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| Publié le : 4 août 2004
1. Effets et contre-effets des images et représentations sur les faits et les idées
Le concept de communication entre symboles et signaux, de leurs possibilités d’échanges en mode duo-duel, fait partie des outils fondamentaux de la recherche conditionaliste. II est le principe même de cette recherche de déchiffrement des formulations des réalités subjectives et objectives, des informations qui en laissent trace, différemment exprimées selon les langages, philosophiques, scientifiques et mythologiques.
Une école qui n’attribue pas aux planètes un statut d’anges gardiens soumis aux lois de la gravitation, qui distingue, sans les séparer, le Ciel, l’Homme, la Terre, le non-vivant et le vivant, ne peut que se valider par ce postulat, en montrant sa fécondité. Plutôt que de céder un pouce de reconnaissance au signal, les ouailles moutonnantes préféreront croire, comme leur prêcheur les y invite, à notre rejet du symbolisme. II est notre matière première de travail. II est donc vital, pour un pape de l’anti-conditionalisme, de nous en interdire ou d’en nier l’existence dans notre approche. Car, mis en relation, le symbole et le signal se sont révélés plus enrichissants, pour l’explicative et la compréhension de l’astrologie, que les références exclusivement mythiques ou statistiques. Mais la communication n’implique pas une adéquation parfaite entre émetteur et récepteur. Des informations se perdent, se corrompent ou se déforment, et s’il est des symboles aux racines concrètes évidentes, les plus actifs le sont parce que leurs sources sont cachées, oubliées ou protégées par un dogme d’inviolabilité des symboles déifies, c’est-à-dire codés. A l’opposé, la momification des signaux est l’affaire des sciences conservatrices, perturbées quelquefois par quelque savant doublé d’honnête homme, constatant de partielles mais troublantes convergences entre les grandes théories scientifiques sur la création du monde et les mythes traitant du même sujet. Pour voir clair dans les ambiguïtés du langage, à partir du ternaire R.E.T. et à l’occasion des cours du CEFA (Centre d’Études et de Formation Astrologique), j’ai schématise les scénarios possibles entre symboles et signaux, concrets et abstraits, par la figure 1. La publication de ce schéma dans la revue Carré (1) et ses premiers commentaires remonte à décembre 73. Texte et schéma ont été repris dans Pour une astrologie moderne (Ed. Seuil. 1977)
Le nouveau schéma, fig. 2, utilisable, aujourd’hui et dans la suite de ces colloques, jusqu’à la création d’un meilleur, différencie symboles et signaux par leur qualité observée ou reconnue dans l’abstrait ou le concret, un dyptique qui se résume souvent au verbal et non-verbal, au conçu et au perçu. Il s’agit de modèles, de guides pour ne pas nous perdre sur la mer des confusions. Pour les mêmes raisons de clarté, je l’entrerai pas dans les lacis des exposés universitaires sur les distinguos entre signes, images, métaphores, symboles, icônes, représentations. Quitte à y revenir plus tard, en commençant par le plus urgent, j’ai adopté "signaux" plutôt que "signes", pour contourner les pièges des signifiants et signifiés qui ne mettent en question que les mots (les signifiants) en excluant leurs composants : des signaux concrets, aussi importants que les signifiés. A l’instant où je parle, un magnétophone n’enregistre pas le sens de mes propos mais les fréquences sonores et on reconnaît une voix indépendamment de la connaissance de la langue employée.
