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Aux charmes du palais

En arrière-plan de Mitterrand, un paisible village “bien-de-chez-nous”... dont le clocher sombrera dans des brumes floues, impeccables et plutoniennes à la demande de l’intéressé : sans ça, l’ensemble aurait eu un petit côté pétainiste franchement pas présentable...



Lavis en rose... et la roseur arrosée.

“L’une des difficultés du lavis, c’est la rapidité avec laquelle il faut procéder à l’application des teintes, pour empêcher que celles-ci ne sèchent trop vite et ne donnent des bavures”.


1981 : les élections présidentielles prennent la forme d’un duel Mitterrand-Giscard d’Estaing, sur fond de désunion de la Gauche. En effet, depuis trois ans, les communistes demandent avec insistance une réactualisation maximaliste du Programme Commun, que François Mitterrand refuse opiniâtrement : il a assez accordé de concessions au PC, et se refuse absolument à en faire plus. Il estime lui-même avoir suffisamment payé le prix de cette stratégie en termes de double-jeu : “Sans le PC, le Parti socialiste n’aurait jamais adopté un programme aussi radical, il aurait montré moins de goût pour les nationalisations, il ne se serait pas cru contraint à un perpétuel double-langage”.

En mai 80, un nouveau personnage est entré dans la vie de François Mitterrand : “Je ne suis pas socialiste. Mon seul parti est celui de la publicité”, lui déclare Jacques Séguéla lors de leur première rencontre. C’est lui qui décidera le futur Président de la République, qui déclarait quelques années plus tôt : “L’image que vous renvoie le miroir a quelque chance de vous ressembler. Mais fabriquer l’image pour plaire, pouah”, à se faire limer les incisives. Comme quoi, même si sous un trigone Soleil-Pluton, l’on tient à ce que l’image (Soleil) renvoie de soi-même un reflet profond et authentique (Pluton), on n’en est pas moins capable de faire les compromis nécessaires. Séguéla est également à l’origine de l’affiche de la campagne du candidat socialiste : la “force tranquille” : en arrière-plan de Mitterrand, un paisible village “bien-de-chez-nous”... dont le clocher sombrera dans des brumes floues, impeccables et plutoniennes à la demande de l’intéressé : sans ça, l’ensemble aurait eu un petit côté pétainiste franchement pas présentable... Et il gagne enfin les élections présidentielles, sur un programme économique irréaliste, alors que l’Union de la Gauche est en panne sèche, que le marxisme est en ruines, que dans la plupart des pays occidentaux souffle un vent de libéralisme résolument anti-socialiste. Comme le note justement F.O.Giesbert, “tous les vents de l’histoire soufflaient contre lui”. Tous ? Non. La France à cette époque est malade de l’affrontement bipolaire, manichéen et sans merci que se livrent les forces politiques qu’il est convenu, depuis 1789, d’appeler la “droite” et la "gauche”. Une France prisonnière de ses schémas et de ses vieux modèles partisans que n’ont jamais réussi à déstabiliser, faire évoluer ou disparaître, ni un gaullisme unitaire et héroïque, ni un pompidolisme conservateur et affairiste, ni un giscardisme progressiste et élitiste. C’est justement cet objectif que le destin a fixé à François Mitterrand, qui certes ne se doute pas encore de l’ampleur de cette entreprise qui s’accomplira par lui, en lui et malgré lui.

Et il gagne enfin les élections présidentielles, sur un programme économique irréaliste, alors que l’Union de la Gauche est en panne sèche, que le marxisme est en ruines, que dans la plupart des pays occidentaux souffle un vent de libéralisme résolument anti-socialiste. Comme le note justement F.O.Giesbert, “tous les vents de l’histoire soufflaient contre lui”. Sur la terre, dans l’hexagone, Giscard est battu et vient alors ce que l’on a appelé à l’époque “l’état de grâce” : d’après les instituts de sondage, 74% des Français se disent satisfaits de la victoire de Mitterrand. Difficile de faire mieux. Dans le ciel, Pluton s’est encore déplacé : il occupe à présent la même position (conjonction par “transit”) qu’occupait la Lune à la naissance de François Mitterrand. Ce genre de période peut amener à développer un climat d’expectative confiante (Lune) vis-à-vis de l’inconnu (Pluton) : “Vous n’aurez plus la même façon d’habiter votre vie, de vous habiter. Vous deviendrez l’ultime d’une autre dimension des choses, de vous-même... votre sphère intime se déplace ou se transforme”, écrit l’astrologue Blanchet à propos des transits Pluton-Lune. Ce portrait, subjectif, peut à loisir se transformer en description objective de l’état de la France et des Français pendant les six premiers mois de la présidence de Mitterrand : on sait qu’on va vers “une autre dimension des choses” qui va profondément transformer les habitudes et la vie quotidienne. On ne sait pas trop de quoi elle sera faite, mais avec Mitterrand-le-plutonien, après tout, on ne sait jamais : pourquoi ne pas faire confiance ? “Et à un moment ou un autre, peut émerger un vouloir jusqu’alors ignoré (refoulé ?) et qui va bouleverser votre équilibre global, les bases mêmes de votre vie. Ce sera moins une décision qu’une acceptation de ce qui se veut en vous et pour vous de toute éternité, sans tenir compte de votre situation objective ni des attentes et jugements extérieurs, et qui vous aurait hier encore semblé incroyable”.

