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| Publié le : 17 octobre 2004
1. Zodiaque, planètes et typologie jungienne
Dans un courrier adressé à Alain de Chivré suite à mon article sur C.G. Jung et l’astrologie conditionaliste paru dans la Lettre des Astrologues, André Barbault feint de "découvrir“ que Jean-Pierre Nicola serait passé "en quelque sorte de l’astrologie pavlovienne à l’astrologie jungienne" et trouve que cela lui fait "quand même bien plaisir d’assister à un tel rapprochement, le Signe prenant place à côté du signal".
Une drôle de "découverte"... Cette découverte subite et tardive est un peu étrange, étant donné que le tableau des correspondances entre types jungiens et Signes zodiacaux qui accompagnait mon article n’était jamais qu’une mise en forme systématique des corrélations exposées par Jean-Pierre Nicola dans La Condition solaire, premier ouvrage conditionaliste paru en 1964. On est ainsi amené à poser l’alternative suivante : ou bien André Barbault n’a jamais lu ce livre, et il ne peut pas plus taxer l’astrologie conditionaliste d’être "pavlovienne" que "jungienne". Ou bien il l’a lu il y a 40 ans, et il est impossible qu’il "découvre" seulement maintenant les références aux typologies de Jung qu’il contient. La deuxième hypothèse étant la plus probable, on peut alors se demander s’il n’a pas eu une lecture extrêmement sélective de ce livre, n’en retenant que le "Signal-Pavlov" sans voir le "Symbole-Jung". Il faudrait qu’il explique le pourquoi de cette volontaire ou involontaire cécité, le débat serait ainsi plus clair. Ceci dit, l’approche conditionaliste de l’astrologie n’est pas plus "pavlovienne" que "jungienne" et elle n’a pas évolué de l’un à l’autre, puisque les références à ces deux chercheurs se trouvaient dès le début du conditionalisme. Ce n’est pas être "pavlovien" que de constater l’existence de comportements excitables ou inhibés, de tempéraments rapides ou lents, pas plus que ce n’est être "jungien" que de constater que les hommes ont des sensations, des sentiments, des pensées et des intuitions introvertis ou extravertis. Pavlov a découvert les lois fondamentales de l’activité nerveuse. Il n’en est pas pour autant le responsable ou le propriétaire, et chacun est libre de se référer à ces lois sans pour autant être "pavlovien", tout comme chacun peut expérimenter les effets de la gravité sous un pommier sans avoir à se déclarer "newtonien". Ces lois découvertes font partie de notre savoir collectif et chacun peut y faire référence sans pour autant être inféodé aux individus qui les ont trouvées. Zodiaque et types jungiens Dans mon dernier article consacré aux relations entre la pensée jungienne et l’astrologie en général, et son approche conditionaliste en particulier, j’ai publié un tableau résumant les correspondances que Jean-Pierre Nicola a établies entre la typologie caractérologique de Jung et les Signes du zodiaque conditionaliste. J’avais pris soin de souligner que ce n’étaient que des correspondances relatives, et non des identifications absolues. Afin que cela soit bien clair, je répète ce que j’avais écrit : "Evidemment, comme le souligne Nicola, "Il ne faut pas identifier les deux systèmes. Le mécanisme nerveux sous-tend plusieurs manifestations psychologiques ou intellectives, il concerne l’être dans sa totalité et touche toutes les fonctions". Cela d’autant plus que, vus d’un point de vue strictement astrologique, il paraît évident que les types jungiens amalgament les significations zodiacales et planétaires".
