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| Publié le : 30 décembre 2001
10. Pluton astronomique
Pluton est la plus lointaine des planètes du système solaire et la plus petite de toutes. Elle est plus petite que 7 satellites du système solaire (la Lune, Io, Europe, Ganymède, Callisto, Titan et Triton).
Mythologie : Dans la mythologie grecque, Pluton (Hadès en grec) était le Dieu des Enfers. La planète doit probablement son nom (après de nombreuses autres suggestions) à son éloignement du Soleil qui la plonge dans une obscurité perpétuelle. De plus, les deux premières lettres de "Pluton" sont les initiales de Percival Lowell. Pluton fut découverte en 1930 presque par accident. En effet, des calculs basés sur les mouvements d’Uranus et de Neptune et qui se révélèrent ultérieurement faux avaient prédit la présence d’une planète au delà de Neptune. Clyde W. Tombaugh de l’observatoire Lowell en Arizona entreprit alors une étude minutieuse du ciel qui le conduisit tout de même à découvrir Pluton. Cependant, après cette découverte, il fut rapidement déterminé que Pluton était trop petite pour expliquer les divergences dans les orbites des autres planètes. On continua alors la recherche de la planète X. En effet, les divergences disparaissent si on utilise la valeur de la masse de Neptune déterminée par Voyager 2 lors de son passage près de cette planète. Pluton est la seule planète du système solaire à ne pas avoir été visitée par une sonde spatiale. Même le Télescope spatial Hubble ne peut distinguer les détails de sa surface. Pluton effectue une révolution autour du Soleil en 248 ans. Le rayon de Pluton n’est pas connu avec exactitude. Le JPL (Jet Propulsion Laboratory) donne une valeur de 1137 km avec une précision de 1 %. Bien que la somme des masses de Pluton et Charon soit parfaitement connue (elle peut être déterminée grâce à des mesures précises de la période et du rayon de l’orbite de Charon et de la Troisième Loi de Kepler), les masses individuelles de Pluton et de Charon sont difficiles à déterminer car il faut effectuer des mesures beaucoup plus précises de leurs mouvements respectifs. On ne saura pas précisement la masse de Pluton et de Charon jusqu’à ce qu’une sonde soit envoyée. Pluton est le second corps le plus contrasté du système solaire (après Japet). Trouver les origines de ce contraste est une des priorités de la mission Pluton Express. Certains pensent que Pluton devrait être classée dans la catégorie des gros astéroïdes ou des grosses comètes plutôt que dans celle des planètes. D’autres pensent que Pluton pourrait être en fait le plus gros des objets de la Ceinture de Kuiper. Cette dernière proposition a beaucoup de valeur mais historiquement, Pluton a été classée comme une planète et elle va probablement le rester. L’orbite de Pluton est très excentrique. Elle est parfois plus proche du Soleil que Neptune (elle l’est d’ailleurs depuis 1979 et va le rester jusqu’en 1999). Pluton effectue sa rotation dans le sens opposé de la plupart des autres planètes. Pluton est en résonance 3/2 avec Neptune. En effet, la période orbitale de Pluton est exactement 1,5 fois plus longue que celle de Neptune. Ainsi, bien qu’il semble que l’orbite de Pluton croise celle de Neptune, elles n’entreront jamais en collision. Tout comme Uranus, le plan équatorial de Pluton est presque à angle droit de son plan orbital. La température à la surface de Pluton n’est pas très bien connue mais elle se situe probablement entre -228 et -238° C. Les orbites inhabituelles de Pluton et de Triton et les similitudes entre leurs propriétés générales suggèrent que ces deux corps sont liés historiquement. On pensait autrefois que Pluton aurait pu être un des satellites de Neptune mais cela semble aujourd’hui improbable. Une théorie plus répandue avance que Triton, comme Pluton, se déplaçait autrefois sur une orbite indépendante autour du Soleil et fut capturée par Neptune. Triton, Pluton et Charon sont peut-être les seuls restes d’un corps plus gros dont les éléments furent éjectés dans le nuage de Oort. Tout comme la Lune, Charon pourrait être le résultat d’une collision entre Pluton et un autre corps. Pluton peut-être observé à l’aide d’un télescope amateur mais ce n’est pas facile. Des observations étalées sur plusieurs mois sont nécessaires pour distinguer Pluton. Deux nouvelles lunes pour Pluton La première lune de Pluton, Charon, fut découverte en 1978. Grâce au télescope spatial Hubble, on vient peut-être de découvrir, le 15 mai 2005, deux nouveaux satellites en orbite autour de Pluton. "Si, comme semblent l’indiquer nos nouvelles images du voisinage de Pluton, celle-ci ne détient pas une mais deux ou trois lunes, elle deviendra le premier objet de la ceinture de Kuiper à posséder plus d’un satellite" confirme Hal Weaver du laboratoire de physique appliquée Johns Hopkins de Laurel, dans le Maryland, co-auteur de la découverte.
Les présumées lunes, provisoirement désignées S/2005 P1 et s/2005 P2, se trouveraient approximativement à 45 000 kms de Pluton, soit deux à trois fois la distance Pluton-Charon. Ces deux lunes sont de petits corps, dont le diamètre estimé est compris entre 65 et 200 kilomètres. En comparaison, Charon est énorme avec ses 1170 km de diamètre. Pluton mesure quant à elle 2270 km. Encouragée par cette découverte, l’équipe a assidument traqué la présence de possibles autres lunes autour de Pluton, sans succès jusqu’à présent. "Ces images du télescope spatial Hubble représentent la fouille la plus détaillée jamais entreprise au voisinage de Pluton" affirme Andrew Steffl, un autre membre de l’équipe. "Aussi, il est très peu probable qu’une autre lune de plus de 15 km de diamètre ait pu nous échapper" conclut-il. La découverte d’objets célestes importants au-delà de l’orbite de Pluton fait douter nombre d’astronomes du statut de "planète" de Pluton. Mais la perplexité reste de mise, puisque selon l’agence Science-Presse, "Incidemment, si Pluton est le plus gros des astéroïdes de la ceinture de Kuiper, il n’en demeure pas moins un étrange astéroïde : sa lune, Charon, représente environ 15% de la masse de Pluton. En comparaison, notre Lune ne représente que 1,2% de la masse de la Terre, et elle est considérée comme un gros satellite. SUITE Voir aussi :
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Pluton déplanétisé à Prague
lundi 2 juillet 2007
par Richard Article d’Alexandra Schwartzbrod paru dans Libération du 18/08/2006 : Réunis à Prague, des chercheurs tentent de s’accorder sur la définition du mot « planète », ce qui pourrait faire passer leur nombre de huit à douze. Ou bien plus... Pluton est-il une planète, un astéroïde ou un objet pas encore totalement identifié ? Et Xena, repéré à ses côtés en 2003 ? Ou encore Cérès, découvert en 1801, entre Jupiter et Mars ? Depuis des mois, les plus grands experts remuent ciel et terre pour tenter de s’entendre sur une réponse et la tension monte d’autant qu’ils n’ont plus qu’une semaine pour y parvenir. Le sujet a l’air anecdotique, il n’en est rien : les découvertes étant de plus en plus nombreuses dans le système spatial, les scientifiques ont impérativement besoin de donner des définitions précises aux « objets » trouvés. Le tout est qu’ils s’accordent. Réunis en congrès à Prague depuis le 14 août au sein de l’Union astronomique internationale (UAI) - l’organisme qui donne notamment leurs noms aux planètes -, ils ont jusqu’au vendredi 24 pour voter une résolution à côté de laquelle celles de l’ONU apparaissent comme une pure partie de plaisir. Nouvelle nomenclature « Le mot "planète" signifie "vagabond" en grec. Les anciens, quand ils regardaient le ciel, voyaient sept "objets" qui avaient des mouvements différents : Mercure, Venus, Mars, Jupiter, Saturne et la Lune et le Soleil. Pour eux, il y avait sept vagabonds dans le ciel, c’est pour ça que le sept est resté un chiffre magique, explique l’astrophysicien André Brahic, professeur à Paris VII. Puis on a réalisé que le Soleil et la Lune n’étaient pas des planètes, et que la Terre en était bien une, ainsi qu’Uranus et Neptune. Certains se sont rendus compte aussi que Pluton était plus petit et que ce serait plutôt un astéroïde. Et les choses se sont encore compliquées quand on a découvert, en 2003, un objet plus gros que Pluton. Celui qui avait fait cette découverte a affirmé qu’il avait trouvé une planète alors qu’il s’agissait d’un astéroïde ! Bref, la polémique ne cessait d’enfler. » Pressée d’en finir, l’UAI met en place, il y a trois ans, un comité de travail chargé de trouver une nouvelle nomenclature. Dix-neuf astrophysiciens enfermés entre quatre murs planchent sur la différence entre « planète » et « corps de système solaire » (comète, astéroïde...). Impossible de trouver un consensus. Il y a quelques mois, ils réalisent que le grand congrès de l’UAI approche et qu’ils vont y arriver avec une question non résolue. Un groupe de travail restreint est alors formé avec trois Américains, un Japonais, un Anglais et un Français, André Brahic. « D’entrée, une polémique nous a opposés : je refusais que la réunion ait lieu dans un pays anglo-saxon. La langue de travail était en anglais, les documents étaient en anglais... c’était assez. J’ai proposé soit Paris, soit Tokyo. Et la réunion a eu lieu à Paris, le 30 juin, dans le plus grand secret », nous a-t-il raconté. « On est donc arrivés bien énervés mais très vite, et c’était le grand intérêt de monter cette réunion à Paris, la gastronomie française et surtout le Pomerol ont réchauffé l’ambiance. Et rapproché nos points de vue. » « Promotion à Pluton » Quelle est la conviction intime du représentant de la France ? « Pour moi, Pluton n’est pas une planète mais un astéroïde. Mais les autres n’étant pas tous d’accord, il fallait bien trouver une solution. L’idée nous est donc venue de faire comme dans le monde du travail quand quelqu’un gêne, lui donner une promotion. Nous avons donc donné une promotion à Pluton en transformant son nom en nom générique. » Dans le projet de résolution élaboré par le groupe de travail, le système solaire comprendrait donc douze planètes, dont huit bien connues (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), un astéroïde (Cérès), et trois autres inscrites dans une catégorie nouvelle et sans doute croissante, les fameuses « Plutons ». Neuvième « objet » figurant jusqu’à présent dans la liste des planètes « classiques », Pluton, la plus petite et la plus éloignée des « vieilles » planètes du système solaire, se retrouverait dans un groupe à part avec son satellite Charon, et Xena, la fameuse découverte par laquelle la polémique est arrivée en 2003, qui répond aussi à la douce appellation de « 2003 UB-313 ». Si cette résolution est votée à Prague, une planète sera donc « un corps céleste rigide qui a assez de masse pour avoir une gravité intérieure qui lui donne une forme hydrostatique équilibrée (presque ronde), en orbite autour d’une étoile, et qui n’est ni une étoile ni le satellite d’une planète ». Une dizaine de « candidates » figure déjà sur la liste d’attente de l’UAI. Commentaire de Richard Pellard Amusant. Nos astrophysiciens se disputent sur l’important problème physique que constitue la langue de travail. Mais peu importe, comme le dit Brahic : "L’idée nous est donc venue de faire comme dans le monde du travail quand quelqu’un gêne, lui donner une promotion. Nous avons donc donné une promotion à Pluton en transformant son nom en nom générique" des astres transneptuniens : un bel hommage involontaire au Pluton conditionaliste, gestionnaire du multiple et de la pluralité. Quant à la future définition proposée pour avoir le nom de "planète", elle irradie la précision astrophysicienne... Richard
Douze planètes officielles ?
