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Maurice Pialat, caméra Vierge au poing

Maurice Pialat est un réalisateur de cinéma et peintre. Ses films les plus connus sont « Nous ne vieillirons pas ensemble », « Loulou », « À nos amours », « Police », « Sous le soleil de Satan » et « Van Gogh », qui a valu à Jacques Dutronc, interprète du rôle-titre, le César du meilleur acteur.



Micro-portrait théorique de Maurice Pialat

Ce micro-portrait ne fait qu’esquisser une interprétation très simplifiée des configurations zodiaco-planétaires dominantes et de la planète la plus faible de ce Thème natal. Excluant par exemple l’interprétation des Aspects, cette étude succincte ne saurait remplacer une véritable analyse approfondie, mais elle en ouvre quelques-unes des pistes principales.

La configuration dominante du Thème natal de Maurice Pialat est un amas composé d’une conjonction Soleil-Mars en Vierge et d’une conjonction Mercure-Neptune en Lion, Mars étant opposé à Uranus en Poissons. La Lune en Verseau est la planète la plus faible.

Ses réponses aux questions devraient donc refléter les pôles hyper-dominants de sa personnalité :

Lion sociable-communicatif

- Vos qualités : vous cherchez à pousser toujours plus loin votre goût de la fête et du spectacle. Communicatif, séducteur et très sensible à votre paraître, vous savez à merveille faire sortir les autres de leurs retranchements, les inciter avec tact, drôlerie et conviction à s’intéresser à vous ou à partager avec enthousiasme vos centres d’intérêt. Très doué pour vous faire valoir et reconnaître pourvu qu’on vous tienne d’emblée en haute estime, audacieux, généreux et persévérant lorsqu’il s’agit d’aller au-devant des autres, rien ne semble pouvoir résister à votre dynamisme confiant et libérateur plein de charme et de décontraction, à votre humour affable et détendu, à votre personnage rayonnant.

- Vos défauts : vous manquez trop souvent de réserve et de mesure lorsque vous vous mettez en spectacle. Dès que vous vous sentez reconnu, admis et accepté, vous en faites trop pour monopoliser l’attention. Hâbleur, théâtral, fanfaron, vous avez trop l’impression qu’il suffit d’être charmant, drôle et de faire l’intéressant pour se croire tout permis, y compris et surtout d’envahir l’espace vital des autres. Parce que leur indifférence à votre égard le fait paniquer, vous avez trop tendance à les flatter à outrance pour vous maintenir à peu de frais dans leurs bonnes grâces. En fait, vous craignez par-dessus tout que votre crédit, votre cote d’amour ne s’effondrent, et fuyez en avant dans une sociabilité envahissante pour éviter que cela n’arrive.

Vierge décideur-commandeur

- Vos qualités : vous vous signalez par un caractère volontaire et déterminé. Organisé et méthodique dans la poursuite de vos objectifs soigneusement ciblés, la patience, l’opiniâtreté, le sens des hiérarchies et la conscience de vos limites comptent parmi vos points forts. Impératif, actif et froidement déterminé, l’accession et le maintien au pouvoir sont pour vous une construction méthodique qui ne doit rien laisser au hasard ou à l’improvisation. Être d’ordre, d’efficacité concrète et de justice, vous savez vous imposer avec une orgueilleuse discrétion, en faisant coexister réalisme combatif et minutieuse organisation dans l’ombre. Pour maintenir votre domination sur êtres et choses, vous avez au plus haut point l’art de compartimenter et cloisonner vos activités.

- Vos défauts : le désordre, l’anarchie et la confusion, réels ou imaginaires, sont pour vous de véritables hantises que vous entendez conjurer en faisant trop souvent preuve d’un implacable et souvent invivable sens de la hiérarchie qui pèse lourdement sur votre environnement. Il faut dire que votre tempérament anxieux et alarmiste craint par-dessus tout qu’êtres et choses échappent à votre contrôle étroit et tatillon et s’évadent des cases exiguës où vous les avez rangés pour mieux les dominer. Il s’ensuit que vous avez tendance à vous enfermer dans un quant-à-soi agressif et étouffant pour vous-même et pour les autres, où vous vous démenez pour colmater les brèches par lesquelles la chienlit pourrait finir par s’engouffrer, au risque de devenir asocial.

