Association pour la Recherche et l'Information en Astrologie NAturelle

Prèsentation Qui sommes nous ? Nous écrire S'inscrire à ARIANACours & SéminairesPlan du site Outils Calculez votre thème Thème du jour Outils Flash Ephémérides graphiques Communiquer Forums des articles Divers Annuaire de liens Statistiques du site Administration du site
Syndication










Rechercher


Johannes Kepler, astrologue et astronome Vous êtes ici : Accueil Documents Astro-Histoire Astrologues du passé
Publié le : 26 avril 2004
Johannes Kepler, astrologue et astronome



"Kepler (Johannes), astronome allemand (Weil der Stadt, Wurtemberg, 1571 - Ratisbonne, 1630). Partisan convaincu du système héliocentrique de Copernic, il découvrit les lois du mouvement des planètes" (Larousse). Le fondateur de l’astronomie moderne, audacieux précurseur, était aussi un astrologue talentueux et convaincu, et ne s’en cachait pas. Mais les dictionnaires de la censure préfèrent passer sous silence ce fait dérangeant. Les anti-astrologues universitaires prétendent même qu’il ne faisait des horoscopes que pour gagner sa vie ! Curieux, pour un homme qui a laissé à la postérité un journal intime et des livres où l’astrologie savante est partout...

Du fils de chien au séminariste

Johannes Kepler est né dans l’une des plus belles demeures d’un petit village du sud-ouest de l’Allemagne. Son grand-père Sebaldus, un nobliau, en était le maire avant que sa fortune ne s’envole et qu’il ne soit contraint de survivre en devenant tanneur. Il règne sur une maisonnée démente où tout le monde se hait, s’injurie et se surveille. Son père Heinrich était un ivrogne, un bon-à-rien trousseur de jupons, sa mère Katherine, sensible, intelligente et rebelle, la fille d’aubergistes fortunés qui l’ont mariée avec un Kepler : dot contre titre de noblesse. Famille et belle-famille vivent ensemble dans la crasse, la misère, la puanteur des peaux qui sèchent et le vrombissement incessant de grosses mouches bleues. Un monde terre-à-terre, rustre, sans tendresse et sans pitié.

Le nouveau-né Kepler est un prématuré, un petit être chétif, myope et laid. Enfant, sa mauvaise vue le rend maladroit et empoté. Solitaire et rêveur, il fait tout son possible pour préserver sa tranquillité. Sale, galeux, couvert de plaies et de furoncles, c’est grâce à sa passion des jeux d’osselets et de dés qu’il apprend très tôt à compter. Sauvage, il endure en silence coups et cris, fuit sa famille et ne trouve le repos que dans la nature et la contemplation du ciel. Le reste du temps, il s’occupe de la soue à cochons tout en rêvant de célestes harmonies, myope mystique dans un monde de brutes où il se fait sans cesse traiter de laideron, d’incapable, de "chien et fils de chien"...

A l’école des pasteurs protestants, en dépit de sa myopie et de son indiscipline, de son caractère renfermé, lunatique et imprévisible, il se débrouille plutôt bien : à dix ans, il sait lire, écrire et parler en allemand et en latin. Il est prêt à toutes les magouilles pour se procurer des livres, ces objets fabuleux qui ouvrent les portes du savoir. Mais il semble condamné à rester ouvrier agricole, aide-tonnelier ou homme à tout faire, jusqu’au jour où le destin en décide autrement : l’un de ses anciens maîtres d’école, ayant remarqué l’intelligence étincelante du jeune Johannes, décide de le recommander aux ducs de Wurtemberg, qui offraient des bourses d’étude aux jeunes protestants pauvres et méritants.

Le prof de maths chercheur de polyèdres

Sa candidature est acceptée et il entre au petit séminaire. Il se jette dans les études avec passion et voracité et, rattrapant à une vitesse sidérante ses retards scolaires, devient vite le premier de la classe... Plus tard, au grand séminaire, les mystères des mathématiques, de l’astronomie, de la théologie et de la philosophie le fascinent. Il y entend parler d’un certain Copernic, qui prétendrait que la Terre n’est pas au centre du monde et que les planètes tournent autour du Soleil. Immédiatement séduit par cette idée surprenante et dérangeante, il a la chance de rencontrer, à Tübingen, un professeur qui possédait un exemplaire du livre De la révolution des orbes célestes, dans lequel le chanoine Copernic plaidait en faveur de l’héliocentrisme. Aussitôt sa lecture terminée, une vocation est née : il sera astronome. Pendant la même période, il commence à écrire son journal intime dans lequel il ne cesse d’analyser et commenter... son thème natal : il sera aussi astrologue...