lundi 2 juillet 2007
par Richard L’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale réunie à Prague viendrait, selon une rumeur, d’élever à 12 le nombre de planètes du système solaire. A l’issue d’un travail de deux années, les astronomes auraient fini par se mettre d’accord sur une nouvelle définition d’une planète : c’est un objet qui : 1 - possède une masse suffisante pour que sa gravité propre surpasse sa rigidité et lui confère une forme approximativement sphérique, et 2 - n’est lui-même ni une étoile ni un satellite de planète. Les objets ainsi définis seraient au nombre de 12 : neuf planètes "classiques" de Mercure à Neptune en passant par l’ex-astéroïde Cérès (entre Mars et Jupiter) ; et trois plutoniens (le terme officiel est "plutons") : Pluton elle-même, Charon et 2002 UB313 (Xena). L’un des éléments ayant déterminé la catégorie des plutons est la durée de révolution supérieure à 200 ans. Lien vers les éphémérides de Xena : Les astronomes voulaient redéfinir le concept de planète à partir d’une base scientifique, et ils semblerait qu’ils ont choisi pour critère la gravité. "C’est maintenant la nature qui décide qui est ou n’est pas une planète". Disons que c’est plutôt l’UAI en l’occurrence… Le choix de faire de Charon une planète serait plutôt curieux, étant donné que cet astre est le plus gros satellite de Pluton, ce qui contrevient à la nouvelle définition 2) de ce qu’est une planète ; mais il est vrai que dans le cas du couple Pluton-Charon, il serait plus exact de parler de système double, le centre de gravité de l’ensemble n’étant pas situé à l’intérieur de Pluton. Idem pour Cérès. Certes, l’ex-astéroïde a un diamètre de 1025 km et représente à lui seul 25 % de la masse de tous les astéroïdes. Il est suivi de Pallas (572 km), Vesta (542 km). Es-ce bien la masse qui a été le critère discriminant ? A titre indicatif, si l’on pose masse de la Terre = 1, la masse de Cérès est de 2.10 puissance -4, celle de Vesta de 4.10 puissance -5 et celle de Pluton de 0,002... Et ce n’est pas fini : douze autres astres seraient candidats au statut de planète. Attendons la suite... Richard
Pluton déplanétisé ?
lundi 2 juillet 2007
par Richard A Prague, Pluton perdrait son statut de planète Ça continue de phosphorer à l’Union Astronomique internationale : Pluton pourrait dès aujourd’hui, jeudi 24 août 2006, quitter le cortège des planètes du Système solaire en raison d’une nouvelle définition soumise au vote à l’UAI. C’est un coup de théâtre qui s’est produit mardi 22 août à Prague lors de la 26ème assemblée générale de l’Union Astronomique internationale (UAI) : vers 13h, lors d’une réunion extraordinaire, plus de 70 % de l’assemblée a violemment rejeté la définition de planète proposée le 16 août par les "six sages" mandatés par le comité exécutif de l’UAI. Sous la pression des opposants, le dit comité a proposé, vers 17h30, lors d’une seconde réunion extraordinaire, une nouvelle définition. Serait donc planète tout objet qui tourne autour du soleil, qui est suffisamment massif pour avoir une forme de sphère et qui domine son environnement (c’est-à-dire qui est beaucoup plus massif que tous les objets situés alentour). Or, ce n’est pas le cas de Pluton qui navigue dans une nuée d’objets glacés dits trans-neptuniens, dont certains sont aussi gros que lui, voire plus gros. Si cette définition, qui hier a été chaleureusement accueillie par une assemblée soulagée, est votée jeudi, alors Pluton ne fera plus partie du cortège planétaire et sera relégué au rang de "planète naine". Quant à Charon, qualifié de Planète par la précédente définition, il resterait son satellite. Dans ces conditions, qu’advient-il de Cérès, le plus gros des astéroïdes ? "Il se classe également parmi les planètes naines", répond Brian Marsden, directeur du "minor planet center". "Par ailleurs, tous les autres corps reçoivent l’appellation de "petits corps du système solaire", mais je suis persuadé qu’on continuera à les appeler « minor planets » (planètes mineures)". L’UAI semble donc avoir tranché : ce n’est ni 9 ni 12 planètes que compterait notre système solaire, mais 8. Reste à entériner ce choix lors du vote officiel de jeudi. La suite dans quelques heures... Richard
Pluton fait de la résistance
lundi 2 juillet 2007
par Richard Article paru dans le Nouvel Observateur sous la plume de Cécile Dumas : S’il te plaît, monsieur, définis-moi une planète… C’est aujourd’hui que les 2.500 astronomes réunis à Prague au congrès de l’Union astronomique internationale (UAI) devraient voter une résolution définissant le terme planète. Depuis que la proposition du comité exécutif de l’UAI, fruit de deux ans de discussions, a été rendue publique mercredi 16 août, le congrès de Prague est devenu le siège d’un intense débat. La définition du comité de l’UAI permettrait d’ajouter un grand nombre de nouvelles planètes au système solaire, ce qui n’a pas plu à tout le monde, loin de là. A côté des huit planètes ‘’classiques’’ le texte proposait en effet la création d’une nouvelle catégorie, les ‘’plutons’’, caractérisées par une orbite éloignée et excentrique. Pluton, Charon et la nouvelle 2003 UB313 en feraient partie. De nombreux objets trans-neptuniens pourraient à terme prétendre à ce statut. Une contre proposition menée par un astronome uruguayen, et signée par une vingtaine de collègues, insiste elle sur la place qu’occupe une planète dans son environnement : elle doit être le corps principal et dominant. Un critère qui exclut Pluton de la course. Cependant, pour des raisons historiques et culturelles, enlever à Pluton son statut de planète n’est pas si simple. Les astronomes doivent aussi se mettre d’accord sur des critères intrinsèques pour définir une planète. La rondeur de l’astre est un point important : les deux propositions stipulent qu’une planète doit avoir une masse suffisante pour atteindre une forme sphérique sous l’effet de sa seule gravité. D’autres chercheurs estiment que la capacité à retenir une atmosphère devrait également être retenue. Les débats se poursuivront aujourd’hui, jusqu’au vote, qui devrait se dérouler avant ce soir. Si aucune résolution n’est acceptée, la question sera repoussée jusqu’à la prochaine assemblée générale de l’UAI, dans trois ans. Quoi qu’il en soit, même si un texte est voté, il sera pas gravé dans le marbre, explique André Brahic, astrophysicien français membre du comité exécutif de l’UAI. : "Les découvertes à venir au-delà du système solaire nous obligerons à revoir nos catégories", estime-t-il. Comentaire de Richard Pellard : La suite dans quelques heures... En attendant, une anecdote poilante et hautement scientifique : "Le comité a dû tenir compte du choc historique qu’aurait provoqué le retrait de Pluton de la liste des planètes. Elle est la seule planète découverte par un Américain, ce qui a ajouté une touche politique au débat". Richard
Pro-Pluton contre anti-Pluton
lundi 2 juillet 2007
par Richard PRAGUE (AFP) Pluton est-elle ou non une planète ? Le sort de cet astre glacé se joue ce jeudi à Prague où les membres de l’Union astronomique internationale doivent se prononcer sur deux résolutions concurrentes, dont l’une ramène de 9 à 8 le nombre de planètes gravitant autour de notre Soleil. Après deux semaines de débats passionnés, les quelque 2.500 scientifiques présents à l’assemblée triennale de l’UAI devront voter dans l’après-midi sur leur définition de ce qu’est une planète du système solaire. La première résolution établit une distinction entre les "planètes", les "planètes naines" et les "petits objets du système solaire". La seconde, fortement soutenue par l’exécutif de l’UAI, ajoute un seul adjectif, "classique", à l’appellation "planète". Un petit qui fait la différence. La première option, qui avait semblé réunir mardi un certain consensus parmi l’assistance, retire dans les faits à Pluton son statut de planète. Elle serait reléguée parmi les "planètes naines", au même rang que Ceres et l’encore mystérieuse UB313, découverte il y a trois ans aux confins du système solaire. Notre système solaire ne comprendrait dans ce cas que 8 planètes (contre 9 actuellement) : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. On reviendrait ainsi à une conception plus culturelle et historique du système solaire, Pluton n’ayant été découverte qu’au 20ème siècle. Dans la deuxième option, le système solaire comprendrait pêle-mêle 11, voire 12 planètes "classiques" et "naines" (selon