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Guy de Maupassant, le Lion et le Horla

Guy de Maupassant fut l’auteur de nouvelles réalistes dans la première partie de sa vie, puis fantastiques puis enfin devint un romancier à nouveau à tendance réaliste. En 1887 fut publiée l’une des ses œuvres majeures : Le Horla, puisqu’elle se distingue des autres par le fantastique qui atteint ici un point culminant et un caractère unique.



Le Horla

Nous analyserons d’abord Le Horla d’un point de vue purement astrologique. Maupassant, dans cette nouvelle, met en scène le narrateur d’un journal qui relate l’emprise progressive que prend un être mystérieux sur lui-même. La première journée est la seule et unique fois où le narrateur fait preuve d’un optimisme, d’une joie de vivre débordante (Jupiter), il est sensible aux formes, aux couleurs, aux sons, aux parfums qui l’environnent (Vénus) tout en étant fortement présent dans la réalité purement concrète (Mars).

8 mai : « Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage toute entière ? J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et ce qu’on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des villages et de l’air lui-même… Je saluai (ce navire), je ne sais pourquoi, tant (il) me fit plaisir à voir ».

Cet extrait est tout entier marqué à la fois par les niveaux ‘E’ et le ‘e’ du système R.E.T.. En effet les descriptions prennent leurs racines dans une réalité entièrement concrète, bien terre-à-terre et saine (‘E’), mais elles sont aussi teintées d’un fort ressenti, d’émotions intenses (‘e’) qui n’obéissent à aucune logique (« je ne sais pourquoi »). Le narrateur est alors à ce moment hyper-sensibilisé par les conditions matérielles d’existence des êtres et des choses (‘E’), mais il ne se laisse également guider que par sa perception concrète, ses émotions, ses affects (‘e’), sans prendre de recul par rapport à ce vécu (absence de Saturne).

Du 12 mai au 3 juin : sa joie de vivre disparaît, il a de la fièvre, se rend chez un médecin mais le traitement est inefficace. Emergence du ‘T’ : il fait un rêve ou plutôt un cauchemar où quelqu’un cherche à l’étrangler. Le ‘T’ fait à nouveau irruption, il se sent dans un état bizarre : il souffre d’insomnie et ressent un malaise qui l’envahit sans savoir pourquoi au moment de dormir. Puis son état physique et psychologique s’aggrave au cours d’une promenade en forêt où il a l’impression d’être suivi alors qu’il est seul. Neptune sous sa forme ‘T’ fait ici son apparition avec la naissance de sensations étranges : des rêves désagréables, des malaises sans causes précises, l’impression de l’existence d’une présence invisible proche. Il décide alors de partir en voyage au mont Saint-Michel où il rencontre un moine qui lui parle des légendes du pays. Il fuit Neptune mais le retrouve sans en prendre conscience, dans ce que lui raconte le moine.

Du 2 au 9 juillet : il revient chez lui, se remémore le mont Saint-Michel et sa rencontre avec le moine lui affirmant l’existence de choses ou d’être invisibles (‘T’), mais c’est une période d’accalmie dans l’état du narrateur. Puis il remarque que son cocher souffre de troubles identiques aux siens : « Cela (le) tient comme un sort ». Il fait à nouveau des cauchemars dont celui du vampire « qui, sa bouche sur la (sienne), buvait (sa) vie entre (ses) lèvres ». Le ‘T’ est ici fortement imprégné de ‘e’. Il s’agit d’un être qu’il ne voit qu’en rêve, qui appartient au domaine de l’irrationnel (‘T’), mais qui est fortement présent sensoriellement, émotionnellement (‘e’) dans les descriptions qu’il en fait. Suit ensuite l’épisode de la carafe d’eau et de lait où il s’aperçoit qu’« on » les a bues pendant qu’il dormait. En proie à une forte angoisse, il décide alors de partir pour Paris.

