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Jean-Marie Pelt, botaniste Scorpion du Bon Dieu

Biologiste, botaniste, homme de foi catholique et de médias cathodiques, Jean-Marie Pelt se passionne aussi pour l’astronomie, l’astrophysique et l’écologie. Rencontre avec un être remarquable…



Françoise Hardy : Un Soleil dominant au carré d’un Pluton non loin de sa culmination, pose souvent un problème en rapport avec le père, ou, plus généralement, avec le modèle d’éducation imposé. Ce problème peut se traduire par une ambivalence identification-rejet vis-à-vis du père ou du modèle en question, à moins qu’il ne s’agisse d’une absence ou d’une déficience plus ou moins importantes de l’un ou de l’autre.

Jean-Marie Pelt : Dans mon cas il y a une certaine absence de père et une dominante de mère très marquée, avec de la part de la mère, une demande explicite d’être « tout pour elle ». Tout, c’est beaucoup pour un enfant… beaucoup trop. On ne peut être la mère de sa mère.

Un Soleil aussi fort que le votre incite davantage a tenir le rôle d’un père que d’une mère.

Aussi, mais c’était les deux. J’avais la double fonction.

Avec Soleil et Uranus, votre ciel de naissance est plus « masculin », dans le sens traditionnel du terme, que (« féminin ». Autrement dit, il incite davantage à prendre en charge qu’a être pris en charge. Il est donc intéressant de voir que votre conditionnement familial a été, en partie, dans le même sens.

Il a été totalement dans ce sens. Au fur et à mesure que la vie passe, quoi que je fasse, les événements m’obligent à me résigner définitivement à être le père de tout le monde. Quelque situation que je vive où j’attends de la part d’autrui aide et protection, tôt ou tard elle s’inverse et me met en demeure d’assumer cette fonction.

Cela ne devrait pas déplaire au solaire et à l’uranien que vous êtes.

Quand je crois pouvoir compter sur un appui, l’évolution des choses est telle, qu’à la fin du compte, l’appui c’est moi. Le pattern est inévitablement et inexorablement le même : je finis toujours par être père, avec tout ce que cela comporte, entre autre de voir fils et filles prendre leur direction, leurs responsabilités, leur autonomie. Je crois pouvoir dire honnêtement que ma paternité n’est pas possessive et dire aussi qu’elle m’amène bien des soucis.

Ainsi que des satisfactions, car cette « paternité », comme vous dites, va dans le sens d’une partie importante de vos inclinations célestes.

Oui. Je cherche instinctivement à faire grandir ceux qui sont autour de moi. J’aime les aider à découvrir leurs qualités, à développer leurs dons innés, voire à les révéler à eux-mêmes, dans une sorte de travail purement distinctif et intuitif d’accoucheur. Ainsi, ai-je directement contribué à l’éclosion d’artistes, de scientifiques, d’homme politiques. En dehors de tout calcul, de tout désir de possession et de pouvoir. Ce souci de faire grandir est presque végétal en moi, puisque grandir est le programme inné de tout être vivant. et plus encore des plantes qui, semble-t-il. n’en ont pas d’autre.

Un Soleil levant prédispose à avoir un souci d’exemplarité selon les critères du milieu socio-culturel, alors qu’Uranus incite à se démarquer de ce contexte, et Pluton à le contester ou à en prendre le contre-pied.

