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Michel Houellebecq, Saturne pas rond mais presque…

D’abord, il ne s’appelle pas Michel Houellebecq. Son véritable nom est Michel Thomas. Première tromperie ? Oui et non : l’usage de pseudonymes est banal chez les artistes. Plus grave : sur son propre site Internet, il indique qu’il est né en 1958, alors qu’en réalité il a vu le jour deux ans plus tôt. Pire encore : lors de l’entretien qu’il avait accordé à Françoise Hardy le 10/01/1999 pour la revue Astrologie naturelle, il avait donné une fausse date et une fausse heure… qui renvoyaient à de fausses dominantes zodiaco-planétaires quasi-identiques aux vraies ! Un cas très intéressant pour tester la pertinence et les limites de l’astrologie…



Micro-portrait théorique de Michel Houellebecq

Ce micro-portrait ne fait qu’esquisser une interprétation très simplifiée des configurations zodiaco-planétaires dominantes et de la planète la plus faible de ce Thème natal. Excluant par exemple l’interprétation des Aspects, cette étude succincte ne saurait remplacer une véritable analyse approfondie, mais elle en ouvre quelques-unes des pistes principales.

La configuration dominante du Thème natal de Michel Houellebecq est une opposition du Soleil en Poissons à Lune-Jupiter Pluton en Vierge au double carré de Saturne en Sagittaire. L’opposition Mercure-Jupiter et Mars sont sous-dominants. Vénus en Bélier est la planète la plus faible.

Ses réponses aux questions devraient donc refléter les pôles hyper-dominants de sa personnalité :

Poissons décideur-commandeur

- Vos qualités : vous vous signalez par un caractère aussi réfractaire que décidé, tout entier tourné vers une volonté de pouvoir d’autant plus puissante qu’elle ne s’étale pas au grand jour ni ne cherche à s’extérioriser franchement, et que votre apparente indifférence est en fait un très actif feu qui couve sous la cendre. Impératif, actif et froidement déterminé, non seulement vous savez ce que vous voulez : vivre dans un monde ordonné selon les principes qui sont les vôtres, mais aussi ce dont vous ne voulez à aucun prix : l’anarchie et le laisser-aller. Être d’ordre, d’efficacité concrète et de justice, vous entendez démontrer qu’on peut dominer sans écraser, être obéi sans rabaisser, faire valoir sa loi en la proposant comme une voie échappant aux antagonismes traditionnels.

- Vos défauts : vous acceptez très mal que le monde extérieur, trop brouillon, imprévisible et soumis à d’imprévisibles contingences, ne soit pas à l’image de l’ordre immuable et parfaitement hiérarchisé auquel vous aspirez et dans lequel vous vous inscrivez en votre for intérieur. Il faut néanmoins faire avec, ce qui explique vos accès d’agressivité rageuse, d’autoritarisme intempestif et de délires d’influence soudains lorsque vous vous apercevez que vous ne pouvez pas le façonner selon votre absolu. Votre volonté de puissance frustrée de résultats tangibles peut alors vous pousser à un nihilisme désespéré ou destructeur en voulant à tout prix imposer aux autres des règles figées dont ils ne veulent pas et des décisions qui ne les concernent en rien.

Poissons critique-distant

- Vos qualités : rien ne semble pouvoir vous atteindre, tant vous êtes muré à l’intérieur de votre indépendance d’esprit réfractaire. Vous avez une aisance incomparable pour faire table rase de toutes les habitudes de pensée, pour vous déconditionner radicalement de toutes les certitudes transmises, pour vous tenir à l’écart de toutes les façons stéréotypées de concevoir les êtres et les choses. Suprêmement sceptique, introverti et réfléchi, vous savez vous frayer un chemin à la fois sans illusion, rusé et imperturbable, vous faufiler habillement dans le maquis du réel sans jamais dévoiler vos intentions. Au fond plutôt solitaire et satisfait de l’être, dépourvu de tout préjugé, vous êtes prêt à toutes les découvertes.

- Vos défauts : de claires, nettes et puissantes motivations sont sans doute ce qui vous font le plus fortement défaut. Quoi qu’il arrive, vous vous interrogez, vous demandez ce que vous allez dire et faire, et doutez systématiquement que vous puissiez trouver des solutions et réponses adéquates et efficaces. C’est que dans vos moments de faiblesse, il est difficile pour vous de vous sentir vraiment concerné par qui ou quoi que ce soit : vous auriez plutôt tendance à fuir dans d’absurdes abstractions les pesantes réalités ou les contraintes de la vie sociale. Au pire, votre scepticisme désabusé et désespéré peut vous faire verser dans un nihilisme absolu qui justifiera vos impuissances à agir, à vouloir et à communiquer.

