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Théorie et pratique des aspects

Comme les Signes du zodiaque, les aspects sont des phases caractéristiques d’un cycle (aspects d’une planète à sa position natale) ou intercycle (aspects entre deux astres). Un aspect est la distance angulaire qui sépare ou relie les positions de deux astres par rapport au centre de la Terre. Astrologiquement, un aspect établit une relation privilégiée, consonante ou dissonante, entre deux ou plusieurs des « pôles psychologiques » que représentent les différentes planètes.

Définition astronomique

Comme les Signes du zodiaque, les aspects sont des phases caractéristiques d’un cycle (aspects d’une planète à sa position natale) ou intercycle (aspects entre deux astres). Un aspect est la distance angulaire qui sépare ou relie les positions de deux astres par rapport au centre de la Terre. Géométriquement, un aspect peut être représenté sous la forme d’un triangle dont le sommet serait le centre de la Terre, et la base la droite qui passe par le centre des deux planètes en question. Un aspect est donc une réalité astronomique géocentrique et héliocentrique (elle mesure l’intercycle propre à deux ou plusieurs planètes).

Longitudes & latitudes écliptiques

Traditionnellement, les aspects sont calculés à partir des positions en longitudes écliptiques des planètes qu’ils relient : leurs latitudes écliptiques, c’est-à-dire leurs hauteurs positives ou négatives par rapport au plan écliptique, ne sont donc pas prises en compte. Ces calculs basés sur les longitudes écliptiques s’expliquent par le fait que celles-ci rendent compte du fait que les aspects ne sont pas des angles figés dans l’espace, mais des phases caractéristiques de l’intercycle temporel entre deux ou plusieurs planètes. Ainsi, une planète située à ± 180° d’une autre en longitude écliptique est en aspect d’opposition, c’est-à-dire à la moitié de l’intercycle entre ces deux planètes, quelles que soient par ailleurs les latitudes écliptiques de celles-ci. De même, une planète située à ± 0° d’une autre en longitude écliptique est en aspect de conjonction, c’est-à-dire au début de l’intercycle entre ces deux planètes, même si l’une d’entre elles est beaucoup plus haute ou basse que l’autre sur l’écliptique.

Pour comprendre ce phénomène, prenons l’exemple de la conjonction Lune-Pluton dans le Thème natal de Carl Gustav Jung. Elle se situe dans le Signe du Taureau, en Maison III, Pluton étant angulaire au Fond-du-Ciel.

Les longitudes écliptiques sont de 15° 32’ pour la Lune et de 23° 25’ pour Pluton. Elles sont donc conjointes dans un orbe de 7° 52’. Leurs latitudes écliptiques sont de + 2° 53’ pour la Lune et de — 14° 19’ pour Pluton, ce qui signifie que Pluton est plus bas de 17° 02’ par rapport à la Lune.

▶ La figure ci-contre, qui représente le Thème des hauteurs de Jung, vous permet de visualiser ce phénomène : on peut en effet observer que Pluton a une hauteur négative (sous l’horizon) nettement supérieure à celle de la Lune.

▶ Si l’on prend en compte ce différentiel de latitude écliptique entre ces deux planètes, leur conjonction en longitude écliptique est considérée comme inexistante... alors qu’elles sont quand même dans la phase de début de leur intercycle, dans un orbe de 7° 52’ qui n’a rien d’excessif.

▶ Il en résulte que ce sont bien les longitudes écliptiques qui doivent être prises en compte pour le calcul des aspects, leurs latitudes écliptiques ne jouant apparemment ici qu’un rôle mineur... dont les effets probables restent néanmoins à explorer.

Définition astrologique

Astrologiquement, un aspect établit une relation privilégiée, consonante ou dissonante, entre deux ou plusieurs des « pôles psychologiques » que représentent les différentes planètes.

Les aspects étant en quelque sorte des liens de transmission entre plusieurs fonctions planétaires, l’astrologie s’est penchée avec profit sur les solutions adoptées par le système nerveux pour faire communiquer entre eux les neurones (cellules nerveuses).

En simplifiant, les neurones peuvent être divises en deux groupes : les « agonistes » et les « antagonistes ». Les relations entre neurones ou groupes de neurones synergiques ressemblent étrangement aux effets observés des aspects consonants, et celles entre neurones antagonistes aux effets des aspects dissonants.

