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L’Astrologie, idées reçues, par René-Guy F. Guérin

Les éditions Le Cavalier Bleu viennent de publier, dans l’excellente collection Idées reçues, L’Astrologie, un petit livre de 128 pages qui fait le tour, dans un langage simple, pédagogique et non dénué d’humour, de quelques… idées reçues, précisément, concernant l’astrologie. Son auteur est René-Guy F. Guérin et il nous a accordé un entretien.

Au sommaire :

L’astrologie au quotidien

— « L’astrologie, c’est l’horoscope du journal ».

— « L’Ascendant est plus important que le Signe de naissance ».

— « Le Signe du Scorpion est le plus mauvais des Signes ».

— « Mon Signe n’est pas mon Signe : tous les horoscopes sont faux ! ».

— « L’astrologie, c’est de la voyance ! ».

L’astrologie et son influence sur les mentalités

— « C’est un vestige de la pensée magique ».

— « C’est une superstition, toutes les religions la condamnent ».

— « Les astrologues ont toujours conseillé le Prince et les grands de ce monde ».

— « Les prédictions astrologiques entretiennent des peurs injustifiées ».

L’astrologie et son rejet par la science

— « L’astrologie est une fausse science ».

— « L’astrologie place toujours la Terre au centre du monde ».

— « L’astrologie a été interdite par l’Académie des sciences ».

— « Les statistiques n’ont jamais prouvé une influence des astres ».

L’astrologie et ses interprétations

— « L’horoscope par ordinateur est plus précis ».

— « Les jumeaux ont le même destin ».

— « Les astres déterminent la date de la mort ».

— « L’astrologie permet de mieux se connaître ».

— « Avec l’astrologie, on va plus vite qu’avec une psychanalyse ».

Conclusion

— « L’intérêt pour l’astrologie témoigne de l’angoisse de l’homme moderne ».

A chacune de ces assertions, l’auteur répond d’une façon précise et documentée, et on devine sans peine qu’il a un a priori favorable à l’égard de l’astrologie. Il pousse même l’honnêteté intellectuelle jusqu’à mentionner les publications et sites Internet conditionalistes, ce qui somme toute est assez rare chez les vulgarisateurs et prouve qu’il a bien étudié son sujet.

D’un point de vue conditionaliste, la seule chose qu’on pourrait lui reprocher est d’adopter un point de vue plutôt symboliste (ce dont il s’explique dans l’entretien qu’il nous a accordé ci-dessous), et de finir son livre sur une citation d’André Barbault, qui n’est vraiment pas notre tasse de thé. Mais bon, c’est pas grave…

La lecture de cet ouvrage n’apprendra bien entendu rien à un astrologue ou astrologisant chevronné. Mais elle est recommandée pour le grand public désinformé sur l’astrologie. Si vous ne l’achetez pas pour vous-même, achetez-le pour ceux qui vous entourent et la connaissent peu ou mal. Et puis tiens, vous pouvez même l’acheter pour vous-même, pour le plaisir, un petit plaisir qui ne vous coûtera pas cher : 9,50 € seulement !

Voici maintenant les réponses de l’auteur aux questions que je lui ai posées :

Richard Pellard : Docteur en « Sciences des religions et systèmes de pensée » à l’École Pratique des Hautes Études, vous avez soutenu une thèse sur « La pratique de l’astrologie au XVIIe siècle » et écrit notamment « Les horoscopes au XVIIe siècle » et « Vanité de l’astrologie ou l’horoscope serait-il une figure de Vanité ? ». Autant dire que l’astrologie semble être au cœur de vos préoccupations. D’où vous vient cet intérêt — ou cette passion ? — pour l’astrologie ?

René-Guy Fabrice Guérin : Mon intérêt pour l’astrologie remonte à plusieurs années et il est né, pour le dire rapidement, d’une interrogation autour de la notion de « destin ». Il n’y a là rien d’original, si ce n’est que ma curiosité m’a poussé à vouloir en savoir d’avantage, à lire des ouvrages d’astrologie et à suivre une formation auprès d’astrologues réputés.

Quant à mes recherches sur le XVIIe siècle, comme cela se produit souvent dans ce genre d’aventure, c’est un peu par hasard que j’ai été conduit à travailler sur cette période. Mon projet initial était tout autre, mais comme j’avais lu, relu que l’astrologie avait été interdite en 1666 par Colbert, j’ai voulu en connaître les circonstances et me suis lancé dans mon enquête. Comme je le rappelle dans l’idée reçue qui traite de cette mise au point, l’interdiction de l’astrologie par Colbert ne correspond à aucune réalité.

