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Prisonnier de guère

Où en est François Mitterrand à la veille de la 2e Guerre Mondiale ? Jeune provincial monté à Paris pour y faire ses études, il est « bohème, méditatif, esthète » et « reste prudemment à l’écart des bouillonnements politiques ». Littéraire romantique et désinvolte en même temps que militant catholique mystique, pieux et pratiquant, il est alors un pur produit de son terroir. Ce fils de petits notables politiquement conservateurs se destine à une carrière d’avocat. La voie est toute tracée, et parfaitement conforme à l’éducation qu’il a reçue, aux attentes de son milieu familial.



Le diamant dans son gang

« Nous avons marché le long des sentiers, parmi nous certains sont tombés, tous les autres que deviennent-ils, nous sommes prisonniers de l’inutile » (Gérard Manset).

Septembre 1938, Paris. François Mitterrand vient tout juste de décocher son diplôme de Sciences Politiques et sa licence de Droit. Il est amoureux, se destine au métier d’avocat et, jeune Rastignac, s’interroge sur son avenir, se demande comment sortir du rang, devenir « roi ou pape », comme il l’imaginait dans son enfance. À sa sœur il écrit que « Tout se ramène à ceci : gagner ou perdre. On ne reste jamais stationnaire. Car ne pas bouger, c’est commencer à perdre ». Tout un programme, indéfini mais volontaire. La deuxième guerre mondiale est en gestation, elle éclatera un an plus tard. Le service militaire l’appelle : il est affecté au 23e régiment d’infanterie. Depuis le 26 octobre 1916, Pluton, l’astre le plus lent et le plus lointain du système solaire, invisible dans le ciel semé d’étoiles, s’est déplacé sur son orbite elliptique d’environ 30°. Il forme désormais un angle de 90°, c’est-à-dire un aspect de carré, avec le Soleil en Scorpion natal de François Mitterrand. Il a vingt-deux ans. Avec ce carré Pluton-Soleil, commence l’un des transits planétaires majeurs de sa destinée.

L’action d’un transit de Pluton s’étend sur plusieurs années, et engendre un nouveau « climat psychique », qui lui-même détermine une évolution puissante mais insidieuse. Pluton dissonant au Soleil marque une « période décapante. Un bain de lucidité. Vous allez devoir porter le deuil de vos certitudes, de vos repères. À n’en plus rien savoir. À n’en plus rien vouloir. Ce en quoi vous vous reconnaissiez, ce qui vous tenait debout et faisait le sens de votre vie vous semble soudain illusoire ». Le genre de période au cours de laquelle, volontairement ou non, pressé par les événements ou poussé par une obscure mais inflexible exigence intérieure, l’on voit ses modèles remis en question ; le temps où les boussoles, s’affolant, n’indiquent désormais plus un Nord rassurant.

Où en est François Mitterrand à la veille de la 2e Guerre Mondiale ? Jeune provincial monté à Paris pour y faire ses études, il est « bohème, méditatif, esthète » et « reste prudemment à l’écart des bouillonnements politiques ». Littéraire romantique et désinvolte en même temps que militant catholique mystique, pieux et pratiquant, il est alors un pur produit de son terroir. Ce fils de petits notables politiquement conservateurs se destine à une carrière d’avocat. La voie est toute tracée, et parfaitement conforme à l’éducation qu’il a reçue, aux attentes de son milieu familial. À Angoulême comme à Paris, il n’a rencontré que des jeunes gens issus de la même classe sociale que la sienne : la petite bourgeoisie. Ils n’ont pu que le conforter dans les croyances et opinions (solaires, puisque le Soleil, en astrologie, assure le maintien et la reproduction des modèles) véhiculées par ce milieu. Sans doute, la défiance et le scepticisme instinctifs qu’il doit à un Pluton harmonique au Soleil l’ont-ils toujours incité à relativiser, à préserver sa liberté de pensée et de jugement par rapport à des modèles culturels qu’il acceptait avec distanciation, mais sans toutefois les remettre radicalement en question.

Le transit de Pluton au carré du Soleil commence tout juste lorsqu’il arrive au 23e régiment d’infanterie pour y faire son service militaire, au lendemain de la signature des accords de Munich. Le Ciel l’invitait à changer de modèles, voire à jouer les anti-modèles. Précisément, sa condition sociale et son niveau d’études lui donnaient droit à une affectation d’élève-officier. Première manifestation sociale de son tempérament de réfractaire : il la refuse. François Mitterrand déteste l’armée et la hiérarchie. À la caserne d’Ivry, c’est un drame. On le consigne pour le faire plier. Il ne plie pas. Il sera donc élève sous-officier. En september 1939, la guerre est déclarée. « Ce jour là, Mitterrand ne signe pas la paix avec l’armée. Il va rester, comme avant, un mauvais esprit ». En Mars 1940, lors d’une permission, il se fiance avec une certaine Marie-Louise, née sous le Signe du Lion, dont il est follement amoureux et qui sera connue plus tard comme speakerine sous le nom de Catherine Langeais. En juin, il est blessé et, fait prisonnier, se retrouve dans un stalag près de Cassel.