Inversement, les réponses de Maurice Pialat aux questions devraient montrer qu’il ne correspond pas du tout au portrait suivant :

Plastique, réceptif, accommodant, accueillant, vous savez créer autour de vous un climat de quotidienneté paisible, d’intimité chaleureuse, d’harmonie simple, de convivialité bon enfant, et vous vous épanouissez dans les ambiances porteuses, amicales et familières. Complaisant, obligeant, prévenant, compréhensif, tolérant, solidaire, vous vous adaptez souplement à autrui. Vis à vis des situations pratiques et des problèmes concrets auxquels vous confronté, vous vous efforcez de trouver les lignes de moindre résistance et de vous assurer des appuis solides plutôt que de vous épuiser en luttes. Vous épousez au mieux ce que vous proposent les circonstances pour en tirer parti en vous y adaptant souplement, au jour le jour. Subtil, rêveur, changeant, ondoyant, imaginatif, votre vie intérieure est riche. Le besoin de plénitude, de complétude, de sérénité, de vivre selon vos rythmes intimes et personnels sont pour vous des exigences impérieuses : vous vivez vos rêves et rêvez votre vie, en osmose profonde et détendue avec vous-même et votre milieu ambiant, dans lequel vous baignez tel un poisson dans l’eau.

Vous ne prenez que les décisions qui ne vous coûtent pas, avec lesquelles vous faites intimement corps, celles que les circonstances vous imposent et qui préservent autant que possible le fondu-enchaîné et la tranquillité d’une vie quotidienne que vous voulez dépourvue de toute crispation autoritaire. Vous assimilez sans effort et sans concentration savoirs et connaissances. Votre quête de bien-être passe par le refus de toute discipline contraignante, et vous savez faire disparaître les exigences de votre moi pour maintenir l’harmonie de votre groupe. Votre riche affectivité est marquée par le besoin d’osmose, de fusion, d’intimité partagée avec ceux que vous aimez tout simplement parce qu’avec eux vous vous sentez bien, parce que vous les sentez et les comprenez intimement en vous mettant sans peine à leur place. Tout en étant convivial, la solitude ne vous fait pas peur : dans les moments où vous vous mettez à l’écart du monde extérieur et des autres sans pour autant être distant, vous vous ressourcez dans la rêverie éveillée, la contemplation paisible et fluide. Vierge de tout a priori, de toute certitude, vous savez poser sur les êtres et les choses un regard neuf et frais.

Françoise Hardy : Parce que, lorsqu’une planète ou le Soleil se trouvent dans la portion du zodiaque appelée Vierge, la durée de leur arc diurne équivaut à celle de leur arc nocturne, avec une légère prépondérance, mais aussi la diminution graduelle du premier par rapport au second, l’importance, autrement dit l’occupation de ce signe dans un ciel, prédispose à toujours soupeser avec une certaine lenteur l’envers et l’endroit des choses et à avoir, de ce fait, beaucoup de difficultés de choix et d’engagement. Ces difficultés sont d’autant plus paradoxales dans votre cas, que les angularités du Soleil, de Mars et d’Uranus devraient favoriser chez vous la décision et l’exclusivisme. Ressentez-vous cette dualité ?

Maurice Pialat : Est-ce que ce n’est pas le lot de tout le monde ? Effectivement, les deux tendances, l’une autant que l’autre, sont très marquées chez moi. J’éprouve continuellement de l’hésitation devant un choix à faire, mais je suis également capable de prendre des décisions sans hésiter. C’est la contradiction complète. Si j’ai à choisir entre deux films à réaliser par exemple — ce qui est déjà bien, il y en a qui n’ont pas cette chance —, je crois que j’hésiterai longuement, que je ferai des retours en arrière, etc. Mais dans le même temps, je pourrai prendre une décision brutale sur un autre plan, ne plus revoir quelqu’un par exemple…

Vous avez tantôt l’une, tantôt l’autre attitude ?

Plutôt les deux en même temps.

Cette dualité vous est-elle désagréable ?

Ce qui m’est désagréable, c’est le côté Vierge…

Que voulez-vous dire ?

