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Mary Shelley et le mythe Vierge de Frankenstein

« L’homme qui croit que sa ville natale est le monde, est plus heureux que celui qui aspire à s’élever plus qu’il ne peut prétendre » (Morale Vierge de Victor Frankenstein…) ; Le roman célèbre de Mary Shelley raconte l’histoire d’un scientifique qui veut prouver que les hommes peuvent devenir les égaux de Dieu. Le mythe de Prométhée a vite tourné court lorsque la machine sensée se révéler parfaite s’est retournée contre son propre créateur…



« Un humain sans âme »

Frankenstein ou le Prométhée moderne est l’exemple-type du roman improbable, surgi d’on ne sait où, écrit par on ne sait trop qui, mais qui a eu le mérite d’inventer un mythe surpassant tous les autres. Comme si son auteur avait su détecter l’angoisse fondamentale de l’Homme face à sa propre existence.

« Frankenstein est l’histoire d’un savant de ce nom qui construisit un être humain sans âme à l’aide de parties de différents corps, provenant de cimetières et de chambres mortuaires. Le monstre est très fort, animé de passions animales, doué de vie active. Mais il lui manque « l’étincelle divine ». Il ressent le besoin d’amour et de sympathie physiques, mais tout le monde l’évite. Il est puissant dans le mal, conscient de ses défauts et de ses difformités. Il essaie de faire tout le mal possible au jeune savant qui l’a créé. Le monstre sent combien il diffère des êtres humains : il se venge en tuant l’ami, le frère et la femme de Frankenstein. Il essaie même de tuer le savant, mais celui-ci parvient à se sauver » (source Internet).

Il fallait bien une anglaise du signe de la Vierge pour inventer une histoire pareille ! A l’image d’une Agatha Christie, à la vie à peu près bien rangée, qui s’évertuait dans ses romans à décrire les turpitudes et les fantasmes de crime des uns et des autres, Mary Shelley traduisait via la plume et l’encre ses cauchemars les plus tordus…

Mary Shelley est née le 30 août 1797, à 23 h 20, à Londres. Les dominantes de son thème sont : Saturne, Pluton, Lune. Les sous-dominantes sont : Mars, Soleil, Uranus. Les non-dominantes sont : Neptune, Mercure, Vénus. La planète aveugle est Jupiter. Sa hiérarchie R.E.T. se décline donc comme suit : tpEPrTeR.

Si l’on en croit le thème de Mary Shelley, Frankenstein obéirait manifestement à une logique saturno-plutonienne. Ce monstre révélerait donc une part du décor de notre conscience. La partie immergée de notre iceberg mental… De la même façon que le neptunien Stevenson a décrit les tourments de notre âme séparée entre une partie « Jeckyll » et une partie « Hyde », Shelley a eu recours au monstre pour décrire l’homme.

Le cauchemar d’une mère

Intéressons-nous d’abord à la genèse du roman. Comme on aurait pu s’y attendre, Frankenstein est né d’un cauchemar.

1816. Mary Shelley a tout juste 19 ans lorsque, trompant l’ennui d’une journée pluvieuse, elle accepte le défi de son ami Lord Byron et entama la rédaction d’une histoire d’horreur. Le romantique Lord Byron était, comme elle un « Existence extensive-transcendance intensive », avec notamment, Mars, Saturne, et Pluton parmi ses dominantes). Au bout de quelques jours, elle fit un cauchemar qui lui a donné l’idée de Frankenstein. À ce moment, Uranus est au carré de son Soleil natal. Ses repères viennent de s’effondrer. Un an plus tôt, Mary Shelley a en effet perdu son premier enfant, un prématuré qui n’aura vécu que quelques jours. Ce drame l’a beaucoup tourmenté et se trouve certainement à la base de ce cauchemar d’un être qui renaît à la vie mais qui se trouve dépourvu de ce qu’on appelle communément « l’âme ».