En fait, il est nommé professeur de mathématiques. C’est un enseignant déplorable : confus, bafouillant, sans autorité. Il préfère la recherche studieuse et solitaire. Attiré par la géométrie et les théories de Pythagore, il rêve de pouvoir expliquer la répartition des orbites planétaires à l’intérieur de polyèdres simples... une chimère qui le conduira plus tard à bouleverser l’astronomie. Il est toujours aussi pauvre. Pour mettre du beurre dans les épinards et faire publier ses travaux, il consent à monnayer des horoscopes et à écrire des prévisions astrologiques dans les almanachs. Lui qui se fait une si haute et si exigeante opinion de l’astrologie (son journal intime le prouve) se dégoûte lui-même de céder à ces pratiques mercantiles. Il passe ses nuits à faire de savants calculs et à rédiger son premier livre, le Mysterium cosmographicum (Le secret du monde).

L’homme au nez d’or et d’argent

Un jour, Kepler reçoit une lettre de Tycho Brahé. Fils d’une famille fortunée, alchimiste, astronome et astrologue de renom, grand voyageur, infatigable inventeur, constructeur d’instruments d’optique et observateur du ciel acharné, Tycho Brahé portait un nez d’or et d’argent pour remplacer celui de chair qu’il avait perdu dans un duel. A la suite de la publication de De stella nova, impressionnant compte-rendu de l’apparition d’une nouvelle étoile, le roi Frédéric II lui offrit une île au Danemark afin qu’il puisse y faire construire un observatoire astronomique.

Sitôt dit, sitôt fait. L’île s’appellera Urania. Tycho Brahé a besoin auprès de lui d’un assistant compétent. Ayant lu le livre de Kepler, il écrit à ce dernier pour lui proposer de collaborer à son Grand Œuvre astronomico-astrologique. Kepler accepte. De leur géniale et tumultueuse collaboration naîtra l’astronomie moderne. Les deux hommes sont parfaitement complémentaires. Tycho Brahé est un géant extraverti, bruyant, doté d’une excellente vue mais peu tourné vers les abstractions ; Kepler est un petit homme introverti, secret, baignant dans les nombres mais victime de sa myopie. Comme le souligne avec pertinence Henriette Chardak , "Kepler devient l’âme de Brahé, et Brahé devient les yeux de Kepler".

Le vagabond du firmament

Dès lors, entre Urania et diverses capitales d’Europe, Kepler, désormais marié et père de famille, vivra une existence de vagabond visionnaire. Tycho et lui rendront plus précises les éphémérides astronomiques, approfondiront la théorie héliocentrique de Copernic tout en continuant à se passionner pour l’astrologie et en faisant les thèmes des Grands d’Europe. En 1603, il formule la première loi qui fonde l’astrométrie moderne. Cette loi implique que les orbites planétaires sont des ellipses, et non des cercles.

C’est une véritable révolution, puisque depuis des millénaires, les astronomes étaient persuadés que les planètes se mouvaient sur des sphères parfaites. Kepler lui-même a du mal à admettre l’évidence de sa découverte. Ce n’est que deux années plus tard, en 1605, qu’il formule sa deuxième loi, qui démontre cette maudite réalité qui met en péril sa propre conception d’une géométrie cosmique parfaite créée par un Dieu parfait. En 1618 enfin, il accouche de sa troisième loi : il existe un rapport constant entre le carré de la période de révolution sidérale d’une planète et le cube de son demi-grand axe.

