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Publié le : 30 novembre 2003
Mercure-Saturne-Pluton, "transcendance intensive"



Généralement : concentration sur le multiple.

Réduire à des interrogations, perplexités, hypothèses, spéculations, doutes, lois cachées, mystères, non-sens, absurdités, perspectives incertaines ou inédites ("t"), l’ensemble des normes, codes, concepts, théories, modèles, buts, projets, images, principes, symboles ("R"), des faits et phénomènes concrets et observables ("E") et des réalités abstraites, subtiles, invisibles ou sous-jacentes ("T").

Psychologiquement : l’esprit critique.

Formule positive ("t") : décortiquer et sonder mots et théories, sensations et expériences, mystères et subtilités pour en découvrir les rouages invisibles ou les absurdités profondes. Etre intensément sceptique à l’égard de tous les modèles, faits et énigmes dont est peuplé le réel. Toujours soupçonner qu’une part de l’information est manquante, que les certitudes les plus acquises et les réalités les plus concrètes peuvent être remises en questions ou être éclairées différemment. Enquêter, investiguer, traquer les traces des indices ténus qui mettent sur la piste d’autre chose que ce que l’on croit, voit et ressent. Chercher en toutes choses l’élément manquant, le défaut de la cuirasse, le grain de sable qui peut dérégler les plus efficaces et meilleures machines.

Formule négative (non-"r", non-"e") : manque ou rejet de l’autorité manifeste et de l’intensément ressenti. Les principes et l’affectivité sont en panne. D’où les excès "t" : criticisme systématique, paranoïa du soupçon et du complot, émiettement des pensées dans l’abstraction absolue, idées noires, dramatisation de l’absurde ou du non-sens.

A propos de la Transcendance...

Il est des mots qui sont d’emblée si chargés de sens et de connotations divers qu’ils risquent de davantage masquer ou trahir la chose qu’ils désignent plutôt que de l’éclairer, de la révéler. Le mot “Transcendance” fait partie de ceux-là. Evoquant une mystérieuse dimension de l’univers, il flirte aussi avec la métaphysique et le divin, et se retrouve ainsi exposé à toutes sortes de projections plus ou moins arbitraires ou fantasmatiques. Précisons donc la définition que nous donnons à ce mot : c’est tout simplement celle du Petit Larousse : “Caractère de ce qui se situe hors de portée de l’expérience et de la pensée de l’homme”.

Remarquons que cette définition est privative ou négative : la Transcendance n’y est pas décrite en tant que ce qu’elle est, mais en tant que ce qu’elle n’est pas. Le “Ce” qui la désigne est suffisamment vaste et vague pour permettre bien d’imaginer de multiples formes et visages de la Transcendance, tandis que l’expression “hors de portée” souligne que ce niveau de réalité ne relève ni du monde des phénomènes sensibles (“l’expérience”), ni de celui de nos représentations mentales (“la pensée de l’homme”).

Chaque niveau et chaque fonction du système R.E.T. se définit à la fois par ce qu’il est et par ce qu’il n’est pas. Nous reviendrons sur cette caractéristique essentielle plus tard d’une manière systématique et approfondie mais, dès maintenant, nous pouvons appliquer cette règle à la fonction plutonienne. Sa formule positive est “transcendance de Transcendance”, ce qui implique, pour sa formule négative, qu’elle n’est ni “représentation de Représentation”, ni “existence de l’Existence”. La formule totale (positive et négative) de Pluton est donc “tT non-rR non-rE”, que l’on peut réduire à : “Transcendance non-Existence non-Représentation”). En laissant de côté la formule positive, nous obtenons la définition négative suivante de la fonction plutonienne : “Caractère de ce qui ne relève ni de l’existence, ni de la représentation”. Comparons cette formule avec la définition de la transcendance donnée par le dictionnaire : “Caractère de ce qui se situe (“tT”) hors de portée de l’expérience (“non-E”) et de la pensée (“non-R”) de l’homme”. Elles sont pratiquement identiques, ce qui n’a rien d’étonnant, puisque la fonction plutonienne, en rétroaction négative, concerne le maintien et l’auto-conservation de la Transcendance... CQFD.

