AstroAriana Association pour la Recherche et l'Information
en Astrologie NAturelle
AstroAriana
Présentation Qui sommes nous ? Nous écrire Plan du site Annuaire de liens Astrosoft Calculez votre thème Thème du jour Boutique
Téléchargez nos livres au format PDF Les significations planétaires
Pour que ce site continue à exister sans publicité
Articles aléatoires  La Vierge  Jean-Pierre Nicola, Taureau astrologue-découvreur  Dès deux mois, le réseau du langage est en marche  Astronomie des Maisons  Aspects vénusiens dissonants (Vénus non-dominant)  Alexandra David-Neel, Scorpion emporté et transporté  Gémeaux-Cancer : similarités et différences  Témoignage astro de Alain Guesdon
Vous êtes ici : Accueil ►Astro-pratiqueAstro-portraits célèbresSous le ciel de Jarnac, un Scorpion nommé François Mitterrand


Mitterrand gêne et râle

Voici donc François Mitterrand parvenu au midi de sa vie. Nous l’avons vu, Uranus est l’une des deux planètes les plus faibles dans son ciel natal. En cette année 1958, Uranus forme en outre, par « transit », un angle de 90° (carré, relation dissonante) avec le Soleil en Scorpion. Dans ce genre de période, l’astrologie pronostique et diagnostique « les virages en épingle à cheveu, les volte-face dans la conduite d’affaires ou le statut social que l’on veut acquérir ou défendre est en cause… vous pouvez vivre cette période par des engagements de franc-tireur incompris se démarquant ouvertement de ses guides en dévoilant leurs faiblesses ».



Au fond du couloir à gauche…

« Lorsque deux tours de table sont passés sans gouvernement ou lorsque les deux derniers gouvernements n’ont pas dure un tour de table chacun, un joueur peut à son tour abattre la carte « HOMME PROVIDENTIEL ». Grâce à cette carte un joueur, même minoritaire, peut devenir, Premier ministre et jouir des avantages suivants : aucun vote d’investiture n’est nécessaire, il gouverne pendant deux tours SANS ÊTRE ATTAQUÉ : s’il constitue une coalition, ses membres jouiront de la même impunité pendant deux tours » Extrait de la règle du jeu Politico, JEUX T’M éditeur.

Printemps 58 : la plupart des hommes politiques et parlementaires de la IVe République agonisante reconnaissent leur impuissance, leur incapacité à faire face à la grave situation que vit la France. Des décisions radicales s’imposent : les demi-mesures ont fait leur temps et démontré leur inefficacité. Les socialistes de la S.F.I.O. se sont déshonorés et discrédités dans leur conduite de la guerre d’Algérie, en dépit de belles avancées sociales en politique intérieure. Tout va alors très vite. René Coty, président de la République, fait appel à de Gaulle, qui demande la confiance à l’Assemblée Nationale. Il l’obtient et devient ainsi le dernier et éphémère président du Conseil de la IVe République. Pour une période de six mois, les pleins pouvoirs lui sont accordés, à charge pour lui et son gouvernement de soumettre au pays une nouvelle Constitution. « Dire que j’allais enfin être président du ConseiI ! », soupire, marri et révolté, François Mitterrand. Une fois encore, son destin bascule. Et bien entendu, les planètes occupent, clans leur incessante ronde autour du zodiaque, des positions particulièrement importantes.

Il a 42 ans. Comme les 29–30 ans, un âge-clef en astrologie. La planète Uranus, qui met 84 ans pour faire un tour complet autour du Soleil, en est alors à son demi-cycle, c’est-à-dire en opposition à sa position natale. L’homme entre clans la quarantaine, et les psychologues parlent à ce sujet d’une « crise du midi de la vie », qui, sur un mode négatif, est une « période souvent instable de remise en question des objectifs antérieurs, de perte de ses amarres dans la vie », tandis que, positivement, l’on se met en quête d’objectifs nouveaux : « A la fin de la trentaine, beaucoup des premiers objectifs d’un individu ont été atteints. Mais les gens ont un besoin de nouveauté et de défis, et c’est pourquoi ils inventent des défis quand il n’y en a pas… les énergies des gens sont à ce moment polarisées vers la recherche de ce qu’ils veulent obtenir de la vie… ils s’interrogent sur la conformation de leur vie et agissent souvent en vue d’en changer la structure ». Plus généralement, le « stade uranien » (30 à 84 ans), tel qu’il est défini par la théorie des âges planétaires, concerne la « phase des valeurs extrêmes et optimales qui peut inclure le terme naturel de l’existence. De 30 à 84 ans, l’Homme joue son va-tout. Il passe des ambitions personnelles […], de ses luttes pour l’indépendance, la maîtrise, la domination (30 à 42 ans) à la « méditation sur le sens de sa vie ». On comprend ainsi que la « fonction uranienne », contemporaine de nos apprentissages adultes, se caractérise psychologiquement par « originalité, aplomb, indépendance, pleine autonomie ».