C’est là encore le portrait psychologique collectif des français en 1981, dressé par un astrologue qui décrit les incidences individuelles d’un “transit” Pluton-Lune : on ne voulait pas de la gauche (un vouloir jusqu’alors ignoré-refoulé), et l’on se retrouve avec. Ce n’est pas une décision (on a voté contre Giscard, pas pour Mitterrand), et il faut bien l’accepter, sans tenir compte de sa situation objective (les contraintes concrètes de l’économie). L’Etat de grâce est un état de stupéfaction fataliste et confiante... tout au moins au début. Car ce genre de “transit” a aussi son envers du décor, et, toujours selon le même astrologue, “là où vous viviez la quiétude oublieuse d’une routine rassurante, là où tout allait de soi, comme par habitude... tout s’embrouille et s’enraye, tout se défait et le sol se dérobe sous vos pieds... votre “bonheur établi” n’est qu’un château de sable”. Effectivement, passé l’état de grâce, la réalité va se dévoiler, dans un bel imbroglio. Mais pour l’instant et pour François Mitterrand comme pour la France, “votre manière intime d’être en vie répond aujourd’hui d’un ordre qui vous dispense de toute justification, de toute explication”. On lévite, on plane et on se congratule, solidaires dans la (divine ?) surprise de cette élection inattendue. Pour en finir avec ce tour d’horizon des “transits” planétaires affectant notre Scorpion, notons aussi qu’à ce moment-là, Jupiter et Saturne étaient conjoints dans le ciel (écart angulaire de 0°) et passaient sur son Ascendant. Pas de quoi le faire gagner aux élections, certes (tous les praticiens sérieux de l’astrologie le savent bien, aucune planète, “bénéfique” ou “maléfique”, n’a jamais fait gagner ni perdre personne) : Giscard avait exactement le même “transit” au même endroit (Ascendant au début du Signe de la Balance) en 1981, et il a perdu. Mais tout de même : comme nous l’avons déjà noté, François Mitterrand est au moment d’un intercycle fort de ces deux planètes, et pas Giscard. Les astrologues savent bien que les intercycles des planètes dites “lentes” (de Jupiter à Pluton inclus) rythment les échéances collectives majeures, et donc le destin de ceux qui les incarnent et les représentent, comme par exemple les hommes politiques.

Dès qu’il est élu, le nouveau Président nomme un Premier Ministre, Pierre Mauroy, chargé de mettre en œuvre son programme électoral. Né le 5 juillet 1928 à 3 h 00 à Cortignies dans un milieu traditionnellement populaire et socialiste, ce dernier est Cancer, ascendant Gémeaux, et son thème se caractérise par la nette dominance de trois planètes : la Lune en Verseau, qui passait au méridien, Saturne, qui se couchait, ainsi que Mars et Jupiter en Taureau, qui venaient de se lever. Lunaire et Cancer avant tout, Pierre Mauroy est avant tout un être solidaire de son milieu et de ses racines, simple et cordial, familier et familial ; en dépit de son optimisme toujours contagieux et souvent naïf (Lune-Verseau), ses trois autres planètes dominantes (Saturne, Mars, Jupiter) le rendent pourtant pragmatique, sage, réfléchi et réaliste... contrairement à la légende. C’est un être d’intimes appartenances et d’indéfectibles fidélités, à la fois intempestif, rugueux, coléreux et décidé (Mars-Jupiter) et malléable, suggestible et coopératif (Lune). Bref, un homme qui oscille en permanence entre, d’une part le sentiment instinctif qu’il a de ses appartenances, lesquelles impliquent fidélité, solidarité et dépendances (Lune), et d’autre part son bon sens, son objectivité, son côté “homme du terrain” et gestionnaire à-qui-on-ne-la-fait-pas (Mars-Jupiter-Saturne). Rien à voir avec François Mitterrand.



Avec lui, dès le début, Pierre Mauroy aura fort à faire pour conjuguer son côté “bonne pâte” (Lune) avec son côté réaliste. Tandis que Mitterrand, tout à son état de grâce plutonien-subjectif s’en va fleurir de roses les tombes des grands ancêtres du socialisme, Mauroy, dans la voiture présidentielle, le met en garde contre la fuite des capitaux et contre les terribles dangers que l’irréalisme du Programme Commun fait courir à l’économie française. Le nouvel élu l’écoute d’une oreille distraite, sinon parfaitement insensible à ce genre de discours, fidèle à sa réputation justifiée de “méconnaissance des lois de l’économie, et d’un mépris pour l’intendance”. Il poussera d’ailleurs un peu plus tard, et très symboliquement, cette faiblesse certaine, chez lui, de Mars, Jupiter et Saturne, jusqu’à renvoyer le Ministère des Finances au 16e rang protocolaire lors des cérémonies officielles. Du jamais vu ! D’ailleurs, c’est en cette même période qu’il confie au publicitaire Séguéla : “L’économie, on en fait ce qu’on en veut, vous savez... Les hommes d’Etat n’ont pas besoin d’être des économistes. Il leur faut, en revanche, savoir entraîner le peuple”. L’aveuglement total. Jupiter et Saturne, certes, “transitent” son Ascendant... Rappelons que lorsque ces planètes sont dominantes dans un thème astrologique, elles rendent l’individu réaliste, pragmatique et réfléchi dans l’univers du concret, des faits et de l’économique.

Et les Français, dans leur conscience si ce n’est dans leur âme, l’ont élu dans l’espoir qu’il s’occupe directement et concrètement de la crise économique galopante. Mais ces planètes ne sont pas dominantes dans son thème de naissance : il ne voit rien, ou plutôt refuse de voir...