Pour que cette non-identité absolue entre les deux systèmes soit encore plus claire, voici une autre citation de Jean-Pierre Nicola extraite de La Condition solaire : "Le rapprochement proposé ici signale les affinités éventuelles" (c’est moi qui souligne), "les attirances électives entre une fonction et un mécanisme (je dirais aujourd’hui, un processus). Par exemple, pour la fonction Sensation la Vitesse d’excitation (des Signes de printemps) est idéale. La fonction Sentiment appelle plutôt la Lenteur d’excitation (des Signes d’été). A la fonction Pensée souhaitons la mobilité (Vitesse) de l’inhibition (des Signes d’automne). Le rapprochement Intuition-Lenteur d’inhibition (des Signes d’hiver) paraît discutable parce qu’on appelle "intuitions" une série de phénomènes confondus avec les signaux de l’instinct ou du sentiment. L’intuition, la vraie, ne peut venir qu’après le déroulement complet du cycle (donc, dernière quarte)". Primauté du planétaire sur le zodiacal Ceci étant précisé, il peut sembler réducteur et arbitraire de s’en tenir aux "affinités éventuelles" entre typologie jungienne et Signes du zodiaque. A juste titre, André Barbault avait rappelé la primauté du planétaire sur le zodiacal dans son article sur La typologie jungienne paru en 1988 dans le n° 82 de la revue L’Astrologue. Voici ce qu’il écrivait : "L’errance que nous avons vu se maintenir au long de cette quête de corrélations de typologie jungienne, résulte aussi d’un choix malheureux, malheureusement encore dominant dans la pratique d’aujourd’hui : l’adoption d’une "astrologie zodiacale" au détriment de la traditionnelle astrologie planétaire". Sur ce point précis, et sur aucun autre, je suis parfaitement d’accord avec lui (je le cite à nouveau) : "c’est la planète en soi qui est le premier mobile. Le phénomène astrologique passe d’abord par sa nature intrinsèque. Cet état initial ne peut pas être oublié dans les mouvances de ses positions diverses" dans les Signes. Au nom de la primauté du planétaire sur le zodiacal, on peut donc légitimement critiquer l’attribution des types jungiens au seul zodiaque... sauf si on feint d’oublier que La Condition solaire est un livre principalement consacré au zodiaque. Une précision de taille, qui fait perdre beaucoup de légitimité à cette critique. Dans son courrier, André Barbault écrivait qu’il voulait "croire qu’il y aura une suite - fût-ce au minimum la présentation d’un seul cas de notabilité connue ou célébrité vérifiable pour chacun des douze Signes pour justifier cette intervention". Je me propose, non pas d’accéder à sa demande, mais de faire encore mieux : essayer d’établir des corrélations entre la typologie jungienne et les fonctions planétaires. Fonctions planétaires et types jungiens Commençons par la seconde opération. Elle est délicate à mener. En effet, les huit "types" de base jungiens (obtenus en combinant Sensation, Sentiment, Pensée et Intuition à l’extraversion et l’introversion) ne peuvent pas être systématiquement appariés aux dix fonctions planétaires, d’une part pour une raison numérique (étant donné que 10 - 8 = 2, il "manquerait" deux "types" jungiens pour couvrir l’éventail planétaire), et d’autre part, et plus profondément, il apparaît que chacun des "types" jungiens correspond à plusieurs fonctions planétaires, et que les différentes caractéristiques de chaque fonction planétaire paraissent relever de différents types jungiens, et celà sans oublier que les "types" jungiens amalgament significations planétaires et zodiacales. Le tableau ci-dessous récapitule les "familles planétaires" définies par le système R.E.T..
Les deux systèmes ne sont donc pas homologues, équivalents, réductibles l’un à l’autre. Ils décrivent le fonctionnement humain selon des optiques différentes, même si on constate des points de similitude dans ces descriptions. Le tableau ci-dessous, que j’ai réalisé, propose un système de correspondances entre fonctions jungiennes et fonctions planétaires. Ce n’est ni un dogme ni une Bible, juste une hypothèse de travail.
Avant de tenter de justifier ces correspondances, je pense qu’il est nécessaire de rappeler les principales caractéristiques psychologiques des fonctions jungiennes. Les textes qui les décrivent sont tirés de l’excellent ABC de la psychologie jungienne écrit par Carole Sédillot (Ed. Grancher).
Cette description semble relever d’une dominante Vénus-Mars-Jupiter. Le duo Vénus-Mars correspond au côté "jouisseur de l’immédiat", attaché aux plaisirs de l’existence de ce "type". Le duo Mars-Jupiter correspond à son côté réaliste, organisé et pragmatique. Astrologie conditionaliste : ce type recouvre à la fois les familles "existence intensive" (Vénus-Mars-Neptune) et "Existence extensive" (Mars-Jupiter-Saturne). Neptune et Saturne sont exclus : la Sensation extravertie ne correspond guère au pôle "intuitif" de la fonction neptunienne (niveau-source "Transcendance" dans le système R.E.T.), et à la froide et cérébrale distance saturnienne (niveau-but "transcendance" dans le système R.E.T.).
Cette description semble relever d’une dominante Lune-Vénus-Neptune. La Lune correspond au côté plastique, réceptif, se laissant porter par les événements. Le duo Vénus-Neptune correspond à la sensorialité intense de ce type. Astrologie conditionaliste : ce type relève, en sus de la Lune (homogénéité, réceptivité, rêverie) de la famille "existence intensive" (Vénus-Mars-Neptune). Mars semble exclu : la Sensation extravertie ne correspond guère au côté actif et réaliste de la fonction marsienne (niveaux-source et but "Existence" dans le système R.E.T.).