Pendant les mêmes années, il ne cessera d’approfondir ses connaissances en astrologie (il imaginera une nouvelle classe d’Aspects appelés Aspects kepleriens) et de la pratiquer, écrira le premier roman de science-fiction (un voyage sur la Lune)... et critiquera inlassablement l’irrationalisme et la sottise des astrologues et astronomes de son époque, ce qui ne lui fit pas que des amis. Après avoir traversé les à-pics et les abîmes d’une incroyable vie, pressenti les lois de la gravitation, révolutionné l’astronomie, dépoussiéré l’astrologie, il meurt à 59 ans, le 15 novembre 1630, non sans avoir rédigé, juste avant de basculer dans l’autre monde, l’épitaphe qui sera gravée sur sa pierre tombale : "Je mesurais les cieux, je mesure à présent les ombres de la Terre. L’esprit était céleste, ci-gît l’ombre du corps".

Accusé Kepler, levez-vous !

Pour un astronome moderne, Kepler est une sorte de monstre. Comment un mystique, un astronome et un astrologue ont-ils pu cohabiter à l’intérieur du même homme ? En notre époque friande de classifications binaires, un tel personnage semble impensable. Un scientifique peut à la rigueur faire part publiquement de ses préoccupations religieuses ou métaphysiques, mais un astronome qui déclarerait son intérêt pour l’astrologie porterait un coup fatal à sa carrière. Inversement, les astrologues considèrent généralement les astronomes comme de vulgaires techniciens matérialistes.

L’astronomie contemporaine est bien gênée par le profil de ses prestigieux ancêtres : Galilée, Copernic, Kepler, Tycho-Brahé s’intéressaient à l’astrologie ou la pratiquaient, et Newton était un passionné d’alchimie. C’est un peu comme si une famille puritaine, sobre et raisonneuse portait la tache d’un lointain grand-père bâtisseur d’empire, mais aussi coureur de jupons, alcoolique et halluciné. Dans ce genre de situation, l’hypocrisie ou le mensonge sont généralement de règle : puisqu’ils ne peuvent décemment pas le faire disparaître de l’arbre généalogique, les héritiers travestissent honteusement la mémoire de l’ancêtre. Pas question qu’il dépare dans la galerie des portraits de famille officiels.

En ce qui concerne Kepler, les astronomes du XXe siècle ont trouvé quelques explications simples pour justifier sa sulfureuse passion pour l’astrologie tout en préservant sa réputation de fondateur de l’astronomie moderne. A les entendre, Kepler aurait été un homme coupé en deux, à cheval sur les temps anciens magiques et superstitieux et les temps modernes rationnels et objectifs. Une partie de lui-même (la maudite) se complaisait dans les sornettes astrologiques, tandis que l’autre (l’idéale) ne s’intéressait qu’aux lois mathématiques de l’astronomie. D’autres vont encore plus loin : ils affirment froidement que Kepler ne faisait des horoscopes que pour gagner de l’argent : le prostitué astrologue permettait ainsi au vertueux et impécunieux astronome d’arrondir ses fins de mois. La simple lecture des écrits de Kepler s’inscrit en faux contre de telles accusations.

Mystique, astronome et astrologue

"Que l’un des fondateurs de l’astronomie moderne, Kepler, ait été aussi un astrologue convaincu, c’est là une sorte de scandale que révèlent les hésitations et les euphémismes de l’historiographie. A défaut de nier les faits, on en minimise l’importance : on considère qu’il s’agit d’une basse besogne, à laquelle l’astronome aurait consenti pour subvenir à ses besoins ; toujours ou presque, une nuance de regret se fait sentir, comme s’il fallait dévoiler, avec la tare secrète d’un des plus grands princes de la science, une tache honteuse sur la famille", écrit l’universitaire Gérard Simon .

Mystique, Kepler l’était résolument : "Ma mathématique sera toujours prête à proposer des plaisirs tout à fait dignes d’un Chrétien, des soulagements à leurs misères, soit à partir d’exercices astronomiques, soit à partir de la contemplation des ouvrages divins et de l’harmonie du monde". En étudiant les lois du cosmos, il cherchait à comprendre l’ordre divin.