Cette découverte, à l’époque, a eu très peu d’écho parmi les astrologues. Suzel Fuzeau-Bræsch a fait un compte-rendu de ma thèse dans Les Cahiers du RAMS et utilisé les conclusions de mes travaux pour contredire, lors de débats, les astronomes qui faisaient toujours état de cette exclusion de l’astrologie par Colbert.

À propos du XVIIe siècle, que pensez-vous du livre La passion des astres au XVIIe siècle de Micheline Grenet, préfacé par Jean-Claude Pecker ?

C’est un livre assez académique, bien documenté mais qui ne nous apprend rien de nouveau sur la connaissance de la réalité astrologique au XVIIe siècle. C’est un travail de compilation qui ne fait que confirmer les idées reçues comme celle que l’astrologie est « un système de pensée magique » qui sera « balayé par l’offensive scientifique rationaliste ». Cette position peut se discuter, mais l’ouvrage perd de son impartialité quand l’auteur écrit que « l’astrologie est devenue caduque depuis les découvertes galiléennes ». Elle semble avoir oublié que Galilée tirait lui aussi l’horoscope. Elle affirme également que le système de Copernic « rend les calculs plus aisés ». Nous savons très bien que c’était tout le contraire. De même quand elle situe « les libertins érudits » parmi les adversaires de l’astrologie, alors qu’ils avaient très bien saisi son aspect subversif.

Mon travail sur le XVIIe siècle s’est situé dans une tout autre perspective. Il ne s’agissait pas pour moi d’établir un rapport sur l’astrologie à partir des textes qui dénoncent sa « fausseté » ou son « absurdité », et ils sont nombreux, mais d’analyser sa pratique à travers la production des horoscopes. J’ai d’abord recherché les horoscopes princiers. Ils avaient plus de chance d’avoir été conservés que ceux d’anonymes. Puis, en chemin, j’ai collecté tout ce que j’ai trouvé. Il s’agissait pour la plupart de manuscrits, de documents inédits.

Récolte assez maigre, en définitive, puisque beaucoup de ces papiers ont été perdus quand ils n’ont pas, tout simplement, servi à allumer le feu. Et c’est ainsi que j’ai découvert que l’on continuait à tirer l’horoscope bien après 1666 et 1656, date du décès de Jean-Baptiste Morin, personnage au demeurant fort peu sympathique mais dont les astrologues ont fait une sorte de mythe du parfait astrologue. Il reste néanmoins beaucoup moins célèbre que son collègue du XVIe siècle, le fameux Nostradamus, auquel on attribue, comme à Morin, toutes les prédictions réussies. 

À ce propos, laissez moi évoquer ce célèbre roman du XVIIe siècle, La Princesse de Clèves, de Madame de La Fayette. Il s’est trouvé récemment au centre d’une polémique culturelle. Ce que je trouve regrettable dans cette affaire dite de « la guichetière », c’est qu’avec le rejet de ce roman, c’est la diffusion dans l’imaginaire des croyances en la prédiction réussie des astrologues, en l’occurrence, celle de la mort accidentelle du roi Henri II, qui risque de se retrouver mise à l’Index.

Vous écrivez que « L’astrologie ne se réduit pas à l’horoscope du journal. Mais vouloir départager à tout prix l’astrologie populaire de l’astrologie savante nous apparaît comme une vaine entreprise ». Pouvez-vous développer ce point de vue ?

Dès sa codification à Alexandrie, il y a plus de deux mille ans, l’astrologie-astronomie, ou savante, celle dont les interprétations reposent sur les positions des astres va se trouver concurrencée par une astrologie dont les praticiens vont simplifier le calcul des positions planétaires ou les remplacer pas divers procédés aux imprégnations plus ou moins magiques. Jusqu’à l’apparition de Tables fiables, grâce à Kepler, et pour nous des ordinateurs, il n’était pas si facile de calculer un horoscope. Et l’on peut comprendre la mise en place, au cours de son histoire millénaire, de simplifications dont l’horoscope de presse, réduit aux douze Signes du zodiaque, nous donne aujourd’hui, l’exemple.