Inversement, les réponses de Michel Houellebecq aux questions devraient montrer qu’il ne correspond pas du tout au portrait suivant :

Vous avez une sociabilité tendre, aimable, attachante. Vous savez toucher, séduire, charmer autrui par la grâce de vos attitudes, de votre tendresse contagieuse, par la suavité de votre langage, la douceur de vos manières, l’attrait de votre séduction naturelle. Attentif à ne faire de peine à personne, soucieux de ne pas choquer, vous cherchez à tisser avec autrui des liens de complicité affective, des relations privilégiées basées sur le partage émotionnel, d’effusion sentimentale ou de complicité amicale et désirez fortement la présence de ceux que vous aimez. Prévenant, plein de tact et de compassion, vous avez besoin pour donner le meilleur de vous-même de vous sentir accepté d’emblée, comme si vous ne pouviez réellement communiquer qu’avec des êtres dont la sensibilité est si totalement en accord avec la vôtre qu’il n’a aucun effort à faire. Une seule règle semble régir vos rapports avec autrui : celle de vos sympathies et antipathies instinctives, de vos attirances et répulsions immédiates, de la séduction que les gens exercent sur vous et que vous exercez sur eux.

Vous êtes un voluptueux, un sensoriel, un sensuel. Vous aimez par dessus tout humer, palper, sentir, toucher, éprouver, caresser les êtres et les objets. Le spectacle du monde éveille en vous mille sensations que vous préférez agréables, la beauté vous enivre, les sons vous font vibrer, les parfums vous grisent, les mots vous émeuvent, la moindre image exerce sur vous un puissant impact sensoriel : il y a chez vous une vive sensibilité artistique. Vous goûtez avant tout l’univers qui vous entoure et les êtres qui l’habitent par l’intermédiaire de vos cinq sens. La recherche du plaisir esthétique, érotique ou charnel s’impose à vous avec la force d’une évidence incontournable. Seul ce qui vous émeut vous parle, et seule la recherche de la jouissance physique vous importe. Spontané, vous laissez libre cours à l’expression de vos humeurs joyeuses et gourmandes, de vos désirs immédiats. L’amour n’est pas pour vous un sentiment éthéré, mais une réalité quotidienne, un corps-à-cœur de tous les instants qui ne se satisfait qu’avec des présences vivantes et vibrantes.

À propos du vrai-faux Thème de Michel Houellebecq

Selon les informations « officielles » fournies par son propre site Internet et relayées par tous les médias, le futur écrivain Michel Houellebecq naît le 26 février 1958 à 14 h 00 HO à Saint-Pierre de La Réunion. En réalité, Michel Thomas est né le 26 février 1956 à 6 h 00 HO au même endroit.

La rentrée littéraire 2005 voit la parution de son quatrième roman, La possibilité d’une île, qui déchaîne déjà les polémiques, peu avant que ne soit publiée sa première biographie non-officielle écrite par le journaliste Denis Demonpion. Selon l’éditeur de ce dernier, « La tâche a été d’autant plus difficile que Houellebecq, un nom d’emprunt, s’est appliqué à brouiller les pistes ». On le croit sur parole : les conditions dans lesquelles s’est déroulé l’entretien que Houellebecq a accordé à Françoise Hardy pour Astrologie naturelle en 1999 en témoignent…

Michel, Bruno et les autres…

En 1998, Françoise et moi avions lu Les Particules élémentaires et été séduits par ce livre drôlatique, subversif et iconoclaste. Nous décidâmes donc de solliciter une interview de l’écrivain. Françoise prit contact avec Houellebecq pour s’enquérir de sa DN, et ce fut immédiatement l’embrouille.

