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Françoise Hardy, Capricorne amoureuse malgré tout

« Partir quand même… » : il y a quelques années, Françoise Hardy faisait ses adieux à la chanson.Plus envie de faire des disques. Marre d’un showbiz de plus en plus frelaté. Besoin de se consacrer davantage à ses autres passions : l’astrologie, la graphologie, la psychologie, la recherche spirituelle. On la croyait perdue pour la cause de la ritournelle sentimentale et mélancolique. En 1995, Uranus transite son Soleil natal en Capricorne : un an plus tard, elle revient sur les ondes avec un album-culte, le meilleur qu’elle ait jamais enregistré : Le Danger. Treize chansons sombres, douloureuses, menaçantes. Les mots d’un voyage en enfer sur fond grondant de guitares orageuses, dans un climat de fin du monde… « Les chants désespérés sont les champs les plus beaux », disait Musset. Exact : le désespoir de Françoise a accouché d’un chef d’œuvre.



Portrait théorique de Françoise Hardy

Ce micro-portrait ne fait qu’esquisser une interprétation très simplifiée des configurations zodiaco-planétaires dominantes et de la planète la plus faible de ce Thème natal. Excluant par exemple l’interprétation des Aspects, cette étude succincte ne saurait remplacer une véritable analyse approfondie, mais elle en ouvre quelques-unes des pistes principales.

La configuration dominante du Thème natal de Françoise Hardy est une conjonction Saturne-Mars-Uranus en Gémeaux opposée à Vénus en Sagittaire, qui se trouve au sextile-trigone de Lune-Neptune en Balance (configuration sous-dominante). Mercure en Capricorne est la planète la plus faible.

Ses réponses aux questions devraient donc refléter les pôles hyper-dominants de sa personnalité :

Gémeaux affectif-sensoriel

- Vos qualités : vous jouissez d’une affectivité multiforme et dynamique qui vous incite à multiplier les occasions de vivre des sensations fortes. Tout excite vos sens, stimule vos désirs, votre envie de partager, d’éprouver des choses avec les autres, de réagir sensitivement et de se sentir envahi d’émotions grisantes en leur présence. Tout vous touche, vous frappe, vous émeut, vous ébranle : votre compassion à fleur de peau n’a ni limites ni frontières. Energique et réactif, vous vivez vos sentiments au grand jour, directement, avec une spontanéité et une authenticité rafraîchissantes qui rendent attachante votre présence frémissante et agissante dépouillée de toute ombre, de tout calcul, de toute volonté de domination.

- Vos défauts : vous réagissez trop avec vos tripes en fonction des circonstances et de votre humeur changeante et capricieuse, passant de la gentillesse exagérée à l’agressivité irréfléchie sans transition et sans aucune autre raison que la dictature qu’exercent sur vous et sur les autres votre émotivité impulsive. Dans vos amours comme dans vos haines, vous n’avez aucun frein, aucun recul : vous laissez vos sentiments contradictoires vous envahir d’une manière totalement incontrôlable et dicter vos conduites dépourvues de toute logique. Insatiable dans vos désirs multiples et impatient de les voir se réaliser, vous vous abandonnez à la sarabande de vos attirances et répulsions incohérentes et passionnelles.

Gémeaux actif-pragmatique

- Vos qualités : le fait d’avoir quantité de choses à faire et de prendre la vie à bras le corps dans toutes ses facettes et dimensions vous enthousiasme. Pragmatique, réaliste, réfléchi et hyper-adaptable à toutes les circonstances, à toutes les modifications imprévisibles des situations, vous avez le dynamisme contagieux et rassembleur. Dans toutes vos nombreuses activités, vous vous efforcez d’être polyvalent avec une énergie apparemment inépuisable et des talents d’homme-orchestre aussi doué pour la réflexion, l’organisation que pour l’action directe. Faire face avec bon sens et courage aux réalités tangibles est pour vous une inépuisable source de découvertes et d’expériences qui vous galvanisent.

- Vos défauts : vous vous agitez et agissez trop dans toutes les directions et sur tous les terrains, et trop souvent de manière brouillonne, contradictoire, fébrile, et ne savez pas assez souvent dire non aux opportunités d’action que vous proposent les circonstances. À trop vouloir faire et organiser mille choses à la fois, vous mélange les genres et les activités jusqu’à vous en épuiser et épuiser de même ceux qui vous entourent. Impatient, impulsif, toujours sur la brèche, vous pouvez devenir agressif lorsqu’on cherche à limiter votre pouvoir d’agir concrètement sur les choses. Votre dynamisme désordonné, débordant et envahissant fait irrésistiblement penser au proverbe « qui trop embrasse, mal étreint ».

