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Orson Welles, le Taureau qui en disait trop

Orson Welles, personnage culte du panthéon cinématographique, reste pour toujours un artiste à part, inclassable, écrasant de génie, et pourtant, le mystère entourant à la fois son œuvre et sa vie, reste entier. Celui qui prenait pour devise la phrase de Picasso « L’art est un mensonge pour dire la vérité », a exploré jusqu’au bout la capacité du cinéma à nous dire la vérité tout en nous maintenant dans l’illusion.



30 octobre 1938 : la naissance d’un mythe

C’est par un mensonge que la carrière d’Orson Welles a commencé. Tout le monde connaît la fameuse farce qu’il a joué à tout le peuple américain en interprétant à la radio une adaptation de La guerre des mondes, de H.G. Wells. Bluffés par la force de conviction et le talent de comédien du bonhomme, les auditeurs (peu cultivés) ont cru que les martiens débarquaient réellement sur notre planète ! Ironiquement, Welles s’est excusé, tout en riant sous cape, car il savait qu’il venait de réussir un sacré coup ! C’est en effet à ce moment que le génie de Welles a véritablement éclaté. À partir de cet instant, toute son œuvre ne sera qu’une continuation de ce pari : parvenir à créer dans le public un malaise… De ce malaise qui naît de l’abolition de la frontière qui sépare le vrai du faux, la vie de sa représentation, le réel de la comédie.

Ce 30 octobre 1938, Orson Welles subit plusieurs transits importants : le passage de Jupiter sur sa conjonction Lune-Uranus, de Saturne sur sa conjonction Mars-Vénus, et d’Uranus sur sa conjonction Soleil-Mercure. Autant de configurations symboliques d’une force (ou farce…) de conviction hors du commun en même temps que d’un questionnement esthétique en gestation (Citizen Kane viendra deux ans plus tard).

No tresspassing

Né le 6 mai 1915, à 13 h TU, dans le Wisconsin, Orson Welles avait un thème marqué donc par deux configurations angulaires : une conjonction Saturne-Pluton dissonante à l’Ascendant, et une conjonction Lune-Uranus en Verseau au Milieu-du-Ciel. Cette dernière était au carré d’une conjonction Soleil-Mercure en Taureau, et au sextile d’une conjonction Mars-Vénus en Bélier. La planète « aveugle » du thème était sans nul doute Neptune.

D’emblée, on remarque avant tout que la position dominante de Saturne-Pluton en Maison I, dont la formule est « Représentation du Sujet », résume parfaitement l’œuvre et la vie de ce génie du septième art. En effet, pour résumer cette configuration, on peut dire qu’elle est tout entière axée sur une critique absolue de toute possibilité de cerner l’identité de tout sujet, à commencer par soi-même. Saturne-Pluton dissonants, c’est la complexité promue comme mode de connaissance, c’est la recherche sans illusion d’une vérité que l’on sait d’avance insaisissable. Saturne explore avec incertitude un univers par avance dénaturé, désenchanté, insensé, par Pluton, maître symbolique des Enfers, des Illusions et des Ténèbres de l’Inconnaissable. La grande leçon que nous a transmis Welles, à travers ses plus grandes œuvres (Citizen Kane, La Splendeur des Amberson, Monsieur Arkadin, etc.), c’est que le secret des êtres, toujours nous échappe. Les témoignages, les discours, les images supposés nous renseigner sur l’identité d’un sujet ne sont au contraire que des fausses pistes, des éléments d’un puzzle que l’on ne pourra jamais achever. C’est la première et la dernière image de Citizen Kane, ce panneau « No tresspassing », défense d’entrer, qui interdit à tout jamais tout velléité journalistique de pousser l’investigation jusqu’au bout. D’un homme, on ne peut connaître que des bribes.

Des centaines de miroirs ne pourront servir qu’à créer des centaines de reflets. Mais aucune image ne sera juste, ne sera complète ou définitive. La mort emporte tout, et d’abord le secret des êtres. Sans surprise, on peut constater que l’autre aspect dominant du thème de Welles, la conjonction Lune-Uranus, qui représente la volonté de créer de nouvelles formes et d’imposer un style révolutionnaire, se trouve en Verseau, mais surtout aussi en Maison IX, celle de la « Transcendance du Sujet ! »

Vérité du mensonge

Saturne-Pluton en « Représentation du Sujet », c’est cette idée que toute tentative de cerner quoi que ce soit en ce monde est vouée à l’échec, puisque le monde lui-même n’est qu’illusion, bluff et balivernes. Dans un récent essai de Youssef Ishaghpour intitulé Orson Welles, une caméra visible, on peut lire : « L’autoportrait qu’il a donné dans « Vérités et mensonges » : charlatan, magicien, faussaire, bonimenteur, devient ainsi une aubaine. Au lieu de s’interroger sur le sens de cela, pour Welles, en relation à un monde de faux créé par la représentation généralisée et la circulation de l’image-information-marchandise, qui détruit l’œuvre, l’artiste et la réalité à la fois, on exhibe ce portrait comme preuve de vérité ».

Bien avant Guy Debord et sa critique de la société du spectacle, Orson Welles a su démontrer que l’avènement de la représentation était en fait un véritable massacre pour tous ceux qui savent que la vérité n’est pas visible et que tout ce que l’on voit n’est que mensonge. Dans le système R.E.T., on sait que le niveau « Représentation » est le plus élémentaire, le plus simpliste, et que le niveau « Transcendance » est celui qui s’approche le plus possible d’une hypothétique « vérité ».