Cette description semble relever d’une dominante Vénus-Soleil-Jupiter. Vénus correspond au côté séducteur, sentimental, empathique, réagissant aux plaisirs et déplaisirs. Le duo Soleil-Jupiter correspond à l’intense besoin de reconnaissance de ce type, ainsi qu’à la fonction d’évaluation personnelle de la fonction sentiment. Astrologie conditionaliste : ce type recouvre à la fois les familles "représentation intensive" (Soleil-Jupiter-Uranus : l’affirmation spectaculaire, le respect des règles et normes) et "Représentation extensive" (Soleil-Mercure-Vénus : la sociabilité spontanée, le besoin d’être immédiatement reconnu). Uranus et Mercure sont exclus : le Sentiment extraverti ne correspond guère au côté cérébral-rigoureux de la fonction uranienne, ni au côté ludique, désinvolte et papillonnant de Mercure.
Cette description semble relever d’une dominante Vénus-Neptune-Saturne. Vénus correspond au côté affectif, sentimental. Allié à Vénus, le duo Neptune-Saturne correspond au côté secret, énigmatique, ondoyant et complexe, subtil et réservé de ce "type". Astrologie conditionaliste : ce type ne recouvre qu’une famille du système R.E.T. : l’"existence intensive" (Vénus-Mars-Neptune), associée à Saturne, planète d’introspection et d’intériorisation. Le duo Vénus-Neptune correspond à la subtilité nuancée des sentiments ; Mars semble exclu de la fonction Sentiment introverti : sa réactivité "à bout portant" s’en accommode mal. Le duo Vénus-Saturne va dans le sens de la fidélité sentimentale (approfondissement des attachements) ou du refoulement des sentiments.
Cette description semble relever d’une dominante Soleil-Mercure-Jupiter. Le duo Soleil-Mercure correspond au côté sociable, communicatif, doué pour jouer avec le langage et pour diffuser souplement ses idées et conceptions. Jupiter rend compte des valeurs à échanger et des règles de conduite rigoureuses. Notons que deux des planètes correspondant à la Pensée extravertie (Soleil et Jupiter) correspondent aussi au Sentiment extraverti. Vu du côté de l’astrologie, ce qui différencierait la Pensée extravertie du Sentiment extraverti ne compterait donc que pour un tiers : Mercure pour la première fonction, Vénus pour la seconde... ce qui revient à s’interroger sur l’attribution de Soleil-Jupiter à ces deux fonctions jungiennes. Si l’on n’a pas les outils conditionalistes, elle ne peut être justifiée que par le côté "cérébral" de Mercure pour la fonction Pensée et pour le côté Sentimental de Vénus pour la fonction Sentiment. Astrologie conditionaliste : ce type recouvre... comme pour la fonction Sentiment extraverti à la fois les familles "représentation intensive" (Soleil-Jupiter-Uranus : le pouvoir de convaincre, d’imposer ses idées) et "Représentation extensive" (Soleil-Mercure-Vénus : la sociabilité spontanée, le besoin d’être immédiatement reconnu). Uranus et Vénus sont exclus : la Pensée extravertie demande une souplesse et une adaptabilité de la cérébralité dont semble bien incapable la raide et intransigeante fonction uranienne. Par ailleurs, Vénus semble assez étrangère à la Pensée extravertie, qui ne semble comporter aucune composante sensorielle ou affective. Reste à expliquer pourquoi, selon le conditionalisme, la "représentation intensive" commune à Soleil et Jupiter peut à la fois correspondre au Sentiment extraverti et à la Pensée extravertie, d’autant plus que Selon Jung lui-même, Pensée et Sentiment sont des fonctions opposées. Pour le comprendre, il faut savoir que chez Jung, la fonction Sentiment est loin de se réduire à de "l’amour-affection". Pour Jung, comme la Pensée, le Sentiment établit des jugements de valeur... ce qui est une spécialité bien jupitéro-solaire (un jugement est une "représentation intensive", une vérité qui se voudrait définitive). Les jugements de valeur de la Pensée ont un caractère plutôt abstrait, culturel, ceux du Sentiment un caractère plutôt concret, sensoriel. Dans les deux cas, on juge... abstraitement et cérébralement si Mercure est aux côtés de Soleil-Jupiter, concrètement et émotionnellement ("j’aime ou j’aime pas") si c’est Vénus. Le jugement "Pensée-Soleil-Mercure-Jupiter" pencherait plutôt du côté de l’impersonnel, celui "Sentiment-Vénus-Soleil-Jupiter" du côté du personnel. On le voit avec cet exemple, le système astrologique et le système jungien ne sont pas homologues, interchangeables. Il y a même de fortes incompatibilités, puisque des fonctions totalement antagonistes chez Jung ne le sont que partiellement, voire pas du tout pour l’astrologie, qui doit à chaque fois associer plusieurs fonctions planétaires pour parvenir à obtenir un "portrait" psychologique qui ressemble plus ou moins à un "type" jungien. Non, monsieur Barbault, l’astrologie conditionaliste n’est pas devenue "jungienne", pas plus qu’elle a jamais été "piégée dans l’étroit couloir de la réflexologie" pavlovienne, comme vous l’avez écrit.