L’application du Programme Commun conjuguée à la terreur des petits et gros épargnants produisent leurs effets dramatiques et, tandis que François Mitterrand s’emploie avec délectation à noyauter le pouvoir d’Etat avec son cher vieux gang de “déportés à gauche”, le cours du Franc s’écroule et l’économie bat dangereusement de l’aile, victime de la générosité démagogique du nouveau pouvoir socialiste. C’est la Bérézina, et notre comploteur-esthète, tout à ses intrigues de couloir, refuse de voir la dure réalité en face (Mars faible). Vient une première et inévitable dévaluation ; le nombre des chômeurs, qu’il promettait de faire diminuer en campagne électorale, ne fait que s’accroître. Les entreprises surtaxées ne font plus de bénéfices et ne peuvent plus investir. Au Congrès de Valence du PS, les courants socialistes s’affrontent : faut-il une politique plus rigoureuse et plus responsable, où une révolution ? Et François Mitterrand est en plein coeur de son “transit” Pluton-Lune : “Ce qui allait de soi ne tient plus que par miracle... l’harmonie de votre monde est en sursis... verre fêlé, vous sonnez faux et tout sonne faux autour de vous... peut-être aussi êtes-vous devenu lucide là où vous vous berciez d’illusions ? Et à y regarder de plus près, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir toujours secrètement su ce que vous feignez de découvrir”. Découverte glaciale et glaçante des faits incontournables, des lois de l’économie nationale ou internationale. En 1982, il doit se rendre à l’évidence : le premier plan de rigueur est appliqué, sous la pression de tous ceux (Rocard, Mauroy, Delors principalement) qui comptent justement Mars, Saturne et Jupiter parmi leurs planètes dominantes. Époque noire où Mitterrand se retrouve “propulsé dans des événements contraires à nos idéaux et à notre logique. Ce qui se dévoile, c’est le contraire des belles choses apprises dans la mythologie des prix d’excellence” ; il se voit contraint, sous le poids des faits, de reconnaître que “le socialisme, ce n’est pas (sa) bible”. Et ce n’est, astrologiquement et politiquement, qu’un début... Humble dans son orgueil, lucide dans ses erreurs programmatiques (Soleil-Pluton dominants), mais toujours aussi incompétent économiquement (Mars, Saturne et Jupiter faibles toujours), il s’insurge même contre les charges excessives qui pèsent sur les entreprises et propose un moratoire à leurs dettes. “A Matignon, on s’arrache les cheveux-qui a bien pu lui souffler une telle idée ?-et avec quel argent va-t-on payer ?”. Il a beau faire des efforts, sur ce plan-là, il ne s’améliore pas, ne s’améliorera jamais. Il eût fallu pour cela qu’il naisse, peut-être le même jour et au même endroit, mais certainement à une autre heure et sans doute dans un autre milieu... si l’on en croit l’astrologie !

Fin 1982, Saturne et Pluton sont conjoints dans le ciel, fin Balance-début Scorpion. Pile sur la conjonction Lune-Soleil de François Mitterrand. Le “lavis en rose” de l’esthète de Jarnac a fait un maximum de bavures, la roseur est durement arrosée par la douche froide de la réalité économique. Comme lors des années 1940-44, lors du passage de Pluton au carré de son Soleil natal, il se trouve à un des carrefours essentiels de son destin, lors d’une de ces échéances où tout bascule et se métamorphose insidieusement et profondément. Décidément, l’échéancier que dressent les planètes du système solaire à notre naissance est incontournable...

Je vire ma référence...

“Je tire ma révérence et m’en vais au hasard sur les routes de France, de France et de Navarre...” (Maurice Fanon).

Saturne et Pluton en “transit” dominent donc, en ces sombres et difficiles années de mutation, le thème astrologique de François Mitterrand. A leur sujet, l’astrologue J.P.Nicola évoque les périls qu’attendent celui qui est confronté et concerné par une telle échéance : “s’il y met inconsciemment du sien, il devient vite le bouc émissaire de tous les péchés de la création. C’est le réprouvé, le paria, la sorcière... A la longue, on y laisse sa bonne humeur, et l’imaginaire se charge des noirs décors de la haine, de la peur et de la tache originelle. Si Pluton domine, la formule se prête à une gamme étendue de renoncements pour une ascèse périlleuse... Il reste la ressource de vivre tout son possible avec sa foi en l’anarchie ou en un autre ordre pour demain”. On le sait : Pluton domine à la naissance de Mitterrand. Comme on n’échappe pas à son destin, il se retrouve, entre 1982 et 1984, dans un gouffre d’impopularité. Jamais, à vrai dire, un Président n’était descendu aussi bas dans les sondages depuis que ces derniers existent. L’état de grâce est bel et bien terminé. En 1983, la gauche perd les élections municipales et François Mitterrand sombre au fond de l’abîme qu’il côtoyait déjà depuis (à cause de ?) son élection. La crise économique, dont les socialistes sont largement responsables, est à son comble ; les “experts économiques” du gang mitterrandien songent à faire sortir provisoirement la France du SME (Serpent Monétaire Européen), et donc à découpler l’économie française de celle de l’Europe, et pendant ce temps, “à l’Elysée commence un psychodrame qui va durer dix longues et étonnantes journées. C’est que François Mitterrand est troublé. Aux certitudes succède le doute”.

Certitudes... le mot est sans doute largement faux, concernant notre plutonien : il n’a de certitudes que très relatives et très ondoyantes, en dehors de ses fermes convictions républicaines et européennes. Disons plutôt, et sans doute plus justement, qu’il prend brutalement conscience de ce qui, jusqu’à présent, l’avait toujours aveuglé, lui avait toujours échappé : l’importance du fait économique. Rappelons ce que nous disions au sujet d’un “transit” Pluton-Soleil : “Vous allez voir ce que vous allez voir... et d’abord la face cachée du monde, l’envers des choses, de la vie, de vous-même... Et ce que vous ne verrez pas, vous le devinerez... Et si vous devinez, c’est que vous saviez déjà, même si vous ignoriez savoir”. Pour Mitterrand, la face cachée du monde, l’envers des choses, de sa vie, de lui-même, c’est la réalité du fait matériel, économique. Ce qu’il ne voyait pas, il a toujours été obligé de le deviner, de le “savoir déjà”... tout en ne voulant pas le savoir : on n’est pas pendant si longtemps en charge des affaires de l’Etat sans se rendre compte que toute politique s’appuie nécessairement sur un certain respect des règles économiques. “Une période donc où vous vous sentirez déréférencé, une période à vivre sans raisons de vivre et où il vous sera bien difficile de vouloir et de décider. D’une manière ou d’une autre, vous vous inscrivez désormais dans une autre dimension des choses ou de vous-même et vous en devenez comme étranger à vos occupations et préoccupations antérieures, à vos vanités et volontés passées”. C’est la période que vit Mitterrand, figure du socialisme, période où tout bascule, où il faut en finir radicalement (Pluton-Saturne) avec les vieilles doctrines (Soleil), où il faut changer de repères, de points de vue, de références.