que Charon, la lune de Pluton soit incluse dans la liste ou non, ce qui n’apparaissait pas clairement jeudi matin). Une composition très provisoire puisque potentiellement des dizaines de "planètes naines" pourraient se nicher aux confins du système solaire, dans la ceinture de Kuiper, et n’attendent que d’être découvertes. Seule planète découverte par un astronome américain, Pluton pose question aux astronomes : elle est en effet très différente des autres corps du système solaire, qui sont rocheux (pour les plus proches du soleil) ou gazeux (pour les plus éloignés) et orbitent de manière circulaire autour de notre astre. Pluton est elle largement formée de glace et suit une orbite très longue et excentrée qui exige d’elle 247 années pour faire le tour du Soleil De plus, Pluton est bien plus petite que l’on pensait au moment de sa découverte par l’astronome Clyde Tombaugh, plus petite même que notre Lune. Pour Owen Gingerich, le président de la commission de l’UAI chargée de définir une planète, les débats ont été particulièrement compliqués par le fait que Pluton "dipose d’un énorme fan club parmi les astronomes". L’UAI avait provoqué un intense intérêt médiatique la semaine dernière en proposant de porter à 12 le nombre de planète du système solaire. Si l’opinion publique n’a retenu que cette seule modification, il ne s’agissait pour les astronomes que d’une simple conséquence de leur nouvelle définition d’une planète. Les deux motions en concurrence estiment l’une et l’autre qu’une planète du Système solaire est "un corps céleste, qui (a) orbite autour du Soleil, (b) possède une masse suffisante pour que sa gravité propre lui permette de surmonter des forces structurelles rigides pour atteindre une forme (presque ronde) d’équilibre d’hydrostatique et (c) a dégagé le voisinage autour de son orbite". Une planète naine est également un corps rond orbitant autour du Soleil, mais, contrairement à une planète, elle n’a pas dégagé l’espace environnant sous l’effet de sa propre gravité. Tous les autres objets célestes orbitant notre étoile (astéroïdes, comètes) sont qualifiés de "petits corps du système solaire", l’expression "planète mineure" étant officiellement abandonnée. Ce suspense "scientifique" devient haletant... Richard
Pluton n’est plus une planète !
lundi 2 juillet 2007
par Richard C’est désormais officiel : l’assemblée générale de l’Union astronomique internationale (UAI) vient de décider de déchoir Pluton de son statut de planète, ramenant à huit le nombre de planètes du système solaire. Tout part d’un simple problème de trait d’union lourd de conséquence. La communauté des astronomes, gens habituellement posés, était en ébullition ce jeudi après la disparition d’un trait d’union dans un texte qui a été soumis au vote de l’assemblée générale de l’Union astronomique internationale. Au centre des débats : les planètes naines ("dwarf planets" en anglais, langue de travail des scientifiques réunis depuis le 14 août à Prague). Le texte, sur lequel les 2.500 astronomes présents semblaient avoir atteint un début de consensus, parlait de "dwarf-planets" avec un trait d’union. Hors le trait d’union a été abandonné. Les scientifiques ne voulaient, en effet, pas introduire la confusion que les planètes naines puissent être prises pour des planètes. Et le débat a tourné autour du statut accordé à Pluton, considérée jusqu’à présent comme la neuvième planète du système solaire. De nombreux astronomes voulaient lui voir perdre cette qualité, en raison de sa petite taille (plus petite que la Lune) et du caractère excentrique de son orbite. Et la résolution votée ce jeudi à Prague prive désormais Pluton de son statut de planète pour la reléguer parmi les planètes Naines (dwarf planets - sans trait d’union), avec Cérès et le mystérieux UB313 découvert il y a trois ans aux confins du système solaire. Pour éviter toute confusion à l’avenir, un groupe d’astronomes a proposé de renoncer au terme "planète naine" pour l’exotique (mais sans ambigüité) "planetino". Est en effet considéré comme planète, selon la nouvelle définition : tout corps non stellaire, en orbite autour du Soleil ou d’une étoile, assez massif pour que sa propre gravité lui impose une forme sphérique et pour dominer son environnement. C’est ce dernier critère qui ôte à Pluton l’appellation qu’on lui connaissait depuis 1930. Car non loin de son orbite se trouvent des corps de tailles identiques qui ne sont pas soumis à son attraction. Commentaire de Richard Pellard La grammaire scientifique est sans pitié. A cause d’un simple trait d’union, Pluton a perdu son statut de planète. Les plutoniens sont désormais priés de n’être plus plutoniens, puisqu’un mot a fait disparaître la chose. Gageons qu’ils ne se laisseront pas faire. Le dernier critère qui a permis d’éliminer Pluton du cortège planétaire ne manque pas non plus de sel : hier encore, les astronomes étaient prêts à faire de Cérès une planète alors de près de son orbite se trouvent des corps de tailles identiques qui ne sont pas soumis à son attraction : les autres astéroïdes de la ceinture… A noter aussi que la définition proposée par l’assemblée générale de l’UAI ne s’applique qu’au seul système solaire, au grand regret de ceux qui auraient souhaité un concept s’appliquant aux nombreuses planètes (près de deux cents à ce jour) que l’on découvre désormais régulièrement autour d’autres astres que notre Soleil. Mais les astronomes se foutent peut-être complètement de l’unité des lois de la physique ? Un trait d’union et un simple changement de définition auront donc suffi. Tout cela démontre bien que Pluton "non-R" désigne bien une fonction-limite entre inclusion et exclusion. Richard
Pluton rejeté du club très fermé des planètes
lundi 2 juillet 2007
par Richard Pluton rejeté du club très fermé des planètes du Système Solaire... Par Christophe Olry, Futura-Sciences Le suspense aura duré jusqu’au bout, mais le sort de Pluton est désormais scellé. Le comité d’experts mandaté par l’Union Astronomique Internationale avait proposé de conserver son statut et d’enrichir par la même occasion notre Système Solaire de trois nouvelles planètes - Charon, Cérès et Xena – mais l’assemblée générale réunie à Prague en a décidé autrement. A partir d’aujourd’hui, le Système Solaire ne compte plus que huit planètes. Au revoir Pluton ! Huit ou douze planètes ? On a cru un instant que notre Système Solaire allait compter trois planètes supplémentaires. En effet, le comité d’experts présidé par l’astronome Owen Gingerich (université de Harvard) avait proposé une nouvelle définition du mot planète faisant la part belle à la gravité… et à Pluton. Selon eux, pour faire partie du cercle très fermé des planètes, un objet céleste devait être en orbite autour d’une étoile, sans toutefois être une étoile, et être suffisamment massif pour que l’effet de sa propre gravité lui confère une enveloppe sphérique. Soumise au vote de la 26ième assemblée générale de l’Union astronomique internationale, cette définition devait voir la confirmation du statut de Pluton et l’intronisation de Charon, Cérès et Xena (2003 UB313). Pluton rétrogradé Hélas pour Pluton, la proposition du comité a été rejetée par 70 % des 2.500 participants et amendée. A l’heure du vote de cet après-midi, quatre résolutions étaient présentes. La résolution 5A définissait une planète comme un objet :
Les résolutions 5A et 5B définissaient d’autre part les notions de "planètes classiques", de "planètes naines" (les objets correspondant aux deux premiers critères mais non au troisième), et de "petits corps du Système Solaire". Les résolutions 6A et 6B, quant à elles, visaient à faire de Pluton une planète naine, ouvrant la voie à une nouvelle classe d’objets plutoniens. A l’issue d’un vote à mains levées, l’amendement proposant d’établir deux catégories de planètes - "naines" et "classiques" - a été débouté et la définition de la résolution 5A adoptée. De fait, ces décisions s’accompagnent de la rétrogradation immédiate de Pluton. Notre Système Solaire ne compte donc plus que huit planètes : Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Après les avoir occupés pendant des dizaines d’années, Pluton va donc disparaître de nos manuels scolaires... Commentaire de Richard Pellard : Pluton va donc disparaître de nos manuels scolaires... Mais pas de nos éphémérides astronomiques et astrologiques, ni de nos Thèmes. Richard
Ce qui a failli arriver...