Toutes les distances angulaires entre les planètes ne sont pas significatives, et parmi celles qui le sont, toutes n’ont pas la même puissance relative : il existe une hiérarchie des aspects.

La tradition et l’expérience astrologiques ont démontré la prédominance des aspects dits « majeurs » (dans l’ordre : conjonction, opposition, carré, trigone, sextile) sur les aspects dit « mineurs » (semi-carré, semi-sextile, quintile, sesqui-carré, etc.). L’influence de ces derniers peut être considérée comme faible ou très faible : elle est en tout cas négligeable, comparée à l’efficacité des aspects majeurs.

Théorie des Aspects

On peut également diviser les aspects en deux autres catégories : les consonants et les dissonants. En ne retenant que les aspects majeurs, les aspects consonants (trigone, sextile) sont réputés pour induire une relation harmonieuse, détendue entre les planètes qu’ils mettent en rapport. Les aspects dissonants (opposition, carré), passent au contraire pour créer des tensions et conflits. Quant à la conjonction, sa nature particulière la fait participer à la fois des deux groupes.

Pour justifier théoriquement le nombre et la qualité des aspects, l’astrologie s’est longtemps fondée sur les figures géométriques simples que l’on peut inscrire dans un cercle (triangle, soit 3 fois 120°, cane, soit 4 fois 90°, polygones divers). Une observation plus pertinente et des recherches plus approfondies ont remis en question cette notion de cercle : en effet, les relations entre les planètes relèvent en réalité des harmoniques de leurs cycles et intercycles dynamiques, et non du cercle statique par lequel nous les représentons : par exemple, une opposition Soleil-Mars signale que ces deux planètes en sont à la moitié de la durée de leur intercycle (360°/2 = 180°).

En fait, une loi mathématique simple justifie la prédominance des aspects majeurs : ils relèvent en effet d’une même progression géométrique, celle des puissances de 2 pour les aspects dissonants et celles des moyennes arithmétiques des puissances de 2 pour les aspects consonants. Deux aspects mineurs, le semi-carré et le semi-sextile, relèvent de cette même loi : à ce titre, il convient de ne pas négliger leur importance, sans pour autant la survaloriser.

La conjonction

Deux planètes sont dites en conjonction lorsque la distance angulaire qui les sépare est de 0° (ou 360°, ce qui revient au même). La formule de la conjonction est donc la suivante : 360°/1 (ou 0°/1) = 360° (ou 0°) La conjonction est donc déterminée par le diviseur 1 (unité, synergie), mais aussi par toute la suite des diviseurs possibles au-delà de 24, si l’on prend en compte l’orbe à l’intérieur duquel on admet qu’une conjonction existe (18° maximum de part et d’autre de l’aspect exact pour les planètes rapides et angulaires, 14° pour les aspects entre planètes lentes, 16° pour les aspects entre rapide et lentes). Elle contient donc virtuellement tous les harmoniques mineurs des aspects consonants ou dissonants. En ce sens, la conjonction est le lieu de toutes les potentialités de l’intercycle planétaire qu’elle induit. Il est facile de s’en rendre compte (voir figure ci-dessus) en continuant sur la lancée de la progression géométrique :

▶ Consonant : 360°/ 24 = 15°
▶ Dissonant : 360°/ 32 = 11° 25
▶ Consonant : 360°/ 48 = 7° 50
▶ Dissonant : 360°/ 64 = 5° 625
▶ Consonant : 360°/ 96 = 3° 75
▶ Dissonant : 360°/128 = 2° 8125
▶ Consonant : 360°/192 = 1° 875
▶ Dissonant : 360°/256 = 1° 40625

À partir du diviseur 64, nous entrons dans le champ de ce que les astrologues appellent une conjonction étroite, hyper-précise. Elle inclut en les mélangeant jusqu’à l’indifférenciation les consonances et les dissonances. Or un aspect n’a pas besoin d’être exact pour être efficace, et, dans la pratique, il est impossible d’observer la différence entre une conjonction à 1° 40 et une autre à 1° 87…

La nature de la conjonction peut donc aussi bien être consonante (détendue, unificatrice des forces qu’elle met en relation) que dissonante (tendue, conflictuelle). On jugera de ses effets selon la nature des planètes en conjonction, selon les aspects qu’elle reçoit elle-même, et bien entendu selon la réponse qu’aura donne l’individu vivant à la question que lui pose la conjonction, compte tenu de son contexte, de son expérience, de son éducation. Analogiquement, on peut assimiler la conjonction à un œuf, porteur de tous les possibles.