Ce n’est pas le seul. Si je reviens à mes recherches, ce qui m’a le plus surpris, c’est de découvrir ce que j’ai appelé l’utilisation de pseudo-horoscopes. Ce sont des cartes du ciel qui ressemblent aux horoscopes par la figure qui est alors le plus souvent carrée, par la disposition des planètes mais qui n’ont aucun rapport avec la position réelle des astres. Mais cela n’empêchait pas de les interpréter de la même façon que les vrais. Pour la plupart, ils provenaient des horoscopes qu’établissaient les devineresses du quartier du Marais, à Paris, de celles qui seront impliquées dans l’Affaire des poisons. La saisie de ces horoscopes a eu des répercussions plus fâcheuses pour la réputation de l’astrologie que la pseudo-interdiction de Colbert. C’est en effet dans la fameuse Ordonnance royale de juillet 1682 que les interprétations tendancieuses tirées des horoscopes sont sévèrement condamnées.

S’il a toujours été difficile de départager l’astrologie savante et populaire, c’est que toutes deux s’inspirent d’une même rhétorique interprétative. Cette méprise est certainement liée à l’impatience de la nature humaine, toujours plus préoccupée et soucieuse d’obtenir rapidement des réponses à ses préoccupations que d’en vérifier l’origine. L’important pour elle, est d’obtenir des réponses qui apaisent certaines attentes ou qui viennent combler le vide de l’incertitude. C’est la part d’imaginaire que ces interprétations sollicitent et la part de réception et d’appropriation — justifiée ou non — qu’en font les destinataires, qui les ratifient.

Vous êtes actuellement professeur d’anthropologie culturelle. Cette discipline a pour objet « l’étude de l’homme et des sociétés humaines dans leur versant culturel. La représentation, par la parole ou par l’image, est l’une de ses questions centrales. Ainsi, l’étude de la nature du signe dans la communication humaine est devenu l’un de ses soucis majeurs ». Comment percevez-vous l’astrologie en tant que phénomène culturel, d’Imago mundi ?

L’Image du monde, sa représentation avec ses sphères qui englobent les révolutions planétaires, transmise, entre autres par Aristote, a volé en éclats avec Galilée, Kepler et Giordarno Bruno. C’est l’éclatement du monde clos en monde infini, décrit par Alexandre Koyré. Certes, mais le mode d’établissement des horoscopes n’a pas pour autant volé en éclats. Le système astrologique mis au point par les Grecs a gardé sa cohérence.

En tant que phénomène culturel, outre ses liens indéfectibles avec l’astronomie, l’astrologie est effectivement un immense système de signes. Et il y aurait beaucoup à dire là-dessus. Plus globalement, c’est un système de figures et de références qui traverse les siècles et qui inspire philosophes, artistes et écrivains. La référence à l’astrologie est présente dans de nombreux textes poétiques et romanesques — je citais précédemment La Princesse de Clèves — comme dans la composition de nombreuses peintures. Si aujourd’hui certaines œuvres d’art, pour la plupart religieuses mais aussi mythologiques, restent incompréhensibles pour les nouvelles générations, en raison d’un manque de transmission culturelle, comment ces jeunes pourront-ils ensuite avoir accès aux œuvres plus spécifiquement astrologiques ? Et envisager, par exemple, que des horoscopes puissent se dissimuler dans certaines peintures de la Renaissance, ou que des fresques de Palais italiens soient des illustrations tirées de traités d’astrologie ?

Les scientistes accusent les astrologues de fonctionner selon une mentalité « prélogique », ce qui disqualifierait leur savoir. Vous réfutez cette critique en vous référant au concept de « pensée sauvage » de Lévi-Strauss, qui permettrait de surmonter « la fausse antinomie entre une mentalité logique et prélogique. La pensée sauvage est logique dans le même sens et de la même façon que la nôtre ». Pensez-vous que les astrologues ont une légitime « pensée sauvage » et comment la décririez-vous ?

Je ne sais pas si les astrologues ont une légitime « pensée sauvage ». Comme tout être humain, il est certain qu’ils ont accès à cette forme de pensée. La question serait plutôt quel usage en font-ils ?

Il faut bien reconnaître que c’est souvent par la caricature de cette pensée, dans son aspect le plus immature, celui qui renvoie à la toute-puissance infantile, que les astrologues se font piéger. Beaucoup d’astrologues ne sont pas prêts à renoncer à « l’interprétation sans limite », qui caractérise ceux qui ont réponse à Tout.

