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Stade neptunien (de 84 à 164 ans) : l’âge de la dépersonnalisation

Aborder le stade neptunien, c’est nécessairement parler de la durée de la vie. De combien d’années d’existence chaque individu dispose-t-il à partir de l’instant de sa naissance ? Seul un voyant-démiurge extra-lucide pourrait répondre à cette question. En tout cas, l’astrologie en est bien incapable : la date de la mort n’est pas déterminée par les cycles et rythmes des planètes du système solaire. Par contre, au niveau collectif, la durée moyenne de la vie peut être statistiquement déterminée : c’est ce qu’on appelle l’espérance de vie. Ce concept intègre tous les paramètres qui concourent à augmenter ou diminuer la longévité.

Actuellement, l’espérance de vie est d’environ 75 à 80 ans en Europe et en Amérique du Nord mais ne dépasse pas quarante-cinq ans pour les pays africains les plus pauvres. Il n’en a pas toujours été ainsi : la durée moyenne de vie varie aussi selon les époques. Jusqu’au XVIIIe siècle, elle était environ de trente ans maximum sur tous les continents : les temps étaient durs, les famines nombreuses et meurtrières, la mortalité infantile très élevée (un enfant sur quatre), la misère omniprésente et les conditions sanitaires déplorables aggravaient les effets des innombrables épidémies. Au début du XXe siècle, elle ne dépassait pas quarante-cinq ans dans les pays industrialisés. C’est dire les progrès qui ont été accomplis dans ce domaine en un laps de temps très court.

À la fin du XXe siècle, on estime qu’environ un individu sur deux millions parviendrait à l’âge vénérable de cent quinze ans. En France, on ne comptait en 1953 que deux cent centenaires et on en prévoit six mille à l’horizon de l’an 2000. Autant dire que la gérontologie est une science toute nouvelle et que, contrairement aux immenses progrès qui ont été faits depuis le début du XXe siècle dans notre connaissance de l’enfance et de l’adolescence, nous ne savons que peu de choses sur les effets positifs ou négatifs du vieillissement. Étudier ces effets pose de plus un problème majeur : il faut distinguer ceux de la vieillesse primaire, qui entraînent pour tous une diminution de l’efficacité de nombreuses fonctions vitales et intellectuelles, et ceux de la vieillesse secondaire, dus pour l’essentiel à l’aggravation des maladies chroniques et autres traumatismes antérieurs. Cette distinction est malaisée puisqu’il y a interaction entre vieillesse primaire et secondaire : la baisse de vitalité « normale » de la vieillesse favorise l’aggravation de pathologies anciennes qui ne sont pas directement imputables au grand âge.

La confusion entre vieillesse primaire et secondaire amène la plupart d’entre nous à ne considérer cette ultime étape de la vie que sous son angle pathologique, maladif et pour tout dire négatif. Et pourtant il est des vieillards heureux et équilibrés : ceux qui, alliant un patrimoine génétique vigoureux et la chance d’avoir vécu dans des conditions historiques et socio-économiques favorables, ont également su s’organiser personnellement contre la maladie. Ceux-là sont évidemment une minorité : la vie est un jeu de l’oie, une course d’obstacles qui ne fait pas de cadeau. Mais à condition que les conditions sanitaires continuent à s’améliorer et que les effets de la pollution n’annulent pas ces progrès médicaux, ces vieillards épanouis représentent peut-être le prototype de ce que pourrait être une « vieillesse primaire » idéalement vécue : sagesse personnelle, conscience du long terme et sens des valeurs universelles…

Les lois de l’espèce

Au-delà de quatre-vingt quatre ans, dans ce stade de la vie gouverné par la planète Neptune, on n’est plus seulement vieux : on devient très vieux. Si l’individu a échappé à la mort pendant le stade précédent, il ne peut plus espérer en voir reculer l’échéance pendant très longtemps : chaque heure lui est comptée. S’il a encore des projets, il ne peut raisonnablement les situer qu’à très court terme. Quant à ses ambitions individuelles et à son rôle dans la compétition sociale, ils sont désormais derrière lui. On ne recommence pas une nouvelle carrière à cet âge-là. À cent ans, on a vu disparaître la quasi totalité de ses amis ou collègues et très probablement le compagnon ou la compagne de toute une vie. À plus de cent ans, on est arrière grand-parent au minimum, et plus souvent arrière-arrière-grand-parent : cinq générations se sont écoulées et reproduites.