Inversement, les réponses de Françoise Hardy aux questions devraient montrer qu’elle ne correspond pas du tout au portrait suivant :

Vous êtes un sociable tous azimuts, avide de rencontres variées, de contacts multiples, toujours prêt à engager le dialogue avec autrui pour le simple plaisir de communiquer. D’emblée, les gens vous intéressent dans leur diversité et il suffit que vous déceliez le moindre signe favorisant la mise en relation pour que votre curiosité humaine soit mise en éveil. Ludique, détendu, mobile, disponible, parfois insaisissable dans vos esquives et vos pirouettes, vous tenez à demeurer libre d’amorcer la conversation et de vous en démettre quand cela vous chante, à ne vous sentir lié à rien ni à personne. Au fond, si vous aimez bavarder et communiquer, vous le faites par jeu, pour voir, sans jamais vous impliquer véritablement dans vos discours, en évitant de vous prendre au sérieux. Foncièrement ouvert à autrui, n’ayant rien à prouver ni à démontrer, vous multipliez à l’infini les facettes de votre propre personnage et vous vous faites un devoir d’être toujours changeant, prêt à accueillir avec joie, curiosité et intérêt de nouveaux points de vue, à vous faire de nouvelles relations.

Vous êtes spontanément ouvert à l’inconnu et à l’imprévisible. Méfiant vis-à-vis des certitudes définitives, des théories admises, des principes soi-disant sacrés, des habitudes de pensée, vous savez que la vérité est multiple et qu’il faut toujours aller la rechercher au-delà des apparences, en traquant les moindres indices qui peuvent mettre sur sa piste. Pour vous toute explication qui se veut unique est obligatoirement insatisfaisante et vous ne vous privez pas de critiquer ou tourner en dérision ceux qui prétendent avoir tout compris. Votre immense et insatiable curiosité vous incite à multiplier vos centres d’intérêts, vos domaines de découverte pour éviter que votre pensée ne se fige dans la routine du trop connu, du trop rabâché. Vous pouvez à l’occasion vous montrer ironique, caustique, moqueur : c’est pour vous une manière de maintenir vos distances à l’égard de l’excès de sérieux. Vous savez conserver un grand recul par rapport à toutes vos implications et préserver votre liberté de changer d’avis, de modifier votre façon de penser à tout moment.

Richard Pellard : Si tu le veux bien, j’aimerais axer la première partie de cet entretien sur les transits planétaires que tu vivais pendant la période où tu as écrit les chansons de ton dernier album. Mais avant, il me paraît nécessaire de te poser quelques questions à propos de la manière dont tu vis ton thème natal. Bien sûr, tu es astrologue, tu connais ton thème et tu sais donc très bien comment tu fonctionnes. Je ne vais pas t’apprendre grand’chose. En revanche, tes réponses éclaireront les lecteurs d’Astrologie naturelle, et leur permettront de mieux comprendre comment se manifestent les transits. Allons-y donc… Capricorne ascendant Vierge, tu es née sous une opposition dominante de Mars-Saturne-Uranus à Vénus dans l’axe Gémeaux-Sagittaire. En simplifiant, Mars-Saturne-Uranus en Gémeaux devraient faire de toi une personne dure, exigeante, rigoureuse, à la fois combative (Mars), impérieuse (Uranus) et sceptique (Saturne), au tempérament à la fois vif et contrôlé, volcanique et discipliné, capable d’autant de patience lorsqu’il s’agit de réfléchir, d’approfondir, que d’impatience agacée lorsqu’il s’agit de prendre des décisions tranchées… Est-ce que je me trompe ?

