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Un Scorpion nommé François Mitterrand

On ne peut réduire un être à son Thème astrologique. Ni son caractère, ni sa destinée ne sont tout entiers inscrits dans la carte du ciel que l’on trace au moment de sa naissance. Tout au plus l’horoscope indique-t-il les lignes de plus grandes pentes du fonctionnement psychique, le cadre psychologique à l’intérieur duquel l’Homme se verra contraint d’évoluer, l’incontournable échéancier des problèmes d’adaptation auxquels il devra trouver des solutions et réponses originales, en fonction de son contexte et de son environnement terrestres.

Ce que l’on appelle le caractère se forge dans les profondeurs difficilement pénétrables d’un mystérieux alambic. En son sein s’entrechoquent, se mêlent, se contredisent et se synthétisent une pluralité d’influences agonistes ou antagonistes, de conditionnements connus et inconnus qui font de nous ce que nous sommes, ce que nous devenons, ce que nous pourrions être et devenir. Le possible, le probable, l’impossible et l’improbable s’y frôlent, s’y côtoient et s’y mélangent selon d’imprévisibles dosages. De ces télescopages et fusions tumultueuses jaillissent les hommes.

L’homme dans une large mesure, est l’héritier de la Terre et du Ciel. Héritage terrestre : le patrimoine génétique, le milieu géographique, historique, social et culturel, le sexe et l’éducation. Héritage céleste : sa sensibilisation aux cycles et rythmes du système solaire, autrement dit aux « influences » astrologiques. L’interférence et l’interaction entre ces deux héritages décident largement de ce qu’il est et de ce qu’il devient. Sa marge de manœuvre est étroite et son libre-arbitre ne se manifeste que dans le cadre de ces multiples conditionnements. Qu’est-ce que la liberté ?

Ainsi toute étude astrologique sérieuse et fondée se doit-elle d’évoquer et d’analyser, en même temps que les racines célestes de l’homme, ses racines terrestres : le terroir dont il est issu, la famille où il a vu le jour, l’éducation qu’il a reçue, les êtres avec lesquels il a établi des relations privilégiées (son conjoint, ses amis, ses modèles), le contexte socio-historique au sein duquel il est situé. Thémis, la déesse de l’astrologie dans la mythologie grecque, était fille d’Ouranos, le Ciel et de Gaïa, la Terre, et mère des Heures (divinités présidant à l’ordre de la nature et des saisons), des Moires (qui veillaient au déroulement — au destin — de la vie des hommes) et des Nymphes (esprits féminins de la Nature). Elle assistait en outre aux délibérations des dieux et des hommes où, incarnation de la justice, elle s’efforçait de préserver l’équité des décisions qui y étaient prises. On ne saurait mieux, poétiquement, célébrer les épousailles du Ciel et de la Terre, et décrire le rôle de l’astrologie : rendre à chacun ce qui lui est dû « sur la terre comme au ciel », respecter les rythmes de la Nature et les cycles du Temps formateur.

« Un grand homme est la rencontre entre ce qu’il est et des circonstances exceptionnelles », a écrit François Mitterrand. Transposons : tout homme est, lui aussi, la rencontre entre ce qu’il est et des circonstances plus ordinaires. Scorpion ascendant Balance, né aux heures fortes de Pluton, de Vénus, du Soleil et de Mercure, fils du terroir charentais et du début du XXe siècle, François Mitterrand est devenu ce qu’il est pour toutes ces raisons… et pour d’autres sans doute, plus mystérieuses, plus secrètes. Si l’astrologie permet de lever le voile sur bien des inconnues, si elle permet — entre autres — d’éclairer les phases et les significations profondes d’un parcours politique, elle reste et restera en revanche toujours muette devant l’inconnaissable : les lignes de force occultes, l’ordre invisible du monde que l’on peut appeler Destin.

Cette étude astrologique, psychologique et biographique de François Mitterrand ne prétend donc pas à l’exhaustivité. Elle fait d’ailleurs largement référence aux autres ouvrages consacrés à François Mitterrand, généralement écrits par des journalistes : le lecteur pourra ainsi aisément mesurer le degré de pertinence de l’analyse astrologique en confrontant cette dernière aux analyses et témoignages de biographes ignorant tout des relations de l’Homme avec le Ciel. Elle se propose simplement de porter un regard différent et original sur un homme, son histoire et son œuvre, avec un maximum d’impartialité et d’objectivité. Évidemment, l’accent est mis, peut-être excessivement pour certains, sur les conditionnements astrologiques. Il est vrai, pourtant, que le ciel pèse lourd dans le développement du caractère et de la destinée. L’auteur étant astrologue, il a délibérément privilégié le point de vue, l’angle d’attaque astrologique pour étudier son personnage.