« J’ai eu la vision horrible d’un être allongé, qui, sous l’action d’une force puissante, se mit à manifester des signes de vie et à remuer en quelques mouvements maladroits et poussifs. C’était effrayant comme une tentative humaine de vouloir défier la mécanique du Dieu créateur ».

La tristesse d’une maternité déçue est donc à la base de la création de Frankenstein. Seule une femme pouvait ainsi traduire la douleur que doit représenter la mort d’une partie de sa chair. Une mère qui donne la vie doit ainsi s’attendre à ce que l’être qu’elle a mis au monde puisse mourir. L’enfantement est une question de vie et de mort et Mary Shelley l’a cruellement ressenti, à travers son expérience de mère. La propre mère de Mary Shelley est d’ailleurs morte en la mettant au monde.

Ces éléments de la biographie de Mary Shelley apportent un éclairage particulier sur l’aspect dominant de son thème, l’opposition Saturne-Lune. Si Mary Shelley se complaisait dans la rédaction de récits tous plus effrayants les uns que les autres, c’est qu’elle était fascinée par la dimension lunaire de l’angoisse, par cette « inquiétante étrangeté » qui recouvre même nos appartenances les plus familières. L’angoisse naît toujours de la peur de perdre nos repères les plus rassurants. Saturne injecte de l’inquiétude là où il ne devrait il avoir que quiétude, luxe, calme et volupté lunaires.

Par ailleurs, de par son caractère indépendant, anticonformiste et critique, Mary Shelley a toujours eu le don de s’attirer la haine de son entourage. Ce fut une « briseuse de ménages » qui n’a jamais suivi les conventions de son époque et de son milieu. Sa vie sentimentale fut pour le moins tumultueuse (Lune carré Mercure-Vénus). Elle n’a jamais suivi la route tracée d’une femme soi-disant « respectable ». Elle a au contraire passé sa vie à étudier, à lire, à écrire et à bouleverser les savoirs en place, et ce, dès son adolescence. La dimension saturnienne de Mary Shelley est aussi à rechercher dans les mésaventures du monstre. Isolé, incompris, mis au ban de la société, du monde et, au final, des règles du jeu divin, il fait figure de personnage tragique, de « freak » absolu, de malheureux malgré lui, comme en témoignent ses « états d’âme »

« Les étoiles glacées brillaient comme pour se moquer de moi et les arbres dénudés agitaient leurs branches au-dessus de ma tête ; de temps en temps, la douce voix d’un oiseau se faisait entendre dans le silence universel. Tout, sauf moi, dormait ou se divertissait. Moi, comme Satan, je portais l’enfer en mon âme ; je me sentais rejeté par tous, j’aurais voulu briser les arbres, répandre ruines et deuil autour de moi pour pouvoir me réjouir ensuite du désastre ».

« L’horreur de mes travaux secrets »

La dimension plutonienne de Frankenstein est beaucoup plus évidente. Elle s’attache à révéler la part obscure de nos apparentes les plus rassurantes, à la fois celles de l’existence et celles de nos représentations (opposition Pluton-Soleil-Mars).

L’humain ne serait donc pas réductible à son image, à sa façade de chair. Son apparence serait-elle donc aussi trompeuse qu’un emballage qui ment sur son contenu ? Notre corps mentirait-il à notre âme, (à l’insu de son plein gré, comme dirait l’autre) ? Pour s’éblouir de l’or qui se cache au fond de l’humain, il faut se salir les yeux à force de contempler le plomb de sa cervelle et accomplir une alchimie qui va de la matière vers l’esprit, gagner au Monopoly de la vie, sans pour autant passer par la case « initiation »

Marquée par le niveau « transcendance intensive », Mary Shelley a peut-être une démarche spirituelle, dans le sens où elle se contente d’imaginer ce qui se passerait dans le cas où l’Homme s’essaierait à se vouloir l’égal de Dieu. En grenouille qui se voudrait plus grosse que le bœuf, l’Homme se retrouverait pris à son propre piège, tué par la machine qu’il vient de créer. Mais en même temps, la pensée de Mary Shelley n’a rien de dogmatique. En bonne romancière, elle se contente d’élaborer un terreau sur lequel les arborescences romanesques générées par son cerveau se contenteront de se développer. Elle imagine un savant un peu maboul, fatigué de voir à quel point la vie se résume à une somme d’efforts inutiles, justifiée de façon absurde par une mort qui n’explique rien, qui ne résout rien. Ce savant rêve de bousculer les lois qui réglementent les rapports entre le vivant et l’inerte, entre Mars et Pluton.