Il revendiquait ouvertement son statut d’astrologue : "Mais si je parle de l’issue de mes recherches, qu’ai-je à trouver dans le ciel, je le demande, qui permette le moindre rapprochement ?... Le thème de naissance eut pour seul et unique effet d’attiser les feux de l’esprit et du jugement, de donner le courage d’un travail inlassable, et d’accroître le désir de savoir ; bref, il n’inspira pas la pensée ni aucune des facultés susdites, mais il les excita". Son approche de l’astrologie était raisonnée et surtout anti-fataliste : "De quelle manière la configuration du ciel au moment de la naissance détermine-t-elle le caractère ? Elle agit sur l’homme pendant sa vie comme les ficelles qu’un paysan noue au hasard autour des courges de son champ : les noeuds ne font pas pousser la courge, mais ils déterminent sa forme. De même le ciel : il ne donne pas à l’homme ses habitudes, son histoire, son bonheur, ses enfants, sa richesse, sa femme... mais il façonne sa condition".

Un mauvais procès en sorcellerie

"Même s’il critique la crédulité de ses contemporains et l’arbitraire des astrologues de son temps, observe Gérard Simon, jamais il ne remit en cause le bien-fondé de la possibilité de tirer des prédictions du mouvement des astres. Bien au contraire, il s’attacha à préciser leurs fondements théoriques dans plusieurs ouvrages, et dans certains d’entre eux, et non des moindres, il traite simultanément et sur un plan de dignité équivalent de problèmes astronomiques et de problèmes astrologiques". Contrairement à ce qu’affirment les astronomes contemporains, Kepler n’était donc pas coupé en deux. L’astrologue, le mystique et l’astronome cohabitaient chez lui dans une profonde harmonie.

C’est là une incontestable réalité, un fait incontournable. L’ancêtre Kepler dérange ses héritiers scientistes : "La distance entre ses normes et les nôtres, souligne Gérard Simon, apparait ici en toute clarté : comment pouvons nous lire en Kepler exactement le contraire de ce qu’il a écrit ? Le voir délirer quand il expliquait, être mystique quand il démystifiait, céder à la superstition quand il la combattait ? Il faut que la raison occidentale ait subi de singulières mutations pour que nous ne puissions même plus nous représenter les relations conceptuelles qui le poussaient à séparer le certain de l’incertain, le croyable de l’incroyable, et aboutir en toute rigueur aux conclusions qu’il défendait".

Ah ! Si seulement Kepler s’était contenté de s’intéresser à l’astrologie comme à un hobby original, un passe-temps incongru : les grands scientifiques ayant parfois de petites manies qui ne mettent pas en danger leurs recherches "sérieuses", on aurait pu discrètement le ranger dans cette rassurante catégorie... Mais ce serait là un énorme mensonge (que de nombreux scientifiques anti-astrologues n’hésitent pas à proférer pour intoxiquer l’opinion).

Pour une astrologie naturelle

"Kepler ne considère pas ses théories astrologiques comme moins importantes ou moins vraies que celles qu’il énonce en optique, en astronomie ou en cosmologie : à ses yeux, selon Gérard Simon, les unes et les autres poursuivent l’investigation d’un champ de réalité parfaitement homogène, celui des arcanes de la nature... Il faut toutefois préciser que les conceptions astrologiques de Kepler sont parfaitement originales. Parce qu’il veut découvrir les fondements naturels des prévisions qu’elles autorisent, il est critique non seulement à l’égard des prédictions de ses contemporains, mais du code traditionnel qu’ils suivaient pour interpréter les événements célestes".

Bref, contrairement à la plupart de ses contemporains, Kepler voulait fonder l’astrologie sur des lois naturelles et rationnelles. Une hérésie insupportable pour les anti-astrologues modernes qui préfèrent encore, à la limite et pour les plus "tolérants" d’entre eux, que l’astrologie se résume à un discours symbolique et imaginaire. Kepler ne mangeait pas de ce pain-là : "Dans tous les cas, sa démarche est la même : il exige des opérateurs de l’astrologie qu’ils soient compatibles avec une interprétation physique cohérente ; et quand c’est impossible, il en dénonce l’arbitraire".