Le croyant et l’incroyant peuvent donner un contenu différent à la Transcendance. Le premier a tendance à opposer la Transcendance du divin à l’Immanence de l’Homme et du monde. Les spiritualistes les plus radicaux estiment que seule la Transcendance divine est réelle, nos existences concrètes et nos représentations n’étant que des illusions. Les croyants plus mesurés - et donc plus savants - pensent que deux types de Transcendance co-existent : la première a trait à la présence d’une dimension divine dans l’univers, alors que la seconde, consubstantielle à l’immanence (= “Ce qui relève du domaine de l’expérience et de la pensée”), relève de la permanence dans la nature d’une dimension inconnue qui ne relève pas du divin. L’agnostique, l’athée ou le matérialiste ont d’autres points de vue. L’agnosticisme, l’athéisme et le matérialisme sont trois conceptions philosophiques qui ne doivent pas être confondues, en dépit de la classique - et trompeuse - opposition spiritualisme-matérialisme. L’agnostique estime que “l’absolu est inaccessible à l’esprit humain et professe une complète ignorance touchant la nature intime, l’origine et la destinée des choses” ; l’athée “nie l’existence de Dieu, de la divinité” ; enfin, le matérialiste “affirme que rien n’existe en dehors de la matière, et que l’esprit lui-même est entièrement matériel”.

Dans les optiques de ces trois variétés d’incroyants, la Transcendance n’a donc aucun contenu divin ou spirituel. Pour l’agnostique, elle se confond avec l’absolu inconnaissable et inexpérimentable, et relève ainsi d’un mystère si épais qu’il en est impénétrable, illustration parfaite de la fonction plutonienne “transcendance de la Transcendance” : maintien et auto-conservation de l’inconnu qui ne livre rien d’autre de lui-même que lui-même. Pour l’athée et le matérialiste, la Transcendance représente toutes les lois physiques de la nature qui n’ont pas encore été découvertes, y compris celles qui ne le seront éventuellement jamais.

La position philosophique la plus proche de celle de l’astrologie naturelle est celle de l’agnosticisme lorsque celui-ci ne confond pas l’inconnu et l’inconnaissable : il peut toujours sortir quelque chose de l’inconnu, alors que l’inconnaissable est homéostatique, fermé sur lui-même. En effet, il n’est nullement nécessaire de croire à une quelconque dimension divine pour tenter d’approcher et de comprendre les relations entre l’Homme sur Terre et le système solaire. Mais chacun est libre de croire ou de ne pas croire : c’est là affaire d’un pari intime, d’une conviction personnelle rationnellement et expérimentalement indémontrable.

Pourquoi ce long préambule sur les diverses manières d’appréhender la Transcendance ? Tout simplement afin de “déminer le terrain”. Trop d’astrologues, confondant Transcendance et divinité, prêtent aux planètes trans-saturniennes une dimension spirituelle et ont tendance à faire de ceux chez qui elles sont dominantes des inspirés métaphysiques, des prophètes ou des mystiques, ce qui est non seulement très réducteur, mais la plupart du temps faux : il y a autant d’agnostiques, d’athées et de matérialistes chez les êtres fortement marqués par Uranus-Neptune-Pluton que chez les autres. La dimension spirituelle d’un être, si tant est qu’elle existe, n’est pas inscrite ni décelable dans son thème natal.

Le trio “transcendance intensive” au niveau collectif-universel

Avec le petit “t” de Mercure-Saturne-Pluton, il y a convergence, polarisation, focalisation sur le niveau-but “transcendance” : tout est prétexte à s’interroger, à questionner, à imaginer d’autres possibles, à formuler de nouvelles hypothèses, à creuser, fouiller, approfondir, exercer sa quête d’un absolu ou d’un sens caché. Quelque soit le niveau-source auquel on se réfère, on perçoit en son sein un manque, une vacuité, une insuffisance génératrice d’insatisfaction et d’esprit de recherche. Pour bien cerner la différence entre petit et grand “T”, entre “transcendance intensive” et “Transcendance extensive”, établissons un parallèle entre deux notions qui semblent beaucoup se ressembler et qui sont pourtant très différents : l’imaginaire et l’imagination.

