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Ethnoastronomie et traditions astrologiques
Plaidoyer pour le pluri-ethnisme de l’imaginaire astrologique

Louis Cruchet (qui avait publié un article intitulé Pour un zodiaque holoterrestre dans le Fil d’Ariana) vient de faire paraître cet intéressant ouvrage.

Présentation de l’auteur :

Titulaire d’une thèse d’Anthropologie sur l’imaginaire du ciel, Louis Cruchet est le fondateur du Centre d’Investigation en Ethnoastronomie Local, une association culturelle ayant pour raison sociale le « ciel polynésien ». Formateur en ethnoastronomie et consultant en archéoastronomie, il s’est également passionné pour l’astrologie en tant que journaliste et conférencier. Auteur de trois ouvrages : Des ciels et des Hommes, diffusé par l’ANRT en 2001 ; Le ciel en Polynésie, paru en 2005 chez L’Harmattan, et À la découverte du ciel polynésien, paru en 2006, il se consacre aujourd’hui à la réconciliation de la science avec la culture, entre réalité astronomique et imaginaire astrologique.

Le Mot de l’éditeur : Ethnoastronomie et traditions astrologiques

Quel rapport existe t-il entre un horoscope grec, la célébration des Pléiades à Tahiti, les pierres de Stonehenge et la Kabbale ? Apparemment rien, si ce n’est que les quatre illustrations de couverture expriment des aspects différents de l’imaginaire astrologique : horoscope, ethnoastronomie et archéoastronomie. Le divorce actuel entre astronomie (science des lois du cosmos) et astrologie (interprétation ou « discours » des astres) n’avait aucun sens à l’âge de pierre ou en Polynésie pré-européenne. Cet ouvrage tente d’élaborer un imaginaire anthropocosmologique en réconciliant les genres.

Un voyage fascinant à travers le monde, à travers le temps, à travers l’espace : Louis Cruchet nous immerge dans l’univers des diverses traditions astrologiques, tant dans celles d’aujourd’hui que dans celles du Nouveau Monde, d’Océanie, d’Asie ou d’Afrique. Dénonçant l’idéologie doctrinale et ethnocentrique des astrologues contemporains, il signe un véritable plaidoyer pour le pluri-ethnisme. Riche, instructif et troublant.

Commentaire de Richard Pellard :

La lecture de cet ouvrage bien documenté vous est vivement conseillée. Certains points sont pourtant criticables, en particulier dans l’exposition erronée, voire tendancieuse que fait l’auteur des théories conditionalistes qu’il semble avoir très mal comprises. J’y reviendrai ici après une lecture approfondie.

Le site de l’auteur.

Le site de l’éditeur.

Voici le texte de l’article que Louis Cruchet avait fait paraître dans le Fil d’Ariana en 1995 et la réponse qu’il m’avait alors inspirée :

Pour un zodiaque holoterrestre

J.-P. Nicola a prouvé que le zodiaque n’était pas saisonnier, et que ce ne sont pas les « photo-périodes » du Soleil qui « tracent un sillon » pris pour modèle valable pour toutes les autres planètes. Au contraire, chaque planète « constitue » le Signe qu’elle transite. Ainsi, nous aurions une explication des effets zodiacaux pour défendre un zodiaque non-exclusivement solaire.

Les principaux arguments anti-zodiacaux, outre le manque de preuve statistique (cf. Gauquelin), viennent du fait que les planètes n’émettent aucun rayonnement et que seul le Soleil agit périodiquement sur l’électro-magnétisme de la Terre, action qui pourrait expliquer « électromagnétiquement » les inductions nerveuses dues aux influx solaires sur toile de fond zodiacale. Dans cette optique, seul le Soleil devrait être pris en considération dans le zodiaque. Cependant, même si on ne peut pas rendre compte de l’impact « électro-magnétique » des planètes qui, elles, ne font que réfléchir la lumière de l’astre diurne, on peut admettre que leur lumière soit perceptible (au moins jusqu’à Saturne, ce qui expliquerait le manque de résultat des statistiques Gauquelin sur les transsaturniennes) pendant la nuit (ce qui soulève le problème de la perception des planètes proches du Soleil, et surtout celle qui est toujours dans sa proximité1 et dont Gauquelin n’a pas non plus trouvé trace), voire même durant la vie intra-utérine. Ainsi Mars en Bélier serait perçu comme un signal dont la durée de passage au-dessus de l’horizon s’accroît dans le temps de jour en jour… dans le cas d’une observation septentrionale et dans une explication photo-périodique qui attribue influx positif et négatif en fonction des passages au-dessus et en-dessous de l’horizon.