Du 12 au 21 juillet : à Paris, après des courses et des visites, il passe la soirée au Théâtre-Français : « Au coudoiement de la foule, je songeais, non sans ironie, à mes terreurs, à mes suppositions de l’autre semaine, car j’ai cru, oui, j’ai cru qu’un être invisible habitait sous mon toit. comme notre tête est faible et s’effare, et s’égare vite, dès qu’un petit fait incompréhensible nous frappe ». Loin de chez lui, le narrateur relativise les événements passés inexplicables jusqu’à en faire pratiquement abstraction. Le bon sens (‘E’) reprend le dessus pour renier l’existence de l’irrationnel (‘eT’) : « Au lieu de conclure par ses simples mots : « Je ne comprends pas parce que la cause m’échappe », nous imaginons aussitôt des mystères effrayants et des puissances surnaturelles ». le trio Jupiter-Mars-Vénus continue à prendre le dessus sur Neptune à la fête du 14 Juillet où le narra-teur s’amuse et se sent bien. Peu de temps après, il assiste à une séance d’hypnose chez sa cousine, il est troublé de la possibilité pour un esprit d’être dominé par un autre et se demande si l’hypnose est ou non un supercherie. malgré un empirisme expérimental (‘E’) bien ancré chez le narrateur, ce dernier est forcé de reconnaître que le docteur Parent a réellement utilisé avec succès l’hypnose (‘T’) sur sa cousine. En dînant un soir à Bougival, il se persuade que l’on ne peut croire au surnaturel (‘T’) que dans certains lieux (‘E’) : certains s’y prêtent, d’autres aucunement.

Du 3 juillet au 2 août : de retour chez lui, il goûte une tranquillité retrouvée, il n’est qu’à l’écoute de la réalité (‘E’) et de ses sens (‘e’).

Du 4 au 15 août : les domestiques du narrateur s’accusent les uns les autres de casser des verres. Il n’y prête pas attention jusqu’à l’épisode de la tige de rose cassée qui réveille chez lui l’épouvante : « cette fois, je ne suis pas fou. J’ai vu… j’ai vu… j’ai vu… je ne puis plus douter… j’ai vu… j’ai encore peur jusque dans les moelles… j’ai vu !… Je me promenais dans mon parterre de rosiers… comme je m’arrêtais, je vis, je vis, je vis distinctement, tout près de moi, la tige d’une de ces roses se plier, comme si une main invisible l’eût tordue, Puis se casser, comme si cette main l’eût cueillie ! Puis la fleur s’éleva, suivant une courbe qu’aurait décrite un bras en la portant vers une bouche, et elle resta suspendue dans l’air transparent, toute seule, immobile, effrayante tache rouge à trois pas de mes yeux ». Le narrateur est ici convaincu de l’existence d’une présence invisible (‘eT’), mais à forme humaine (‘E’) et déclenchant chez lui la frayeur (‘e’). Neptune (l’être invisible) s’incarne cependant en partie dans le trio Jupiter-Mars-Vénus (forme et gestes d’un humain) : « Alors, je rentrais chez moi l’âme bouleversée, car je suis certain, maintenant, qu’il existe près de chez moi un être invisible (‘T’) qui peut toucher aux choses (‘e’), doué par conséquent d’une nature matérielle (‘E’), bien qu’imperceptible pour nos sens, et qui habite comme moi, sous mon toit… (Neptune-Lune) ». Le narrateur a acquis la certitude de n’être pas fou et celle de l’existence d’un être invisible (Neptune) qui a pris possession de son intimité (lune). Réflexion sur la folie : le narrateur doute encore parfois de sa santé mentale et met en parallèle la folie et le rêve, il évolue donc dans un univers typiquement ‘T’. Le malaise grandit : le narrateur se demande encore parfois s’il est fou, mais de plus en plus rarement et fait référence à une « force occulte » (‘T’). Il sent qu’il n’est plus maître de sa volonté (« non-r »), qu’une fuite hors de chez lui (lune) est impossible. Suit une période d’aphasie, puis l’épisode des fraises cueillies de force. Il a la conviction qu’une force le domine (Neptune) et que les êtres invisibles existent.