J’ai eu comme seule ambition. pendant toute la période où mes parents vivaient, d’être un modèle exemplaire sur le plan social, c’est-à-dire d’être exactement l’enfant et ensuite le fils qu’ils souhaitaient. Il n’y a eu de ma part ni contestation, ni crise d’adolescence et il semble que je ne leur ai jamais causé aucun souci. J’étais heureux qu’ils puissent être fiers de moi. Par la suite cette ambition n’a pas changé, si ce n’est qu’à présent je suis mon propre modèle, sans plus chercher à correspondre à l’image que mes parents se faisaient de moi. Je viens d’une famille catholique. L’oncle de mon père était évêque de Metz après la guerre de 14. La famille était très marquée par son influence car, en 1918, dans les départements où le concordat restait en exergue, un évêque était une personnalité fort importante. J’ai donc été élevé d’une manière très religieuse. Dans la prison d’une morale stricte, étroite, rigide, et toute la première phase de mon existence a été dominée par une conception dogmatique, doctrinale et profondément sectaire des choses. Moi-même, je ne comprenais pas qu’on puisse ne pas être catholique. Tout comme, faisant ensuite de la politique avec Robert Schuman, je ne comprenais pas que l’on puisse avoir une autre politique que la sienne — la mienne en l’occurrence, c’est-à-dire le M.R.P. de l’époque. Tout ça s’est complètement inversé après la disparition de mes parents et de ma famille : je n’ai pas changé d’un millimètre sur l’« être » au sens de la philosophie allemande, mais j’ai complètement changé dans la mesure ou j’ai cessé d’avoir une appartenance. Par exemple, après avoir été dans ma jeunesse un militant passionné, il me parait impossible de participer à un parti politique, à une organisation ou à une formation de caractère militant, bref, à quelque groupe que ce soit, pour faire avancer des idées. Je m’y sentirais enfermé et rétréci. Je préfère me battre seul pour faire avancer mes idées dont je pense qu’elles ont une valeur universelle. Les militants me semblent étroits, partiaux et partiels… Comme les partis.

Le Scorpion, surtout si Uranus et Pluton font partie de ses dominantes, est hyper-individualiste et se sent rebelle à toute forme de communauté.

C’est fondamentalement ça. Et en même temps je suis complètement tolérant, c’est ce qui est curieux.

Oui, car si le Soleil et le Scorpion vous donnent sans doute l’art de composer avec les divergences d’autrui, ils ne prédisposent pas, à plus forte raison avec Uranus dans le coup, à la tolérance. Au contraire. Vous devriez être particulièrement exclusif ?

Il y a une contradiction, une dialectique subtile, entre l’aptitude que j’ai à contribuer à faire grandir les autres très librement, selon leur vocation d’une part, et les œillères, souvent même l’impatience, qui résultent de mon exclusivisme d’autre part. Mais je n’ai pas de jugement de valeur. J’imagine l’humanité comme une immense montagne ou chacun suit son chemin. Dieu est au sommet de la montagne et il n’y a pas qu’un seul chemin. J’ai mon chemin qui n’est pas celui des autres. Peu importe ce que les autres en pensent.

J’avais noté pour vous : « Un Soleil ascendant en Scorpion et à l’opposition d’Uranus entend forger ses propres lois, sa propre éthique et n’admet aucune autorité autre que la sienne ».

Je dois avouer que c’est tout à fait exact en ce qui me concerne. Je ne reconnais vraiment que l’autorité divine. Quand je pense à Dieu ou que je prie, je dis « Sa Majesté » comme le faisait Thérèse d’Avila. Je ne reconnais pas d’autorité de l’ordre de la Terre, bien que je ne transgresse aucune de ses lois — sauf quand j’herborise, herboriser m’obligeant à aller même là où c’est interdit. Nul autre que Dieu n’est souverain pour moi. J’ai le même comportement avec un ministre qu’avec un smicard : je m’intéresse à ce qui se dit, à la situation, sa réalité, je dirai presque sa non-conformité, sans me préoccuper de hiérarchie.

Dans un autre ordre d’idées, Pluton et le Scorpion auraient du vous attirer de bonne heure vers l’inconnu, l’informulable, avec le besoin et l’art, tant solaires qu’uraniens, de dévoiler, révéler cet inconnu, formuler cet informulable.

J’ai toujours été attiré par les étoiles. Je voulais être astronome. Si vraiment je ne veux pas être seul, je monte au sommet d’une montagne et je regarde les étoiles. Je ne suis pas seul, parce que je sens, avec une extrême intensité, une présence très forte, et cela depuis toujours. C’est peut-être une des constantes les plus importantes de mon existence : j’ai besoin de voir le cosmos pour entendre le silence plein d’une présence et me trouver en complète harmonie, posé en moi-même et dans l’univers en même temps. Tout ce qui est très lointain et très inutile m’intéresse totalement. Tout ce qui est conquête de l’espace me passionne. Quand on envoie une navette sur Uranus, je suis dans tous mes états alors que quand on met une cinquième chaîne de télévision, ça ne m’intéresse absolument pas. D’une façon générale, le contenu m’intéresse plus que le contenant, la qualité des programmes plus que le nombre de chaînes.