Si on avait consciemment ou inconsciemment négligé cette dimension fondamentale de la vie auparavant, on ne peut plus l’ignorer dorénavant : la mort n’est plus un pronostic, certes sombre et angoissant, mais suffisamment éloigné dans le temps pour qu’on l’oublie. Elle est physiquement proche, presque palpable. Au crépuscule de son existence, cette proximité de la mort vient rappeler à l’individu que les lois de l’espèce sont incontournables, inéluctables. L’individu doit mourir pour que l’espèce humaine survive : on estime à quatre-vingt milliards le nombre d’hommes qui ont vécu sur Terre depuis l’origine jusqu’à nos jours. Notre petite planète bleue ne saurait subvenir aux besoins d’une telle quantité d’individus. D’ailleurs la Nature se moque des individus : après avoir décomposé leurs corps en constituants organiques simples, elle les réintègre inlassablement dans les cycles chimiques de la biosphère. Sans égard pour les pensées, espoirs, regrets ou états d’âme des individus, la Nature ne connaît et pratique que les lois mystérieuses des grands nombres, des communautés, des collectivités. Un être s’en va, un autre prend sa place. C’est la vie.

Les morts sont environ seize fois plus nombreux que les vivants. Il y aura toujours plus de morts que de vivants : c’est inéluctable. À cent ans et plus, l’homme ne peut plus ignorer que la vie est immergée dans la mort, et que sa brave existence individuelle n’est qu’un moment infime dans l’histoire de l’espèce humaine et, plus largement, de l’univers. Vécu positivement, le stade neptunien nous propose de laisser tomber nos œillères individuelles, nos points de vue personnels, et nous incite à élargir notre champ de conscience : le sentiment d’appartenir à l’humanité et à la Nature mystérieuse est plus important que tout. La mort arase les particularismes individuels : nous sommes tous égaux devant elle. Riches ou pauvres, noirs ou blancs, hommes ou femmes, dominants ou dominés, elle ne fait pas de différences : tous appartiennent à une dimension cachée, transcendante, invisible. Vivants et non-vivants sont solidaires.

Positivement, cette perception du monde qu’autorise le stade neptunien (et plus largement la fonction neptunienne) ne peut que rendre humble et tolérant. Au diable les certitudes intellectuelles, les vanités sociales, les préjugés d’une époque : au bout d’une vie recouvrant cinq générations, on a eu le temps d’en mesurer l’importance toute relative. On se sent humain avant toute chose. De là à développer un profond humanisme, il n’y a qu’un pas que nombre de « neptuniens » ne se privent pas de franchir. L’individu ne compte pas, seule importe la communauté humaine dont on est une incarnation provisoire, une cellule solidaire, vivante et agissante. Négativement vécue, cette même perception est évidemment extrêmement déstabilisante pour l’ego individuel si celui-ci ne veut pas lâcher prise. La loi de l’espèce prend alors le visage d’une injuste et obscure fatalité contre laquelle on ne peut rien : l’individu, ne supportant pas la perspective de sa disparition tout en sachant qu’elle est incontournable, se laisser alors complètement aller. La désindividualisation active, qui ouvre l’être à sa dimension collective, se transforme en dépersonnalisation passive. Le vieillard s’abandonne, démissionne. Sa vigilance intellectuelle s’atrophie, sa conscience lucide se met en berne. À quoi bon vivre, puisque c’est pour mourir ? Et pourtant, l’instinct le pousse quand même à s’accrocher à la vie coûte que coûte. même si c’est insensé, même s’il a perdu tout point de repère, toute illusion, il s’accroche encore à la dernière : survivre encore.

L’emprise métaphysique

Survivre. Est-ce le corps qui, en refusant animalement la mort, en appelle à une hypothétique survie de l’âme ? Ou est-ce l’âme qui refuse de se considérer comme mortelle ? Au stade neptunien en tout cas, au sein du ralentissement général des facultés physiques, on est bien obligé de se confronter à ces questions métaphysiques. Qu’est-ce que la vie ? Se réduit-elle à l’existence terrestre, ou bien cette dernière n’en est-elle qu’une manifestation parmi d’autres ? Où est la vie ? Ce qu’on a vécu, ce spectacle fugitif sur lequel le rideau va bientôt se baisser, est-ce bien cela, ou tout cela n’était-il qu’un mirage, un songe, une illusion qu’on a traversé dans un état de somnambulisme qu’on prenait pour de la conscience ? Alors que l’immobilité gagne sur le mouvement, que le froid s’installe dans ses os et que la mort resserre son étreinte, celui qui a dépassé les cent ans ne peut s’empêcher de se demander s’il a vraiment vécu, si c’était vraiment cela la vie.

