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Maurice Vasset, astrologue-soldat du général de Gaulle

La porte s’ouvre sur un studio-kitchenette au dernier étage d’un immeuble d’une petite rue de Paris. Maurice Vasset, quatre-vingt-cinq ans, bon pied, bon œil, le regard rigolard, truculent, pétillant de malice, m’accueille dans son antre tapissée de photos du général de Gaulle, d’une planisphère et de cartes du ciel. Sa collaboratrice Lucy nous rejoint. Résistant de la première heure, militaire de carrière, violoncelliste et chef de la musique de la 9e division d’infanterie coloniale, Maurice Vasset, alias Régulus, était l’astrologue du Général de Gaulle. Lucy nous sert un excellent schnaps alsacien qui titre pas moins de 70°. « Ma recette pour rester en forme ? Jamais d’eau », me confie le commandant en retraite, avant d’égrener les souvenirs d’une vie extraordinaire.



Richard Pellard. Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser à l’astrologie ?

Régulus. J’ai commencé à dix-huit ans, en 1934, en même temps que je m’engageais dans l’armée. Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup ça m’a intéressé, j’ai pris tous les bouquins d’astrologie que j’ai trouvés, et depuis j’apprends toujours ! En 1939, quant a éclaté la IIe Guerre Mondiale, je suis parti comme brancardier, et très vite j’ai été blessé. Je me suis retrouvé à l’hôpital puis en convalescence, ce qui m’a laissé pas mal de temps pour continuer à étudier l’astrologie ! Puis, voyant que les Allemands allaient tout envahir, je me suis sauvé et après un parcours chaotique, je me suis retrouvé à Dakar avec un régiment de tirailleurs sénégalais. Et là, j’avais à nouveau beaucoup de temps à consacrer à l’astrologie. Je faisais les thèmes des officiers supérieurs comme Raoul Salan ou de Lattre de Tassigny, et je peux vous dire qu’ils écoutaient attentivement le jeune astrologue que j’étais alors. Ensuite, j’ai pas mal bourlingué en Afrique, j’étais dans l’infanterie coloniale, je suis monté en grade, de sergent-chef brancardier je suis devenu adjudant-chef et chef de musique de mon régiment et, pour finir commandant, tout en ne cessant d’étudier et pratiquer l’astrologie — enfin, quand la guerre m’en laissait le temps.

Vous êtes donc aussi musicien ?

Mon père était contre-amiral et musicien et il y avait beaucoup de musiciens dans ma famille. J’avais de qui tenir ! J’ai commencé à faire de la musique à 9 ans. À 11 ans, je jouais du violon, très mal d’ailleurs. Alors à 12 ans je me suis mis au violoncelle et à 14 ans j’ai reçu le prix de Paris, en 1929. Ensuite, à l’armée j’ai appris le trombone et j’ai reçu le 2e prix de trombone en 1937. L’astrologie et la musique ont été de concert les deux grandes passions de ma vie. J’ai joué du violoncelle jusqu’en 88–89, mais depuis je ne joue plus. Mon violoncelle s’effrite lentement dans ma cave… Après maintes tribulations, mon régiment débarque en Provence, et là, à Toulon, après de durs combats, la fanfare que je dirigeais joue la Marseillaise tandis que le général de Gaulle passe en revue les troupes. Je me souviens bien, c’était le 28 août 1944, et comme il était de coutume, le général est venu serrer la main du chef de musique. C’était ma première rencontre avec lui. Le général de Lattre de Tassigny était présent lui aussi. Depuis 1943, il savait que j’étais astrologue. Je luis avais interprété son thème et il était très intéressé par l’astrologie. Il me présente alors au général de Gaulle : « Maurice Vasset, soldat, musicien et astrologue » ! De Gaulle m’a alors toisé de haut, d’un regard perçant. Il m’a dit : « Je vous verrai tout à l’heure », puis il est parti à la mairie de Toulon. Il a tenu parole et quelque temps plus tard, je lui ai remis sa carte du ciel. Il l’a regardée d’un air bizarre, avec une certaine suffisance, me l’a rendue et il m’a dit « Vasset, vous connaissez la musique ! ». Peu de temps après, je l’ai revu à Mulhouse, en novembre 1944. J’étais alors chef de bataillon. Je me souviens, il faisait très froid, tous les instruments de musique étaient glacés. De Gaulle, de Lattre de Tassigny et Churchill s’apprêtaient à partir pour Moscou où ils devaient rencontrer Staline. J’ai alors demandé à de Gaulle s’il voulait bien me signer un autographe au revers de sa carte du ciel natale. Il m’a regardé d’un air étonné, m’a souri puis il a écrit : « Vasset, vous êtes un bon soldat mais aussi un bon astrologue ». (Cet autographe a par la suite été authentifié par la Fondation de Gaulle). Puis j’ai continué la guerre … Enfin, cela a été le glorieux jour du défilé sur les Champs-Élysées, à la libération de Paris. Je l’ai revu à l’Élysée et je lui ai à nouveau parlé d’astrologie. Par la suite, j’ai souvent eu l’occasion de le revoir. Tout le monde pensait — surtout ceux parmi ses proches qui étaient anti-astrologie — qu’il s’entretenait avec le chef de la musique après les défilés. Et en fait, il s’entretenait avec l’astrologue !