Cette description semble relever d’une dominante Saturne-Pluton-Uranus. Le duo Pluton-Saturne correspond au côté cérébral, chercheur, sceptique, inquiet, réfractaire, introverti. Uranus de la volonté s’imposer ses propres modèles et conceptions dans une indépendance d’esprit maximale. Astrologie conditionaliste : ce type jungien recouvre deux fonctions planétaires (Saturne et Pluton) appartenant à la famille R.E.T. "transcendance intensive" (Mercure-Saturne-Pluton, niveau-but "transcendance", synonyme d’esprit critique, de quête de sens caché) et deux autres (Uranus et Pluton) appartenant à la famille R.E.T. "Transcendance extensive" (Uranus-Neptune-Pluton, niveau-source "Transcendance" : imaginaire prospectif). Dans la première famille "t", j’ai éliminé Mercure en raison de son côté trop sociable, trop ouvert à la discussion : ce n’est pas un très bon facteur d’introversion. Neptune ne fait pas non plus partie des correspondances avec la Pensée introvertie en raison de sa dimension trop irrationnelle-affective (niveau-but "existence" - les turbulences de l’existant, du vécu, du ressenti).
Cette description semble très nettement relever d’une dominante Uranus-Neptune-Pluton, soit l’ensemble des planètes trans-saturniennes qualifiées de "collectives" ou "transpersonnelles" par l’astrologie symboliste. Astrologie conditionaliste : ce type jungien ne correspond qu’à une seule famille du R.E.T. : la "Transcendance extensive", ou déploiement de l’imaginaire prospectif à partir d’un inconnu (niveau-source "Transcendance") qui, tout en se maintenant (la formule de Pluton est "transcendance de la Transcendance") se déploie vers deux autres niveaux-buts : la "représentation" (Uranus, la conviction d’être "destiné à") et l’"existence" (Neptune, le sentiment de faire partie d’un collectif). L’imaginaire prospectif de la "Transcendance extensive" d’Uranus-Neptune-Pluton en astrologie conditionaliste ressemble comme deux gouttes d’eau à la fonction Intuition extravertie de Jung : dans un cas comme dans l’autre, il y a diffusion d’une radicale altérité et singularité transcendantes qui entendent s’affirmer et agir en bouleversant le réel, et même risque d’échec par excès de prophétisme halluciné, d’intuitionnisme extravagant et inconsidéré. L’intéressant, ici, est de remarquer qu’une seule famille du R.E.T. correspond étroitement à une fonction jungienne. Ce fait démontre clairement, me semble-t-il, que le conditionalisme n’est ni homologue, ni réductible au jungisme du point de vue des fonctions psychologiques.
