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| Publié le : 14 octobre 2004
Astrologie et rythmes biologiques
Antoine-Laurent de Lavoisier (1743-1794) est considéré comme le fondateur de la “chimie moderne”. Il énonça les lois de “conservation de la masse et des éléments chimiques”. Lavoisier, en tant que natif de la Vierge était, plus que d’autres, sensibilisé aux problèmes de constance, de maintien, de conservation ou de persistance (Lenteur d’excitation, L+ de l’été). Un autre “savant”, peut-être moins connu du grand public, s’est aussi intéressé aux problèmes de constance, maintien ou conservation : Claude Bernard. Natif du Cancer et sensibilisé aux mêmes problèmes que Lavoisier (L+ de l’été), ce physiologiste français (1813-1878) formula au XIXe siècle la “théorie de la constance du milieu intérieur” pour laquelle “les mécanismes vitaux... n’ont qu’un but, celui de maintenir constantes les conditions de vie dans le milieu interne”. Cannon nomma cette théorie “homéostasie” et lui donna des lois qui furent très souvent considérées comme vérités absolues. L’homéostasie postule que “chez les êtres vivants, toutes les régulations doivent conduire à un état d’équilibre et à une situation constante”. On sait aujourd’hui que l’environnement interne est constamment changeant et que “l’activité rythmique est une propriété fondamentale de la matière vivante”. Chez les animaux les plus évolués, une relative constance du milieu intérieur doit certes être maintenue, mais l’activité de ce milieu est elle-même variable, ce qui va à l’encontre de ce que pensaient les partisans de l’homéostasie stricte. L’étude scientifique de cette activité rythmique (rythmes biologiques) a donné naissance à la “chronobiologie”. La chronobiologie a montré que l’activité humaine a ses rythmicités et que chaque individu a ses rythmes propres. On peut classer ces rythmes selon leur fréquence ou leur période :
“L’existence de rythmes circadiens (dont la période est d’environ 24 heures) et de rythmes circannuels (dont la période est d’environ un an) implique la prise en compte des phénomènes périodiques de l’environnement liés à la rotation de la Terre sur son axe d’une part, et autour du Soleil d’autre part. Cependant, la nature des relations entre les rythmes de l’environnement terrestre et les rythmes biologiques n’a été clairement comprise qu’à partir de 1954”. L’analyse d’une variable physiologique révèle souvent l’existence de plusieurs rythmes biologiques : ultradiens, intradiens et circadiens. Ainsi l’activité cardiaque chez l’homme se manifeste suivant des rythmes d’environ une seconde, d’environ 24 heures et d’environ 1 an. Cette multiplicité de la prépondérance de plusieurs rythmes biologiques n’est pas le propre de l’activité cardiaque. Elle se retrouve dans le comportement sexuel (de l’homme), la variation de la température du corps humain ou encore les rythmes des variables endocriniennes. Dès sa naissance, le nouveau-né a une activité rythmique. Bien qu’essentiellement du domaine ultradien, elle deviendra plus ou moins rapidement circadienne. “Hellbrügge a pu montrer que le passage de l’ultradien au circadien se produit à des âges de développement différent d’une variable à une autre : vers 4 à 6 semaines pour le rythme veille-sommeil ; vers 2-3 mois pour celui de la température corporelle ; vers 3-5 mois pour ceux de l’excrétion rénale de l’eau et des électrolytes”. A propos, les âges de 4-6 semaines, 2-3 mois ou 3-5 mois ne vous rappellent-ils rien ? “Nous avons donc, d’un côté, des rythmes biologiques appartenant en propre à l’organisme..., et nous avons d’un autre côté, des facteurs de l’environnement qui varient aussi de façon périodique et qui sont susceptibles d’influencer ces rythmes (c’est moi qui souligne). On appelle “synchroniseurs” ou “Zeitgeber” tout facteur dont les variations périodiques sont susceptibles de modifier la période et/ou la phase d’un rythme biologique”. Chez la plupart des espèces animales et végétales, c’est l’alternance du jour et de la nuit qui est le synchroniseur (cosmique) le plus important. Chez l’homme par contre, c’est l’alternance activité-repos de la vie sociale qui jour le rôle de synchroniseur prépondérant. Ce qu’il faut savoir, c’est que les synchroniseurs cosmiques et/ou socio-écologiques ne créent pas les rythmes biologiques, mais ils les influencent. La rotation de la Terre, par exemple, ne sert qu’à synchroniser les rythmes biologiques. De même que “le ciel ne donne pas à l’homme ses