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Roger Caratini, Capricorne encyclopédiste

Philosophe et encyclopédiste, Roger Caratini fait partie de la catégorie des « compilateurs », c’est-à-dire qu’il ne travaille pas à partir de sources historiques mais à partir de biographies ou travaux universitaires déjà existants. Par ailleurs anti-astrologue convaincu, il a quand même un ciel de naissance qui correspond à son fonctionnement. La preuve :



Micro-portrait théorique de Roger Caratini

Ce micro-portrait ne fait qu’esquisser une interprétation très simplifiée des configurations zodiaco-planétaires dominantes et de la planète la plus faible de ce Thème natal. Excluant par exemple l’interprétation des Aspects, cette étude succincte ne saurait remplacer une véritable analyse approfondie, mais elle en ouvre quelques-unes des pistes principales.

La configuration dominante du Thème natal de Roger Caratini est une conjonction Uranus-Mars en Poissons-Bélier, qui se trouve au carré d’une conjonction Soleil-Jupiter-Mercure en Capricorne. Neptune en Lion est la planète la plus faible.

Ses réponses aux questions devraient donc refléter les pôles hyper-dominants de sa personnalité :

Capricorne ambitieux-volontaire

- Vos qualités : vos ambitions sont compactes, froidement déterminées, entières, définitives. La puissance de votre volonté est telle que vous êtes prêt à tout balayer devant vous pour parvenir à vos fins. Idéaliste, exigeant, intransigeant, incorruptible, vous visez les sommets avec une froide endurance et une terrible patience. Animé de principes quasi-sacrés que vous ne sauriez trahir sans vous trahir vous-même, de convictions si fermes que rien ne saurait vous décourager d’aller jusqu’au bout de votre volonté, vous vous comportez dans tous les domaines avec une extrême rigueur, une indiscutable autorité morale et une impitoyable discipline personnelle, en ne laissant strictement rien au hasard.

- Vos défauts : raide, étroit, figé dans vos principes et vos convictions absolutistes, vous avez trop tendance à ne tolérer aucun manquement aux règles que vous avez vous-même arbitrairement fixées. Au nom de la morale intolérante que vous voulez incarner, vous interdisez autour de vous toute manifestation spontanée des sentiments et toute opinion différente. vous vous réfugiez dans votre autoritarisme stérile et bourré d’interdictions aussi arbitraires qu’anxieuses comme dans une tour d’ivoire hautaine et désincarnée. La moindre manifestation de spontanéité vivante ou de jovialité souriante vous effraie au plus profond de vous-même, tant vous êtes accroché à une vision du monde puritaine et ennemie de toute fantaisie.

Capricorne décideur-commandeur

- Vos qualités : vous vous signalez par un caractère entier, compact, solide, intransigeant qui ne se laisse distraire par rien de ce qui est étranger à la volonté de pouvoir qui vous habite et vous tient debout telle une colonne vertébrale. Le désir de devenir une autorité dans votre domaine ou votre sphère d’influence est pour vous un absolu sur lequel vous vous concentrez tout entier et qui vous rend indifférent à tout le reste. Impératif, actif et froidement déterminé, c’est avec raison que vous comptez sur votre esprit méthodique, votre sens stratégique et votre extrême rigueur pour réaliser vos objectifs. Être d’ordre, d’efficacité concrète et de justice, votre ténacité, votre froideur et votre combativité implacable sont les meilleurs alliés de vos ambitions absolutistes.

- Vos défauts : l’ambition, le goût du pouvoir et la volonté de domination ont chez vous des effets desséchants tant vous leur consacrez de temps et d’énergie au détriment d’autres ressources comme celles ayant trait à l’émotion immédiate ou l’affectivité spontanée, que vous semblez incapable de vivre ou d’exprimer. Il faut dire que vos ambitions ont pour fâcheuse conséquence de vous enfermer dans une tour d’ivoire et de vous isoler plus que de raison. Il est vrai aussi que votre passion immodérée de l’ordre peut vous inciter à vous identifier totalement à une loi, une règle ou une cause qui risquent de vous faire verser dans un fanatisme agressif, à moins que vous ne préfériez vous réfugier dans un monde intérieur imaginaire glacé à l’abri de l’anarchie environnante.