Il faut bien comprendre que nous cherchons à donner un modèle zodiacal correspondant à nos observations : il n’y a pas d’inversion au sens traditionnel d’un pôle à l’autre du globe, et les médecins eux-mêmes ont constaté l’apparition de symptômes d’une forme pathologique dite saisonnière à la même époque quel que soit l’hémisphère. Nous pensons donc, de fait, à un zodiaque « holoterrestre ». Cependant, nous suggérons la possibilité d’un axe de symétrie équatoriale mettant face-à-face les Signes Bélier-Poissons, Taureau-Verseau, Gémeaux-Capricorne… aux regards de l’expérience astrologique de praticiens australiens.

Mouvements de la Terre

Il faut considérer le zodiaque non pas comme une machine régie par le Soleil mais par la Terre. En effet, c’est l’inclinaison terrestre qui structure le zodiaque. Les saisons qui s’inversent d’un hémisphère à l’autre ne doivent pas nous faire oublier l’uniformité du mouvement global de la Terre. Le 21 mars le passage du Soleil sur le point vernal qui marque le début du Signe du Bélier marque « universellement » un même passage de l’équinoxe à un déséquilibre des jours et nuits à venir. De l’équinoxe au solstice, qu’il soit d’été ou d’hiver, jour ou nuit vont progresser et d’un hémisphère à l’autre c’est le principe de croissance qui va dominer. En revanche, du solstice à l’équinoxe, c’est le principe de décroissance, du jour ou de la nuit, qui va dominer. Dans cette perspective, c’est l’espace projeté, en ombre ou en lumière, par le Soleil à la surface de la Terre qui nous intéresse et non la « valeur » (noir ou blanc) de cet espace : aux équinoxes toutes les surfaces sont égales, aux solstices la surface diurne australe est égale à la surface nocturne septentrionale en janvier, alors qu’en juillet la surface diurne septentrionale égale la surface nocturne australe. En gardant cette référence à l’espace, nous pouvons affirmer que d’un côté comme de l’autre de l’équateur, c’est le principe dominant (jour ou nuit) qui augmente lorsque le Soleil passe du Bélier aux Gémeaux et de la Balance au Sagittaire, alors que le principe dominant diminue lorsque le Soleil passe du Cancer à la Vierge ou du Capricorne aux Poissons.

Hémisphère nord positif et hémisphère sud négatif

Reste à définir une autre référence, pour passer d’un zodiaque de 6 à un zodiaque de 12 Signes. J.-P. Nicola donne aux principes dominants l’aptitude à stimuler les réflexes adaptés à la demande formulée par l’environnement. Les réflexes inadaptés, c’est-à-dire ceux qui ne parviennent pas à s’exprimer aisément, sont stimulés par les principes (jour ou nuit) dominés. Le « zodiaque réflexologique » peut constituer un véritable canevas, par référence à ces deux principes (dominant et dominé), sans tenir compte de leur valeur (diurne ou nocturne). Mais si ces valeurs sont gommées, par quoi peut-on les remplacer ? Pour cela il nous faut rester dans la symbolique de l’espace et du mouvement.

Le sens de rotation des planètes autour de la Terre varie selon le pôle d’observation. Ainsi, vue du pôle nord, la valse des planètes emprunte le sens contraire aux aiguilles d’une montre, alors que vue du sud elles vont dans le sens des aiguilles. Nous pouvons utiliser ce double sens pour colorer les hémisphères de notre zodiaque universel. Au Nord est associé le côté droit par lequel les planètes passent dans leurs courses quotidiennes, par rapport à un observateur sur n’importe quelle latitude tourné vers le nord (orientation du mouvement en « spirale » effectué par les planètes de jour en jour « remontant » vers le nord). Le sud, pour les mêmes raisons, est associé à la gauche. La droite septentrionale, masculine, positive, effective… s’oppose à la gauche australe, féminine, réceptive, affective… Nous ne sommes pas loin d’une vision géo-climatique qui divise la sphère en hémisphère continental-chaud (masculin, actif) au nord, et en hémisphère océanique-froid (féminin, réceptif) au sud.