Le Scorpion, surtout quand il est marqué comme vous par toutes les planètes du groupe ‘T’ de Transcendance, éprouve souvent de l’intérêt pour l’occulte.

Je vois clair, bien que je ne sois pas pratiquant, dans tout ce qui est occulte. J’ai beaucoup réfléchi, expérimenté, vu, entendu, j’ai rencontré beaucoup de monde, je sais comment ça marche et je sais que ça peut éventuellement permettre de petits coups de pouce pour avancer dans la bonne direction, bien que je connaisse ma ligne depuis très petit.

Une dominante solo-uranienne sur fond Scorpion prédispose en effet à savoir ce que l’on veut comme ce que l’on ne veut pas, et à concentrer son énergie sur un objectif, un idéal précis et d’envergure, ce qui favorise la linéarité. Cette dominante porte aussi à avoir besoin de certitudes, de centres de référence précis et l’on peut, à partir du moment où Pluton, qui a pour fonction de démanteler tout repère, toute certitude, est à la double dissonance de votre opposition Soleil-Uranus, se demander si vous êtes autant un homme qui doute, qu’un homme qui a la foi.

Je sais depuis toujours quels sont les points de départ et d’arrivée : la conception pour le premier, le paradis pour le second. La question n’est donc pas où aller, mais comment y aller, car il y a beaucoup de chemins. Je n’ai jamais eu de problème métaphysique. La foi est le seul absolu de mon existence : il n’a jamais, en aucune circonstance, été remis en cause. J’ai connu toutes les épreuves possibles : désespoirs, deuils, pertes, reniements, trahisons etc. Rien n’a ébranlé cette certitude. De ce point de vue, je suis un homme de foi. C’est ainsi que je me définirais vraiment.

II serait donc d’autant plus intéressant de savoir ce qui s’est passé pour vous, quand Pluton a transité votre Soleil natal en 1984.

Tous, je dis bien tous, les appuis sur lesquels je pouvais et devais compter, ont systématiquement disparu les uns après les autres. Ça s’est effeuillé comme un artichaut. Ça a été une sorte de répétition générale en raccourci des dépouillements successifs par lesquels, qu’on le veuille ou non, doit passer la vie humaine, Tout s’est inversé : chaque « père » ou « mère » est devenu un « fils » ou une « fille ». On pourrait dire que ça a été la perte de tous les étançonnages et de tous les échafaudages. Des pannes répétées m’ont même privé de voiture : il ne fallait pas que je voie les étoiles non plus. Mais j’ai vécu de façon plus éprouvante encore la perte brutale de très nombreuses sécurités en 1975.

Pluton était alors au carré de votre Lune natale, transit type de perte des sécurités acquises, comme vous venez de le dire, ou, pour être plus rigoureux dans la formulation, de perte ou de mise à l’épreuve de l’homogénéité personnelle. Dans les deux cas — transit Pluton-Soleil ou Pluton-Lune —, c’est le choc du connu avec l’inconnu. Quelles leçons avez-vous tirées de l’inconnu plutonien ?

Jusque-là, mon camp avait incarné le bien, l’autre ou les autres le mal. Ma révolution intime s’est manifestée par l’abolition totale de ces conceptions morales, qui ont été remplacées par des conceptions éthiques fondées sur l’idée de l’unité fondamentale de la vie, au-delà des apparentes contradictions du jeu dialectique du bien et du mal. Cette nouvelle problématique relativise l’un et l’autre, et j’ai découvert par expérience que « le mieux est souvent l’ennemi du bien » ou encore que « du mal peut sortir le bien ». Mes jugements sur les personnes se sont trouvés remplaces par les notions de compatibilité et d’incompatibilité, ce qui constituait pour moi une véritable révolution mentale. C’est en cette période la plus dure de ma vie, qu’à la lumière de l’admirable texte de Pascal sur « le bon usage de la maladie », j’ai appris que la maladie ou le mal pouvaient engendrer le bien.