Faux Thème pour 15 h 30

Dans Les Particules élémentaires, Houellebecq se dédouble : il est à la fois Michel (c’est-à-dire grosso modo lui-même) et Bruno, un frère imaginaire qui n’a en réalité jamais existé dans sa « vraie » vie. Lorsque Françoise prend contact avec l’écrivain, qui à l’époque ne désaoûlait que rarement, il se montre confus et évasif lorsqu’il s’agit de fournir sa DN, comme s’il ne savait pas vraiment quand il était né. Il commence par nous fournir la DN suivante : 26/02/1956 à 15 h 30 HO. Quand Françoise lui demande quelle est la source de cette information, il bafouille qu’il la tient de sa mère, « plus ou moins branchée astrologie » (???). Françoise me communique cette DN. Je monte le Thème et immédiatement je ne le trouve pas crédible : une opposition Vénus-Neptune dominante dans l’axe Bélier-Balance et le « petit t » (« transcendance intensive », Mercure-Saturne-Pluton : l’esprit critique) non-valorisé ne correspondent en rien au fonctionnement de Houellebecq, qui n’a vraiment rien d’un « petit e » (« existence intensive », Vénus-Mars-Neptune : affectivité, sensorialité) hyper-dominant. Françoise est d’accord. Vu qu’à l’époque on ne connaissait pas grand-chose à sa biographie, on s’est demandé si l’écrivain n’aurait pas réellement eu un frère, et si, dans un état d’alcoolémie prononcé, Michel ne nous aurait pas communiqué la DN de ce frère à la place de la sienne, cela d’autant plus qu’à l’époque, Houellebecq lui avait fait parvenir une mauvaise photocopie de thème astral correspondant à cette DN.

Françoise reprend alors contact avec Houellebecq, qui cette fois bafouille une nouvelle DN : 26/02/1958 à 14 h 00 HO. Il semble beaucoup plus affirmatif. Elle me communique l’information, et, ce coup-ci, tout semble coller : le « petit t » est dominant (Saturne angulaire trigone Pluton lui-même opposé à Mercure) et le « petit e » très peu valorisé. Faute de temps, nous ne pouvons avoir une confirmation auprès de l’État-Civil de la Réunion. D’ailleurs, eussions-nous voulu entreprendre cette démarche que nous aurions échoué, étant donné qu’à l’époque nous ignorions que « Houellebecq » était un pseudo. On décide donc de faire l’interview sur la base de cette fausse DN qui nous paraissait crédible.

Faux Thème pour 14 h 00 en 1958

Comme d’habitude, on prépare l’entretien séparément : chacun de son côté, on élabore des questions, puis on regroupe le tout. Rendez-vous est pris chez Françoise le 10 janvier 1999. L’interview a lieu entre Françoise et lui. Il arrive déjà un peu éméché et n’a pas du tout l’air gêné de nous avoir communiqué une fausse DN. Lorsque l’entretien se termine, il part en zigzaguant dans l’épais brouillard d’alcool de nuit parisienne…

Le vrai-faux Thème et le vrai-vrai Thème

Nous ne savions pas qu’il avait donc triché à la fois sur son année et sur son heure de naissance. Mais ce manipulateur s’est pris les pieds dans son mensonge, puisque pour cette DN, on retrouve les mêmes dominantes planétaires (plus Jupiter quand même, ce qui n’est pas plus mal) :

▶ configurations dominantes de la fausse DN : Saturne trigone Pluton, Soleil-Mercure opposés Pluton, Lune carré Pluton ; faiblesse de Vénus-Mars-Neptune ;

▶ configurations dominantes de la vraie DN : Soleil carré à Saturne et opposé à Lune-Pluton-Jupiter, Mercure opposé Pluton ; faiblesse de Vénus-Mars-Neptune…

De ce fait, le contenu de l’entretien qu’il nous a accordé reste globalement valable. Il s’agit d’un authentique et paradoxal pied de nez du réel astrologique aux mensonges littéraires, ce qui me réjouit au plus haut point. Cette petite histoire illustre bien le fait que la pratique astrologique évolue dans un flou impeccable… et qu’il faut toujours vérifier ses sources.

▶ A gauche le vrai Thème de Houellebecq. A droite le faux sur lequel est basé l’entretien :

L’entretien et les commentaires

Cet entretien est paru en mai 1999 dans le n° 7 d’Astrologie naturelle. Je le reproduis ici, accompagné des commentaires et nouvelles questions suscités par la connaissance de la vraie DN de Michel Houellebecq (26/02/1956 à 6 h 00 HO). Les commentaires ne figurent pas ici : vous les retrouverez dans le Fil d’ARIANA n° 24, bulletin interne d’ARIANA (disponible uniquement par adhésion à ARIANA).

Françoise Hardy : Avez vous déjà eu des raisons de penser que le ciel sous lequel on naît est susceptible de conditionner en partie notre personnalité et par là même notre destin, dans la me-sure où il nous arrive en partie ce que nous sommes ?

Michel Houellebecq : Dans le principe, je ne crois pas à l’astrologie, je reste fidèle au raisonnement scientifique, etc., mais je trouve que je ressemble davantage au portrait des Poissons qu’à celui des onze autres, ce qui m’arrange bien, car c’est un Signe assez sympa.