Inversement, les réponses de Roger Caratini aux questions devraient montrer qu’il ne correspond pas du tout au portrait suivant :

Vous êtes un intuitif hanté par les puissances de l’imaginaire, branché sur les réalités subtiles, sous-jacentes, invisibles. Vous vous déterminez en fonction d’aspirations profondes, sous la pression insidieuse des couches les plus enfouies de votre être. Vous vous sentez habité par un ailleurs qui vous dépasse de toute part et qui décide de tout pour vous. Vous vous laissez guider par votre inspiration, par vos presciences, vos pressentiments. Vous savez comme miraculeusement faire les bons choix, sans le vouloir, comme si ce que vous faites était le fruit d’une obscure mais puissante nécessité. Votre vie intérieure est riche, touffue, complexe, traversée d’états d’âme, de songes et de visions. Vous ne savez pas ce qui vous motive au fond et cela vous importe peu : vous avez la foi dans votre devenir, dans votre radar et n’écoutez que votre petit doigt. Votre esprit subtil et nuancé ne craint pas les paradoxes, les ambivalences, les ambiguïtés : vous savez intimement qu’ils sont le reflet de la vie toujours imprévisible et déconcertante dans ses manifestations.

Vous êtes un sensitif délicat, quasi médiumnique, une plaque sensible qui ressent avec force les signaux les plus ténus. Les plus infimes variations de l’ambiance extérieure vous touchent, vous font réagir, vous émouvoir. Vous ressentez l’invisible, reniflez le mystère, écoutez les secrètes musiques du silence. Vous percevez ce que les autres ne perçoivent pas et incarnez à votre manière vibrante et frémissante une étrange et surprenante logique qui vous pousse à réagir, souvent avec une surprenante justesse, en fonction des humeurs que vous dicte votre inconscient, des états d’âme qui vous traversent. Votre présence est déroutante : vous êtes à la fois ici par les turbulences qui vous agitent et ailleurs, dans votre monde impénétrable et incompréhensible pour la logique commune. Votre baromètre intérieur décide de ce que vous allez faire. La météo de votre âme est changeante et mystérieuse, elle passe vite du calme plat à la tempête. Vous ne savez qu’au tout dernier moment quel cap vous allez suivre instinctivement, sans crispation mais avec une incroyable détermination.

Françoise Hardy : Ton ciel de naissance indique des tendances très contradictoires. La fonction de déconditionnement du Capricorne, ton Signe solaire, et celle de discrimination du Scorpion, ton Signe lunaire, incitent en effet à une grande distance et à une sélectivité extrême vis-à-vis des sollicitations du monde extérieur, alors que la fonction de dépense de l’énergie du Bélier incite à beaucoup plus de spontanéité et d’ouverture. Comment vis-tu la coexistence d’une partie de toi lente à émouvoir, ayant en permanence le pied sur la pédale de frein, avec une autre partie hyper-excitable, toujours prête à accélérer. Autrement dit, comment vis-tu ton excès de secondarité et ton excès de primarité ?

Roger Caratini : Je suis, c’est exact, à la fois, mais d’une manière discontinue, terriblement secondaire et terriblement primaire. Quand j’écris, mon attitude secondaire consiste à peser tous mes mots avec une prudence extrême, à prendre des précautions de plume de toute sorte. À côté de ça, il y a des moments où j’ai envie de foncer dans le tas, où ma plume s’envole et où je me laisse aller à une belle phrase, un enthousiasme, ou même une vacherie. Mais pour que mon travail soit homogène, je dois finalement contrôler le tout. Je pense que la secondarité est en rapport avec le besoin de comprendre, c’est-à-dire avec l’intelligence, alors que la primarité est en rapport avec la libido. La source de ma secondarité n’est pas une censure morale, consciente ou inconsciente, mais une exigence de rationalisme et d’inscription de mes actes, pensées ou écrits, dans une vision synoptique des choses. Mais c’est vrai que je suis toujours pris entre une primarité qui me pousserait à être véhément, dans un sens ou dans un autre, et les limites que m’imposent mes exigences rationnelles. Je résous cela en étant secondaire quand j’écris et primaire quand je parle. Élémentaire mon cher Watson.