Hésiter, balancer… Prenons un homme comme Chirac, quand on lui demande s’il lui arrive de se tromper dans ses décisions et de le regretter, il invoque un pourcentage inévitable d’erreurs, mais dit qu’il vaut mieux se tromper en ayant décidé quelque chose, qu’hésiter et ne rien faire du tout. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça, parce qu’après tout, bien réfléchir et peser le pour et le contre, c’est une qualité enrichissante que tout être humain devrait avoir. C’est finalement comme ça qu’on a le plus de chances de faire le meilleur choix.

La fonction d’autoprotection de la Vierge porte à ne rien laisser au hasard, pour bien savoir où on met les pieds et ne pas courir de risques inutiles. On peut se demander de quelle façon vous assumez cette fonction, à partir du moment où votre configuration dominante, Mars-Soleil-Uranus, vous prédispose, au contraire, à foncer dans le tas, sans vous poser de questions ?

On voit ça dans mon travail de préparation — si on peut toutefois employer le mot « préparation »… Ça finit par être tellement paralysant… ce côté Vierge, justement, qui fait que ce n’est même plus de l’hésitation, c’est de la lenteur à se mettre en train, c’est une tendance à repousser les choses, à ne pas les faire, alors qu’on sait qu’il le faut absolument… Les films se font en gros comme ça : on écrit quelque chose et, à partir de là, on prépare et on tourne. Comme je supporte difficilement d’écrire et que, quand je fais écrire, ça ne va pas, je traîne. Mais les dates ont été prises, il faut tourner, et j’arrive, pratiquement sur tous mes films, avec quelque chose qui n’est pas prêt : c’est ce qui en fait le plus grand défaut. Par contre, quand je tourne, c’est l’inverse qui se passe : je fonce et je n’ai plus d’hésitation.

Le perfectionnisme de la Vierge…

Plus que ça : on en arrive même à « l’à quoi bon »… C’est vrai, on en arrive à se dire — moi en tout cas — que ce n’est pas la peine, puisqu’on n’y arrivera pas, puisque ça ne sera pas prêt à temps…

Ça ne sera jamais assez bien…

C’est curieux comme le je-m’en-foutisme peut marcher de pair avec le perfectionnisme. Mais c’en est le revers après tout… Finalement s’en foutre complètement parce que… — dans le cinéma, c’est monnaie, courante, forcement, c’est tellement approximatif comme travail… — comme on sait, qu’on n’atteindra pas, et de loin, ce qu’on voudrait faire, soit par manque de moyens, à cause des interprètes, ou parce qu’on n’a soi-même pas assez de talent à ce moment-là, eh bien… on finit par « laisser pisser » — comme on dit vulgairement… Je fais un peu n’importe quoi, parce que je sais que je n’arriverai pas à faire quelque chose de vraiment bien…

Récapitulons : le côté fourmi, besogneux, laborieux de la Vierge…

L’image de la fourmi laisse entendre un côté travailleur et vous ne tenez pas compte de la paresse. Les Vierge passent pour des gens travailleurs, alors je ne suis pas Vierge…

Jean-Pierre Vézien donne comme caractéristiques de la Vierge inadaptée : « l’absence d’entrain, d’initiative, d’appétit de vivre, l’inaction par sentiment d’infériorité, la passivité insouciante ou masochiste »… J’aimerais qu’on parle des tendances virginiennes à préférer rester dans l’ombre, en deçà de ses limites autrement dit à ne pas avoir d’ambitions trop élevées, par peur de ne pas être à la hauteur, — la Vierge préfère faire parfaitement quelque chose qui est en-dessous de ses possibilités, qu’imparfaitement quelque chose qui en est à la limite. Là encore, on se demande comment jouent ces tendances chez vous, à partir du moment où l’ensemble Soleil-Uranus-Jupiter, qui ressort de votre ciel, porte, au contraire, à avoir besoin de s’affirmer, se démarquer se dépasser, réussir avec éclat.

