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Stéphane Bern, le Scorpion filou du roi

Il est partout : à la télévision sur TF1 (émissions Sagas, Famille je vous aime, Les Grosses Têtes, Écho de Stars, Boulevard des Célébrités, etc.), à la radio sur France-Inter (Le Fou du Roi), dans la presse (Rédacteur en chef adjoint des trois titres du Figaro). Cet homme-là est un paradoxe vivant, un Janus médiatique : chroniqueur mondain distingué, mais aussi punk ricaneur et sarcastique. Sur le petit écran et dans la presse, il cire obséquieusement les pompes des Altesses. Sur les ondes, il en lacère le cuir précieux avec le scalpel impitoyable de son humour ravageur. Royaliste convaincu, il appelle à voter pour le candidat de gauche à la mairie de Paris tout en étant conseiller municipal sur une liste de droite. On a le tournis… Mais qui est donc Stéphane Bern ?



Micro-portrait théorique de Stéphane Bern

Ce micro-portrait ne fait qu’esquisser une interprétation très simplifiée des configurations zodiaco-planétaires dominantes et de la planète la plus faible de ce Thème natal. Excluant par exemple l’interprétation des Aspects, cette étude succincte ne saurait remplacer une véritable analyse approfondie, mais elle en ouvre quelques-unes des pistes principales.

La configuration dominante du Thème natal de Stéphane Bern est une conjonction Vénus-Mars en Sagittaire conjointe à Mercure en Scorpion au carré d’Uranus-Pluton en Vierge et au trigone de Jupiter en Bélier. La Lune en Scorpion est la planète la plus faible.

Ses réponses aux questions devraient donc refléter les pôles hyper-dominants de sa personnalité :

Scorpion sociable-communicatif

- Vos qualités : si vous vous montrez la plupart du temps très ouvert, curieux des autres, charmeur, disponible, décontracté, doué pour vous faire admettre et reconnaître, vous n’en êtes pas moins extrêmement sélectif dans vos contacts et rencontres, dans vos coups de cœur, passions et centres d’intérêts. Vous savez discerner avec une perspicacité détendue mais efficace ce et ceux qui ne vous conviennent pas ou ne vous dissent rien et choisir ceux avec lesquels vous aurez une absolue complicité. Rusé et habille dans vos relations sociales, virtuose des tactiques d’approche, vous n’avez pas votre pareil pour évaluer et moduler rapidement vos conduites en fonction de l’effet exact que vous produisez sur autrui.

- Vos défauts : une fois que vous avez trouvé les clefs qui vous permettent d’être reconnu, fêté, attendu, vous avez souvent du mal à changer de registre. Vos curiosités, vos intérêts et vos passions tournent en rond, toujours identiques à eux-mêmes : en dépit des multiples facettes de votre personnalité, vous vous répétez, vous rabâchez et avez trop tendance à croire que les mêmes recettes de communication sont efficaces quels que soient vos interlocuteurs. Trop soucieux d’affirmer votre différence, votre petite musique individuelle sans pour autant déplaire et vous retrouver rejeté, vous avez des comportements ambigus et paradoxaux, jouant le rôle du réfractaire et du critique sans en assumer jusqu’au bout toutes les conséquences.

Sagittaire affectif-sensoriel

- Vos qualités : vous êtes en quête d’un vaste partage émotionnel avec le monde qui l’entoure et les êtres qui le peuplent. Votre affectivité large et généreuse, votre sentimentalité illimitée vous incitent à vous sentir concerné par tout ce qui se passe autour de vous et à y réagir avec votre cœur et vos tripes. Votre pouvoir de compassion est quasi-illimité, vos états d’âme fougueux. Vous voulez vivre intensément et faire partager aux autres ce vécu intense, faire converger les désirs, amener les corps et les cœurs à fraterniser dans une entente dépourvue de tout artifice. Pour vous rien n’est vrai que ce qui vous touche, vous ébranle, vous émeut, vous fait frémir, vous procure des sensations fortes et vivifiantes.