Mais il n’est vraiment pas “armé” astrologiquement pour avoir le sens des réalités concrètes : lors de cette période, il s’agissait de décider entre deux options économiquement contradictoires : ou bien sortir du Serpent Monétaire Européen, et à ce moment-là, l’économie française se découplait complètement du système européen. Ou bien y rester, et dans ce cas, il fallait aligner sans ambiguïté la politique économique de la France sur celle de l’Europe, quitte à prendre ainsi le risque d’enterrer le socialisme “à la française”. C’est pour cette raison que l’analyse astrologique va davantage dans le sens de F.O.Giesbert : “On s’est beaucoup gaussé de son irrésolution pendant cette période... Le Président a tranché deux fois avec un mélange de hôte primesautière et d’improvisation pétulante. Il n’a fait... que survoler les dossiers. Il n’a apparemment pas compris que les deux lignes sont totalement contradictoires. Mais en l’espace de quelques heures, il a choisi l’une contre l’autre et inversement”. Cette hypothèse journalistique est probablement la bonne : Mitterrand est beaucoup trop ignorant de, et indifférent à la chose économique pour longuement se casser la tête sur un tel problème. Par contre, se déterminer en fonction des incidences politiques de ces choix, c’est dans ses cordes Soleil-Pluton-Scorpion-Balance. Et trancher en ce domaine sans réellement percevoir les enjeux économiques, mais en parfaite conscience des enjeux politiques-Europe ou pas Europe-il en est tout à fait capable, ce que semble ignorer F.O.Giesbert. Effectivement, il n’y a strictement rien de primesautier là-dedans... si l’on veut bien en croire l’analyse astrologique. En tout cas, rien de tel qu’un bon “transit” de Pluton sur le Soleil pour radicalement remettre en question (Pluton) ses tables de la loi et protocoles (Soleil) : en 1983, de 62e dans l’ordre protocolaire du nouveau gouvernement, le nouveau Ministre des Finances et du Budget, Jacques Delors, se retrouve propulsé à la 2e place. Et François Mitterrand l’homme politique “tous terrains”, l’un des plus adaptables et des moins doctrinaires, de tirer, à l’occasion de ce remaniement gouvernemental, un trait sur l’Etat centralisateur, “l’Etat-patron” : “cet homme ne persiste jamais dans l’erreur. C’est pourquoi il fait si peu de fautes”.

L’heure est au deuil (Pluton) des références sempiternelles et des modèles (Soleil). Mitterrand frôle les seuils les plus bas de sa cote de popularité. Evidemment, avec un tel paysage astro-psychologique... Il les atteindra en vérité un an plus tard. En attendant, il “zappe” allègrement, et toujours dans le plus total dédain et mépris de l’économie, vers le libéralisme : “apparemment, il est prêt à tout y sacrifier-sa popularité, son avenir et peut-être même sa foi”. Là, F.O.Giesbert exagère. A la vérité, Mitterrand souffre sans doute comme un damné de devoir remettre en question ses références socialistes désuètes, utopistes, à forte connotation religieuse. Et s’il accepte d’endosser la redingote d’un libéral à tout crin, c’est plus par sens de ses responsabilités d’homme d’Etat et du fait de ses convictions européennes que par plaisir. Sa “foi” reste profonde en dépit de son soudain retournement. Engageons-nous plus davantage, d’un point de vue astrologique : François Mitterrand vit certainement sa “foi”, s’il en a une, à trop long terme-Pluton, 250 ans de révolution sidérale, rythme en priorité ses jours-pour ne pas considérer ce qui peut extérieurement, à court terme, sembler des trahisons, comme de simples adaptations tactiques-qu’il ait tort ou raison importe peu à ce niveau. Et s’il n’a pas de “foi” - ce que semble trop souvent suggérer le dernier ouvrage de Giesbert à cette date - pourquoi la sacrifier ?

Au Congrès du PS de Bourg-en-Bresse, les socialistes lancent la querelle de l’école libre, qui va jeter des millions de Français dans la rue. Ce qui ne plaît pas trop à notre Scorpion éduqué chez les catholiques, lequel, tout en ne s’étant jamais révolté contre l’éducation chrétienne qu’il a reçue, a néanmoins depuis longtemps pris ses distances vis-à-vis du catholicisme officiel et conservateur. Commencent alors les grands et archaïques défilés pour “l’école libre”. Toujours bien combinard et manipulateur, il ne s’en formalise qu’à moitié : “J’étais à peu près sûr de gagner dans tous les cas de figure. Si ça marchait, je n’avais qu’à me féliciter d’avoir mis fin à un conflit si ancien. Si ça ne marchait pas, je me retrouvais aussi gagnant : le pays était purgé pour de bon”.

Le 4 avril 1984, nous sommes en plein cœur du “transit” de Pluton sur le Soleil : “Vous prenez peu à peu conscience de ce qui se voulait en vous ou pour vous, à l’insu de vos motivations et objectifs conscients. Dès lors, cette conscience va infléchir puissamment vos choix fondamentaux, vos objectifs, vos convictions, vos relations”. Ce qui se voulait en lui et par lui, y compris et surtout à son insu, en filigrane occulte de ses convictions socialistes : en finir avec l’héritage gauche-droite manichéen et pathologique qui divisait la société française depuis la Révolution ; montrer que l’alternance politique dans une société démocratique était un fait somme toute banal (ce n’était pas du tout évident en 1981, vue l’hystérique campagne anti-socialiste menée par une droite qui se concevait comme éternellement et légitimement au pouvoir) ; et surtout en finir avec les références usées, les modèles politiques frappés d’obsolescence, y compris les siens. Ce 4 avril donc, François Mitterrand, de retour des Etats-Unis en pleine “Reaganomania” ultra-libérale, fait sa première conférence de presse à l’américaine : debout devant un pupitre, dans un décor sobre et fonctionnel. Dans cette prestation inédite, C. Nay voit “le grand tournant du quinquennat, le virage symbolique de François Mitterrand”. Effectivement, le Président change clairement de modèles, comme il l’avait fait lors de son précédent “transit” Pluton-Soleil, entre 1940 et 1944. “Pour la première fois dans son discours, réussite et profit, deux notions naguère antagonistes, sont liées”. C’est la naissance d’un nouveau sens des combinaisons... nous sommes toujours dans la logique du Scorpion, mais d’un Scorpion qui a muté. Cet homme-là n’a jamais hésité à remettre en question tous les modèles, y compris les siens.