Cette description semble très nettement relever d’une dominante Neptune-Pluton associée à la Lune. Dans le groupe des "planètes transpersonnelles", Uranus paraît exclu : l’uranien est trop volontariste et soucieux de son impact extérieur pour ça. Par contre, les profondeurs plutoniennes, les états d’âme neptuniens jointes aux rêveries lunaires semblent bien correspondre à ce "type". Astrologie conditionaliste : ce type jungien ne correspond à nouveau qu’à une seule famille du R.E.T. : la "Transcendance extensive" d’Uranus-Neptune-Pluton, associée à la fonction lunaire qui, au plus haut niveau (intégration naturelle de la non-séparabilité du réel), ressemble beaucoup à l’Intuition jungienne. La fonction uranienne, trop "représentative" (niveau-but "représentation") paraît trop structurée, trop "voyante" pour pouvoir correspondre à cette fonction jungienne... mais elle le pourrait pourtant. Ces nouvelles correspondances posent de nouveaux problèmes d’homologie entre jungisme et conditionalisme. Le trio Uranus-Neptune-Pluton peut aussi bien correspondre à l’Intuition extravertie qu’introvertie... et la Lune, que j’ai classée dans les correspondances avec la fonction Sensation introvertie, se retrouve également dans celles avec la fonction Intuition introvertie, ces deux fonctions étant antagonistes selon Jung. De quoi se poser des questions, si l’on n’est pas trop rationnel, sur la pertinence des concepts jungiens... ou des concepts conditionalistes. Si l’on est rationnel, on sait que "comparaison n’est pas raison"... et on se pose alors d’autres questions, plus intéressantes. C’est ce que font les astrologues conditionalistes. Bilan des correspondances entre "types" jungiens et fonctions planétaires astrologiques : il n’y a aucune relation évidente et systématique entre les deux. Les "types" jungiens, empiriquement définis, recoupent certes les significations planétaires, mais ils ne s’y identifient pas. SUITE Cet
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Richard Pellard
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Deux et deux font quatre
samedi 30 juin 2007
par Richard Deux et deux font-ils quatre ? Didier Nordon, Éd. Belin A en croire les discours que les sciences tiennent aujourd’hui sur elles-mêmes, la rigueur (démonstrative ou expérimentale prime, tranche en dernier ressort : une intuition non démontrée n’est pas scientifique. Il se trouve que la rigueur a, sur l’intuition, l’avantage d’être plus démocratique. Elle peut s’acquérir, au moins en partie, même par celui qui est « peu doué ». Elle nous donne une impression de maîtrise : enseignons la rigueur, il en restera quelque chose. D’où son prestige officiel. En fait, les scientifiques prisent bien plus l’intuition, l’imagination, car le moteur de la création est de ce côté-là. L’essentiel, le difficile, c’est d’avoir une idée. Peu importe qu’elle soit insuffisamment fondée, même fausse. Si elle est riche, la rigueur finira toujours par venir ; l’idée deviendra alors banale, ce qui lui fera perdre son atrrait. Seulement, en ces jours où tout le monde veut avoir l’air démocrate, l’intuition est mal vue, car c’est une qualité d’élite, presque impossible à enseigner. Elle est injuste. A chacun, il peut arriver d’avoir quelque conviction que les apparences rendent a priori peu vraisemblable ; certains triomphent, d’autres sombrent. L’opposition entre rigueur et intuition n’est pas absolue. La notion de rigueur n’est même pas… rigoureuse. Il faut parfois une intuition très fine pour déceler une faille dans une démonstration ou dans une expérience. Inversement, l’effort d’empathie avec la nature a sa rigueur. Pour être sûr de sa théorie, Einstein n’a pas attendu que des mesures de déviation gravitationnelle l’aient confirmée. Galilée a pratiqué des « expériences de pensée » sur la chute des corps dans le vide. Certains chercheurs sont grands précisément pour avoir su faire passer leur conviction intime avant les données expérimentales. Pourquoi l’intuition serait-elle forcément subordonnée à l’expérimentation, pourquoi serait-elle forcément moins digne d’être crue ? Comme si les expériences ou les mesures ne trompaient jamais… Trop de sciences se sont enfermées dans une technicité telle que le commun des mortels ne peu plus juger de la vérité de leurs résultats. Une forme profane de la vérité a pris alors le relais : l’efficacité. « C’est vrai puisque ça marche ». Ce propos n’est pas tout à fait faux, bien entendu… Seulement, chaque problème résolu en fait naître d’autres, parfois pires, où notre société est empêtrée. L’inefficacité globale, dirait-on, croît en proportion des efficacités locales. Pareil phénomène prouve-t-il quelque impuissance, donc une espèce de fausseté des sciences ? Des réactions ? Répondre à ce message
En tout Quatre, c’est SORI
samedi 30 juin 2007
par Giloux Salut Richard, Intéressant ton message () J’suis pas sûr d’en avoir tout compris, mais Rigueur et Intuition me semblent pointer au moins deux et deux référentiels différents : la Rigueur serait plus "Objet/Relation", avec toute la Logique formelle nécessaire, cohérente et utile, alors que l’Intuition serait plus "Sujet/Intégration", incluant également la Rigueur, mais la dépassant par l’aspect insaisissable de son mode opératoire, de sa source et de sa fin - en notre esprit ? En fait, non seulement je pense que "" L ’opposition entre rigueur et intuition n’est pas absolue."", mais suis convaincu qu’elles dialoguent souvent (pas toujours ...) chez plein de gens et en tous domaines, ne provenant pas des mêmes centres SORI dans l’être humain (hypothèse de recherche).