L’opposition et le carré

Ce sont les aspects dissonants majeurs. Leurs formules sont les suivantes :
▶ opposition : 2 puissance 1 (diviseur 2) = 360°/2 = 180°
▶ carré 22 (diviseur 4) = 360°/4 = 90°

Le semi-carré, aspect mineur, relève de la même progression :
▶ semi-carré : 23 (diviseur 8) = 360°/8 = 45°.

Ces aspects sont appelés « dissonants » parce que, étant déterminés par le rapport 1/2, ils expriment une division, une discontinuité. Les tendances psychologiques qu’expriment les planètes reliées par des aspects dissonants s’affrontent, chacune cherchant à prendre le pas sur l’autre. Évidemment, les dissonances mal intégrées, mal gérées ou mal vécues peuvent induire de profondes tensions et de douloureuses contradictions à l’intérieur de l’univers psychique. Pourtant, l’expérience et la pratique de l’astrologie démontrent que les êtres qui parviennent à gérer dynamiquement leurs conflits et contradictions — et donc leurs dissonances — deviennent plus vigilants, plus maîtres d’eux-mêmes, plus solides que les autres… Les carrés et les oppositions n’ont donc pas que de mauvais côtés !

Les problèmes que pose la dynamique conflictuelle des dissonances peuvent déboucher sur de multiples réponses individuelles ou scenarii de comportement. Les réponses les plus fréquentes vont de la subordination souple ou rigide d’une tendance à une autre, au refoulement partiel ou total d’une tendance par une autre :

Subordination souple, alternative

C’est fréquemment le cas lorsque les planètes en aspect ont sensiblement la même puissance relative. Aucune des deux fonctions planétaires n’accepte de céder à l’autre, ce qui engendre des conduites conflictuelles ou discordantes. Au pire, l’individu, traumatisé par ses contradictions, ne sait plus sur quel pied danser ou, quand il danse, le fait à contretemps : le mauvais pas au mauvais moment.

Au mieux (c’est-à-dire après de nombreuses experiences difficiles grâce auxquelles l’individu peut finir par prendre conscience des souffrances et dysfonctionnements que lui valent ses contradictions mal gérées), une alternance plus ou moins souple est possible. On apprend alors à danser en rythme, à compenser une tendance par une autre. Entre le pire et le meilleur s’étale le vaste nuancier des réponses possibles à un carré ou une opposition : valses-hésitations, soudaines et disharmonieuses compensations.

Exemple :

Prenons le cas d’une dissonance entre Mars et Saturne. En schématisant, un tel aspect oppose l’action à la réflexion, la présence immédiate à la distance lointaine, le vécu brut aux interrogations qu’il suscite : il est a priori difficile, pour un être ne sous un carré ou une opposition Mars-Satume dominants, de coordonner harmonieusement ces deux modes de réaction au réel.

Au pire, il hésitera à agir (Mars) par peur des conséquences complexes de ses actes (Saturne), tout en hésitant à trop réfléchir par crainte de se voir ainsi incapable d’agir. Néanmoins, il lui faut bien répondre aux situations auxquelles il est confronté et donc faire des choix : ainsi, angoissé par les perplexités que lui valent ses questionnements (Saturne), se sentira-t-il obligé d’agir impulsivement (Mars) pour conjurer cette angoisse… et paiera ainsi les désastreux dividendes de son excès d’activisme anti-réfléchi : on fonce, sans s’occuper des conséquences à long terme de ses actes, quitte à aller témérairement au devant des pires difficultés.

À l’inverse, le même aspect peut inciter un être, doté d’un puissant besoin d’agir (Mars), à craindre de « mal faire » par carence de réflexion (Saturne) : on reporte toujours à plus tard (« après mûre réflexion ») les décisions concrètes qui s’imposent pourtant.