Pour moi, la réussite est liée a la mort. Je me suis longtemps dit que quand je réussirai, je mourrai. Alors je crois qu’il y a chez moi quelque chose qui a toujours repoussé ce qui pouvait m’amener à la réussite. Mais l’un et l’autre côté que vous décrivez, sont en contradiction complète avec moi : une des caractéristiques de mes films — puisqu’après tout on juge les gens sur ce qu’ils ont fait — est justement qu’ils ne sont pas « Vierge » du tout puisqu’ils sont bâclés. C’est connu, on le dit assez, et c’est assez juste. On en revient à cette espèce de démission que j’ai depuis que je fais des films : comme je sais que ça ne risque même pas d’approcher ce que j’aimerais faire, alors bon… Je me répète… Par moment, ça doit être l’autre côté dont vous parlez, je m’excite. Ce sont sans doute les meilleurs moments et dans ces moments-là, j’arrive à me moquer que la forme ne soit pas léchée, mais le reste du temps…

Pourrait-on aller jusqu’à penser, c’est là un aspect pernicieux de la Vierge, que vous ne vous donnez pas les moyens qui vous manquent pour atteindre ce que vous ambitionnez, par peur inconsciente de vous trouver confronté à votre propre insuffisance, si vous n’avez plus cette excuse du manque de moyens ? Parce qu’enfin, les moyens si on les veut vraiment, on finit par les trouver.

C’est sûrement ça… Vous êtes au cœur de la cible, quand vous laissez entendre que si on n’a pas les moyens, c’est qu’on ne veut pas les avoir. C’est vrai que ça donne toujours une justification, même si ce n’est pas la seule.

II faudrait toujours pouvoir approfondir en quoi les prédispositions célestes sont aggravées, atténuées ou déformées par les autres conditionnements qui sont les nôtres, le conditionnement familial en particulier. À ce sujet, votre carré Lune-Saturne peut induire un défaitisme en rapport avec une relation insatisfaisante a la mère…

Mes parents étaient affectueux, mais ils n’éprouvaient aucun intérêt pour moi. Leur affection était comme… dénuée de carapace. Ma mère a été toute sa vie obsédée par la jalousie qu’elle éprouvait vis-à-vis de mon père qui la trompait. Elle est morte en pensant à ça. Il n’y avait que ça pour elle.

Voilà qui en dit long et qui a sans doute aggravé les tendances démissionnaires de la Vierge. Passons à une autre contradiction de votre ciel, celle qui résulte de la pudeur virginienne et du besoin de représentation de soi du Soleil qui se lève. Autrement dit : peur de s’exposer par la Vierge, besoin de se montrer par le Soleil. Peur du regard de l’autre par la Vierge, besoin de se voir dans le regard de l’autre par le Soleil.

Même si je l’ai peu fait, le simple fait de jouer… Quand j’ai essayé de jouer quand j’étais plus jeune, j’étais complètement bloqué, ça venait sans doute de la Vierge… Je ne sais pas pourquoi je voulais jouer puisque je ne demandais qu’à me cacher…

Vous vouliez jouer la comédie quand vous étiez plus jeune ?

Oui, j’ai même fait des essais. Quand c’était amateur ça allait, mais après quand j’ai connu Trintignant, il y a très exactement trente ans, j’ai joué pendant deux ans.

Au théâtre ?

Oui et j’étais malheureux comme les pierres. Alors que maintenant ça a disparu. J’ai fait cet essai dans À nos amours et je suis sûr que je vais rejouer. J’en ai envie. En fait, j’ai plus envie de jouer que de faire des films.

J’ai trouvé votre prestation d’acteur parfaite dans À nos amours. Vraiment.

Attention, quand on joue dans son propre film on s’arrange bien son coup. Je ne sais pas comment ça se passerait si je jouais avec d’autres. (cherchant)… Il faudrait que je trouve des exemples, c’est mieux. Je pense très mal alors j’exprime forcement mal ma pensée, puisqu’elle est brouillonne, confuse…

Il manque aux Signes d’été ce qui fait la force des Signes d’automne : l’aptitude à une vision globale rapide, ce qui, à certains moments, se manifeste par une « pensée morcelée, sans fil conducteur », je cite a nouveau Jean-Pierre Vézien…

Je pense en écrivant… Quand je parle — ou alors il faut que je sois très en confiance — je n’arrive à exprimer qu’une petite partie de ma pensée. Ce qui fait que je crains toujours de paraître bête et ce qui doit d’ailleurs être le cas quand je suis avec des gens intelligents. Je n’en fais pas une maladie, mais je souffre de ne pas pouvoir communiquer ce que je pense être ma culture, mon intelligence, qui sont supérieures à l’apparence que je donne. Enfin je crois.