Donniez-vous des conseils au général de Gaulle ?

Je lui donnais quelques conseils, je lui brossais le profil astro-psychologique de ministres, je l’avertissais des échéances astrales qui l’attendaient. Pendant la guerre, je lui disais : « Voilà, mon général, vous avez tel transit planétaire, compte tenu de votre situation, il y a de fortes probabilités que ça vous pousse à agir de telle manière et à prendre telle décision militaire, maintenant, c’est vous qui décidez ! ». En 1968 par exemple, je lui avais déconseillé de faire le référendum. S’il m’avait écouté… Mais vous savez, il ne faut pas exagérer l’influence que j’exerçais sur lui. De Gaulle était un homme libre et indépendant qui prenait tout seul ses décisions. Je pense qu’il se contentait d’enregistrer mentalement les informations astrologiques que je lui donnais, et d’en tenir compte parmi bien d’autres paramètres.

Y a-t-il beaucoup de militaires qui, comme vous, pensent que les astres ont une influence déterminante ?

De mon temps, oui, beaucoup ! Par contre Bigeard, que je connais, n’y croit pas du tout, lui ! De Lattre de Tassigny était vraiment très intéressé par l’astrologie. Comme il disait, « J’ai mon jardinier, mon photographe et mon astrologue ». C’était moi. Je le conseillais pour ses opérations militaires, mais comme de Gaulle, c’était lui qui prenait les décisions, ni moi ni les planètes.

Vous est-il arrivé de sélectionner vos musiciens en fonction de leur thème de naissance ?

Absolument pas. Jamais. Je ne mélangeais pas l’astrologie et la musique. Je conseillais les officiers, les généraux, c’est tout. Par contre, après la fin de la guerre, il m’est arrivé de conseiller de Gaulle sur le choix de certains ministres. Je ne vous dirai pas qui, je préfère garder le secret…

Je sais que de Gaulle se méfiait de Chaban-Delmas. Vous a t-il consulté à son sujet ?

(Une lueur d’amusement passe dans ses yeux). Top secret !

(Sa complice Lucy, qui nous ressert un verre de délicieux schnaps) : Allons allons, Maurice, Chaban-Delmas vient de mourir, tu as le droit de le dire, maintenant…

Régulus : Pour l’instant, ça reste top secret, c’est tout. (le regard malicieux, il sirote une gorgée de schnaps) : Plus tard, j’en parlerai peut-être… si je suis encore vivant ! Je suis heureux, quant à moi-même, d’avoir initié et formé Lucy à ma science astrologique. Elle deviendra plus tard mon porte-flambeau car elle est le reflet de tout mon savoir d’astrologue.