Plus généralement, la pensée sauvage participe à toute spontanéité intuitive et créatrice et permet d’aborder et de comprendre, sous d’autres points de vue, et d’autres modes de perceptions, les phénomènes qui nous entourent et auxquels nous participons.

Vous écrivez que « l’image du monde, sur laquelle repose la pensée analogique de l’astrologie, est celle d’un monde où l’homme est un petit univers, microcosme, correspondant au grand univers, macrocosme. Tous les êtres, toutes les choses, sont reliés par une même ‘sympathie universelle’ ». Considérez-vous que l’influence astrologique est purement poétique, analogique ?

Il est difficile d’évoquer l’histoire de l’astrologie sans faire référence à ses liens avec la philosophie hermétique et néoplatonicienne, entre autres. Le terme d’influence a lui aussi tout une histoire et la croyance en « l’influence » des astres n’a pas du tout la même signification pour un homme de l’Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance ou d’aujourd’hui. Mais de quelle influence s’agit-il ? de celle des phénomènes naturels dont toute vie dépend sur terre, ou de celle d’une intentionnalité, d’une volonté supérieure qui nous échappe ? Celle de Dieu ou de l’inconscient, par exemple ?

Les influences qui nous déterminent sont multiples. La religion, la politique, l’économie, la science, la sociologie, la médecine, la psychanalyse, aujourd’hui les neurosciences, ont tour à tour fourni des modèles, des clés d’explication qui justifiaient la part de fatalité de la condition humaine, sans pour autant résoudre cette question. Question qui ne fait que réactualiser sous d’autres formes, la vieille interrogation : D’où vient ce que nous sommes ?

L’influence astrologique se décode, s’exprime, se comprend à travers la pensée analogique. Mais je ne sais pas d’où vient cette influence. En tant qu’historien, mes recherches m’ont conduit, à travers le corpus de textes astrologiques dont je disposais, à me poser différemment cette question de l’influence astrologique. Sans pouvoir ici développer mes arguments, mon enquête m’a conduit à me poser la question de l’influence des interprétations astrologiques.

Les conclusions que j’ai tirées de mon enquête font davantage apparaître l’émergence d’un pouvoir des interprétations que la preuve en l’influence physique des astres, domaine qui, de toute façon, n’entre pas dans mon champ de compétences.

Aussi mon interrogation de l’astrologie se situe dans l’horizon d’une interrogation sur l’influence des interprétations et sur les manifestations, utilisations et manipulations de ce pouvoir d’interpréter. C’est une autre façon de s’interroger sur le pouvoir du Verbe, l’influence de la Parole. L’astrologie, reste avant tout, pour moi, un langage.

Vous connaissez probablement la position des astrologues conditionalistes : les symboles n’existent pas en soi, sinon dans le référentiel « Représentation ». Un symbole symbolise quelque chose : le signal physique qui l’a induit, provoqué dans la psyché humaine. Les symboles sont donc indissociables des signaux qui les ont générés, et si ces signaux sont de nature physique (astronomiques, astrophysiques, gravitationnels, neurophysiologiques), l’astrologie ne saurait-être purement symbolique. Qu’en pensez-vous ?

À l’origine un symbole est d’abord un signe de reconnaissance. Ce sont les deux morceaux d’un tesson de céramique, remis à deux personnes différentes. Ils permettront, à travers le temps et l’espace, à deux inconnus de pouvoir se reconnaître au moyen de l’assemblage des deux morceaux. Ensuite, il en sera toujours de même, sauf que l’un des deux morceaux sera le plus souvent absent. Mais le désir de complétude restera présent. C’est pourquoi un symbole, en plus de son sens immédiat et littéral, renvoie à un sens absent, à un sens qui se cache à l’intérieur même du premier et qu’il s’agit de déchiffrer. C’est pour cela qu’un symbole donne d’abord à penser. Mais je suis conscient qu’en disant cela, ma réponse se situe davantage sur un versant plus philosophique que réflexologique.

Vous écrivez aussi que l’astrologie pourrait « rejoindre la catégorie de science humaine, selon la définition « Les sciences humaines s’occupent du sens, les sciences physiques ne s’occupent pas du sens », et vous associez ainsi l’astrologie aux religions et philosophies. Mais vous reconnaissez dans le même temps que l’astrologie a une prise sur le réel physique par l’intermédiaire de l’astronomie — et, selon les conditionalistes, par celui de la neurophysiologie. Il n’est donc pas question que de « sens ». D’ailleurs l’astrologie apporte-t-elle du sens ?