Mars et Saturne participent du niveau « Existence » dans le système R.E.T. Ils ont en commun leur manque de ‘R’, de « Représentation ». Dans le cas d’une dissonance mal vécue, cette carence de « Représentation » (« non-R ») sera très perceptible : difficulté à voir clair dans son vécu, à se donner des objectifs mobilisateurs, à tirer des bénéfices immédiats de ce que l’on fait. Au pire, on ne vit jamais d’experiences gratifiantes, on ne parvient jamais à se faire reconnaître socialement. On s’embourbe dans le marais des difficultés concrètes. On se complique la vie. On est incapable de trouver des solutions simples aux problèmes que pose l’existence.

Au mieux, un carré ou une opposition Mars-Satume bien vécus et bien intégrés permettent de savoir qu’il y a un temps pour l’action et un autre pour la réflexion. Dans ce cas, quand vient le temps d’agir (Mars), nul doute, nulle interrogation ne viennent paralyser le mouvement impétueux qui pousse à se confronter vigoureusement au réel. Soit parce que l’action à été mûrement réfléchie auparavant, soit parce que l’on a compris qu’il est des situations qui demandent impérativement des réponses viscérales, primaires, instinctives.

Inversement, on sait aussi faire taire et maîtriser ses envies d’agir lorsque, de toute évidence, l’heure est davantage à la réflexion et à la méditation (Saturne) : on sait se désinvestir en temps opportun de la situation présente, économiser ses forces pour des combats à venir… pour être plus efficace lorsque la situation réclamera effectivement de vigoureuses réactions.

Cette fois, le « non-R » de Mars-Satume ne pose plus de problèmes insurmontables, il peut même devenir une force : on fait ce que l’on a à faire et pense ce que l’on pense en se moquant pas mal de l’opinion d’autrui. On travaille dans l’ombre, discrètement, sans attendre quelque reconnaissance publique que ce soit. On n’a pas envie d’être un exemple, un modèle, une référence. On est soi-même, centre dans ses actes (Mars) et peuplé de ses incertitudes (Saturne), et l’on estime qu’on n’a pas à s’expliquer ou à se justifier (« non-R »). Et l’on pose un regard décapant, voire méprisant, sur ceux qui veulent à tout prix occuper les devants de la scène, avoir le beau rôle, les beaux parleurs, les mondains, les exhibitionnistes que l’on juge sans épaisseur ni profondeur.

Entre le pire et le meilleur de cette dissonance Mars-Satume que nous avons prise pour exemple, il y à le vaste spectre des réponses possibles à cet aspect : on s’en veut d’être aussi hésitant et réfléchi (Saturne) alors qu’on voudrait tant vivre dans un corps-à-corps avec le monde (Mars), on ne se supporte pas d’être aussi activiste (Mars) alors qu’on se dit, au fond, qu’on devrait être plus philosophe (Saturne). On s’égare dans les batailles (Mars) et se fourvoie dans la sage distance (Saturne). On s’en veut de ses prudents reculs (Saturne) en s’exaltant de ses téméraires face-à-face (Mars). On s’enorgueillit de son aptitude à rester au-dessus de la mêlée (Saturne) tout en ne pouvant s’empêcher de s’y précipiter avec passion (Mars).

Subordination rigide, systématique

Ce phénomène se produit, soit lorsqu’une planète est nettement plus puissante qu’une autre (par exemple, un carré ou une opposition entre une planète dominante et une autre non-dominante), soit lorsque les planètes en aspect sont de force sensiblement égale, et que les contraintes objectives de l’éducation, des apprentissages et du milieu où est situé le sujet incitent l’individu à adopter ce type de réponse aux dissonances de son thème.

Dans ce cas, au pire, il y a refoulement total : les tendances psychologiques exprimées par l’une des planètes impliquées dans la dissonance n’ont tout simplement pas le droit de s’exprimer. Ce refoulement peut éventuellement prendre le visage de la sublimation : l’individu fait alors le « sacrifice » d’une partie de lui-même qu’il estime, à tort ou à raison, n’être pas capable d’intégrer. Au mieux, s’opère un mécanisme de maîtrise féconde d’une tendance par une autre. Entre le pire et le meilleur et dans ce cas de figure, il n’est pas difficile d’imaginer les diverses manifestations de la revanche du refoulé : les tendances de lui-même que l’individu croyait avoir définitivement maîtrisées, éliminées, cadenassées au nom d’une « normalité psychique » qui lui permettait de maintenir un précaire et trompeur équilibre, refont brusquement surface.