Voici donc François Mitterrand parvenu au midi de sa vie. Nous l’avons vu, Uranus est l’une des deux planètes les plus faibles dans son ciel natal. En cette année 1958, Uranus forme en outre, par « transit », un angle de 90° (carré, relation dissonante) avec le Soleil en Scorpion. Dans ce genre de période, l’astrologie pronostique et diagnostique « les virages en épingle à cheveu, les volte-face dans la conduite d’affaires ou le statut social que l’on veut acquérir ou défendre est en cause… vous pouvez vivre cette période par des engagements de franc-tireur incompris se démarquant ouvertement de ses guides en dévoilant leurs faiblesses ». Soleil et Uranus ont en commun leur goût de l’unique, du paraître, du pouvoir. Mais tandis que le Soleil est en relation avec la permanence d’une autorité, d’une image de marque, d’un pouvoir reconnus, la fonction d’Uranus est de vouloir imposer d’autres modèles. Conflits de représentativité, de pouvoir, de modèles donc. Mettons-nous à la place de Mitterrand : il est au faîte de sa carrière publique, au bord de conquérir le pouvoir suprême dans les institutions de la IVe République. Une situation tout à fait « solaire », c’est-à-dire assurée, enviable, gratifiante narcissiquement et apparemment stable et indéboulonnable, basée sur un sens des combinaisons à toute épreuve. Et tout à coup, c’est la brutale découverte d’Uranus, « pouvoir, puissance verbale, force des images, expression sociale fondés sur le collectif, l’inconnu, l’invérifiable : porte-parole d’une classe, d’une époque, d’une nation, d’une mentalité répandue ; missionné, prophète, idole, sauveur, meneur de foules », un Uranus incarné par de Gaulle… lui-même en plein « transit » d’Uranus : en cette année 1958 en effet, Uranus dans le thème du Général forme un angle de 180° (aspect d’opposition) avec Mars et Jupiter, deux autres de ses planètes dominantes. Le précédant « temps fort » astrologique de de Gaulle se situait dans les années 1940–1942, qui avait vu la première apparition de l’« homme providentiel » par l’appel de Londres, marquée du sceau bien uranien de l’indépendance et de l’intransigeance rebelle. Sous une opposition Uranus-Jupiter, « l’heure des bilans sonne… On sent alors confusément le tribut lourd que les compromis en tout genre nous font payer… le risque est ici de prendre des décisions aussi énergiques que déplacées… on se refuse à de nouveaux compromis, pour jouer la carte du chemin solitaire, aussi âpre qu’authentique ». Objectivement astrologique, c’est là un portrait tout craché de la période et du rôle qu’y tient de Gaulle. Dans le même temps, Mitterrand est « aveuglé » par cette brusque irruption d’Uranus, à la fois dans ses paysages psychiques et dans la vie politique française. « Tout m’invitait à consentir la liquidation de la IVe République, de ses rois fainéants, de ses maires du palais. Cette grisaille pour agonie. Tout m’éloignait de cette dictature visible à l’œil nu, sous son masque bonasse », écrit-il quelques années plus tard, féroce et injuste, en invoquant cette époque. Mais aurait-il été capable, sous la dissonance d’un Uranus faible à un Soleil fort, de mener à bien cette radicale liquidation ? Astrologiquement, on peut en douter sérieusement…

François Mitterrand, homme politique-type de la IVe et donc expert dans l’art des « compromis en tous genres », ne pouvait, vue la faiblesse d’Uranus dans son thème, que s’insurger contre ce qui lui apparaissait comme « des décisions aussi énergiques que déplacées ». L’aventure uranienne de de Gaulle, dans ce contexte, ne lui apparaissait que dans ses aspects les plus négatifs : les « dérèglements de la volonté de puissance : pronunciamiento de dominateur forcené, bluffs tendus vers un but d’omnipotence auquel il faut tout sacrifier… raideur, rigidité mentale, obstruction par orgueil, fixation à son image de puissance », bref, comme un « coup d’État permanent ». Eut-il été moins aveuglé par cette faiblesse d’Uranus, sans doute eut-il mieux perçu les qualités de son rival : « En Uranus positif on voit l’accomplissement de l’individu, sa raison d’être qui est la puissance sans domination, sa possibilité de changer les choses non pas pour laisser sa marque mais pour renverser les modèles culturels qui n’ont abouti qu’a de plus grands déséquilibres collectifs ». À de Gaulle, uranien mystique de l’unité considérant le multipartisme comme une « chienlit », s’oppose le Mitterrand plutonien, à l’aise dans les interactions complexes de la multiplicité des courants reflétés par les partis politiques. François Mitterrand est l’un des politiques qui détonne le plus en 1958. Il refuse de donner sa caution au Général, faisant entendre une voix grinçante et dissonante dans le concert unanimiste donné en l’honneur du « sauveur ». Lorsqu’il rencontre une troisième fois de Gaulle, il instruit ouvertement le procès d’Uranus : « Vous êtes ici, mon Général, à la suite d’un concours de circonstances peu ordinaire, mais vous pourriez tout aussi bien ne pas être la. Vous auriez pu ne pas naître, ou encore mourir plus tôt […] Voilà, nous sommes entrés depuis peu dans la voie insolite et périlleuse des pronunciamenti, réservés jusqu’ici aux républiques sud-américaines. Hors, d’après vous, nous n’aurions pour faire face à ce genre de tragédie, qui risque d’entraîner la ruine de la France, qu’un seul recours : vous-même, mon Général. Mais vous êtes mortel ». Décidément, François Mitterrand ne comprend rien, ou vraiment pas grand-chose, à la « fonction uranienne », et, pour démontrer la relativité extrême du rôle de l’homme providentiel, il ne peut que faire appel à des instances marquées du sceau de son Pluton dominant : « Vous pourriez tout aussi bien ne pas être là. Vous auriez pu ne pas naître, ou encore mourir plus tôt… vous êtes mortel ».