- Vos défauts : vous êtes trop souvent envahissant à force de manifester, et d’exiger sans cesse d’autrui, une présence affectueuse de tous les instants. Dès que vous est touché, ému, bouleversé, vous perdez toute contenance et toute mesure, et vous vous adonnez avec frénésie à votre ressenti fiévreux, vos sentiments démesurés, vos émotions intenses et turbulentes, comme si rien ne pouvait jamais rassasier votre soif de sensations grisantes, de vibrant partage des sensibilités. Etre raisonnable dès que votre cœur est touché à vif est pour vous une insupportable tutelle. Vous vivez sous la dictature de vos désirs urgents, de vos humeurs à géométrie variable, de vos coups de cœur auxquels vous ne savez jamais dire non.

Inversement, les réponses de Stéphane Bern aux questions devraient montrer qu’il ne correspond pas du tout au portrait suivant :

Plastique, réceptif, accommodant, accueillant, vous savez créer autour de vous un climat de quotidienneté paisible, d’intimité chaleureuse, d’harmonie simple, de convivialité bon enfant, et vous vous épanouissez dans les ambiances porteuses, amicales et familières. Complaisant, obligeant, prévenant, compréhensif, tolérant, solidaire, vous vous adaptez souplement à autrui. Vis à vis des situations pratiques et des problèmes concrets auxquels vous confronté, vous vous efforcez de trouver les lignes de moindre résistance et de vous assurer des appuis solides plutôt que de vous épuiser en luttes. Vous épousez au mieux ce que vous proposent les circonstances pour en tirer parti en vous y adaptant souplement, au jour le jour. Subtil, rêveur, changeant, ondoyant, imaginatif, votre vie intérieure est riche. Le besoin de plénitude, de complétude, de sérénité, de vivre selon vos rythmes intimes et personnels sont pour vous des exigences impérieuses : vous vivez vos rêves et rêvez votre vie, en osmose profonde et détendue avec vous-même et votre milieu ambiant, dans lequel vous baignez tel un poisson dans l’eau.

Vous ne prenez que les décisions qui ne vous coûtent pas, avec lesquelles vous faites intimement corps, celles que les circonstances vous imposent et qui préservent autant que possible le fondu-enchaîné et la tranquillité d’une vie quotidienne que vous voulez dépourvue de toute crispation autoritaire. Vous assimilez sans effort et sans concentration savoirs et connaissances. Votre quête de bien-être passe par le refus de toute discipline contraignante, et vous savez faire disparaître les exigences de votre moi pour maintenir l’harmonie de votre groupe. Votre riche affectivité est marquée par le besoin d’osmose, de fusion, d’intimité partagée avec ceux que vous aimez tout simplement parce qu’avec eux vous vous sentez bien, parce que vous les sentez et les comprenez intimement en vous mettant sans peine à leur place. Tout en étant convivial, la solitude ne vous fait pas peur : dans les moments où vous vous mettez à l’écart du monde extérieur et des autres sans pour autant être distant, vous vous ressourcez dans la rêverie éveillée, la contemplation paisible et fluide. Vierge de tout a priori, de toute certitude, vous savez poser sur les êtres et les choses un regard neuf et frais.

Astro-entretien par Françoise Hardy

« Je hais la mondanité »

Françoise Hardy : Vous êtes né sous un ciel riche qui vous prédisposait à diverses facettes : par Vénus celle d’un sentimental, d’un esthète amateur de belles et de bonnes choses, et à cause de la conjonction à Mars de sensations fortes… Par Mars celle d’un battant qui a besoin d’action et à qui la bagarre ne fait pas peur… Par Mercure, celle d’un lutin qui aime jouer, plaisanter, s’amuser sans que cela porte à conséquence… Par l’ensemble Mars-Pluton-Scorpion, celle d’un réfractaire, d’un contestataire, voire d’un justicier à l’esprit critique affûté, capable de voler plus ou moins méchamment dans les plumes… Par Vénus en Sagittaire, conjointe à Mercure et au trigone de Jupiter celle d’un mondain ou tout au moins d’un être très social et sociable qui a besoin d’un renouvellement permanent des contacts et sait arrondir les angles… Par Jupiter au trigone de Mars, celle d’un pragmatique qui sait saisir les opportunités… Par Uranus-Pluton enfin, celle d’un jusqu’au-boutiste qui suit son idée en restant imperméable aux influences. J’arrête là pour vous demander à laquelle de ces facettes contradictoires vous vous identifiez le plus ?