Françoise Hardy : Je crois qu’il existe toujours un décalage plus ou moins important entre la façon dont on se perçoit soi-même et celle dont les autres vous perçoivent, que l’on ait fait un travail sur soi-même, que l’on soit introspectif ou non. C’est ce que Woody Allen a magistralement montré dans son chef d’œuvre Une autre femme. Tout ce que tu dis est valable. Peut-être l’intéressant est-il de savoir en quelles circonstances, avec quelles personnes, devant quel type d’attitude de l’autre on a soi-même tel ou tel comportement, car comme tout un chacun, je peux être très différente selon le contexte. Dans l’absolu, je me perçois comme une femme angoissée et inconfortable qui doute de tout en général, d’elle-même en particulier, ce qui est en partie dû à l’opposition dominante que tu évoques : un pôle ne pouvant se manifester sans qu’aussitôt l’autre vienne le contredire, mais peut également venir de la Balance où j’ai la Lune, de la Vierge mon Signe ascendant, le tout aggravé évidemment par Saturne. Si je crois pouvoir imputer à cette planète bien des inhibitions et des doutes qui continuent de me gâcher la vie, je lui dois sans doute aussi un sens aigu de la vérité des faits ainsi qu’un certain besoin d’éthique. La mauvaise foi et la malhonnêteté me font exploser, je deviens dure ou violente vis-à-vis de quelqu’un dès lors que je perçois clairement qu’il trafique, manipule, triche en toute connaissance de cause et à des fins personnelles. L’irresponsabilité et l’incorrection notoires me mettent en boule aussi, tout en ayant conscience de ne pas être moi-même irréprochable, tant s’en faut. Les idéologues qui prêchent la tolérance alors qu’ils sont les premiers à exclure, voire détruire, tous ceux qui ne pensent pas comme eux, me font également exploser, mais j’ai appris à me retenir, d’abord parce qu’ils sont inconscients de leur intolérance, ensuite parce que quelqu’un qui est possédé par une idéologie interprète tout au travers d’elle, en premier lieu les réactions de ceux qui ont une foi différente de la sienne ou pas de foi du tout.

En face de Mars-Saturne-Uranus, on trouve Vénus en Sagittaire. On découvre une autre facette de ta personnalité : une Françoise douce, tendre, affective, à la sensibilité frémissante, aux émotions (Vénus) amples (Sagittaire), aux sentiments à fleur de peau, découverts, sans protection. Une Françoise sensible à la musique et au parfums des mots, réagissant en fonction de ses sympathies ou antipathies épidermiques, de ses goûts et dégoûts du moment… Il y a de ça ?

Oui. Je suis avant tout émotive, sentimentale et épidermique. On me traite de midinette : en réalité, dans la vie, comme en musique, en littérature ou au cinéma, je privilégie ce qui parle au cœur d’une façon assez profonde, assez vraie pour me mettre les larmes aux yeux. Le Petit Prince de Saint-Exupéry est pour moi un chef d’œuvre dans le genre : tout ce qui m’importe y est dit de la façon la plus délicate qui soit. Par ailleurs, contempler la beauté sous toutes ses formes : une fleur, un arbre, la mer, un coucher de soleil, un beau visage, un bel objet, une belle maison… m’enchante. J’aime tout ce qui est beau, bon et agréable, au point de m’en sentir esclave. Sur le plan relationnel, il me semble être spontanée et sympathique avec les gens simples et normaux, ceux qui ne font pas de chichis et sont gentils, braves, mais je peux me raidir instantanément et m’avérer antipathique avec certaines personnes parce qu’elles se montrent arrogantes ou me font du chantage affectif, forme de pression et d’envahissement qui me met hors de moi.

La conjonction Mars-Saturne-Uranus est dissonante à Vénus : ton côté dur s’oppose à ton côté doux. La cérébrale inquiète et systématique (Saturne-Uranus) ne fait pas toujours bon ménage avec la sensorielle impulsive et réagissante (Vénus-Mars). D’un côté tu voudrais prendre du champ pour mieux contrôler, comprendre et penser ton univers, et de l’autre tu ne peux t’empêcher de te laisser toucher et émouvoir. Es-tu parvenue à résoudre cette contradiction, et si oui, comment ?

J’ai résolu en partie cette contradiction en faisant de l’astrologie pour satisfaire mon pôle cérébral et en m’occupant de chansons pour satisfaire mon pôle sentimental.

L’opposition Vénus-Saturne pose le problème du désir et du manque, de l’attachement (Vénus) et du détachement (Saturne). Elle peut conduire à une insatisfaction affective chronique, à un sage renoncement aux désirs perturbants, ou à une boulimie d’affection que rien ni personne ne rassasie jamais, et qui laisse presque toujours un goût de cendre… La manière dont tu vis actuellement cet aspect s’insère-t-elle à l’intérieur d’un de ces trois scenarii ?

L’opposition Vénus-Saturne m’a incitée à me mettre dans des situations sentimentales frustrantes qui l’auraient moins été si je ne m’étais autant comportée en adolescente dont l’attitude défaitiste, soumise et trop disponible pousse plus ou moins l’autre à se croire tout permis. Au jour d’aujourd’hui, Saturne semble avoir eu raison de Vénus : j’ai acquis une meilleure compréhension du désir amoureux ainsi qu’un plus grand détachement. J’ai dépassé le stade où je dépendais de mon désir, au point d’en négliger tout ce qui était sans rapport avec lui. On peut parler de renoncement, mais il n’est pas volontaire, il s’est effectué progressivement, malgré moi, au fil des épreuves que mon immaturité m’aura amenée à vivre…

Autre manière de traiter ta configuration planétaire dominante : d’un côté Vénus-Saturne, l’éternelle adolescente mélancolique, en recherche perpétuelle de sens et au cœur de midinette, et de l’autre Mars-Uranus la femme d’action aux opinions tranchées et catégoriques, au réalisme froid et intransigeant. Les deux cohabitent-elles facilement à l’intérieur de ton enveloppe charnelle ?