Mais pendant que le Scorpion opère insidieusement et silencieusement sa mue, le conflit de l’école libre se déchaîne et rassemble dans les rues des manifestations monstres. Il faut réagir, et vite. La riposte mitterrandienne sera évidemment floue et impeccable : il propose un... référendum portant sur l’utilité d’un éventuel référendum qui permettrait de régler la querelle scolaire. On ne saurait mieux brouiller les pistes et noyer le poisson sans vraiment choisir clairement son camp. Dans la logique de Mitterrand, le message est pourtant clair : on enterre la hache de la guerre scolaire. Humilié et ulcéré, le ministre de l’Education, Alain Savary (le 1er Secrétaire du PS avant que Mitterrand ne lui prenne sa place à Epinay, en 1971), démissionne. Ecœuré aussi, Pierre Mauroy fait de même. Une page du septennat est bel et bien tournée.

Un “transit” de Pluton sur le Soleil, c’est aussi l’occasion d’une prise de conscience de la relativité de toute chose. Et sans doute François Mitterrand est-il sincère lorsqu’il confie à Roland Dumas, lors d’un voyage à Venise : “Je ne me représenterai pas... Moi, je disparaîtrai dans un endroit tranquille, loin du monde. J’écrirai, je me ferai oublier et j’attendrai. C’est ce que j’ai de mieux à faire : attendre la mort”. Sous un “transit” Pluton-Soleil, on n’échappe pas à la conscience (Soleil) de l’inéluctable (Pluton). La mort, “le plus inconnu des inconnus”, selon le philosophe Lévinas, objet de l’ultime mue, du plus radical changement de modèles et de mémoire, la mort a toujours obsédé Mitterrand, et plus que jamais à cette époque, où il lui devient indispensable d’inaugurer “une nouvelle alliance avec (lui-même) et avec le monde, une alliance marquée du sceau d’une lucide authenticité”. Et pour réussir cette nouvelle alliance, il lui est nécessaire, non seulement de se réconcilier avec lui-même sur le plan individuel, mais également d’opérer la mue de son action politique.

Pierre Mauroy quitte Matignon : exit le socialisme lyrique, populaire, généreux et chaleureux, “à la papa”. Laurent Fabius le remplace. Bonjour le socialisme nouveau modèle, technocratique et moderne. Le nouveau et très jeune premier ministre, fils d’une riche famille d’antiquaires-rien à voir avec le “prolo” Mauroy - est né le 20 août 1946 à 9 h 00, à Paris. Lion ascendant Balance, son thème astrologique se caractérise par la nette dominance de quatre planètes : Uranus, Neptune, Mars et Vénus. Uranien et Lion, il l’est sans aucun doute : cérébral, tranchant, concepteur, ambitieux, volontariste, individualiste. C’est la part de lui-même qui se dévoile le plus en public, son côté “tête d’œuf” et “Giscard de gauche”. Mais avec la conjonction Vénus-Mars-Neptune en Balance, c’est également un homme puissamment affectif, émotif, doté d’une sensibilité frémissante, à fleur de peau, en quête de combats généreux où investir sa fougue. Un passionné, à chaud et à froid, fonctionnant plus qu’il n’y paraît à coups de cœur et d’intuition, animé d’une perpétuelle volonté de dépassement. Ses faiblesses : une susceptibilité maladive qui le pousse à sans arrêt rester sur le qui-vive, un excès de contrôle cérébral qui l’entraîne parfois à de violents débordements émotionnels, comme pour se défouler : n’oublions jamais que derrière sa logique apparemment impavide d’ordinateur dominateur sans complexes, se cache un ultra-affectif réagissant, anxieux quant à sa cote d’amour. Enfin et surtout, c’est un super-Lion : “nul frein à l’affirmation de soi et de sa volonté individuelle lorsqu’est révolu le besoin de protection. La dynamique du Lion est de déploiement”.



Entre lui et François Mitterrand, les rapports sont fort complexes. En commun, d’un point de vue astrologique, ils ont une Vénus dominante, c’est-à-dire une affectivité frémissante : il est indéniable que leur relation est avant tout affective. Tout le reste les sépare : ils fonctionnent en complémentaires. Ils entretiennent un rapport d’admiration et de fascination mutuelles... qui peut facilement basculer dans la répulsion. Mitterrand trouvera à l’occasion Fabius trop tranchant, trop pressé, trop sûr de lui, et lui reprochera de ne prendre que des risques calculés en fonction de son plan de carrière, alors que lui-même est cauteleux, patient, dubitatif dans son narcissisme, et prêt à prendre des paris extrêmement aventureux et risqués, échappant à tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à un plan de carrière. Au Lion Rocard la répulsion, au Lion Fabius la fascination : les rôles sont bien définis. Et c’est au Lion-marsien Fabius, qu’il aime aveuglément, qu’il confiera le soin de réaliser la mue vers le socialisme gestionnaire, responsable et raisonnable défendue depuis longtemps par le Lion-marsien Rocard, qu’il déteste tout aussi aveuglément.