Le carré de Pluton au Soleil va donner sa pleine mesure.

« Dans les stalags, François Mitterrand fait surtout cette découverte stupéfiante : les autres. Pour la première fois, il rencontre les mauvais garçons, mais aussi les ouvriers de gauche, les syndicalistes, les prêtres qui avaient été humiliés au séminaire parce qu’ils étaient pauvres… tout un système de valeurs tangue dans la tête du prisonnier ». La fonction solaire a précisément pour fonction de nous faire adhérer passivement, dès la petite enfance et par la suite, à des « systèmes de valeurs », c’est-à-dire à des « grilles de lecture » du monde. Grâce à ces représentations, dont notre socio-culture nous fait hériter et qui modèlent nos façons d’agir, de penser et de sentir, le monde nous semble clair, limpide, transparent, comme élucidé. Pluton, au contraire, a pour fonction de nous sensibiliser à l’inconnu : dans cette optique, tout système de valeurs ou de représentations est perçu comme un vernis de « connu » qui opacifie et masque le mystère des choses bien plus qu’il ne le dévoile. Sous un transit Pluton-Soleil, l’inconnu fait irruption dans la sphère rassurante du connu : François Mitterrand « découvre un monde qu’il ignorait. Jusqu’à sa captivité, il a mené une existence préservée en marge des angoisses matérielles et des vulgarités plébéiennes. Il n’a connu la misère qu’à travers le prisme déformant de la charité ou de la littérature ». L’envers du décor se découvre. Le monde n’est plus uniquement peuplé de bourgeois catholiques en ascension sociale. Lui apparaît la société dans sa disparité, ses diversités, et aussi ses terribles injustices, que la seule charité chrétienne ne saurait suffire à combler.

Dans les dures conditions d’existence des stalags, c’est au début le « chacun pour soi ». L’homme apparaît nu, tel qu’en lui — même, dans sa terrible et parfois insupportable authenticité. Loin des pieux préceptes évangéliques, on se bat pour manger, pour survivre. Les systèmes de référence de Mitterrand chavirent, basculent : « Un transit Pluton-Soleil promet de remettre en question les modèles qui ont jusqu’ici inspiré vos idées, vos positions et engagements. Belle occasion, en somme, de vous ressaisir si l’éducation, l’environnement familial ou social, vous ont trop incité à l’imitation et à l’acceptation passive des préceptes d’autrui ». C’est à cette époque qu’il prend ses distances vis-à-vis de la religion. Perd-t-il la foi ? Ce sont des choses qui peuvent arriver sous un transit Pluton-Soleil : ce qui donnait un sens lumineux et exemplaire à la vie (Soleil) paraît tout à coup vain, absurde, futile, dérisoire (Pluton). À tout le moins, il relativise ses croyances. En cette période éprouvante, il devient difficile de croire à la charité et à la miséricorde divines enseignées par les jésuites et les maristes. Le bon dieu perd sa barbe blanche.

« Croupissement, stagnation, impossible délivrance, tels semblent les conséquences du manque de déblocage ». Une description quasi parfaite de l’univers carcéral des stalags… qui est, en fait, celle de mécanismes bien Scorpion. Le Scorpion Mitterrand ne pouvait qu’être hyper — réceptif à ce genre de situation et d’atmosphère, et incidemment s’y révéler à lui-même. Les Signes d’automne (Balance, Scorpion, Sagittaire), dominants dans son ciel natal, se caractérisent par l’« excitation associative », qui favorise, entre autres, « contacts sociaux, dialogue, alliances, coopération ». Au cœur de la saison, le Signe du Scorpion concentre toutes ces significations : « liens étroits et exigeants, associations intenses dans des cercles restreints ». C’est précisément ce type d’association étroite que favorise l’univers carcéral. Tout ce qui fait la trame sociale souple, ouverte et mutable dans un milieu « libre » se condense et s’intensifie dans les prisons.

Sous le transit Pluton-Soleil, notre Scorpion solaro-plutonien ne manque pas de réagir puissamment à cette situation. Plus que d’autres, il perçoit la nécessité de reconstruire une communauté basée sur des lois et des liens sociaux denses et contraignants — des liens Scorpion — les seuls susceptibles de faire contrepoids à l’anarchie de l’individualisme et de l’égocentrisme effrénés auxquels invite la privation de liberté. « Je crois avoir davantage appris de ce commando refermé sur lui — même que des maîtres de mon adolescence… je n’ai pas connu de communauté plus équilibrée que celle-là », notera-t-il au sortir de sa période de détention. « Nous savons quels liens étroits, inviolables théoriquement, resserrent membre à membre les adeptes d’une confrérie », écrit l’astrologue Jean-Pierre Nicola à propos du Scorpion ; confréries qui évoquent la secte, la maffia, le gang, toutes sociétés extrêmement refermées sur elles-mêmes et unies à l’intérieur par de strictes et obligatoires règles du jeu. François Mitterrand, sans le savoir, lui répond en écho : « Plutôt que l’esprit de camp, ce fut plutôt l’esprit d’équipe, on dirait presque l’esprit de gang ».