Mais le « transit » d’Uranus n’est pas le seul à « signer » cette période majeure du parcours politique de Mitterrand. Dans le même temps, il enregistre le retour de Jupiter sur la position natale du Soleil en Scorpion… exactement le même « transit » que lors de sa première élection à la députation, en 1946. Un cycle complet de Jupiter (12 ans) est boucle. Et les problèmes de représentativité recommencent : « les ambitions sociales sont d’autant plus exaspérées que l’on bute à des événements contrariants, à des situations rebelles au désir d’un succès prompt et éclatant ». C’est le cas de dire… Enfin, cette période voit le début du « transit » de Pluton au carré (angle de 90°) de son Mars natal : « Si un événement vient à marquer cette période, il confinera bien sur à l’absurde et vous semblera un coup du destin, l’expression d’une fatalité qui vous laisse impuissant. Toutes vos valeurs pourraient en être dévastées, et plus encore vos convictions, vos projets, votre vision de la vie… c’est un peu comme si le sol s’effondrait sous vos pas : la situation concerte n’offre plus de prises sûres, plus de points d’appui ». C’est bien ce qui arrive à François Mitterrand. Tous ses scénarios de conquête de pouvoir sont bouleversés par l’irruption uranienne de de Gaulle sur la scène politique française. Son parti, l’U.D.S.R., est laminé : 10 de ses 14 députés ont rejoint le camp gaulliste. Quelques mois plus tard, outrage suprême, il sera battu aux élections législatives et perdra totalement le contrôle de sa formation. C’est peu de dire que la situation concrète (Mars) lui échappe totalement. Il se retrouve « plutonisé », renvoyé au rien, anéanti, incapable de réagir vigoureusement d’une manière adaptée (Mars faible). Sous un « transit » dissonant Pluton-Mars, « il arrive que pour se distancier de la vie réelle, celle des efforts quotidien au succès incertain, l’on se replie de soi-même dans un camp de persécutés, se faisant fort, sournoisement, d’être agressivement insolite ». Effectivement « le Non de Mitterrand (à de Gaulle) est coléreux, teigneux même ».

Tout au long de son itinéraire politique, il a toujours oscillé entre le centre-droit et le centre-gauche, au gré des opportunités et en fonction de sa boussole idéologique au magnétisme instable et étrange. Cette fois, par son opposition résolue, aveugle et systématique au régime gaulliste, il se retrouve violemment déporté à gauche : il n’a pas le choix s’il veut continuer à exister — donc à se situer — politiquement. Son avenir se présente comme un long tunnel obscur. Il n’est pas près d’en voir le bout et, en plutonien habitant-habitué de la fatalité, il le sait, malgré sa rage et son humiliation. De toutes manières, il n’a plus le choix : la sortie est au fond du couloir, à gauche. Et désormais, quoi qu’il arrive, François Mitterrand gêne et râle.

Attentat à la dupeur…

« Duperie : 1° Action de duper (qqn) ; son résultat. 2° État de celui qui est dupe » Dictionnaire Robert, 1976.

Battu aux élections législatives, donc sans salaire de député, François Mitterrand se voit contraint de débuter dans ce que l’on appelle la « vie professionnelle » (comme si la politique n’était pas une profession un peu spéciale certes, mais à part entière !). Il a une formation d’avocat… va pour avocat. « II va passer sans joie des palais nationaux aux Palais de justice. S’étant inscrit au barreau en 1954, il avait accompli son stage dans des conditions très spéciales : alors ministre de l’intérieur, puis Garde des Sceaux, il lui avait fallu s’excuser chaque semaine auprès du Bâtonnier d’absences répétées dues à ses obligations ministérielles ». Il est oblige de réviser ses cours de droit, de trouver causes et clients à défendre, et choisit le droit civil. Nombreux seront les procès qu’il gagnera. Anecdote bien signifiante : entre autres, il défendra le metteur en scène Roger Vadim, qui avait adapté à l’écran « Les liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos, un ouvrage réputé sulfureux et licencieux… bien dans la ligne de Pluton et Vénus.

En 1959, il parvient à se faire élire maire de Château-Chinon, puis sénateur de la Nièvre : le voilà de nouveau le pied à l’étrier de la politique. Son parti, l’U.D.S.R., est réduit à la portion congrue à l’ère du gaullisme triomphant. Son image de marque est au plus bas ; il n’a plus qu’un rôle de marginal… qu’il mène à un « train de sénateur » : « j’ai travaillé, rêvé, flâné, réappris à aimer les choses et les êtres… j’ai voyagé aussi », confie-t-il à propos de cette époque. Bref, il s’est davantage consacré à cette part de lui-même faite de volupté, d’esthétisme, de jouissance de la vie, de curiosités gratuites, de dilettantisme, de paisibles rencontres !… tout en rongeant son frein et en pestant contre l’ingratitude du sort. Mais après tout, sous un carré de Pluton fort à un Mars faible, il est toujours possible de prendre un extrême recul (Pluton) vis-à-vis de la situation présente (Mars), de se perfectionner « dans l’art de ne pas coller à l’événement. Distance et relativisation permettent des résultats plus aisés ».