Les signaux peuvent ainsi être le vecteurs de "signes" connus ou inconnus, consciemment ou inconsciemment perçus. En astrologie, le R.E.T. circulaire est une figure d’équilibre changeant des parties d’un ensemble complexe et homogène. Son adéquation avec la psychologie et la dynamique des attitudes, donne d’excellentes raisons de penser que les gravités planétaires sont les signaux, porteurs non-conscients d’informations significatives pour l’homme, comme la théorie des âges le démontre. Dans cette communication, je ne traiterai que des symboles astrologiques abstraits et de leurs influences ou effets inconscients sur les diverses conceptions du zodiaque et des planètes. En d’autres mots : quel rôle jouent les images, les représentations symboliques ou logiques, dans notre compréhension de l’astrologie et de ses diverses théories ? Ce rôle est immense et nous allons voir comment des signaux issus du réel tangible parviennent à une fonction "solaire" auto-référente, entièrement coupée de son origine. Déification du cercle En astronomie d’observation, les signaux visuels sont d’une évidence incontestable, les seuls messages célestes, avant la marche sur la Lune et en dehors des météorites, qui nous soient accessibles. L’astrologie analogiste s’en est abondamment inspire pour justifier ou établir les significations planétaires. Citons, de mémoire, le rouge de Mars mis en rapport avec l’agressivité ; l’éclat de Vénus en analogie avec celui des bijoux et des désirs fous ; la lumière de Jupiter, maître des nuits, dominant les plus belles étoiles lorsqu’il est en opposition au Soleil ; la pâleur de Saturne, sa position au dernier rang du septénaire interprétée chez les Anciens comme le rang des ancêtres vénérables et chez les modernes comme celui des rebuts exécrables ; les brèves apparitions-disparitions de Mercure pour ses voltiges, ses affinités avec les gens pressés, qui ne font que passer. Les rosaces graphiques des rétrogradations et des mouvements planétaires ont donné lieu à des analogies géométriques et arithmosophiques. A partir d’Uranus, les références astrométriques s’amenuisent ou disparaissent. L’invisible à l’œil nu contemporain devient le symbole commun aux planètes au-delà de Saturne, et pour leurs significations les analogistes se rabattent sur les noms des dieux qui n’ont pu être donnés au hasard ; puis de leurs noms à leurs mythes... accommodés à des complexes en prêts-à-porter, définitivement déracinés des racines concrètes de la mythologie. Bien avant les planètes, parfois en les ignorant tout-à-fait, toutes les civilisations anciennes ont déifiés le Soleil et la Lune, en transposant les phénomènes concrets qui les différencient en couples d’opposés complémentaires, tels le Roi et la Reine, le public et le privé, l’incorruptible divin au-delà de l’orbite lunaire, le corruptible humain du monde sublunaire. De nos jours, le couple de contraires présente comme une "dialectique" est celui du Féminin-Masculin ; celui du changement, associé aux phases de la Lune est opposé à la constance souveraine du Soleil. Les "anthropocosmomorphistes" ne se sont pas privés d’accrocher leur machisme sexiste au tandem changement-permanence du couple Lune-Soleil. La Lune s’est chargée des caprices de femmes et d’enfants, primitifs irresponsables devant la charge de la permanence solaire, héros mâle et triomphant fixant son destin lumineux d’est en ouest (2). A choisir entre la Lune et le Soleil, pour illustrer une transposition flagrante de signal en symbole, le Soleil est imparable. Source de chaleur et de lumière, il est difficile de ne pas voir qu’il est ainsi une source de vie pour toutes les espèces terrestres, diurnes ou nocturnes car les nocturnes appartiennent à la même chaîne : un écosystème sous la férule des cycles de transformations de l’énergie solaire. Il n’était pas nécessaire de connaître rationnellement les cycles naturels pour magnifier le soleil et porter aux nues, où il se trouve, tout ce qui s’associe a son image : le disque, le cercle, l’anneau, le centre. Ainsi, "D’après les philosophes platoniciens et néoplatoniciens, le cercle représente la forme parfaite par excellence... Les systèmes mystiques représentent souvent Dieu comme un cercle dont le centre se trouve partout la circonférence nulle part (3)". La déification du cercle, en conséquence logico-symbolique de celle de l’image du soleil, a longuement pesé sur les conceptions philosophiques et savantes. Les orbites planétaires ne pouvaient être que des cercles ou des combinaisons de cercles. J. Kepler a du combattre ses préjugés favorables aux figures circulaires avant d’aboutir aux ellipses, figures