Tout au long de sa longue et tumultueuse carrière politique, il gardera cet « esprit de gang ». C’était inscrit à sa naissance, dans la logique de son Signe solaire, le Scorpion. L’expérience de la prison n’a fait que renforcer et accentuer cette prédisposition naturelle qu’il doit au Ciel. Un « esprit de gang » qui s’est développé sous le carré de Pluton au Soleil : à l’époque, les prisonniers de guerre étaient considérés par les français comme des sortes de traîtres qui ne s’étaient pas bien battus et qui risquaient, dès qu’ils seraient libérés, de revenir au pays demander leur part de gâteau dans une économie de disette, ruinée par la guerre. Autrement dit, ils n’étaient pas l’objet d’une extrême sollicitude de la part de leurs concitoyens, pour ne pas dire qu’ils étaient carrément mal vus. Un transit Pluton-Soleil, comme celui que vivait François Mitterrand à cette époque capitale de sa vie, accentue et exacerbe, dans ce contexte, le sentiment d’être un paria, un exclu, (pas aux frontières du système solaire, mais presque), un marginal, un non — reconnu. La situation des prisonniers de guerre était dramatique, il est vrai… et un Scorpion a tellement de facilité à dramatiser ! Entre temps, l’armistice a été signé, et le régime vichyssois s’est installé. Le problème des prisonniers de guerre est au cœur des préoccupations du gouvernement : comment, et dans quelles conditions les rapatrier ? Comme Mitterrand, tous se sentent exclus, mal aimés, boucs émissaires tout désignés et bien commodes d’une France qui ne supporte pas son humiliante défaite. Bref, ils sont perçus comme des anti-modèles, se sentent « plutonisés », rejetés du système. À l’intérieur même des stalags, Mitterrand a compris la force, marginale, sans voix et pourtant puissante — une énergie subtile, sourde, minoritaire, sous-jacente, donc plutonienne — qu’ils pouvaient représenter. En captivité il nouera des relations fortes et durables avec les communistes. Elles lui serviront par la suite. L’esprit de gang scorpionnesque et plutonien toujours, qui tisse de puissants liens dans une occulte et nécessaire complicité. Mitterrand, le diamant dans son gang, prisonnier « de guère », a compris quelque chose d’essentiel pour sa carrière future. « Déjà, le champion de l’électoralisme perçait en lui. Il avait mesuré quel levier politique les prisonniers de guerre pouvaient constituer », remarque l’un de ses compagnons de captivité, Philippe Dechartre. C’est sans doute le taxer de trop de volontarisme manœuvrier à cette époque. Probablement Mitterrand ne savait-il pas lui-même pourquoi il agissait de la sorte, tant il est vrai que, dans ce genre de période, il est difficile de coordonner le vouloir conscient (Soleil) avec une obscure mais tenace volonté inconsciente (Pluton). Autrement dit, il semait pour l’avenir, sans même imaginer de quoi cet avenir serait fait, mais en sachant obscurément la puissance que peuvent développer des minorités agissantes. À minima, dans l’hypothèse que propose Dechartre, et en termes astrologiques, on peut parier qu’il se demandait comment jouer sur les dosages (Scorpion) pour transformer une faiblesse, une non-représentativité (Pluton) en force représentative (Soleil).

Transfugitif…

Réfractaire à tout, y compris à l’enfermement, Mitterrand fera trois tentatives d’évasion, dont seule la dernière réussira, dans des conditions romanesques et rocambolesques. La « spiritualité des camps » qu’il évoquera plus tard, mi-ironique, mi-sérieux, a peut-être du bon, mais la liberté, c’est encore mieux. D’autant plus que, nous l’avons vu, il est amoureux et qu’à cette époque, alors que Pluton est au carré du Soleil, Neptune transite en conjonction avec sa Vénus natale. Dans ce genre de période, « la forte houle passionnelle que soulève Neptune, menace de faire sombrer le petit navire qui porte votre cœur », et, si François Mitterrand s’évade, « c’est surtout pour reconquérir une Marie-Louise dont les sentiments chancellent ». Hélas, sous une dissonance Neptune-Vénus, on ne fait pas toujours preuve d’une très grande lucidité dans ses choix affectifs. La belle s’était impatientée… Mais ce n’est pas notre propos.