Cette étude est écrite dans un style simple, clair, accessible au plus grand nombre, et surtout à ceux qui n’ont pas de connaissances astrologiques approfondies. Tous les concepts et théories astrologiques qui sous-tendent cette analyse sont regroupés, d’une part, au début de chaque chapitre, sous forme d’une brève Fiche technique, d’autre part, dans le chapitre « Bases astrologiques », qui expose schématiquement les grandes lignes du savoir qui sous-tend l’analyse astrologique. qui se trouve à la fin de ce volume. Pour une meilleure lisibilité, elle est divisée en deux grandes parties. La première est une analyse du fonctionnement de François Mitterrand à la lueur de ses conditionnements terrestres et célestes (horoscope natal). La seconde est consacrée à son cheminement, au développement de son être et de sa vie en synchronisation avec les cycles planétaires (les astres sont en perpétuelle révolution, et nous avec…).

Avant-propos

L’astrologie a beaucoup évolué depuis le début du XXe siècle. Jusqu’à présent, l’édition « sérieuse » — ne parlons pas des marchands de papier producteurs d’horoscopes et autres fadaises — s’était cantonnée dans la publication d’ouvrages purement techniques. Désormais, l’astrologie est largement rentrée dans les mœurs, a su produire des théoriciens, praticiens et lecteurs de qualité et, n’en déplaise aux derniers anti-astrologues, elle participe pleinement de la culture collective de cette fin de siècle. Le temps des ghettos est terminé et, comme le notait le psychanalyste autrichien Karl Gustav Jung, l’astrologie frappe avec de plus en plus d’insistance à la porte des universités. Le jour n’est pas loin où cette porte s’ouvrira enfin. Nul doute qu’on assistera alors à un beau « remue-méninges » !

L’astrologie, science naturelle qui étudie les relations entre l’Homme sur terre et le ciel, permet de comprendre les rouages profonds du fonctionnement des êtres. L’étude d’un Thème permet de mettre à jour le squelette ultime de la personnalité, les structures essentielles de la vie psychique, les charpentes invisibles mais réelles des comportements. Et pourtant jamais, jusqu’à présent, un ouvrage entier n’avait été consacré à l’analyse astro-psychologique systématique d’un être, de son Thème et de sa destinée. Sans doute les temps, jusqu’à présent, n’étaient — ils pas mûrs. Sans doute les astrologues avaient-ils encore besoin de parfaire leur science. Pour nombre d’entre eux, c’est aujourd’hui chose faite… dans un incessant perfectionnement, une constante recherche, un difficile cheminement.

Voici donc une étude consacrée à François Mitterrand, Président de la République. Un homme à la destinée peu banale, au fonctionnement obscur et mystérieux, au cœur de l’activité politique de la France depuis plus de quarante ans, et pourtant si inconnu, si secret, énigmatique, indéchiffrable. On est en droit de s’étonner de ce choix. Pourquoi lui et pas une autre personnalité ? Les astrologues céderaient-ils à leur tour à la « tontonmania » ?

Le but de cet ouvrage n’est, ni de faire une hagiographie de l’hôte de l’Élysée, ni d’en instruire l’impitoyable procès astrologique. L’astrologue n’a pas à juger, mais à analyser et comprendre comment un être habite, habille et fait vivre les structures célestes dont il a hérité. Et pourquoi ne pas essayer de comprendre l’homme François Mitterrand, si célèbre et si méconnu ? L’auteur éprouvant de la sympathie, non-exempte d’esprit critique, pour son sujet d’étude, s’est passionné pour cet artiste de la politique, et il a tenu à partager sa passion avec vous, ami lecteur.

Viviane Cochaux-Pommier, directrice de cette nouvelle collection, Le ciel de la Terre, s’est enthousiasmée pour ce projet. Qu’elle soit remerciée pour son dynamisme novateur et pour sa volonté inflexible d’ouvrir toutes grandes les portes de l’astrologie à la société et à la culture actuelles.

Préambule

« L’astrologie, paraît-il, nous enseigne le fatalisme : tu n’échapperas pas à ton destin ! Selon moi, l’astrologie (entendez bien, l’astrologie comme métaphore de la vie) dit quelque chose de plus subtil : tu n’échapperas pas au thème de ta vie ! » Milan Kundera.