qu’il a qualifiées d’impures : "Kepler avait reconnu que, positivement, les planètes se mouvaient en ellipses selon des vitesses déterminées. Mais en dépit de toutes ses théories des forces interplanétaires, il ne pouvait élucider le mystère de ces orbites insolites. Elles n’entraient pas intelligiblement dans le cadre de son système. ’Encore un tombereau de crottin, soupirait-il, pour éviter au système une charge de crottin plus grande encore’ (3)". Les conditionalistes noteront que centre et foyers sont confondus en un seul point pour une orbite théorique parfaitement circulaire, alors qu’une orbite réelle, elliptique, ajoute deux foyers à son centre géométrique, un plein, occupé par la masse attractive, un vide à l’attention des astrologues métaphysiciens. La dynamique du réel brise apparemment une harmonie formelle, et J. Kepler est passé de l’unique au duel, en analysant le mouvement de Mars (duo-duel de l’existence) sous un transit de Neptune conjoint à Mars natal, planète en fin de hiérarchie à sa naissance, Neptune étant, au contraire, au premier rang. Aussi indissociable que la Terre du Soleil, le carré induit le cercle comme le cercle induit le carré, symbole cartésien d’incarnation humaine, d’ordre constitutif, de structure (mandala) conjurant le chaos. Le cercle est au Ciel, dans le signal concret de sa forme solaire, le carré est sur Terre, dans la croix des points cardinaux et des quatre horizons. On oppose ou on conjugue cercle et carré en figures magiques ou artistiques. Les figures dérivées du cercle (points, étoiles rayonnantes, demi ou quarts de cercle ), et celles dérivées du carré, la croix notamment, sont devenus les composants géométriques de base des idéogrammes planétaires et la principale, voire l’unique référence des fondements des significations astrologiques. L’astrologue A. Massotte a publie dans les Cahiers Astrologiques (1939 - numéro, référence perdue) (5) la traduction d’un article "Sur le sens et l’origine des Symboles des planètes". L’auteur, Von Bressendorf, astrologue allemand, frère jumeau devant les astres de Karl Ernst Krafft (1900-1945), ne demande rien à l’astronomie. A défaut d’orbites, de cycles, de masses, d’attractions mutuelles, les combinaisons de cercle, demi-cercle, croix et demi-croix, suffisent aux graphismes des planètes et à leur profonde compréhension : Ce Ternaire apparaît clans les différents symboles des Planètes, notamment dans les combinaisons de circonférences et croix, de demi-circonférence et croix, et de circonférence, demi-circonférence et croix.
L’union de la demi-circonférence et de la croix, donc de l’âme et de la matière, de la Force et du Corps, est réalisée avec les signes de la Lune, de Jupiter et de Saturne. Dans le symbole lunaire, signe (78), à la pure demi-circonférence, nous reconnaissons l’indivisible Principe Créateur, l’Ame, le Moi en personne. Le symbole de Jupiter place la demi-circonférence au-dessus de la croix, signe (79). On y voit de façon évidente l’Ame surmontant la Matière, mais gardant encore sa forme matérielle. Les forces et les sensations de l’âme atteignant presque déjà au Spirituel, mais restant encore liées à la Matière. Le symbole de Saturne laisse la demi-circonférence dans l’ombre de la croix, l’Ame dans celle du Corps. Saturne est donc la planète de l’Ame alourdie par la matière, la planète des obstacles intérieurs et extérieurs, du Destin, du Karma. La combinaison des trois éléments ensemble : Esprit, Force et Corps apparaît enfin dans les symboles des planètes Mercure, Uranus et Neptune - à l’origine seulement chez le premier, mais plus récemment aussi dans les symboles mystiques des deux ’étoiles mouvantes modernes’ introduits dans l’Astrologie par Bailey. Mercure montre, signe (50), une union des principes de l’être humain qui fait connaître la matière par l’Esprit et l’Ame, et réserve ainsi le plus haut rang à la force animique. De ce fait, l’homme mercurien est imparfait puisque, chez lui, l’intellect même possède une supériorité qui ne lui convient pas. Chez lui, l’Ame est placée est au-dessus de l’Esprit. Neptune, dans son symbole mystique (80), met l’Esprit sur le plan inférieur : l’Ame, par contre, a sa place convenable en tant qu’organe d’union, mais la Matière en position dominante. Il est ainsi le signe d’une inversion complète : la Matière dompte l’Ame et l’Esprit. Base originelle la plus lointaine de la formation cosmique... Uranus, par contre, montre dans son symbole mystique (83), où l’Esprit, l’Ame et le Corps suivent dans l’ordre naturel, l’image de l’homme parfait, de la Force spirituelle ou Génialité dominant le Corps. Sindbad, dans les ’Éléments’.