En quoi par exemple ?

La compassion… Ce n’est pas un Signe dur… En fait, que je croie ou non à l’astrologie, je trouve la description du caractère des douze Signes vraiment parlante, elle évoque des types psychologiques qui existent réellement. Même si ce n’était que ça, ce serait déjà une magnifique tentative de caractérologie. Personnellement, il m’arrive en voyant certaines personnes, de penser qu’un tel correspond au Bélier, tel autre au Cancer… Je sens assez bien ce que cela recoupe…

La partie la plus importante de votre ciel — votre Signe solaire les Poissons, vos dominantes planétaires Saturne et Pluton vous prédisposait à la base à être déconnecté du monde extérieur, à vous y sentir plus ou moins étranger, d’autant plus que la dissonance Lune-Pluton sensibilise à l’excès et dès la prime enfance à la moindre attitude apparemment ou effectivement excluante, rejetante, de l’environnement immédiat… Un contexte familial relativement équilibré, suffisamment aimant atténue cette sensibilisation, sinon il l’amplifie. À la faveur de cet éclairage astrologique, on est tenté de supposer que la mère dénaturée que vous dépeignez dans Les particules élémentaires a quelques points communs avec la vôtre.Vous est-il possible d’en parler ?

Je suis effectivement très sensible aux attitudes excluantes. Dès que je sens des signes d’appartenance à une bande, une tribu, un milieu, des codes, dès qu’un groupe se constitue, je suis automatiquement en dehors… Je suis mal avec les riches, mal avec les pauvres, mal avec les branchés, mal avec les BCBG traditionalistes, mal avec les bandes de jeunes ou les milieux professionnels… Ma jeunesse a été marquée par différents mouvements de mode et j’étais contre tous : je détestais les baba cools, les punks, les gens normaux qui ont suivi… À la sortie de mon premier livre pourtant, je me suis rendu compte que j’étais écrivain parce que je « collais » au milieu éditorial où je me sentais crédible… C’était une appartenance facile que je n’avais jamais ressentie avant, sauf dans les hôpitaux psychiatriques : je me sens bien avec les fous alors que j’ai rejeté ou me suis senti rejeté par tous les milieux ordinaires avec la plus grande violence. C’est très net et très constant dans ma vie : dès que je sens qu’un point de vue consensuel commence à se manifester, j’ai un vif désir d’apporter le trouble dans cet ensemble et j’y parviens en général.

La valorisation dans un ciel natal de Saturne, Pluton et Mercure, prédispose à être du type libre penseur, observateur, distancié, critique, contestataire, démystificateur, attiré par la complexité, plus à l’aise dans le monde des idées, de l’abstraction que dans celui des sentiments et des réalités matérielles… Vous dites que c’est important d’être lucide, tout en plaçant la bonté, l’amour désintéressé au dessus de tout : seriez-vous aussi doué pour la bonté que pour la lucidité ?

Non. Je ne suis pas très doué pour la bonté.

Vous vous reconnaissez pourtant dans la compassion que l’on prête aux Poissons…

J’ai épousé ma femme pour sa bonté mais comme je ne suis pas quelqu’un de bon, j’ai un profond respect pour cette qualité-là. Je ne crois pas que je sois capable d’aimer les gens mais je suis capable de compassion. En fait pour s’attacher vraiment à moi, il faut éveiller ma compassion. C’est très Poissons…

Certaines femmes sont attirées par l’aspect « oiseau blessé » d’une personnalité. tout en ayant tendance à surévaluer leur pouvoir de guérison et sans s’attendre à ce que l’oiseau blessé les maltraite, justement parce qu’il a subi un mal irréparable. Vous est-il arrivé de fuir ou piétiner l’amour que l’on vous manifestait ?

Je ne suis jamais cruel mais je peux me rendre insupportable à force de geignardise pour tester la capacité de résistance et d’amour de l’autre. Je peux exercer sans scrupule un immonde chantage affectif qui fait d’ailleurs craquer la plupart des femmes…

Vous voulez dire que vous manipulez l’autre ?

