Association pour la Recherche et l'Information en Astrologie NAturelle

Prèsentation Qui sommes nous ? Nous écrire S'inscrire à ARIANACours & SéminairesPlan du site Outils Calculez votre thème Thème du jour Outils Flash Ephémérides graphiques Communiquer Forums des articles Divers Annuaire de liens Statistiques du site Administration du site
Syndication










Rechercher


1. Astrologie conditionaliste et spiritualité Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Astrologie & spiritualité
Publié le : 5 décembre 2004
1. Astrologie conditionaliste et spiritualité
Acte du colloque "Astrologie et spiritualité" en 1992
Ce colloque réunit les représentants de différentes écoles d’astrologie autour d’un thème commun : astrologie et spiritualité. Certains parmi nous considèrent l’astrologie comme un langage symbolique, un puissant mythe explicatif qui n’est en rien concerné par les réalités astrophysiques du système solaire en particulier et du cosmos en général. D’autres estiment au contraire que l’influence des astres n’est pas symbolique, mais réelle, et qu’elle relève donc d’une physique encore inconnue qu’il s’agit de découvrir. D’autres encore s’interrogent sur la nature de cette mystérieuse relation qui unit l’Homme sur Terre à son environnement cosmique.

Introduction

En dépit des différentes conceptions de l’astrologie qu’exprime l’existence de ces écoles, nous avons pourtant tous un point commun. Comme l’a si justement écrit Satprem, l’un des disciples du mystique et philosophe indien Sri Aurobindo, nous sommes tous des "fils du ciel par le corps de la Terre", et nous nous passionnons pour l’étude des relations et interactions entre l’Homme et le système solaire dont fait partie cette petite planète bleue qu’on appelle la Terre - cela me semble une définition de l’astrologie qui peut convenir à tous les participants à ce colloque, quelle que soit l’école de pensée à laquelle ils appartiennent.

L’astrologie, on le sait, a des racines religieuses. Les premiers astrologues sumériens étaient à la fois prêtres, astrologues et astronomes. Ces trois fonctions étaient d’ailleurs si intimement liées et confondues que, dans leur esprit, elles n’en formaient qu’une seule. Du haut de leurs ziggourats de l’antique Chaldée, ils observaient le ciel pour y découvrir la volonté de leurs dieux, qui portaient les mêmes noms que le Soleil, la Lune et les planètes visibles à l’œil nu... tout simplement parce que pour nos lointains ancêtres astrologues, planètes et dieux ne faisaient qu’un. En ce sens, ils n’étaient ni matérialistes, ni spiritualistes : ils avaient une perception globale de l’univers où créateur et création, nature et surnature, religion et science formaient un tout indissociable.

En cette fin de XXe siècle, qu’on le déplore ou qu’on s’en félicite, l’astrologue, le prêtre et l’astronome sont désormais trois fonctions distinctes. Il est par ailleurs vraisemblable que personne dans cette salle, quelle que soit l’école astrologique à laquelle il se réfère, ne songerait à confondre les planètes du système solaire avec des divinités ni les éphémérides avec un quelconque sacré.

Il n’en reste pas moins que la quête spirituelle de l’Homme, sa sensibilité à un au-delà de l’existence terrestre, ses questionnements sur la vie et la mort demeurent. L’astrologie ne témoignerait-elle pas de l’appartenance de l’homme à une plus vaste dimension ? Tout comme elle a échoué à empêcher de vibrer en nous nos fibres métaphysiques, la science matérialiste n’a pas pu extirper de la tête et du cœur de l’homme son pressentiment d’une relation entre le cosmos et lui.

L’astrologie selon le conditionalisme

Ceux qui connaissent la philosophie de l’école conditionaliste savent que ses thèses et écrits plaident pour une stricte séparation entre, d’une part, une astrologie dont les racines plongent dans le réel astronomique, et d’autre part, les diverses religions et formes de spiritualité.

Le réseau des interactions planétaires du système solaire, tel qu’il résonne à l’intérieur de la psyché humaine par l’intermédiaire du système nerveux supérieur n’est pas pour nous l’expression d’une quelconque volonté divine, d’un ordre mystique caché ou d’une mystérieuse organisation de forces occultes et spirituelles.