habitudes, son histoire, ses enfants... mais (qu’) il façonne sa condition” (Kepler), de même les synchroniseurs (externes) structurent ou façonnent les rythmes biologiques. Pour l’être humain en particulier, l’influence des synchroniseurs ou horloges externes est à mettre au conditionnel... Les travaux des chercheurs en chronobiologie ont mis en évidence le caractère endogène (du grec endon, en-dedans et genos, origine) des rythmes biologiques. Nous savons aujourd’hui qu’il existe un mécanisme interne qui assure le déclenchement et le maintien de ces rythmes biologiques : l’horloge biologique. Cette “horloge biologique” est synchronisée (j’allais dire conditionnée...) par les rythmes cosmiques et les rythmes socio-écologiques. Un exemple bien connu de l’importance du conditionnement des synchroniseurs de nature cosmique sur les rythmes biologiques humains se manifeste sous la forme d’une dépression dite saisonnière ou S.A.D. (Seasonal Affective Disorder). Cette dépression apparaît chez certaines personnes, en automne surtout et en hiver, lorsque la durée du jour décroît et reste inférieure à celle de la nuit. Les médecins traitent ce dérèglement par un fort flux lumineux possédant le spectre complet de la lumière solaire. Si chez l’être humain les synchroniseurs cosmiques exercent une influence non négligeable, les synchroniseurs socio-écologiques tels que l’alternance activité-sommeil ou bruit-silence jouent un rôle prépondérant. Chaque homme a sa propre “horloge biologique” liée à son patrimoine héréditaire et conditionnée par les rythmes cosmiques, et ses habitudes de vie. Parmi les membres de la communauté scientifique qui se préoccupent au plus haut point de ces fameuses “horloges biologiques”, il y a sans aucun doute possible les gérontologues. La seule certitude que nous ayons lors de notre venue au monde, c’est qu’un jour nous disparaîtrons. Certes, tous les êtres vivants ne sont pas logés à la même enseigne. Entre l’insecte éphémère adulte qui ne vit que deux ou trois jours, la tortue des Galapagos qui peut dépasser largement les 150 ans et le pin de l’espèce Pinus Aristota qui peut vivre 5000 ans, la durée de vie moyenne diffère considérablement. Au niveau de la cellule également, on constate d’importantes différences. Il existe en réalité trois types de cellules chez l’organisme vivant adulte :
Cependant, malgré les différences considérables de leurs durées de vie, les cellules elles aussi un jour cessent de fonctionner. Il existe pourtant dans tout organisme vivant un composé essentiel qui paraît “éternel” : c’est l’A.D.N. ou acide désoxyribonucléique. Ce porteur de l’information génétique a la faculté de se répliquer indéfiniment pour autant qu’il dispose d’éléments indispensables pour fabriquer de nouvelles copies de lui-même. C’est par la reproduction que “l’immortalité” de l’A.D.N. est assurée, et tout se passe en fait comme si celui-ci utilisait les êtres vivants pour se perpétuer. Le but poursuivi par les gérontologues est finalement d’allonger la vie afin d’atteindre l’immortalité de l’A.D.N. Bien entendu, si un organisme vivant finit un jour par mourir, c’est que la vie cellulaire s’arrête. Chez les organismes pluricellulaires, il semble bien que “la mort cellulaire est programmée”. On pense que la cellule reçoit “un signal extérieur” qui lui donne, si l’on peut dire, l’ordre d’arrêter de fonctionner. L’hypothèse la plus vraisemblable quant à l’origine de ce signal extérieur est qu’il émanerait d’une “horloge interne” qui règle le temps de survie de la cellule. Pour Hayflick, de l’université Standford, “l’horloge biologique se situe dans le noyau de chaque cellule”. Dans cette hypothèse (de type “T”), nous posséderions un nombre considérable d’horloges biologiques. Par contre, pour Denckla, de l’institut de biologie moléculaire Roche, il n’y a qu’une seule horloge biologique (hypothèse “R”), et celle-ci, de nature hormonale, se trouve dans le cerveau. L’hypothèse de Denckla semble corroborée par le rôle prépondérant que joue l’épiphyse ou glande pinéale dans le maintien et le contrôle des rythmes circadiens. Cette glande semble directement influencée par l’intensité lumineuse du milieu environnant. Lorsque la lumière atteint l’œil, des impulsions nerveuses sont envoyées depuis la rétine jusqu’à une partie du cerveau appelée hypothalamus. Des signaux chimiques parviennent alors à l’épiphyse. Celle-ci contrôle la production d’une hormone : la mélatonine. Durant la nuit, l’épiphyse contient beaucoup de mélatonine