bas dans la zone médiane. Les contraires se marient ou concilient dans les goûts et dégoûts du doux et de l’amer, du sucre et du sel. L’humain se situant entre les abstraits de Dieu et Diable comme le cœur entre la tête et le sexe, les contraires du type Vénus-Neptune se manifestent contradictoirement dans les sensations, les sentiments et les actes. Amour mystique, platonique ou charnel : Neptune inspire et suscite, Vénus soupire et incite. Amalgame des contraires au croisement de l’existence... les frontières entre le haut et le bas s’effacent à mi-chemin et Qui fait l’ange, fait la bête. Combien d’amours embrasées dans l’universel s’éteignent dans la gadoue des conflits égoïstes ? Quoique rarement, la réciproque arrive lorsque la chaleur des sens sublimée s’élève vers l’ineffable. Stimulant les duos-duels de Mars, dans leurs dissonances, la fonction Vénusienne devient Neptunienne, et vice-versa. Ce qui alimente l’éternité des feuilletons, romances tristes ou gaies des enfants maudits d’Eve et Adam, leur énantiose originelle. Le couple Vénus-Neptune présente des affinités partielles avec le sens des contraires des Poissons dans les solutions d’évitement par négation (extinction) des énantioses inconciliables. Jupiter "rE" (représentation d’Existence) - Saturne "tE" (transcendance d’Existence) : Ce couple, inverse du précédent, part également de la zone centrale pour retourner aux oppositions fondamentales. Par le bon sens et la pratique (Jupiter) ou la déduction et la science (Saturne), on revient aux dichotomies indispensables à la vie sociale et la cohérence des idées. Les amalgames Neptuno-Vénusiens où la chair se pend à l’âme, la biochimie des passions à la trame des conduites sociales, sont démêlés, désossés, désentortillés. Les clivages restaurés par décantation de l’expérience, nécessité de débrouiller les méli-mélo du vécu, fortifient les antinomies qui n’avaient guère besoin de leur secours pour endurcir leurs extrémismes. On risque de rencontrer, dans ce type d’énantioses, les caricatures de Jean-qui-pleure et Jean-qui-rit, tous les poncifs des dichotomies culturelles, raciales, sociales, érigées en fatalités métaphysiques. Dans ces contraires dos à dos, on est par vocation et non par situation, riche ou pauvre, voué au bonheur ou au malheur, à la vertu ou au vice, à la ville ou la campagne, au succès ou l’échec. L’astropsychologie prolonge la série par le bienheureux Jupiter tourné vers le Soleil tandis que Saturne banni des cieux, est voué aux chaînes du Tartare. En dehors de ses caricatures typologiques courantes, ce couple remplit son office en organisant les vocations et efficacités concurrentes des extravertis et introvertis, des politiques et des chercheurs, mémoires à court et long terme. Leur complémentarité déloge l’amalgame, au prix d’une tentation constante de figer les oppositions dans un bronze manichéen, monnaie commune de la psychologie catégorielle. Affinité à étudier avec certaines solutions du sens des contraires de la Balance tiraillée entre sélectivité et associativité. Uranus "rT" (représentation de Transcendance) - Mercure "tR" (transcendance de Représentation) : Ce couple, étranger à la zone médiane qu’il inhibe, déjoue les précédents en mettant en relation les contraires radicaux "rR" et "tT"... Relation qui les rend "dialectiques" : il y a de la mort dans la vie, de la vie dans la mort, du Çà dans le Surmoi, du Surmoi dans le Çà, de l’introversion dans l’extraversion, etc. Couple des renversements, au moins par les concepts, grâce auxquels les catégories et échelles de valeurs peuvent être lues de bas en haut autant que de haut en bas. Ce qui donne à la parole d’Hermès-Trismègiste Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas la signification d’une égalité des pouvoirs justifiant les révolutions. Quelques philosophes et humoristes ont exploité le thème du génie du Mal gouvernant le monde sous l’apparence de l’autorité divine, en principe infiniment juste et bienveillante. Pour la plupart des religions, la vérité, la vraie justice ne sont pas de ce monde. C’est après la mort que les renversements s’opèrent. En morale chrétienne, les premiers deviennent les derniers, et les riches qui ont leurs entrées partout ne sont pas admis (sauf exception) au paradis. Les lois karmiques grossièrement schématisées par les occidentaux changent les bourreaux en victimes et les victimes en bourreaux. Mais les religions n’ont pas l’exclusivité des promesses électorales. Le crédit que l’on accorde aux idéologies est directement proportionnel à leurs annonces en mesures et démesures de bouleversements. Prosaïquement, on connaît les nettoyages qui, après la victoire d’un parti d’opposition, ouvrent et ferment les placards, mettent sens dessus dessous les dominants et dominés du parti perdant. Ainsi, le couple "rT-tR" déstabilise chroniquement les