La France est occupée, le sort des prisonniers de guerre a été plus ou moins réglé. François Mitterrand se retrouve fonctionnaire à Vichy, et le transit Pluton-Soleil continue. N’en déplaise aux thuriféraires d’une France massivement et glorieusement résistante, le « système de valeurs » — solaire — dominant, le consensus français majoritairement partagé à l’époque était pétainiste. Les rares résistants — « plutonisés » — étaient alors considérés comme d’abominables terroristes — communistes, à expédier le plus vite possible ad patres — entendons dans l’intervalle de 164 à 250 ans de la « mort » plutonienne, voire dans les stalags des confins du système solaire, là où Pluton décrit son orbite…

Mitterrand, lui, oscille toujours entre Soleil et Pluton. Ses références socio-culturelles-solaires d’alors, l’incitent plutôt à être pétainiste : « Travail, Famille, Patrie », ce slogan n’est nullement choquant pour cet enfant de notables provinciaux, ruraux et conservateurs… mais l’occupation et la collaboration lui sont insupportables. Et du côté de Pluton, tout le porte à la sédition, à la contestation, à la remise en cause de toutes ses références. En faisant abstraction des conditionnements astrologiques, il est vrai qu’à l’époque, tout français avait le choix entre la collaboration, l’indifférence, qui est une forme passive de la première, et la résistance. Astrologiquement parlant, le choix, dans la sphère psychique de François Mitterrand, s’imposait avec encore plus d’insistance. En bon plutonien pourvu d’un fort sens des combinaisons, dans un premier temps, il maintint le flou et l’ambiguïté : « Mitterrand louvoyait entre la légalité vichyssoise et la Résistance » (Robert Paumier, cité par C. Nay).

Philippe Dechartre confirme en précisant que « Mitterrand était vichyste, anti-allemand, très courageux et complètement engagé dans la guerre ». Des manifestations évidentes du très plutonien « flou impeccable » : on s’implique sans vraiment s’impliquer et du très scorpionnesque « sens des combinaisons » : « homme à califourchon entre deux univers », il se refuse à choisir avant d’avoir correctement évalué les proportions de la situation et les éventuelles combinaisons tactiques et stratégiques qu’elle recèle.

Très rapidement pourtant, le choix s’impose. Ce sera la résistance. Pluton carré Soleil : la mue est faite. François Mitterrand a balayé les références de son milieu social. Il rentre dans la clandestinité, s’invente un pseudonyme — Morland — et crée son propre réseau de résistance. Mariant l’intime dissidence intérieure que lui vaut sa naissance lors de la culmination de Pluton avec le refus de l’occupation nazie, il est enfin devenu complètement plutonien. La résistance, il est vrai, convient merveilleusement à son tempérament : c’est un univers occulte et parallèle d’intrigues, de complots, de secrets, où l’inconnu est roi, la mort toujours au rendez-vous, l’esprit de dissimulation le bienvenu, la marginalité une force et où, par dessus tout, règne « l’esprit de gang ». Transfuge de sa propre culture (il a toujours eu, et garde encore, un faible pour les écrivains « terroir-nationalistes » comme Barrès ou Chardonne), fugitif dans la France profonde, transfugitif, il déploie tous ses talents. Trompe-la-mort (qui n’a-t-il pas trompé !), « il montrait trop d’assurance, d’ironie et parfois de désinvolture. Il était trop politique pour ne pas être critiqué ici ou là. On le jugeait individualiste et froid, mais ce sont surtout ses fréquents retards aux rendez-vous et réunions qui agaçaient et inquiétaient ses amis. Il est vrai que cela trompait ses adversaires ». Le « flou impeccable » était déjà à l’œuvre…

C’est en décembre 1943 qu’a lieu, en Afrique du Nord, sa première rencontre avec De Gaulle, au cours de laquelle « le général se montre réticent, hautain, impérieux, à peine courtois ». Le « chef de la France libre » demandait à François Mitterrand d’accepter d’intégrer son réseau de résistance dans celui des gaullistes. Évidemment, notre réfractaire refusa illico, et la dramaturgie des relations De Gaulle-Mitterrand, qui allait marquer les débuts de l’histoire de la Ve république, était désormais en place. « En réalité, l’affaire est sans doute simple. Deux hommes se sont rencontrés et ne se sont pas plu, victimes de cette alchimie mystérieuse qui, d’emblée, cristallise les sympathies ou les antipathies entre deux êtres », pense Catherine Nay. Pour mieux comprendre le pourquoi de cette « alchimie mystérieuse », il est sans doute temps de brosser, à grands traits, le portrait astrologique de Charles de Gaulle.