16 août : Le narrateur en proie à la terreur (‘e’) s’enfuit à Rouen, mais une force (Neptune) l’oblige à rentrer chez lui (Lune).

Du 17 au 21 août : il lit un ouvrage du docteur Hermann Herestauss sur les êtres invisibles puis se rend compte après s’être assoupi que l’être surnaturel lit en feuilletant les pages de son livre. Il décide de se soumettre à cette force supérieure tout en attendant sa revanche. En lisant un article de la « Revue du Monde scientifique », il se souvient du trois-mâts brésilien qu’il a vu le 8 mai et pense que cet être invisible est arrivé sur ce navire. pour la première fois (le 19 août), il le nomme : « il est venu, le…, le… comment se nomme-t-il… le…, il me semble qu’il me crie son nom, et je ne l’entends pas… le… oui… il le crie… j’écoute… je ne peux pas… répète… le Horla… j’ai entendu… le Horla… c’est lui… le Horla… il est venu !… ». Le narrateur, depuis son retour de Rouen, continue à donner des descriptions nocturnes, enfermé chez lui avec le Horla (Neptune-Lune en Force d’inhibition). puis il semble voir cet être invisible dans son miroir : « et soudain, je sentis, je fus certain qu’il lisait par-dessus mon épaule. Je me dressai, et je ne me vis pas dans ma glace !… Mon image n’était pas dedans… et j’étais en face, moi ! (je sentais) bien pourtant qu’il était là, lui dont le corps imperceptible avait dévoré mon reflet. Ce qui me cachait ne paraissait point posséder de contours nettement arrêtés, mais une sorte de transparence opaque s’éclaircissant peu à peu. Je l’avais vu ! L’épouvante m’en est restée, qui me fait encore frissonner ». L’être invisible (‘T’) s’incarne dans le ‘E’ cette fois de manière précise puisqu’on peut enfin le voir : il a une forme floue et une consistance opaque, on croit pouvoir enfin le toucher (‘e’) même s’il demeure surnaturel (‘T’). Le narrateur est ensuite en proie à la fois à la peur panique et à la volonté de tuer le Horla. pour la première fois, il se rebelle contre cet être invisible qui prend de plus en plus possession de lui et refuse de subir davantage son emprise. Neptune, et l’épouvante qu’il provoque, est ici complètement rejeté pour la première fois au profit d’un retour à la normale, à sa vie d’autrefois lorsque le Horla n’existait pas encore et qu’il goûtait pleinement aux joies terrestres (Jupiter-Mars-Vénus). Il décide donc d’agir (Mars) pour anéantir le Horla (Neptune). Il commande alors au serrurier des persiennes et une porte de fer pour barricader sa chambre (Force d’inhibition protectrice de la Vierge et du Cancer).

10 septembre : Le narrateur dans un hôtel de Rouen, se remémore les événements de la veille : Après avoir réussi à emprisonner le Horla dans sa chambre, il met le feu à sa maison, en y oubliant ses domestiques. Sa maison est complètement détruite. Cependant, une fois dans cet hôtel, il se demande si le Horla est réellement mort : « Mort ? Peut-être ?… Son corps ? Son corps que le jour traversait n’était-il pas indestructible par les moyens qui tuent les nôtres ?… Après l’homme, le Horla… celui qui ne doit mourir qu’à son jour, à son heure, à sa minute, parce qu’il a touché la limite de son existence ! Non… Non… sans aucun doute, sans aucun doute… il n’est pas mort… Alors… alors… il va donc falloir que je me tue, moi !… ». Le narrateur refusant l’emprise du Horla (‘T’) cherche à le tuer. Mais son bon sens (‘E’) l’amène à croire qu’un être invisible (‘T’) ne peut périr par le feu (‘E’) comme un être humain. Cherchant à tout prix à échapper à l’emprise du Horla (Neptune), il décide donc de se suicider. Mais, paradoxalement, cherchant à fuir un être surnaturel (‘T’), il veut se réfugier dans la mort qui n’est autre qu’un univers également inconnu (‘T’). Et si, comble de malchance, il retrouve cet être surnaturel (‘T’), au-delà, dans la mort (‘T’) ?…