Le Bélier et le Capricorne sont des passionnés chacun à leur façon : le Bélier s’enflamme vite et aime de tout son être, mais est capable de revirements soudains qui le font basculer rapidement de l’amour à la haine, alors que le Capricorne est également entier, mais met longtemps à s’attacher, et tout aussi longtemps à se détacher. Comment peut-on être à la fois l’homme des coups de foudre et celui d’une passion unique ?

Je prône la vertu de la concupiscence que je prends au sens large, comme un désir de totalité, tant sur le plan matériel que sur le plan intellectuel. Je suis le contraire d’un bouddhiste. L’ascèse bouddhiste consiste à anéantir tout désir : les désirs sensoriels ou le « quintuple attachement », tout autant que le désir de connaissance. En ce qui me concerne, j’aime me laisser aller à la totalité de mes désirs, dans la mesure, bien sûr, où mon intégrité n’est pas atteinte. La concupiscence implique des emballements en même temps qu’une maîtrise de soi, sauf au cœur des dits emballements. Mais je ne crois pas que cela ait un rapport avec tes chères étoiles. Je pense qu’on a plus une histoire qu’une nature. C’est pourquoi je suis contre l’astrologie et contre toute doctrine qui tend à postuler et définir un inné. C’est une philosophie, un point de vue personnels. Je pense que le code génétique, qui est une réalité au même titre que les étoiles, devient ce que notre histoire le fait devenir, car nous avons la totalité des potentialités au début de notre existence et notre histoire nous amène à développer certaines d’entre elles. Ceci dit, ton observation est juste : je suis ou tout l’un ou tout l’autre, ce qui est d’ailleurs une source de trouble et même de déception pour les gens qui veulent me connaître, parce qu’ils ne s’y retrouvent pas vraiment. La vérité est que j’ai développé deux séries de potentialités concomitamment, parce que l’une comme l’autre sont les meilleures façons de s’adapter à l’existence. Au fond, c’est formidable d’être à la fois primaire et secondaire : il faut de temps en temps savoir donner un coup de poing, comme il faut savoir aussi subir les injures ou autres en « restant un homme mon fils »

As-tu cette force de détachement du Capricorne et cette aptitude à basculer de l’amour à la haine du Bélier ?

Je ne hais personne, encore moins quelqu’un que j’ai aimé. Je ne tire pas non plus définitivement un trait quand la passion s’est éteinte. Un être, une occupation ou un objet dont je me suis détaché, font partie de ma personnalité et j’y tiens toujours un peu. Quand je n’aime plus, je n’aime plus, je n’ai pas de regrets, mais une forme d’attachement ou d’intérêt subsiste pour la personne que j’ai aimée.

Te considères-tu comme l’homme du tout ou rien ?

Non. Bien qu’il y ait eu des moments de mon existence où j’ai joué à cela. Pas longtemps d’ailleurs. En réalité, je suis un homme d’efficacité, ce qui exclut l’attitude tout ou rien. Ceci dit je ne suis pas un homme de compromis.

La dissonance, qui marque ton ciel, du Soleil et de Jupiter en Capricorne au carré de Mars en Bélier, peut sensibiliser au décalage entre le dire et le faire. Dans certains cas, j’y pensais quand tu niais l’importance de l’inné, cela porte à privilégier la vérité belle aux dépens de la vérité vraie. Est-ce ton cas ?

Non et ça ne peut pas l’être, parce que je pense que le beau est un vrai insuffisamment perçu et qu’il n’y a qu’une différence de degré, et non de nature, entre le beau et le vrai. Quand je joue ou entends du Mozart, j’ai l’impression d’être à la fois au cœur de la beauté et de la vérité. Mais quand j’écoute Stockhausen, il n’y a plus qu’une certaine vérité, puisqu’il m’est très difficile, ainsi qu’à tout le monde, y compris, probablement, Stockhausen lui-même, de me laisser complètement envahir par « Kontakt » ou par toute autre musique électroacoustique. Ma réaction à ce genre de musique est donc une démarche de connaissance, de vérité. Dans d’autres cas, une musique me plaît sans que j’y perçoive une démarche de vérité. Le sentiment que j’éprouve n’est lié qu’a la beauté. Théoriquement, au nom de la vérité, je devrais dire que ça ne vaut rien. Mais puisque ça me plaît, j’essaie de trouver pourquoi. Je ne privilégie donc pas le beau aux dépens du vrai ni l’inverse.

