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en Astrologie Naturelle

La fonction de l’ésotérisme

On appelle ésotérique ce qui est réservé aux seuls adeptes, aux initiés d’une doctrine. À dire ainsi les choses, l’on pourrait croire que pour être ésotériste, il suffit de s’inscrire à une secte, de boire les paroles du Maître et d’en mériter les secrets à force d’application intelligente, de réceptivité active.

Sommaire

En dépit de la multiplication des sectes, sectaires et sectateurs, malgré le nombre croissant des révélations sur le sens archi-caché des sciences, arts et cathédrales, plus on en dit, plus le verbe se fait énigme, on dévoile et tout se masque.

Par définition, l’ésotérisme ne se crie pas sur les toits. Il n’est pas affaire de nombre, pas de quantité. Et, pour être conforme à cette définition, nous ne partageons pas l’opinion de ceux pour qui l’ésotérisme s’explique, se divulgue et se propage en se rabibochant avec un mode de connaissance rationnelle.

L’ésotérisme, foncièrement lié à un mode de pensée aléatoire — le contraire d’une pensée claire et analytique — a une originalité qui gagne à être préservée quels que soient ses prolongements féconds dans la pensée consciente aux formulations sans ambiguïté. Les informations que notre expérience du réel extérieur place dans notre connaissance rejoignent, dans une certaine mesure, nos rêves, nos symboles et nos presciences. On ne peut pas, pour autant, identifier la conscience du monde objectif à l’illumination du dormeur, éveillé à une autre lecture de l’univers.

Lorsque l’on tente de montrer que la science à vocation exotérique justifie l’ésotérisme, ou, inversement, que l’ésotérisme est une science méconnue supérieure à la science, on s’acharne à établir une préséance, sinon une domination, au nom d’une unité mal comprise. Rien de plus désolant que cette confusion inspirant, par exemple, ces astrologues qui attendent douze planètes du ciel des astronomes parce que le zodiaque traditionnel comporte douze Signes.

Unité ne signifie pas mélange. Un mixage aussi absurde devrait conduire à bâtir une cosmologie prenant dans une acception physique ce qui n’a de réalité que dans les limites d’un système de symbolisations. Dans cette cosmologie digne en aberration de « douze Signes pour douze planètes », la Lune, astrologiquement « humide et froide » devrait être un astre de pluies et d’océans. Rien de moins humide que les mers lunaires… Saturne, gouverneur du plomb, devrait posséder largement ce métal en son sein ou en son atmosphère. Il n’y a pas plus de plomb sur Saturne qu’il n’y a de mercure sur Mercure, d’argent sur la Lune et d’or sur le Soleil.

La transition d’un système de pensée à un autre ne saurait se faire par le placage brutal d’un langage sur un autre, en ignorant tout des syntaxes différentes, comme si, pour courir plus vite, il fallait réellement prendre les jambes à son cou. Essayez donc…

Pour une astrologie moderne (1) montre qu’une transition logique exige une plage commune aux deux langages confrontés. Selon l’astrologie conditionnelle, le champ commun au symbole et au signal est un récepteur neuro-physiologique qui rend vraisemblable l’action d’un émetteur dans un champ physique de nature encore inconnue, probablement gravitationnelle.

À partir de cette plage commune, l’interprétation subjective d’un effet matériel peut se traduire tantôt par une activation de la pensée symbolique, tantôt par une activation du langage rationnel. Les astres n’émettent pas des symboles. C’est l’homme qui diffracte le monde selon sa propre dualité, plus exactement selon son unité perdue. L’ésotériste qui se propose précisément de retrouver à la fois son unité et celle du monde ne peut être pris au sérieux s’il se contente de greffes bâtardes ou s’il convie à l’annexion d’un langage par l’autre, à la manière de ces pays qui imposaient leurs ancêtres aux régions conquises et colonisées.