Stéphane Bern : Vous cernez effectivement ma personnalité telle que je la ressens, c’est-à-dire contradictoire. Je me reconnais globalement dans ces facettes que j’aspire à assumer en les épousant les unes après les autres, ou en même temps que les autres, et en allant au bout de chacune. Mais l’âge entraîne probablement une évolution … Par exemple, je suis moins sociable que je ne l’ai été à vingt ans où j’avais besoin d’une certaine reconnaissance liée surtout au fait que j’étais moins brillant que mon frère. Mais au fil du temps cet aspect mondain que l’on imagine à tort chez moi, a complètement disparu : en réalité, je hais la mondanité. Si les gens n’ont rien à dire, je leur tourne le dos. On n’imagine pas que le gentil garçon qu’on croit que je suis, puisse envoyer en plein visage des piques, des vérités dures, parfois violentes, qui visent juste… C’est le Scorpion qui ressort…

Le Scorpion — votre signe solaire et lunaire — incite en effet à repérer la faille, le talon d’Achille et cibler un point névralgique précis, tandis que Mars fait voir et exprimer les choses dans toute leur crudité et rend très réagissant — surtout en Sagittaire

Dans les situations conflictuelles, mon premier mouvement est très colérique avec une certaine tendance à dramatiser les situations…

« Être citoyen en tout »

Que vous inspire la facette sentimentale ?

J’ai été sentimental et désireux d’émotions fortes entre dix-huit et vingt-cinq ans. Mais l’aspect papillonnant de moi-même s’est transformé ces dix dernières années en une recherche d’intériorité et d’inscription dans la durée de sentiments plus profonds. J’ai désormais davantage besoin d’une affection partagée que d’émotions fortes et ma sensualité est moins exacerbée qu’à 20 ans. Je me retrouve davantage dans les facettes du battant, du jusqu’au-boutiste, du justicier. J’ai des coups de cœur en permanence, mais je vais au bout de mes idées. L’injustice me révolte, je rêvais d’être avocat quand j’étais gosse et je m’enflamme pour des causes qui laissent les autres indifférents.

On nous rebat les oreilles de toutes sortes de causes pourtant !

À défaut d’être le défenseur de toutes les causes malheureuses, on peut au moins essayer d’être citoyen en tout…

Le Sagittaire — votre signe ascendant — est souvent un champion de l’humanisme tous azimuts, on le dit couramment « citoyen du monde », il est branché sur son époque…

J’ai une curiosité qui me pousse à tout lire, je suis surinformé et rien ne me laisse indifférent. J’ai cette chance — grâce à Mercure peut-être — de transmettre l’information. C’est une vocation qui a commencé très tôt, puisqu’à dix ans déjà, je découpais des articles dans les journaux.

Vérités dérangeantes

Un Mars dominant sensibilise à l’extrême au fossé qui sépare le discours, l’idéologie des faits…

Je suis très pragmatique et en veux aux politiques ou autres qui font des promesses qu’ils ne tiennent pas, bien que l’on promette selon son cœur et tienne selon ses moyens. C’est là où ma sociabilité apparaît : d’un côté je ne sais pas dire non, crains de blesser les autres et suis conscient qu’il faut parfois savoir serrer la main de quelqu’un que je n’apprécie guère, de l’autre j’ai des coups de gueule, je suis capable de balancer des vérités dérangeantes parce que je ne supporte pas la supercherie, les faux-semblants, l’hypocrisie… Cela fait des années que j’essaye de me dépêtrer des contradictions inhérentes aux facettes que vous avez énumérées. Mon côté battant et réfractaire m’y aide : je n’ai jamais pu entrer dans le moule, je ne suis jamais là où l’on m’attend, que je sois avec des gens de gauche ou des gens de droite, même si j’adhère à certaines des idées exprimées, je ressens le besoin d’apporter la contradiction. En ce qui concerne le côté jusqu’au-boutiste — pas au sens d’intolérant mais au sens d’idée fixe : je vais au bout d’une utopie qui constitue mon moteur depuis des années, en restant imperméable aux quolibets, moqueries, crachats à ce sujet.