C’est en effet, comme vous vous l’illustrez, le transit-type de changement radical d’optique sur ce qui permettait, jusque-là, la cohésion personnelle. Dans certains cas, la foi ne s’en relève pas. Vous avez échappé à cela.

II y a des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber et toutes sortes épreuves — les petites fantaisies de Pluton sûrement —, mais j’ai admis, une fois pour toutes, que c’était l’itinéraire et qu’il fallait passer au-dessus chaque fois. Quand vous devez gravir une montagne, il faut bien que vous preniez les lacets les uns après les autres. Ça fait « couic » dans chaque tournant, c’est fatigant et on a l’impression de toujours se retrouver au même point. Alors que non en fait, parce qu’on est chaque fois à l’étage au-dessus et on voit les choses de plus loin.

Pluton et Uranus sensibilisent à la Transcendance, autrement dit aux lois souterraines, complexes, ultimes, des phénomènes, tandis que le Soleil ainsi qu’Uranus incitent à rendre évident, conscient, ce qui ne l’était pas, à décrypter, rationaliser, ordonner, formuler, simplifier et même réduire. C’est pourquoi, on peut dire que vous avez davantage un ciel d’intellectuel qu’un ciel de sensoriel. Faut-il penser que les plantes vous intéressent davantage pour les leçons que vous pouvez en tirer, les idées qu’elles vous permettent de faire passer, qu’en elles-mêmes ?

Je me sens au moins autant intuitif et contemplatif que typiquement et classiquement intellectuel. Je peux rester un temps infini immobile devant la beauté des œuvres de la nature — la mer, le ciel, la montagne, le désert. Si j’étais né en Orient, j’aurais été bouddhiste. À cette réserve près, ce que vous dites est juste : les plantes aiguisent ma curiosité sur le « comment ça marche au fond ». Pour répondre à cette question, je « dévore » beaucoup dans les livres et dans les conversations, et de la même façon dans la nature. Mais j’observe mal, je ne vois pas toujours tout de suite ce qu’il faut voir, il faut que j’aie à côté de moi quelqu’un qui allume la mèche pour que mon ordinateur se mette en marche et que je pense à des tas de choses — des choses auxquelles mon collaborateur n’aurait en revanche pas pensé. Je ne suis pas vraiment un homme qui a ses racines dans la matière. Les plantes sont un support, un tremplin qui me permettent d’aller plus loin dans la compréhension des mystères universels.

Les Signes d’automne, tous occupés dans votre ciel, se décrivent par la symbolique du Temps : le temps qui court, la mode pour la Balance, les grands cycles pour le Sagittaire, les durées limitées, prises entre deux échéances inéluctables pour le Scorpion. Avez-vous un sens développé du trop tôt-trop tard, de l’« avant l’heure c’est pas l’heure — après l’heure c’est plus l’heure » — je ne sais plus qui a écrit cette chanson, un Scorpion j’espère ?

Pas du tout. Par contre j’ai un sens aigu du temps chronologique : je peux vous dire ou j’étais en juillet 47, avec qui, ce que je faisais, etc.

Le Scorpion est en principe très précis…

Je suis précis et méthodique à l’extrême — pas comme une Vierge parce que ça c’est mortellement ennuyeux…

Et le sens automnal et Scorpion des opportunités ?

Je l’ai aussi. Mais je ne provoque pas les choses, elles arrivent d’elles-mêmes au moment propice. Je trie très vite, et je saute sur l’occasion quand elle se présente, sans la moindre hésitation, avec un sens de l’opportunité qu’un de mes amis trouve « effrayant ».

En théorie, le Scorpion, Signe du cœur de l’automne, doit réagir à l’« excitation associative » de ses deux voisins, Balance et Sagittaire, portées à se lier et à lier facilement, par l’« inhibition différentielle » qui consiste à refuser les associations trop faciles, c’est-à-dire à différencier, disséquer, sélectionner, avec ce maximum de précision dont nous parlions. Vous devriez également être prédisposé à envisager pas mal de choses sous l’angle des rapports de force — ce qui relève tant du Soleil et d’Uranus que du Scorpion — et avoir l’air, typiquement Scorpion, de détecter la faille, le talon d’Achille, l’endroit précis où vous devez porter le coup pour qu’il soit fatal ?