Utilisation du modèle photopériodique

Dans cette perspective, nous avons bien là un zodiaque « universel » et non saisonnier. Nous pouvons donc avoir recours à un modèle zodiacal de type « déclinaison », mais celui-ci soulève de nombreux problèmes (variation des déclinaisons planétaires). Nous avons donc préféré nous servir du zodiaque photopériodique. Symboliquement, il nous suffit de remplacer les valeurs noire (nuit) et blanche (jour) par le sens des mouvements planétaires, ou tout simplement par les signes ‘+’ (pôle magnétique ‘+’) et ‘−’ (pôle ‘−’) pour ne pas faire de confusion avec la référence aux jours et aux nuits. Par exemple, en Bélier, dans le zodiaque photopériodique, le Soleil monte dans l’hémisphère nord, chaud, positif (cette observation est valable pour toute la Terre) et chaque jour l’espace (d’ombre dans le sud, de lumière dans le nord) augmentera progressivement sur le globe terrestre. Dans le même exemple, le Soleil (en Bélier) fait augmenter l’espace de l’égalité à la domination (de lumière dans l’hémisphère nord, d’ombre dans l’hémisphère sud), à mesure bien entendu qu’il fait diminuer l’autre espace antithétique (d’ombre au nord, de lumière au sud), mais aussi l’autre espace de même valeur dans l’hémisphère opposé (l’augmentation du blanc au nord fait diminuer le blanc au sud). Lors de son passage dans le Signe du Bélier, le Soleil fait donc augmenter (signe ‘V’ dans le zodiaque photopériodique) l’espace qui va dominer (type adapté) l’hémisphère nord (‘+’) et en même temps il fait diminuer (‘l’) l’espace qui va être minoritaire (type inadapté) dans l’hémisphère sud (‘−’). La formule est bien conforme à celle du modèle réflexologique : ‘V+’ pour l’adaptation, ‘l-’ pour l’inadaptation.

Zodiaque holoterrestre et photopériodisme : nouvelles perspectives

Pour universel qu’il soit, ce zodiaque peut recéler quelques spécificités hémisphériques. Ainsi, il nous est apparu la notion d’inversibilité des types adapté et inadapté. Expliquons-nous. En fait, c’est la partie éclairée qui augmente ou qui diminue de part et d’autre de l’équateur qui crée les 4 types adaptés (V+, L+, V−, L−) et les 4 types inadaptés (v+, l+, v−, l−). Ce qui, dans le zodiaque photopériodique, s’évaluait en fréquence de passage au-dessus et au-dessous de l’horizon, est vu dans le zodiaque holoterrestre non plus par un jeu d’ombre et de lumière, mais par un espace de lumière délimité par le terminateur du Soleil et des autres planètes. Il s’agit bien d’un accroissement (V) ou d’une diminution (L) de l’espace éclairé au nord (+) ou au sud (−). Ce zodiaque est valable pour les deux hémisphères, l’axe de symétrie adapté-inadapté se fait sur l’équateur (comme il se faisait dans le zodiaque photopériodique par rapport à l’horizon ou, ce qui revient au même, entre l’ombre et la lumière projetée sur l’hémisphère nord) : c’est l’espace le plus grand de lumière qui détermine l’adaptation alors que le petit espace de lumière de l’autre côté de l’équateur détermine le pôle inadapté. Mais en fait, tout se passe comme si la formule inadaptée du Signe vécu septentrionalement, devenait adapté australement : comme si ce n’était plus le principe dominant (dans notre exemple, le Bélier, l’espace éclairé qui gagne l’hémisphère nord) qui servait d’échelle de valeur à l’adaptation, mais au contraire comme si c’était le principe dominé (dans notre exemple, l’espace éclairé au sud) qui témoignait des qualités adaptatives. La formule de l’inadaptation du Bélier est celle des Poissons, dans une perspective septentrionale (accroissement de l’espace lumineux au nord, qui dominera toute la « saison », pour le décroissement de l’espace lumineux toujours minoritaire au sud), mais à la même date dans l’hémisphère sud la formule de l’adaptation du Bélier est fonction du principe dominé (diminution de l’espace lumineux qui restera toujours minoritaire au sud).