lundi 2 juillet 2007
par Richard Trois nouvelles planètes dans le Système Solaire ? Par Christophe Olry, Futura-Sciences, le 16/08/2006 à 16h07 Combien de planètes compte notre Système Solaire ? Sur les bancs de l’école, les élèves apprennent cette liste de neuf noms que nous connaissons bien : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton. En réalité, le nombre de planètes dépend surtout de la définition que l’on choisit de donner à ce type d’astres. Et justement, une nouvelle définition vient d’être proposée par le comité de l’Union astronomique internationale (IAU) réunie à Prague. Si celle-ci est approuvée le 24 août prochain, notre Système Solaire ne comptera plus neuf, mais douze planètes… voire bien plus encore ! Trois nouvelles planètes ? Notre Système Solaire héberge douze planètes. Si, de prime abord, cette phrase peut heurter nos convictions, elle pourrait bientôt apparaître dans tous les manuels scolaires. La première question que l’on se pose est évidemment la suivante : quelles seraient les planètes supplémentaires ? Selon le comité d’experts présidé par l’astronome Owen Gingerich (université de Harvard), sous les auspices de l’Union astronomique internationale, il s’agirait de Charon, de Cérès et de l’objet temporairement baptisé 2003 UB313. Charon fait partie du système double Charon/Pluton. Si elle est souvent considérée comme une lune de Pluton, le centre de gravité du système est situé à l’extérieur de cette dernière – à près de deux rayons plutoniens, et cette caractéristique unique fait de Charon un candidat potentiel au statut de planète. Avec un diamètre de 950 kilomètres, Cérès est le plus grand habitant de la ceinture d’astéroïdes comprise entre Mars et Jupiter. 2003 UB313, ou Xena, est un objet céleste découvert en janvier 2005 dans la ceinture de Kuiper, à partir de clichés pris le 21 octobre 2003 ; son diamètre présumé est de 2400 kilomètres. Une nouvelle définition basée sur la gravité Si ces trois nouveaux astres viennent gonfler les rangs des planètes du Système Solaire (nous le saurons le 24 août), ce sera à la faveur d’une nouvelle définition du terme « planète » proposée par le comité d’experts de l’Union astronomique internationale. Selon les astronomes, les objets célestes doivent satisfaire à deux conditions pour être élevés au statut de planètes :
A la lueur de cette nouvelle définition, qui considère la gravité comme facteur déterminant, Xena, Cérès et Charon pourraient donc rejoindre le club très fermé des planètes. Par ailleurs, douze autres objets célestes se portent d’ores et déjà candidats à l’intronisation. Un nouveau type de planètes : les "plutons" Autre point important de la 26e assemblée générale de l’Union astronomique internationale : la création d’une nouvelle catégories de planètes, celle des "plutons". Contrairement aux planètes dites classiques (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), elles résident dans des orbites très elliptiques et très inclinées, dont les périodes dépassent les 200 ans. Bien entendu, Pluton sert et servira de référence à cette nouvelle catégorie. Huit planètes classiques, trois planètes de type "plutons", ainsi que Cérès. Voilà ce que l’on pourrait bientôt lire dans les manuels des écoliers. Si la définition du mot "planète" est le sujet de nombreux débats, les scientifiques s’accordent toutefois sur un point : dans les années à venir, notre vision du Système Solaire n’aura de cesse d’évoluer… Commentaire de Richard Pellard : Vous vous rendez compte de l’horreur à laquelle nous venons d’échapper ? Le 16 août 2006, la Science était prête à remplir les manuels scolaires de fausses planètes ! Heureusement, dès le 24 août 2006, grâce à un trait d’union, à la décision arbitraire d’introduire un nouveau critère de sélection et au vote à main levée de 70 % des 2500 astronomes - tous phénomènes éminement astrophysiques -, nous sommes désormais rassurés : les manuels scolaires l’ont échappé belle ! Un bon coup de représentation intensive, non ? Richard
Revue de presse de Courrier International
lundi 2 juillet 2007
par Richard Pluton, la planète défunte, dans Courrier International, par Eric Glover L’Union astronomique internationale réunie en assemblée générale à Prague jeudi 24 août a donné pour la première fois une définition rigoureuse à la notion de planète. Et la grande perdante est Pluton, qui est dégradée au rang de "planète naine". Le système solaire ne compte plus que huit planètes. "De la même manière que la chute du Mur a obligé à revoir tous les manuels de géographie, la redéfinition de la notion de planète va obliger à corriger toutes les cartes, les manuels scolaires et quelques livres afin que soit effacé Pluton de la liste des planètes", constate le quotidien ABC après que l’Union astronomique internationale (UAI), l’autorité mondiale en la matière, a décidé de donner à la notion de planète une définition rigoureuse. "Les éditeurs ont du pain sur la planche. Les manuels d’astronomie et autres atlas du Ciel vont devoir être revus et corrigés. Notre bon vieux système solaire ne compte plus neuf planètes, comme cela s’est dit depuis la découverte de Pluton, en 1930, mais huit : Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune", complète le quotidien suisse Le Temps. Qui considère qu’il devenait urgent d’agir. "Le mot ’planète’, qui signifie ’vagabond’ en grec ancien, a longtemps désigné les sept astres visibles de la Terre à l’œil nu et étrangers au carrousel régulier des étoiles, soit Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, plus le Soleil et la Lune. Ensuite, après la révolution copernicienne et la découverte d’Uranus, de Neptune et de Pluton, respectivement aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles, le terme a pris un sens plus moderne, qui n’incluait plus ni notre étoile, ni les satellites naturels. Mais la découverte l’an dernier de Xena, un corps céleste plus grand que Pluton, par l’astronome américain Michael Brown a obligé à préciser encore le terme, faute de quoi il aurait peu à peu englobé une collection si nombreuse et si disparate de corps célestes qu’il n’aurait plus signifié grand-chose". Pour El País, "cette première définition scientifique de la notion de planète met en adéquation la nomenclature et les connaissances actuelles et va permettre aux astronomes d’utiliser les mêmes termes pour pouvoir se comprendre". Le quotidien espagnol estime que, "même si une définition n’est rien de plus qu’une convention, c’est le genre de convention nécessaire à toute activité collective". De ce fait, "on ne peut pas dire que les astronomes se sont lancés dans une polémique sur le sexe des anges. La décision finale de l’UAI n’est pas anodine, car elle conditionne la notoriété et les subventions des astronomes. Notamment, moins la définition d’un corps céleste est contraignante, plus il y a de chances d’en découvrir un. Et ce n’est pas du tout la même chose d’entrer dans l’histoire de l’astronomie comme découvreur d’une planète et découvreur d’un astéroïde", relève Clarín. Ce qui explique que les débats ont été vifs à Prague entre "les 2 500 scientifiques en provenance de 75 pays réunis lors de cette assemblée générale de l’UAI", précise le quotidien argentin. "Débat entre les pro- et les anti-Pluton, débat entre les partisans d’une décision rapide et ceux d’une remise des discussions à la prochaine assemblée générale, dans trois ans", explique Le Temps. Entre autres éléments, il faut rappeler que "Pluton est la seule planète découverte par un Américain (toutes les autres l’ayant été par des habitants de l’Ancien Monde). Sans compter que son déclassement causerait automatiquement celui de la mission New Horizon, du nom de la sonde lancée des Etats-Unis en 2004 dans le but d’explorer l’ultime ’planète’ du système solaire". Au final, note La Libre Belgique, sont des planètes les corps célestes "qui orbitent autour du Soleil, qui ont une masse suffisante pour que leur gravité l’emporte sur les forces de cohésion du corps solide et le maintienne en équilibre hydrostatique sous une forme presque sphérique et qui ont éliminé tout corps susceptible de se déplacer sur une orbite proche. Pour les corps tels Pluton, une nouvelle catégorie est créée, celle des ’planètes naines’, qui partagent les deux premiers traits avec les planètes, mais pas le troisième". Le journal d’outre-Quiévrain signale que "la définition de l’UAI ne s’applique qu’au seul système solaire, au grand regret de ceux qui auraient souhaité un concept s’appliquant aux nombreuses planètes (on en a trouvé près de 200 à ce jour) que l’on découvre désormais régulièrement autour d’autres astres que notre Soleil". "Le projet original de la direction de l’UAI, qui avait provoqué un intense intérêt médiatique la semaine dernière, prévoyait d’élargir le système solaire à 12 planètes : les 8 ’vraies’ planètes, plus les 3 naines, ainsi que Charon, qui reste cantonné dans son statut actuel de lune de Pluton", poursuit le journal belge. "Tous ces débats dont les médias rendent compte depuis deux semaines donnent des astronomes l’image d’individus confus et capricieux, et le vote final, qui s’est fait à main levée, semble bien peu scientifique", ajoute le quotidien espagnol El Sur. L’astronome britannique Michael Rowan-Robinson a d’ailleurs regretté qu’un projet de résolution ait été diffusé simultanément auprès des médias et des scientifiques, craignant qu’elle ne fasse passer les astronomes pour de "parfaits idiots" auprès de l’opinion publique. Commentaire de Richard Pellard : Trop tard ! Les parfaites idioties "bien peu scientifiques" ont été faites ! Richard