Né le 22/11/1890 à 4 h 00 à Lille, le mythique fondateur de la 5e République française est, comme Mitterrand, Scorpion ascendant Balance. Autre ressemblance : un milieu familial et une éducation plutôt « de droite », conservateurs, traditionalistes (aristocratie désargentée pour le premier, petite bourgeoisie pour le second), mais néanmoins républicains. Les similitudes dans le fonctionnement des deux hommes existent : ils partagent de par leur héritage céleste la même vigueur des refus (Scorpion), le même sens tactique et la même volonté passionnée d’unir ou réunir les contraires (Balance) et, de par leur histoire terrestre, une même aptitude à se rebeller contre les conditionnements de leur milieu d’origine… mais là s’arrêtent les similitudes. côté terre, Charles de Gaulle a été élevé par « un père sans faiblesse, une mère sans faille » : une éducation beaucoup plus rigide que ne le fut celle de Mitterrand ; côté ciel, il est né aux heures fortes d’Uranus, de Mars et de Jupiter, ces planètes étant reliées entre elles par des aspects dissonants : ce qui fait de lui un être à la fois réaliste et inspiré, combatif et prophétique, pragmatique et autoritaire, oscillant sans cesse entre un légitimisme intuitif, intransigeant et auto-proclamé (Uranus) et un légalisme pointilleux, négociateur et sourcilleux (Jupiter) sans jamais perdre de vue les impératifs de l’action immédiate (Mars). Jupiter et Uranus donnent un sens intensif de la représentation, « à savoir : l’ambition, l’art de paraître, l’autorité, le sens du langage, le goût du pouvoir, l’aptitude à s’imposer comme modèle ou un mythe dans les cas extrêmes ». Pour tout dire, astrologiquement parlant, son ciel de naissance favorisait l’émergence, au plan psychologique, d’un « moi » dominateur, orgueilleux, indépendant et sûr de lui. « En politique, on parlera de dictature ou de mission historique, puisque dans un cas comme dans l’autre, le pouvoir est unique ». Précisément, c’est le genre d’horoscope que l’on retrouve presque systématiquement chez les dictateurs. La grandeur de De Gaulle réside sans doute, pour une bonne part, dans son refus de devenir un dictateur, alors que tant de choses, sur la terre comme au ciel, l’y prédisposaient. En simplifiant à l’extrême, il n’est pas interdit de réduire le thème astral de De Gaulle à Uranus : nous avons alors le portrait d’un être aux implications puissantes, aux objectifs clairs, nets et précis, aux principes impératifs, « passionné, autoritaire et autocrate, systématique dans la poursuite de ses buts. Il porte en lui des ambitions peu banales et entend laisser à jamais son empreinte dans son domaine d’action ». Bref, quasiment le contraire d’un Mitterrand anxieux et louvoyant, oscillant entre volonté de pouvoir et dilettantisme. N’oublions pas enfin, pour terminer ce (trop) bref portrait de notre « homme providentiel », que l’une de ses planètes les plus faibles est Vénus. À l’inverse de Mitterrand, De Gaulle ne savait et ne pouvait pas jouer la carte de la séduction, de l’affectivité. Le général rebelle, expert dans l’art de dramatiser et de convaincre par la puissance d’un langage clair et impératif, était nettement moins doué pour toucher et émouvoir.

Résumons pour mieux comprendre les « malentendus » dans la relation entre ces deux hommes : parmi les trois planètes dominantes à la naissance de De Gaulle, deux (Mars et Uranus) sont les plus faibles chez Mitterrand, la troisième (Jupiter) étant très dissonante chez ce dernier. De surcroît, l’Uranus natal du Général est en opposition au Soleil du futur président socialiste, ce qui, dans tout couple, implique des conflits de représentativité. Pour couronner le tout, lors de leur première rencontre, De Gaulle vivait une opposition d’Uranus à son Soleil natal et Mitterrand, nous l’avons vu, un carré Pluton-Soleil. Astrologiquement, c’était prévisible : une telle relation ne pouvait être que difficile, conflictuelle, tumultueuse, marquée du sceau d’aveuglements et d’incompréhensions réciproques. Les deux hommes n’étaient pas faits pour s’entendre et développer une relation pacifique et sans nuages. Et à l’époque de leur premier face-à-face, l’astrologie est formelle, les défauts de similitude ne pouvaient que s’accroître et s’exaspérer. Bref, lorsque vous rencontrerez quelqu’un qui a le même Signe solaire et le même Signe ascendant que vous… ne vous attendez pas à ce qu’il vous ressemble systématiquement : la relation De Gaulle-Mitterrand en est, entre autres, un vivant exemple.