La symbolique de l’auteur illustre la dépendance, variable selon les tempéraments, de toute connaissance aux contingences politico-économiques d’une époque. Von Bressendorf n’est qu’un représentant d’un courant d’astrotypologie raciste qui, avec ou sans manipulation de cercles, croix et demi-cercles, n’a pas desemparé. Il s’est répandu dans les publications des générations sensibles au mythe de l’Homme supérieur, invariablement uranien dans une littérature astrologique qui n’a pas changé grand chose au Saturnien "alourdi par la matière", au Marsien "instinctif’" au Neptunien ’inverti’, tandis que, pour compenser ces rebuts de la société des astrologues, Vénus, Jupiter, Soleil rayonnent dans la spiritualité. Toujours en vigueur, l’astrofreudisme, sur fondements sexo-scatologiques, projette sur le groupe Pluton, Saturne, Mars, Neptune, le crime, l’échec, les perversions, toute la gamme de ses phobies et, peut-être, (soyons freudiens) ses aspirations refoulées. En conditionalisme, les fonctions planétaires sont adaptées ou inadaptées ; elles ont toutes leur qualité d’ombre et de lumière, et les fonctions "héroïques" des planètes "non-R’" qu’ont disqualifié les pseudo spiritualismes, ont largement été illustrées par les analyses de biographies, absentes des enseignements de l’astrologie élitiste. Astrologue, sociologue, pédagogue et médecin suisse, Adolphe Ferrière (décédé) a laissé une œuvre importante et originale sur les Types psychologiques. Sa caractérologie "typocosmique", établie en collaboration avec Krafft, est surtout zodiacale. Pour les planètes, la compréhension des types astraux épouse celle du graphisme des planètes et de leur symbolique, plus nuancée que chez Bressendorf. D’une interprétation différente, elle sublime le graphisme raciste de Bressendorf dans l’élitisme éclairé et éclaireur de la typocosmie. Ses astrologues en seront les guides, démocrates et pédagogues inspires ; une nouvelle classe d’"instituteurs prométhéens", car le fantasme de l’individualité supérieure et uranienne reste vivace. Vision généreuse, ou l’on voit l’utilisation idéologique du symboliste, sans trace d’astrométrie élémentaire. Les planètes typologiques de V. Bressendorf et A. Ferrière n’ont pas d’autres indices concrets d’identité que leurs dessins abstraits érigés en symboles universels aux significations changeantes selon leurs auteurs. André Le Bœuffle, professeur émérite à l’université d’Amiens, spécialiste réputé de l’astronomie antique, accorde aux idéogrammes des origines qui nous rapprochent davantage du réel sensible. On en juge par cet extrait de son Astronymie (6) : Les Planètes
On ne saurait être plus concret, la référence étant, toutefois, plus mythologique qu’astrométrique. Les interprétations contradictoires ne démontent pas les symbolistes radicaux. Elles viennent, rétorquent-ils, de la vocation polyvalente du symbole. . . Réponse ad hoc, digne du médecin de Molière : ("Voilà pourquoi votre fille est muette". D’aucuns, audacieux, soutiennent que le Soleil est sphérique comme le symbole de la perfection, non pas pour des raisons trivialement physiques, mais pour illustrer la puissance créatrice du symbole en qui tout se tient. II est admirable que l’on tente et que l’on réussisse, même en trichant un peu, à créer un système de symbolisations graphiques avec un minimum d’éléments. La recherche des représentations abstraites est une activité noble et difficile de l’esprit humain. Mais lorsque ces représentations repoussent les réalités qu’elles devraient mettre en valeur, on est en droit d’en contester la pertinence et de retourner aux signaux oblitérés par une fixation à leurs hiéroglyphes. Pour les planètes, l’exploitation de leurs graphismes substitués aux corps planétaires a coupé l’astrologie de ses fondements naturels. Ce n’est pas un petit paradoxe que celui des astrologues symbolistes utilisant des éphémérides, comme si la mécanique céleste et le laxisme symboliste ne faisaient qu’Un. La logique symboliste vous répondra que le symbole n’est pas tenu a être logique. C’est logique. Le zodiaqueLe graphisme des Signes du zodiaque s’est prêté, tout autant que celui des planètes, à des spéculations métaphysiques, variables en qualité et intérêt selon des auteurs qui partagent une indifférence commune pour les définitions astrométriques. Les interprétations les plus intéressantes reviennent à M. Senard, astrologue dans la mouvance de la typocosmie, auteur d’un volumineux ouvrage sur le Zodiaque (7). Je vous livre, par quelques extraits, son explicative des idéogrammes du Bélier, de la Vierge et du Scorpion : Forme hiéroglyphique - Celle de l’organe mâle, celle des deux premiers rudiments végétaux sortant de la graine ; celle du triangle dont la base est en haut, ou la moitié inférieure du sceau de Salomon