« Une politique qui se borne à brasser des rêves les trompe tous. Une politique qui les ignore se trompe sur la nature de ceux qu’elle prétend conduire » François Mitterrand.

« Celui qui n’envisage la relation du moyen à la fin en politique que sous l’angle moral se condamne à l’inaction et par conséquence à l’impuissance, parce qu’il est amené à s’enfermer dans la perpétuelle contestation. Il ne peut que refuser le monde ou le maudire, et, à la limite, vouloir le précipiter dans le néant d’une apocalypse appelée « révolution ». Julien Freund.

« François Mitterrand, à la différence de beaucoup d’hommes politiques, n’est pas unidimensionnel. On ne peut pas le résumer à son combat politique — il s’en affranchit volontiers. On ne peut pas l’expliquer par la volonté du pouvoir ». Franz-Olivier Giesbert.

Sous le ciel de Jarnac



Jarnac, 26 octobre 1916, quatre heures du matin. Le Soleil est en Scorpion, la Lune et Mercure en Balance, Mars en Sagittaire, Jupiter en Taureau, Saturne et Neptune en Lion, Uranus en Verseau. Vénus en Vierge, lumineuse, vient de se lever à l’horizon, et Pluton en Cancer, invisible à l’œil nu, à cette époque encore inconnu des calculs astronomiques et des télescopes — il ne sera découvert que le 18 février 1930 — est au plus haut de sa course quotidienne. Nous sommes en pleine première guerre mondiale ; la bataille de Verdun fait rage, l’armée allemande conquiert la Roumanie, mais tout est calme dans ce petit bourg de quatre mille âmes au cœur de la prospère Charente. Yvonne Mitterrand accouche de son cinquième enfant, de son deuxième garçon, François.

Racines terrestres…

À Jarnac comme dans les Charentes en général, on est traditionnellement ouvert sur l’étranger. Le commerce est prospère, l’industrie lourde inexistante. Pas de prolétariat donc, mais de grosses fortunes protestantes, bourgeoises et républicaines, plutôt paternalistes envers des pauvres pas trop pauvres. François Mitterrand a vu le jour dans une famille de petits notables catholiques très pratiquants, charitables et généreux, proches du peuple, plutôt distants à l’égard des grands bourgeois. Son père, Joseph, chef de gare de son métier, était secret, réservé, distingué, esthète, misanthrope, taciturne. Littéraire, latiniste, il méprisait l’esprit d’entreprise, le sens du commerce, la finance et le profit. Politiquement conservateur et traditionaliste, président régional de la Fédération Nationale Catholique, il était extrêmement critique à l’égard du socialisme. La mère de François Mitterrand, Yvonne, était cultivée, musicienne, très pieuse, extravertie, communicative, infiniment tolérante à l’égard de ses enfants. Pour comprendre les influences familiales de Mitterrand, sans doute faut-il également évoquer son grand-père maternel, Jules Lorrain, avec lequel il eut une relation privilégiée ; Jules était beau parleur, friand d’idées neuves, ouvert à l’inconnu, ne craignait pas de lire L’Humanité, le journal socialiste (depuis devenu communiste) créé par Jean-Jaurès. À l’époque, c’était plutôt mal vu. Il « avait le goût du contact, des voyages, et le sens du commerce. Les mondanités ne le rebutaient pas. La fortune lui souriait ». De son père, François Mitterrand semble avoir hérité la froideur, le mépris de l’argent et du lucre ; de son père et de sa mère, un vif sens esthétique et un amour profond de la littérature classique ; de son grand — père et de sa mère enfin, le goût des contacts variés, de la mondanité et des voyages.