En physique comme en astrologie, Kepler fut le premier à rejeter la conception aristotélicienne selon laquelle la nature serait constituée de quatre états basiques (chaud, froid, sec, humide) donnant naissance aux quatre Eléments (Feu-Terre-Air-Eau) : "Quoi qu’il en soit, et même si je me régale à bon droit de cette très ingénieuse imitation de la nature et de cette distribution des qualités entre Signes, je n’y attache quand même pas plus de prix qu’elle ne mérite ; et ce n’est pas parce que les premiers auteurs ont emprunté une loi à la nature pour leurs spéculations arbitraires, qu’en retour la nature des choses célestes s’est soumise en tout à leurs spéculations... Il apparaît plutôt de l’examen attentif des causes (des dénominations) que les Signes du zodiaque ont reçu le nom des éléments seulement en raison d’inventions arbitraires ; et qu’en réalité ils ne sont liés par aucune parenté particulière avec les éléments qui ont servi à les nommer".

Les horoscopes de Kepler

Oui, c’est vrai, Kepler faisait les thèmes des grands de l’Europe et écrivait des prévisions dans les almanachs populaires pour faire vivre sa famille. Il n’en était pas fier, mais il n’en était pas moins un astrologue authentique et rigoureux. Aujourd’hui encore, de nombreux astrologues, aussi authentiques et rigoureux que lui, sont eux aussi obligés d’écrire des horoscopes au kilomètre pour gagner leur vie : comme au temps de Kepler, l’astrologie sérieuse ne nourrit pas son homme, et les éditeurs sont beaucoup plus intéressés par les bénéfices commerciaux qu’ils peuvent tirer d’une astrologie racoleuse et sensationnaliste que par la promotion de l’astrologie savante.

Amis astrologiens, Kepler est notre grand-père commun. Les astrologues modernes revendiquent fièrement son héritage, convaincus comme lui que "L’astrologie est chez lui vivante parce qu’elle est un double structurel de l’astronomie... ; nier d’emblée, sans examen et sans nuances, qu’elle soit plausible, ce serait nier la validité de l’astronomie elle-même : car la possibilité de comprendre le monde en l’un et l’autre cas provient de la même source d’intelligibilité, qui est la parole de Dieu immanente au monde" (G. Simon).

Horoscope de Kepler

Ecrit par lui-même à 26 ans (extraits)

"Le destin sous lequel cet homme est né le condamne à passer presque tout son temps sur des sujets difficiles qui effraient les autres hommes... En astrologie il trouva beaucoup de choses qu’il croyait neuves, mais il s’aperçut sur le tard qu’on les avait déjà découvertes. Il fabriqua une sphère conforme à la nouvelle théorie... Mercure dans la Maison VII signifie rapidité et dégoût du travail, car lui-même est en mouvement ; le Soleil en sextile avec Saturne signifie soin et ténacité. Notre homme porte en lui cette contradiction ; il regrette sans cesse le temps qu’il perd et ne cesse d’en perdre par sa faute. Mercure lui donne l’amour de la plaisanterie, du jeu, des amusettes qui servent de récréation intellectuelle... Si Mercure est en aspect avec Mars comme c’est son cas, Mars le terrifie ; alors l’esprit devient trop rapide, porté à la colère, au jeu, aux distractions, à avoir des histoires, des querelles... Sa témérité est sans bornes, car il a Mars en quadrature avec Mercure et en trigone avec la Lune. Mais il tient quand même à sa peau et vivre dangereusement n’est pas son fort, sans doute parce que ses aspects de Mars ne se rapportent pas au Soleil...".

A l’époque où Kepler a vécu, les planètes Uranus, Neptune et Pluton n’avaient pas encore été découvertes. Il ne pouvait donc pas savoir qu’il était né sous une dominante Neptunienne (Neptune se levait à l’Ascendant en Gémeaux). Cela ne retire rien au fait que cet astronome des Larousse officiels n’a rien trouvé de mieux que l’astrologie pour faire son autoportrait.

Capricorne neptunien : un visionnaire en quête d’absolu

Lune-Neptune/Gémeaux : Lune et Neptune, ses deux premières dominantes planétaires, font de Kepler un intuitif, un inspiré au vaste imaginaire (Neptune) en quête d’harmonie et de plénitude (Lune), très largement ouvert sur le monde extérieur et ses mille facettes (Gémeaux).