Exemple :

Gardons le même exemple : une dissonance Mars-Satume. Au pire, il y a refoulement de Mars par Saturne, ou refoulement de Saturne par Mars. Si Saturne refoule Mars, l’individu dresse contre les nécessités de l’action (Mars) les épais remparts d’une réflexion désabusée ou d’une philosophie pessimiste (Saturne) qui l’incitent à penser qu’au fond, rien ne vaut la peine de rien. Cette très cérébrale et peut-être très séduisante doctrine du renoncement, si sophistiquée soit-elle, n’en sera pas moins le paravent justificatif d’une honteuse impuissance à agir, d’un refus peureux et angoissé de la confrontation au nom des délices de l’introspection ou de la théorie.

Si Saturne refoule Mars, on a tellement peur du faire qu’on théorise a priori sur toutes les bonnes raisons qu’il y a de ne rien faire… à l’inverse, si Mars refoule Saturne, l’individu est rigoureusement incapable de quelque retour sur soi, de quelque recul que ce soit vis-à-vis de son activisme irréfléchi et échevelé. Il vit « à bout portant », sans distance ni perspective. L’action directe, la confrontation brutale permanente sont pour lui un viatique contre le doute, la réflexion, la méditation ou la mélancolie. Nous sommes là en présence d’un rustre, anti-spéculatif, anti-intellectuel, totalement indiffèrent aux conséquences lointaines de ses actes irréfléchis.

Au mieux, Saturne maîtrise (rien à voir avec les Maîtrises planétaires) parfaitement Mars, ou Mars maîtrise parfaitement Saturne. Dans le premier cas, le penseur réfléchi ou le romantique impénitent (Saturne) sait que l’action directe (Mars) est nécessaire et inéluctable… mais qu’il faut savoir en toutes circonstances raison et recul garder. L’action n’est plus alors qu’un outil de la réflexion profonde. Loin de rechercher les confrontations directes, on théorise et met en place les combats de l’ombre. On se résigne au pesant réalisme quand il n’existe aucun moyen de faire autrement, sans pour autant se laisser déborder : la pensée gouverne toujours. Éventuellement, on tire les ficelles des conflits, sans s’exposer en première ligne : à quoi bon, quand on maîtrise les duels ?

Dans le second cas, si Mars maîtrise Saturne, le guerrier ou le réaliste de l’immédiat (Mars) sait que la distance, le scepticisme et la réflexion sont indispensables… certes, mais qu’en aucun cas ils ne doivent devenir des freins à l’action pure, à l’appétit de vivre ici et maintenant. Tout bien réfléchi, la réflexion ne sert à rien d’autre qu’à étayer intellectuellement la vérité ultime qu’est l’existence brute. L’homme d’action, loin d’être démuni devant le philosophe ou l’idéaliste, lui rappelle qu’avant tout, c’est de lutte pour la (sur)vie qu’il s’agit. On garde ses doutes, ses questionnements et ses réserves dans un lucide mais discret quant-à-soi, qui n’empêche pas de se battre : le guerrier est philosophe à ses heures… aux heures qu’il décide.

Entre le pire et le meilleur, divers scenarii chaotiques peuvent prendre place. Il est aisé de comprendre, dans le cadre de la rigidité et de la systématisation, que les solutions intermédiaires entre ces deux extrêmes seront, elles aussi, extrêmes : l’austère penseur, le timide craintif ou le romantique apparemment hors du monde (Saturne) se transforment tout à coup, dans un incroyable « passage à l’acte », en un activiste violent, féroce et belliqueux (Mars refoulé), tant il est vrai qu’à trop refouler l’agressivité naturelle, elle finit par prendre de monumentales proportions lorsqu’elle se libère. On prend alors brutalement sa revanche sur des années d’inhibition de l’action.