Philosophie et épicurisme redécouverts ne l’empêchent pas de rester un pur politicien, et de surcroît, bon gré mal gré, un politicien classé à gauche. Mais les socialistes de l’époque se méfient de cet homme ondoyant et incertain. Quant aux communistes, n’en parlons pas : Mitterrand a toujours été, non pas un anticommunisme primaire, mais secondaire. Alors, fidèle à sa vocation scorpionnesque et plutonienne, il essaie de se faire admettre « à gauche », « cherchant à tisser des liens, à explorer le terrain, se faire de nouveaux amis, à jeter discrètement les fondations de nouveaux réseaux », selon un de ses fidèles, Gilles Martinet. La tactique du noyautage subtilement affectif, affectivement subtil, comme toujours… la stratégie du gang marginal, comme d’habitude : « il démarchera le moindre club, la moindre association : tout ce qui porte, fièrement ou frileusement, les couleurs de la gauche non-communiste mais se situe en dehors des appareils traditionnels (S.F.I.O. et Parti Radical) sera pour lui terrain de chasse ». Nous y reviendrons. En 1962, il parvient enfin à être élu député de la Nièvre. Retour au Parlement. À l’égard du gouvernement, il a adopté la politique du « non » systématique. Ce Scorpion n’oublie pas que pour exister, il faut se différencier à tout prix. Et bien entendu, il ne change guère : compensant sa quasi-totale ignorance des mécanismes économiques, expert en déstabilisation langagière, « il pose les questions les plus clairement économiques en termes institutionnels. Car là, il est plus à l’aise. là, il peut critiquer ».

Mais focalisons-nous maintenant sur le 16 octobre 1959 à 0 h 45. C’est à ce moment précis qu’a lieu un incontournable et ultra-significatif « marronnier » de la biographie de François Mitterrand : l’affaire de l’attentat de l’Observatoire. Elle illustre à merveille le fonctionnement complexe de notre homme. Au cours de cette nuit, des inconnus auraient essayé de l’assassiner près du jardin de l’Observatoire, à Paris, et il n’aurait du la vie sauve qu’à un réflexe qui l’aurait fait sauter par-dessus les grilles du jardin, tandis que sa voiture se faisait cribler de balles. Émotion clans l’opinion publique et la classe politique. La gauche s’indigne. Mais peu après, l’hebdomadaire d’extrême-droite « Rivarol » fait paraître un article qui « démonte » l’attentat et prétend que Mitterrand a organisé de bout en bout cette mise en scène pour faire remonter une cote de popularité alors au plus bas, en se faisant passer pour un martyr, une victime. Tout le monde de l’extrême gauche à l’extrême-droite — rares seront ceux qui ne prendront pas part à la curée — se déchaîne alors contre cet homme complexe et secret, dérangeant et fuyant. Pensez donc : un plutonien marginal et inclassable, un ringard, un combinard rescapé-éclopé de la IVe République vouée aux gémonies par le gaullisme triomphant et la bonne conscience de gauche cherchant à se refaire, après sa pitoyable gestion de la guerre d’indépendance algérienne, une vertu sur le dos d’un mouton noir bien commode. Le bouc émissaire idéal. Mitterrand sortira de cette affaire blessé, humilié, plus amer et solitaire que jamais. Mais quels sont les faits relates par Rivarol ?

L’auteur de l’article, un certain Pesquet, obscur et louche politicien naviguant dans le marigot séparant-unissant la droite et l’extrême-droite, affirme qu’il a secrètement rencontré François Mitterrand à plusieurs reprises dans les jours précédant le pseudo-attentat, afin d’en mettre au point le scénario et les modalités concrètes. Mieux, Pesquet a des « preuves » : « quelques heures avant le faux attentat (les cachets de la poste font foi), il (Pesquet) s’est adressé à lui-même deux lettres […]. Elles ont été ouvertes par huissier : or, elles décrivaient par le menu la machination ». Mitterrand, qui était resté imprécis clans ses premières dépositions auprès des policiers, doit cette fois reconnaître qu’il avait bel et bien rencontré ce Pesquet avant l’attentat.

Mais il affirme que Pesquet avait été chargé de l’assassiner, et que ce dernier, pris de scrupules et de remords, souhaitait seulement l’en avertir pour faire échouer la tentative. En demandant bien évidemment à Mitterrand d’accepter la mise en scène d’un faux attentat et le secret sur cette traîtresse révélation, afin de ne pas risquer d’encourir les représailles des commanditaires du meurtre, des gens d’extrême-droite liés aux milieux anti-independantistes algériens. Un flou vraiment pas impeccable.

Malaise : « s’il n’a pas menti, au moins a-t-il caché l’essentiel »… fidèle en cela à lui-même et à la vocation du secret, du non-dit, de la dissimulation ou plus simplement de discrétion extrême qu’il doit à son Pluton dominant. Le doute s’installe, même chez ses amis — nombreux sont ceux qu’il perdra en cette occasion —, même chez les esprits les mieux disposés son égard. Chez les autres, c’est la curée. Que se passait-il du côté du ciel à cette époque ? Des « transits planétaires » importants, on s’en doute. Rappelons que parmi les configurations fortes du thème astrologique natal de François Mitterrand, figure un carré Soleil-Neptune. En 1959 précisément, cette relation dissonante entre les deux planètes était réactualisée par le fait que Neptune passait sur la même longitude zodiacale qu’occupait le Soleil 43 ans plus tôt, au tout début du Signe du Scorpion. Selon l’astrologie, lors d’une telle période et d’un tel transit, « on se fourvoie, on se débat, on promet et on se dédit » dans un climat de « complications absurdes, comme si l’irrationnel de la vie s’ingéniait à perturber nos besoins de clarté, de simplicité, de logique ». Mitterrand était en prise avec une baisse de lucidité : « Dérapages, illusions, confusions… Boussole folie et paquets de mer. La maîtrise de votre trajectoire vous échappe… Plus réceptif aux sollicitations subtiles, vous êtes devenu plus suggestible… Sous ce transit, le miracle tient souvent du mirage ». Miracle : son meurtrier vient le prévenir, repentant, de l’attentat qu’il projetait contre lui. Mirage : c’était un complot ourdi par l’extrême-droite pour le discréditer. Trop suggestible, trop secret, il est tombé dans le panneau.