Attendez voir … (il réfléchit un moment puis prend un ton d’aveu malicieux, jubilatoire presque) Qui. Je ne m’en sers pas, mais je l’ai. Le principe est le suivant : 1. Ne jamais déclarer une guerre à des ennemis — réels ou potentiels —, mais les contrôler, les mettre dans sa poche ou les éloigner — psychologiquement ou physiquement. 2. Si une guerre se déclare, la gagner… Si on la perd — ça ne m’est pas encore arrivé vraiment —, on rumine ce que ça peut vouloir dire, on trouve qu’on a perdu de nouveau une feuille à son artichaut et qu’on sera bientôt un cœur d’artichaut complètement comestible. Je vous amuse hein ?

(Après avoir repris son sérieux)  : Vous êtes d’accord pour dire que vous voyez les différences, les incompatibilités avant les points communs et les affinités ?

Ce n’est pas vraiment évident. Mais si je sens une incompatibilité et que je m’engage quand même, c’est la catastrophe à coup sûr !

II manque au Scorpion ce qui fait la force du Lion et vice-versa : le Scorpion est subtil, perspicace, retors, là où le Lion peut être naïf et facile à piéger. Par contre le Scorpion peut être fataliste, défaitiste, pessimiste, bute et porte à tourner en rond, là où le Lion est positif, volontaire, héroïque et porte à dénouer les situations, à franchir les obstacles. Évidemment, à partir du moment où vous avez la foi comme vous l’avez, vous devez vivre moins qu’un autre ce cote négatif du Scorpion.

Je suis trop volontaire pour être fataliste…

Il est sûr qu’une dominante Soleil-Uranus fait les êtres volontaires… Comment réagissiez-vous à toutes ces épreuves que vous avez vécues ?

Très mal ! En dramatisant tout ! Mais les fées, disons les anges, ces messagers de Dieu, s’approchent alors de mon berceau — qui devient plutôt un linceul dans ces cas difficiles — et des mains se tendent qui me tirent de la.

Les fées c’est votre foi, s’il n’y avait pas ça…

Je serais déjà mort ! C’est tout à fait clair. J’ai l’impression que le Scorpion est indestructible. On l’entend dire souvent.

Ses qualités l’arment plus que d’autres pour certains types épreuves. Au positif, le Scorpion sait, entre autre, maîtriser la peur et l’utiliser à son profit. Il est donc finalement plus à l’aise que d’autres dans des situations dangereuses ou hostiles, qu’il recherche même parfois, consciemment ou inconsciemment. Au négatif, quand la volonté de dépassement, d’héroïsme, quand le besoin que tout soit le plus clair et le plus positif possible, de son signe inverse, le Lion, lui font trop défaut, le Scorpion est au contraire destructeur et autodestructeur. Mais, encore une fois, le Soleil et Uranus, contrecarrent chez vous les penchants négatifs du Scorpion, par la volonté, le besoin d’exemplarité, la foi dont vous nous avez parlé, par la passion aussi, à quoi ils prédisposent. Vous reconnaissez être un passionné ?

Je faisais tout avec passion. Maintenant je fais tout avec conviction. Ce n’est pas pareil. J’ai beaucoup changé. La passion est probablement l’apanage de la jeunesse. Je fais les choses parce que je pense que c’est important que je les fasse et que je dois les faire. Pas pour moi vraiment.

Tout ce que vous nous avez dit jusqu’ici est fort intéressant, mais fort sérieux aussi, or, Mercure qui allait se lever au moment de votre naissance et qui a une fonction de désacralisation, de dédramatisation, de détente, devrait vous donner le besoin et l’art d’alléger ce que les choses trop sérieuses ont de pesant, en repérant ce qu’elles peuvent avoir d’amusant et d’insolite.