Nos dictionnaires fourmillent de définitions de l’imaginaire. Avant de donner les nôtres, citons-en quelques-unes : “Qui n’existe que dans l’esprit, qui ne correspond pas au réel” ; “Produit, domaine de l’imagination, des choses créées par l’imagination” ; “Fantastique, fabuleux, irréel, légendaire, mythique”. L’opposition entre l’imaginaire et le “réel” est-elle bien pertinente ? Rien n’est moins évident. Lorsqu’un être fait une découverte qui bouleverse les connaissances acquises, initialement elle “n’existe que dans son esprit”, certes, et elle est en général combattue et récusée par les représentants du savoir en place qui ne se privent presque jamais de remarquer que cette découverte “ne correspond pas au réel”. Prenons l’exemple de l’astronome-astrologue Johannes Kepler, qui a découvert que les orbites planétaires ne décrivent pas des cercles parfaits, comme on l’a cru pendant des millénaires avant lui, mais des ellipses. Nombreux furent les savants de son époque à refuser “ses” ellipses, figures géométriques “imparfaites”, donc indignes de la parfaite création divine, à prétendre qu’elles n’existaient que dans l’imaginaire de Kepler, et donc à affirmer qu’elles n’étaient pas “réelles”. En fait, c’est l’imaginaire de Kepler qui était dans le réel, un nouveau réel fruit de l’imaginaire, alors que le “réel” de ses contradicteurs n’était qu’une représentation erronée de la réalité astronomique. Conclusion : ce “qui n’existe que dans l’esprit” à un moment donné peut très bien “correspondre au réel” qui n’a pas encore été découvert. Une meilleure définition positive de l’imaginaire serait donc “Ce qui n’existe tout d’abord que dans l’esprit et qui pourrait ultérieurement se révéler réel ou irréel”.

L’imaginaire est aussi, selon une autre définition du dictionnaire, le “produit, domaine de l’imagination”. L’imagination serait donc dans ce cas la cause, l’élément créateur de l’imaginaire, et l’imaginaire l’effet, l’élément créé. Comme toute création, l’imaginaire disposerait donc d’une autonomie, d’une logique de fonctionnement propre, indépendante de l’imagination qui l’a créé. En ce sens, le monde de l’imaginaire ne saurait être confondu avec celui de l’imagination... qu’il est à présent temps de définir précisément. Les différentes définitions de l’imagination distinguent l’imagination reproductrice, qui est la “faculté que possède l’esprit de se représenter des images” et “d’évoquer les images des objets qu’on a déjà perçus” et l’imagination créatrice, qui est la “faculté de former des images d’objets qu’on n’a pas perçus ou de faire des combinaisons nouvelles d’images”, de “créer, inventer, concevoir en combinant des idées”. D’un point de vue astrologique, l’imagination reproductrice correspond électivement au “r intensif” (Soleil-Jupiter-Uranus) pour son aptitude à “représenter des images” et au “E extensif” (Mars-Jupiter-Saturne) pour son intérêt envers les “objets déjà perçus”. L’imagination créatrice reviendrait alors au “R extensif” (Soleil-Mercure-Vénus) pour les “combinaisons nouvelles d’images” et au “t intensif” pour l’aptitude à “créer, inventer en combinant des idées”.

Si le grand “T” est le domaine de l’imaginaire prospectif, le petit “t” est celui de l’imagination créatrice. Avec l’imaginaire prospectif du grand “T”, on est riche de tout un tissus d’imaginations qui s’interconnectent en toute liberté et accouchent de nouvelles manières d’agir ou de penser... ou de délirer. Avec l’imagination créatrice du petit “t”, on se base sur les différents niveaux-sources du réel pour formuler de nouvelles hypothèses, découvrir des réalités encore inconnues... ou parfaitement imaginaires. Avec la fonction mercurienne “tR” (“transcendance de la Représentation”) , on cherche à découvrir ou imaginer la ou les idées générales qui se cachent dans la moindre image, le moindre mot, le moindre indice, le moindre signe ; avec la fonction saturnienne “tE” (“transcendance de l’Existence), on extrapole à partir du vécu, du ressenti, de l’expérience que l’on décompose pour essayer d’en comprendre les mécanismes de fonctionnement invisibles, les lois universelles ; avec la fonction plutonienne “tT” (“transcendance de la Transcendance”), c’est l’inconnu lui-même qu’on met en perce pour essayer d’imaginer de quoi il est constitué, de quels possibles il est gros. Mercure imagine à partir des mots, des images ou des apparences, Saturne à partir des faits, des phénomènes ou des situations concrètes, Pluton à partir de l’inconnu, de l’intuition pure, de l’imaginaire. En toutes choses on recherche un ailleurs, une transformation, une transmutation, une métamorphose.

La transcendance intensive nous permet de ne jamais nous satisfaire d’une définition ou d’un état de fait et nous invite à toujours chercher plus loin, à remettre en question, critiquer ou approfondir les savoirs acquis ou conquis, les expériences et sensations qui semblent apparemment indubitables. Elle nous invite à ne jamais oublier que “toute fonction de connaissance est une fonction de méconnaissance” (J. Lacan) : ce que nous savons avec certitude, ce que nous avons appris, le peu de lumière que nous avons ainsi projeté sur les êtres et les choses ne doivent jamais nous conduire à ignorer toute l’ombre qui entoure cette lumière ; à ne pas oublier non plus que “Je le sens, donc je me trompe” (H. Laborit) : s’il faut savoir prendre ses distances d’avec nos représentations-conceptions à la simplicité trompeuse (Mercure “tR”), il faut aussi considérer nos sensations-perceptions avec un certain recul (Saturne “tE”) pour ne pas se laisser piéger par elles lorsque, par exemple, le témoignage de nos sens nous fait croire que le Soleil tourne autour de la Terre, alors qu’en réalité c’est l’inverse qui se produit...