Pour l’école conditionaliste, l’influence des astres du système solaire sur nos comportements et nos destins n’est ni spirituelle, ni poétique, ni symbolique, mais relève d’une physique ou d’une astrophysique concrètes mais encore inconnues. Dans notre optique, l’influence astrale s’explique par le fait que les horloges internes de nos organismes biophysiques sont dans une large mesure synchronisées aux horloges externes dont les astres matériels qui constituent le système solaire, à travers leurs durées de révolution sidérale, indiquent les années, les mois, les jours, les heures, les minutes.

Concernant les planètes émettrices de signaux que l’homme intercepte pour les traduire, entre autre, en comportements astropsychologiques, Jean-Pierre Nicola a formellement démontré, dans ses Eléments de Cosmogonie Astrologique, et cela sans aucun recours à des textes sacrés, des icônes, des prières ou des mantras, que les significations que, dans un langage psychologique imagé, nous attribuons aux planètes du système solaire, peuvent fondamentalement et physiquement s’expliquer par le rapport entre le demi grand-axe de l’orbite elliptique de chaque planète et l’intensité de la gravitation à sa surface. Le modèle R.E.T., initiales de Représentation-Existence-Transcendance, est né de cette réflexion sur les fondements astrométriques des significations planétaires.

Concernant l’espèce humaine réceptrice et traductrice de ces signaux énergétiques que nous envoient les planètes, l’école conditionaliste a également démontré que les influences astrales, loin d’êtres de purs symboles, s’incarnent dans le vivant au fil des acquisitions biopsychologiques qui se succèdent de la naissance à la mort... et sans doute au-delà de l’existence individuelle. A chaque durée de révolution sidérale des planètes du système solaire correspond l’acquisition de nouvelles fonctions psychologiques qui confirment et approfondissent les significations planétaires traditionnelles. Là encore, aucune démarche religieuse, aucune révélation spirituelle, aucune philosophie spiritualiste ne se sont révélées nécessaires pour comprendre la nature de l’influence astrale.

Enfin, l’école conditionaliste a réussi à dégager les fondements naturels et rationnels de l’influence zodiacale, laquelle, loin d’être une émanation symbolique du mythique quaternaire Feu-Terre-Air-Eau, révèle au contraire la sensibilisation de l’homme aux variations de durées diurnes ou nocturnes, lesquelles dépendent directement des déclinaisons planétaires induites par l’inclinaison de la Terre sur son orbite.

Je vous accorde bien volontiers que tout cela n’a rien de religieux ni de spirituel, et c’est sans doute ce réalisme, cette rigueur biophysicienne dans l’approche de l’astrologie, cette volonté de bâtir une théorie méthodique et rationnelle pour rendre compte du fait astrologique, qui a pu faire passer les membres de l’école conditionaliste pour des positivistes matérialistes, des scientifiques rationalistes, de froids et austères théoriciens ennemis de toute métaphysique, indifférents au mystère et au sens de l’incarnation.

Nombreux pourtant, parmi les membres de l’école conditionaliste, sont ceux qui sont venus à l’astrologie par l’intermédiaire d’une interrogation, d’une recherche et d’une quête spirituelle. J’ai moi-même longtemps recherché le sens profond de la vie, oscillant entre, d’une part, le désespérant sentiment de l’absurdité réelle ou apparente dont semble témoigner la trajectoire pathétique, désordonnée et conflictuelle de nos brèves existences dans l’infini du cosmos ou la densité du néant, et d’autre part, l’intuition, la croyance, la recherche ou le besoin d’une harmonie éternelle et transcendance qui relierait mon être à l’éternel et à l’universel, que l’on peut appeler Dieu ou Etre Suprême.

J’ai cherché ce mystérieux sens de la vie dans les évangiles, les upanishads et le Livre des Morts Tibétains, dans les écrits de Krishnamurti, de Sri Aurobindo ou de Maître Eckhart. Pour tout vous dire, j’ai même passé un bon moment à étudier la théologie chrétienne. Et parallèlement, je continuais l’étude de l’astrologie, en veillant à ne jamais confondre, dans la mesure du possible, ma quête spirituelle et l’approfondissement de cette science méconnue à laquelle j’ai consacré la plus grande partie de mon temps. De telles préoccupations, un tel itinéraire, correspondent-ils, à votre avis, au profil d’un matérialiste ou d’un rationaliste ? Tous les membres de l’école conditionaliste, il est vrai, n’ont pas suivi un semblable chemin. Certains sont croyants et d’autres pas. Parmi les croyants, certains sont chrétiens, d’autres plus proches des philosophies et formes de spiritualité orientales. Parmi les incroyants, on compte de francs athées, des agnostiques, des anarchistes et peut-être même - je n’en n’ai pas encore rencontré - d’indiscutables matérialistes.