Cette même dissonance Soleil-Jupiter-Capricorne contre Mars-Bélier peut s’interpréter comme un conflit entre l’homme d’action et l’homme de verbe. Le goût de l’action a-t-il autant compté pour toi que celui du verbe et, si oui, as-tu eu du mal à satisfaire les deux ?

Je ne suis pas un homme d’action, mais je suis capable de l’être si c’est nécessaire. Je peux être l’homme qui sauvera 350 personnes sur un bateau en perdition, ou l’homme de la tour infernale, mais là s’arrêtera mon action. Elle sera esthétique. Je suis davantage un homme de verbe et de création. Quand on a fait des études de philosophie, qu’on a étudié Socrate, Platon, Aristote, Spinoza, Hegel et Cie, que l’on a réfléchi à tous ces concepts et à ces forces qui gouvernent l’être humain, on est amené à se demander quelle est la valeur suprême, celle à laquelle on sacrifierait tout. Tout jeune, entre le bachot et l’agrégation, je me posais ce genre de question et j’établissais ma hiérarchie des valeurs. Je pensais que la valeur suprême était la valeur d’action et que la valeur suprême d’action était la valeur de création, puisque par la création je ressemble à Dieu et que l’idéal est d’être Dieu. Je me suis donc donne un destin de créateur. Dire que je l’ai atteint, c’est autre chose. À un certain moment, je distinguais l’existé, l’existant et l’existable. J’appelais existé un individu qui est existe : il n’est rien qu’un végétal perfectionné, agi par le monde extérieur : il se laisse conditionner. L’existant est l’homme d’action qui croit dépasser ses conditionnements, mais risque de se demander, à la fin de sa vie, à quoi son action a servi. C’est le mot de la fin de Lyautey : « J’ai perdu ma vie ». Quant à l’existable, c’est celui qui donne à l’existence toute sa valeur et qui dépasse l’action par la création.

Une conjonction Soleil-Jupiter, comme celle qui domine ton ciel de naissance, sensibilise à l’extrême aux modèles traditionnels. Mais Mercure et Pluton perturbent ta dite conjonction en incitant à rejeter les modèles en question, tout au moins à s’en distancier. Comment as-tu vécu cela ?

Je viens d’une famille de Français moyens : ma mère était professeur et mon père fonctionnaire. L’autorité y était diffuse, et j’ai découvert mes modèles de vie, plus qu’ils ne m’ont été imposés. Principalement dans ma vie scolaire ou parmi les personnalités qui venaient à la maison. Le modèle du savant, du polytechnicien avec son bicorne, m’a fait pendant long temps beaucoup d’effet. Toujours est-il que, des l’âge de quinze ans, je suis devenu, sinon le contraire, du moins très différent de ma famille, puisque j’étais le premier à ne suivre aucun des exemples familiaux existants, à n’être, autrement dit, ni fonctionnaire, ni militaire.

La tentation solaire consiste à être son propre modèle, et certains de tes propos suggèrent qu’elle ne t’est pas tout à fait étrangère, alors que la tentation plutonienne est de refuser en bloc tous les modèles, d’être sans foi ni loi.

Je suis sans foi ni loi et la liste de mes rejets, qui n’ont pas été affectifs ou passionnés mais réfléchis, est longue. Par exemple, j’ai reçu une éducation catholique et, à cause de mes adhésions philosophiques, je n’ai plus éprouvé, du jour au lendemain, le besoin de jouer la comédie religieuse. Je suis devenu agnostique sans problème. Je me suis senti… au-dessus de la mêlée. J’avais quatorze ans quand la guerre s’est déclarée et j’étais étudiant à Paris pendant la guerre. Je vivais au Quartier Latin, dans un milieu de gens évolués, tous plus ou moins liés à la Résistance. Mon livre de chevet était « Au-dessus de la mêlée » de Romain Rolland. J’étais au courant de ce qui se passait, mais, tout en y participant un peu, aussi choquant que cela puisse paraître, je ne me sentais pas concerné…

C’est le déconditionnement capricornien…

Je me suis toujours, non pas réfugié dans une tour d’ivoire… disons que je privilégie l’attitude esthétique à l’attitude que tu qualifies de martienne… Je suis donc sans foi et même sans loi, puisque je respecte celle-ci par simple utilité et non par intime conviction de sa valeur.