Soleil-Mercure-Uranus/Capricorne : la conjonction Mercure-Uranus, elle aussi dominante, lui confère une vive curiosité, un tempérament ludique (Mercure) en même temps qu’une très grande rigueur (Uranus), le tout au service d’une quête des structures essentielles, d’une aspiration à l’absolu (Capricorne).

Opposition Neptune-Mercure : le mystique visionnaire (Neptune) ne fait pas toujours bon ménage avec le rigolo facétieux (Mercure). Lorsque Neptune domine, la perception de l’invisible rend difficile toute décontraction. Plongé dans son ressenti profond des mystères du cosmos, Kepler a du mal à prendre les choses à la légère... Lorsque Mercure domine, il évacue d’une pirouette malicieuse ses états d’âme et ses préoccupations métaphysiques, joue aux dés pour se distraire des mystères divins. Ouvert à tous les possibles, à toutes les hypothèses, il se méfie de ses intuitions...

Capricorne-Gémeaux : ces deux Signes de solstice incitent Kepler à rechercher de vastes synthèses qui permettent de dépasser les oppositions habituelles. Capricorne et Gémeaux, c’est le jour et la nuit : la durée nocturne est décroissante et dominante en Capricorne, alors qu’aux Gémeaux, c’est la croissance de la durée diurne qui prédomine. Kepler est donc à la fois rivé sur un absolu qui l’isole du reste du monde (Capricorne) et totalement perméable à l’univers extérieur (Gémeaux). D’où une alternance entre des attitudes de refus bourrus (Capricorne) et d’excitation épidermique (Gémeaux), entre la tentation du repli sur soi et celle de l’ouverture tous azimuts.

Mars trigone Lune, carré Mercure-Uranus : avec Mars trigone Lune, Kepler perçoit le réel comme une harmonie pré-établie (Lune) dynamique et vivante (Mars). Sous la dissonance Mars-Mercure-Uranus, toute tentative de communication (Mercure) a vite tendance à déboucher sur de violentes confrontations (Mars) dans un contexte cérébral exigeant et tendu (Uranus). Il y a par ailleurs un va-et-vient constant et éprouvant entre les hypothèses (Mercure), les théories (Uranus) et les faits (Mars)

Saturne en dernière position : ceux qui croient aux "maîtrises planétaires" seront surpris que Kepler, avec ses quatre planètes en Capricorne, ne soit pas saturnien. Mais d’abord, Kepler avait rejeté les maîtrises : "Mais il n’y a rien de plus honteux que le souci pratiquement unique de certains Astrologues, écrit-il, de distribuer douze domiciles entre les sept planètes par une sorte de crédulité puérile faisant fi de toute raison solide et philosophique, et de fabriquer des dominations, des bouleversements momentanés d’empires, comme s’il s’agissait d’une société humaine : c’est là l’origine de toute superstition Magique et Astrologique". Ensuite, il suffit de lire son auto-analyse astrologique : Kepler ne se décrit en rien comme un saturnien, mais comme un être qui perd son temps à force de divagations incongrues, de rêveries étranges et de goût du jeu, tous comportements qui n’ont rien de saturnien...

Article paru dans le n° 4 d’Astrologie naturelle (sécembre 1998).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



Imprimer cet article
Rechercher sur le site :

Répondre à cet article


Tous droits rservs. 2003 Richard Pellard reproduction interdite.
Le Webmaster : Franck Le Bozec
Site construit autour de l'application SPIP Squelettes du site. licence GPL

Documents Pour débutants Pour connaisseurs Théories générales L’anti-astrologisme Astro-Histoire Astro-physique Qui sommes nous ? Les planètes Astro-planètes Les aspects Interprétation Le zodiaque Portraits zodiacaux Pratique Les astro-entretiens de Françoise Hardy Consultations Astro-portraits de célébrités Publications Le Fil d’ARIANA Bibliographie Croquis de voyage d’un Sagittaire Panthéisme Nouveautés
maj :
dimanche 27 avril 2008
statistiques edition :
688 Articles
0 breve
1 1 site web
40 auteurs

statistiques visites :
318 aujourdhui
595 hier
139215 depuis debut