Non, je suis sincère au point de me montrer vraiment plus bas que tout, parce que j’ai besoin de savoir jusqu’où on va pouvoir me supporter. Ce n’est pas méchant, mais j’ai besoin de savoir si on va encore m’aimer en loque humaine, en larve. Je teste les capacités d’amour…

D’amour maternel finalement…

Oui. Je ne suis jamais cruel… Je ne trahis pas… Je teste seulement… Mais je vais devoir changer un peu ma stratégie car je suis devenu une vedette et qu’on plaint un peu moins une vedette… Je ne suis plus vraiment crédible en raté, en minable, en désargenté, etc. J’ai plus de mal à me faire plaindre maintenant… À moins que je tombe très malade… (Rires)

Comment savoir si c’est plus de vous que l’autre a besoin, ou du jeu que vous jouez avec, du rôle que vous lui attribuez…

Je ne crois pas qu’il y ait de réelle différence entre le jeu que je joue et ce que je suis. Je n’ai pas l’impression d’avoir un moi profond mais je ne peux pas jouer n’importe quoi, j’ai un certain registre… Par ailleurs, je pense que la capacité d’amour n’est pas fréquente, en particulier chez les hommes… Ni chez tellement de femmes… La plupart des femmes que j’ai connues avant la mienne, n’étaient pas capables d’amour… Mais ma notoriété m’a amené à avoir davantage de relations avec les femmes que je n’en ai jamais eu et à m’apercevoir que cette capacité semble exister chez un certain nombre d’entre elles… Pas toutes…

Votre croyance en une plus grande capacité d’amour chez les femmes que chez les hommes, est d’autant plus paradoxale qu’il semble que vous n’ayez pas eu une « bonne » mère…

J’ai ce handicap de départ très lourd et pourtant j’ai été un enfant heureux grâce à ma grand-mère qui m’a élevé…

La mère de votre mère ou de votre père ?

De mon père…

Qui a été défaillant lui aussi ?

Oui. Mais moi aussi j’ai été défaillant en tant que père…

C’est justement sur cet enchaînement que je voulais mettre l’accent…

Mon père a été défaillant pour des raisons typiquement masculines : son ambition était incompatible avec la vie de famille… Et je me suis trouvé à mon tour dans le même cas de figure.

On peut imaginer que si vous aviez bénéficié de l’amour d’une mère et d’un père, vous vous seriez comporté différemment… Car comment donner à un enfant ce dont on a soi-même été privé ? Sans compter que l’absence de mère et de père influe sur le choix ultérieur de partenaire…

Je pense quand même que c’est une attitude masculine typique…

Pour surmonter le handicap d’absence de mère, votre conditionnement céleste vous prédisposait à utiliser l’outil intellectuel — encore fallait il que vous ayiez le degré d’intelligence adéquat pour vous en servir au mieux. Dans vos écrits on sent une pointe d’envie à propos des hommes beaux, grands, forts… auriez-vous préféré être « beau et con à la fois » ?

Je ne suis pas exactement mon personnage. J’ai tellement désiré les femmes que ça a fini par marcher : les femmes sont sensibles à l’intérêt qu’on leur porte…

D’après votre ciel pourtant où Mars, Vénus et Neptune ne font pas partie de vos dominantes, la fonction sensation n’est pas ce qui devrait prévaloir chez vous. On pourrait même avec la dissonance Lune-Pluton parler d’un rapport plus ou moins problématique au corps, d’une certaine impossibilité à fusionner…

Je n’ai probablement pas un rapport idéal à mon corps, mais l’appétit sexuel est quelque chose d’assez fort chez moi et je connais l’état fusionnel chaque fois que je fais l’amour.

Avec une femme que vous aimez ?

Malheureusement non. Ça marche à chaque fois. C’en est presque répugnant. Rassurez-vous, je me réveille après.

Pardon d’insister, bien qu’un ciel de naissance ne dévoile pas tout, tant s’en faut, le vôtre va dans le sens d’une grande distanciation intellectuelle vis-à-vis des désirs et des affects…

C’est vrai aussi. Il y a des périodes où je m’en fiche complètement… D’autres où je suis extrêmement participant… Il m’est arrivé de me demander si ce n’était pas dû aux saisons… si je n’avais pas des périodes de rut comme les animaux… Et puis, je peux avoir des moments de retrait total… Il y a en moi à la fois un peu du Bruno des Particules élémentaires, totalement tributaire de ses désirs, et un peu du Michel qui en est totalement dépourvu… Je vais vous dire quelque chose de très important…

Il était temps…

J’aime les femmes… (Silence) Mais au fond je m’en fous et je ne suis jamais devenu fou pour une femme…

Mars est votre planète la plus faible, moyennant quoi vous devriez avoir horreur de la violence.

J’ai particulièrement horreur de la méchanceté. À vingt ans, j’ai donné un coup de pied à un pigeon, c’est ce que j’ai fait de plus méchant dans ma vie et je m’en veux encore.

Avez vous, petit, souffert des sévices dont le Bruno des Particules élémentaires est victime de la part de garçons plus âgés que lui ?