Vous cherchiez un exemple pour illustrer la peur de s’exposer, de se mettre en avant de la Vierge…

J’avais quand même ce côté-là quand je tournais dans À nos amours. Pourtant j’étais maître à bord. Les autres savaient bien que j’avais le rôle du père, mais je ne les prévenais pas de mes interventions et si je cachais les choses, c’était simplement pour qu’il n’y ait pas de jugement, que je ne les sente pas en train de m’attendre au tournant, encore que je n’avais plus tellement cette crainte. J’attendais donc toujours le dernier moment, quand la journée de tournage allait pratiquement s’arrêter, pour passer tout à coup mon imperméable, prendre Le Monde et dire vaguement à l’opérateur : « Bon je vais entrer par la porte, tu as assez de pellicule, etc. et puis on va voir, on va y aller… ». Et je partais comme ça… Ça prouve bien que je me cachais… J’ai essayé de jouer depuis dans un court-métrage avec des copains : mais même là, je n’étais pas à l’aise, j’ai de la peine…

En général, les gens de la Vierge sont bien élevés, réservés, délicats, discrets : ils n’aiment ni se faire remarquer, ni faire aux autres ce qu’ils n’ont pas envie qu’on leur fasse. C’est d’ailleurs sous ce jour que vous m’êtes apparu les quelques fois où je vous ai vu. Mais vos planètes dominantes vont dans un tout autre sens…

C’est presque Docteur Jekyll et Mr Hyde…

Votre ciel de naissance est effectivement très ambivalent. La courtoisie et le quant-à-soi virginiens devraient donc coexister chez vous avec les tendances inverses de Mars-Uranus, à mettre les pieds dans le plat, à être agressif, autoritaire, explosif, impératif…

Vous savez sans doute que je m’insurge contre la réputation qu’on me fait dans le métier. Les calomnies ont été tellement loin parfois, qu’il y a vraiment de quoi… II m’est même arrive de faire de la surenchère, tellement ça allait loin.

Je ne suis que vaguement au courant. Quelle réputation vous fait-on ?

D’un type épouvantable… Même actuellement où j’étais en droit de penser que j’étais sorti des années noires, patatras ! Ça repart de plus belle avec Police et les calomnies, qui sont de purs mensonges, de Sophie Marceau à mon sujet. Je n’ai fait que sept-huit films. Il y a eu des histoires sur certains qui étaient souvent dues à des personnes qui m’avaient cherché. Mais il m’est aussi arrivé de faire certaines choses dures à avaler, et ça plus ça a fini par faire un mélange complexe et une réputation telle que, finalement, je suis plus connu par ce qu’on raconte sur moi, que par mes films. Mais vous venez de me faire comprendre que ce n’est pas tout à fait comme je croyais — c’est la première fois que je concède ça — et que, dans le fond, moi qui me présente comme un agneau, je suis beaucoup plus désagréable et agressif que je le crois. Sûrement. Dans un milieu où la sincérité n’est pas monnaie courante, on a parfois, quand on est un peu plus sincère que les autres et qu’on ne joue plus, alors que ce métier n’est qu’un jeu — la vie aussi peut-être —, des réactions brutales. J’ai peut-être des coups de gueule, j’ai peut-être insulté des gens, mais je n’ai fait qu’une mauvaise action en quinze ans de cinéma.

Je voulais justement vous demander si la réputation que vous avez d’avoir des rapports difficiles, n’était pas due à vos prédispositions tant virginienne que martienne, saturnienne et uranienne, à détester le mensonge, l’ambiguïté, l’inauthenticité…

Ce n’est pas la peine d’aller plus loin. C’est… incontestable.