Soleil-Jupiter d’un côté contre Pluton, Mars et Mercure de l’autre, cela peut se formuler par une ambivalence entre le besoin de plaire en se conformant à ce que l’autre attend de soi, et le besoin de déplaire, de déranger, de contredire, en mettant les pieds dans le plat, en retournant les convictions d’autrui comme une crêpe, par une habillée particulière et systématique à déceler la faille de tout édifice. Bref il y aurait chez toi une tendance à compliquer les choses à plaisir, coexistant avec la tendance inverse à les simplifier.

Je fais partie de ceux qui critiquent. Je crois à la valeur de la philosophie négative et je suis une antithèse. Je ne me retrouve jamais dans une synthèse ou dans une vérité. Quoi qu’on me dise, je cherche, effectivement, tout de suite la faille. J’ai horreur des simplifications hâtives. Je vais même beaucoup plus loin : je doute de la science établie. Je pense qu’elle n’est pas valable à 100 % — c’est pourquoi l’astrologie me fait rigoler. Par exemple, je dis avec beaucoup de prudence, qu’il est hautement probable que la Terre tourne, parce que ça colle avec le modèle qu’on à fait. Finalement il est plus commode de penser que c’est la Terre qui tourne autour des étoiles, plutôt que l’inverse. Mais je pense aussi que l’on peut fabriquer un modèle mathématique qui rendrait compte de tout ce qui se passe dans l’univers, y compris ces derniers mystères en date que sont les trous noirs, en supposant la Terre immobile. Simplement les équations seraient plus compliquées. Ce n’est pas parce que le discours que l’on tient sur la réalité, le modèle qu’on a trouvé, sont cohérents qu’ils sont vrais. Il n’y a pas de vérité absolue, mais des probabilités plus ou moins grandes. C’est le fameux théorème de la chasse au lion. Il y a plusieurs méthodes pour capturer un lion vivant. L’une d’elles consiste à mettre une cage dans son salon et à attendre, puisque la probabilité qu’un lion vivant entre un jour dans la cage, n’est pas nulle. Les absurdités de ce genre abondent. La seule vérité certaine, c’est peut-être le fait que je pense : le fameux cogito sur lequel on a tous disserté. Je fais donc comme Descartes, je révoque tout en doute. Alors, quand on me raconte une histoire, je cherche par ou elle pèche. Ce n’est pas que je veuille démolir ce qu’on me dit, mais je veux démolir la confiance en une vérité absolue que l’on croit avoir et dont je me méfie.

Les astrologues qui voient dans une dominante solsticiale l’incitation à une attitude ultra-paradoxale, vont se réjouir de ce que tu dis. Mais revenons à ton Soleil et à ton Jupiter culminants, qui donnent généralement un grand besoin de valorisation sociale et vont de pair avec les qualités d’aisance et d’autorité que l’on te connaît. De quelle façon Mercure et Pluton, qui ont une fonction de déstabilisation, perturbent-ils ce besoin ?

Je n’ai pas besoin de valorisation sociale. Ça t’étonne, mais c’est vrai. J’ai toujours fui les honneurs et la publicité. Je suis, bien sûr, sensible aux éloges, mais je ne vais pas les chercher. J’ai toujours été frappé par l’image d’Épictète qui comparait la vie à un banquet. Le sage est au banquet et, si une danseuse ou un plat passent à sa portée, il se sert. Mais il ne se lève pas pour courir après. Je suis un peu comme ça. Je ne cours pas après la valorisation sociale. La réussite me fait évidemment plaisir, mais ce qui m’intéresse, c’est cette concupiscence qui me pousse à aller toujours plus loin, à écrire deux, puis trois, puis dix livres. Projeter d’écrire seul une encyclopédie de vingt-trois volumes, ce peut-être, d’un certain point de vue, un désir de valorisation sociale. Mais l’écrire et rester dans l’ombre derrière l’œuvre, c’est la déstabilisation dont tu parles. Je n’ai jamais tenu à me mettre en avant, à tel point que cela m’a joué certains tours contre lesquels j’ai du réagir en me mettant en avant justement… En ce moment, par exemple, je caresse l’idée d’être Académicien…

Nous voici en plein Soleil-Jupiter !