Les stimulations planétaires peuvent cependant être envisagées globalement : leurs passages septentrionaux stimulant positivement (excitation nerveuse normale, équilibre maintenu), leurs passages au sud stimulant négativement (excitation a contrario, double négation…). Dans notre exemple, du point de vue holoterrestre, c’est l’accroissement de l’espace lumineux de l’hémisphère nord qui stimule « positivement », mais dans l’hémisphère austral, c’est peut-être l’éclairement de l’hémisphère sud qui est préférentiellement enregistré même s’il n’est pas dominant dans cette hémisphère, et cet espace diminuant dans le temps, il n’y a pas d’accroissement (v) enregistré mais une diminution (L) de l’espace lumineux nord (+). Nous sommes là à un point intéressant, car cela signifierait que la réceptivité australe est particulièrement sensible aux « faibles énergies », celles qui ne dominent pas, eu Signe du Bélier à celui de la Vierge. Ainsi les « sujets australiens » seraient adaptés aux énergies australes faibles mais inadaptés aux énergies septentrionales fortes, pendant les 6 premiers Signes, et inversement pour les 6 autres et évidemment pour les « sujets septentrionaux » : voilà qui peut constituer un bon vecteur de recherche pour une typologie septentrionale-australe. Dans cette perspective, ce n’est plus la force dominante qui est indice d’adaptation, mais dans tous les cas la force lumineuse, l’espace éclairé sur le globe :

Bélier, Taureau, Gémeaux :

Sujet septentrional :
- adapté Energie forte (N+), V+
- inadapté Energie faible (S-), l−

Sujet australien :
- adapté Energie faible (S-), l−
- inadapté Energie forte (N+), V+

Cancer, Lion, Vierge :

Sujet septentrional :
- adapté Energie forte (N+), L+
- inadapté Energie faible (S-), v−

Sujet australien :
- adapté Energie faible (S-), v−
- inadapté Energie forte (N+), L+

Balance, Scorpion, Sagittaire :

Sujet septentrional :
- adapté Energie forte (N+), V−
- inadapté Energie faible (S-), l+

Sujet australien :
- adapté Energie faible (S-), l+
- inadapté Energie forte (N+), V−

Capricorne, Verseau, Poissons :

Sujet septentrional :
- adapté Energie forte (N+), L−
- inadapté Energie faible (S-), v+

Sujet australien :
- adapté Energie faible (S-), v+
- inadapté Energie forte (N+), L−

Cette typologie remet celle de l’équipe conditionaliste en question puisque les 6 derniers Signes sont adaptés aux énergies faibles chez les sujets septentrionaux. Cependant cela explique le phénomène dépressionnaire des sujets septentrionaux en automne-hiver, parce qu’ils sont alors inadaptés aux énergies fortes dominantes des stimulations négatives du sud. Le critère d’adaptation est donc ici celui des forces lumineuses au-dessus de l’horizon local. Cela veut-il dire que nous sommes adaptés aux stimulations planétaires émises au-dessous de l’horizon ? Ainsi nous resterions adaptés aux énergies fortes, tant que celles-ci dominent et dans l’espace de notre hémisphère et dans leurs passages au-dessus de l’horizon (ce qui revient à parler de photopériodicité), alors que nous serions inadaptés aux énergies fortes à mesure que nous nous « accrochons » à nos anciens modes d’adaptation qui n’ont plus cours lorsque et photopériodisme local et éclairement de notre hémisphère ne correspondent plus.