Voilà Fabius intronisé à Matignon. Du coup, les communistes quittent le gouvernement. Fin 84, François Mitterrand bat des records inégalés dans les sondages : seuls 26% des Français se déclarent satisfaits de leur Président. Sous le “transit” de Pluton, il touche le fond. En 1985, “année de toutes les poisses” selon C. Nay, le “transit” continue. Mitterrand, voyant bien que la gauche allait perdre les élections législatives de l’année suivante, décide de changer la règle du jeu électoral : on votera à la proportionnelle, cette “proportion magique” bien scorpionnesque, destinée à relativiser la défaite de la gauche et à diviser l’opposition en donnant une représentativité à l’extrême-droite, tout en la mettant la droite dite “civilisée” face à ses ombres, son non-dit, ses responsabilités objectives... ce qui est tout-à-fait plutonien. Rocard, ulcéré par cette “magouille” et cette “immoralité”, démissionne avec fracas. A l’automne, Mitterrand livre à l’un de ses amis, Ambroise Roux, ses réflexions : “Si la droite l’emporte, comme c’est probable, je serai l’arbitre, et un arbitre est toujours populaire. Je serai aussi considéré comme un rempart par tous les Français. Face au gouvernement, je serai celui qui est là pour faire respecter l’intérêt national et la Constitution. Qu’espérer de mieux ?”. Il a beau virer sa référence, il reste toujours identique à lui-même, Scorpion et plutonien : prêt à jouer tous les double-jeux. Vient ensuite la sombre et tortueuse affaire Greenpeace, tandis que Fabius applique avec succès une stricte politique libérale-socialiste destinée à revivifier le tissu industriel français.

Fin 85, le Congrès de Toulouse marque la conversion officielle du PS à la social-démocratie (auparavant, le PS se voulait un authentique “parti révolutionnaire” ?!). Les socialistes changent de modèles en même temps que leur Président. Eux aussi, par la même occasion, se retrouvent déréférencés. Le vieux modèle socialiste vole en éclats, les certitudes rassurantes s’effritent, et l’on ne reconnaît plus son image (solaire) dans ce miroir plutonien : sous un “transit” Pluton-Soleil, il n’est pas rare que l’on devienne un étranger (Pluton) pour soi-même (Soleil). Ce qui était simple, limpide, évident (Soleil) : le bon vieux socialisme, devient complexe, obscur, énigmatique (Pluton) : qu’est-ce, au fond, qu’être socialiste ? Mitterrand, plutonien en crise d’identité, “émietté, égaré dans la multiplicité de ses masques”, impose et révèle, dans un double mouvement, la crise d’identité latente et informulée que vivait le PS depuis 81. Une rude cure d’authenticité, dont le PS ne s’est pas encore remis depuis.

À l’aube de l’année 1986, la cote de popularité de François Mitterrand remonte, comme si les Français lui savaient gré de sa métamorphose aussi réelle que non-dite. Il se montre partout, voyage, multiplie les interviews, et prononce, au cours de la campagne pour les législatives, deux grands discours socialo-romantiques-on a beau avoir changé, il ne faut pas désespérer le “peuple de gauche”. Et l’une des vocations d’un Scorpion-Balance étant, nous l’avons vu, “d’unir en une seule conduite deux choses opposées” et de “marier les contraires”, il ne craint pas d’affirmer un fort paradoxe : évoquant la continuité entre l’action du gouvernement Mauroy et celle du gouvernement Fabius, parfaitement contradictoires, il ne craint pas d’affirmer que “les grandes réformes ont permis la bonne gestion, et c’est la bonne gestion qui justifie les grandes réformes. Il y a donc continuité d’un gouvernement à l’autre”. Mais que voulez-vous : avec Mars, qui sensibilise à la réalité des faits, comme planète la plus faible, il est bien difficile de... reconnaître les faits. Il niera ainsi toujours avoir changé, et en son for intérieur, et dans sa pratique politique, et dans ses convictions idéologiques, ce qui est pourtant... un fait, bien “marsien”.

Comme prévu, la gauche perd les législatives, mais la proportionnelle lui a permis de limiter la casse. Grâce à la “proportion magique”, la droite ne dispose que de 4 sièges de majorité à l’Assemblée, tandis que le Front National y fait son entrée avec 35 députés. Sans proportionnelle, le PS n’aurait eu qu’environ 130 députés. Avec, il se retrouve avec une confortable équipe de 212 députés. Cette fois, le “à malin, malin et demi” du Président Scorpion a parfaitement fonctionné.

Amor l’arbitre : la chaos-bitation


Droit : “La cohabitation entre deux personnes non mariées n’entraîne en principe aucune conséquence légale” (Nouveau Larousse Universel, 1949).

Nombreux étaient ses amis politiques qui lui déconseillaient de rester Président de la République sous un gouvernement de droite : il risquait, à leurs dires, d’être obligé de cautionner des mesures “réactionnaires” - comme par exemple les privatisations-et d’y perdre son identité et sa spécificité socialistes. Mais François Mitterrand a eu largement le temps, entre ses 23 ans d’opposition systématique aux institutions de la Ve République et ses 5 ans de pratique de ces dernières, d’en évaluer le degré d’élasticité et d’adaptabilité. Il faut dire que, si l’idée générale de la nouvelle constitution était bien gaullienne, donc “uranienne” (tous les pouvoirs, en définitive remontent à un seul homme, providentiel ou non), son “rédacteur en chef”, Michel Debré, était, comme Mitterrand, un plutonien : il avait pris soin d’introduire dans cette construction limitant le rôle du Parlement assez de “flou impeccable” pour lui permettre de fonctionner quoi qu’il arrive, et donc de s’adapter à une grande variété de situations politiques-entre autre, celle de la cohabitation entre un Président, tenant sa légitimité du suffrage universel pendant 7 ans, et d’une Assemblée élue pour 5 ans : fatalement, existait la possibilité que le Président et la majorité législative ne soient pas du même bord.

C’est précisément ce qui arrive et, toujours très adaptable, François Mitterrand accepte, pour son plus grand profit, de jouer la règle d’un jeu qu’il n’a, au fond, jamais acceptée : l’occasion, en l’occurrence, fait le larron. Politiquement, la cohabitation a l’avantage de maintenir la représentation de la gauche au sein du pouvoir et même de lui permettre de jouer les contre-pouvoirs. De quoi astro-psychologiquement émoustiller notre Scorpion plutonien qui, même s’il proclame officiellement qu’il entend jouer un rôle d’arbitre, n’est finalement jamais aussi à son aise que quand il s’agit de jouer le rôle d’un “critique impitoyable et démolisseur... cynique, rebelle, révélateur d’hypocrisies... se permettant n’importe quoi, tirant les ficelles à sa guise”. En fait, tout son art durant la cohabitation sera de jouer un subtil et délicat double-jeu hypocrite, où il sera à la fois juge et partie, arbitre et joueur. La situation est parfaitement dans ses cordes. Il est même carrément configuré pour. La partie est difficile : raison de plus pour qu’il la joue et qu’elle l’excite : cet homme-là a la facilité en horreur. La droite entend le marginaliser et en faire un Président-potiche ? Très bien, Pluton est aux marges extrêmes du système solaire : la marge, c’est son fief, son territoire de chasse. Il y est comme un poisson dans l’eau, la connaît par cœur et en sait toute la secrète puissance de sédition.