À l’inverse, l’activiste écervelé (Mars) se métamorphose tout-à-coup en cérébral intransigeant, ennemi systématique de tout débordement trop primaire et primitif. Tel saint Paul sur la route de Damas, il fait alors le procès injuste et implacable de tout ce qu’il fut excessivement, et prône alors l’inutilité et la vanité profondes de l’activisme, du vécu brut, de la lutte, avec le même aveuglement dont il faisait preuve auparavant : il risque fort de se transformer alors en apôtre impénitent d’une sagesse desséchée, ennemie déclarée des dualités de l’existence.

Sans doute vous êtes-vous rendu compte, à travers ces quelques repères théoriques et cet unique exemple (Mars-Saturne), à quel point les réponses que l’homme peut apporter aux aspects dissonants de son thème peuvent être variées… et provisoires : dans la chronologie des apprentissages et expériences, selon le milieu dans lequel on vit et le type d’éducation auquel on à été soumis, on peut passer du « souple, alternatif » au « rigide, systématique », et inversement. Néanmoins, avec l’âge les réponses ont tendance à se systématiser. Plus l’on vieillit, plus il est difficile de changer les réponses que l’on trouve aux questions que le ciel nous pose.

Le trigone et le sextile

Ce sont les aspects consonants majeurs. Leurs formules sont les suivantes :
▶ trigone : (21 + 22) /2 = 3 360°/3 = 120°
▶ sextile : (22 + 23) /2 = 6 360°/6 = 60°

Ce sont donc les moyennes arithmétiques des puissances de 2 qui les fondent. Les aspects consonants, non déterminés par le rapport 1/2, expriment ainsi une continuité, une non-division. Les planètes ainsi reliées fonctionnent de concert, en complémentarité. Il n’y a ni conflit, ni recherche de subordination, mais synergie, collaboration. Cette sorte de « non-violence » dans les échanges entre les pôles psychologiques que représentent les planètes implique des comportements fluides, détendus, apaisants.

Exemple :

C’est toujours le même : les relations entre Mars et Saturne. S’ils sont reliés entre eux par un trigone ou un sextile, il y aura symbiose entre action et réflexion : l’homme de terrain est en même temps un penseur. L’action directe va de pair avec la méditation. Le vécu intensément ressenti se décante et s’approfondit au fur et à mesure des expériences auxquelles on est confronté. Le recul et la distance dont on fait preuve en toutes circonstances n’empêchent nullement de s’investir totalement dans ce que l’on fait. C’est la philosophie en acte. Tout en se confrontant immédiatement aux réalités concrètes, dans l’urgence du moment, on s’interroge dans le même temps sur le bien-fondé et les conséquences à long terme, inconnues, de son activité présente. Elle n’en est que plus solide, efficace, durable. On passe avec aisance du concret à l’abstrait, on décante ses experiences au fur et à mesure qu’on les fait.

Consonances et dissonances

Vous l’avez compris : les aspects consonants sont plus faciles à vivre que les aspects dissonants. C’est sans doute pour cette raison que nombre d’astrologues qualifient les premiers de « bénéfiques » et les seconds de « maléfiques »… En fait, la réalité est plus complexe que cela.

« Maléfices » et « bénéfices » des dissonances

Un aspect dissonant est effectivement un facteur de tension. Négativement, ce phénomène de tension peut aboutir à la paralysie des comportements ou au conflit permanent : on se sent tiré à hue et à dia par des pulsions contradictoires, on risque en permanence de réagir à contre-courant ou de manière inadéquate, on accumule les insatisfactions, les frustrations, les refoulements. Les tendances planétaires en présence tendent à se dialectiser, à s’affirmer l’une contre l’autre dans une relation de réaction mutuelle ou d’exclusion.

En revanche, positivement, un aspect dissonant peut être générateur de lucidité, de vigilance ; il invite au dépassement de soi, à la transformation, à la maîtrise de ses tendances. Et ce sont précisément les transits par conjonction, opposition ou carré — donc essentiellement les transits dissonants — qui signent les temps forts de la vie, ceux où l’on se remet en question à travers des épreuves qui forgent le caractère et aiguisent la volonté.