Je crois savoir de quelle utopie vous parlez…

Tout le monde connaît ma marotte de la symbolique monarchique que j’ai épousée dès l’enfance. J’ai raconté dans un livre que tous les enfants ont un royaume enchanté. Mes parents étaient des gens très bien mais très durs aussi et je trouvais davantage de chaleur chez mes grand-parents qui vivaient au Luxembourg, au point que j’ai assimilé mon royaume enchanté imaginaire à cet authentique Grand Duché où tout me paraissait magique alors qu’en France ma réalité faite d’études, de réprimandes, de coups, était sombre. De plus, non seulement le Grand Duché du Luxembourg est trop petit pour rentrer sur la carte, mais tout le monde le dénigre, lui tape dessus. Au fil du temps, je me suis rendu compte que je me l’étais approprié au point de m’y identifier. Tous mes camarades d’école ainsi que mon frère étaient plus chatoyants que moi sur qui tout le monde tapait, mais je résistais selon la devise luxembourgeoise « nous voulons rester ce que nous sommes ».

La résistance est un trait typique du Scorpion qui aime « dresser le défi de sa singularité ». Aujourd’hui que vous avez acquis une distance, vous ne vous identifiez plus au Grand Duché ?

J’ai pris cette distance grâce au « lutin » et à son humour qui me permet de me moquer de moi-même, grâce à ma lucidité aussi mais je continue de croire au pouvoir de la symbolique monarchique pour réparer un tissu social disloqué. Comme Orwell, je pense que tant qu’on promènera des figures de cire dans un carrosse, on évitera les Hitler et les Staline. Je déteste les potins, le gossip, les ragots ; j’aime l’idée de communion, l’idée que tout le monde se rassemble au même moment autour d’un souverain, alors qu’en république c’est impossible à cause des guerres de partis. On a tous besoin de symbolique en politique. Le drame c’est quand la symbolique et dévoyée, quand par exemple on est obligé de fabriquer des Marianne inspirées de top-models ou d’actrices à la mode pour représenter la République… car le détournement des symboles d’une nation favorise la dictature et l’extrême droite.

Le Soleil, en rapport avec l’unique, l’absolu, bref avec la figure symbolique du Roi, est peu valorisé dans le Thème de Stéphane Bern. Serait-il royaliste parce qu’au fond, il manque personnellement de points de repères stables et permanents dans sa vie, parce qu’il doute fondamentalement de sa valeur, de son image de marque ?

Ce n’est pas le roi autocrate qui m’intéresse. J’ai plus d’affection pour Louis XVI que pour le roi Soleil, parce qu’en tant que maillon faible de la chaîne, il a payé pour les autres. Je suis plus sensible au martyre de Louis XVI qui au fond était un brave homme soucieux d’aider son peuple. On ne sait pas assez qu’il a demandé à son ministre Malesherbes d’accorder aux Juifs les mêmes droits qu’aux protestants et on oublie trop souvent qu’il a paraphé la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Le manque de confiance en moi vient peut-être d’une ascendance mal assumée, d’une forme monarchique non acceptée du pouvoir parental. J’ai cru longtemps que je n’étais pas l’enfant de mes parents, que j’en avais d’autres plus sympathiques, moins durs, que je retrouverais et avec qui je serais enfin heureux. Ma mère indexait mon argent de poche sur ma conduite de la journée et ne m’accordait jamais la moyenne. Je n’ai pas le souvenir d’une enfance malheureuse, mais ma vie d’adulte — entre autre mon rapport à l’argent — reste marquée par ces choses-là. Le manque de « Soleil » en moi m’a rendu plus sensible au Soleil des autres. Le Soleil au sens lumineux, non au sens de pouvoir, car — j’insiste — ce n’est pas le pouvoir politique qui m’intéresse mais le pouvoir rassembleur du symbole.

Les rois et les reines sont des figures symboliques médiatrices. Par exemple, la reine des Pays-Bas emmène ses ministres sur leur terrain d’élection pour vérifier si les lois y sont bien appliquées. Ces figures font le lien, sont un lien. Un lien historique aussi entre le passé et le présent à une époque où on a trop tendance à tout bazarder, alors qu’un peuple qui perd ses racines et sa mémoire n’existe plus, ne sait pas où il va. La ténacité Scorpion me fait tenir à ces valeurs-là tout en m’incitant à les rendre plus politiques, plus démocratiques. La monarchie c’est la démocratie. Par ailleurs, le Sagittaire me sensibilise à tout ce que le milieu monarchique peut avoir d’étriqué : je ne vais pas respecter quelqu’un à cause de ses aïeux, s’il n’a rien à dire ! Je préfère de loin les gens de talent que la radio me permet de rencontrer.