Le trio “transcendance intensive” au niveau individuel-particulier

Lorsque Mercure, Saturne et Pluton dominent dans le thème d’un individu, celui-ci se caractérise par un esprit critique, froid, calculateur, imaginatif, sceptique, doué pour les spéculations, la mise au point d’hypothèses multiples, fortement intéressé par ce qui se passe dans les coulisses, dans l’envers du décor, parce que les autres ignorent ou feignent d’ignorer, cachent, taisent, sous-évaluent, minimisent. Son esprit critique toujours vigilant cherche sans cesse les failles, les insuffisances, le défauts des cuirasses, les poux dans la tête, la petite bête, le revers de la médaille : il ne lui faut pas longtemps pour détecter et tirer parti, avec pertinence et impertinence, d’une mauvaise formulation, d’un raisonnement ambigu, d’un détail négligé ou d’un mot à double ou triple sens. Impertinent, caustique, dérangeant ou mutique, toujours prêt à envisager les scenarii les plus complexes, il a en horreur les explications réductrices, les affirmations simplistes et les certitudes établies, tout comme le manque de lucidité auquel peuvent conduire le sentimentalisme naïf, l’excès de “bon cœur” et les réactions épidermiques. Rien ne lui paraît jamais clair, limpide, évident : derrière les plus nobles intentions il suspecte toujours l’existence masquée - réelle ou supposée - de noirs desseins ou de peu ragoûtantes arrières pensées. S’il ne verse pas dans l’ironie, la dénégation, le doute et le sarcasmes systématiques, il joue volontiers la case de la fantaisie absurde, du n’importe quoi débridé, de la pantalonnade désacralisatrice : l’essentiel à ses yeux est de ne rien prendre au sérieux, ni lui-même, ni le reste du monde. Inquiet et inquiétant, tourmenté et tourmentant, iconoclaste et perturbant, cultivant la lucidité décapante et/ou l’humour noir, il vit dans un état de perpétuelle recherche et de chronique insatisfaction, comme si rien ne pourrait jamais épancher son intense soif d’inconnu, de nouveauté, de perspectives inédites.

D’une manière ou d’une autre, il se sent étranger au propos commun, en marge des opinions admises, en contradiction avec les vérités officielles. Cultivant la distance et le recul, il entend préserver une entière liberté de penser comme il le veut, de changer d’avis quand il l’estime nécessaire, voire de cultiver en lui-même les points de vue contradictoires, seuls à même à ses yeux de rendre compte de la complexité et de la diversité du réel. Il ne lui déplaît pas de prêcher le faux pour savoir le vrai, de désorienter ses interlocuteurs en répondant aux questions qu’ils posent par d’autres questions, voire même de pousser les raisonnements jusqu’à l’absurde pour démontrer l’absurdité même du fait de prétendre raisonner. Empêcheur de penser en rond ? Oui, mais comme chantait Léo Ferré, “les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes” : à travers les zigzags de ses pensées souvent tortueuses, il est secrètement en quête d’idées droites ! SUITE

Voir aussi :

 Profil psychologique du Mercurien
 Signification de Mercure dans le R.E.T.
 Stade mercurien (de 1 à 3 mois) : l’âge de la communication
 Famille "R extensif" (Représentation extensive)
 L’Esprit Mercure de C.G. Jung

Voir aussi :

 Profil psychologique du Saturnien
 Signification de Saturne dans le R.E.T.
 Stade saturnien (de 12 à 30 ans) : l’âge des interrogations
 Famille "E extensif" (Existence extensive)

Voir aussi :

 Profil psychologique du Plutonien
 Signification de Pluton dans le R.E.T.
 Le temps de l’au-delà
 Stade plutonien (de 164 à 249 ans) : l’âge de la disparition
 Famille "T extensif" (Transcendance extensive)

Voir aussi :

 Les Aspects Mercure-Saturne
 Les Aspects Mercure-Pluton
 Les Aspects Saturne-Pluton

Voir aussi :

 Le mercurien en B.D.
 Le saturnien en B.D.
 Le plutonien en B.D.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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