Pour terminer cette brève introduction et pour montrer que je ne suis pas le seul astrologue conditionaliste en proie à ce questionnement métaphysique et à cette quête spirituelle, je vous propose d’écouter quelques extraits d’une lettre que m’a fait parvenir un étudiant conditionaliste au sujet des rapports entre astrologie et spiritualité :

"En fait, j’ai toujours cru en un autre versant de la vie, et j’ai rarement hésité à l’appeler Dieu... Aujourd’hui, je devrais être content, l’astrologie m’a prouvé pas mal de choses et m’a conforté dans mes convictions religieuses, mais voyez-vous, j’ai la volonté de pousser plus loin la réflexion et de remettre en cause la formule "l’astrologie implique l’idée de Dieu", ou plutôt de définir une relation plus proche de la réalité des faits. Pour moi, l’astrologie n’est rien d’autre qu’un yoga (au sens étymologique du terme, celui d’un lien, d’une synthèse), qu’une confirmation du principe d’évolution, de devenir, de "néguentropie décroissante", de l’esprit qui doit le mener vers l’unique, la source de toutes choses, le chemin qui mène du personnage du roman au mystérieux romancier lui-même, la Mère ou l’origine, comme on veut".

A ceux d’entre vous qui, en dépit de cette introduction, penseraient encore que les conditionalistes sont d’affreux matérialistes, je tiens à confirmer que les extraits de cette lettre émanent d’un étudiant conditionaliste.

Passons maintenant à la deuxième partie de cet exposé. Elle concerne la manière dont l’école conditionaliste perçoit et conçoit les relations et interactions entre astrologie et spiritualité. Mais tout d’abord, qu’est-ce que la spiritualité ?

Qu’est-ce que la spiritualité ?

Vaste question. Que l’on se réfère à la définition philosophique de ce terme, selon laquelle la spiritualité concerne "ce qui est de l’ordre de l’esprit considéré comme un principe indépendant, par opposition au matériel", ou à la définition religieuse selon laquelle la spiritualité concerne "ce qui se rapporte à l’âme, par opposition à la chair", la notion même de spiritualité implique un fondamental dualisme qui structure l’ensemble des conceptions philosophiques ou religieuses dont l’humanité a accouché depuis le début ou la fin de la guerre du feu. Les relations et interactions réelles ou supposées entre Esprit et Matière, Ame et Chair sont à la source d’innombrables textes sacrés, pratiques religieuses ou matérialistes et constructions idéologiques.

Il serait vain, trop long et fastidieux d’énumérer et de décrire ici dans le détail l’ensemble de ces conceptions et visions du monde. J’en serais d’ailleurs bien incapable. L’essentiel est sans doute de retenir que cette fondamentale dualité qui structure religions et philosophies depuis des millénaires n’a pas manque de poser problème à ses interprètes. Les uns, prenant acte de cette dualité apparemment incontournable, ont choisi leur camp d’une façon manichéenne l’Esprit contre la Matière, I’Ame contre la Chair (et vice-versa). D’autres, plus subtils, cherchant à transcender cette dualité, ont fait de l’Ame ou de l’Esprit des émanations provisoires de la Chair et de la Matière et vice-versa. Néanmoins, les tentations de la chair ont continué à donner aux spiritualistes Matière à penser, tandis que les matérialistes restaient en proie avec des états d’Ame qui leur perturbaient l’Esprit.

Bref, il y a du tangage et du roulis dans la barque des dualistes, qu’ils soient spiritualistes ou matérialistes. Les choses étant ce qu’elles sont, on s’intéresse généralement plus aux opinions des habitants de la barque qu’à la nature de l’océan qui ballotte ce frêle esquif. Il est ainsi d’usage de se définir à l’intérieur du duo-duel que constituent les couples Esprit-Matière et Ame-Chair. Après tout, pourquoi pas ? Mais se définir par rapport à cette dualité fondamentale n’implique pas d’avoir à faire siennes les thèses et croyances de l’un ou de l’autre camp. En conservant la mémoire de la mer porteuse originelle, nous dirons alors que spiritualité et matérialité sont deux faces d’une unique réalité que l’on peut aborder par mille sentiers différents.