Mais cernons de plus près encore la situation astrologique de François Mitterrand en ces noires et glauques journées : à cette époque, une autre planète, Mercure, passait également, en compagnie de Neptune, sur son Soleil natal. Sous le régime d’un transit Mercure-Neptune dissonant, les astrologues « insistent sur les tromperies, duperies, malversations, calomnies et trahisons qui se déroulent dans l’ombre »… objectivement ou subjectivement, clans le réel ou dans un imaginaire fantasmatique. Mitterrand aurait-il été victime d’un attentat « à la dupeur » ? L’enquête semble avoir clairement établi qu’effectivement, cette pseudo-tentative d’assassinat était une machinerie montée par l’extrême-droite colonialiste pour définitivement discréditer Mitterrand aux yeux de l’opinion publique. Pesquet aurait joué auprès de sa vraie-fausse victime le rôle d’un vrai-faux traître. L’excès de suggestibilité et la baisse de vigilance relatives à cette période très « neptunienne » aurait fait le reste, et Mitterrand serait triplement tombe clans le piège : premièrement, en prêtant une oreille trop peu méfiante et trop attentive aux sirènes de la désinformation. Deuxièmement, en restant trop évasif, imprécis et obscur clans sa relation des événements. Et troisièmement… en profitant après l’attentat de ce concours de circonstances assez trouble et ambigu pour exciter un Pluton dominant et lui donner des idées particulièrement machiavéliques.

Et nous rentrons probablement à nouveau clans l’univers du double-jeu et du billard à trois bandes cher à notre personnage. C’est en tout cas l’hypothèse forte qui permettrait de comprendre, d’éclairer et d’élucider cet épisode embrouillé à souhait. Récapitulons. Un : il est vraiment contacté par Pesquet — c’est un fait indubitable — et croit vraiment à la tentative d’attentat. Deux : il accepté de se prêter à la mise en scène pour dédouaner Pesquet auprès de ses employeurs, et, à moitié désinformé, se dit que, Pesquet reconnaissant gardant le silence, il pourra toujours profiter de ce vrai-faux attentat pour augmenter sa notoriété en passant pour un martyr de la gauche. Dans ce contexte, le dupé profite sournoisement de ce qu’il ne sait pas être une duperie pour devenir dupeur à son tour. Trois : c’est le cas de figure de l’arroseur arrosé, en plus complexe : le dupé-mais-ne-le-sachant-pas, devenu dupeur, se rend compte avec effroi qu’il à bien été dupe, et que la relative duperie qu’il a volontairement greffée sur l’absolue duperie dont il était au départ la victime inconsciente se retourne contre lui. Cette hypothèse a l’immense avantage d’expliquer les silences, les non-dits et les ambiguïtés dont il a fait preuve, tant dans sa relation des faits auprès de la police qu’auprès de ses amis les plus intimes. Plus que d’autres, un Scorpion plutonien aime bien jouer le jeu tortueux du « à malin, malin et demi ». C’est également ce que pensent Catherine Nay et ses amis : « Sans doute… a-t-il voulu utiliser à son avantage et au détriment du pouvoir une menace à laquelle il a vraiment cru. Et en s’empêtrant dans les mailles d’un filet trop étroitement tissé, il aura payé cher d’avoir voulu se montrer trop habile. »

François Mauriac, alors éditorialiste à L’Express, sera un des rares à courageusement prendre sa défense. Certes, il ne se fait pas d’illusion : « Je ne l’ai jamais pris pour un petit saint ii, confiera le romancier catholique clans une interview à « L’Aurore ». Il faudrait effectivement être singulièrement naïf pour donner à François Mitterrand le bon dieu sans confession. Et même pendant et après confession. Mauriac est, comme celui qu’il défend, un natif de l’Aquitaine. Comme lui, il est marque par une puissante et profonde empreinte catholique. Et comme lui enfin, il est né aux heures fortes de Pluton et de Vénus, tandis que le Signe du Scorpion est très valorisé clans son thème astrologique. L’écrivain métaphysique du péché et de la Rédemption ne pouvait que comprendre ce qui est entre autres l’un des fins fonds de cette histoire, vrai « Nœud de vipères » ! Voici ce qu’il écrivait clans son « Bloc-Notes » : « Mitterrand aura payé cher d’avoir été moins fort que ses ennemis eux-mêmes n’avaient cru. Et moi je lui sais gré de sa faiblesse. Elle témoigne qu’il appartient à une autre espèce que ceux qui font fait trébucher, et qui, sans doute, avaient révélé cette faille secrète… Mitterrand demeure capable de faire confiance à un homme tare qui s’adressait à lui… ». Si le Mitterrand politique est sans contestation aucune un manipulateur-né, un homme de vengeances froides et de rancunes tenaces, le Mitterrand métaphysique, chrétien ne se lassant pas de lire et relire « l’Ecclésiaste », visiteur méditatif et recueilli de chapelles, arpenteur infatigable des « lieux qui attirent l’esprit », en dépit de son agnosticisme, ne peut s’empêcher de mystérieusement croire à la Rédemption. Pesquet et ceux qui étaient derrière lui en ont bien profité… Pour finir, laissons la parole au principal intéressé, sincère et authentique sur le fond, mais dissimulateur (quand même !) quant à sa tentative de manipulation : « Oui, j’ai été leur dupe, voilà cinq ans qu’ils me guettent, voilà cinq ans que j’avance entre les pièges et les traquenards. Et le jeudi soir 15 octobre, je suis tombé dans le guet-apens. Cela ne cesse maintenant de me tourner dans la tête et d’oppresser mon cœur… parce qu’un homme vient vers moi, me prend à témoin de son hésitation à tuer, me demande de l’aider à se sauver lui-même. Cinq ans de prudence, d’analyses, de patience cèdent soudain et me laissent devant la solitude et l’angoisse de questions posées ».

