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Publié le : 26 juin 2005
Symboles astraux et signaux concrets



Pour saisir la différence entre signal et symbole, il est nécessaire de ne pas confondre l’astral et l’astrologie.

L’astral n’est pas ce lieu imaginaire ou "spirituel" où certains voyagent plus ou moins "spirituellement". On peut le définir comme étant l’ensemble des relations et interactions entre les astres du système solaire. Ces astres n’ont nullement besoin du discours des astrologues ou des éphémérides pour être efficaces : que nous le sachions ou non, qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, nous naissons, vivons et mourons en synchronisation avec les structures, rythmes et cycles zodiaco-planétaires. L’astral est notre écosystème cosmique. Squelette invisible et dynamique de nos existences, il nous relie à l’universel en nous faisant participer à lui. Chacun de nos mouvements, que nous en soyons conscients ou non, a en lui la densité et la gravité de ces forces obscures qui nous modèlent et nous traversent. Nos imaginaires se déploient sur la trame de ses réseaux impalpables, nos corps sont façonnés par les lois de la gravitation. même nos envolées spirituelles sont structurées par la mathématique ésotérique de l’astral. L’astral n’est donc pas une entité livresque, un être spirituel ou un bain symbolique. C’est la réalité très concrète de l’organisation du système solaire. Elle nous structure en profondeur. L’astral existe objectivement : il se passe de nos définitions et commentaires.

L’Homme étant un animal doué de parole, si ce n’est de raison, il lui fallut parler de l’astral, le nommer pour tenter de le comprendre. A cette fin, il engendra l’astrologie. Littéralement : "discours sur les astres". Et dès qu’on tient un discours, que l’on cherche à décrire, on engendre des classifications, des catégories, des interrogations. L’astral est-il clair ou obscur, rationnel ou irrationnel, sacré ou profane, matériel ou spirituel, exotérique ou ésotérique ? Ce ne sont là que catégories de l’entendement humain : en dernière instance, il n’est que des astres qui tournent sur eux-mêmes et autour de leur centre de gravité et qui contribuent, dans un "nuage d’inconnaissance", à façonner l’entendement humain. Qui a jamais mesuré la durée de révolution sidérale d’un ange, d’un dieu ou d’un diable ? Personne.

L’astral est un signal, ce qui "annonce et provoque une réaction". Les planètes émettent des signaux concrets (ondes gravifiques ou autres). Pour parler de ces signaux concrets, naturels, l’astrologie s’est longtemps servie de symboles. Selon le psychanalyste Carl Gustav Jung, expert en symbolisme, le symbole est : "un terme, un nom ou une image qui, même lorsqu’ils nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néanmoins des implications qui s’ajoutent à sa signification conventionnelle et évidente. Tant qu’un symbole est vivant, il est la meilleure expression possible d’un fait : il n’est vivant que tant qu’il est gros de significations. Que cette signification se fasse jour (...), que l’on découvre l’expression qui formulera le mieux la chose cherchée, attendue ou pressentie, alors le symbole est mort : il n’a plus qu’une valeur historique".

Pendant des siècles, l’Homme s’est représenté l’astral à travers des symboles, images et constructions mythologiques. Il a donné aux forces de la nature mais aussi à ses dieux, anges et démons, le visage des forces de l’astral, en puisant dans les diverses cultures et croyances qui se sont succédé au fil du temps.

Sommes-nous, à la fin du XXe siècle, sortis de l’âge des symboles et des mythes ? Selon Paul Caro, pas encore : "Il paraît paradoxal que les mythes, avec leur cortège de récits et de fables, puissent servir à "expliquer" quelques-uns des grands thèmes abordés par la science ! La science, figure sérieuse, semble dégagée de la gangue de l’imaginaire. Mais en grattant un peu, on ne tarde pas à s’apercevoir que le parfum du mythe flotte sur quelques-uns de ses principes fondamentaux sur lesquels sont construites plusieurs de ses branches. De subtile, l’odeur devient tenace, lorsque l’on explore la manière dont la science diffuse dans la société".

A l’époque de Ptolémée, grand compilateur des savoirs de son époque, le Feu, la Terre, l’Air et l’Eau n’étaient pas considérés comme des symboles, mais comme des grandeurs et qualités physiques qui servaient aux physiciens, astrologues ou médecins à décrire le monde concret. Depuis, plus personne ne croit - sinon quelques poètes - que les quatre Éléments permettent de décrire réalistement les processus bio-chimiques complexes à l’oeuvre dans le vivant et le non-vivant. Le tableau périodique des éléments chimiques l’ayant remplacée, la doctrine des quatre Éléments couramment utilisée en astrologie ancienne pour définir les propriétés des Signes du zodiaque et des planètes, est devenue, si l’on en croit C.G. Jung, purement symbolique.

A l’heure actuelle, d’autres notions, plus précises, issues d’une meilleure connaissance de la Nature et de ses lois, ont pris le relais des vieux symboles. Ainsi l’astrologie contemporaine a-t-elle substitué aux antiques analogies symbolistes des concepts précis permettant de décrire avec rigueur les signaux astraux. Ils sont exactement "l’expression qui formule le mieux la chose cherchée, attendue ou pressentie". Les vieux symboles astrologiques n’ont plus qu’une "valeur historique".

Ce sont précisément ces nouveaux concepts, modèles et théories astrologiques que ce site se propose de vous faire connaître. C’est ainsi que l’on peut soulever le voile d’Isis, et entrevoir enfin quelles sont les réalités concrètes (humaines et astronomiques), mais aussi ésotériques, qui se cachent derrière le voile des symboles révolus...

Texte extrait du Manuel d’astrologie universelle, éd. Dervy, 1993.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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