La rencontre est un échec. Après quelques péripéties (De Gaulle essaiera d’empêcher Mitterrand de rejoindre le maquis), le jeune François retrouver le sol français et son « gang ». Trois mois plus tard — la période est décidément riche — il tombe amoureux de la photo de Danielle et, un peu plus tard, de Danielle elle-même. Celle qui restera, contre vents et marées, la fidèle compagne de sa vie est, ne l’oublions pas, née aux heures fortes d’Uranus, Mars et Jupiter… comme de Gaulle. Nous avons vu qu’elle partage avec François une même dominante « vénusienne ». C’est ce qui les rapproche. Sinon, la relation affective entre lui et Danielle est décrite par Roger Gouze dans des termes qui pourraient, curieusement pour qui n’est pas astrologue — par exemple pour un politologue — s’appliquer à la relation politique entre Mitterrand et De Gaulle : « L’amour unit souvent des êtres dissemblables. C’est la source de beaucoup d’orages et d’immenses joies. Seule la difficulté enrichit… Ce qui se fait facilement se fait sans nous », dit Valéry. « J’ai l’impression que dans leur cas rien ne se fait sans eux… où réside la perfection d’un couple ? Dans la sérénité partagée ou dans les orages d’une passion qui ne sait ni unir ni séparer ? ». Il faut bien reconnaître que la destinée de François Mitterrand fut scellée par son duo — duel avec deux êtres essentiels : sa femme et le Général, égaux en rectitude, en intransigeance et en exigence.

Mais n’anticipons pas trop. La France est toujours occupée, et, tandis que De Gaulle essaie d’organiser et de systématiser l’activité de la résistance tout en promouvant son image de marque et en tissant sa légende (ce qui est bien dans la veine d’un Uranus dominant), Mitterrand s’immerge à nouveau dans la très plutonienne obscurité de la clandestinité. À l’un, la gloire et l’épopée, à l’autre, les dangereux rendez-vous nocturnes. Après tout, à chacun son destin… Transfuge, fugitif, transfugitif, en attendant l’aube d’un nouveau Soleil, d’une nouvelle croyance, de nouveaux modèles, transfigurés par le feu plutonien.

Le champ des sans-parti

« Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves. Ici nous vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève » (Le chant des partisans).

Pluton est toujours au carré du Soleil natal de François Mitterrand. Il oscille toujours entre l’envie exacerbée d’être estimé, reconnu, accepté (Soleil) et le besoin obscur de vivre ses zones d’ombres, sa marginalité, son authenticité inaliénable (Pluton). Nous sommes le 12/03/1944. Dans cinq jours, Hitler assurera sa mainmise sur la Hongrie. Sur le front Ouest, en Italie, la bataille de Cassino fait rage, violente et meurtrière.

Rentrant de Londres et retrouvant son réseau de résistance, Mitterrand lui transmet la volonté des chefs de la France libre : fusionner les différents mouvements de Prisonniers de Guerre, d’une part, pour essayer de limiter, voire d’endiguer le noyautage communiste, d’autre part pour les rendre plus efficaces en les impliquant davantage dans la résistance. Une réunion a lieu à Paris, en présence des représentants des trois mouvements de prisonniers… dont, bien entendu, François Mitterrand. Habile tacticien-manipulateur, il parvient à faire tourner la fusion à son avantage — et à celui de son mouvement. Le MNPGD (Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés) est né. L’organisation — le « gang » ? — de Mitterrand obtient la moitié des mandats, les deux autres un quart chacun. Il en devient le dirigeant. À l’époque, on lui reprochait son « côté bravache » (Paumier). « Politiquement, François était assez flou » (Bugeaud). Souvent trop indulgent à l’égard de certains aspects de la politique de Pétain… et des communistes. Déjà le juste milieu ambigu mâtiné de choix courageux et intrépides. Toujours le « flou impeccable » de Pluton.

La Gestapo rôde et s’efforce par tous les moyens d’infiltrer les mouvements de résistance. Les traîtres trahissent. Le MNPGD n’y échappe pas. Sous le carré de Pluton au Soleil, Mitterrand devient un véritable expert dans l’art de disparaître, d’échapper à ses adversaires. Rien de tel qu’un Pluton comploteur pour pressentir les complots. Mais « la méfiance, la suspicion permanente, que supposent forcément les luttes clandestines, Mitterrand les combat », note F.O. Giesbert, qui met cette attitude sur le compte de son éducation chrétienne. Côté héritage terrestre, ce n’est pas faux… Mais l’explication, d’un point de vue astrologique, ne tient pas complètement la route : dans la clandestinité, un Scorpion plutonien, en transit de Pluton de surcroît, se méfie plus qu’un autre de la méfiance, suspecte la suspicion : plus et mieux qu’un autre, il sait à quel point il est nécessaire, indispensable de resserrer les rangs. Dans le même temps, François Mitterrand est souvent confronté à la mort, la sienne et celle des autres, celle que l’on reçoit et celle qu’on donne. Nous avons déjà noté la relation privilégiée qu’un plutonien cultive avec l’au-delà de l’existence. Ainsi, il refusera toujours de liquider un mouchard de son mouvement, arguant qu’« on n’a pas de preuve. Juste des présomptions. On ne peut pas le liquider ». D’autres chrétiens l’auraient fait,d’autres plutoniens aussi… Un tel acte est beaucoup plus difficile pour un plutonien chrétien. Et ce d’autant plus que sous un carré Soleil-Pluton, il est plus sensible que jamais au divorce entre les modèles et les anti-modèles, entre les anges (Solaires) de la bonne conscience exemplaire… qui mènent trop souvent à l’enfer — pavé de bonnes intentions comme il se doit — et les démons (plutoniens) de l’inconscient infréquentable… mais néanmoins dépositaire de la transcendance qui métamorphose, de l’esprit qui souffle « où il veut, comme il le veut ». Qui est qui et qui fait quoi ? N’est pas héros qui veut, ni même qui peut, et qui a le droit de juger ? Pétri de charité chrétienne, écartelé entre Soleil et Pluton, lorsque les extrêmes se rencontrent au risque de permuter ou de s’annuler, au moment d’exécuter les traîtres, Mitterrand se souvenait sans doute de ses dix-neuf ans, lorsqu’il se demandait s’il « y a des âmes damnées au démon ? » Peut — être…