Dans Le Horla, terme signifiant « celui qui vient d’ailleurs (‘T’) », on voit donc un narrateur au premier abord marqué par le ‘E’ et le ‘e’, puis de plus en plus par le ‘T’. On peut remarquer chez lui un conflit entre Jupiter-Mars-Vénus et Neptune-Lune. En effet, sa nature première le porte à profiter de tous les instants, à mordre la vie à pleine dents sans se poser de questions (Jupiter-Mars-Vénus), mais cette joie de vivre est de plus en plus menacée par l’irruption, dans sa vie quotidienne et son intimité (Lune), de l’étrange et du surnaturel (Neptune). Même si Jupiter-Mars-Vénus rejettent Neptune-Lune comme une menace gangrenant son appétit de vivre, le narrateur évolue de plus en plus au cours du récit dans un univers Neptune-lune. Cet univers est finalement totalement rejeté à la fin de la nouvelle, mais pas au profit de Jupiter-Mars-Vénus, puisque le narrateur choisit le suicide.On remarque aussi dans ce récit une forte présence de la Vierge. En formule adapté on a F−L+ (soit Force d’inhibition bloquante) qui amène le narrateur à protéger son univers ‘E’ et ‘e’ de Neptune, donc du Horla ; avec L+ (lenteur d’excitation), il y a ouverture progressive et systématisation des réponses : le narrateur s’organise ainsi, avec ténacité et continuité, de toutes ses forces pour chasser le Horla. En sens des contraires, le ‘E’ et le ‘e’ en Vierge amène le narrateur à considérer qu’il ne peut y avoir de point commun entre lui et l’Autre, et que le Horla ne peut donc représenter qu’une agression, un danger d’intrusion dans son univers bien terre-à-terre (‘E’), d’autant plus que le Horla est ‘T’ (donc anti-‘E’). En formule inadaptée on a f+ v−, soit faiblesse d’excitation associative : le narrateur n’est pas ouvert à une éventuelle association, il ne tente pas de jeter un pont entre son existence (‘E’ et ‘e’) et l’univers du Horla (‘T’) qu’il rejette en bloc : dans toute la nouvelle, le Horla n’est perçu que comme une menace, que comme un intrus dangereux ; en v−, vitesse d’inhibition inadaptée, il y a fermeture rapide : le narrateur se ferme à tout contact avec le Horla, d’autant plus qu’il représente l’Autre (‘T’) et qu’il n’appartient pas à son univers ‘E’. Sur un mode inadapté, ce rejet peut aller jusqu’à générer de l’angoisse, de la frayeur, une épouvante démesurée, une peur panique, voire la fuite, soit en effet toutes les émotions et réactions que lui inspirent la présence du Horla. En phase égalitaire, il rejette en bloc tout ce qui est ‘T’ : tout événement ‘T’ peut être imputable au Horla, en corrélation avec ce dernier. Ainsi l’épisode du cocher, où « ce sont (ses) nuits qui mangent (ses) jours » ; amène le narrateur à penser que ce dernier commence lui aussi à subir l’emprise du Horla. De même, la séance d’hypnose où un être peut être possédé par un autre le ramène à sa possession par le Horla. Le narrateur, sur ce mode inadapté, est ainsi en proie à l’obsession et à la paranoïa. En outre, il ne faut pas oublier, pour conclure, que le symbole virginien par excellence est le refus systématique de toute possession par quoi que ce soit. Mais qu’en est-il de Maupassant lui-même ?