certitudes des autres couples et, peut-être prioritairement, celles du couple Jupiter-Saturne, enclin à conforter, sous le drapeau de la métaphysique, les fractures Soleil-Pluton. Il suffit donc de démontrer que le Bien n’est pas le bien que l’on croit, le Mal pas aussi moche qu’on le dit, pour voir en rose bonbon ce qui paraissait ni bleu, ni gris. C’est là une vertu du discours, du pouvoir des idées et de la connaissance. En mythologie, le puissant Jupiter trône au-dessus des montagnes (Ouranos d’où dérive Uranus, signifie roi des montagnes) pour mieux écraser les Titans (uraniens) et enchaîner Prométhée. D’Hermès-Mercure qui a l’oreille du maître des enfers, il fait son complice. Pour gouverner durablement, par la carotte ou le bâton les politiques musellent les intellectuels et les démiurges incontrôlables, fondateurs de doctrines pas toujours titanesques ; à craindre lorsqu’elles le sont. Affinité possible de ce couple avec certaines solutions du sens des contraires de la Vierge dialecticienne. Lune "ret" (pouvoir intensif de l’homogénéité) - Mars "eE" (centre des pouvoirs extensifs R.E.T). La mythologie de l’Inde expose dans la galerie de ses dieux de superbes couples de contraires. Rudra à quatre bras, est un marginal. Terrible, destructeur, Saturno-Neptuno-Plutono-Marsien. Tout simplement "non-R" en formule R.E.T., "il apprécie les étrangers, les exclus, les réprouvés et ceux qui vivent seuls retirés du monde, et, chose rare, à notre époque d’imageries conformistes, il aime ce qui n’est pas dans la norme, tous ceux qui ne vivent pas comme les autres ou même les combattent" (14). Sa contrepartie Shiva, divinité de belle apparence, dotée de cinq visages, quatre bras et trois yeux, corrige sa propre puissance destructrice par son autorité compréhensive sur la fécondité, l’amour, le respect du culte, du rythme, de la danse. Ces traits opposés à la marginalité de Rudra rappellent les cinq membres de la famille "R" Urano-Jupitéro-Vénuso-Mercuro-Solaire. Rudra et Shiva, d’abord antagonistes, ont été ensuite perçus ou conçus comme un seul et même dieu. Si Shiva en est l’aspect médiatique, les deux réunis forment une Lune à huit bras, un R.E.T. unifiant les deux familles "non-R" et "R" autour de leur centre Marsien. L’une des fonctions essentielles de Shiva était, on s’en doute, la réconciliation des contraires. Pour comprendre comment des contraires se réconcilient autrement qu’en se serrant les mains qui s’élèvent à huit, et former d’un tronc commun un corps mystique, il manquait le terme d’homogénéité. La fonction Lunaire en hérite avec, pour maintenir la dialectique, le cordon qui la relie par le centre (Mars) à un ensemble composé des mêmes membres indépendants. La mythologie Indienne, décidément pré-conditionaliste, illustre à sa façon la relation du ternaire (trimurti hindoue) unifié en Shiva, inséparable de son centre, un sexe, le sien, stylisé et féminisé : le linga, auquel la divinité est parfois identifiée : "Le linga est d’abord un symbole sexuel. On dit aussi que sa partie supérieure représente Shiva, sa partie médiane Vishnu (sous une forme féminine) et sa partie inférieure (le socle) Brahma. On retrouve ainsi la Trimurti (corps unique surmonté de trois têtes). Mais c’est surtout le signe de la présence du dieu. C’est pourquoi le temple de Shiva abrite un linga dans son sanctuaire principal, la statue en bronze du dieu dansant étant exposée dans un sanctuaire secondaire" (Fernand Comte, ouvrage cité). L’unité a 3 têtes et son centre masculin-féminin font un seul corps. Leur duo unifié est néanmoins séparables pour des dévotions différentes. J’ai fait appel à la mythologie pour l’intelligence des symboles et rappeler quelques vérités historiques essentielles à de prétendus symbolistes modernes qui réduisent la Lune au référentiel "psy" en dépréciant tous les autres, notamment celui de l’Intégration. Avec eux, la psychologie totalitaire est devenue une idéologie rivale du scientisme (voir plus haut Uranus-Mercure) et, comme celui-ci, génératrice de névrose collective par obsession paranoïde des particularismes psychologiques (moi, c’est moi... toi, tais-toi). Une fois chaque fonction dualisée (bras et avant-bras) puis mise en couple, il est encore possible d’ordonner des partitions duelles avec 3, 4 ou 5 fonctions. Le groupement des "R" face aux "non-R" est un exemple. Il y a aussi le groupe des quatre "non-E", déconnectés de la zone médiane, Soleil-Pluton et Uranus-Mercure opposable au groupe absent des extrêmes mais occupant du centre "E", Jupiter-Saturne et Vénus-Neptune. On oppose les familles de départ, "R", "E" ou "T", aux familles d’arrivée "r", "e" ou "t". Puis, au sein de chaque famille, la fonction médiane à celles qui l’encadrent : Vénus ("eR") à Soleil ("rR") - Mercure ("tR") à Jupiter ("rE") à Soleil ("rR") - Uranus("rT")... Et, dans la foulée, les médianes