Épilogue de l’affaire : la demande de levée de l’immunité parlementaire de Mitterrand est acceptée. Il comparait donc devant le Sénat pour se défendre des accusations portées contre lui. Non seulement il parviendra à faire douter ses contempteurs, mais aussi à (presque) leur prouver son innocence. Détail intéressant, ce Plutonien, pour se défendre, choisira une attaque… bien plutonienne. En effet, le bruit courait que Michel Debré, alors Premier ministre, n’était peut-être pas complètement étranger au vrai-faux attentat en question. Devant le Sénat médusé, François Mitterrand révéla alors que, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, le même Michel Debré, était impliqué dans une sulfureuse affaire de… vrai-faux attentat au bazooka contre un chef militaire à Alger, par l’intermédiaire de personnages naviguant dans les mêmes eaux louches et nauséabondes que Pesquet. Debré avait demandé à pouvoir s’expliquer et justifier son innocence, en dépit de l’existence, dans le dossier instruisant cette affaire, « de pièces accusatrices et d’aveux troublants ». Et Mitterrand avait accepté, sur pièces, de croire à son innocence. Pour faire bonne mesure (astrologique), ajoutons que Debré est lui aussi né avec un Pluton dominant. Stratégie implacable : en opposant deux affaires de vrais-faux attentats flous et pas impeccables, il réussit à produire un flou impeccable qui désarçonne complètement l’accusation. Il croit alors être parvenu à se disculper totalement. Mais la droite n’entend pas laisser passer une si belle occasion : elle finit par obtenir l’accusation de la vraie-fausse victime… mais paradoxalement, il n’y aura pas de poursuites judiciaires et l’affaire sera définitivement enterrée. Raison d’État ? On peut se le demander. Si c’est bien de cela dont il s’agit, dans ce contexte plutonien obscur, complexe et embrouillé ou tout le monde manipule tout le monde, on peut être sur qu’à la base existe… un vrai-faux secret d’État.

« L’attentat à la dupeur » est tout de même une réussite pour ses promoteurs : la cote de popularité et la notoriété de François Mitterrand sont en 1959 à leur étiage. « Désormais, il n’est plus le même. Il voue aux gaullistes, à ceux qui soutiennent le régime, une haine inexpiable ». La vengeance plutonienne étant un plat qui se mange glace, voire même congelé, il lui faudra attendre 22 ans avant de l’exécuter. Après tout, comparés aux presque 250 ans de révolution sidérale de Pluton, ce n’est pas si long. Et depuis 1981, quelle vengeance !

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » (Jean de La Fontaine).

François Mitterrand, en 1960, est un homme amer, humilié, vaincu. Rares sont, au cours de cette année, ses interventions sur la scène politique : il vaut mieux laisser « le temps au temps » pour que vienne l’oubli. Il a pu faire le compte de ses véritables amis : ils ne sont guère nombreux. Le « gang » scorpionnesque des ultra-fidèles, comme d’habitude. Il aborde une nouvelle traversée du désert et profite de cet intermède pour écrire, flâner, voyager, notamment en Chine. En 1962, de Gaulle propose un référendum sur l’élection du président de la République au suffrage direct. Mitterrand, redevenu depuis 1961 l’opposant systématique, implacable, insupportable, irréductible de la Ve République et de son fondateur, refuse bien entendu avec la dernière virulence ce nouveau « coup d’État légal ». Les Français ne l’entendent pas de cette oreille, accordant 62,5 % des suffrages à de Gaulle.