Des astronomes absurdes
lundi 2 juillet 2007
par Richard La situation devenait absurde, propos recueillis par Y. M. et C. V. dans Le Figaro Des astronomes réagissent sur le changement de statut de Pluton et la nouvelle définition d’une planète : Patrick Rocher (Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides) : « Les astronomes cherchaient depuis longtemps à clarifier les choses. C’est plutôt logique d’enlever Pluton, mais on aurait pu aussi le garder parmi les planètes. Quand on trouve de nouveaux objets proches de ceux que l’on connaissait déjà, cela oblige à en donner une nouvelle définition ». Michel Mayor (Observateur de Genève), co-découvreur de la première planète extra-solaire, 51 Pegasi B en 1995 : « La nouvelle définition des planètes me convient très bien. Elle a encore quelques faiblesses et il faudra sûrement y revenir un jour, mais, pour l’instant, elle a le mérite d’être claire. J’ai été tenu au courant que beaucoup de gens à Prague étaient très mécontents de la proposition faite au départ qui consistait à augmenter le nombre de planète à douze. Vouloir mettre la complexité de la nature dans des boîtes, c’est toujours simplificateur, mais la nouvelle définition s’appuie sur des critères physiques indiscutables. Il ne faut pas oublier que la masse de Pluton est deux mille fois plus petite que celle de la Terre. Si on avait refusé les autres candidates et gardé Pluton, seulement pour des raisons historiques, ce n’aurait pas été cohérent. Mais ce qui s’est passé à Prague est tout de même très étonnant. Un groupe de six personnes a travaillé pendant deux ans sur cette question des nouvelles planètes et, en l’espace d’une semaine, la situation s’est complètement retournée ». Patrick Michel, astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur à Nice, et promoteur actif d’un système à huit planètes lors de la réunion de Prague. « Je suis content de voir que les scientifiques sont capables de revenir sur les traditions, quand celles-ci sont invalidées par les observations. Avec la découverte de nouveaux gros objets dans la ceinture de Kuiper, la situation devenait absurde : soit on allait avoir 200 planètes, soit on n’en gardait que 8. D’un point de vue scientifique, cette nouvelle définition ne change absolument rien. Elle est uniquement importante d’un point de vue politique et culturel ». Thomas Widemann, astronome de l’Observatoire de Paris-Meudon, spécialiste de Pluton. « Je suis triste pour Pluton. Je me faisais aussi une joie d’inscrire Cérès dans le bestiaire des planètes du système solaire ! Tant pis. Mais la question du statut de Pluton, planète ou pas planète, revenait régulièrement depuis quelques années. Je pense que c’est aussi absurde de demander à un botaniste de faire une distinction entre un arbuste et un arbre. Ce qui compte, c’est la diversité des milliers de corps différents qui peuplent le système solaire, planètes, astéroïdes, comètes et transneptuniens ». L’astronome américain Mike Brown de Caltech en Californie – pourtant découvreur de cinq gros objets de Kuiper pouvant prétendre au statut de planète – s’est récemment rangé dans le camp de ceux qui refusaient le statut de planète à Pluton. Et, pourtant, la première proposition de l’union astronomique internationale aurait fait de lui le plus grand découvreur de planète de l’histoire ! Commentaire de Richard Pellard : Lisez attentivement les phrases en gras. Nous sommes en pleine physique objective fondamentale... Richard
Une veuve éplorée
lundi 2 juillet 2007
par Richard A notre regretté Pluton… dans le Nouvel Observateur La décision de modifier le statut de Pluton, adoptée hier par l’Union astronomique internationale, non seulement rend caducs les manuels d’astronomie mais prive aussi les Etats-Unis de la seule découverte de planète qui leur revenait. C’est en effet Clyde Tombaugh, qui travaillait au Lowell Observatory en Arizona, qui a découvert Pluton à 24 ans en 1930. Déchoir la 9ème planète de son statut était aussi une affaire de cœur. Aux Etats-Unis les réactions sont diverses. Certains astronomes réagissent vertement en refusant le déclassement de Pluton ou en critiquant la nouvelle définition. Alan Stern, de l’université de Boulder, impliqué dans la mise en place de la mission New Horizons vers Pluton et Charon, a déclaré à la BBC que c’était une « affreuse définition ». Il estime qu’il sera difficile et contraignant de tracer une ligne claire entre planète classique et planète naine. Il affirme par ailleurs que des astronomes rédigent une pétition demandant le rétablissement de Pluton comme planète. La veuve du découvreur de Pluton "secouée" par la rétrogradation de la planète (Associated Press) La veuve de Clyde Tombaugh, l’astronome américain qui a découvert Pluton il y a 76 ans, s’est dite "secouée" par la décision de L’Union astronomique internationale (UAI), réunie en assemblée générale à Prague, de rétrograder l’astre au rang de "planète naine". "Je n’ai pas de chagrin. Je suis juste secouée", a déclaré Patricia Tombaugh, 93 ans, interrogée au téléphone par l’Associated Press à son domicile de Las Cruces dans le sud-ouest des Etats-Unis. Elle a ajouté toutefois que feu son mari, décédé en 1997, aurait compris la décision de l’UAI parce que c’était un scientifique dans l’âme même s’il s’est battu toute sa vie pour qu’on ne rétrograde pas sa planète. "C’était un scientifique. Il aurait compris que ses collègues avaient un réel problème à mesure qu’ils découvraient de nouveaux objets dans l’espace ? Il savait que cela allait se produire. Avant de mourir, il a parcouru et parcouru encore ses travaux. Bien sûr qu’il était déçu. Après avoir passé 75 ans à la considérer comme une planète, qui ne le serait pas", a demandé Patricia Tombaugh en soulignant que son époux s’était résigné. Si les astronomes de l’observatoire de Lowell ne cachent pas leur déception, à l’université d’Etat du Nouveau-Mexique où Tombaugh a professé de 1955 à 1973 et fondé le département de recherche astronomique, l’annonce de cette rétrogradation a été accueillie tout aussi tristement. Le directeur du département Jim Murphy a toutefois tenté de minimiser la portée de cette annonce. "Pluton n’a pas cessé d’exister. Elle n’a pas perdu ni gagné le moindre atome. Ses caractéristiques physiques n’ont pas changé d’un iota à cause de son nouveau statut. Elle était déjà considérée comme un membre d’un groupe plus important d’objet célestes", a noté Jim Murphy. Richard
Un chien en peluche, un Pluton en moins...
lundi 2 juillet 2007
par Richard L’astronomie, c’est « simple comme un parapluie », par Laurent Suply, Le Figaro. La définition revue et corrigée du système solaire est une chose trop sérieuse pour la laisser à des astronomes grincheux. Sélection des perles de l’assemblée générale de l’Union Astronomique Internationale, jeudi, durant laquelle Pluton a perdu son statut de planète. Un ballon, un chien en peluche, un paquet de céréales et un citron sont disposés sur une table. Jocelyne Bell-Burnell, l’une des 10 000 astronomes présents, définit devant ses confrères le système solaire : le ballon représente les 8 planètes classiques (Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune). Le chien en peluche - en fait le célère Pluto de Walt Disney - tient le rôle de Pluton (Pluto en latin et en anglais). Un paquet de muesli est posé là, avocat des « planètes naines ». Enfin, tout au bout de la table, un citron représente les intérêts des « petits corps du système solaire ». L’intervenante sort de nulle part un parapluie, et la pose au dessus de la baudruche, de la peluche, et des céréales. Elle se lance alors dans une démonstration alambiquée où les termes « planètes », « planètes classiques », et « planètes naines » s’entrechoquent. « Voyez, c’est simple comme un parapluie », s’amuse le président de séance. Le public rit aux éclats, mais ne semble pas convaincu pour autant. Eclats de rire et cartons jaunes C’est l’heure du vote : une forêt de bras se dresse, équipée de cartons jaunes. Mais le décompte s’éternise, et les votants fatiguent. « Nous aurions pu investir dans un système de vote électronique, mais nous avons pensé qu’investir cet argent dans des projets scientifiques serait plus utile », s’excuse le maître de cérémonie. Finalement, Pluton (et la peluche qui le représente) est exclue du système solaire. A une assez large majorité. Résolutions, contre-résolutions et amendements s’enchaînent. « Certains d’entre sont certainement décédés pendant le recompte », ironise une conférencière. Un dernier vote. Le maître de cérémonie s’interroge, à moitié sérieux : « Faut-il voter pour savoir s’il faut recompter les cartons un par un ? » La Française Catherine Cesarsky, nouvelle présidente de l’UAI, prend le micro et demande « qu’on en finisse ». Le temps de décider que Pékin accueillera la prochaine assemblée générale, et toute la salle se vide, Pluton restant seule dans les profondeurs glaciales de l’espace, tandis que les astronomes filent se « réchauffer » à la buvette. Commentaire de Richard Pellard : Un chien débile en peluche, une planète en moins : c’est un triomphe de la science officielle... Richard
Pour les amateurs d’astrologie horaire...