Je déteste être pontifiant quand je suis devant un micro ou un auditoire. J’ai envie de convaincre et de rire, de faire des clins d’œil à ceux qui m’écoutent. J’aime amuser et m’amuser. Les intellectuels dogmatiques et péremptoires me glacent. J’aime sentir que le courant passe : l’humour balaye souvent les réserves et crée l’adhésion.

Vous faites tout avec conviction, mais il y a des champs d’intérêt qui vous passionnent encore ?

Bien sur. Tout ce qui est scientifique me passionne.

Vous êtes-vous éveillé tôt ou tard à vos passions ?

J’ai été très tôt passionné d’astronomie, de géographie, d’histoire et j’ai éprouvé, très tôt aussi, l’amour profond du jardin. J’ai compris beaucoup plus tard que c’était parce que je vivais en moi-même le mythe du paradis. Encore maintenant, si je rentre dans un jardin, type jardin de cure, avec des tomates et autres légumes bien alignes, j’ai une émotion très forte, intense…

Quelqu’un a-t-il favorisé chez vous l’amour du jardin ?

Mon grand-père était jardinier. Il y avait toute une lignée de jardiniers du côté de mon père. L’atavisme du jardinier était donc très puissant et a forcement joué.

Comme je vous le disais au début, le Soleil et Uranus incitent à être ambitieux. Vous m’avez répondu que votre seule ambition était d’être un modèle exemplaire sur le plan social. Rien d’autre ?

Je n’ai eu qu’une ambition dans mon existence, une seule et unique : devenir professeur à l’université, parce que quand on est professeur, on est égal à ses pairs et on ne court pas le risque d’être gêné dans sa carrière, en raison de la liberté de ses actes et de ses paroles. Je voulais être professeur pour être complètement libre de dire ce que j’avais envie de dire.

À partir du moment ou vous teniez tant à être libre de dire ce que vous vouliez, c’est que vous ne pensiez pas comme tout le monde, que ce que vous aviez à dire était à contre-courant. Le Scorpion a une fonction de discrimination qui en fait un contestataire, un réfractaire-né. Quand en avez-vous été conscient ?

Très tôt. Mais c’est quelque chose qui est intériorisé et qui ne se manifeste pas à l’extérieur. Du moins en ai-je l’impression. Je me suis toujours senti différent des autres. Il y a des choses qui semblent beaucoup les agiter et qui me sont totalement étrangères.

Par exemple ?

La mode… Tout ce qui est proche et fluctuant. Il faut que ce soit fixe et lointain. Comme les étoiles. Napoléon ne m’intéresse absolument pas. Auguste César m’intéresse davantage, mais la dixième dynastie égyptienne m’intéresse encore plus et la préhistoire m’intéresse vraiment. Ce qui est loin m’intéresse beaucoup, parce que ça me donne une profondeur de champ. Le proche est tellement emmêlé de scories humaines encore chaudes, qu’on ne voit plus rien. Je ne m’intéresse pas à ce qui intéresse les autres en général et devant le même paysage je vois d’autres choses qu’eux. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi l’immense majorité des gens, quand ils sont en face de la mer, s’y conduisent comme ils le font, parce que moi je peux rester des heures à la regarder dans un silence absolu, intérieur, sans penser ou à peu près… Je vis beaucoup dans l’intemporel. Je suis fasciné par les temps géologiques et les années-lumière et je vis la quotidienneté avec beaucoup de distance !

C’est ce à quoi prédisposent les planètes dites de Transcendance…

Je ne suis pas assez attentif aux petites choses qui font pourtant l’essentiel du quotidien. Je perçois d’emblée l’essentiel et néglige ce qui pourtant n’est pas l’accessoire : telle attention à l’occasion d’un anniversaire, d’une fête, d’une rencontre etc. Curieusement, j’inverse ce défaut dans mes relations affectives et j’ai alors systématiquement l’impression que c’est l’autre qui ne me voit pas, tandis que je n’en finis plus d’imaginer des moyens de lui faire plaisir. Il y a là encore cet aspect si caractéristique de ma personnalité, de vivre aux extrêmes, d’inverser les situations. J’ai du mal à me situer dans le quotidien, dans ce qu’on pourrait appeler la voie ordinaire de mon temps. La voie du milieu m’impose des tours de force.