Un mois plus tard, aux législatives, il est néanmoins réélu à l’Assemblée. De sa tribune, il dénoncera et critiquera systématiquement toutes les décisions du gouvernement. Il devient l’orateur de l’opposition le plus sectaire, le plus redouté, le plus enflammé : c’est simple, rien ne trouve grâce à ses yeux. Une attitude dans le droit fil d’un Scorpion plutonien : « C’est plus fort que vous, vous voyez d’abord et en toute chose ce qui cloche, la faille, le défaut. Sceptique, méfiant, soupçonneux… vous êtes plus à l’aise dans l’ironie, la moquerie, la démystification, la critique ». Sans aucun doute, nous sommes encore là dans l’univers du double-jeu : François Mitterrand doit absolument, après s’être violemment fait « déporter » (sic) à gauche, se forger une image et un discours adéquats, pour lever les soupçons que nourrissent à son sujet les socialistes de la S.F.I.O. et se faire reconnaître et accepter de la famille. Nul doute que, pour atteindre cet objectif, il force le trait, outre ses discours et exagère ses prises de position souvent extrémistes et caricaturales : après tout, quand on est dans l’opposition et qu’on sait très bien que la reconquête du pouvoir prendra de très longues années, il n’y a pas de raisons de se gêner. C’est également une plutonienne stratégie à long terme : face à l’unanimisme récupérateur du gaullisme triomphant, on ne saurait exister politiquement qu’en se démarquant à outrance. C’est précisément la finalité de « l’inhibition différentielle » caractéristique du Scorpion. C’est en même temps une tactique du court terme, pour gagner le plus vite possible ses galons d’homme de gauche. Et c’est aussi complètement sincère : François Mitterrand vomit ce pouvoir qui lui en a fait voir de toutes les couleurs depuis la fin de la IVe République, vomit ces institutions « uraniennes », ne saisissant que trop bien le peu de distance qu’il y a entre le pouvoir et la puissance absolue d’un seul homme et la dictature. Tant pis ou tant mieux pour lui s’il fait l’amalgame : la fin justifie les moyens. Comme le note justement J.-M. Borzeix, Mitterrand « doit son salut personnel et politique à l’insolence de son refus ».

En 1963, il fonde le C.A.I. (Centre d’Action Institutionnel), un organisme frappé du sceau de la multiplicité plutonienne, puisqu’il est constitué d’une myriade de micro-clubs para-socialistes. Pas vraiment un parti mais une nébuleuse floue. Parti de rien, il devient le président d’un para-parti de presque rien. Un peu plus tard, d’autres clubs et associations s’agrégeront, sous sa houlette, au C.A.I., pour devenir la C.I.R. (Convention des Institutions Républicaines), son premier vrai parti. Un parti illustrant parfaitement les mécanismes Scorpion-Pluton de son fédérateur : plus qu’un mouvement soudé par une forte idéologie et un projet commun, c’est plutôt une réunion d’individualités diverses et marginales, que le « gang » mitterrandien va s’efforcer de noyauter et de structurer en sourdine, avec la puissance feutrée de qui sait créer des réseaux occultes. « Avec son habituelle opiniâtreté, sa rare capacité à concevoir des plans subtils, complexes et secrets, il s’est attelé à la tache des le début de 1963… il va utiliser son habituelle tactique d’investissement par les marges ». Toute société humaine est structurée à l’instar du système solaire : au centre (solaire) se trouve le pivot, les éléments stables et institutionnels, les modèles dominants, le pouvoir visible et centralise. Et lorsqu’on a, comme François Mitterrand, perdu ce pouvoir central, il faut le reconquérir depuis les confins du système… solaire ou politique. Donc en « investissant par les marges », celles du système solaire ou du système politique. Né sous un rapport harmonique et dominant entre Soleil (le centre, organe du Pouvoir représentatif) et Pluton (les marges, lieux des contre-pouvoirs possibles), Mitterrand est naturellement doué pour conquérir le pouvoir par les marges… tout en restant en marge du pouvoir une fois qu’il l’a conquis. Voici ce que dit l’astrologue Jean-Pierre Nicola à propos de celui qui incarne, à l’intérieur d’un système quelconque, cette relation Soleil-Pluton : « Marginal instable… qui ne demande qu’à être récupéré mais qui, gloriole conquise, n’en continue pas moins à demeurer réfractaire à demi. Il oscille sur les frontières, tantôt dedans, tantôt dehors. Les plus doués finissent par réussir au-delà de toute espérance ». On ne saurait mieux décrire, en un raccourci saisissant, notre personnage en quête « d’hauteur ».

Il faut bien le reconnaître, jamais François Mitterrand n’est aussi lucide et pugnace que lorsqu’il a « touché le fond », qu’il se retrouve contraint d’œuvrer aux marges : « Hadès-Pluton désigne aussi le fond, le fin fond, le plan de sustentation… c’est un dieu fondamentaI ». C’est en touchant le fond qu’on peut rebondir. Les plutoniens sont plus doués que d’autres pour ce genre de rétablissement. Logique : une fois qu’on a touché le fond (du désespoir, de la révolte, de l’indignation), il ne reste plus qu’à remonter à la surface… Mitterrand s’en occupe activement. Les législatives ont vu le laminage électoral de la S.F.I.O., le P.S. d’alors. Les leaders socialistes sont dans leur ensemble décrédibilisés, démonétisés, usés jusqu’à la corde par leur passage dans la IVe République. C’est le vide. Le pouvoir est à prendre au sein de la gauche non-communiste. Le futur leader du P.S. se fait humble, silencieux et tout petit et, invité à participer aux débats de la S.F.I.O., il y est aussi assidu que discret : il s’agit avant tout de se faire reconnaître comme appartenant à la famille de la gauche. Il y parvient, fort de l’appui des réseaux de complicités personnelles qu’il contrôle clans ce parti.