François Mitterrand a vécu une enfance heureuse, dans un milieu aisé où l’argent ne posait pas problème, dans une famille nombreuse et unie où il fit très tôt l’apprentissage de la diversité des tempéraments. L’éducation familiale était assez souple pour ne pas entraver l’épanouissement personnel de chacun des enfants, mais aussi assez stricte pour leur inculquer de forts principes moraux chrétiens. La vie au quotidien était bercée de littérature et d’idées nouvelles, l’âpreté au gain y était jugée triviale. Pendant ses huit années d’études au collège Jésuite Saint-Paul d’Angoulême (son côté « chanoine ? »), il se montra très doué en histoire, géographie, français, latin, et plutôt médiocre dans les autres matières, qui ne semblaient guère l’intéresser. On retrouve déjà le Mitterrand plus littéraire que scientifique. À ceux qui l’ont côtoyé à cette époque, il a laissé l’image d’un amoureux des livres assez mystique, peu intéressé par la politique, d’un intellectuel au cœur tendre et charitable, plein d’une très chrétienne pitié pour les humbles. Son caractère dans l’enfance ? C’ était « un petit garçon très déterminé, entêté même. Ce récalcitrant refusait toujours les punitions… son appétit de lecture était colossal ». L’autorité et les conseils des éducateurs, sans qu’il les rejette ou s’y oppose ouvertement, le laissaient froid. « Nimbé d’étrangeté altière, il jouait les romanesques. Sociable et bon camarade, il savait maintenir ses distances ; marginal, il savait toutefois parfaitement s’intégrer et ne refusait pas les jeux collectifs à condition de gagner… il se montrait tantôt ouvert aux autres, tantôt fermé comme s’il abaissait d’invisibles défenses, et malheur à qui voulait les forcer ».

Plus tard il monte à Paris pour faire des études de droit et de sciences politiques qu’il mène avec une aisance désinvolte : « J’étais badaud, j’allais au spectacle ». Puissante influence catholique toujours : il loge chez les pères maristes, fait partie de la Conférence St-Vincent-de-Paul et s’implique fortement et concrètement dans l’action chrétienne… tout en se distinguant plus particulièrement dans le prosélytisme moralisateur (on ne se refait pas !). Quel genre d’adolescent était-il ? « Plutôt qu’un contestataire, le jeune Mitterrand est un réfractaire qui manie volontiers l’ironie. En politique, en littérature, il accepte bon gré mal gré de se laisser séduire, mais pas de se laisser fasciner ». Ses professeurs le jugeaient « intelligent, travailleur et régulier, il demeure cependant parfois obscur dans ses dissertations ».

Nous nous en tiendrons là dans la description des premières racines terrestres de François Mitterrand. Déjà se profilent un caractère, un style, un tempérament : celui d’un fils de la petite bourgeoisie provinciale, passionné de littérature, méprisant l’argent, friand d’idées neuves, profondément catholique, sociable et émotif quoiqu’ironique et distant, à la fois humble et orgueilleux. Et « ce que son caractère avait déjà d’inflexible pour un âge aussi tendre, le jeune François le compensait par un charme et des talents de séduction dont il usait avec habileté ». Apparemment, rien qui le destinât à devenir l’opposant le plus résolu au gaullisme, le premier président socialiste de la Ve République française… et le second !

… et racines célestes :

« On n’est pas son Thème, on le devient », a écrit l’astrologue J.-P. Nicola. Ainsi l’organisation du ciel à la naissance constitue-t-elle une proposition d’être. Quelle était celle de François Mitterrand ?

Avant d’explorer en détail, et d’une manière analytique, les paysages de son psychisme, brossons-en un portrait panoramique, global et synthétique.

La puissance de Pluton et du Scorpion désigne un être secret, complexe, énigmatique, à la volonté puissante et insidieuse, un réfractaire instinctif cultivant opiniâtrement sa singularité et sa différence, hanté par le pouvoir visible ou invisible, habité par la toute-puissance d’un « non » qui ne dévoile que rarement son nom. D’une manière ou d’une autre, toute une part de lui-même est vouée à une irréductible marginalité : il se sent et se sait étranger, venu d’ailleurs, « d’un autre quartier, d’une autre solitude », comme le chante si bien un autre « plutonien », Léo Ferré. Un contestataire né, ouvert à l’inconnu, prêt à l’aventure, surtout si celle-ci permet de remettre en question les schémas établis, les manières communes de penser et d’agir. C’est le côté froid, imprévisible, subtil — ou machiavélique, selon les opinions — du personnage. Il en est d’autres…