La tentation des impasses

Autant la dissonance Vénus-Uranus devrait vous rendre exclusif dans votre vie affective, autant celle à Pluton pourrait vous mettre dans des situations compliquées où, sinon le multiple, tout au moins des données irrationnelles, interfèrent dans le duo-duel auquel vous aspirez par ailleurs.

J’ai eu la chance d’avoir des grands-parents et des parents très unis qui m’ont transmis la volonté de construire un foyer harmonieux mais j’ai toujours eu en même temps une propension à vouloir séduire et mettre en danger ma vie personnelle dans des situations compliquées, sans forcément que ça débouche sur quoi que ce soit et tout en gardant le contrôle. Mais il arrive un moment où il faut décider de franchir ou non le Rubicon. Pendant longtemps, sans doute parce que j’étais avec des personnes auxquelles je n’étais pas suffisamment attaché, je l’ai franchi, mais dès lors que vous vous sentez bien dans une relation exclusive, vous savez que le piment des jeux de la séduction hors de ce cadre, constitue une impasse… Le problème c’est que quand je suis devant une impasse, j’ai toujours besoin d’aller vérifier si c’en est vraiment une.

La dissonance Vénus-Pluton incite à « franchir le Rubicon » mais pour s’apercevoir au bout du compte que l’autre est un parfait étranger…

C’est terrible… Je m’en veux beaucoup à moi même de m’être trompé mais je jette sans regret, je n’éprouve aucune nostalgie, je réécris l’histoire et je détruis tout comme si la relation n’avait jamais existé. Contrairement à ce qu’on peut imaginer, je ne vis pas dans le passé.

Le Cancer — inoccupé dans votre ciel — prédispose à vivre dans le passé, alors que le Sagittaire qui en est le signe inverse, porte à la fuite en avant.

Je vis dans le moment présent, je construis l’avenir de mon mieux, mais tout ce qui rate ne me laisse ni amertume ni remords…

Insomniaque angoissé et hyperactif émerveillé

Parce qu’en bon Sagittaire vous êtes dans le mouvement…

Je suis dans le mouvement et j’efface tout avec une faculté d’oubli qui peut passer pour de la cruauté — j’oublie jusqu’au prénom, jusqu’à l’existence, au point qu’il m’arrive de recroiser des êtres que j’ai cru aimer sans les reconnaître. En contrepartie, je ne suis jamais blasé. Même quand le contexte est difficile, j’ai une grande capacité à endurer les épreuves et je me réveille toujours avec la curiosité de ce qui va m’arriver, avec la pensée que la journée va être formidable, me faisant une joie à l’avance des rencontres qu’elle va m’offrir… Mon activité professionnelle a l’avantage de nourrir ma curiosité naturelle en me faisant découvrir chaque jour des personnalité différentes… J’ai une grande faculté d’enthousiasme, j’aime partir à l’aventure…

Vous décrivez là l’aspect adapté du Sagittaire mais quid des tendances du Scorpion à noircir le tableau, à dramatiser ???

Elles sont intériorisées et ne sortent jamais. Le jour tout repart, je suis dans le mouvement, mais la nuit j’ai des insomnies parce que — c’est le cas de le dire — je vois tout en noir. Même si tout va bien, je m’angoisse à l’idée que je ne vais pas être à la hauteur, que rien ne va plus marcher… Je ne suis jamais sûr de moi…

Peur de l’échec et soif d’excellence

La conjonction de votre Soleil non valorisé à Neptune vous prédispose à ne pas toujours avoir une vision claire de ce que vous représentez pour les autres et le carré à Saturne à éprouver ce sentiment inconfortable déjà évoqué à propos de votre valeur, avec pour conséquences éventuelles de vous faire douter de vous mais aussi de vous obliger à mettre la barre très haut.