Apparemment, spiritualistes et matérialistes, qu’ils soient intransigeants ou modérés, ne sont pas près de se mettre d’accord. Peut-être parce que le problème est mal posé ? Les conditionalistes sont en tout cas convaincus qu’il existe une globalité corps-âme-esprit-matière que le prisme déformant du dualisme spiritualiste-materialiste divise et désarticule. Depuis l’apparition de la physique quantique d’ailleurs, les plus matérialistes des scientifiques sont bien obligés de s’interroger sur la réalité du statut de ce qu’ils appelaient naguère "matière" : au niveau atomique, tout ne serait que discrets rayonnements d’ondes et d’énergie, et certains ne se privent pas de faire de ce mystérieux univers subatomique le territoire de I’Ame ou de l’Esprit. De même, depuis les travaux de l’école conditionaliste, les plus spiritualistes des astrologues, ceux qui sont persuadés que les influences zodiaco-planétaires sont d’une nature symbolique, voire mythique, se voient contraints de se demander si l’astrologie n’aurait pas de solides fondements dans la matière du Soleil et des planètes et dans la Chair - ou plus exactement le système nerveux - des Hommes.

Pour articuler mon argumentation concernant la manière dont l’école conditionaliste articule l’astrologie et la spiritualité, je vous propose deux citations.

La première est de Saint Jean de la Croix, mystique chrétien que l’on ne saurait soupçonner de matérialisme. Or que dit-il dans ses "Poèmes mystiques" ? Je le cite : "Ne point s’embarrasser de ce qui est spirituel, et demeurer dans une profonde nudité et liberté d’esprit". C’est déjà tout un programme. La seconde citation est de Henri Laborit, savant neurophysiologiste que I’on ne peut suspecter de spiritualisme. Je le cite : "Je ne vois pas ce qui peut davantage ressembler à l’Esprit que la relation, la mise en forme, la structure. La structure d’un message ne se mesure pas".

La phrase de Saint Jean de la Croix veut bien dire ce qu’elle veut dire. Si spiritualité il y a, s’il existe vraiment un niveau de réalité que l’on peut qualifier de spirituel, la meilleure façon de l’aborder est, pour cet authentique mystique, de garder l’esprit libre, et non de projeter sur la spiritualité ses a priori, ses croyances, illusions et fantasmes spiritualistes. Le très sage Krishnamurti l’avait lui aussi parfaitement compris : le spiritualisme est la maladie infantile de toute spiritualité. Il ne suffit pas de se dire ou de se croire en phase avec les discours ou pratiques des diverses religions et spiritualités pour être véritablement en relation profonde avec le mystère de l’être universel. A la limite même, un excés de focalisation sur les thèses spiritualistes peut finir par nuire à toute véritable spiritualité. Ce que Jésus-Christ résume très bien lorsqu’il dit, s’adressant aux gardiens du temple et donc des vérités spirituelles officielles : "Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, vous qui barrez aux hommes l’entrée du royaume des cieux, vous-mêmes en effet n’y entrez pas, et vous ne laisser entrer ceux qui le voudraient", si l’on en croit les évangiles rédigés par ses disciples. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



Imprimer cet article
Rechercher sur le site :

Répondre à cet article


Tous droits rservs. 2003 Richard Pellard reproduction interdite.
Le Webmaster : Franck Le Bozec
Site construit autour de l'application SPIP Squelettes du site. licence GPL

Documents Pour débutants Pour connaisseurs Théories générales L’anti-astrologisme Astro-Histoire Astro-physique Qui sommes nous ? Les planètes Astro-planètes Les aspects Interprétation Le zodiaque Portraits zodiacaux Pratique Les astro-entretiens de Françoise Hardy Consultations Astro-portraits de célébrités Publications Le Fil d’ARIANA Bibliographie Croquis de voyage d’un Sagittaire Panthéisme Nouveautés
maj :
mercredi 27 janvier 2010
statistiques edition :
697 Articles
0 breve
1 1 site web
40 auteurs

statistiques visites :
63 aujourdhui
806 hier
568851 depuis debut