L’ésotérisme et l’exotérisme doivent avoir des fonctions propres avec des plans de convergence et de divergence. Leur union se retrouve, plutôt qu’elle ne se réalise, dans cette fameuse suite d’avatars qui est le chemin de l’initié, image de tout être qui, par une succession d’étapes ascensionnelles et éprouvantes, se perçoit un jour sur une crête révélant le versant nord et le versant sud d’une même montagne. À la jointure du ciel et de la terre, son regard se refuse à diffracter la totalité d’un vécu inexprimable.

Ce qui frappe dans le couple ésotérique-exotérique ressemble bien à l’antagonisme nuit-jour, à Pluton et au Soleil, parmi d’autres axes bipolaires. Pluton, « transcendance de Transcendance », est le secret au superlatif, le secret du secret. Il ne suffit pas de dire qu’il s’oppose ainsi, par un savoir supérieur réservé à des privilégiés, à la connaissance ouverte au vulgaire, sans cesse explicitée, redondante d’assertions universelles faisant force de loi incontestable. Il faut ajouter que le secret se maintient de lui-même, parce qu’un voile déchiré en dévoile un autre plus opaque, encore plus étranger à l’entendement général qui veut du simple, du solide et du clair. Implications non expresses du chaînage analogique : les vérités ésotériques, plutoniennes, sont celles des limites, celles d’un seuil où le discours manifeste peut s’inverser en plusieurs autres discours latents. Pour l’ésotérisme plutonien, la clarté, signal fort, est une information trop simple, un schéma qui rend aveugle à la globalité et à la complexité. Les mots d’un sens précis, la logique qui les organise ont le même défaut aveuglant. C’est en quoi les vérités essentielles sont, à la limite, irrationnelles, non-évidentes, indicibles et incommunicables.

Dans cette optique s’approcher du « maître » exige d’avoir assez d’esprit et de force d’âme pour recevoir sa problématique, devenir son égal en incertitudes et ombres opposées aux lumières que les disciples exotéristes dispensent par ailleurs. C’est le lourd fardeau du combat avec l’inconnu, ennemi et complice de révisions constantes, indivulgables car le commun a besoin de croire que le maître sait tout et qu’il enseigne des vérités éternelles. Le maître, c’est à dire le discours officiel, qu’il soit de science, de religion ou de philosophie.

La pensée de l’initié peut paraître obscure, confuse, ambiguë, non pas parce qu’il dissimule volontairement sous des symboles un trésor indigne des profanes, mais parce que sous le trésor qu’il possède il en pressent un autre.

Par le biais des équivalences de la fonction plutonienne, l’on conçoit ce que peut être le destin de ce genre d’initié, et son inintégration permanente, son goût des rébus, diableries et provocations. L’on conçoit que le « maître », s’il en est, aime à se masquer et qu’il ne saurait jouer au gourou sinon que pour jouer.

L’astrologie qui passe pour ésotérique constitue une collection d’essais historiques accomplis dans des directions différentes. Il serait anti-ésotérique de les prendre pour définitifs, de les tenir pour des révélations inexpugnables. Les astrologues qui ont figé l’astrologie dans une symbolique formelle ont transformé cette symbolique en un exotérisme qui a perdu toute espèce d’intérêt pour le véritable ésotérisme. La pensée ésotérique est fondamentalement une dynamique de l’imaginaire et ce dynamisme n’existe pas là où l’on répète les choses comme un enseignement catéchisant.

Aujourd’hui, en astrologie ésotérique, le zodiaque, les planètes, les aspects, les secteurs célestes (Maisons) peuvent se redécouvrir par un autre langage que celui d’un Moyen-Age triomphant dans les publications contemporaines.

Note

(1) Pour une astrologie moderne, J.-P. Nicola, Seuil.

Article paru dans le n° 1 hors-série de Astrologique (1977).

Cet article vous a été proposé par Jean-Pierre Nicola

Voir aussi :

▶ Ésotérisme du conditionalisme


Les significations planétaires

par Richard Pellard

620 pages. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang.

La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités.

La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante

par Richard Pellard

117 pages. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite.

Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ?

Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie !

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