Vénus en Vierge est également puissante dans ce thème. Elle est l’indice d’une forte émotivité, d’une grande sensualité, d’un sens esthétique très personnalisé. On retrouve là le Mitterrand séducteur, hyper-sensible à sa cote d’affection, autant sinon plus qu’à sa cote d’amour. Ce cynique est aussi un tendre pudique et discret, qui a besoin pour maintenir son équilibre de relations privilégiées jalousement protégées, d’un cadre de vie agréable où il peut développer sa sensibilité frémissante. C’est le Mitterrand amoureux de la vie, des sonorités du langage, de la couleur des fleurs, de la beauté des paysages. Avec Pluton et Vénus, ses planètes les plus fortes, on peut déjà brosser à grands traits un portrait de Mitterrand : le séducteur distant, l’émotif calculateur, le rebelle amoureux, le marginal qui sait et veut plaire, le réfractaire prisonnier de ses attachements, le sceptique désabusé que la beauté fait frémir, le Don Juan un brin cynique, conjuguant fibre métaphysique et jouissance de la vie… Asmodée, l’un de ses compagnons de stalag en Allemagne, confirme cette première esquisse : « Qu’on ne s’y trompe pas : il a comme l’abeille le nectar et l’aiguillon. Il a l’esprit ironique et l’âme tendre… et à travers ses lunettes roses, ses prunelles bistres voient tout en noir ». Roses lunettes vénusiennes, noir œil plutonien : le séducteur est inquiétant et l’on soupçonne toujours, sous le charme, d’obscures arrière-pensées.

Continuons notre survol panoramique du thème. On remarque alors une conjonction du Soleil en Scorpion à Lune et Mercure en Balance, ces trois planètes étant opposées à Jupiter. C’est le côté sociable, éclectique, changeant, ennemi de tout conformisme du personnage. D’emblée, a priori, il veut être fêté, aimé, accepté, reconnu pour ce qu’il est. Cette configuration lui donne le goût et le sens du spectacle : on devine l’artiste en représentation. C’est aussi, avec la conjonction Soleil-Lune opposée à Jupiter, l’indice d’une personnalité entière, toute d’une pièce, à la subjectivité puissante, qui éprouve sans doute de grandes difficultés à accepter de s’inscrire dans les règles du jeu social, de normaliser sa pensée et ses conduites.

L’ensemble des dissonances de Saturne, Neptune et Jupiter au Soleil indique une image de marque instable, une conscience anxieuse et tiraillée entre des refus et des impératifs contradictoires, une certaine difficulté à maintenir le cap de ses principes et objectifs, assailli comme il peut l’être souvent par les doutes, les états d’âme et les tentations opportunistes. Le portrait s’étoffe. Le marginal secret et contestataire, tendre et voluptueux, a non seulement besoin qu’on lui témoigne de l’affection, mais aussi le désir d’être aimé et reconnu, de devenir un exemple, un guide, une référence, un modèle… modèle instable et capricieux : à bord de son vaisseau de corsaire ou de pirate, le capitaine n’est pas toujours très fixé sur la conduite à tenir. Il s’interroge, se questionne, se laisse tenter par d’autres chemins en s’en voulant de céder à la tentation et tient par dessus tout, en dépit de son ambition d’arriver à bon port (mais lequel ?) à ne rien perdre de la dynamique du plaisir, de sa curiosité buissonnière, de sa quiétude intime. Tout indique dans ce thème la hantise et le refus des contraintes extérieures, des disciplines imposées, artificielles qui gâchent le plaisir et emprisonnent la liberté. Ajoutons enfin le duo Mercure-Pluton : l’homme ne manque pas d’esprit critique, voire persifleur, il sait manipuler le non-dit, le sous-entendu, la communication subtile, les doubles ou triples langages…

Nous avons passé en revue les planètes les plus fortes à la naissance de Mitterrand : Pluton, Vénus, Soleil, Mercure et la Lune. Nous avons vu les problèmes que suscitaient Saturne, Neptune et Jupiter, planètes non-dominantes mais fortement reliées, par aspects dissonants, aux dominantes. Il est maintenant temps d’aborder le domaine des planètes les plus faibles, celles qui soulignent les manques, les insuffisances, les inconsciences ou les aveuglements du sujet.

On remarque dans un premier temps la faiblesse relative de Mars, Jupiter et Saturne. Ces trois planètes ont en commun de sensibiliser au concret, au vécu, à l’existence matérielle des êtres et des choses. On peut en déduire que François Mitterrand n’est probablement ni un réaliste du court terme, ni un véritable pragmatique. Le concret, l’économique, le tangible peuvent le rebuter, l’indisposer, il peut aller jusqu’à en refuser la nécessité. Ce fin stratège esthète et séducteur n’est pas à l’aise face aux rugosités de l’existence. Mars étant sans doute la planète la plus faible du thème, on peut même pronostiquer un mépris, un refus ou une extrême difficulté à accepter les face-à-face brutaux, les combats francs et directs, un rejet inconscient de la situation présente. Et si ce bretteur a pourtant montré qu’il savait se battre et porter des coups, c’étaient des coups… de Jarnac : au choc frontal où l’on en découd sur le champ, il préfère assurément les souples tactiques d’évitement, les perverses estocades voir les… « baisers qui tuent », ce qui est bien dans la ligne de la dominante Vénus/Pluton.