« Pour examiner les causes de la vie, nous devons d’abord avoir recours à la mort. J’appris l’anatomie ; mais cette science ne suffisait pas ; il fallut aussi que j’observasse la décomposition naturelle et la corruption du corps humain. L’obscurité ne faisait aucun effet sur mon imagination ; et un cimetière n’était pour moi que le réceptacle des corps privés de la vie, qui, après avoir été le siège de la beauté et de la force, étaient devenus la pâture des vers. Je me mis à examiner la cause et les progrès de cette décomposition, et je fus forcé de passer des jours et des nuits au milieu des tombeaux et dans des charniers. Je portais mon attention sur tous les objets les plus désagréables à la délicatesse des sensations humaines. J’examinai combien la belle forme de l’homme était dégradée et ravagée ; je vis la corruption de la mort remplacer l’éclat d’un visage inanimé, et les vers hériter des merveilles de l’œil et du cerveau ».

D’autres passages, parfois redondants et complaisants, résument parfaitement la fascination morbide de la Vierge Shelley face à tout ce qui est tabou, défendu, malsain : « Qui pourra concevoir l’horreur de mes travaux secrets, lorsque je profanais des tombeaux, ou que je torturais l’animal vivant, pour animer une froide argile ? Mes membres en tremblent encore ; tout est encore présent à mes yeux ; mais alors j’étais entraîné par une impulsion irrésistible et presque fanatique ; il me semblait n’avoir plus d’âme ou de sensation que pour la poursuite de cet objet. Ce n’était, il est vrai, qu’un enthousiasme passager, qui pouvait seulement contribuer à me faire sentir, avec une nouvelle force, dès que l’aiguillon surnaturel cesserait d’agir, que je retournerais à mes anciennes habitudes. Je ramassais des os dans les charniers ; et de mes doigts profanes, je troublais les secrets effroyables du tombeau. Enfermé dans une chambre, ou plutôt dans une cellule solitaire de la partie la plus élevée de la maison, et séparée de tous les autres appartements par une galerie et par un escalier, je me livrais au travail d’une création répugnante : mes yeux sortaient de leurs orbites, pour suivre les détails de mes occupations. La salle de dissection et les abattoirs me fournissaient un grand nombre de matériaux ; souvent je me détournais avec horreur de mes travaux, lorsque excité encore par une ardeur croissante, j’étais près d’achever mon ouvrage ».

Ce savant se dit alors que, puisque les dieux se révèlent incapables de la moindre utilité qui soit, il va créer un être qui se substituera à Dieu. Un être sensé rassembler dans son être, toutes les perfections possibles et imaginables. Évidemment, en accomplissant son rêve, le docteur Frankenstein transgresse un tabou, un sacrilège absolu et il finit par déchaîner sur lui toute la colère de Dieu. Son idéal initial d’amour et de justice va sombrer dans la destruction lorsque son monstre, sorte d’humain raté, va se venger de son créateur.

« Existenz »

Le thème de Mary Shelley est dominé par Saturne et Pluton. Ce qui domine, c’est le doute face à l’existence et face aux souffrances qu’elle implique. Ce doute interdit toute quiétude, tout repos et toute confiance en l’idée d’un ordre secret universel (Saturne opposé Lune-Sagittaire).

Quant à la vérité, elle dépasse forcément nos illusions d’omnipotence, notre ego démesuré ou notre vitalité charnelle (Pluton opposé à Uranus-Soleil-Mars). Ce Frankenstein, ce chercheur si orgueilleux, si imbu de lui-même, à tel point qu’il se croit capable de défier toute transcendance n’a au final, rien pu faire contre la force du destin. Il n’a pas pu bousculer l’ordre des choses. C’est plutôt l’ordre des choses qui l’a remis à sa place.