Je n’aime pas les gens intransigeants et je me rends compte qu’il m’arrive de l’être par manque de patience, par excès d’exigence ou de réactivité, dans les situations de stress et d’épuisement. J’aspire au sang-froid, au contrôle, à la sagesse, à la distance, mais je les perds régulièrement : par exemple quand j’entends certains astrologues dire des bêtises, ma première réaction est violente, puis je réalise que j’ai moi aussi commis des bourdes et qu’il faut laisser le droit aux autres de commettre des erreurs ainsi que le temps d’en prendre conscience. L’exigence est nécessaire, mais l’intransigeance n’amène jamais rien de bon même quand elle est fondée. Le plus grand modèle d’exigence et de tolérance est à mes yeux le Dalaï Lama.

Sous une opposition Vénus-Mars, les duos amoureux ou amicaux (Vénus) se transforment facilement en duels, en confrontations brutales (Mars). On agresse ou on se sent agressé par ceux qu’on aime. Les désirs (Vénus) demandent une satisfaction tangible et immédiate (Mars). Quand Mars domine, on s’exprime franchement, quitte à blesser la sensibilité d’autrui. Quand Vénus trigone à Jupiter domine, on joue la carte de la douceur et de la gentillesse (Vénus), de la diplomatie et du compromis (Jupiter) pour éviter les conflits. Tu te sens concernée ?

Jusqu’à présent, en amitié comme en amour, le pôle doux et gentil a nettement prédominé — encore faudrait-il que les personnes avec qui j’ai été liée puissent le confirmer —, mais j’ai quand même eu assez de bagarres avec les rares hommes de ma vie pour savoir le genre de piment que cela amène dans la relation amoureuse. Quant à la franchise, je sais que j’en ai abusé, sans me rendre compte que je blessais l’autre quel qu’il soit, ni d’ailleurs que ma vérité du moment n’était pas forcément celle de l’autre.

Soleil et Mercure en Capricorne sont les deux planètes les moins valorisées de ton thème. En principe, ta sociabilité spontanée devrait être très peu développée. Il doit t’être difficile et pénible de jouer sans cesse le rôle que les autres attendent de toi… Lorsqu’elle est dominante, la fonction solaire invite à se poser en exemple, en modèle, en centre de référence… ce qui décrit aussi la fonction objective de la star, de la vedette en représentation. Tu n’es pas du tout solaire mais en revanche, que tu le veuilles ou non, tu es une star de la chanson… et même de l’astrologie ! Comment vis-tu cette contradiction ?

J’apprécie de rester plusieurs jours sans voir personne. Les moindre obligations sociales me posent problème : je m’y sens empotée, maladroite, stupide. Je n’ai jamais su m’habiller ni me mettre en valeur non plus et les formalités m’assomment. Le regard des autres me pèse et je ne me suis jamais considérée comme un personnage public, bien que j’aie toujours plus ou moins perçu à quel point ce statut fausse la relation aux autres, bien que je réalise que des années de ce genre de statut vous donnent malgré vous certains tics qui prouvent que le personnage public fait partie de soi, qu’on le veuille ou non.

Mercure est sans aucun doute la planète la plus faible de ton thème natal. Tu as sans doute énormément de mal à te décontracter, à prendre les choses à la légère, à cultiver les curiosités gratuites, à adopter des attitudes purement ludiques, à communiquer pour le simple plaisir de communiquer. C’est grave ?

C’est tout à fait juste, c’est assez embêtant, on devient un spasme géant chronique qu’il faut soigner avec du bon Bordeaux pour favoriser un début de détente et induire un sommeil qui ne vient pas naturellement, même à bout de fatigue.