Pour un zodiaque holoterrestre, témoignage d’un astrologue des mers du sud

Une expérience pratique « renversante ». Une simple feuille de papier et un bon marqueur vous permettront de comprendre ce qui se passe du côté où les astrologues ont la tête en bas. Dessinez le zodiaque en indiquant par une flèche circulaire le sens de rotation du Soleil dans le zodiaque au fil de l’année. Puis par un mouvement vertical, soulevez votre feuille, en prenant garde à e pas garder le recto devant vos yeux, regardez à travers le verso. Vous constaterez que votre flèche tourne dans le sens inverse dans un zodiaque où le nord se retrouve en haut et le sud en bas. Il s’ensuit qu’un astrologue des mers du sud devrait normalement utiliser le zodiaque dans ce sens (ce qui ne change rien à la signification) et pratiquer le même renversement pour les Maisons, en plaçant l’Ascendant à droite et le Milieu-du-Ciel en bas (ce qui encore une fois ne change pas la signification des Maisons). Ce renversement ne change rien du point de vue interprétationnel, exceptée la signification attribuée au sud et au nord, si cette signification pouvait relever d’une symbolique spécifique au pôle alors que ce n’est qu’un moyen d’indiquer le Milieu-du-Ciel (peu importe qu’il soit au nord ou au sud). En fait les astrologues de l’hémisphère sud, en Australie, en Nouvelle-Zélande, Amérique… ne change absolument rien à l’orientation du ciel et ne s’engagent sur aucune spécificité d’un zodiaque particulier à leur hémisphère. Cela aurait tendance à plaider en faveur d’une astrologie purement culturelle. Hypothèse que nous ne rejetons pas, mais qui n’impute pas le fonctionnement d’un zodiaque « holoterrestre » sur les modèles que nous proposons.

Les astrologues qui ont la tête en bas L’interprétation des planètes, comme du Soleil et de la Lune, dans les Signes du zodiaque, se pratique dans le monde de la même façon. En Amérique du Sud, le zodiaque ne s’inverse pas par rapport à celui qui est utilisé dans la vieille Europe. Par ailleurs, il est troublant d’observer dans la pratique un emploi mondial d’un zodiaque structuré sur la symbolique des saisons. La justification relève le plus souvent d’un ordre purement philosophique et symbolistique, ne tenant compte d’aucune réalité astronomique. De plus la prégnance du zodiaque « où tout s’explique par l’universalité des symboles » tient d’une démarche intellectuelle douteuse particulièrement « occidentale », sinon ethniste, lorsque ce symbolisme perd ses racines dans la succession allégorique des saisons septentrionales prises comme modèle. Or nous avons vu que l’intégration du cycle zodiacal transcende une image d’Épinal du calendrier confondue avec celle de l’allégorie des saisons. Si le zodiaque a la simplicité de l’influence saisonnière, il n’influence alors que la vie végétative et animale. Le zodiaque humain, lui, est complexe.

Mon expérience professionnelle (j’ai pratiqué la consultation sur le territoire) et les recherches que j’ai faites sur, entre autres, des enfants nés en Polynésie comparés à ceux de l’hémisphère septentrional, m’ont amené à constater le caractère « universel » du zodiaque. L’astrologie étant née dans la zone septentrionale des pays tempérés, les astrologues ayant « emporté » avec eux leur zodiaque, le phénomène « universel » du zodiaque est-il d’origine purement culturelle ? Les travaux effectués en Californie sur des sujets Chinois ont montré l’importance du fait culturel et traditionnel dans la détermination de la destinée selon les Signes chinois (cf. Comment l’astrologie…, Science & Vie de février 1994). Et nous avons constaté au cours de notre étude combien le poids culturel pouvait être déterminant. En ce qui concerne le zodiaque, nous pensons que son influence est beaucoup moins conséquente, mais nous ne pouvons pas nier non plus la réceptivité humaine aux cycles solaire et planétaires rythmés par le zodiaque.

Il semble peu sérieux de faire une croix sur un zodiaque réellement « universel » sous prétexte de détenir une explication (de l’astrologie) d’ordre culturel. Cette explication n’en exclut pas d’autres. Si les symboles sont nés de signaux concrets que le genre humain a intégrés, ces signaux ont été perçus en tant qu’archétypes, selon la définition jungienne, « universellement ». Selon nous, la symbolique zodiacale emprunte le vecteur culturel pour s’exprimer, ce qui doit nous faire prendre en compte les possibilités (et les impossibilités) culturelle d’exprimer sous telle ou telle forme le potentiel symbolique induit par les astres. À l’heure actuelle de nos connaissances, nous ne pouvons pas dire quelle est la spécificité culturelle du zodiaque sous les latitudes australes, trop peu d’études (même pas du tout à ma connaissance) ayant été faites. Nous tenterons d’élaborer une hypothèse de recherche à ce propos, mais dans l’état de nos connaissances, nous partons du principe qu’en dépit de certaines spécificités du domaine culturel, les structures du zodiaque ont un fond commun que nous nommons « holoterrestre »