Si l’astrologie est associée à la religion et à la philosophie c’est parce que l’astrologie est un système qui cherche à produire du sens, produire un discours qui donne du sens.

Les religions et les philosophies de l’humanité nous ont transmis des traditions et des textes sacrés et de sagesse qui témoignent des questions que l’être humain se pose depuis l’aube de l’humanité, notamment sur le sens de sa présence au monde. L’absence de sens est une souffrance pour l’être humain. Depuis l’Antiquité, le Soleil et les étoiles ont toujours servi à s’orienter. D’ailleurs les axes d’un thème ne correspondent-ils pas aux quatre points cardinaux ? (en fait, les axes d’un Thème ne correspondent pas aux points cardinaux — du moins pas toujours —, mais à l’intersection entre le plan écliptique et le plan horizontal pour l’axe AS-DS, et à l’intersection entre le plan écliptique et le plan vertical pour l’axe MC-FC — NDLR). Peut-être que la fonction de l’astrologie est-elle celle d’une boussole, d’un outil qui ouvre à une direction de sens.

Pour un astrologue agnostique comme moi, l’astrologie n’ayant aucun sens (si ce n’est celui de témoigner du fait que nous sommes en relation et interaction concrète avec notre biotope solo-planétaire), alors dans quel tiroir la ranger ?

En effet, où placer aujourd’hui l’astrologie et comment se situer envers elle ?

L’ouverture du monde sur les espaces infinis a occasionné pour l’homme une perte de ses repères et de ses limites. Désormais, il n’est plus la mesure du monde et ne sait plus auprès de quoi trouver de nouveaux repères. Cette situation crée le malaise de notre époque, l’aliénation la plus profonde de l’être humain comme sujet dans une civilisation devenue principalement technique et scientifique et qui parle de lui comme d’une machine.

Peut-être que l’astrologie n’a aucun sens et je serais tenté de le croire quand les astrologues prétendent détenir la clé du Sens. Il est en effet difficile d’accepter que le sens ne soit jamais donné, ni déposé dans les étoiles, qu’il est à construire, à inventer, à investir.

L’astrologie est née d’une interrogation sur le pourquoi des astres dans le ciel, le constat de la régularité de certains phénomènes cycliques qui a conduit à l’établissement de lois, et à créer des liens entre le temps des phénomènes célestes et le temps humain. Bref, à donner une base temporelle à notre existence, des repères qui ouvrent au travail d’une mise en sens.

Quels sont selon vous les rapports entre astrologie et religion ?

C’est une vaste question que je n’ai abordée dans le livre qu’à de travers la condamnation de l’astrologie comme superstition.

En Occident, les rapports du christianisme à l’astrologie sont restés très ambigus. Au gré des circonstances, mais surtout des enjeux théologiques et politiques, l’Église la soutient, la dénonce ou la pratique. Des moines, des abbés et même des cardinaux, tirent l’horoscope. L’astrologie devient alors, entre les mains du clergé, un outil de communication, comme l’on dirait aujourd’hui, qui justifie son programme théologico-politique. Mais il existe une autre histoire de leurs relations, celle des interprétations faites par les astrologues quand ils dressent les horoscopes des religions. Et là, c’est une tout autre histoire.

Quelle était votre intention en écrivant ce livre ?

En écrivant ce livre, je voulais faire une mise au point sur les idées reçues les plus rebattues sur l’astrologie. Je me suis employé à resituer dans leurs contextes ces interrogations et à en expliciter les arguments pour que chacun puisse mieux en saisir les enjeux.

Je voulais également que ce livre permette à n’importe quel lecteur de s’initier à ce qu’est, dans ses principes, l’astrologie.

Puisque vous avez commencé cet entretien en rappelant mes recherches sur le XVIIe siècle, je le conclurais en qualifiant mon livre d’une expression empruntée à un ouvrage de cette époque et qui à mon sens le caractérise assez bien : L’astrologie ou « Ce qu’un honnête homme doit en savoir ».

Le 9 mars 2009

Vour pouvez commander ce livre en ligne chez l’éditeur.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard




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