lundi 2 juillet 2007
par Richard Pour les amateurs d’astrologie horaire... dont je ne fais pas partie : Prague, le 24 août 2006 : il était exactement 15h33 lorsque Pluton a définitivement été exclu du cortège planétaire. Au cours de la session de clôture de la 26ème assemblée générale de l’UAI, les astronomes se sont en effet prononcés en faveur de la résolution 5a qui ne reconnait le statut de planète qu’à 8 objets : Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. A l’heure du vote, vers 15h00, tant de mains brandissant le bulletin jaune se sont levées pour approuver la résolution qu’il n’a pas été nécessaire de compter précisément les « pour » et les « contre ». Trente minutes plus tard, les mêmes votants ont rejeté l’amendement 5b qui proposait d’ajouter le qualificatif « classique » devant le terme planète. Juste avant ce deuxième vote, la célèbre astronome Jocelyn Bell, chargée de modérer le débat devant une assemblée de plusieurs centaines de membres a précisé que : « Cette modification sémantique qui peut paraitre mineure a pourtant une grande importance. Si « planète » est précédée du terme « classique », cela signifiera qu’on a non pas trois catégories distinctes d’objets - les planètes, les planètes naines et les petits corps du système solaire - mais seulement deux, - les planètes réparties entre les classiques et les naines - et les petits corps du système solaire ». Après ce rappel, les membres ont entendu la courte plaidoierie de Rick Binzel (l’un des « 6 sages ») et celle de l’anglais Mark Bailey, respectivement pour et contre l’amendement 5b. Là encore, le résultat était si net (et les applaudissements si nourris) qu’un comptage précis des votants n’a pas été nécessaire. « Aujourd’hui est un jour historique, a déclaré Rick Binzel lors d’une conférence de presse tenue vers 18h00. L’Humanité dispose enfin d’une définition de planète autre que le terme « astre errant » proposé par les Grecs anciens ». Si, en ce jour historique, Pluton a perdu sa place au sein du cortège planétaire, il n’est pas pour autant relégué au rang de « petit corps du système solaire ». Comme tous les objets tournant autour du soleil suffisamment massif pour être sphériques, il entre dans la catégorie des planètes « naines », tout comme le gros astéroïde Cérès. Mais les membres de l’UAI ont décidé de faire à Pluton une place d’honneur parmi ces planètes « naines ». A 15h54, ils se sont en effet prononcés à 237 votes contre 157 en faveur de la résolution 6a qui le reconnait comme étant le prototype de toute une famille de « gros objets trans neptuniens ». Pour l’heure, cette famille dont Pluton est le réprésentant, ne possède pas de nom, le terme « objets plutoniens » proposés par l’exécutif de l’UAI pour les qualifier n’ayant pas été retenu par l’Assemblée. Encore du travail en perspective pour les membres de l’Union Astronomique Internationale. Commentaire de Richard Pellard :
Bref, en ce jour plus hystérique qu’historique, Pluton s’est fait descendre alors qu’il montait à l’horizon... Richard
Antiaméricanisme antiplutonien
lundi 2 juillet 2007
par Richard Dans cet article paru dans Science et Avenir sour la plume de Didier Jamet, l’antiplutonisme fait excellent ménage avec l’antiaméricanisme primaire : jusqu’où la connerie pseudo-scientifique ne va-t-elle pas se loger ! Lisez plutôt ce délire scientisto-chauviniste : Pluton, terminus des prétentieux Enfin, Pluton n’est plus une planète. L’Union Astronomique Internationale vient d’en décider aujourd’hui jeudi 24 août 2006, à une écrasante majorité. Cette sage décision met fin à une polémique qui virait depuis peu à un consternant psychodrame, les derniers défenseurs du statut planétaire de Pluton s’étant montrés prêts à dynamiter l’ensemble du système solaire pour ne pas faire déchoir la seule planète jamais découverte par un Américain. Lorsque Pluton fut découverte en 1930 par l’américain Clyde Tombaugh, les astronomes estimèrent qu’elle était aussi grande que la Terre. Égale de notre planète quant à la question du volume, rien ne s’opposait à priori à ce qu’on lui accordât le même statut. Or on comprit par la suite qu’elle était en fait plus petite que la Lune. Mais d’autres caractéristiques de Pluton, encore plus exotiques, amenèrent certains astronomes à questionner son statut avec de plus en plus de force. En effet, Pluton ne tourne pas dans le même plan que les autres planètes autour du Soleil. De plus, son orbite, en forme d’ovale aplati, est très différente de celle des planètes, aux courses quasi-circulaires. Enfin, sa nature essentiellement glacée, raison pour laquelle on avait initialement surestimé sa taille, le fait bien plus ressembler à un astéroïde qu’à une planète rocheuse. Alors pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour qu’on se décide à remettre un peu de logique et de cohérence dans notre représentation du système solaire ? Parce que la découverte de la « dernière planète du système solaire » par un Américain en 1930 était devenue au fil du temps un merveilleux symbole de l’excellence scientifique à laquelle est de fait parvenu le « Nouveau Monde » au cours du XXe siècle, en flagrant contraste avec une « Vieille Europe » déclinante depuis le milieu du XIXe siècle, époque de la découverte de Neptune par le français Le Verrier. Sauf que les sciences de l’Univers sont justement un des derniers domaines de la connaissance où les Européens n’ont pas à rougir face à leurs collègues d’outre-atlantique. C’est si vrai que nos amis américains n’ont toujours pas digéré le fait que la première planète découverte autour d’un autre soleil que le nôtre, 51 Pégase B, l’ait été en 1995 par une équipe suisse travaillant depuis l’observatoire de Haute-Provence, France, Europe. L’an passé, l’astronome américain Mike Brown annonçait la découverte d’un objet plus grand que Pluton, 2003 UB 313, que lui et son équipe s’étaient permis de populariser auprès des médias sous le nom de « Xena », en contravention flagrante avec les règles de l’Union Astronomique Internationale. Si Pluton avait été confirmée aujourd’hui dans son titre de planète, ce n’aurait été qu’une question de temps pour que Mike Brown entre dans les livres d’histoire comme le découvreur de sa suivante, la « 10e planète », poursuivant une tradition d’excellence de l’astronomie américaine inaugurée avec Pluton. Aussi on comprend mieux pourquoi il se trouvait tant d’Américains pour continuer de défendre contre l’évidence le statut planétaire de Pluton. Si Ptolémée avait été américain, peut-être débattrait-on encore de la question de savoir si la Terre est au centre de l’Univers... Alors ne boudons pas notre plaisir de voir la raison et la rigueur scientifique triompher des ambitions aveugles et des prétentions déplacées. En faisant perdre une planète au système solaire, la science vient de gagner une grande victoire. Richard
Une pétition contre la nouvelle définition des planètes
lundi 2 juillet 2007
par Richard Un groupe d’astronomes américains ont lancé une pétition pour le retour de Pluton dans le cortège planétaire. Sans qu’il l’avoue, il semblerait bien que cette initiative ait pour cause le protectionnisme et le nationalisme scientifique étasunien. Ce texte a été publié sur le site de la très officielle NASA et est suivi des commentaires de Cécile Dumas (Science et Avenir) : "Nous, astronomes et planétologues, nous ne sommes pas d’accord avec la définition du terme planète de l’UAI et nous ne l’utiliserons pas. Une meilleure définition est nécessaire". En seulement cinq jours, affirment les organisateurs, 300 chercheurs ont signé cette pétition refusant la nouvelle définition des planètes du système solaire adoptée le 24 août à Prague lors du congrès de l’Union astronomique internationale, qui classe Pluton dans la catégorie des planètes naines. Alan Stern, l’un des principaux scientifiques de la mission New Horizons, et Mark Sykes, directeur du Planetary Science Institute, sont à l’initiative de la pétition. Ils estiment que la définition adoptée en août est confuse et qu’elle jette le trouble chez les enseignants. Le texte de la pétition ne détaille pas les défauts de la nouvelle définition. Reproche est fait à l’UAI de n’avoir pas assez largement consulté la communauté scientifique. Seuls les astronomes physiquement présents à Prague pouvaient voter. L’UAI a déjà déclaré qu’elle envisageait de mettre en place un système de vote par courrier électronique. Plusieurs critiques ont émergé après le vote du 24 août : certains estiment que l’un des critères retenus, le fait qu’une planète ait fait place nette autour d’elle, est inapplicable. D’autres estiment que la limite entre ‘’planète classique’’ et ‘’planète naine’’ sera difficile à tenir. Avec 300 signatures, les organisateurs ont clos la pétition et estiment que leur mouvement a suffisamment de poids pour rouvrir la discussion. Pour l’instant l’UAI n’a prévu aucun processus de révision de sa définition avant son prochain congrès en 2009, à Rio de Janeiro, au Brésil. Sykes et Stern proposent d’organiser un congrès en 2007 pour discuter d’une autre définition. Richard