entre elles : Jupiter à Vénus comme Vénus à Neptune. L’incursion dans la mythologie débouche sur une nomenclature des symétries plus ouverte que celles jusqu’ici répertoriées. En considérant le nombre d’éléments d’un ensemble, on peut opposer un nombre pair à un autre nombre pair, un impair à un impair, mais aussi, et la symétrie d’inversion paraît plus parfaite, un pair à un impair, comme le tout à l’une de ses parties. Tous les contraires peuvent se conjuguer sous condition d’homogénéité. La mythologie n’est pas le terrain réservé aux conflits et réconciliations des principes opposés. La pensée consciente et inconsciente demande constamment, neurologiquement, de traiter excitation et inhibition des régions corticales différentes. Il n’est pas abusif de présenter le Logoscope et son produit le R.E.T. comme une représentation très simplifiée du fonctionnement du cerveau et de ses mémoires. Voilà qui accrédite la thèse de l’astrologie projection de l’Homme dans les astres... Vérité partiale, toutefois, car le R.E.T. se fonde sur des données objectives, conformes à un modèle rationnel, le Logoscope. Et si l’on parle d’introjection, on rejoint le précepte conditionaliste du signal perçu sous le symbole exprimé, avec la tâche redoutable que seule la rigueur peut s’offrir, de trouver et prouver comment l’Humain "introjecte" les rapports L/g, c’est-à-dire les oscillateurs harmoniques - vulgairement, les pendules - du système solaire. J’ai déjà formulé quelques idées à rassembler dans un article mais, en attendant, il vaut mieux lire les articles de Jean-Paul Citron dans les Cahiers Conditionalistes (15). Nous ne nous sommes pas concertés pour son dernier article Figures isométriques de l’Existence (page 7) où il est souvent question des symétries en physique quantique. Les lecteurs feront d’eux-mêmes les recoupements entre la logique des spins (pages 15, 16) et celle des couples planétaires. De même, j’aurais cité l’article Comment les aveugles dessinent de John Kennedy (Pour la Science, mars 97) si j’en avais pris connaissance plus tôt. L’auteur n’étudie pas les symétries, mais il en fait un test significatif de sa conclusion : "... le cerveau traite de la même façon les informations provenant de la vue et du toucher". Avec deux yeux et deux mains, la vue et le toucher forment un couple Rudra-Shiva dissociés et associés. Pour savoir, si au toucher, les non-voyants voient les abstractions autrement ou différemment que les voyants, J. Kennedy et M. Heller, "ont remis à des voyants une liste de 20 paires de mots" (pour) "leur demander de sélectionner, dans chaque paire, le mot qui correspond le mieux à un cercle et celui qui correspond le mieux à une carré" (c’est moi qui souligne). L’auteur poursuit : "Par exemple, nous avons demandé : qu’est-ce qui s’accorde avec "mou" ? Un cercle ou un carré ? Quelle forme correspond à "dur" ? Pour tous nos sujets, le cercle correspondait à "mou" et le carré à "dur". Pour 94 pour cent d’entre eux, "heureux" était attribué au cercle, et malheureux au "carré". Pour d’autres paires, l’accord était moins parfait : 79 pour cent ont fait correspondre "rapide" et "lent" au cercle et au carré respectivement, et seulement 51 pour cent ont associé "profond" au cercle et "superficiel" au "carré". Conclusion : Les aveugles interprètent les formes abstraites de la même manière que les voyants. Liste des mots couplés. Le cercle a été associé (par le toucher pour les non-voyants, la vue pour les voyants) au premier terme, le carré au deuxième. Entre parenthèses, l’accord en %e entre voyants et non-voyants. Mou-dur (100) ; Mère-Père (94) ; Heureux-Malheureux (94) ; Bien-Mal (89) ; Amour-Haine (89) ; Vivant-Mort (87) ; Lumineux-Sombre (87) ; Léger-Lourd (85) ; Chaud-Froid (81) ; Faible-Fort (79) ; Rapide-Lent (79) ; Chat-Chien (74) ; Calme-Bruyant (62) ; Marche-Immobilité (62) ; Impair-Pair (57) ; Loin-Proche (53) ; Végétal-Animal (53) ; Profond-Superficiel (51). Dans le même contexte culturel, il y a donc des couples de contraires aux transpositions évidentes pour notre cerveau, au moins entre la vue et le toucher, en attendant les démonstrations complémentaires pour l’ouïe et le goût. Ce n’était pas l’objectif de J. Kennedy, mais un postulat conditionaliste est indirectement démontré : symboles et signaux (cercle et carré) communiquent... le cerveau est le récepteur de signaux qu’il traite, gère, organise en énantioses. L’hypothèse astrologique physique énonce que les signaux ambiants, dont ceux des gravités planétaires, inconscients au sens biologique, se manifestent comme des attracteurs (des structures) organisateurs des symboles, produits du rêve ou de la pensée. Des "attracteurs" que Johannes Kepler appelait "tuteurs". SUITE Cet
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Jean-Pierre Nicola
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