je pense que cette impuissance et cette fausseté sont typiques du "blocage monoréférencé" des "efficacités locales" : le travail de fourmi, c’est robotique à la fin et si l’on ne réfléchit pas AVANT justement aux "Finalités", à la Téléologie de nos actions, notre inéfficacité globale ne peut que croître en proportion, non ? C’est au moins une question d’Ecologie, on dirait ... ** Un petit exemple entre Rigueur et Intuition en Astro :
Plusieurs méthodes s’affrontent - y compris en Astrologie conditionnelle ...
Avec l’expérience, les deux s’informent et s’unissent, tout en restant parfaitement distinctes l’une de l’autre. ""En fait, les scientifiques prisent bien plus l’intuition, l’imagination, car le moteur de la création est de ce côté-là. .../...", s’ils les prisent tant, est-ce justement parce qu’ils sont plus rigoureux (études, formation, culture, profession) dans le Référentiel Objet - cela leur permet les gardes-fous nécessaires aussi, du moins chez les scientifiques ouverts - et de ce fait peuvent laisser l’intuition et l’imagination s’exercer à leur aise sans craindre trop de dérapages catastrophiques (vu leurs responsabilités) ?
A l’inverse, ces seules qualités d’esprit ne suffisent pas toujours sans des fondements rigoureux - concrets, scientifiques, artistiques ou spirituels ... Encore une fois le SORI m’éclaire un peu sur ces difficiles questions : dès qu’on bloque dans un/deux Référentiels au détriment des autres, d’inextricables problèmes apparaissent, se cristallisent le plus souvent et finissent par foutre une merde de première grosseur si l’on n’y fait pas gaffe ! Sans doute faudrait-il aussi voir les niveaux RET concernés pour approfondir d’autres réponses ? En tous cas, Merci Richard, A+ GilouX Répondre à ce message
Astrologie et types jungiens
jeudi 5 juillet 2007
par Cat Salut Richard Suite a ton article sur les corrélations entre astro conditionnaliste et typologies jungiennes, je voulais donner des ex de thèmes non pas qui coïncident exactement avec les types yungiens, mais qui s’en approchent. Tu le dis toi même donner des thèmes comportant seulement 2 des 3 plantes en signe, affaiblie les concordances dans le trio, mais si l’on recherche la correspondance absolue la typologie yungienne n’a pas d’intérêt, alors que si on envisage une typologie en lui soustrayant la qualité d’une planète ou en l’ ajoutant, ça peut porter plus de sens et peut être un outil de plus pour l’interprétation de thème. Sachant qu’il est plus facile de faire entrer la typo de Yung dans le RET plutôt que le RET dans la typo, ne serait ce parce que celle de Jung se réduit a 8 types Ex : un soleil mercure dom en sagittaire ou avec une dom sagittaire se rapproche du type Pensée Extravertie ( soleil mercure jupiter en balance ou sagittaire), si l’on s’en refaire aux description de Sedillot ( ABC de la psy jungienne) , ce personnage aurait les qualités de ce type avec les effets jupitériens en moins, lui manquerait la pertinence, l’adaptabilité au réel, capacité d’insertion et de réalisme. Donc le besoin de convaincre, de communiquer propre au type PE, serait handicaper par un manque d’organisation, d’a propos, une difficulté a coller au reel ou a produire du reel, de l’efficace. Pour tout dire, ce personnage la me ressemble ( soleil balance et mercure dom, avec jupiter sous dom) Et si on ajoutait un mars dom, ce type jungien manquerait de diplomatie dans son ouverture certaine aux autres, d’organisation gagnerait en efficacité parfois un peu brutale, en reactivité et franchise…celui la serait pellardien… Pourquoi ne pas s’amuser ainsi a intégrer les types J a l’interprétation ? Ce sera tout pour ce sooir Ami du soir , bonsoir CAT Répondre à ce message
Astrologie et types jungiens
jeudi 5 juillet 2007
par Richard Salut Cat, Oui, pourquoi pas... Mais je trouve que la théorie et la pratique conditionalistes sont suffisamment riches pour pouvoir se passer des types jungiens. A+ Répondre à ce message
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