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| Publié le : 22 novembre 2004
Témoignage de Marie-Hélène RUDEL
Je ne sais pas du tout quand l’astrologie est entrée dans ma vie. Il me semble qu’elle en a toujours fait partie. Mes parents étaient mordus, “comme tous les artistes”, m’a-t-on dit un jour. Il y avait un peu de mépris dans cette affirmation là. Ce sont mes parents qui m’ont contaminée et je me suis laissé contaminer avec délice.
Nous ne connaissions rien à l’astrologie “sérieuse”. Nous lisions seulement ce qui con-cernait nos signes, la collection “Zodiaque” d’André Barbault, par exemple. Nous avions calculé nos ascendants.
“Comme tous les artistes” ? J’étais “Scorpion” : j’avais lu que cela me donnait une vie intérieure ténébreuse et riche et une vie sexuelle future très enviable. J’étais fière de mon Signe. Je cohabitais avec un Capricorne, un Poissons et un Verseau. J’étais baignée par le vocabulaire de l’astrologie. Tous ces mots étaient pour moi surtout des sensations : couleurs, sons, images d’un monde chaleureux source de plaisir (ah ! Toutes ces discussions passionnées !), parfois même de réconfort (j’ai trouvé refuge dans l’astrologie, certains jours tristes de mon en-fance). Je ne voudrais pas avoir l’air de me moquer de mon approche première de l’astrologie. Grâce à l’astrologie, nous partagions un même langage, nous étions complices, nous communiquions. Nous apprenions à mieux nous connaître et à prendre conscience de nos différences. Les textes étaient souvent stéréotypés, quelquefois carrément ineptes, mais nous en faisions un prétexte pour parler de nous : “Tu te reconnais, là ?” “Pas du tout... Moi, ce serait plutôt... etc.”. L’horreur de la Science vivisectrice J’ai eu dès l’enfance en horreur la Science, cette Science froide, impersonnelle, impla-cable, qui méprise l’affectif, qui a toujours raison, qui peut tout comprendre, tout expliquer, qui justifie parfois l’intolérable (ah ! cette prof de sciences naturelles qui se fichait de moi parce que je refusais - avec quelques autres - d’assister à ses séances de vivisection sur des souris blanches !) Bien sûr, mes premiers pas en math et en physique ont été désastreux. J’avais peur de mes profs scientifiques. J’avais l’intuition profonde que je n’habitais pas la même planète que cette prof vivisectionniste, sûre d’elle et du bien fondé de ses actes, pleine de certi-tudes. L’astrologie était pour moi de ces choses qui permettent de se couper radicalement de ces gens là. J’étais fascinée par l’idée que sans nul doute les lois de l’univers et de la vie sont bien plus complexes (donc plus rigolotes !) qu’ils n’osent l’imaginer. Jusqu’alors, je ne connaissais de l’astrologie que les textes “déjà tout pondus”. Et puis, dans l’adolescence, j’ai découvert les notions de thème astrologique et de dominante. Cette notion de “dominante” m’a fait tilt. Je me suis mis à construire mon thème, celui de mes parents, de mon frère. Seule dans mon “laboratoire”, je testais des formules de domi-nante, à commencer bien sûr par celles proposées par les bouquins. Mon plus grand plaisir était ensuite de les contester et d’essayer de trouver la mienne, puis de contester la mienne et d’essayer d’en trouver une autre, etc. Tout un pan de l’astrologie me désolait et me révoltait. Comment pouvait-on prétendre at-tribuer à un type planétaire un physique donné ? Ah la fameuse rondeur du visage pâle du lunaire ! (n’y aurait-il jamais de noirs parmi les “lunaires” ?) Que faisait-on des lois de la génétique ? Et puis, tout ce sexisme ! J’avais honte des astrologues, devant les rationalistes. Consult, FNAC, Astroflash... Le hasard a voulu qu’un jour ma mère aille consulter... Jean-Pierre Nicola. De toute évi-dence, cette consultation lui fit forte impression. Et puis, au début de ma vie d’adulte, l’astrologie a perdu pour moi de son importance. J’avais autre chose à faire sans doute, autre chose à voir et à construire. Elle est revenue en force il y a cinq ans. J’étais à la FNAC et je me suis mise à fouiner dans le rayon astrologie. Parmi une multitude de publications affligeantes, j’ai découvert le Manuel d’astrologie universelle de Richard Pellard. J’ai remarqué dans la préface le nom de Jean-Pierre Nicola et je me suis souvenue de la consultation de ma mère. La préface disait qu’il était à l’origine d’un véritable courant astrologique, qui délibérément se démarquait des autres. J’ai acheté le livre. Un peu plus tard, j’ai ressenti - pour la première fois - le besoin de consulter un astro-logue. Ne connaissant pas d’astrologue conditionaliste travaillant à Paris, j’ai demandé conseil à Astroflash : ils m’ont indiqué Michel Dacremont. Je dois dire que j’ai été stupé-faite de la justesse et de la finesse de ses analyses. Convaincue par cette consultation (en fait, deux consultations), je me suis plongée dans le livre de Richard Pellard qui est rapidement devenu pour moi une sorte de “livre de chevet” (comment ça ? Mais non, Richard ne m’a pas payée pour écrire cela !). J’ai recommencé mes exercices d’adolescence mais avec de tout autres règles. Méthode claire et zones d’incertitude C’était beaucoup plus compliqué qu’auparavant : certes, la méthode était claire et per-mettait enfin de classer les dix planètes mais l’auteur ne cherchait pas à dissimuler toutes les zones d’incertitude de l’astrologie (doutes sur les orbes, etc.). Ce qui m’a particulièrement séduite est l’aspect global de l’analyse, notamment l’importance attachée aux planètes faibles et bien sûr la rupture avec le symbolisme et toutes les foutaises prédictionnelles. L’analyse astrologique ne peut prendre en compte le milieu social et familial d’une per-sonne ou l’époque à laquelle elle vit, etc. La quantité d’informations qui lui manque est même impressionnante ! Je suis toujours étonnée de voir que les portraits dressés par les bons astrologues soient malgré tout si étonnamment fidèles ! Cette part d’inné que nous apporte notre ciel de naissance est-elle donc quantitativement si importante ? Ou bien plutôt est-elle une sorte de base, point de départ incontournable à partir duquel tout le reste se met en place ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Ai-je fait le tour de ces questions ? Sûrement pas... Ma rencontre avec l’astrologie n’est pas datable. Elle a lieu tous les jours. Elle est loin d’être terminée. Quand vous saurez, par exemple, que mes connaissances en astronomie sont extrêmement rudimentaires, vous mesurerez tout le chemin qui me reste à parcourir ! Cet
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Marie-Hélène Rudel
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