Maupassant entre Ciel et Terre

Guy de Maupassant naît au château de Miromesnil le 5 août 1850. Son père, Gustave, excelle à prendre les femmes au piège de sa nonchalante beauté. Naturellement paresseux, il ne cherche qu’à occuper agréablement son oisiveté, sans risquer de la compromettre par une diligence excessive. Sa mère, Laure, entichée de sa récente noblesse, entend que son fils premier-né soit entouré d’objets qui attestent l’illustration de sa race. Cependant elle n’entend point préserver son fils du contact des roturiers. Dès ses premières années, Guy assiste aux querelles continuelles qui opposent ses parents. À peine a-t-il atteint sa douzième année que ses parents se séparent à l’amiable. Restant auprès de sa mère, Guy devient alors le chef de famille. Il veille ainsi sur son frère Hervé, qui ne tarde pas à présenter des signes incontestables de dérangement mental et meurt fou le 13 novembre 1889. Sa mère également l’accable de soucis : elle souffre de trouble nerveux. Guy craint que sa mère ne les lui aie transmis.

De nature optimiste et gaie (Jupiter-Vénus-Mars), Guy doit supporter le poids de cet univers de la maladie mentale qu échappe à un vécu normal (« T non rE »). Cependant malgré cet héritage familial pesant et l’univers ascétique des pensions puis des ministères, Guy de Maupassant ne cesse de s’adonner aux plaisirs de la vie dès qu’il a un instant. Sa nature profonde l’invite à fuir ces univers tristes à mourir pour s’adonner aux joies du canotage sur la Seine, et à la fréquentation de la faune des guinguettes riveraines. Les femmes qu’il y rencontre excitent sa concupiscence attendrie, mais tout en abusant d’elles, il se garde bien de mépriser les « putains », même s’il n’ignore pas, cependant, que cela l’expose à certains dangers.

Maupassant enfant, adolescent puis jeune adulte ne fait donc rien pour refréner sa vitalité excessive et ne laisse pas son appétit de vivre insatiable (Jupiter-Mars-Vénus) se faire dévorer par l’univers ‘T’ (Neptune-Lune) qui l’environne. Quittant la fonction publique pour devenir écrivain, il suit les conseils de son maître à penser, Flaubert, qui lui reproche pourtant ses excès de bon vivant, entre autres, son appétit pour « le cul des femmes ». Maupassant croque la vie à pleines dents, sans se ménager, et préfère les gauloiseries, un vocabulaire cru (Mars) à un tact ou une finesse d’esprit éventuels, il n’est qu’à l’écoute des frémissements érotiques que lui procurent les femmes (Vénus), tout en essayant de séduire celles de l’aristocratie afin de s’y faire une place et d’y être reconnu (Jupiter), même si cette caste lui semble « artificielle ». Son mode de vie l’incite à se protéger (F− bloquante) d’états d’âme étranges, que la réceptivité à l’étrange, à l’imaginaire habitant son intimité (Neptune trigone Lune), mais qui en générale perturberaient son sain et sacro-saint appétit de la vie (Jupiter-Mars-Vénus). Ainsi son mode de vie, où il ne se ménage que de courte retraites et pauses à Etretat pour écrire, ne laisse en rien paraître ce trigone Neptune-Lune dominant. Il semble être rejeté en bloc au profit de Jupiter-Mars-Vénus jusque dans son œuvre, où ses nouvelles ne dépeignent que de manière réaliste la vie des petits employés, bourgeois, canotiers… bref, toutes les classe sociale de son époque décrites à travers son vécu (‘E’) et son ressenti (‘e’).