J’ai toujours été persuadé que j’allais échouer, mais la peur de manquer mon but, d’être mauvais a toujours eu pour corollaire une soif d’excellence… Ma mère m’a conditionné ainsi en m’enfonçant dans la tête qu’on ne mérite l’expression visible de l’amour que lorsqu’on est un bon petit soldat. Je l’entends encore alors que je prenais des cours de piano crier du fond de l’appartement : « C’est faux, c’est faux ! On ne tirera jamais rien de cet enfant, que va-t-on faire de lui ? » Ses critiques et ses punitions permanentes m’ont rendu si peu sûr de moi que je trouve la force dans le travail. Je suis incapable de déléguer, j’écris donc tout moi-même et travaille jusqu’à épuisement en n’étant jamais satisfait.

Anti-paresse, anti-confort

À l’inverse du Cancer, le Sagittaire n’a aucun instinct de conservation, il a tendance à en faire trop, d’autant plus que la faiblesse de la Lune dans votre ciel natal incite à se morfondre dans le confort douillet, sécurisant du quotidien…

Je n’aime pas le confort, je suis toujours en danger, je peux rentrer chez moi à neuf heures du soir et me rendre compte qu’il n’y a rien dans le réfrigérateur… Je n’ai aucune prévoyance en ce qui concerne le quotidien et mon appartement est plein de cartons avec des tableaux posés par terre au lieu d’être accrochés… Je ne m’installe pas car je pense que le jour où on est installé on est mort.

C’est l’errance sagittarienne aggravée par une Lune « aveugle »

Ça pose évidemment mille problèmes mais en même temps cela me permet d’être bien partout…

Le Sagittaire est l’un des signes les plus adaptables…

Je m’adapte à tout, au risque de déranger les autres : il m’est arrivé, me sentant fatigué, de m’allonger sur le tapis et de m’endormir chez des amis qui m’avaient invité à dîner. Mais si j’ai la faculté de me laisser aller lors de certaines soirées, je suis toujours « under control » le reste du temps.

Le contrôle dans l’effervescence…

Dans l’effervescence : je hais la paresse tout en m’accusant en permanence d’être paresseux. C’est le résultat de mon éducation… Je ne supporte pas les cadeaux et fuis les fêtes de fin d’année et les anniversaires car on m’a trop inculqué l’obligation de remercier sans attendre et je n’en peux plus de dire merci. J’adore faire des cadeaux mais je ne sais pas en recevoir… Je ne suis pas dans la possession… Mes parents ne l’étaient pas non plus, ils menaient une vie de bohème. J’ai pourtant investi dans la pierre alors que je passe mon temps à déménager…

Non à la futilité !

La facette Mars-Jupiter concourt à un homme de terrain pragmatique, ce qui atténue la fuite en avant du Sagittaire.

La pierre c’est du concret alors que les actions c’est du vent : je n’en ai pas. Je ne suis pas un homme d’argent et ne le serai jamais, sans pour autant me faire gruger… Je n’ai pas non plus de revanche sociale à prendre. Ce qui m’intéresse c’est la liberté, c’est me donner les moyens d’être libre, de pouvoir m’en aller si on ne me laisse pas agir à ma guise. Je me considère comme un artisan. Le pouvoir m’intéresse davantage que l’argent, pas le pouvoir politique mais celui qui consiste à changer la vie en donnant du rêve, de l’amour, de l’espoir, en étant utile. Ma plus grande meurtrissure c’est de passer pour quelqu’un de futile…

Beaucoup de gens ont en effet cette image de vous…

Je n’ai que cette image. Or, je suis tout sauf futile. Seule la clé de voûte m’intéresse : c’est un très bel élément décoratif — on me prend donc pour un esthète —, alors que ce que je comprends c’est que la clé de voûte tient l’édifice, que sans elle tout s’effondre. Je ne sais pas si j’ai une longueur d’avance mais j’ai toujours été incompris : mes camarades, ma famille ne m’ont jamais compris, c’est pareil pour mes amis… Je suis trop en décalage, on m’a mis dans un tiroir alors que j’ai passé ma vie à fuir les étiquettes et les tiroirs : on m’attend là, je suis déjà là-bas. J’ai d’abord été un bon petit journaliste qui écrivait des papiers gentils et tout à coup Philippe Bouvard a senti mon côté « lutin », il a trouvé que j’avais de l’esprit et m’a invité aux Grosses Têtes. « Tu ne vas pas aller aux Grosses Têtes, ce n’est pas toi ! », s’est exclamé en chœur mon entourage. Même chose pour TF1 : on me reproche d’être « convenu », alors qu’ailleurs je balance des horreurs. Mais j’adore qu’on ne sache plus où ni qui je suis !