On meurt à la vie, est-ce pour vivre la mort ? Ou pour survivre « à la vie, à la mort » ? Le grand vieillard a souvent l’impression d’avoir toujours été un émigré de l’existence, de n’avoir existé qu’en marge, par effraction. Entre les rêves qu’il a eus, les vies qu’il a imaginées et la vie qu’il a menée, quel décalage terrible ! A croire que la vie, la vraie, n’est pas que l’existence vécue, mais quelque chose de plus vaste, de plus large, de plus profond, dont l’existence vécue ne serait qu’un balbutiement, une ébauche, une timide émergence. Tant de virtualités réduites à si peu de réalisations ! C’est à se demander si l’existence ne serait pas « une fable racontée par un idiot, fable pleine de bruit et de colère, et qui ne signifie rien », comme l’écrivait Shakespeare.

À cette question, il n’existe pas de réponse sûre, certaine, définitive, rationnelle. Tant qu’on n’est pas passé de l’autre côté du miroir, on ne sait pas, et après… on ne sait jamais. Pour y répondre quand même, car l’homme a besoin de réponses, mêmes partielles, même ambigus, même incroyables, ne restent plus que la foi, l’intuition, le pari incertain, l’irrationnelle certitude qui n’est peut-être que l’ultime mystification. Sur le tapis vert de l’au-delà, la tentation est forte de miser gros : et pourquoi pas la réincarnation, les corps glorieux, la résurrection ? Tout, plutôt que ne pas se survivre. « Et si je ne mourais pas ? Si j’étais miraculeusement le premier être au monde à ne pas mourir ? ». Difficile d’accepter jour après jour qu’on ne vit qu’en sursis, qu’on est un mort en puissance. On préfère se raconter des histoires plutôt que d’accepter la terrible réalité du mourir. Ceux qui ont un Neptune fort et dominant dans leur thème de naissance sont souvent doués pour s’auto-mystifier et pour mystifier les autres, pour leur faire croire à des fables qui ne sont bien souvent que les vies parallèles qu’ils sont persuadés de vivre en même temps que leur vie « réelle ». Les gens « normaux » diront alors qu’ils fantasment, qu’ils prennent leurs désirs de transcendance vécue pour des réalités.

La proximité physique avec l’au-delà dont l’acte de mourir n’est que la porte d’entrée inspire à d’autres des attitudes différentes. Si la vie a un sens discret, caché et profond qui déborde de toutes parts nos existences exiguës et éphémères, alors le vieillard de plus de cent ans est aux avant-postes pour toucher du doigt ce sens, le vivre dans sa chair, le découvrir tel qu’en lui-même, vierge de tout fard explicatif. Le mysticisme lui tend alors ses bras secourables : sa vie n’aura été que l’expression provisoire et transitoire de la volonté d’un ailleurs. On peut l’appeler Dieu ou le Divin, ou bien l’Être, ou bien le Destin. C’est de toutes façons une entité transcendantale, incroyable et invérifiable dont le vieillard peut se dire, au crépuscule de sa vie, qu’il a peut-être subtilement, occultement mais efficacement déterminé son parcours en lui donnant un sens difficile à déterminer avec netteté. Peu importe : a ce stade, certains ne peuvent que croire en un autre part, une autre chose, un ailleurs, une autre vie. Le contenu que l’individu donne à ce contenant vide qu’est la fonction neptunienne s’appelle alors la foi.

Les sceptiques les plus endurcis et les plus récalcitrants envers tout type de croyance, ceux qui refusent jusqu’à leur dernier souffle de se dire « il était une foi », vivront d’une manière différente ce stade neptunien. Ce sera alors un peu « vivons heureux en attendant la mort », comme disait Pierre Desproges, né sous un Neptune dominant et mort bien avant d’avoir atteint son stade neptunien (comme quoi il n’y a pas d’âge pour être neptunien…). Dans cette autre optique métaphysique, ceux qui sont en bonne santé jouiront consciencieusement et philosophiquement de chaque instant de vie qui passe, en le vivant d’autant plus intensément qu’ils savent pertinemment que c’est peut-être le dernier, que c’est un moment de vie unique qu’il ne faut surtout pas laisser passer. Les plus sensuels lui trouveront alors un goût de « revenez-y » si délectable qu’il les pousserait presque à douter de cet anéantissement qu’ils voient en la mort. Ceux dont la mauvaise santé rend l’existence plus pénible mais qui ne se résolvent pas à mourir à petit feu souffriront en revanche d’être obligés d’éprouver à chaque instant des sensations pénibles ou douloureuses qui sont pourtant l’ultime fil conducteur sensoriel qui les relie encore à la vie. Combien de grands vieillards semblent verser dans le masochisme à force de refuser de quitter une existence pourtant éprouvante, alors qu’au fond ils ne désirent que jouir jusqu’au dernier instant de la sensation d’être vivant ?