Une pétition contre la nouvelle définition des planètes
lundi 2 juillet 2007
par Richard Un groupe d’astronomes américains ont lancé une pétition pour le retour de Pluton dans le cortège planétaire. Sans qu’il l’avoue, il semblerait bien que cette initiative ait pour cause le protectionnisme et le nationalisme scientifique étasunien. Ce texte a été communiqué par la NASA et est suivi des commentaires de Cécile Dumas (Science et Avenir) : "Nous, astronomes et planétologues, nous ne sommes pas d’accord avec la définition du terme planète de l’UAI et nous ne l’utiliserons pas. Une meilleure définition est nécessaire". En seulement cinq jours, affirment les organisateurs, 300 chercheurs ont signé cette pétition refusant la nouvelle définition des planètes du système solaire adoptée le 24 août à Prague lors du congrès de l’Union astronomique internationale, qui classe Pluton dans la catégorie des planètes naines. Alan Stern, l’un des principaux scientifiques de la mission New Horizons, et Mark Sykes, directeur du Planetary Science Institute, sont à l’initiative de la pétition. Ils estiment que la définition adoptée en août est confuse et qu’elle jette le trouble chez les enseignants. Le texte de la pétition ne détaille pas les défauts de la nouvelle définition. Reproche est fait à l’UAI de n’avoir pas assez largement consulté la communauté scientifique. Seuls les astronomes physiquement présents à Prague pouvaient voter. L’UAI a déjà déclaré qu’elle envisageait de mettre en place un système de vote par courrier électronique. Plusieurs critiques ont émergé après le vote du 24 août : certains estiment que l’un des critères retenus, le fait qu’une planète ait fait place nette autour d’elle, est inapplicable. D’autres estiment que la limite entre ‘’planète classique’’ et ‘’planète naine’’ sera difficile à tenir. Avec 300 signatures, les organisateurs ont clos la pétition et estiment que leur mouvement a suffisamment de poids pour rouvrir la discussion. Pour l’instant l’UAI n’a prévu aucun processus de révision de sa définition avant son prochain congrès en 2009, à Rio de Janeiro, au Brésil. Sykes et Stern proposent d’organiser un congrès en 2007 pour discuter d’une autre définition. Si vous êtes d’accord avec eux, pétitionnez ici Voir aussi ces très drôles photo pro-plutoniennes : Richard
Une définition "pas très précise"
lundi 2 juillet 2007
par Richard Alessandro Morbidelli, chercheur à l’Observatoire de la Côte d’Azur à Nice (CNRS/INSU), ne croit pas que ce mouvement protestataire ira très loin. « Bien sûr, on ne mettra jamais tout le monde d’accord » estime le planétologue, qui a activement participé aux discussions à Prague. « Il est vrai que la définition n’est pas très précise : elle dit qu’une planète déstabilise la dynamique de son entourage. Que signifie exactement déstabiliser ? quelles sont les limites de l’entourage ? On peut en discuter longtemps. Mais l’esprit de la résolution est clair : une planète doit sortir du lot. C’est un corps important qui influence la structure dynamique du système solaire ». Richard
La couleur de Pluton
lundi 2 juillet 2007
par Richard Découvrez la vraie couleur de Pluton en image de synthèse scientifique : Richard
Pluton & Corâneries
lundi 2 juillet 2007
par Richard L’éviction de Pluton met Zaghloul Nadjar dans une position intenable en battant en brèche ses théories fumeuses sur le cosmos et l’univers. Pour les non-initiés, Zaghloul Nadjar se présente comme astrophysicien et défend la théorie du Coran, livre de recettes scientifiques. Il prévoit notamment, sur la base de sa lecture personnelle du Coran, que les déserts du Moyen-Orient reverdiront un jour. Ces "vérités scientifiques" du Coran, dites par Nadjar, sont fortement contestées par le journaliste et écrivain égyptien Khaled Mountassar. Ironisant sur les récents déboires télévisuels du pseudo-scientifique, notre confrère note que Zaghloul Nadjar a essuyé un premier échec avec son pseudoenregistrement du son produit par l’étoile du matin (Tarek en arabe). Il affirme, en effet, avoir été le seul être au monde à réussir un enregistrement du bruit occasionné par le passage de cette étoile. Ces élucubrations ont été réfutées par des scientifiques renommés qui ont opposé à Nadjar l’impossibilité d’entendre de pareils sons dans l’espace et, a fortiori, de les enregistrer. Impitoyable, Khaled Mountassar, ajoute : "Comme si cet échec ne suffisait pas pour l’abattre, un collège de scientifiques mondiaux lui a donné le coup de grâce. Il a exclu Pluton de notre système planétaire pour "délinquance" (2). Or, Zaghloul Nadjar a étayé sa théorie des "Onze planètes" par la Sourate de Joseph (3)." "Or, rappelle Khaled Mountassar dans le magazine Elaph, il y a à peine trois mois, et suivant les mêmes théories, Zaghloul Nadjar affirmait dans Al- Ahramque le système des planètes était immuable et qu’on ne pouvait ni y ajouter ni en retrancher. Or, les scientifiques de Prague ont prouvé le contraire : on peut ajouter des planètes et on en ajoutera. "Il reste, souligne encore Mountassar, que le Dr Zaghloul Nadjar nous met dans une fâcheuse posture avec ses "théories miraculeuses". Il établit un lien forcé entre la religion qui ne connaît que des réponses et la science qui pose sans cesse des questions. La religion est conviction et la science est doute et rien ne sert de mélanger les deux. Sinon, nous risquons de tomber dans le doute religieux avec les bouleversements que causent Zaghloul Nadjar et les tenants du "miracle scientifique". Le miracle du Coran tient dans ses idées révolutionnaires qui vivront et non pas dans ses théories scientifiques qui changeront nécessairement. "Les tenants du miracle scientifique se servent de la religion et l’exploitent dans les supermarchés et les congrès du "miracle". Ils vendent l’illusion selon laquelle nous sommes les meilleurs et les plus forts, que l’avancée de l’Occident n’est que le résultat de nos découvertes contenues dans nos livres. C’est une vraie tragédie que les marchands de religion soient traités comme des stars et que les vrais défenseurs de la religion soient montrés du doigt et deviennent sujets à anathèmes, conclut Khaled Mountassar. Effectivement, les spécialistes du "business" religieux imposent leur domination aux médias et exercent une influence néfaste sur des masses de plus en plus subjuguées par le mensonge et la flagornerie. Ce n’est toutefois pas un hasard si les charlatans et les flatteurs de mémoires prospèrent un peu partout sur les chaînes satellitaires et dans les journaux. (2) En attendant que Zaghloul Nadjar soit exclu du monde scientifique pour charlatanisme et pratique illégale du commerce de la religion. (3) "J’ai vu onze étoiles, le Soleil et la Lune ; oui, je les ai vus se prosterner devant moi" (Sourate XII). Article complet ici :
Les regrets éternels des Américains à Pluton
lundi 2 juillet 2007
par Richard Article stupéfiant paru dans Le Monde du 05/09/2006 sous la plume de Corine Lesnes : Cinq tulipes orange, des messages : "Repose en paix." Devant la stèle dédiée à Pluton, sur le Mall, la grande esplanade de Washington, les condoléances s’accumulent. Une carte est adressée à l’ex-neuvième planète du système solaire. Elle est signée de Mars, Jupiter, Vénus, Mercure et les autres : "Tu vas nous manquer." La stèle d’acier fait partie de la réplique du système solaire installée aux abords du Musée national de l’air et de l’espace. En marchant 206 pas, on arrive à Neptune. La Terre est située près du Capitole. Marian Flynn et Bill Berlin sont venus déposer un bouquet de fleurs. "Nous sommes attachés à Pluton", explique Marian. Ils reconnaissent que le déclassement d’un morceau de glace situé à 4,5 milliards de km n’a pas grande importance. Mais ils partagent l’avis des éditorialistes du Washington Post : planète un jour, "planète toujours". La relégation de Pluton au rang de planète naine, décidée par l’Union astronomique internationale le 24 août, a ému les Américains. Une manifestation a eu lieu vendredi 1er septembre à l’université du Nouveau-Mexique. Elle a réuni moins d’une centaine de personnes, étudiants et professeurs, mais elle comptait le fils de Clyde