Une révolution copernicienne

Au sujet de l’essai de Youssef Ishaghpour, les Inrockuptibles écrivent : « Si certains ne voient en Welles qu’un tenant du baroque, Ishaghpour, lui, préfère rattacher le cinéaste au maniérisme et considère que « par sa révolution copernicienne », qui oppose la subjectivité au fondement, Welles est essentiellement un moderne ». Donc, soit comme « dilapidateur » d’une forme classique, soit comme innovateur qui a transformé l’image, « miroir dumonde », en « miroir du sujet », Welles est incontestablement un cinéaste-charnière, voire un moteur du renouveau du 7e art européen ».

La configuration moyenne du thème, la conjonction Soleil-Mercure en Taureau apparaît comme celle de l’obsession wellesienne de l’image, de la communication, de sa boulimie parlante et manipulatrice. Le malicieux Welles était un personnage affable, drôle et gentiment narcissique. Mais avec Soleil-Mercure dissonant à Lune-Uranus dominant, on peut dire que Welles avait le souci de dépasser et de transcender son attrait naturel mercurien pour la fantaisie par une création unique, rigoureuse et révolutionnaire. Citizen Kane était tout cela à la fois. C’est l’œuvre uranienne par excellence : celle qui rend caduc tout ce qui s’est fait auparavant, et celle qui dégage le champ le plus large aux novateurs qui viendront ensuite (Lune-Uranus en Verseau).

« Avec ce film, Welles va marquer la transition entre deux périodes du cinéma. Son style innovant, sa technique poussée et son scénario vont faire de ce film une œuvre majeure », « avec « Citizen Kane », il délivre non seulement un bon film, mais « le film », celui qui allait prendre à contre-pied tout ce qui avait été fait depuis 40 ans », peut-on ainsi lire dans les encyclopédies de cinéma. Truffaut également disait : « Si le cinéma muet nous a apporté de grands tempéraments visuels : Murnau, Eisenstein, Dreyer, le cinéma parlant n’en a amené qu’un seul cinéaste dont le style soit immédiatement reconnaissable sur trois minutes de film, et son nom est Orson Welles ».

En bon Verseau-versus-Taureau, Welles a su briser les traditions en travaillant à l’instinct, en ne suivant que son inspiration la plus déconditionnée et la plus originale, pour parvenir à dépasser les canons appris de la routine et de la lenteur.

Un génie de la démesure

Avec un thème dominé par le niveau « Sujet », Welles est devenu l’archétype du cinéaste subjectif, de l’auteur peu soucieux de traduire une quelconque réalité, mais plutôt de « dire », de traduire la nature poétique des choses, à la manière d’un Shakespeare ou d’un Kafka (deux de ses auteurs de prédilection). « En absolue concordance avec les personnages qu’il présente, Welles s’exprime en un style appuyé, insolite, d’un expressionnisme parfois délirant qui, par son accumulation de signes, rejoint le plus pur baroque… Cette accumulation de signes extérieurs, cet excès, cette charge continue éblouissent, fatiguent. Ils ne sont pas toujours nécessaires à la signification du plan, mais sont à la base d’un style, celui de la démesure ».

Ogre Taureau en contradiction avec un pôle Verseau, Welles était un cinéaste de l’obsession (celle du pouvoir, de la vengeance, de la passion, de la jalousie, etc.). Parfois, il usait de cette induction négative propre au Taureau : son interprétation du flic pourri dans La soif du mal le démontre avec force. Dans ce film poisseux et sombre, il joue le rôle d’un policier misanthrope, Quinlan, acharné à poursuivre son but (une vengeance personnelle) par tous les moyens. À sa mort, une femme dira : « c’était un sale flic, mais un type bien ». Les héros shakespearien lui ont également servi à exprimer toute l’étendue d’un caractère extrême, orgueilleux, autoritaire, aveuglé de passion (Othello, Falstaff, etc.)

Avec Mars-Vénus en Bélier comme configuration faible, Orson Welles était en fait un bourreau de travail secrètement poussé en avant par une émotivité galopante, une susceptibilité capricieuse. En même temps, les grands personnages wellesiens ne sont que de grands enfants qui veulent faire du monde leur terrain de jeu (Kane, Arkadin). Au fond, « ces potentats entourés de mystère se meuvent dans un monde baroque et monstrueux tout en portant dans leur cœur un coin pur. Pour Kane, c’était son enfance (symbolisée par le traîneau « Rosebud »), pour Arkadin, c’était sa fille » (Encyclopédia Universalis).

En conclusion

Welles est sans conteste l’un des plus grands cinéastes de tous les temps, et l’un des artistes dont l’influence a été la plus forte au cours du siècle dernier. Comme tous les révolutionnaires, c’était aussi un être bourré de contradictions et de faiblesses qui s’est littéralement fait laminer par le système, le fric et l’uniformisation des formes d’art, via les mass médias. C’est le cinéaste de la complexité de comprendre l’univers et de nous comprendre nous-mêmes. Il a eu le mérite de confronter son talent au dur et ingrat devoir de lucidité. Cette lucidité qui nous place face à notre propre inconnaissable. Welles en disait trop, en faisait trop, mais c’était surtout pour nous montrer qu’il ne faut écouter personne, et ne surtout pas croire aux vérités toutes faites des marchands de chimères. Welles, c’est le cinéaste de l’innocence perdue, mais de la magie retrouvée…

Article paru dans le n° 16 du Fil d’ARIANA (octobre 2001).

Cet article vous a été proposé par : Rémi Valet


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par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

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