Votre ciel suggère d’autres raisons d’avoir des rapports difficiles…

Je peux faire une parenthèse ? Voilà un autre défaut — je ne sais pas si c’est la Vierge — : les rapports sont presque toujours des rapports de force, des marchandages où, presque toujours, l’un veut avoir l’autre ou obtenir quelque chose de l’autre, au moindre prix. Il faut tout de suite annoncer la couleur : si ça plaît, si on marche, ou non. Il y a des gens qui se font embarquer parce qu’ils n’ont rien compris, qui se font avoir parce qu’ils n’ont pas mauvais esprit. En ce qui me concerne, je vois tout de suite ce qui ne va pas et je ne le dis jamais. Je me laisse embarquer et c’est seulement au bout d’un certain temps que je réagis. En caricaturant, si je tombe sur quelqu’un de pervers qui veut m’avoir, il va, étant donné ma réputation, se dire dans un premier temps que je ne suis pas du tout comme on raconte et me prendre pour une bonne poire. Et puis, tout d’un coup, généralement au bout de quelques semaines, après que ça m’ait bien travaillé puisque j’avais tout de suite vu la faille, patatras ! J’ai donc une réaction à retardement, intempestive, et qui aurait été naturelle si seulement j’avais été capable de l’avoir tout de suite, au moment où il fallait l’avoir…

On peut mettre cette attitude sur le compte du mélange de lenteur d’excitation et de vitesse d’inhibition inadaptée qui caractérise la Vierge, ainsi que sur tout ce complexe qu’on vient de développer et qui consiste à faire inconsciemment en sorte de détourner l’idée qu’on se fait de ses propres insuffisances, sur des insuffisances extérieures à soi. Vous-même, comment vous expliquez-vous cette attitude : par de la timidité ?

Dans certains cas, quand je n’ose pas exprimer les exigences que je sais pourtant indispensables — je pense à cet écrivain qui avait accepté de travailler sur un film avec moi et à qui je n’ai pas osé demander qu’il lâche toutes ses autres activités le temps de ce travail —, c’est comme si j’avais peur de gêner les gens, d’être indiscret, indélicat, brutal… Souvent, comme je vous l’ai dit, je réagis à contre-temps, mais il y a aussi toutes les fois où je ne réagis pas du tout et où je me laisse embarquer malgré moi dans des choses que je n’ai pas envie de faire. C’est ce que j’appelle le syndrome de l’aiguille. Il y a vingt-cinq ans environ, je venais de faire mon premier court-métrage et je n’avais vraiment rien à bouffer. Je passe devant un endroit où on collectait du sang. Je n’avais jamais fait cela encore, mais je savais qu’on recevait un sandwich en échange. J’ai donc donné mon sang. Je n’ai pas pris le sandwich ensuite, mais il y a eu plus ennuyeux. Au moment où l’on allait me faire la prise de sang, j’ai vu qu’au lieu d’une aiguille stérile, on prenait l’aiguille qui avait servi à la personne précédente. Je n’avais qu’à le signaler. Mais je me suis dit que j’aurais l’air d’un trouillard, qu’il y avait une chance sur 100000 que j’attrape quelque chose. Résultat : j’ai attrapé une jaunisse et j’ai failli en crever. Toute ma vie je me suis fourvoyé dans des situations qui avaient le même schéma.

Le flair des incompatibilités de la Vierge, que vous nous avez illustre en disant que vous voyiez tout de suite ce qui ne va pas dans un rapport, s’accompagne d’hyper-sélectivité. Quel défaut supportez-vous le moins, quelle qualité appréciez-vous le plus chez autrui ?

Je n’aime pas la lâcheté, mais comment peut-on prétendre une chose pareille après tout ce que j’ai dit ? Je n’aime pas non plus la bêtise, mais ça c’est de la fatuité, car comment peut-on se permettre de juger de l’intelligence des autres ?

Exagérée, la fonction d’autoprotection de la Vierge débouche sur l’alarmisme, l’hypocondrie, les phobies. Vivez-vous ce côté négatif de votre Signe : avez-vous des peurs paralysantes particulières ?

Plus maintenant.

La Vierge a une fonction de maîtrise de l’espace qui incite à l’ordre. Êtes-vous particulièrement ordonné ?

C’est curieux : depuis le début il y a ce que vous dites, mais il y a aussi le contraire.