En attendant, ce n’est quand même pas vraiment la joie à l’Elysée : “le plus triste des socialistes s’appelle François Mitterrand. De son extrême pâleur, les visiteurs sont impressionnés, (effrayés) devant le visage présidentiel à l’ossature délicate, aux traits pincés”. L’un de ses intimes le décrit comme “vidé de son pouvoir comme un organisme de son sang”. En 23 ans d’opposition, il n’a jamais fait de cadeaux à la droite, qui l’a toujours haï. La lutte sera à couteaux tirés, et il n’aura pas droit au moindre faux pas. Tout se jouera dans une parfaite maîtrise et un subtil dosage entre l’article 20 de la Constitution : “Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation” et l’article 52 : “Le Président négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d’un accord international”. Il n’existe aucun article interdisant au Président de critiquer systématiquement l’action du gouvernement en jouant le rôle d’un arbitre. Il jouera donc sur le “dit” (solaire) de la Constitution : “l’article 20 que brandit Chirac, mais c’est ma protection !”  ; en effet, il est ainsi totalement “dédouané” de la gestion des affaires de la droite et avec l’article 52, il est le maître de la politique étrangère - ce qui peut lui permettre d’ôter toute stature internationale au Premier Ministre -, et son “non-dit” (plutonien) : il joue bien son rôle de Président comme ça lui chante. L’époque, sous un “transit” Pluton-Soleil, se prête à merveille à ce genre d’exercice. Il est bien décidé : ni démission, ni soumission, ni compromission. Reste à choisir le Premier Ministre. La pratique des institutions veut que ce soit le représentant du parti majoritaire le plus nombreux à l’assemblée. Jacques Chirac, son principal adversaire actuel, président du RPR, s’impose donc. “Point de lutte vaine, il provoque en combat singulier, le grand meneur... Le type Scorpion comprend précocement qu’il faut s’en prendre à la tête”, selon l’astrologue J.P.Nicola. Le Scorpion en question, poussé par ses amis à choisir au sein de la nouvelle majorité un Premier Ministre plus “facile” ou plus coopératif, lui répond en écho : Chirac “est notre adversaire le plus fort. Il faut donc le prendre de front. Ce serait sûrement plus agréable d’en prendre un autre. Mais on ne gagne jamais à contourner les difficultés”. Il confie donc au “grand meneur” de la droite le soin de former un gouvernement.



Jacques Chirac est né le 29 décembre 1932 à 12 h 00 à Paris. Sagittaire ascendant Verseau, ses planètes les plus fortes sont Saturne, Soleil, Mercure, Mars, Neptune et Jupiter. Le carré Soleil-Mars qui domine son thème rend difficile chez lui une bonne coordination entre son image de marque (Soleil) et ce qu’il est concrètement (Mars). Tendu, anxieux en public, il maîtrise mal son paraître. Cet homme qui, en public, semble fait d’une pièce et parait s’organiser autour de certitudes fortes, de modèles inébranlables et rassembleurs (Soleil-Sagittaire) est en fait plein d’humour et prêt à la dérision, ouvert à tous les dialogues, prêt à toutes les écoutes chaleureuses, à tous les changements d’idée et de points de vue (Mercure) en privé. En lui coexistent une stricte fidélité à ses principes et idéaux (Soleil) et une attitude de girouette sensible à tous les sons de cloche (Mercure) en même temps qu’un profond scepticisme expérimental (Saturne). Ajoutons à cela une conjonction Mars-Jupiter-Neptune en Vierge, et nous aurons l’image d’un battant et combattant militant infatigable, à la fois souple et autoritaire, ferme et influençable, crispé et chaleureux, dynamique et inquiet. Pressé, impatient, ludique, sociable, énergique, généreux, combatif, il n’a strictement rien à voir, d’un point de vue astrologique entre autres, avec Mitterrand. D’ailleurs, les deux planètes les plus faibles dans son thème astrologique sont Vénus et Pluton : ces dernières sont, comme on l’a vu, les dominantes du Président. Pour terminer la comparaison des deux thèmes, notons que la Vénus faible de Chirac (ce n’est pas un tendre séducteur...) se trouve dans les tous premiers degrés du Scorpion, c’est-à-dire conjointe au Soleil-dominant-de Mitterrand, et que le Mars faible de Mitterrand (ce n’est vraiment pas un bagarreur franc et direct...) se trouve, lui, dans les tous premiers degrés du Sagittaire, c’est-à-dire conjoint au Soleil-dominant-de Chirac. Autant dire qu’astrologiquement, les deux hommes ont tout ce qu’il faut pour vivre un rapport tumultueux et complexe, basé sur une totale et mutuelle incompréhension.