En 1965 auront lieu les premiers élections présidentielles au suffrage universel. Mitterrand se verrait bien en challenger du Général. Nous sommes en 1963, et la gauche non-communiste doit se préparer et choisir un candidat unique. Finalement, Gaston Defferre est désigné candidat de la S.F.I.O. François Mitterrand le soutient de loin mais réellement : Defferre, trop ouvertement et visiblement anti-communiste « primaire », n’est pas capable de réunir toutes les voix de gauche sur son nom au deuxième tour. Et déjà François Mitterrand plaide pour l’union de la gauche… sans se faire entendre à cette époque. La candidature Defferre fait long feu, et Mitterrand parvient à s’imposer. À contrecœur, les partis de gauche se voient contraints de l’accepter : il n’existe pas de solutions de rechange. « II n’a pas de parti ? La belle affaire ! Les partis encombrent ses rivaux. Et puis, il a ses amis et aussi les anciens prisonniers. Ils lui tiendront lieu d’appareiI. » « Déporté » à gauche !

Au cours de ces années 60–63, qui voient sa sourde, insidieuse mais puissante remontée, Pluton fait un angle de 60° (un sextile, aspect consonant), avec son Soleil natal. Une période idéale pour passer de la marge, de la non-représentativité (Pluton) au centre et à la reconnaissance (Soleil). C’est bien ce qui se passe, en douceur, en profondeur et sans heurts. L’année 1965 voit la création de la F.G.D.S. (Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste), mouvement qui fédère, sous la houlette occulte des « sous-marins » du gang de Mitterrand, tous les partis, clubs et associations de la gauche non-communiste. Bien entendu, le futur candidat est reste tapi dans l’ombre, tirant les ficelles en coulisses pour n’effaroucher personne. Deux jours plus tard, il s’autoproclame candidat unique de la gauche. Mis devant le fait accompli, la F.G.D.S. se voit contrainte de faire de lui son président. Une merveille de « complot » Scorpion-Pluton. « Jean Daniel constate alors que durant toute la campagne, François Mitterrand a violé les appareils de la gauche, « un viol salutaire », écrit-il. Eh bien, il n’a pas fini de les violer… il a peu de troupes personnelles, pas d’élus, ses armes s’appellent l’éloquence, la notoriété, le recours de l’opinion contre les appareils, le noyautage des appareils quand c’est possible et… le chantage permanent. En somme, la manière forte alliée à la ruse ».

Commence alors un des « transits » planétaires majeurs de son existence : Uranus et Pluton, en conjonction clans le Signe de la Vierge, sont à deux ou trois degrés près sur la même position que sa Vénus natale. Sont impliqués dans ce « transit » deux de ses planètes les plus fortes (Pluton et Vénus) et l’une de ses plus faibles (Uranus). De quoi subir de profondes métamorphoses. Dans le même temps, Jupiter passe sur son Pluton natal, à 120° du Soleil (trigone, aspect consonant), de quoi aspirer à plus de reconnaissance, de représentativité publique. Il est battu, mais réussit tout de même à mettre de Gaulle en ballottage et devient ainsi, le chef naturel et le représentant incontournable de la gauche. Anti-communiste convaincu, il a su pourtant faire jouer ses amitiés et complicités avec le P.C.F. au cours de la Résistance pour permettre le « désistement républicain » entre les forces de gauche. Le scénario se répétera plus tard… En attendant, le C.I.R., son mouvement au sein de la F.G.D.S., ne compte qu’un seul député. C’est celui de la Nièvre : lui-même ! Il lui faut donc accroître le nombre de ses soutiens au sein de la fédération. Pour cela, rien de telle qu’une bonne vieille magouille scorpionno-plutonienne : il organisait des réunions qui rassemblaient pas mal de monde, demandait aimablement leurs noms et adresses aux participants… qui étaient automatiquement comptabilisés comme des militants de sa cause. À ce petit jeu-là, son mouvement devient très vite prépondérant dans le F.G.D.S. Cette nouvelle traversée du désert est terminée. Le revoilà au premier plan de la scène politique française, encensé et reconnu par une gauche qui reste néanmoins dans sa majorité extrêmement méfiante et dubitative à son égard. On la comprend. François Mitterrand est et reste plutonien. À preuve ce portrait que fait de lui Jean Daniel, directeur du « Nouvel Observateur » : « Cet homme ne donne pas seulement l’impression de ne croire à rien : on se sent devant lui coupable de croire à quelque chose… II insinue comme malgré lui que rien n’est pur, que tout est sordide, qu’aucune illusion n’est permise ». Il pointe là un des terribles paradoxes de Mitterrand, que nous avions déjà relevé : même dans ses plus fortes implications, même lorsqu’il donne vraiment l’impression de croire absolument à quelque chose (Soleil) il reste toujours distant, sceptique, désenchanté, désillusionné, Et l’on peut être sr que le soir, après avoir passé sa journée à lancer quelques tirades socialistes ronflantes et convaincantes et à ourdir des complots dans les coulisses de la scène politique, il se plonge dans l’Ecclésiaste en méditant sur la relativité de ses prises de positions enflammées et de sa volonté de conquérir le pouvoir : « Vanitas vanitatum, et omnia vanitas. » SUITE

Sous le ciel de Jarnac, un Scorpion nommé François Mitterrand : retrouvez le livre dans la boutique

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




Suivez nos actualités astronomiques, astrologiques, pédagogiques et humoristiques sur Facebook, Twitter et YouTube

Vous pouvez également nous soutenir en effectuant un don qui nous permettra de continuer à faire vivre ce site :

Merci pour votre contribution.


Tous droits réservés. © 2003–2017 Richard Pellard. Reproduction interdite.
Webmestre : Julien Rouger
AstroAriana — Site réalisé avec SPIP