Avec quatre planètes situées dans le signe de la Vierge, Mary Shelley était intriguée par le rapport que peut occuper cet être si dérisoire qu’est l’Homme face à cette immensité qui s’appelle l’univers, ou cet abstrait qu’on appelle l’inconnu, cet au-delà qui est aussi un au-delà de tout, du monde, de nos conceptions, de nos vies, etc. En bonne Vierge « transcendance intensive », elle ne pouvait que se moquer de la naïveté de ceux qui considèrent l’Homme comme un être omnipotent, un être libre face aux forces qui l’entourent. La « morale » de Frankenstein est en effet axée sur cette idée que l’Homme n’a aucune chance d’échapper à certains déterminismes et que sa condition est aussi tragique que celle de la marionnette qui n’existe que selon le bon vouloir de son créateur, à la fois générateur de vie et manipulateur du moindre de ses faits et gestes. Chaque chose doit rester à sa place et les hommes ne doivent pas chercher à déranger les dieux sous peine de se faire écraser…

À la suite de Frankenstein, d’autres écrivains, puis des cinéastes, se sont emparés du personnage pour alimenter le mythe. H.P. Lovecraft (opposition Mars-Neptune-Pluton dominante) s’est par exemple inspiré de lui pour écrire son fameux Docteur West, réanimateur, adapté dans les années 80, façon gore par Brian Yuzna (Re-animator).

Un cinéaste comme David Cronenberg, né le 15 mars 1943, a su quant à lui, traduire à sa façon la problématique Mars-Pluton (son thème comprend une opposition Mars-Pluton, avec de plus, un trigone Mars-Saturne-Uranus-Neptune). Ses films les plus marquants sont La Mouche, Crash, Faux-semblants ou Existenz. Fasciné par les mécanismes obscurs du corps humain, il a créé une œuvre profondément dérangeante qui interroge les rapports entre la métaphysique et l’anatomie. Pour lui, le recours à toute conception religieuse, mystique ou transcendante pour expliquer ce qu’est « la vie » est illusoire puisque tout n’est qu’affaire de mécanismes obscurs, inquiétants, maladifs. Le corps n’est pour lui qu’un matériau condamné à une inéluctable destruction. La vie est selon lui indissociable d’une logique de contamination programmée dès la naissance. La mort est consubstantielle au principe même de l’existence. Son film Existenz est l’un des plus intéressants à ce niveau. Sur un mode ironique et décalé, il décrit un univers dans lequel l’existence (ou ce que l’on considère comme telle) est constamment contaminée par le virtuel. Film conditionaliste par excellence, il distingue parfaitement les mécanismes liés à la représentation, à l’existence et à la transcendance. Il montre surtout ce qui peut arriver lorsque ces trois niveaux décident de s’affronter et d’interférer les uns par rapport aux autres. Dans ce cas-là, comme dans Frankenstein, l’horreur peut alors commencer…

Car Frankenstein pour faire simple, ne fait rien d’autre que de placer l’Homme devant l’angoisse absolue de la mort. Tourmenté par le combat que mènent en lui ses pulsions de vie et ses pulsions de mort, l’Homme que décrit Shelley apparaît comme un malheureux abandonné par les dieux et condamné aux sarcasmes d’un destin morbide et cynique, l’acceptation de ses limites en tant qu’homme mortel apparaissant comme seule porte de salut…

À l’heure des questionnements multiples à propos de transgénisme, de clonage humain et de scientisme triomphant, le roman de Mary Shelley est là pour nous rappeler que la vérité de la condition humaine se situe dans sa part de tragédie et dans l’acceptation de ses limites.

« Humain, trop humain », comme disait l’autre…

Article paru dans le n° 22 du Fil d’ARIANA (octobre 2004).

Cet article vous a été proposé par : Rémi Valet


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