Rien n’est peut-être plus beau qu’un lever de soleil sur la mer, que la caresse d’une peau, qu’un bon verre de vin, qu’une rencontre chaleureuse quand on sait que ce seront peut-être les derniers, comme s’il fallait avant de mourir extraire de la vie tout son suc, jusqu’à la dernière goutte, pour que rien, ni plaisir ni souffrance, ne se perde dans l’océan du néant. On trouve beaucoup de mystiques de l’hédonisme parmi ceux chez qui Neptune domine à la naissance…

Les frémissements des profondeurs

Le temps du plus que centenaire est de toutes façons un temps de solitude et d’isolement intérieur ou extérieur. La vie sociale se réduit, se raréfie, se condense. Plus de relations professionnelles. Les relations privilégiées, les amitiés et les amours d’antan n’existent plus depuis longtemps, à part pour les couples ou groupes qui vivent plus de cent ans. La mort pour la plupart les a emportés. Plus on vieillit, et plus la vie se parsème d’absences, plus il semble que la vie est ce qui survit malgré tout parmi les absences, plus il apparaît plausible que la vie ne soit que l’expression d’un inextricable enchevêtrement de d’innombrables présences et absences. Au stade neptunien, on n’est de toute façon pas là pour faire le malin, pour quêter les applaudissements : on ne sera peut-être plus là au moment de les entendre. Il ne s’agit plus de jouer son rôle (pour qui ? pourquoi ?) en société, mais d’être soi-même, avec ses ambiguïtés, ses incertitudes, sa longue mémoire, ses désirs inassouvis, ses regrets qu’on croit éternels, ses espérances dont on mesure la relativité et peut-être avec sa foi qui permet encore de tout espérer…

Ses activités sociales et physiques étant réduites à leur strict minimum et souvent à moins, le grand vieillard est le plus souvent contraint d’être face à lui-même. Il contemple son existence dont il a cru être l’acteur et dont il n’est plus que le spectateur, mais dont il sait qu’il est néanmoins encore l’incarnation agissante : il n’a pas encore quitté la scène. Trouble sentiment. Il se sent déjà dehors, et il est encore dedans, et tous ceux qui l’entourent éventuellement le croient encore ici, alors qu’il est déjà ailleurs sans y être vraiment… À l’observer, on le pense absent, alors qu’il est infiniment présent, à travers une autre perception du monde. On imagine qu’il ne communique plus tandis qu’il communique sa présence peu loquace mais pesante. Il est là sans en avoir l’air. Il existe quand même. Il est là, de peu, mais il est là, comme un témoin d’un monde lointain, trace vivante du passé englouti ou du futur qui nous attend, comme un fossile dont le cœur palpite encore, tel un frémissement venu des profondeurs de la vie que les enfants subodorent et que les adultes préfèrent ignorer.

Cette incommunicabilité de fait favorise la vie intérieure, le repli dans l’introspection. Chaque attitude, chaque geste, chaque acte ne peut plus venir que du plus profond de soi. Dans tout ce que l’on fait, on ne peut plus faire autrement que d’investir tout ce que l’on est, c’est-à-dire tout ce qu’on est devenu, étant donné qu’on n’a plus le temps de devenir autre chose que ce qu’on a été et qu’on demeure. On fait alors les choses comme on les sent sur le moment, en tenant inconsciemment compte d’une vaste expérience qui est en fait informulable. Quand on est très très vieux, on sombre dans un effroyable chaos ou dans une immémoriale sagesse. On a de toutes façons l’impression de pouvoir toucher du doigt la dimension la plus profonde de la vie, celle qui précisément échappe aux jeunes…