Face à une carte du ciel natale où les aspects dissonants dominent, l’astrologue ne peut pas savoir si l’individu auquel elle appartient vit « bien » ou « mal » les tensions qu’impliquent inévitablement carrés et oppositions. Tout ce qu’il sait, c’est que le thème pose tel type de problème, auquel l’individu devra trouver, dans la mesure du possible, des réponses adaptées. On gagne à penser qu’au début, les dissonances ne manqueront pas de faire sentir leurs « maléfices » : la personnalité se cherche et se bâtit à tâtons, en prenant progressivement conscience, au fur et à mesure de ses expériences, de ses manques, faiblesses et frustrations. Ce n’est qu’à la suite de ces expériences difficiles que l’individu parviendra à maîtriser ses tendances conflictuelles, à les gérer dynamiquement, à transformer des crispations éprouvantes en fertiles tensions. Alors, et alors seulement, les dissonances seront devenues « bénéfiques ».

« Bénéfices » et « maléfices » des consonances

Un aspect consonant, nous l’avons vu, est facteur de détente. Positivement, cela signifie : aisance, facilité, sécurité. Pour peu que les planètes reliées par un sextile ou un trigone soient en elles-mêmes synergiques et complémentaires, « tout baigne » : on épanouit en douceur ses tendances, à l’abri de tout manque, de toute crispation, de toute frustration. C’est tout « bénéfice » pour l’individu. Les aspects consonants ont pourtant eux aussi leurs « maléfices » : la non-subordination peut accoucher d’une douce anarchie des comportements. L’aisance et la facilité des échanges font baisser la vigilance. On se croit naturellement immunisé contre les difficultés, à l’abri des manques et des conflits. Il y a la de quoi émousser la volonté et le pouvoir de réagir vigoureusement à des situations difficiles.

De plus, un aspect consonant « enferme » les planètes ainsi reliées dans la logique de leur relation spécifique, au détriment du reste des tendances. Par exemple, avec un trigone Mars-Saturne dominant, je peux être si parfaitement à l’aise dans mon rôle de « penseur actif » ou de « méditatif réaliste » que j’en oublierai complètement de cultiver d’autres tendances de moi-même. Nous l’avons vu, ces deux planètes relevant du niveau « Existence », ont en commun leur absence de niveau « Représentation ». « Maléfice » possible de ce trigone : plongé dans le concret et les passionnantes questions qu’il me pose (niveau ‘E’ du R.E.T.), j’en deviens incapable de communiquer avec autrui en dehors de mon domaine de prédilection, je néglige ma vie sociale (« non-R »)… ce qui peut avoir, vous en conviendrez, de fâcheuses conséquences dans certaines circonstances.

Vous le voyez, il n’y a donc pas de « bons » et de « mauvais » aspects dans l’absolu, il n’y à que de bons ou mauvais ouvriers… Entendez par là, des individus qui apportent des réponses adéquates ou non, adaptées ou non, originales ou convenues, aux problèmes que leur posent les configurations planétaires consonantes ou dissonantes.

Aspects et nature des planètes en aspect

La nature des planètes en aspect prime sur la qualité (consonante, dissonante ou neutre) de l’aspect.

Prenons l’exemple d’un aspect entre Soleil (« rR non-T » dans le R.E.T.) et Pluton (« tT non-R ») : il met en relation l’hyper-simple et l’hyper-complexe, le dicible et l’indicible, l’implication maximale et la distance optimale, le paraître et l’être, le conscient et l’inconscient, etc. Ces deux fonctions planétaires sont naturellement antagonistes, comme le jour s’oppose à la nuit. Que l’aspect qui les relie soit consonant, neutre ou dissonant, cet antagonisme de constitution se maintiendra. Un sextile, un trigone ou une conjonction recevant des aspects consonants permettra certes à ces deux planètes d’établir une relation dialectique plus détendue, du style « coexistence pacifique » dans le respect des différences : elle n’abolira pas pour autant ces différences absolues. Un carré, une opposition ou une conjonction dissonante aggraveront en revanche radicalement ces antagonismes de base.