On peut maintenant se pencher sur les transits planétaires que tu vivais lorsque tu as composé les chansons du Danger entre le 25 janvier 1994 et le 27 mars 1995. D’une part, Saturne transitait ton Descendant en Poissons, au carré de Mars-Uranus-Saturne et de Vénus. Ta configuration planétaire dominante était ainsi puissamment réactivée : conflit entre attachement et détachement, présence et distance, tiraillements entre affectivité et lucidité, insatisfaction sentimentale, etc. D’autre part, Uranus et Neptune transitaient ton Soleil natal par conjonction : envie ou besoin d’indépendance, de fixer un nouveau cap, de modifier radicalement tes points de repères habituels. En simplifiant, Saturne te poussait à te désimpliquer, à prendre du champ, à douter de tout et surtout de tes sentiments, tandis qu’Uranus te poussait à t’impliquer davantage, à reprendre ta trajectoire individuelle en main, quitte à prendre des décisions sans appel. As-tu effectivement vécu cette période majeure de ton existence dans ce climat de double contrainte ?

Cette période aura été l’une des plus sombres, des plus douloureuses de mon existence. Si je n’avais pas eu l’écriture à ma disposition, je n’y aurais peut-être pas survécu. Les circonstances me contraignaient en effet à me désimpliquer sur un certain plan mais je n’y arrivais pas. L’échéance uranienne m’aura facilité l’expression de mes sentiments d’alors dans des textes de chansons, c’est tout. À aucun moment, je n’ai eu l’impression de « reprendre ma trajectoire personnelle en mains ». À aucun moment non plus je n’ai pris de décisions sans appel : la situation était sans appel et j’ai longtemps espéré en un miracle qui n’a pas eu lieu.

Sans vouloir m’immiscer dans ta vie privée, de tels transits sont susceptibles de modifier en profondeur les relations affectives, en particulier la vie d’un couple. Les textes de tes dernières chansons sont d’ailleurs transparents : « tu te croyais à l’abri du danger… tout changer, revoir ta copie, les ennuis, les envies, les désirs et les sens de la vie… être assez forte pour deux, mais je retiens mes larmes, mes rêves, mes cris, et je voudrais te dire ça ira mieux demain, t’arracher un sourire mais tu n’entends plus rien… ». Ces quelques extraits du titre éponyme, Le danger, ne laissent planer aucun doute au sujet de l’épreuve que tu as traversée. Sans entrer dans des détails trop intimes et trop personnels, peux-tu en parler, de préférence sous l’angle d’une auto-analyse astrologique ?

La chanson Le Danger s’adresse à quelqu’un qui est sur le point de mourir. Le compositeur Alain Lubrano avait rédigé d’abord une partie du texte en pensant à sa mère gravement malade et qui allait mourir l’été de cette année-là. J’ai complété en pensant à l’un de mes meilleurs amis mort du sida quelques mois plus tôt. Plus globalement, j’ai vécu cette période comme un deuil obligé et définitif de ce qui m’avait donné un moteur jusque là.

« Plus rien à perdre, plus rien à voir, c’est zéro partout, vas-t-en savoir à quel point je mens, à quel point je m’en fous » (Zéro partout). Saturne a-t-il définitivement pris le pas sur Vénus ? Le froid Saturne voudrait « s’en foutre », la tendre Vénus taxe l’indifférence saturnienne de mensonge… « Je t’aimerai toujours pour deux » (Regarde-toi)… où est la vérité ?

La vérité est entre les deux : je ne m’en fous pas mais je ne souffre plus comme avant, j’ai acquis la distance qui m’avait toujours manqué. Aimer pour deux au sens où je l’ai exprimé dans la chanson Regarde-toi, signifie aimer sans rien attendre pour soi, sans rancune, sans exigence, sans jalousie, sans tous ces poisons qui ne relèvent pas de l’amour et qui le tuent trop souvent.

« Ce qu’il faut dire, ce qu’il faut faire, j’ai pas besoin d’un psy pour ça » (Zéro partout). Et l’astrologie ? T’a-t-elle aidée à franchir cette douloureuse période ?

Pas vraiment. Ce qui m’a aidé, c’est, encore une fois, la possibilité de sublimer mes émotions dans des chansons, ainsi que la spiritualité. J’ai beaucoup écouté les cassettes d’Omnia Pastor, une jeune femme qu’on peut considérer comme un guide spirituel et qui a développé divers thèmes pour un petit public genevois pendant quelques années. Son discours est si lumineux et si concret en même temps — elle dit entre autre qu’il est plus important de travailler sur le discernement que sur l’amour parce que tant que l’amour n’est pas guidé par le discernement il n’est pas un amour vrai —, qu’il a contribué à me maintenir la tête hors de l’eau dans les moments où je touchais le fond.

Article paru dans le n° 2 d’Astrologie naturelle (avril 1998).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Hardy-Dutronc, duo-duel en clair-obscur


Le petit livre du Capricorne

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation du Capricorne selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation du Capricorne en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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