J’y ai assisté et cela m’a dégoûté de l’humanité, je veux dire des hommes. Cela a durablement orienté la mauvaise opinion que j’ai d’eux. Les situations d’agression me font horreur, je ne les supporte pas et suis incapable d’y faire face.

Votre position est opposée à celle de Kundera qui croit que les femmes sont si conséquentes dans leur cruauté, que si elles avaient fait les guerres à la place des hommes, il n’y aurait pas eu un seul survivant.

Je pense l’inverse et je crois que c’est moi qui ai raison.

Les Poissons cherchent à dépasser les contraires et les Gémeaux les confondent ou les ignorent. Que pouvez vous prendre à votre compte dans l’assertion d’un de vos personnages : « Certains êtres porteurs de valeurs déviantes continuent à associer la sexualité et l’amour » ?

Je ne dissocie pas en toutes circonstances mais ça m’est souvent arrivé.

Ça arrive à tout le monde, aux femmes aussi…

(Haussant le ton) Moins…

Ne pensez vous pas que le sexe puisse être le couronnement de l’amour ?

Honnêtement, j’aurais tendance à voir les choses dans l’autre sens… Je commence toujours par le sexe ; en général l’amour ne se manifeste pas… Parfois il arrive qu’une femme soit vraiment gentille…

Dans votre premier roman, le narrateur évoque son trait de caractère majeur (qu’il partage avec le Michel des Particules élémentaires) : une « excessive lucidité … transcendante aux schémas perceptifs de l’existence ordinaire ». Dans la grille de lecture R.E.T. qu’utilise l’astrologie moderne, la fonction de Saturne, planète dominante dans votre ciel natal, est justement de « transcender l’Existence » : prendre du recul par rapport au vécu, s’abstraire des affects, creuser les faits, approfondir, multiplier et décortiquer les expériences pour en découvrir les rouages cachés. Est ce que ça vous interpelle au niveau du vécu ?

À certains moments j’ai cette malheureuse capacité de voir comment les choses se passent, au point d’en perdre toute possibilité d’adhésion. C’est une expérience pénible…

Saturne qui, en raison de son cycle de trente années, gouverne le stade adolescent, est la planète des interrogations, du doute, de la quête profonde du sens et de la finalité de toute chose. Mal vécue, cette fonction peut favoriser la mélancolie, la solitude, le sentiment profond et douloureux de l’aspect éphémère, vain, futile et, en fin de compte, absurde de toute chose…

C’est très schopenhauerien tout ça… Je vais être beaucoup plus « people » que vous : j’ai été projeté sur la scène médiatique alors que je n’avais exprimé que des doutes… Les gens m’aiment bien et j’ai donc trouvé une sorte de justification sociale à la solitude et aux doutes qui constituent le plus clair de mes écrits. Je suis quelqu’un d’authentique qui ne croit pas à ce que la plupart des gens croient et éprouve un certain plaisir à enfoncer le clou… Quand j’étais adolescent, j’avais un fort besoin de certitudes rationnelles, j’étais attiré par le savoir absolu, par la Science, par les mathématiques… Mon rêve n’était pas de devenir un grand écrivain mais un grand scientifique…

Le Saturnien de haut niveau a souvent une éthique contraignante. Êtes vous aussi rigoureux, intransigeant sur le plan existentiel que sur le plan intellectuel ?

Disons que je n’ai jamais dévié sur certains principes… (Cherchant) Je n’ai jamais fait de promesse non tenue… J’ai beaucoup de mal à mentir… Je ne peux pas laisser tomber les gens qui sont dans le malheur… Je suis tourmenté par la culpabilité, en particulier celle de n’avoir pu m’occuper de mon fils aussi bien que j’aurais dû…

Une dominante Saturne-Pluton sur fond Poissons prédispose à avoir du mal à se motiver. On vous dit dépressif ?

Ce n’est pas le qualificatif qui convient. (Agacé) Il suffit que vous soyez fatigué et n’ayez envie de rien faire pour que les gens vous croient dépressif. En réalité, je suis extrêmement heureux de pouvoir rester couché pendant des jours sans rien faire d’autre que bouquiner… J’éprouve un vrai bonheur à regarder la mer ou un petit chien… Je peux me sentir très bien quand il ne se passe absolument rien. Je ne suis pas si dépressif que ça, j’ai juste besoin d’être seul.

En quoi vous sentez vous encore adolescent ?