Prenons maintenant l’exemple d’un aspect entre Mars (‘eE’ dans le R.E.T.) et Venus (‘eR’). Ces deux fonctions planétaires ont la même finalité (‘e’) : éprouver, ressentir, intensifier le vécu. Elles sont naturellement concordantes. Que l’aspect qui les unit soit consonant, neutre ou dissonant, il s’agira toujours d’exister en plus fort, de réagir affectivement, de se polariser sur les sensations. Un sextile ou un trigone renforcera encore, si besoin est, la nature concordante de ces deux planètes. Un carré ou une opposition, tout en dialectisant leur relation, induira dans l’univers psychique des tensions infiniment moindres qu’une dissonance entre Soleil et Pluton. On peut dresser la liste des planètes naturellement concordantes ou antagonistes.

Les concordantes

▶ les planètes appartenant au même groupe intensif : Soleil, Jupiter et Uranus (famille ‘r’) ; Vénus, Mars et Neptune (famille ‘e’) ; Mercure, Saturne et Pluton (famille ‘t’). Leur finalité étant identique, la détente que provoque les aspects consonants s’en trouve renforcée, tandis que les tensions qu’impliquent les dissonances en sont amenuisées. Les couples planétaires introduisent néanmoins des nuances différentes à l’intérieur du groupe des concordantes.

Les antagonistes

Ce sont les planètes dont les fonctions sont inverses (par ex. Soleil-Pluton ou Mercure-Uranus) ou celles qui n’ont rien en commun. Entre ces planètes antagonistes, la détente qu’apportent les aspects consonants s’apparente davantage à une « coexistence pacifique » ou à un « mariage de raison » qu’à l’amour fou… Les tensions qu’induisent les dissonances sont, par contre, extrêmes.

Les ambivalentes

▶ les planètes appartenant au même groupe extensif : Soleil, Vénus et Mercure (famille ‘R’) ; Jupiter, Mars et Saturne (famille‘E’) ; Uranus, Neptune et Pluton (famille ‘T’). Leur point de départ est identique, mais leurs finalités sont différentes. La détente que provoque les aspects consonants s’en trouve renforcée, mais par contre les dissonances dramatisent les différences de finalité : les tensions et conflits ainsi créés peuvent être extrêmement vifs.

- le groupe extensif Soleil, Mars et Pluton (famille ‘P’) : le point commun à ces planètes est de n’en avoir pas… sinon celui de se maintenir à leur niveau (‘rR’, ‘eE’, ‘tT’). Nous sommes ici en présence d’un antagonisme ambivalent : on ne se comprend pas mais on se respecte. La détente que provoque les aspects consonants est toute relative : on coopère, certes, mais en s’espionnant. La vigilance reste de mise. On ne peut se laisser complètement aller. Les tensions qu’induisent les aspects dissonants mettent puissamment en relief les antagonismes. Les dialectiques sont radicales et les subordinations difficiles à trouver.

- le groupe intensif que la Lune forme à elle toute seule (famille ‘p’). La fonction lunaire, on l’a noté, est une fonction de globalité, d’homogénéité, de « monde virtuel ». La détente que provoquent les aspects consonants à la Lune permet à cette globalité indifférenciée, grosse de virtualités, de se spécialiser « en douceur » en s’alliant à une fonction planétaire. La perception-réception globale qu’on a du monde est harmonieusement « orientée » et structurée par la planète en aspect à la Lune. Les tensions qu’induisent les aspects dissonants sont, par contre, extrêmes : la planète en carré ou opposition à la Lune fonctionne en « rupture d’homogénéité ». Dans le monde lunaire du non-choix, elle oblige à choisir, et douloureusement. Les tensions risquent fort de faire exploser la « bulle lunaire »… En ce sens, la fonction Lunaire est antagoniste à toutes les autres planètes.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

▶ Théorie et pratique des aspects
▶ Les aspects, phases d’un cycle
▶ Aspects : Existe-t-il un modèle traditionnel ?
▶ Aspects : Théorie et Bilan Conditionaliste
▶ Introduction à l’interprétation des aspects
▶ Les Aspects planétaires et leurs orbes
▶ Les Aspects kepleriens
▶ Les « aspects » aux Angles
▶ Chronologie des Aspects et Transits


Les significations planétaires par Richard Pellard

620 pages. Illustrations en couleur. Format PDF.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante par Richard Pellard

117 pages. Illustrations en couleur. Format PDF.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de “planète naine”, au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette “nanification” de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les “plutoniens” ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie !

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