Cet édifice construit par le démon, il suffit d’une jonchée, un soir ou le vent découvre des « parfums presque insaisissables », pour l’ébranler… « Le damné est un saint manqué » écrit Jouhandeau. C’est exact. Ils sont de même nature. À la recherche de l’infini, ils ont dépensé leurs forces ». On le voit, pour lui, la grâce est plutonienne : « dans l’asservissement, il existe donc une fissure ». Une fissure, un rien, un « parfum presque insaisissable » — tout cela est bien plutonien — résiste aux asservissements — solaires — aux rôles auxquels nous nous sommes identifiés et que nous nous sentons tenus de répéter. Chef de réseau clandestin, Mitterrand est toujours métaphysique. S’il peut avoir la rancune tenace et la vengeance féroce, elles ne seront jamais meurtrières. Tuer, c’est tuer l’espérance et « tant qu’un être n’est pas désespéré, tous les crimes ne mettent entre Dieu et lui que l’espace d’une parole, d’un soupir ». Sans être un lénifiant apôtre de la non-violence, Mitterrand s’est débrouillé pour ne jamais tuer ni faire tuer directement pendant la résistance. Le Président plutonien qui a aboli la peine de mort se profilait déjà…

Métaphysique, certes, mais fin politique. Il dirige le MNPGD en se défiant des pièges de la Gestapo et des infiltrations communistes, tout en acceptant de coopérer avec le PCF… tant qu’il ne dépasse pas la dose, Scorpion oblige, dans ses tentatives de noyautage : « Que le PC soit dans l’action avec nous, oui, mais pas question qu’il domine notre mouvement ». Le sens des combinaisons et des proportions toujours et déjà.

Le 19/08/1944, Libération de Paris. Il prend d’assaut, sans armes, avec ses compagnons, le Commissariat Général aux Prisonniers. De Gaulle, depuis son quartier général d’Alger où il se trouve encore, entérine sa nomination au poste de responsable — c’est-à-dire quasiment ministre des Prisonniers de Guerre et Déportés. François Mitterrand a vingt-sept ans. Il est dans l’antre du pouvoir d’État. Le 24 août, De Gaulle est à Paris. Le 27, deuxième rencontre avec Mitterrand. « Encore vous », lâche le Général, ironique et méprisant. Puis il le congédie du gouvernement provisoire, ce qui révolte et ulcère le jeune homme. Henri Frenay est nommé Ministre des PGD à sa place et lui propose le poste le plus haut de la hiérarchie administrative dans son ministère. Mitterrand refuse. Ses ambitions sont plus grandes… Et le carré Pluton-Soleil toujours efficace. Par ce refus, il rompt en effet décisivement avec les chefs de la France libre et se marginalise politiquement. « Mortifié par le retour des notables de la IIIe République qui s’amorce, il lève l’étendard contre les nouveaux maîtres ». Sous une dissonance Soleil-Pluton, il peut en effet être difficile de se résigner à accepter quelque autorité, quelque tutelle, donc quelque modèle que ce soit. En ce sens, François Mitterrand est objectivement tout-à-fait représentatif des divers mouvements de Résistance : « tumultueuse et insoumise, la nouvelle génération veut casser tous les fils avec le passé. Elle ne reconnaît pas les « pouvoirs établis », ceux que la France Libre vient de substituer à ceux de l’État Français ». La clandestinité se veut un contre-pouvoir (Pluton) contestant le pouvoir en place (Soleil). L’inconnu d’un avenir politique possible (Pluton) entre en conflit avec le connu d’un régime actuel (Soleil).

Dans la Résistance, François Mitterrand a entendu le chant des partisans — ils n’étaient guère nombreux au cours des noires années du pétainisme et de l’occupation. Aujourd’hui retentit celui des sans-parti, des millions d’anonymes sans voix, sans pouvoir, sans drapeau, prêts à tout remettre en question, à choisir l’aventure. Comme lui. Un champ à labourer. Le champ des sans-parti, idéal pour un ambitieux dans le registre politique, comptant Pluton parmi ses dominantes planétaires, et qui plus est en transit de Pluton au carré du Soleil. De quoi se faire le porte-parole des exclus, des marginalisés, des dépréciés sociaux. La tentation est immense, l’identification est totale, mais son pouvoir politique quasiment nul. Solaire, Mitterrand veut jouer un rôle. Plutonien, ce rôle ne saurait être que celui d’un séditieux, d’un marginal.