J’ai sans doute gardé certains traits de l’adolescence et ça explique en partie mon succès. Bien que n’étant pas jeune, je plais aux jeunes. Je ne peux pas expliquer pourquoi mais je sais que j’ai une image de jeune. C’est étrange… Comme Gainsbourg, j’ai peut être devant moi un bel avenir de vieux jeune.

Après le temps saturnien de l’adolescence arrive à l’âge de trente ans le temps uranien de l’âge adulte. On peut mettre sur le compte de la faiblesse d’Uranus dans votre ciel, la dénonciation que vous faites des forces ou modèles de comportement figés qui succèdent au « déchaînement vers l’âge de treize ans des attracteurs pulsionnels » : y a-t-il d’autres aspects inhérents à l’âge adulte qui vous indisposent ?

Honnêtement : rien. (Long silence) Mais je n’y arrive pas. (Rires) J’ai écarté des femmes rationnelles pour en épouser une très irrationnelle, mais aussi très vivante, très gentille. En fait, je me fais chier avec les gens normaux… Je suis quelqu’un d’ouvert, mais parmi les aspects qui se rattachent à l’adolescence, il y en a aussi que je déteste. La révolte par exemple…

Vous êtes vous-même un rebelle, un contestataire pourtant !

C’est vrai.

Il me revient que vous avez écrit des lignes virulentes contre l’égoïsme, l’agressivité, le conformisme du pré-adolescent surtout quand il est en groupe.

J’ai beaucoup durci ma position à propos de la polémique qui a eu lieu autour de la fin de mon livre et qui ressemble à de la science-fiction. Finalement, ça me paraît une très bonne fin.

Vous voulez dire que le clonage qui permettrait — je vous cite — que « l’humanité organise elle même les conditions de son remplacement » vous paraît un progrès possible ?

Ce serait déjà un moyen d’échapper au vieillissement et à la mort qui rendent la condition humaine si misérable.

Tout ce qui évoque de près ou de loin l’eugénisme provoque immédiatement une levée de boucliers. De plus, vous dénoncez la confusion fréquente entre liberté et imprévisibilité, ainsi que l’autoritarisme et la confusion qui ont entaché les notions de liberté, de dignité et de progrès, au point de les rendre inefficaces. Il y avait là de quoi vous mettre à dos une bonne partie de l’intelligentsia !

La liberté est l’un des grands thèmes de mon livre, un thème sur lequel j’ai beaucoup insisté mais que personne n’a relevé. Il y a cette scène où le personnage d’Annabelle devrait rejoindre celui de Michel qui vient d’enterrer sa grand-mère. Contre toute attente, elle n’y va pas. En cet instant-clé, déterminant pour la vie de chacun d’eux, elle fait l’expérience concrète de la liberté. C’est ainsi que je vois la liberté : un moment où on a le choix et où, en fin de compte, on ne choisit pas, on se laisse guider par quelque chose de plus fort que soi qui vous pousse.

Vous savez sans doute que le Signe des Poissons a une sensibilisation particulière aux contraires, qui l’amène à éviter de choisir dans une alternative et attendre qu’une troisième voie se présente.

Chaque fois que j’ai un choix raisonné à faire, je panique. Je me sens libre quand je fais quelque chose ou quand j’ai l’impression d’avoir fait quelque chose que je n’avais pas décidé avant.

L’opposition Soleil-Pluton qui marque votre ciel est actuellement réactualisée par le passage de Pluton au double carré de votre dissonance natale. En clair, votre prédisposition de base à ne pouvoir obtenir une forme de reconnaissance sans que le ver vienne aussitôt se glisser dans le fruit, quitte à l’introduire préalablement vous même, est réactualisée…

C’est vrai qu’on me fête, mais c’est vrai aussi que je suis un messager de mort. Dans un sens, je suis content ; c’est ce que je voulais. Je suis venu apporter la destruction. Je le sais. C’est gênant à dire, mais c’est la vérité.

Est ce que sur le plan personnel…

Je suis beaucoup plus mégalo que ça ! (Rires) J’ai mis à feu et à sang la critique littéraire en France et je compte étendre mon action à l’Europe et aux États-Unis. Ma mission n’est pas terminée.

… le fait que votre livre ait été en partie incompris par beaucoup de lecteurs vous affecte ?

Non. Je suis confiant…

Vous pensez qu’avec le temps vous serez de mieux en mieux compris ?

Oui.

N’est-ce pas lourd à porter d’être un visionnaire pessimiste ?

Enfant déjà, j’étais conscient de voir mieux, plus profond, plus loin que les autres. Mais ma vision n’est pas que noire.

Vous saviez en écrivant Les Particules élémentaires que c’était un livre important qui ne passerait pas inaperçu ?