Lorsque vous avez pris votre retraite de l’armée, en 1970, vous avez décidé de devenir astrologue professionnel…

Effectivement, de 1970 à 1992 j’ai exercé la profession d’astrologue avec ma femme Lucie qui était voyante — une vraie, hein, c’est-à-dire qu’elle ne « voyait » pas à la commande 24 h sur 24, et encore moins par Minitel ou je ne sais quoi comme tous ces escrocs ! Le Tout-Paris défilait dans mon cabinet que j’avais appelé Régulus-Lucy : acteurs, hommes politiques, vedettes de la chanson. Ça marchait bien. Puis je me suis mis à enseigner. Au début, en 1984 j’avais 28 élèves, dont Lucie qui m’assiste et que j’ai rebaptisée du nom de ma femme quand celle-ci est morte, afin que sa mémoire perdure. Et en même temps, je faisais parfois de la direction d’orchestre : des opérettes, des symphonies. Je reste à votre disposition et je suis heureux pour ma fin de carrière d’avoir dit ce que j’avais à dire, et personne ne pourra m’en empêcher.

Pourquoi avoir choisi le pseudonyme de Régulus ?

J’ai pris ce pseudonyme un peu par hasard, peu de temps après ma première rencontre avec de Gaulle. Régulus, c’est une étoile de première grandeur, avec une grande luminosité, mais ce n’est pas non plus la plus brillante. Cela me convenait bien.

Quel regard portez-vous sur l’astrologie du haut de vos quatre-vingt cinq ans d’expériences ?

L’astrologie, ça va très loin… On ne donne pas de brevets d’astrologie à des gens qui n’ont que trois ou quatre ans de pratique. Qu’on le veuille ou non, l’astrologie repose sur des faits et des expériences. Moi, je suis un homme réaliste. Je me suis rendu compte que l’astrologie c’était concret, efficace. Comment penser que ces corps célestes soient sans action sur nous, alors que nous faisons partie du système solaire, du cosmos ? L’astrologie n’est pas un art divinatoire, mais une science méconnue. Depuis plus de soixante ans que je suis astrologue, je me suis rendu compte que beaucoup de soi-disant principes astrologiques étaient sans valeur et qu’il valait mieux que je me fie à mon sens de l’observation.

Pensez-vous que l’astrologie permette de prédire l’avenir ?

Foutaises ! L’astrologie ne peut rien prédire du tout ! Elle permet tout juste de repérer des tendances, des virtualités, de poser des hypothèses valables. Pour moi, le passé est la racine de l’avenir. Avec un consultant, il est indispensable de savoir d’abord comment il a vécu son thème dans le passé pour le conseiller dans le présent et essayer de détecter les lignes de force possibles de l’avenir. Mais on n’a que des probabilités, aucune certitude absolue !

J’ose à peine vous demander ce que vous pensez des horoscopes des magazines…

Et vous avez raison ! L’astrologie collective, les horoscopes des magazines, c’est de la fumisterie. D’abord, on ne peut rien prédire, on peut tout juste poser quelques bonnes hypothèses en ce qui concerne l’avenir. Et puis comment voulez-vous qu’il arrive exactement la même chose au même moment à tous ceux qui ont le Soleil en Bélier, par exemple ? C’est vraiment complètement débile. C’est comme l’astrologie horaire : c’est de la foutaise, c’est honteux. Une personne vient voir l’astrologue, elle lui pose son problème, l’astrologue fait la carte du ciel pour ce moment-là et lui donne la solution. Mais trois quart d’heure ou deux heures plus tard, le problème est toujours le même et le ciel a changé ! Ceux qui font de l’astrologie horaire sont des charlatans. Il n’y a rien à faire, pour faire de la bonne astrologie, même si on a un ordinateur pour effectuer les calculs astronomiques, il faut un entretien direct avec le consultant, qui vous apporte toutes les informations extra-astrologiques qui vous manquent pour interpréter correctement son thème natal.

Texte paru dans Astrologos n° 3, février 2001.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard


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