À Chirac le volontarisme lumineux, optimiste, joyeux, chaleureux et communicatif, le besoin immédiat d’être reconnu, adulé, admiré et fêté, l’activisme solidaire et rayonnant, l’impatience piaffante et souvent naïve. A Mitterrand la sombre volonté intérieure, le scepticisme désenchanté, la communication laborieuse dans un contexte choisi, l’acceptation fataliste de l’impopularité et de le la haine quand les circonstances l’imposent, la solitude méfiante des bienfaits de l’agitation, la patience marmoréenne et le cynisme. A cet égard-comme dirait Chirac-les deux hommes sont le négatif l’un de l’autre. Chirac est un être absolument “solaire” : transparent dans ses objectifs, motivations et relations-et Pluton est faible dans son thème : lui manque totalement ce qui fait la force essentielle de Mitterrand, cette froide et clinique distance, ce point de vue de Sirius, cette perception de la complexité des êtres et des choses et des situations. D’un pur point de vue astrologique, dans ce jeu de cartes biseautées qu’est la cohabitation, Mitterrand a des avantages certains : “solaire” comme Chirac, il prend grand soin de gérer son image publique. Là, c’est “match nul” : les deux hommes sont à égalité. Mais la cohabitation est une situation tordue, complexe, pleine d’inconnues : une situation où un Pluton dominant est requis, alors que la faiblesse de Mars (le goût et le sens des affrontements directs) chez Mitterrand, sa force chez Chirac, ne pose aucun problème au Président : l’heure n’est certainement pas à l’affrontement direct. Comme le pronostiquait grosso modo un connaisseur, Raymond Barre (”marsien” comme Chirac) : le premier qui tirera perdra. Et Mitterrand est du genre à tirer une seule fois, une fois qu’il a obligé l’adversaire à gaspiller toutes ses munitions.

Tout le reste n’est qu’épiphénomène, anecdote et péripétie. Les dés sont pipés d’avance et, dès les débuts de la cohabitation, les jeux sont faits. La situation est complexe et subtile, Mitterrand lui ressemble, mais pas Chirac. Notre Scorpion met en œuvre sa stratégie d’étouffement classique et habituelle, en s’associant étroitement à ce qu’il cherche à circonvenir, c’est-à-dire, entre autres, en devenant le partenaire-associé de ses réussites ; tout en s’en différenciant systématiquement dès que c’est possible, n’étant ainsi jamais solidaire de ses errances ou échecs. Le tout en brandissant la menace, pour la galerie, des élections anticipées-dans le genre : je ne suis peut-être pas sûr de les gagner, mais vous non plus-et de la démission-dans le style : vue la “guerre des chefs” à droite, entre Chirac et Barre, qui va gagner ? “Bref, les chaînes de la cohabitation sont beaucoup plus contraignantes que celles d’un mariage ordinaire. Élections anticipées et démission ne sont que trompe-l’œil et leurre. Élu pour 7 ans, François Mitterrand entend bien achever son mandat”. A la guerre comme à la guerre. La guerre d’un “marsien” comme Chirac est franche, directe, sabre au clair. Celle du très plutonien Mitterrand est feutrée, indirecte, sournoise : c’est la guérilla ou le terrorisme.

Dans ce jeu de rôles et de dupes, Chirac a vite fait de passer pour un autoritaire pressé et belliqueux, alors que Mitterrand se retranche sur l’Aventin d’un arbitrage lucide mais tolérant. Sa cote de popularité ne cesse de remonter : c’est “amor l’arbitre”, comme il l’avait prévu (les plutoniens sont très prévoyants parce qu’ils imaginent toujours le pire...). Chirac, dynamique et entreprenant, inquiète par sa volonté affichée de bouleverser témérairement, à la hussarde, le paysage économique en privatisant à tour de bras : Mitterrand en profite pour donner la pleine mesure de “l’inhibition différentielle” du Scorpion en se démarquant outrancièrement de son Premier Ministre, en se présentant comme un sage conservateur de justes et immémoriaux (Pluton, 250 ans de révolution sidérale) équilibres, incarnation rassurante de la “farce tranquille”. Mais François Mitterrand joue-t-il vraiment un rôle de composition à cette époque ? Astrologiquement, il est permis d’en douter fortement. En 1986, le “transit” Pluton-Soleil se termine. C’en est fini des changements de référence et des problèmes d’identité : il a, pourrait-on dire, retrouvé ses marques. Il sait où il en est : débarrassé de la plupart de ses a priori, dans un impeccable flou idéologique, le seul à même de gérer la complexité d’une société et d’une époque en pleines transformations, il est lui-même et, comme le note à ce sujet l’astrologue Bernard Blanchet, ayant apparemment réussi la mue, la métamorphose, la transmutation qu’exigeait de lui ce genre de période, il est “surpris de (se) découvrir plus serein, presque inébranlable”. François Mitterrand, avec ce “transit” - le plus important de son existence, d’un point de vue purement technico-astrologique-est devenu ce qu’il a toujours été à travers son cheminement difficile, son parcours sinueux et ondoyant : un républicain complexe et sourcilleux, inquiet des grands équilibres. Non pas un homme providentiel (Uranus faible), mais un arbitre distant qui officie dans une galaxie assez lointaine pour lui permettre de juger sereinement des vices et vertus, qualités et défauts, suffisances et insuffisances du système où il se trouve (Pluton). Plus que jamais, il s’astreint au difficile exercice (vanitas vanitatum...!) d’une lucidité optimale, sans toutefois négliger les satisfactions personnelles qu’apporte un (gros) rien de narcissisme béat (Soleil). Quoi qu’on pense de notre personnage, on ne saurait en tout cas lui dénier, au vu et su de l’expérience de la cohabitation, toute ressemblance avec le portrait que dresse l’astrologie d’un “Scorpion ascendant Balance” grand teint : “Adroit dans l’art d’éviter les coups, vous savez vous engager sans vous lier et récupérer vos billes au bon moment. Ici, la séduction est vraiment un pouvoir. Habillant de velours une poigne de fer, vous charmez, envoûtez, sans jamais céder rien sur l’essentiel. En un mot, vous savez naviguer”.

Nous sommes en 1987. Le “transit” de Pluton sur le Soleil s’achève. La cohabitation, ultra-populaire dans l’électorat, se termine elle aussi bientôt. Fin renard (ou Scorpion-plutonien, choisissez l’expression !), François Mitterrand ne critique plus guère, ni Chirac, ni le gouvernement : la “chaos-bitation” n’a pas eu lieu. Lorsque le peuple crie “amor l’arbitre”, on ne tire pas sur les ambulances, surtout lorsqu’il s’agit de véloces carrosses que l’on a soi-même cherché-et réussi-à transformer en corbillards. Un nouvel et très dangereux adversaire, de poids sinon de taille, se profile ; il est pour l’instant le favori des sondages dans la course aux présidentielles : c’est Raymond Barre. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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