Il va être servi. En attendant, il se déplace énormément : « Depuis la captivité, il est convaincu que les anciens P.G. pourraient constituer une force avec laquelle les hommes politiques devraient compter ». Lui-même, aiguillonné par le transit Pluton-Soleil, était prêt aux ruptures radicales. Peut-être a-t-il prêté à ses compagnons de captivité (un million huit cent mille hommes) ses propres désirs et aspirations ? « La majorité des anciens prisonniers songeaient alors plus à reprendre une existence civile et paisible plutôt qu’à s’engager sur le terrain politique ». Sans doute. Mais en nourrissant secrètement quelque rancune vis-à-vis d’une classe politique qui s’était discréditée avant et pendant la guerre. Le plus probable est qu’en bon Scorpion soumis aux stress d’un transit dissonant, Mitterrand ait commis une erreur de dosage : il a survalorisé le besoin de changement des prisonniers de guerre, et minimisé leur envie de stabilité, de retour à la normale. Mais peut-être était — il aussi particulièrement à l’écoute de leur « non-dit » plutonien. Qui sait ? En tout cas, « en fait, ce qu’il souhaite, c’est peut-être moins la constitution d’une nouvelle formation politique que la mise en place d’un réseau d’influence… Cela s’appelle un groupe de pression ». Cette hypothèse est sans doute la plus forte : elle correspond bien à la double « signature » Scorpion-Pluton du personnage…

En tout cas, évincé du pouvoir-en-place, à la fois volontairement et involontairement — c’est une marque du destin — Mitterrand se trouve en quelque sorte situé « à gauche ». Distant, en attente, sans affectation définie. De Gaulle, vindicatif, lui refuse le titre de « Compagnon de la Résistance ». Rejeté hors des appareils, il joue volontiers les procureurs du nouveau régime, sans vraiment parvenir à trouver sa place. Il se marie avec Danielle et, durant deux ans, « l’œil aux aguets, rôde et cherche à s’ancrer quelque part ». Instable et déboussolé, il pense un moment devenir avocat, dirige un temps Votre Beauté, un magazine féminin, sans jamais perdre de vue la politique. Il publiera d’ailleurs une brochure, « Prisonniers de guerre devant la politique », en 1945, où il revendique sa solidarité avec les exclus. Il manifeste, avec les communistes, pour promouvoir les droits des prisonniers de guerre qu’il estime lésés. Il est à la fois sincère et magouilleur, comme toujours : sincèrement solidaire des prisonniers et déportés — la « spiritualité des camps, l’esprit de gang » — et prêt à se servir du champ des sans-parti comme d’un levier pour son ascension politique, tout en bordurant soigneusement l’influence communiste. Dès la naissance de ce mouvement, il adhère à l’UDSR (Union des Démocrates Socialistes et Républicains), en juin 1945. « Pour lui, semble-t-il, l’UDSR n’est rien d’autre qu’un parti ouvert à tous les vents qui doit lui permettre de se faufiler, sans trop se renier, dans les couloirs du pouvoir parlementaire ». Déjà il pratique sans vergogne la « stratégie du coucou », s’installant dans un nid créé par d’autres pour le phagocyter. L’UDSR est alors « plus une structure d’accueil qu’un véritable parti… Mais tout est encore en devenir, les rapports de force encore fluctuants. Le lieu est donc bien choisi pour qui veut s’implanter et se tailler une place au soleil, à condition d’avoir de l’ambition, de la détermination et du savoir faire ». François Mitterrand n’en manque pas, et ce « champ des sans-parti » est idéal pour fabriquer du « flou impeccable »… Il se retrouve enfin éditorialiste à « Libres », journal issu de la Résistance, où il excelle dans le pamphlet et le brûlot. « Ses cibles ? L’« establishment » et surtout les anciens ministres de la IIIe République ». L’aventure de la guerre et de la Résistance est finie, et Catherine Nay décrit très bien les effets conjoints du carré Pluton-Soleil et de cette période tourmentée : « Les années de la guerre, de l’occupation et de la libération ont tenu dans la vie de FM un rôle capital. Ces années entraînèrent sa rupture avec une éducation, un milieu, un ordre social. Il connut le naufrage d’un amour, abandonna la pratique de la religion, fit ses premiers choix, audacieux et nécessaires — l’évasion, la résistance — essuya aussi ses premières rebuffades politiques… Tous ces événements n’ont pas marqué leur trace aussitôt, comme si certains étaient à « effet retard ». Mais tous devaient le transformer en profondeur. Le temps des ruptures est aussi un temps de semailles ». SUITE

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Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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