L’explication astrologique de ce que vous dépeignez relève, je crois, tant de la faiblesse dans votre ciel de la Lune, de Vénus et de Mars, planètes de vécu concret immédiat, que de la force déjà signalée du plan de Transcendance qui axe, comme son nom l’indique, sur tout ce qui n’est pas trop individuel, trop quotidien, trop terre-à-terre. De plus, l’ambivalence implication-distance de votre dominante Soleil-Uranus-Pluton, peut favoriser les tendances à en faire tantôt trop, tantôt pas assez, à « vivre aux extrêmes », pour reprendre vos propres termes. Vous ne vous intéressez plus à la politique ?

J’ai aime la politique que je regarde à présent comme un spectacle amusant : je compare les hommes politiques à des grands animaux qui se battent pour le pouvoir. Je ne les mésestime pas, je suis tout à fait en dehors du coup. Comment peut-on être un homme politique en compétition avec d’autres ? C’est une drôle de situation d’être en compétition. Je suis dans un créneau où je suis tout seul : je suis tout seul à parler des plantes et, à travers elles, de ce que je crois être l’essentiel.

Compte tenu du besoin de démarquage, de l’hyper-individualisme et de l’élitisme du Soleil-Scorpion et d’Uranus ainsi que de la distance de Pluton, ce n’est pas mal pour vous d’être tout seul…

(Riant) : Je trouve ça très bien. Mais il n’y à pas d’orgueil là-dedans. Je ne pense pas être orgueilleux du tout.

Si le Scorpion et Pluton correspondent à l’homme singulier, marginal, que vous nous avez décrit, votre Soleil levant devrait faire de vous un homme non seulement très civilisé, mais aussi très sensible à l’estime, à l’appréciation des autres.

C’est très important d’être apprécié par les autres. Je le sens très fort et je fais beaucoup d’efforts pour ça. Les autres, le collectif, ont pour moi une importance extrême. Je suis passé de la communauté au collectif. Je ne peux me situer par rapport aux autres que dans ce que je crois être l’universel. Je veux pouvoir dire des choses que je crois bonnes pour tout le monde et qu’à la limite personne ne dit du tout, parce que les choses essentielles ne sont pas dites et que les médias ne donnent pas toute l’information, tant s’en faut. J’ai l’impression d’avoir une sorte de mission… Bref, il y a les tout proches, et il y a tous les autres à qui je m’adresse par ce que je fais. Je pense que c’est souvent cela la vie d’un créateur.

L’uranien se sent, effectivement, facilement « missionné »

Je me sens tout à fait comme ça. Un peu comme ces prophètes qui ont des tas d’ennuis : chaque fois qu’ils sont fatigués et voudraient dormir, on les force à se mettre debout et à aller plus loin. Ce qui m’embête davantage, c’est cette situation de paternalité généralise qui s’accuse fâcheusement avec le temps. Si je m’accroche à une ficelle, pouf ! elle casse tout de suite, et le petit bout de ficelle cassée qui reste s’accroche à moi…

C’est la rançon de Pluton, et, encore une fois, ce n’est pas fait pour vous déplaire complètement ?

Non.

Nous voila revenus au point de départ et obligés de nous quitter, si nous ne voulons pas illustrer à vos dépens le point faible du Scorpion qui consiste à se mordre la queue…

Texte paru dans Entre les lignes, entre les Signes, Éd. RMC 1986.

Cet article vous a été proposé par : Françoise Hardy


Le petit livre du Scorpion

par Richard Pellard. 49 pages. Illustrations en couleurs

Ce livre présente et explique les trois zodiaques : celui du décor des constellations, celui de l’astrologie traditionnelle basé sur les Quatre Éléments symboliques (Feu, Terre, Air & Eau) et celui de l’astrologie naturelle basé sur les phénomènes astronomiques objectifs.

Interprétation du Scorpion selon la symbolique classique et selon ses réflexes dans le zodiaque naturel (force, vitesse, équilibre) ; interprétation du Scorpion en fonction des planètes dominantes ; le Signe solaire & le Signe Ascendant. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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