Oui. Je pensais qu’il susciterait des réactions violentes, mais sans imaginer un tel succès public… Vous ne m’avez pas parlé de mon Signe Ascendant, quel est il ?

Gémeaux. Un Signe adaptable, mobile, souple très différent de Saturne et des Poissons.

(Ironisant) Je suis malheureusement un garçon très intelligent. Je n’ai aucune difficulté à être une vedette. Je comprends parfaitement ce que les médias me veulent et je l’accepte. Je suis un vrai « pro » des médias : adapté, habile, subtil… Le système de la mode ne me dérange pas. Mais cette adaptabilité que vous dites Gémeaux, je croyais qu’elle relevait des Poissons.

L’adaptabilité Gémeaux repose sur une curiosité assez superficielle, celle des Poissons sur une relative indifférence de fond…

(Suave) Le milieu « branché » m’a soutenu dès mes origines médiatiques et j’ai l’impression de surfer avec aisance sur les courants de mode. En plus, j’aime les gens…

Mais au fond vous vous en foutez ?

Mais au fond je m’en fous. Bizarrement, mon succès ne m’étonne pas, j’en suis même heureux. Mais j’ai longtemps connu le contraire et ça ne me dérangeait pas. (Pris d’une brusque sollicitude) Vous allez avoir du mal à débrouiller tout ça, Françoise.

Dernières nouvelles de l’anti-astrologie

Dans son article paru dans le dernier numéro du Nouvel Observateur, la « journaliste » (avec d’hénaurmes guillements) nietszchéo-lacanienne gauche-caviar Aude Lancelin en remet une louche dans l’anti-astrologisme crétin. Extrait de son papier :

« Quelques scènes croquignolesques rapportées par Demonpion, aussi. Comme ce rancard improbable avec Françoise Hardy, l’astrologue-chanteuse qui fera observer à Houellebecq qu’il a le même signe astrologique que Ben Laden : Poissons. « Je suis un messager de la mort. Je suis venu apporter la destruction », lâche-t-il alors à l’interprète de « Tous les garçons et les filles de mon âge », l’hymne quasi houellebecquien de ces adolescences acnéiques qu’on ne souhaiterait pas à son pire ennemi ».

Comme vous avez pu le lire, vous qui n’êtes pas « journalistes » mais un peu mieux informés que cette bimbo-pimbêche pseudo-intello, il n’est nulle part question de Ben Laden dans cet entretien réalisé deux ans avant les attentats du World Trade Center, à une époque où le gourou d’Al-Qaïda était encore inconnu du grand public au moment où cet entretien a eu lieu. De plus on ne voit pas quel rapport on peu établir entre le texte gentillet et romantique de Tous les garçons et les filles de mon âge et les noires turpitudes porno de l’amer Michel. Il faut vraiment être une journaleuse lacanienne dégénérée pour faire de tels rapprochements.

Dernière nouvelle stupéfiante !

Le biographe de Houellebecq, Demonpion, a donné « 06 h 00 HO » comme heure de naissance, information fournie par la mère de Houellebecq et que Demonpion disait corroborée par l’État-Civil. Or, selon Clicanoo, journal de l’île de la Réunion dont un journaliste s’est procuré un extrait de naissance officiel, l’amer Michel serait en fait né à 13 h 00 HO… Ce qui donne le Thème ci-contre.

Et ce qui donne toujours (incroyable !) les mêmes dominantes planétaires et qui confirme le fait que cet entretien reste valable !

Lire à ce sujet : CLICANOO

Par ailleurs, Françoise Hardy a reçu une longue lettre de la mère de l’amer Michel dans laquelle elle lui confirmait que son fiston était bien né à 06 h 00. On peut penser que c’est elle qui a raison : les souvenirs d’un accouchement à l’aube doivent être différents de ceux en plein milieu de la journée, et cette lettre prouve que cette femme a des connaissances étendues en astrologie.

À suivre ???

Suite : la mère de l’amer Michel n’a toujours pas répondu au courrier que Françoise Hardy lui a adressé pour savoir ce qu’il en est de la vraie D.N. de son fiston qui n’a pas eu le prix Goncourt, mais l’Interallié. Toujours à suivre…

Article paru dans le n° 7 d’Astrologie naturelle et n° 24 du Fil d’ARIANA (octobre 2005).

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy, Richard Pellard


Le petit livre des Poissons par Richard Pellard

49 pages. Illustrations en couleur. Format PDF.

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation des Poissons selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation des Poissons en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant.

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