Jean-Louis Cruchet, Tahiti/Mahina, 27/06/1995

Réaction de Richard Pellard

Notre ami Jean-Louis Cruchet, qui est né en France métropolitaine, vit depuis de très longues années à Tahiti. Il y est devenu astrologue. Les coordonnées géographiques de cette île (17° 43 S, 149° 27 O) expliquent dans une large mesure son intérêt pour les problèmes que pose le photopériodisme à nos conceptions du zodiaque : ayant changé d’hémisphère, il a été amené à s’interroger, comme tous ceux qui pensent que l’astrologie doit être rationnellement fondée sur le réel astronomique, sur l’éventuelle inversion des Signes dans l’hémisphère sud.

Les effets zodiacaux sont-ils universels, ou bien dépendent-ils des latitudes terrestres ? Du 21 mars au 21 avril, naît-on Bélier dans l’hémisphère nord et Balance dans l’hémisphère sud ? Le problème reste posé (voir p. 155/156 et 215/216 du Manuel d’astrologie universelle). Il n’a toujours pas été résolu.

Jean-Louis Cruchet nous propose ici un nouveau modèle, qu’il nomme zodiaque holoterrestre (du grec holos = totalité : un zodiaque valable donc pour la totalité de la Terre). Basé exclusivement sur les effets supposés des variations d’ensoleillement des deux hémisphères au cours de l’année (photopériodisme), ce zodiaque « holoterrestre » est donc exclusivement solaire : il ne peut ainsi rendre compte de l’effet des planètes en Signes, à l’inverse du zodiaque des déclinaisons, mais il pose peut-être une question essentielle : pourquoi n’y aurait-il pas deux types d’influences zodiacales, l’un purement solaire dont les effets neurophysiologiques seraient purement photopériodiques, l’autre zodiaque concernant les effets planétaires, dont l’influence ne saurait être photopériodique puisque les planètes n’émettent aucun rayonnement lumineux autonome ? Dans cette hypothèse, pour le Soleil et pour lui seul, les effets photo-périodiques se superposeraient aux variations d’arc diurne et nocturne communs au Soleil, à la Lune et aux planètes du système solaire. Ce qui aurait pour effet possible de souligner l’importance du Signe solaire. En l’état actuel des recherches en astrologie, on ne peut que s’interroger : l’observation semble montrer que, lorsque le Soleil est très peu valorisé dans son thème, un individu ne fonctionne guère selon les schémas comportementaux de son Signe solaire…

Par ailleurs, nous ne saurions cautionner l’hypothèse de Jean-Louis Cruchet selon laquelle Mercure, Uranus, Neptune et Pluton auraient échappé aux statistiques de M. Gauquelin pour cause de visibilité insuffisante. L’influence astrale ne saurait être réduite à la perceptibilité visuelle, oculaire-subjective, des planètes… ou alors, il n’y aurait pas d’influence planétaire pour les myopes (Kepler était myope comme une taupe, ce qui ne l’a pas empêché d’être un grand astronome-astrologue-découvreur, neptunien de surcroît !), et il n’y aurait pas de « solariens », puisque les statistiques de Gauquelin n’ont pas permis de déceler quelque influence du Soleil que ce soit… alors que c’est l’astre le plus lumineux, et de loi, du système solaire ! Cette hypothèse « oculiste » ne tient pas debout.

Nous ne pouvons par ailleurs pas souscrire à l’hypothèse d’une influence « purement culturelle » de l’astrologie. Ou alors, si l’astrologie est purement « culturelle » et donc symbolique… alors toutes les sciences, toutes les connaissances le sont aussi, puisqu’elles participent toutes de la culture collective. Nous reviendrons bien entendu sur les problèmes que pose le zodiaque en particulier et le statut culturel de l’astrologie en général dans un prochain numéro du Fil d’Ariana.

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Quinze ans plus tard, Louis Cruchet n’a toujours rien compris à la conception conditionaliste du zodiaque, qui n’a strictement rien de saisonnier : la lecture de son dernier opus le démontre. Les bases astronomiques du zodiaque conditionaliste, universelles et objective, n’ont que faire de quelque imaginaire pluri-ethnique que ce soit, sinon sur le plan des symboles, qui ne doit pas être confondu avec celui des signaux.

Richard Pellard, 27/01/2010.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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