Tombaugh, l’astronome qui a découvert Pluton en 1930. "Un héros américain, a déclaré le scientifique Herb Beebe à la presse locale. Ne serait-ce que pour cette raison, le statut de Pluton ne devrait pas être modifié." Une pétition a été lancée dans les milieux scientifiques. Débordés par la réponse du public, les organisateurs en ont suspendu la diffusion. "Nous avons commencé à voir les noms de gens que nous ne connaissions pas. Or, nous voulions seulement prendre la mesure de l’intérêt de la communauté scientifique", explique l’astronome Alan Stern, le responsable de la sonde New Horizons, qui a été lancée en janvier par la NASA et qui passera par Pluton en juillet 2015 si tout va bien (elle emporte des cendres de Clyde Tombaugh, qui est mort en 1997). Dans la pétition, les 300 signataires indiquent qu’ils n’ont pas l’intention d’utiliser la nouvelle acception du mot "planète" décidée par l’UAI. Ils réclament une "meilleure définition". Sur l’Internet, des T-shirts sont déjà en vente, proclamant que "la taille importe peu". Alan Stern, qui a découvert deux lunes de Pluton en novembre 2005 avec le Southwest Research Institute du Colorado, a lui-même reçu des courriels de professeurs ou d’écoliers. "Pluton a toujours été très populaire chez les enfants. Peut-être parce que c’est la plus petite planète. Peut-être parce que c’est la plus lointaine", dit-il, interrogé par téléphone. Pour les Américains, Pluton est une amie d’enfance. En anglais, Pluton se dit Pluto. Quand ils entendent Pluto, les enfants pensent moins au dieu des Enfers qu’au chien aux longues oreilles de Walt Disney (certains pensent que la planète a été baptisée du nom du chien, mais c’est l’inverse). Soixante-dix ans plus tard, toucher à la définition de Pluton est une remise en question dont le pays n’a manifestement pas besoin. "Il y a encore quelque chose qui existe et qui s’appelle la tradition, s’emporte le Washington Post. Il n’est pas correct d’enseigner à des générations d’enfants qu’il y a neuf planètes et tout à coup d’en enlever une." Dans USA Today, c’est aussi l’insurrection. "Nos valeurs traditionnelles en prennent déjà un sacré coup en ce moment. Et maintenant l’IAU veut se mêler de l’organisation traditionnelle du système solaire. Cette décision doit être révisée", proteste le lecteur Gene Kolnowski. Devant la stèle de Washington, les visiteurs prennent des photos. "Pluton n’est plus une planète ? s’exclame un adolescent. Ma vie est un tissu de mensonges !" Il y aussi quelques appels à la raison. Certains estiment qu’il n’y a pas lieu d’être sentimental et que l’affaire a l’avantage de montrer ce qu’est un processus scientifique. Un jeune garçon écoute distraitement l’explication paternelle. Il ne comprend pas bien pourquoi on s’embarrasse de cette planète Pluton. "Mais pourquoi ils ne la font pas sauter, tout simplement ?" Voir aussi : Richard
Blues plutono-californien
lundi 2 juillet 2007
par Richard Pluton officiellement rajoutée au catalogue des "planètes mineures" Pluton sera dorénavant connue comme la planète mineure 134340 Pluton, selon la nouvelle désignation établie par le MPC (Minor Planet Center) de l’Union Astronomique Internationale. La décision d’inclure Pluton parmi les nombreux astéroïdes et comètes dans le catalogue des planètes mineures rend donc officielle sa récente dégradation du statut de planète. Le nouveau Système Solaire Le statut de Pluton a été changé de "planète" en "planète naine" lors du congres de l’UAI à Prague le 24 août dernier (voir notre news). De nombreux astronomes restent insatisfaits de la nouvelle définition du mot planète qui exclut Pluton et certains d’entre eux organisent une conférence pour proposer une définition alternative. Mais le catalogue officiel des petits corps du Système Solaire est placé sous l’autorité de l’UAI et Pluton y a été rajouté. Tim Spahr, directeur par intérim du MPC à Cambridge, dans le Massachusetts, indique que ceci a été fait dans un souci de cohérence : Cérès, un astéroïde déjà présent dans le catalogue des planètes mineures, venant d’être dotée également du statut de "planète naine". Spahr indique que l’IAU publiera bientôt un nouveau catalogue des planètes naines. Selon lui, Cérès est déjà dans le catalogue de planètes mineures, ainsi la façon la plus simple de procéder est de placer les planètes naines à la fois dans le catalogue des planètes mineures et dans le catalogue des planètes naines. Pour commencer, trois objets figureront dans ce catalogue : Pluton, Cérès, et l’objet lointain 2003 UB313, provisoirement appelé Xéna. L’UAI doit décider d’un nom officiel pour ce dernier d’ici un mois ou deux. Un groupe de travail de l’UAI a été formé pour décider si d’autres objets, tels que 2005 FY9, sont recevables dans cette liste. Une "hérésie" scientifique ? Cependant tout le monde ne s’est pas précipité pour adopter la nouvelle définition d’une planète. Le jour de la décision de l’UAI, deux scientifiques californiens ont présenté une résolution condamnant la décision de l’UAI en la qualifiant "d’hérésie scientifique hâtive et irréfléchie". Déposée par Keith Richman et Joseph Canciamilla, la résolution fait remarquer que Pluton (Pluto en anglais), partageant son nom avec le célèbre chien des dessins animés de Walt Disney, a "un rapport spécial avec l’histoire et la culture de la Californie" [!] "Déchoir Pluton de son statut provoquerait un mal psychologique à certains californiens qui se posent des questions sur leur position dans l’univers et s’inquiètent de l’instabilité des constantes universelles" [!!!]. Dans une note plus sérieuse, Alan Stern, leader de la mission New Horizons de la NASA à destination de Pluton, indique que cette mission ne reconnaîtra pas la nouvelle définition. "Nous continuerons à nous référer à Pluton comme la neuvième planète", précise-t-il sur le site Web de la mission. "Je pense que la plupart d’entre vous sera d’accord avec cette décision et nous encouragera en cela". Source : New Scientist Space Richard
2003 UB 313 devient Eris
lundi 2 juillet 2007
par Richard Article paru aujourd’hui dans Ciel & Espace : 2003 UB 313 nommé et Pluton immatriculé Le corps céleste 2003 UB 313, découvert au-delà de Neptune et d’une taille supérieure à Pluton vient d’être baptisé officiellement Eris. Le 14 septembre, par la circulaire n° 8747, l’Union astronomique internationale a en effet donné à 2003 UB 313 (découvert en 2005) le nom de la déesse grecque de la discorde. Son petit satellite a quant à lui été nommé Dysnomia, déesse de l’anarchie et de la désobéissance. Avec ces noms, l’UAI a définitivement écarté les appellations provisoires données à ces corps par Mike Brown, leur découvreur américain. Ce dernier les avait en effet désignés par Xena et Gabrielle, deux noms empruntés à une série télévisée… Eris, qui, depuis le 24 août, est considéré comme une « planète naine », a reçu en même temps son numéro d’immatriculation en tant que corps mineur du Sytème solaire : 136199. Quant à Pluton, déchu de son rang de planète pour celui de « planète naine », il vient de recevoir le matricule 134340. Il faut donc désormais l’appeler 134340 Pluton. Liens vers Eris dans la mythologie :
Eris la bien-nommée
lundi 2 juillet 2007
par Richard Article paru dans Science & Avenir et qui n’oppose pas signaux et symboles : Celle qui fut candidate au titre de 10ème planète, connue sous l’appellation 2003 UB313 ou le surnom Xena, a reçu son nom de baptême officiel : Eris, selon les informations d’Associated Press. En choisissant la déesse de la discorde, l’Union astronomique internationale pouvait difficilement mieux qualifier cet astre glacé de la ceinture de Kuiper, plus éloigné et plus gros que Pluton, dont la découverte a relancé le débat sur la notion de planète et le statut de Pluton. Eris, fille de la Nuit (Nyx), jeta au milieu du banquet des fiançailles de Thétis et Pelée une pomme destinée à la plus belle déesse, provoquant une dispute entre trois déesses, Athéna, Héra et Aphrodite, qui finalement allèrent voir Pâris pour s’en remettre à son jugement. Cette pomme de discorde est une jolie référence pour l’ex-UB313, sachant qu’au cours de l’assemblée générale de l’UAI à Prague les débats furent intenses et qu’aujourd’hui encore certains astronomes refusent d’adopter la nouvelle définition des planètes du système solaire. Selon cette définition votée le 24 août à Prague, Pluton est une planète naine, un nouveau groupe dont Eris et Cérès font partie. Quant à la petite lune d’Eris, elle s’appelle désormais Dysnomie. Cette fille d’Eris est la déesse de l’anarchie. Lire aussi sur ce sujet :
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