Cette dimension, si elle est partageable, n’est pas négociable. Elle est personnelle et profonde. Elle est métaphysique. Le grand vieillard ne peut que constater qu’il est ce qu’il est et percevoir confusément qu’il aurait pu être quelqu’un d’autre dans d’autres circonstances, tout en sachant très bien qu’il ne pouvait être autrement vues les circonstances qu’il a traversées. Paradoxe… et question fondamentale : « Est-ce que l’existence que j’ai vécue est en adéquation avec l’être que je suis ? ». Si la réponse est oui, il a la satisfaction d’avoir été profondément lui-même dans ce qu’il a vécu. Si la réponse est non, il est trop tard pour changer et impossible de revenir en arrière. Là aussi, il peut y avoir un tendance à l’abandon, au laisser-aller, à l’irresponsabilité de ce que qu’on appelle communément le « retour en enfance » de nombreux vieillards : indépendamment des problèmes que pose la sénilité, ils n’ont aucune raison profonde de s’assumer, d’assumer une existence à laquelle il se sentent, au fond, déjà étrangers.

Une mémoire autistique

Il existe différents types de mémoire : on distingue la mémoire à court terme ou mémoire immédiate qui permet de réceptionner rapidement une information et de l’encoder provisoirement dans le cerveau, et la mémoire à long terme, qui concerne les traces mnésiques profondes, les souvenirs qu’on n’oublie pas. Sur un autre plan, on peut également distinguer trois niveaux de mémoire spécifiques : la mémoire sociale, qui stocke tout ce qui est utile à la vie en société : langage, codes, règles, conventions ; la mémoire sensori-motrice qui enregistre les sensations, les mouvements, les expériences concrètes ; et enfin la mémoire autistique, qui est la plus floue et la plus complexe.

Le mot « autistique » vient du grec auto, qui veut dire « soi-même ». La mémoire autistique se distingue des autres en ce qu’elle confond les souvenirs et mélange les époques : « En règle générale, le rêve (ou le délire) ne reproduit que des fragments du passé, et ces fragments il les recompose selon son génie propre. Le flot de la mémoire autistique charrie des automatismes tout montés empruntés à la mémoire sensori-motrice et des fragments dissociés de la mémoire sociale, mais il les unit et les entraîne où il veut, selon les exigences de sa logique interne qui obéit aux lois du dynamisme inconscient [1] ».

Le grand vieillard a des problèmes de mémoire. Tandis que la mémoire du court terme perd de sa fiabilité et de sa précision, celle du long terme, dopée par ses longues années de vie, l’incite à ressasser le passé. Ce phénomène peut prendre une dimension pathologique lorsque les rêves, les délires, les aspirations confuses se mélangent à la mémoire précise des faits : la mémoire autistique, en dominant ses comportements, met à mal sa mémoire sociale (problèmes de communication) et sa mémoire sensori-motrice (agissements irrationnels).

Mais cette extension du rôle de la mémoire autistique chez le grand vieillard n’a pas que des défauts. Elle lui permet aussi de recomposer librement son existence d’une manière personnelle et peut-être de lui trouver une cohérence profonde auquel le strict respect des faits et de la chronologie ne saurait parvenir. Cette cohérence qui semble délirante reste la plupart du temps à usage interne. Son entourage ne verra que délires et divagations là où le vieillard réassemble inconsciemment la mosaïque de ses souvenirs de la manière qui lui convient. Positivement, la mémoire autistique permet de faire des rapprochements étranges entre phénomènes apparemment sans liens, d’associer entre eux des événements qui semblent n’avoir aucun point commun. Les génies et découvreurs ne procèdent pas autrement…

Au pire donc, le stade neptunien favorise les amalgames, les confusions, les extrapolations fumeuses, les délires perceptifs et interprétatifs. Au mieux, il permet l’émergence de la mémoire profonde, celle qui n’appartient qu’à soi, la moins standardisée, la moins conventionnelle, la plus créatrice, la moins prévisible aussi, parce que les processus de pensée qu’elle met en œuvre sont irrationnels, intuitifs, en porte-à-faux par rapport à la logique formelle. L’imaginaire commande et invente des choses qui n’existent pas mais dont il pressent l’existence possible. Le physicien Werner Heisenberg, né sous un Neptune dominant, disait en parlant du monde physique que « les choses n’existent pas, mais qu’elles ont tendance à exister ». Avec la fonction neptunienne, l’imaginaire peut accoucher d’étranges et mystérieuses réalités aussi bien que des délires les plus absurdes. Le vieillard, libéré des contraintes de la mémoire sociale, ne se sent plus obligé de respecter la logique commune et de penser comme les autres. Tandis que les « neptuniens » les moins doués sombrent dans la confusion et les chimères, les plus doués, qui n’ont pas besoin d’atteindre cent ans pour mélanger leurs mémoires, se caractérisent ainsi par une pensée originale et paradoxale, un vécu hors-norme qui défie les règles ordinaires.