qui signifie la substance, en laquelle se reflète l’Essence, le Principe manifeste. La lettre A représentant le "Principe créateur", son inversion V signifie son "reflet dans la substance qu’il pénètre". Hiéroglyphe, étymologie, numérologie - A lui seul, l’hiéroglyphe de la Vierge contient toute sa signification. Il représente la lettre M qui symbolise l’Eau de l’Abîme primordial dont le souffle de l’Esprit fit naître l’Univers... L’hiéroglyphe exprime donc le sens de : potentialité universelle, Mère et Fils, fécondité, extension individuelle infinie, mouvement sans limite, aspiration magnétique vers l’Esprit, faculté de connaître, pensée, sagesse, libération. La fécondité illimitée du mouvement vers l’Esprit, la libération de l’être par la pensée, caractérisent particulièrement la faculté de l’intelligence au sens de Manas qui est non seulement la faculté intellectuelle, mais comprend aussi d’autres modes de perception : sensibilité intuitive, volonté, compréhension, jugement. Hiéroglyphe - L’hiéroglyphe du Scorpion est un M, dont le dernier jambage se termine par une flèche ou un dard. La lettre M est androgyne ; elle symbolise l’Eau Primordiale dont toutes choses sont issues et dont l’hiéroglyphe égyptien est une succession d’M. - La flèche ou le dard signifie souffrance, mort, blessure. L’M flèche exprime le retour "à l’état primordial par la souffrance et la mort’". J’ai choisi la Vierge et le Scorpion pour leur "M" en finale barrée ou retournée dans l’hiéroglyphe de la Vierge, prolongée dans celui du Scorpion. Chez un obsédé qui fait autorité, le "M" de la Vierge, loin de représenter le "mouvement vers l’Esprit", évoque le mouvement moins ascensionnel d’une fin d’intestin bouché par un complexe anal retenu. Sa dialectique, le complexe anal relâché, se justifie, en Scorpion, par la finale extravertie du "M" hiéroglyphe. Le symbole étant polyvalent, bien que ce Signe soit féminin et froid, l’érection de la finale "M" convient également au dard de son ardeur sexuelle. Parmi les lectures contradictoires des hiéroglyphes zodiacaux, celle d’A. Ferrière, élitiste humaniste, place la Vierge au plus bas de l’échelle des valeurs spirituelles, incompatibles avec les tendances rationalistes (8) attribuées au Signe. Une roue qui tourne sans avancer Les figures en carré des anciens horoscopes et de quelques écoles contemporaines nous rappellent que le Ciel s’exprime dans un cadre terrestre. Le cercle a pris le dessus pour des raisons pratiques et probablement aussi pour sa symbolique attractive. L’idée engendrant l’image et l’image engendrant l’idée, avec la représentation circulaire, le Sujet "solarisé" se place au centre du thème et du monde comme un point fixe, rivé on ne sait où, sinon sur le papier, égo et géocentrique. La déambulation des symboles planétaires reportés sur le zodiaque circulaire suggère un univers tournant autour de soi. De son côté, l’Ascendant fixe, à gauche d’une ligne droite fléchée figurant l’horizon ou les Signes se lèvent successivement, évoque une roue qui tourne sans avancer : la roue du destin. Autres conséquences des représentations graphiques sur les représentations mentales :
En s’identifiant au centre du schéma horoscopique, le Sujet ne peut être que le héros principal de l’Univers qui l’entoure à la naissance. II est "ciblé" à l’instant même où il naît. Abusés par cette représentation du ciel, peu d’astrologues ont mis en doute l’instantanéité du destin. Avant la photocopie, l’idée du cerveau photographiant le ciel par l’ouverture des fontanelles avait de chauds partisans. G. Wachsmuth, cité dans l’article de Von Bressendorf paru dans les Cahiers Astrologiques, introduit la variante du moulage : "... Si l’on prenait un moulage du cerveau de l’enfant au moment où il nait, et si, à ce même moment, on faisait un moulage ethérique de la voûte céleste telle qu’elle se trouve au-dessus du lieu de la naissance, on obtiendrait deux formes exactement correspondantes...". Délaissant la photographie et les arts plastiques, un moderne parle "d’informations engrammées". Toutes ces hypothèses sont induites par la représentation du thème en vélodrome ou vélodrame astral, en roue fixe tournée par le Soleil et les planètes, ou tournant sur son axe sans avancer : l’instant en devient éternel et la fatalité se réduit au Sujet, unique créateur des événements qu’il porte en germe depuis sa naissance, si ce n’est bien avant. Ces conceptions vont de pair avec les schémas et les idées schématiques qu’ils engendrent ou qu’elles ont engendrées. Elles renforcent, sans restriction, le mythe de l’individu coupé de son contexte et de ses semblables, l’aberration d’un égo-géocentrisme absolu.
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Jean-Pierre Nicola
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