et peu de sérotonine, une autre hormone. Durant la journée par contre, la quantité de sérotonine est largement supérieure à celle de la mélatonine. La mélatonine peut agir sur le comportement et sur le plan médical on va s’en servir pour traiter des affections du dérèglement des rythmes biologiques : troubles du sommeil, du décalage horaire ou S.A.D. (l’exposition à un fort flux lumineux inhibe la production de mélatonine). On a dit de la glande pinéale qu’elle jouait le rôle d’une horloge biologique fondamentale, une masterclock. On sait aujourd’hui qu’elle ne contrôle pas tous les oscillateurs circadiens. Les faits expérimentaux relatifs aux horloges biologiques montrent que :
Le fait de posséder plusieurs horloges internes (hypothèse “T”) n’exclut nullement que pour être efficaces (“E”), elles soient sous la dépendance d’une horloge centrale (hypothèse “R”). Les horloges biologiques pouvant différer d’un hémisphère cérébral à l’autre, on peut émettre l’hypothèse (absurde...) d’horloges muettes, poétiques et irrationnelles siégeant dans l’hémisphère droit, et d’horloges bavardes et logiques siégeant dans l’hémisphère gauche. Après tout, pourquoi pas ? Enfin, nos différentes horloges ne seraient pas uniquement sous la dépendance du cerveau archaïque, mais également sous celle du néocortex. Le fait que l’homme puisse synchroniser ses rythmes circadiens en fonction des exigences socio-écologiques plaide en faveur d’un contrôle, au moins partiel, des horloges internes par le néo-cortex. Dans son Traité du vivant, le biologiste J. Ruffié distingue trois plans d’adaptation au vivant :
On reconnaît “dans l’ordre, les trois niveaux du R.E.T. : le niveau génétique relève du "T" (puissants conditionnements inconscients, long terme), le niveau physiologique du "E" (réactions concrètes à l’environnement, moyen terme) et le niveau culturel du "R" (sensibilisation aux normes et modèles culturels, court terme)”. La synchronisation chez l’homme des rythmes circadiens en fonction des exigences socio-écologiques et sous la dépendance du néocortex évoque, parmi les trois plans d’adaptation cités par Ruffié, le niveau culturel ou niveau “R”. En simplifiant à l’extrême, on peut concevoir que le “niveau physiologique” ou niveau “E” est sous la dépendance des horloges situées dans le cerveau archaïque et que le “niveau génétique” ou niveau “T” dépend directement de la multitude des horloges biologiques cellulaires. Le système nerveux joue donc un rôle fondamental dans le contrôle des principales horloges biologiques. Ce même système nerveux doit être également considéré comme le récepteur privilégié des influences planétaires. Comme le disait déjà Jean-Pierre Nicola il y a plus de trente ans : "Seul un système différencié, d’extrême sensibilité, réagit aux variations subtiles du milieu. Le système nerveux, les centres assurant le conditionnement (écorce cérébrale et noyaux sous-corticaux) paraissent indiqués, à tel enseigne que l’on ne saurait parler d’influences zodiacales et planétaires pour les organismes inférieurs (le retentissement de ces influences serait en tout cas limité)”. Selon C. Balaceanu et E. Nicolau, le système nerveux doit disposer d’un moyen de mesurer le temps . Il agit en quelque sorte comme une montre ou une horloge biologique. Parmi les rythmes exogènes les mieux connus, il y a certes ceux dus à la rotation et à la translation de la Terre. Cependant, “en dehors de ces deux rythmes exogènes il doit y en avoir d’autres insuffisamment mis en évidence. Les fluctuations périodiques de la température, certaines évolutions périodiques des phénomènes météorologiques, les radiations cosmiques, les phases de la Lune, les taches solaires, imposent aux neurones des périodicités qui doivent être prises en compte si l’on veut un modèle du cerveau”. “Un jour sans doute, avec les progrès de la chronobiologie et une meilleure connaissance du système nerveux humain, c’est la neurophysiologie qui démontrera la réalité du fait astrologique”. Rythmes infradiens, rythmes circadiens, rythmes ultradiens, horloges externes, horloges internes, système nerveux, etc., voilà sans doute les domaines de la recherche scientifique qui feront qu’un jour la réalité astrologique semblera aussi évidente que celle de l’attraction universelle. Maurice Worme, décembre 1997 Notes :
Article paru dans le n° 9 du Fil d’ARIANA (avril 1998). Cet
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Maurice Worme
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