L’état neptunien

Nous sommes en état neptunien, comme le grand vieillard ou le « mort » de 84 à 164 ans, lorsque nous ressentons des sensations étranges, lorsqu’il nous semble toucher du doigt un mystère, lorsque nous nous sentons traversés par d’incompréhensibles émotions qui nous bouleversent sans que nous en connaissions l’origine, lorsque nous avons l’impression de percevoir l’imperceptible, de palper l’impalpable, de voir l’invisible. Nous sommes en état neptunien lorsque dans nos actes nous nous sentons comme téléguidés par quelque chose qui est à la fois en nous et nous dépasse complètement, lorsque nous agissons sur la foi d’un pressentiment inexplicable mais pressant, d’une intuition invérifiable mais impérieuse. Nous sommes en état neptunien lorsque notre inconscient dicte la marche à suivre, lorsque nous nous sentons envahis d’aspirations profondes, aussi puissantes qu’imprécises, qui nous demandent d’exister sur un autre plan que celui des évidences, de remplir notre vécu de toute la profondeur de notre être.

Nous sommes encore en état neptunien lorsque nous sommes ambigus, ambivalents, incertains, indécis, lorsque nous ne savons pas vraiment ce qui nous motive, lorsque nous voulons très fort quelque chose sans trop savoir quoi exactement. Nous sommes en état neptunien quand nous marchons au feeling, quand nous prenons des décisions mi-chèvre, mi-chou, que nous laissons fonctionner notre « pifomètre » pour évaluer les êtres, les choses et les situations, quand nous faisons plus confiance à notre « petit doigt » qu’à la logique conventionnelle. Nous sommes en état neptunien lorsque nous laissons notre imaginaire se déployer amplement, lorsque nous avons des états d’âme, lorsque nous nous sentons traversés par des élans d’euphorie ou de dépression qu’apparemment rien ne justifie. Nous sommes en état neptunien lorsque nous ressentons puissamment que quelque chose d’invisible agit insidieusement en nous sans que nous puissions ni le nommer ni le définir.

Nous sommes toujours en état neptunien lorsque nous sentons intensément que notre existence individuelle n’a de sens profond que par son appartenance à la collectivité humaine, lorsque nous avons l’impression d’appartenir à un vaste ensemble, lorsque nous mettons la perception profonde de ce qu’est l’humain au-dessus de tout esprit de système. Nous sommes en état neptunien lorsque nous avons foi dans un autre présent du monde, lorsque nous savons que la dynamique mouvante et mystérieuse des êtres ne saurait se laisser enfermer dans quelque catégorie que ce soit, lorsque nous adhérons émotionnellement à de grandes causes sans nous soucier de les comprendre, lorsque nous nous sentons habités par une multitude d’êtres, comme si chacun d’entre nous était avant tout une incarnation individuelle du grand corps collectif.

Nous sommes enfin en état neptunien lorsque nous sommes utopistes, lorsque nous nourrissons de folles espérances, lorsque nous tirons d’imprécis et improbables plans sur la comète, lorsque nous avançons dans la vie au petit bonheur la chance, sans objectif précis, sans volonté conquérante, persuadés qu’au fond nous sommes les jouets des circonstances et qu’il serait vain de vouloir les contrecarrer, lorsque nous nous sentons d’ailleurs tout en étant ici quand même.

Difficile de décrire précisément ceux chez qui Neptune est fort et dominant dans leur thème de naissance. Ambigus, paradoxaux, complexes et en même temps humains, émouvants, ils marchent à l’instinct, en fonction de leurs états d’âme, ont des comportements souvent imprévisibles et des ambitions à demi-conscientes qui se réalisent dans d’étranges contextes. Si Neptune est faible, l’individu a une très forte tendance à négliger, à refouler, ou à nier ses inspirations, ses intuitions, ses pressentiments, à ne pas tenir compte de ses aspirations profondes, à se couper de ses sources d’inspiration les plus intérieures. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Profil psychologique du Neptunien
- Signification de Neptune dans le R.E.T.
- Le temps de l’au-delà
- Famille « T extensif » (Transcendance extensive)
- Famille « e intensif » (existence intensive)
- Le neptunien en B.D.
- Introduction à la Théorie des âges.
- L’échéancier planétaire et la Théorie des âges


Les Significations planétaires

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La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

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