On parle pour l’axe Vierge-Poissons qui marque votre ciel de « choc des contraires »

II y a des gens qui ont besoin de tout un cérémonial pour travailler, d’autres pas. Stravinski ne pouvait composer que si tous ses crayons étaient bien taillés, etc. J’ai ce côté-là et je peux aussi complètement m’en foutre, pratiquement en même temps. Les bouquins par exemple : je vais recoller, gommer, nettoyer de vieux bouquins trouvés aux Puces, et à côté de ça, lors d’un récent déménagement, j’ai entassé des bouquins n’importe comment dans des sacs-poubelle — des bouquins aussi intéressants que ceux qui sont dans ma bibliothèque — et je n’en avais plus rien à foutre…

Revenons à l’autoprotection de la Vierge. On a vu que, d’une certaine façon, vous vous protégez en ne vous donnant pas les moyens d’avoir les moyens. Avez-vous d’autres façons plus simples, plus conscientes, de vous protéger ?

La plus grande évidence, c’est que, quand même, je fais partie de ces gens qui ont vécu un peu au ralenti, qui ne se remuent pas, qui ne bougent pas beaucoup — aussi bien physiquement qu’autrement —, qui évitent l’usure, à tort ou à raison…

La Vierge est le signe de l’économie : économie d’espace, mais aussi d’énergie…

Alors qu’en fait je me sens beaucoup mieux quand je suis obligé d’en dépenser…

Matériellement, la Vierge se contente de peu…

Alors là vous tombez pile. J’ai été à deux ou trois reprises dans la « misère ». Je n’en souffrais pas tellement. À présent que je gagne mieux ma vie, ça ne change rien… Je ne suis pas propriétaire de quoi que ce soit et ça ne me gène pas du tout. Je n’ai pas la hantise de l’insecurité…

Vous faites donc mentir votre signe qui prédispose a nourrir une certaine obsession de l’insécurité justement. On n’a rien dit sur la culpabilité que le Virginien est plus porté que d’autres à éprouver, s’il est paresseux comme vous prétendez l’être. La paresse vous inspire-t-elle un sentiment de culpabilité ?

Non. C’est atténué par la pensée que j’ai le temps. C’est curieux, parce qu’étant donné que c’est entre vingt-cinq et quarante-cinq ans que l’être humain est le plus créatif, penser que j’ai le temps est de la foutaise : non seulement je n’ai plus le temps, mais encore il est dépassé… Ce n’est pas à soixante ans qu’il faut se dire qu’on va s’y mettre, et pourtant, par certains côtés, j’y pense…

Et la culpabilité qu’on éprouve devant un travail ?

J’ai tourné mon dernier film pratiquement sans scénario. J’aurais du en être malade et je m’en foutais complètement. J’ai envie d’employer une expression vulgaire que je n’aime pas du tout, mais qui est évocatrice : j’ai déjà donné. Quand les choses viennent trop tard, qu’il reste trop peu de temps et que ça ne se passe pas comme il faudrait, il y a peut-être une espèce d’usure qui fait qu’on s’en fout… mais peut-être que tout ça va être démenti dans six mois, quand tout d’un coup je vais rejaillir… Je vais peut-être faire ma Sonate d’ Automne dans un an… Je suis peut-être décourageant, mais je ne suis pas découragé.

L’ambition de faire le film que vous n’avez pas encore pu ou su faire vous motive donc ?

Ces temps-ci j’ai carrément envie de ne plus faire de films. Ça me travaille pas mal. J’ai fait trois années de peinture dans ma jeunesse et j’ai envie d’y revenir. J’y pense très sérieusement. Les plus grandes satisfactions que j’ai eues dans ma vie sont liées a la peinture. À l’âge que j’ai, ça me repousse loin, car, quand on est au point zéro, j’estime qu’il faut au moins cinq ans de travail pour arriver à un début de professionnalisme et de crédibilité. Il me semble que le cinéma en France est condamné à la médiocrité. Et quant à moi, j’en suis au point où je me dis que, même si j’allais au bout de mes exigences, je n’y arriverais pas, parce qu’en plus de mes exigences, il y aurait aussi celles des autres. Au cinéma on n’est pas seul, hélas…

Texte paru dans Entre les lignes, entre les Signes, Éd. RMC 1986.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


Le petit livre de la Vierge

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation de la Vierge selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation de la Vierge en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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