J’ai toujours considéré les décorations ou les titres comme des gri-gris. Je suis bourré de titres universitaires de haut niveau, mais je n’en ai aucun sur aucune carte, d’ailleurs je n’ai pas de carte… (rires). Mon éditeur avait mis mes titres sur la jaquette de la première édition de mon Encyclopédie, mais je les ai fait supprimer pour la deuxième édition, ainsi d’ailleurs que ma photographie. Être dans l’ombre me séduit davantage et procède peut-être d’un plus grand orgueil. C’est certainement orgueilleux de préférer être connu des happy few, que du grand public. Cette idée que j’ai eue il y a cinq-six ans d’entrer à l’Académie est donc curieuse. Mais j’ai été en butte, à cette époque, à un certain nombre de conflits sociaux. Je connais ma valeur et je supportais mal que certaines personnes, pourtant bien placées pour la connaître aussi, n’en tiennent pas suffisamment compte. Je parle souvent d’une manière un peu fantaisiste, et il arrive qu’on pense que je parle en chansonnier, alors que je parle en philosophe. C’est une suggestion amicale, qui m’a amené à penser qu’être Académicien donnerait plus de poids à mes dires auprès de ceux qui les mettent en doute. Évidemment, j’ai tourné cette ambition en dérision, en me disant que tout ce qui m’intéressait c’était le droit au port de l’épée, ou l’arrivée à Bastia en uniforme… Mais il y a aussi un désir de valorisation sociale dont le but est de venir plus facilement à bout des discordances ou des conflits qui résultent du fait que ma personne n’a pas le succès ni l’accueil qu’ont connu mes livres.

Tes planètes affectives, Neptune, Vénus et la Lune, qui concernent les sentiments, sont sans valorisation. Le plan sentimental est-il ton talon d’Achille ?

Ma vie affective est un peu mon talon d’Achille. Elle a été très riche à différentes reprises, mais elle ne m’en a pas moins échappé plusieurs fois… Pourquoi, à un moment donne, la passion s’éteint-elle ? Je ne crois pas que ce soit à cause d’une distanciation ou d’une satiété de ma part. Je crois que l’amour est une connaissance, qu’aimer quelqu’un c’est le connaître, et qu’une fois que tu connais tout de lui, tu ne l’aimes plus. Peut-être que je connais trop vite. Peut-être aussi, ai-je peur qu’une vie affective trop importante m’empêche de poursuivre mon plan de vie qui est d’écrire et de créer.

Une conjonction Lune-Saturne peut se traduire par des alternances d’avidité et de détachement sur le plan affectif. C’est donc le détachement qui l’emporte chez toi ?

C’est l’avidité…

… tu te contredis…

Quand je vis une passion, je suis totalement avide. Je suis tellement envahi par l’autre et le besoin que j’en ai, que j’en perds les pédales, ce qui revient à ne plus pouvoir s’occuper de quoi que ce soit d’autre. C’est donc au détriment de mon intégrité intellectuelle. Puis la passion s’émousse. À présent, je suis devenu un peu froid, tout en n’ayant pas envie de l’être. En fait, j’ai projeté toute mon affectivité sur ma fille, ce qui exclut que je tombe amoureux, prisonnier que je suis de la passion que j’éprouve pour elle. Mais c’est moins grave de perdre les pédales pour sa fille. Alors peut-être que je me retiens de la passion par peur de perdre mon identité, de me détruire. Et pourtant, je suis un homme de plaisirs. J’aime les plaisirs et je les prends…

… Ce qui est, pour l’astrologue, bien dans la note Mars-Jupiter

Le premier écrit de mon existence était un traité des passions, où j’expliquais que la passion était liée au désir d’éternité et tournée vers le passé, alors que la vie consistait à regarder vers le futur. L’éternité ne pouvant se réaliser, la passion était donc pour moi une valeur à la fois présente et absente : la présence d’une absence…

Texte paru dans Entre les lignes, entre les Signes, Éd. RMC 1986.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


Le petit livre du Capricorne

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

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