Auto-dérision à tous les étages

Deux de vos dominantes, Mercure et Pluton portent à brouiller les pistes…

Brouiller les pistes en permanence, c’est ça.

Par Mars vous balancez leurs vérités à qui n’a pas forcément envie de les entendre alors que par Mercure et Pluton vous êtes capable d’être beaucoup plus habile, malin, un brin manipulateur. Comme vous le disiez tout à l’heure, vous pouvez quand il le faut serrer la main de qui vous déplaît. Vous pouvez aussi être le spectateur froid et lucide, voire amusé de vous-même…

C’est là-dessus que je joue tous les matins à la radio : l’auto-dérision. J’ai un regard cruel sur moi-même, je suis dur avec moi et plus indulgent avec les autres.

Tout en leur envoyant des vannes…

Cela vient encore une fois de ma mère que la maladie avait amenée à être aussi dure avec elle-même qu’avec les autres. Je peux, moi aussi, être dur avec les gens qui font mal leur travail dans la mesure où j’ai beaucoup d’exigence vis-à-vis de moi-même. En même temps quand je me plante en beauté, je suis capable d’en rire. Je me caricaturais à la façon de ma marionnette bien avant qu’elle existe. Il y a plusieurs degrés chez moi : au premier degré l’enthousiasme, au deuxième la lucidité, la distanciation amusée, d’où sans doute l’incompréhension des gens qui ne savent jamais si c’est du lard ou du cochon. En même temps il y a cette gourmandise de faire mille choses : on m’enferme dans la presse écrite, hop je pars à la télé, on m’enferme à la télé, hop j’ai besoin de la radio… Je n’ai d’ailleurs aucun bureau nulle part…

Midinette et dissident

On retombe sur le refus sagittarien de ce qui enferme, limite, contraint, et sur l’aptitude de ce signe à rayonner dans le plus grand nombre de directions attractives possibles…

N’appartenir à personne, être libre pour pouvoir accepter ce qui se présente d’intéressant et d’insolite… Par exemple j’ai accepté de doubler une voix dans un film, de jouer un rôle dans un autre, non pour satisfaire mon ego mais pour le plaisir de la découverte. Aussi parce que je suis resté un peu « midinette » : je n’en reviens pas d’approcher des acteurs célèbres comme Nathalie Baye ou Josiane Balasko alors qu’une fois sur place, on n’a pas besoin de me pousser pour que ça parte en vrille… Les étiquettes rassurent les gens, mais comme je n’arriverai jamais à me rassurer moi-même, je ne suis pas dans cette logique.

Bien que vous soyez un affectif viscéralement dissident (Venus-Mars-Pluton) vous êtes quand même aussi un hyper-adapté social qui sait très bien saisir les opportunités pour progresser dans « la carrière » (Signes d’automne et trigone Vénus-Mars-Jupiter). Comment vivez-vous ce contraste extrême ? Êtes-vous plutôt un polisseur de rébellions ou un policier anti-rebelle ?

Sûrement pas un policier anti-rebelle puisque je suis toujours du côté de la rébellion. « Affectif viscéralement dissident » certainement, mais en aucun cas opportuniste ni carriériste. En revanche — je ne sais pas à quoi ça tient —, j’attire la chance. Je n’ai jamais galéré ni rien cherché, tout est venu à moi.

Vous avez pourtant connu des hauts et des bas ?

J’ai fondé un journal Dynasties qui s’est cassé la figure. J’ai été neuf mois au chômage, ce qui m’a donné le temps d’écrire un livre qui a eu assez de succès pour me permettre de rebondir et d’être engagé dans un meilleur journal. Tout a toujours été comme ça alors que je suis parti de zéro : j’ai débuté en courant après la pige. Je connais le prix des choses parce que j’ai payé de ma personne et que personne n’a jamais payé à ma place. C’est une force dans la vie, c’est la clé de l’indépendance.

Saisir sa chance et changer de vie

Savoir saisir les opportunités n’implique pas d’être opportuniste.