L’univers ‘T’ apparaît parfois dans ses nouvelles sous forme de fantastique comme dans La chevelure ou Sur l’eau, mais c’est un fantastique à tendance plutôt réaliste. Avec Jupiter-Mars-Vénus en Vierge opposés à Neptune en Poissons lui-même au trigone de la Lune en Cancer, on perçois le choc des contraires entre la Vierge et le Poissons, tous deux signes d’inhibition : il n’est pas question de mêler ces deux univers d’autant plus dissonants que le ‘E’ et le ‘e’ rejettent l’intrus, l’inconnu ‘T’. Cet univers ‘T’ est d’autant plus fortement refoulé que les Signes dominants (Vierge-Poissons-Cancer), Signes d’inhibition, ne sauraient laisser poindre le moindre surgissement des planètes faibles : Mercure-Soleil en Lion et surtout Saturne-Uranus-Pluton en Bélier. Le ‘R’ et le ‘T’ dans des Signes d’excitation sont ainsi fortement rejetés, d’une part par leur côté dualiste avec des Signes d’inhibition en position forte, et d’autre part par la prédominance excessive du ‘E’ se protégeant (F−) de la décontraction, de la légèreté, de la dédramatisation du ‘R’ en Lion, et surtout de l’émergence brutale et remuante d’un univers transcendant, étrange, d’un ailleurs (‘T’ en Bélier).

Le ‘E’ et le ‘e’ dominent, avec un appel éventuel à Saturne, mais que tout ce qui concerne les fonctions « cérébralisantes » (distance, abstraction, etc.) du R.E.T. (Soleil-Mercure-Pluton-Uranus) n’est absolument pas valorisé. En un mot, Maupassant ne savait vivre et ne vivait qu’à travers son vécu et son ressenti, qu’à travers une « viscéralisation » (‘e’) de son approche du monde des faits (‘E’).

Pourtant, au moment de la création du Horla, Maupassant est alors atteint de syphilis, de dégénérescence physique et mentale. Sa vitalité excessive ne peut donc plus s’exprimer librement à travers Jupiter-Mars-Vénus. Privé nouvellement de cette aptitude naturelle à jouir de la vie, Jupiter-Mars-Vénus ne peuvent donc plus s’incarner (‘E’) que dans la maladie qu’il est tenté de fuir. Sa seule échappatoire apparaît donc vers le trigone Neptune-Lune où il peut enfin s’ouvrir à autre chose qu’à sa maladie : à l’étrange, à l’imaginaire peuplant son intimité. Cependant, n’ayant pas pour habitude jusque là de se réfugier dans cet autre univers (Lune trigone Neptune), ce dernier peut lui sembler trop étrange, voire perturbant, d’autant plus qu’il s’agit d’un univers ‘T’ (ce niveau est faible dans son thème, en témoignent les places hiérarchiques d’Uranus et de Pluton). Il est donc enclin, lors de rémissions, voire d’acceptation de sa maladie, à reprendre son fonctionnement habituel (Jupiter-Mars-Vénus). Mais la maladie peut-elle à elle seule expliquer la création du Horla ?

Les transits du Horla

Quelles étaient les planètes transitant le thème de Maupassant au moment de la création du “Horla” ? La première mouture de ce qui allait devenir le “Horla” était un texte intitulé Lettre d’un fou qui est paru en 1885 dans le quotidien “Gil Blas”. La première version du “Horla” en tant que tel est parue en 1886, suivie d’une seconde version en 1887. On peut donc conjecturé que le “Horla” est né au cours de l’année 1885. Le Thème de transits ci-contre a été arbitrairement réalisé pour la date anniversaire de Maupassant.

Le Horla trouve son origine dans une courte nouvelle de Maupassant, Lettre d’un fou, publiée sous le pseudonyme de Maufrigneuse, en 1885 dans le quotidien Gil Blas, qui développe déjà la même histoire, sans que le nom de « Horla » n’y soit mentionné.

La première version du Horla a été publiée en 1886 dans Gil Blas. La seconde version, plus connue et plus longue, est parue en 1887 dans un recueil de nouvelles homonyme1.