Autre planète faible : Uranus. La fonction d’Uranus est de simplifier le complexe, de rendre clair l’obscur, de sortir radicalement des ambiguïtés. En politique, une nette dominante « uranienne » fait les leaders ou dictateurs charismatiques, sûrs d’eux et de leur projet (par exemple De Gaulle, Roosevelt côté leaders charismatiques et Mao, Hitler, pour les dictateurs). Le ciel de naissance de Mitterrand ne le vouait donc pas du tout à devenir un réducteur de complexité… on s’en sera rendu compte. Enfin, signalons que les deux planètes les plus faibles de son thème, Mars et Uranus, sont très valorisées dans les thèmes du Général de Gaulle et de Valéry Giscard d’Estaing… et de sa femme, Danielle. Qui cela étonnera-t-il ? À bien des égards, ces deux hommes sont bien l’anti-portrait, le négatif de François Mitterrand. Quant à Danielle, la dominante Uranus-Mars, en la créditant d’un caractère impérieux, combatif et tranchant, elle compense sans doute les « manques » de son mari dans ces domaines : on ne saurait sous-estimer son rôle et son influence dans la trajectoire politique de Mitterrand.

Le survol est terminé. Sans doute de nombreux termes astrologiques, ainsi que les significations des planètes, vous demeurent-ils encore obscurs et énigmatiques. Au fil des pages, vous en découvrirez les mécanismes ; mais déjà, avec cette esquisse, une silhouette s’esquisse, une proposition d’être se précise. Le ciel prédisposait François Mitterrand à être et devenir, d’une manière ou d’une autre, un réfractaire solitaire et un jouisseur voluptueux, à cultiver une âme d’esthète hanté par la métaphysique, à jouer l’anti-modèle tenace et désinvolte à la fois, artiste en ironique représentation, dominateur sceptique au projet incertain et improbable, subtil stratège et fin tacticien, pas franchement attiré par le concret, les luttes à visage découvert, les francs combats, habité-habitant d’une complexité, d’un mystère qu’il ne veut ni ne peut résoudre et simplifier, séduisant et inquiétant, machiavélique en toute transparence, tour à tour proche et affectueux, cynique et distant, intime de la transcendance et du long terme en même temps que gourmand des désirs et plaisirs de l’immédiat, humble devant l’inconnu et orgueilleusement dissident, etc. Bref, son thème natal est celui d’un être complexe et contradictoire, disposant, tant du côté du ciel que de la terre, de sérieux atouts pour apprendre à gérer efficacement ces contradictions.

Un même thème peut être vécu, en fonction de paramètres extra — astrologiques (hérédité, sexe, socioculture, éducation, etc), sur le plan de l’humeur, de la pensée, de l’action, de l’art ou de la mystique… Hasard, nécessité ou destinée, François Mitterrand a objectivement choisi la politique et, comme le note Julien Freund : « Le but de la politique ne saurait être la connaissance. Elle reste ce qu’elle a toujours été : action. C’est comme telle qu’il faut la comprendre ». Un homme d’action donc, mais qui n’a jamais pu entièrement se résoudre à éliminer la connaissance. F.O. Giesbert résume bien cette problématique : « S’il avait davantage exploré ses arrière — plans, François Mitterrand eût été plutôt un écrivain aux traits aigus, aux phrases effilées et stridentes. François Mitterrand a choisi d’être un homme politique. Tout son désarroi intérieur vient de là. Il le tenaille. D’autant plus qu’il ne se laisse pas prendre aux vanités du jeu politique ». L’astrologie confirme ce diagnostic : l’hôte actuel de l’Élysée a beaucoup plus le thème d’un artiste-penseur mâtiné de philosophe que celui d’un homme d’action, d’un politique. Ce qui ne veut pas dire grand chose. Il est de soi — disant « artistes » qui se comportent en politiciens, en hommes d’affaires… et de véritables artistes et penseurs de l’action politique. À n’en pas douter, François Mitterrand appartient à la seconde catégorie. SUITE

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Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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