Il y a des gens qui ne voient pas la chance quand elle est passe devant eux, moi si. Un peu comme certaines personnes attrapent systématiquement la grippe, alors que moi non. Je saisis les chances qui s’offrent à moi et suis toujours prêt à me remettre en question, à changer de vie. J’aide volontiers les gens malheureux mais ceux qui geignent parce que ça ne marche pas, m’impatientent : je n’aime pas les losers. Même si je doute de ma réussite, même si je m’angoisse, je ne suis jamais dépressif, je puise la force à l’intérieur de moi.

C’est très Scorpion et marsien de puiser la force en soi-même et d’être stimulé par les difficultés.

J’ai un instinct de survie très fort. On me dit que je ne suis jamais aussi bon que quand on m’attaque. Je peux réagir du tac au tac pour une vétille, mais on peut me cracher dessus, écrire les pires horreurs sur moi dans la presse, je reste débonnaire car ça me donne la force de prouver que je ne suis pas là où l’on m’attend et tant pis pour les imbéciles, les plus malins auront peut-être envie d’aller voir au-delà. Je me méfie des apparences, ce qui m’intéresse c’est l’« être ». Je ne juge jamais les gens avant de les connaître.

Du roi des froufrous au Fou-fou du Roi…

Vous traversez une phase plutonienne, réputée pour faire perdre les repères existants…

Je suis actuellement dans une période de remise en question permanente…

Quand on vous a proposé d’animer Le Fou du roi sur France Inter, c’était quelque chose de très nouveau ?

De totalement inattendu, de très déstabilisant… Je n’y croyais pas, je m’en sentais incapable… Mais le directeur des programmes tenait à moi et m’avait prévenu que ce serait très dur… J’ai senti que c’était le destin qui frappait à ma porte, que la bonne attitude consistait à ne pas poser de questions et me dire : ça arrive, tu prends…

Jusqu’à votre arrivée à France-Inter, vous passiez pour un animateur-paillettes glamour et cireur de pompes. Depuis cette arrivée, qui coïncide comme par hasard avec l’échéance majeure de votre existence, de Pluton sur Vénus-Mars, vous vous êtes devenu un « affreux jojo » caustique. Ce n’est pas une métamorphose radicale pourtant ?

Non : j’ai toujours eu cette causticité, ce deuxième degré, je n’ai jamais pu m’empêcher d’être insolent dès l’enfance, mais c’est la première fois que le grand public me découvre ainsi.

Cette fonction d’animateur sur France-Inter vous a-t-elle, malgré tout, appris à mieux voir le dessous des cartes, à être encore plus lucide, plus distant, plus détaché, plus dur que vous ne l’êtes déjà ?

Sans conteste : ça a d’abord été une école merveilleuse. Les attaques m’ont obligé à être meilleur chaque jour dans une instabilité permanente jusqu’au moment où je me suis lâché. J’ai l’impression d’avoir déboutonné mon corset, ce qui m’a permis d’abord de prendre du plaisir, puis de m’amuser franchement avec une autodérision qui est une forme de complicité avec le public. Cette expérience a levé mes dernières inhibitions et délié ma plume : je ne redoute plus rien. Pour vous dire la vérité, je remets même en cause ma vie et mes choix en matière d’émission de télévision, car je me sens étriqué, comme si j’étais un adulte habillé avec de la layette et qui va exploser. Cette expérience aura finalement été un catalyseur grâce auquel j’ai pu extérioriser un aspect de moi-même que j’avais plus ou moins muselé.

Un climat plutonien oblige généralement à naviguer à vue dans une mer pleine de récifs invisibles. Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cette expérience jusqu’ici ?

Ça a été d’apprendre mon métier non dans la sérénité mais dans les coups bas. Pendant quatre mois, j’en ai vraiment bavé : on m’avait déjà savonné ma planche, tout le monde me critiquait. Mais je me suis fié à mon instinct et à ma capacité d’endurance, je me suis efforcé de rester imperméable. Et puis tout à coup la flamme de la bougie a cessé de vaciller, les gens ont commencé à dresser l’oreille et aujourd’hui l’audience est au rendez-vous. Encore une fois, je ne me dis pas que c’est gagné, mon sac est prêt et ce n’est pas tant le succès qui m’intéresse que les facteurs d’ordre humain et sentimental. Jean-Luc Hees est un homme que je respecte, qui a cru en moi et m’a toujours soutenu, je ne l’ai pas déçu et c’est là ma vraie récompense.

Texte paru dans Astrologos n° 4, avril 2001.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


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