En ce qui concerne les planètes transitantes, Pluton était au Milieu-du-Ciel, soit en configuration dominante, alors qu’il s’agit d’une planète faible dans son thème natal, d’où l’émergence d’un univers ‘T’ jusque là fortement ignoré qui ne peut ici s’empêcher de faire sentir sa présence insidieuse, la présence d’un monde inconnu, d’un inconscient qui remonte à la surface sous forme de « titillements » de la part du ‘T’, d’autant plus que Pluton transitant est alors en conjonction avec une planète transitante forte : Neptune. Le choc de la forte rejetée (Neptune) et de l’aveugle (Pluton) les réunit dans une appartenance commune au ‘T’, ‘t’ en soi (Neptune-Pluton) et ‘T’ du thème (planètes rejetée ou faibles). La présence du‘T’ en est d’autant plus marquante à ce moment-là.

Cet univers ‘T’ est renforcé par Neptune qui est alors également au trigone de Jupiter natal, lui-même transité, au moment de l’écriture de la nouvelle, par une conjonction de Jupiter. Dès lors, l’opposition natale Jupiter-Neptune semble ainsi moins rejeté et est enfin mis à jour dans le Horla, l’auteur sait nous décrire (Jupiter) cet univers neptunien, même s’il le combat. Le trio Jupiter-Mars-Vénus accepte ainsi pour la première fois de laisser une place au trigone Neptune-lune dans le Horla, son apparition soudaine ne peut être niée, même s’il cherche sans cesse à s’en protéger.

L’univers ‘T’ est encore renforcé avec le transit d’Uranus, alors au carré de la Lune natale. Dès lors, toute la famille ‘T’ est au complet pour plonger l’auteur du Horla dans ce monde. La Lune, planète co-dominante, ne peut, tout comme Pluton, faire abstraction d’Uranus qui vient teinter son quotidien (Lune) d’une exigence d’un ailleurs (‘rT’), d’une impression indicible qu’il existe un univers transcendant (‘T’) au-delà de la pure réalité concrète (‘E’). Enfin, le transit de Saturne, d’abord au carré de Jupiter-Mars-Vénus, puis en conjonction avec la Lune dans le thème natal, invite cependant Maupassant, même si cette planète est faible et qu’il peut alors à ce moment avoir des difficultés à en user à bon escient et naturellement, à remettre en question son mode de vie optimiste, voire jouisseur : et s’il existait autre chose que la simple et saine délectation des plaisirs de la vie ? De même, c’est autour de son intimité, de sa vie quotidienne (Lune) d’être parsemée de doutes. La Lune natale, essentiellement harmonique, est, tout comme avec Uranus, prise d’assaut par une planète faible, Saturne, qui bien qu’appartenant au ‘E’ vient troubler la confiance sereine de la vie et les joies à la fois vivifiantes et simples de Jupiter-Mars-Vénus, les doutes ne sont pas les bienvenus. Maupassant, alors touché dans sa fonction lunaire, mais non lunaire, est donc tenté de réagir avec ses forces (Jupiter-Mars-Vénus) afin de retrouver son fonctionnement dominant, ce qui peut expliquer le rejet du trigone Neptune-Lune pourtant fortement présent dans le Horla.

Ainsi tous les transits de l’époque amènent-ils Maupassant à remettre en question (Saturne) son ‘E’ pour malgré tout laisser une place au ‘T’ jusque là rejeté (Neptune) et surtout ignoré (Uranus-Pluton), avec plus de facilité qu’autrefois pour apposer des mots (Jupiter) sur cet univers ‘T’. De là semble être né le Horla, peut-être sont-ce tous ces transits, mais également le fait qu’il arrivait encore à gérer la folie qu’il sentait venir d’une manière de plus en plus prenante. Toujours est-il qu’après le Horla, il devint romancier à tendance réaliste (Une vie, Bel ami). Peut-être était-ce, paradoxalement, parce qu’il n’arrivait plus à maîtriser la maladie mentale qui le rongeait de plus en plus et peut-être parce que Neptune, alors passé au carré de Jupiter-Mars-Vénus, était à nouveau rejeté en bloc comme unique en son genre, marquant l’apothéose de sa création littéraire pourtant essentiellement réaliste : Le Horla !…

Article paru dans le n° 5 du Fil d’ARIANA (avril 1996).

Cet article vous a été proposé par : Pascale Jamais


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